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Interview de Brian Wood Interview de Brian Wood (21/07/2009)
Brian Wood est connu en France principalement pour sa série DMZ, mais il a pourtant un catalogue très varié, encore non traduit en français… Je vous invite à le découvrir ! (Lire l'interview en VO ici)

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Brian Wood (photo: Heather McGrath) Salut Brian, tu pourrais te présenter s’il te plait?
J’ai toujours du mal avec ce genre de question, parce que ma vie est finalement très ordinaire. Je travaille chez moi, dans un bureau fait de murs d’étagères (remplies de livres) qui coupent la chambre en deux. Je m’occupe de ma fille, et j’accepte toujours trop de travail. Donc tous les jours je suis à mon bureau, ou bien je fais des bêtises avec ma fille. J’aime mon travail pour un certain nombre de raisons, mais principalement parce que je peux rester à la maison. Je suis en train de me transformer en ermite… ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose !

Une question traditionnelle pour nos auteurs non-francophones : quelle expérience as-tu de l’industrie BD franco-belge? As-tu fait des tournées de dédicaces chez nous ? As-tu lu des BDs franco-belges ?
Je n’y connais pas grand-chose, à part ce que je lis à propos du festival d’Angoulême, et occasionnellement la lecture de BD importées… je vois aussi sur mes relevés de droits d’auteur que DMZ se vend mieux en France que dans n’importe quel autre pays d’Europe.

On a cette impression qu’en France la bande dessinée est bien mieux acceptée par les lecteurs, et autant respectée que n’importe quel autre livre publié… une idée alléchante ici aux USA, avec notre industrie retardée et notre perception que les BDs sont principalement destinées aux enfants (ou aux adultes se comportant comme des enfants)

Accéder à la BD DMZ En France tu es principalement connu pour ta série DMZ qui se déroule à Manhattan dans un futur proche, et raconte une guerre civile entre les USA et les « Etats libres ». Comment est né ce projet ?
Je me suis toujours intéressé à la politique, et j’ai toujours trouvé un moyen de m’exprimer sur ce sujet, depuis « Channel Zero » (note : la toute première mini série de Brian) et mon passage en école d’art. D’une certaine façon DMZ est une version affinée de « Channel Zero ». Pas littéralement parce que les deux histoires sont très différentes, mais parce qu’il s’agit de deux BDs qui parlent sérieusement de politique aux USA.

Je ne sais pas vraiment d’où m’est venue l’idée derrière DMZ. Un jour j’ai commencé à y réfléchir, environ 6 mois après les attentats du World Trade Center… je sais que ça vient de ce moment là, d’une façon ou d’une autre. J’ai des dessins de logos et de personnages que j’avais faits en 2003… J’appelais ça « Wartime » à l’époque.

Le monde dystopique que tu décris est sinistre et cynique au possible. Est-ce le reflet de ce que tu penses de la politique, des medias et des multinationales ?
Je pense qu’on devrait tous être constamment suspicieux envers nos élus et toute autre personne qui a du pouvoir et de l’influence dans notre pays. Pour être honnête, ils le méritent, et depuis l’élection de Obama de nombreuses personnes autour de moi sont tellement contentes qu’il soit le nouveau président qu’ils lui pardonnent bien facilement des choses pour lesquelles ils auraient immédiatement attaqué le président sortant. Il est important de ne pas mettre un seul homme (ou parti politique, ou marque, ou produit) au dessus des règles que nous sommes tous sensés suivre.

Planche de DMZ Donc oui, je peux être cynique, mais j’ai de bonnes raison de l’être. Mais dans DMZ, c’est mon travail de toujours considérer le pire qui puisse arriver. Le principe même de cette série EST d’être un « pire scénario », mais dans ma vie personnelle je suis quand même un peu plus optimiste.

Les événements que tu racontes sont assez effrayants, et m’ont fait me demander « est-ce vraiment possible ? Est-ce que ça pourrait vraiment se produire ? » Il faut sans doute pas mal de recherches et de connaissances politiques pour rendre une telle histoire plausible ?
Je fais beaucoup de recherches, et DMZ est du genre « basé sur des faits réels ». Mon approche est simple : je regarde ce qui se passe dans le monde réel, et je fais progresser la situation de quelques années. J’imagine ce qu’il va se produire lors des deux prochaines années si on ne dévie pas de notre course. La plupart du temps je me trompe, mais il m’arrive aussi souvent d’avoir raison. Dans les années 90 j’avais écrit un bouquin « Channel Zero » qui s’intéressait à la politique répressive de la ville de New York, et il est intéressant de voir à quel point ça s’est réalisé après les attentats du World Trade Center.

Couverture de Global Frequency par Brian Wood Je pense que ma plus grande force en tant qu’auteur est de « créer des mondes », d’imaginer des scénarios et d’appliquer l’Histoire à l’actualité pour créer des environnements crédibles et réalistes. Un mélange de recherche, d’observation et d’imagination.

Le tome 7 VO de DMZ va sortir cette année, et regroupe les comic-books #35-41. Le tome 8 VO (#42-49) devrait paraître l’année prochaine. Et ensuite ?
Il y aura environ 70 comic-books en tout. J’ai une bonne idée de la trame générale, et je sais comment l’histoire va se terminer.

Tu as une formation en illustration, tu as travaillé en tant que graphiste, et tu as même dessiné les couvertures de nombreuses BDs, dont celles de DMZ et Global Frequency. Es-tu parfois tenté de travailler seul, ou préfères-tu déléguer le côté graphique à un dessinateur ?
Je ne suis pas assez rapide pour travailler en tant que dessinateur de comics. A un moment donné je pensais que c’était ce que je voulais faire, mais je ne pouvais pas subvenir à mes besoins financiers, et j’avais trop d’idées que je souhaitais publier. Collaborer avec un dessinateur est aussi un vrai plaisir, et satisfaisant au niveau créatif, et je suis content de m’occuper des couvertures et des logos de mes BDs. Peut-être qu’un jour, si j’ai le temps de m’y consacrer pendant une année entière, je me remettrai au dessin.

Couverture de Demo Va-t-on voir le reste de tes bouquins de ce côté de l’Atlantique ? (« Demo », « Local », « Northlanders » etc.) ?
D’après ce que je sais, « Local » est publié en France par Delcourt, ou le sera très prochainement. « Demo » est paru en italien, allemand et portugais, et « Northlanders » devrait bientôt suivre les pas de DMZ et être traduit dans plusieurs langues. Certains de mes livres plus anciens comme « Supermarket » ou « Pounded » sont publiés en Italie, où je semble avoir beaucoup de lecteurs.

Contrairement à DMZ, « Demo » et « Local » se concentrent moins sur l’action et l’aventure, et plus sur les émotions et les personnages…
J’aime écrire les deux – ce genre d’histoire « indé », et des blockbusters remplis d’action comme DMZ. Je pense que « Northlanders » est en train de rapprocher les deux, ce qui est surprenant. Ecrire des livres variés aux tons très différents m’aide à ne pas me lasser, et à toucher des publics très variés. J’écrirai toujours des histoires telles que « Demo » ou « Local ».

Tu as aussi travaillé chez Rockstar Games, l’éditeur entre autre des jeux « Grand Theft Auto ». Tu étais « staff designer » je crois… ça consiste en quoi exactement ?
Chez Rockstar, un « staff designer » est une personne qui s’occupe de tout ce qui est design non-jeu, c'est-à-dire les logos, les boîtes, les manuels, les publicités pour magazines, les t-shirts, les autocollants, etc… vraiment de tout ! C’était un boulot intéressant et j’ai appris beaucoup de choses. J’ai commencé juste avant le lancement de la PS2, et j’y suis resté pendant presque 4 ans, donc j’ai contribué à deux Grand Theft Auto, ainsi que Max Payne, Midnight Club, Manhunt, etc...

Boîte du jeu Grand Theft Auto: Vice City Pourquoi es-tu parti de chez Rockstar ? Penses-tu un jour retravailler dans l’industrie du jeu vidéo ? Es-tu toi-même « gamer » ?
J’ai démissionné en 2003 parce que je voulais me consacrer à la BD à plein temps et ne pas avoir un emploi la journée. Je n’ai jamais été heureux chez Rockstar dans le sens où je n’aimais pas travailler d’arrache-pied sur les idées d’autrui, et les voir s’enrichir sur mon dos. Si jamais je rebosse aussi dur, ça sera à mon compte.

J’écris un peu des scénarios de jeux vidéos, et je joue assez pour me tenir informé, mais pas trop, pour ne pas chambouler mon calendrier de sortie BD ! Pas facile…

Tu travailles sur quoi en ce moment ?
Rien de secret, malheureusement. Que des choses déjà annoncées : une deuxième série « Demo » avec Becky Cloonan pour Vertigo, une deuxième série « New York Four » avec Ryan Kelly pour Vertigo, une mini série DV8 pour Wildstorm, et une histoire courte « Channel Zero » (que je vais dessiner moi-même) pour un livre du Comic Book Legal Defense Fund. Ce dernier sort dans quelques mois, et les 3 autres l’année prochaine.

En plus de DMZ et « Northlanders »… de quoi me tenir occupé !

Brian, merci !



A voir aussi :
Le site de Brian (en anglais)
L'interview en anglais

Interview réalisée le 21/07/2009, par Alix.

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