Black Butler
Je pense que j'aurais davantage mis un 2,5 mais n'ayant pas cette possibilité j'ai mis 3, jugeant 2 un peu sévère.
Tout le monde connait à peu près l'histoire. Ciel Phantomhive, un jeune comte anglais de la fin du XIXème siècle passe un pacte avec le diable et celui-ci prend alors l'apparence d'un majordome impeccable: Sebastian.
Parlons-en de ce majordome... Il est grand, classe, fort, beau (pas selon mes critères mais vu que toutes les ados fan de ce manga se pâment devant son physique...) bref, il est parfait. Cette perfection qui, aux yeux de certains, rend Sebastian si charismatique moi, m'agace plus qu'autre chose... On dirait que ce manga est fait de manière à ce que tout le monde s'extasie devant ce ténébreux majordome... Je trouve ça légèrement horripilant (et je pèse mes mots !). Quant à son jeune maître il ne vaut guère mieux... Il aura beau avoir perdu ses parents dans des conditions tragiques et avoir souffert de traitements inhumains... Il n'en reste pas moins exécrable. Condescendant, menteur, manipulateur...
Ce duo fait de ce manga un récit sombre et tourmenté. Le style impeccable de Yana Toboso contribue aussi au coté gothique de Black Butler. Le dessin est fin, soigné et détaillé et est un vrai plaisir pour les yeux. Cependant, les chevaux sont ratés car horriblement disproportionnés et déséquilibrés et demandent à être améliorés, ces animaux faisant partie à part entière de l’univers de la haute société victorienne.
Ce récit, bien sombre, est tout de même animé par le cynisme et l’humour noir du duo Ciel-Sebastian. Mais l’humour est présent surtout grâce aux serviteurs des Phantomhive : May la soubrette myope, Bard le cuisinier destructeur, Finny le jardinier gaffeur et le mystérieux Monsieur Tanaka… Mais ne vous fiez pas aux apparences… Ces personnages maladroits cachent des talents bien particuliers… Bien que leurs bourdes sont parfois un peu lourdes ils animent le récit et apportent un peu de comique dans des situations parfois critiques… Ces personnages sont mes préférés dans le sens où ils apportent un peu de chaleur humaine dans cette histoire peuplée de personnages sans cœur… Et je ne vous cache pas que je continue à lire ce manga uniquement pour cette brochette pour le moins originale !
Je voulais poursuivre cette critique par ce qui m’a le plus dérangé : les erreurs historiques, beaucoup trop nombreuses. Certes, on voit que Yana s’est documentée sur l’époque mais quand on est à cheval sur l’exactitude historique, ce manga peut déranger… Déjà, pour les us et coutumes de l’époque. Certains personnages faisant partie de la Haute société se comportent de manière extrêmement inconvenante en soirée (je pense notamment à la flamboyante Madame Red, partie malheureusement trop tôt). Ciel et Lizzy se rendent à des soirées alors qu’ils sont bien trop jeunes. Les dames gardent leurs couvre-chefs en soirée privée et montrent parfois leurs bras nus sans gants longs, ce qui était très vulgaire ! Il y a également des erreurs au niveau des costumes : Lizzy est trop jeune pour porter des corsets, certaines robes remontent au dessus du mollet et sont lacées derrière ou encore sont remontées de manière à ce qu’on voit les dessous (je pense notamment à la très aguichante robe rose de Ciel… Ce qui est purement impensable pour l’époque ! Seules les courtisanes se permettaient de telles extravagances et débordements ! D’ailleurs, la mère de Lizzy, pourtant très à cheval sur les convenances, porte une tenue d’homme pour faire de l’équitation et monte à califourchon… Quoi de plus incorrect pour une lady de cette époque ? Pour terminer sur les erreurs historiques, les armes ne collent pas à l’époque. Je pense notamment au lance-flamme de Bard, la première arme de ce type n’ayant été lancée qu’en 1901 (je rappelle que l’histoire ce déroule en 1888 ). Le Carpatia n’a été mis en service qu’en 1903 alors que Ciel s’offre une croisière à son bord ! Et encore plus énorme : (Attention risque de spoiler pour ceux qui n’ont pas encore lu le tome 10) Bard, le cuisinier était un soldat américain. Il a été recueilli par Sebastian en 1884. Par son uniforme, dans le flash-back, on en déduit que c’était un officier de la cavalerie Nordiste lors de la Guerre de Sécession… Or cette guerre s’est déroulée de 1861… à 1865 ! Qu’est-ce que Bard faisait sur ce champ de bataille alors qu’on était censé être en 1884 lorsque Sebby l’a récupéré ?! Je vous le demande… (fin du spoiler)
Il y aussi quelques manques de rigueur : Finny porte un tatouage dans le cou… Et ce numéro tatoué sur sa peau a changé d’un chapitre à l’autre !
Malgré tous ses défauts, Black Butler a un rythme enlevé (quoique un peu ralenti ces derniers temps) et des intrigues souvent intéressantes, mêlant fantastique et faits historiques dans un climat d’angoisse et d’horreur. Si vous aimez les récits gothiques, les enquêtes et que vous n’êtes pas trop pointilleux sur la réalité et l’exactitude historique, ce manga vous plaira sûrement ! |