Le Cadavre et le Sofa
Pour mes appréciations de BDs, ce qui a le plus le poids, c'est l'histoire.
Lorsqu'une BD possède un bon scénario mais un dessin plutôt médiocre, je la noterais mieux qu'une BD au dessin exceptionnel mais à l'histoire vraiment naze.
Cependant, lorsque le scénario est bon, mais que le dessin le surpasse largement, j'accorde un bonus dans ma note. Et c'est ce qui se passe lorsque je donne un 4/5 à "Le cadavre et le sofa", c'est pour remercier l'auteur de m'avoir fait passer un merveilleux moment en regardant les planches, disons-le, magnifiques de son album.
Tony Sandoval, je connaissais son travail de réputation, mais après avoir lu cet album, je vais m’intéresser de près à ce qu'il fait, car son style est vraiment magnifique.
Il y a deux styles graphiques bien distincts dans l'album ; des planches avec une magnifique colorisation informatique, avec des personnages aux traits ronds, aux expressions très caricaturées et un encrage pas très franc ; l'ambiance donnée par ces planches à l'album est une réussite.
Et puis, aléatoirement, il y a des planches beaucoup plus lâchées, anguleuses, hachurées, fourmillant de mille traits, en bichromie, avec un encrage plus appuyé et des perspectives et proportions moins précises.
Si vous aimez les dessins soignés, recherchés qui vont vous happer dans le récit, je vous conseille "Le cadavre et le sofa" qui en plus d'un dessin exceptionnel, n'a pas une histoire mauvaise.
Elle m'a juste paru plus classique, l'album parle de mal de vivre, d'amour adolescente pendant l'été... La mort d'un camarade des héros et l’omniprésence de son cadavre rajoute une touche de glauque à cette jolie fable, mais ce n'est pas vraiment malsain.
Bref, une réussite (essentiellement graphique, mais une réussite quand même) !!! |