Roberto Succo, coupable d’être schizophrène
J'ai été agréablement surpris par cette enquête policière plutôt bien menée.
Basée sur des faits historiques survenus entre 1986 et 1988, nous retraçons l'aventure terrifiante de Roberto Succo, tueur en série italien ayant sévi dans le sud-est de la France.
Si les enquêteurs ont pu par recoupement déterminer l'enchainement de ses actes, la justice elle n'a jamais pu prouver ni juger quoi que ce soit. Je vous laisse découvrir pourquoi à la lecture de cet album ou à la lecture de la biographie du meurtrier que vous pourrez trouver facilement sur Internet.
Les personnages sont plutôt convaincants, la narration suffisamment détachée pour que nous ne prenions pas parti mais suffisamment documentée pour que l'évident le devienne à tous les lecteurs.
La lecture de la BD se satisferait à elle même, tant déjà, la vie et les évènements présentés nous semblent suffisants.
Pourtant, l'album se termine par le "dossier Roberto Succo", 20 pages de textes tirées du site tueursenserie.org et qui retracent en détails l’œuvre diabolique du tueur. On s'aperçoit alors déjà conséquent de 134 pages ne contient environ que la moitié des exactions perpétrées...
Les 2 années de cavale auront été largement suffisantes.
Le dessin en aquarelle est initialement surprenant et rapidement, comme souvent, je m'y suis habitué. Le dessin alors, réaliste, se fait oublier. Sans défauts majeurs, sans éclats particuliers, il joue son rôle afin de mieux nous faire comprendre les situations. Le découpage est bon, la composition maitrisée. Du bon boulot. Les personnages sont aisément reconnaissables, les postures, cadrages et autres sans problème.
Du bon boulot, presque trop sage et trop propre !
Cet album nous montre qu'il n'est nul besoin de chercher bien loin dans l'imaginaire ou l'extraordinaire afin de trouver des sujets intéressants, riches, complexes...et inquiétants.
Une fois de plus la réalité a rattrapé la fiction. En fait, est-ce que la fiction a jamais été au niveau de la réalité ?
Ma note tendrait plus vers un gros 3,5 si c'était possible. |