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Avis posté par
Messire l'Inconnu
le 22/07/2012
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Bof, sans plus)
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Une aventure d'Antonin Phylifandre
La couverture et la lecture des treize premières planches en preview sur le Net avaient attiré mon attention, les promesses de son ambiance s'étaient insinuées en moi et je m'étais déjà fait une certaine idée de cet album... qui s'est révélée fausse au final (mais ce n'est pas le seul problème).
Déjà, avec la (belle) couverture d'une sorte de Pierrot Lunaire en haut-de-forme sur les toits, avec cette silhouette de chat, ce ciel mauve de mélancolie rêveuse et ce visage de femme, on pouvait s'attendre à une histoire mêlant la poésie et l'onirisme. "Propice au songe "comme le dit le résumé de quatrième de couverture. Autant dire qu'il n'en est rien.
A la place, nous avons une classique histoire de chasse au trésor égyptologique bien plus prosaïque convoité par différents protagonistes, qui finalement se place davantage du côté d'une série comme Le tombeau d'Alexandre d'Isabelle Dethan mais en nettement moins bien dans le genre et c'est un euphémisme !
Ceci étant dit (en guise d'avertissement), les défauts propres à cet album sont nombreux et concernent tous le scénario.
Pour commencer et surtout, celui-ci est des plus basiques et j'ai eu l'impression de lire une histoire écrite pour des pré-ados qui, pour ne rien arranger, reprend la sempiternelle mythologie égyptienne et ses "mystères". Les clichés s'accumulent, les situations sont sans aucune originalité, les dialogues terriblement stéréotypés et répétitifs. On ne compte plus le nombre de "Malédiction ! Dans quel pétrin me suis-je encore fourrée ? " et autre "Malédiction ! Me voilà fait comme un rat". Bref, les répliques sont d'une grande platitude, voire involontairement comiques, le vocabulaire limité, les métaphores passe-partout et les protagonistes abusent d'interjections puériles au point qu'on pourrait se croire dans une parodie de Blake et Mortimer. C'est particulièrement frappant vers la seconde moitié de l'album.
L'intrigue, quant à elle, souffre de raccourcis étranges et peu crédibles, d'invraisemblances, de grosses ficelles, de réapparitions subites de personnages qui arrangent (trop) bien les choses. Seules quelques touches d'humour bienvenues ont réussi à me faire sourire mais c'est bien peu pour sortir cet album de son naufrage scénaristique. Quant aux personnages...
Le soi-disant "héros" (si on en croit le sous-titre de l'album) n'a rien du rêveur sympathique et lunatique que pouvait laisser présager les premières pages. Il se révèle en réalité totalement fade et se comporte comme un étudiant invertébré. De plus, sa naïveté est agacante et il se laisse trimbaler (et manipuler) dans cette histoire sans vraiment trop savoir ce qui lui arrive. Sa présence (molassonne) est bien moins marquante que celle de son amie Alice Mirage, qui pour moi est la véritable héroïne de l'histoire. Bien qu'assez caricaturale (belle, intrépide, indépendante, aventureuse, intelligente, et j'en passe), elle dégage malgré tout un vrai charme qui a réussi à me séduire. Autant dire qu'elle éclipse sans effort le trop falot Antonin.
Les personnages secondaires remplissent leur rôle de sous-fifres typés et sans charisme (l'érudit et membre d'une sorte de secte qui a le mot "méchant" comme inscrit sur son front, le traître, le riche excentrique impotent, l'émir et sa cour de femmes et de panthères couchées à ses pieds, etc...).
On en vient à se demander comment on peut encore écrire (et publier) de tels scénarios et créer de tels personnages réchauffés à notre époque et dans une collection de ce genre. Mystère.
En tout cas, il est bien difficile d'y adhérer lorsque l'on a plus de 12 ans.
C'est encore dans le domaine du graphisme que l'album est le plus convaincant et sympathique. Le travail de Mikel Janin est de bonne tenue pour une première oeuvre. Précis, minutieux, soigné autant dans les décors que dans les personnages (on s'étonnera juste de la physionomie d'Antonin dans un style proche de Tardi alors que les autres personnages sont loin de ce type).
Les couleurs sont également bien choisies pour restituer les différentes ambiances : du gris austère d'une bibliothèque nationale au jaune lumineux du désert égyptien, du rouge chatoyant du palais de l'émir au vert bucolique d'un parc parisien, Janin joue très bien des contrastes.
C'est donc d'autant plus décevant qu'un graphisme de qualité soit gâché par un scénario aussi naïf et pour tout dire médiocre.
La déception est à la mesure de mon attente.
Ma note tient surtout compte du dessin et... du personnage d'Alice, sans quoi j'aurais pu dire n'avoir "franchement pas aimé". |
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