Big Foot
Nicolas Dumontheuil j’adore et je ne m’en lasse pas, ses scénarios barrés juste à point sans jamais dépasser la limite de l’excentricité acceptable ; son humour subtil et coquin sans jamais tomber dans le gras ou le lourdingue ; son dessin qui semble être passé entre les vagues pour en ressortir rond et gondolé ; ses couleurs… ses couleurs directes splendides dont j‘aurais aimé qu‘il gratifie toutes ses séries, mais c‘est peut-être beaucoup trop de travail, surtout pour un auteur qui offre des B.D. avec un nombre de planches jouissif pour un prix plus que modéré au regard d'autres séries ; et puis peu importe que ses couleurs soient informatisées car elles sont bien choisies et reposantes.
Cette intro pourrait s’appliquer à toutes ses séries et résume bien le plaisir de lecture que procure son travail. « Big Foot » est tout pareil aux autres, amusant et captivant, posant son intrigue dont on ne sait pas où elle nous mènera et présentant ses personnages avec un bon travail psychologique, d’ailleurs je les ai tous apprécié, même les plus cons d‘entre eux. Les termes racistes perdent toute connotation péjorative, j’ai adoré la relique de l’indien qui parlant de Zeb, dit : « Le blanc qu’est noir », évidemment sorti du contexte ça paraît moins drôle. Dumontheuil a un sacré sens de la répartie.
L’histoire est captivante et m’a surprise car elle n’a pas pris la tournure que j’attendais, ce qui a rendu ma lecture encore plus divertissante. J‘ai aussi beaucoup aimé l‘épilogue qui met un terme au récit et qui raconte ce que deviennent les personnages par la suite, ça ôte toute frustration et clôt le récit de façon complète et non frustrante.
De plus l’auteur en profite pour jeter, mine de rien, un petit message écologique qui normalement est le genre de propos qui me gonfle passablement, mais c’est fait avec doigté et humour, et surtout sans lourdeur aucune.
Je n’ai trouvé qu’un seul petit défaut, le premier tome met un peu de temps à tout mettre en place et j’en ai ressenti quelques longueurs, mais je peux aussi dire que c’est un mal pour un bien, car à présent que je connais tout de ce petit monde ma relecture ne souffrira pas de ce petit désagrément, car passer du temps avec Zeb et Ned est purement jouissif. |