Sin City
Arg, quel coup de poing !
Les 4 premiers sont juste énormes ! Petite baisse de régime sur les 5 et 6. Le dernier me fait un peu une impression bizarre avec cette couleur qui dénature quelque peu le dessin en noir et blanc de Miller. Mais ça reste très très bon tout de même hein, ne soyons pas trop tatillon.
Pour la petite histoire, lorsque j’ai lu le premier tome, je pensais que Marv était une sorte de super-héros quasi invincible, surtout lors de premières planches avec la descente de police. Il se prend beaucoup de bastos et castagne à tour de bras. Une scène épique ! Et puis on se rend compte au fur et à mesure de l’histoire que Marv n’est qu’un "simple" humain, un homme constitué de chair et de sang (alors là oui, on a de quoi s’en rendre compte).
Ce que j’aime particulièrement dans cette œuvre, c’est le fait que Miller assume parfaitement son atmosphère. Il use et abuse, tout au long de sa création, du coté sanglant, bourrin, acide et brutal de ses histoires. Ses héros sont des écorchés vifs qui côtoient la bassesse humaine, la lie de l’humanité. Et forcément, ses personnages ne font pas dans la dentelles, on règle les affaires à grands coups de flingues et de coup de poing ravageur, à l’image de ce que renvoi l’univers dans lequel ils vivent. Ca sent le souffre et l’animal, la moiteur et la torpeur, le sexe et le sang, les tripes et la poudre. Il faut dire aussi que ses héros sont bien torturés eux aussi et la frontière se révèle bien faible entre méchant et gentil, les méthodes utilisées par chacun semblent au final bien loin de la morale… Mais difficile de ne pas franchir la ligne pour parvenir à ses fins.
Miller signe un polar vrai, fort et prenant. Difficile, pour ne pas dire impossible, de se détacher du destin de Marv, Miho, Dwight, Hartigan,…
C’est âpre, ça cogne, c’est dur, ça castagne,… p’tain qu’c’est bon ! |