Héraklès
Hercule, tout le monde connaît. Il s’agit d’une des plus belles épopées de la mythologie grecque à l’instar de l’odyssée d’Ulysse, de la guerre de Troie avec Achille ou de la Toison d’Or avec les Argonautes.
Afin d’expier certaines de ses erreurs, Hercule ou Herakles dans sa langue d’origine, doit passer certaines épreuves irréalisables pour le commun des mortels. Mais cet Herakles là possède un statut de demi-dieu sous une apparente bonhomie et un humour latent.
Car si ses aventures ont été moult fois déjà relatées, le nouveau et talentueux Edouard Cour n’hésite pas à porter cet ambitieux projet par un regard aussi malin que contemporain.
Dès lors les chapitres s’enchaînent avec tout autant d’épreuves à réaliser. Le ton dynamique de l’ensemble confère un rythme soutenu et d’approche facile. On est tout de suite fasciné par sa traque du lion de Némée où le trait mi-rond mi-anguleux confère une impression de vitesse et de mouvement comme seul un Christophe Blain peut s’en vanter (tiens tiens, inspiration du demi-chien ? ).
Les perspectives sont parfois impressionnantes me rappelant les effets déformants du petit monde de Terada mais Edouard Cour possède un style propre fort agréable dont la palette jaune et rougeâtre emporte l’adhésion.
Son Herakles est aussi invulnérable et imposant qu’il est maladroit et attachant. La traque de la biche de Cérynie est un modèle hilarant du genre avec des trouvailles « montypytesques » hilarantes comme la méthode bien particulière pour notre héros de se nourrir.
Ajoutez à cela une narration éclatée mais fluide et un ton de plus en plus sombre au fil des pages (les « ombres » offrent à ce titre une belle répartie verbale à notre héros).
Le découpage s’apparente à autant de levels d’un jeu video mais les situations sont suffisamment variées pour qu’on ne suscite l’ennui à aucun moment. Le second tome qui conclura cette aventure apportera je l’espère des réponses à un passé que l’on devine trouble et j’aurais préféré une couverture rigide et un format un peu plus conséquent pour mettre en valeur les splendides planches.
Néanmoins en l’état, l’auteur dont c'est la première œuvre rentre directement dans la Cour des grands en nous offrant une relecture d’une légende qui a tout sauf du traditionnel. Bravo et vivement la suite ! |