Siegfried
Joli retour d'Alex Alice au premier plan !
Je ne referai pas le couplet sur Le Troisième Testament, il faut passer à autre chose. Le prodigieux dessinateur s'attaque donc à un mythe wagnérien, parmi les plus sombres, les plus ambitieux, et réputé inadaptable.
Eh bien pour l'heure l'adaptation me semble réussie. Tout d'abord et bien sûr sur le plan graphique, puisque Alice est avant tout dessinateur. Il crée tout au long de ce premier tome une ambiance très réussie, presque palpable. Certaines scènes, comme l'apparition d'Odin au début, ont une beauté sauvage, brutale, qu'il me semble difficile à égaler, sinon dans la peinture flamande, peut-être. Ah, que c'est frustrant de ne pas avoir une culture picturale plus étendue pour trouver des points de comparaison...
Sur le plan de l'histoire, on est un peu déconcerté par le début, où plusieurs trames semblent se croiser, ou plutôt se côtoyer. Et puis au fil de l'intrigue on arrive à nouer ces différents fils pour renouer l'écheveau de l'histoire. Il y a des moments d'humour qui semblent incongrus à première vue dans un tel récit, mais qui finalement permettent une respiration au milieu des 70 pages.
C'est tout de même du joli boulot, sur le plan pictural et de la mise en scène. Par contre la fin n'est pas forcément celle qu'on attend, c'est un peu dommage, mais l'oeuvre reste magistrale. |