Le Berceau des esprits
Des adolescents coincés avec des zombies sur un bateau retourné en pleine mer.
Voilà un pitch désarmant, n'est-il pas ? C'est pourtant le point de départ du nouveau manga de l'auteur de L'Île de Hôzuki.
L'îler de Hozuki était déjà un survival, mettant en scène des adolescents dans un lieu fermé, une île, aux prises avec des prédateurs humains (ou presque) dont l'identité n'était pas sûre. Le berceau des esprits part sur un pitch semblable, cette fois-ci les ados sont dans un bateau de croisière retourné en pleine mer. Et leur ennemi semble être un (ou plusieurs) zombies, ou des berserkers.
On entre de plain pied dans l'action dès la première planche, puisque Makoto, lycéenne, tente d'échapper à un personnage mutique mais visiblement animé de mauvaises intentions avec sa hache et ses yeux fous. La narration est à l'avenant, très brutale, voire hachée, pour donner un côté brut à l'histoire. Kei Sanbe ne va pas nous épargner les éventrations, décapitations et autres arrachements de membres, comme dans tout récit de zombies qui se respecte. Du coup le lecteur n'a pas trop le temps de souffler, ici pas d'introspection à la Walking Dead, l'action est presque non-stop. Par contre, on se pose plein de questions sur ce qu'il s'est passé avant : pourquoi ces lycéens sont-ils là ? Comment le bateau s'est-il retrouvé retourné ? D'où vient ce zombie ?
En avançant dans l'histoire, je me rends compte que Sanbe oublie tout de même un peu la cohérence dans son histoire... Voir un cadavre de femme proprement coupé en rondelles ne fait ni chaud ni froid à une adolescente ; l'attitude proprement dictatoriale de Serizawa ne semble pas gêner plus que ça ses compagnons... Et puis après le visionnage d'une video de surveillance, l'un des gamins comprend à peu près tout ce qui s'est passé sur le bateau, il est fort le bestiau... J'en passe mais c'est un peu dommage dans une histoire qui se veut réaliste par ailleurs... Au tome 4 l'histoire devient un peu barrée avec le personnage de Miyamura qui essaie d'accomplir une vengeance aveugle. J'avoue que ce n'est pas pour me déplaire, ça devenait un peu trop rationnel, trop clinique. Un peu de folie ne peut pas faire de mal. Le tome 5 par contre est plus "calme", c'est une transition, même si l'un des personnages principaux change de condition... Les personnages sont répartis sur plusieurs groupes, il va falloir les faire se rejoindre, sinon ça va devenir compliqué...
Comme dans L'Île de Hôzuki Kei Sanbe rajoute un peu de fan service. Bon, pas (pour l'instant) de femme à la poitrine démesurée, "seulement" des petites culottes un peu humides (on est dans un bateau qui sombre peu à peu, je le rappelle) et quelques t-shirts moulants. Par la suite Miyamura, dans des circonstances bien particulières, laisse échapper sa poitrine. Ca reste assez sage, Sanbe se concentrant sur ses décors, qui sont assez réussis la plupart du temps. Les personnage sont pas mal, mais ils arborent trop souvent (les garçons, en particulier), cette moue qui donne l'impression qu'ils font constamment la gueule. Cela manque encore de maîtrise sur les anatomies, ou plutôt les postures, mais ce n'est pas désagréable à regarder.
En bref, un survival qui n'est pas bavard et se concentre sur l'action -gore parfois- mais n'est pas inintéressant, malgré des incohérences flagrantes. Le salut est peut-être, finalement, dans la démesure. après 5 tomes, les personnages sont moins nombreux, j'espère que la conclusion interviendra assez vite. |