Libera me
Cette bande dessinée a une portée symbolique. Les deux co-scénaristes sont d'origine corse et irlandaise, et chacun farouchement attachés à leurs terres natales, qui ont pour point commun, entre autres, de lutter pour leur indépendance, ou du moins pour leur auto-détermination. Ils ont eu envie de raconter ensemble, et de manière croisée, une histoire dans ce contexte.
c'est donc le printemps 1981, lorsque l'élection de François Mitterrand coïncide avec une action forte du FLNC, mais aussi des heurts violents en Irlande du Nord, qui est choisie. Un ancrage temporel fort, qui rappelle des images pas forcément agréables, mais qui a le mérite également de bien poser le décor. A la fin du premier tome, nos deux personnages aux destins croisés vont s'engager dans la lutte active... Les deux co-scénaristes ont enrichi leur histoire de romance, mais sans en faire trop, afin d'épaissir un peu leur récit. Mais on sent que leurs consciences constitueront des failles, et nul doute que la suite en révèlera plus à ce niveau-là. le travail à quatre mains a dû s'enrichir mutuellement avec ces deux-là.
C'est Michel Espinosa (Oukase, chez Bamboo) qui se charge du boulot graphique, et ma foi, c'est du bon boulot : cases aérées, mise en scène serrée quand il le faut, on sent qu'il y a de la bouteille derrière. Pascal Nino complète avec ses couleurs chaleureuses en Corse et sa palette un peu plus triste en Irlande. là encore, du solide.
Une série qui promet. |