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Interview de Christian Godard Interview de Christian Godard (13/08/2007)
Christian Godard est un routard de la BD franco-belge. Il a côtoyé beaucoup de grands noms et vu évoluer son art, pas toujours en bien. Rencontre avec une sommité du 9ème art.

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Christian Godard 1ère partie
1. Les débuts
2. Norbert et Kari
3. Martin Milan

2ème partie
4. Avec Ribera
5. Avec Clavé
6. Autres séries

3ème partie
7. Les femmes dans l’œuvre de Godard
8. Les autres séries récentes
9. Questions diverses

A voir aussi :
Le site de Christian Godard
Les séries de Christian Godard sur BDTheque
Vos réactions sur le forum



1. Les débuts


Votre carrière démarre au début des années 50. Vous collaborez à de nombreux périodiques ("Fillette", "Coq Hardi", "Pistolin", Fripounet et Marisette, etc.) avant d'entrer à Vaillant en 1957. Pouvez-vous nous évoquer cette première période de votre carrière ?
Autant essayer de vous évoquer ma vie sur la planète Mars. Je ne sais pas comment faire pour que vous en ayez la moindre idée authentique. Je peux vous fournir quelques informations basiques. C'est une époque où on pouvait faire de la bande dessinée en se foutant complètement de la bande dessinée. Vous voyez le genre ? Et l’on pouvait même en vivre confortablement ou presque. Non, là, je sens que vous êtes largué. Je vous comprends.

Couverture Tromblon et Bottaclou A partir de 1959, vous devenez l'un des piliers du journal Pilote, dans lequel vous illustrez des scénarios de René Goscinny : "Jacquot le Mousse" (N°1 à 30), "Tromblon et Bottaclou", notamment... Comment se passait la collaboration avec Goscinny ?
C'était un type extraordinaire. Je me souviens de m'être trouvé devant lui, et il me tendait son texte d'une main, en souriant d'un air engageant. J'avais la charge de le prendre dans des délais raisonnables, c'est-à-dire sans trop tarder. Et puis je repartais avec, sous le bras, je faisais ce que je pouvais, et je lui apportais les planches terminées. Il lui arrivait de rire en les visionnant, ce qui était une marque de satisfaction évidente, mais généralement parcimonieuse.

Je pourrais aisément faire des conférences sur le sujet, et je sais d'avance qu'il y aurait du monde dans la salle. D'ailleurs j'en ai vu certains qui en faisaient, sans l'avoir jamais rencontré directement. Comme pour le général De Gaulle, la Reine Margot, ou Toutankhamon. Et qui parvenaient à en parler savamment. (Que ceux qui veulent me proposer de me produire, moyennant finance, pour une causerie de ce genre, me fasse des offres, via mon site. Je ne voyage qu'en première classe et je tiens à avoir une salle de bains à l'hôtel. J'ai quelques anecdotes savoureuses en réserve).

Vous abandonnez "Tromblon et Bottaclou" car vous avez envie d'écrire seul...
Non, ce n'est pas la vraie raison... La vraie, c'est que j'avais un petit peu appris quelques rudiments sur ce métier qui n'en est pas un, et que le journal m'avait demandé de faire des histoires complètes de mon propre cru, ce qui m'a permis de réaliser celles de "L'Agent secret É-1000" (Il y a une astuce cachée, là). Et, de fil en aiguille, Jean-Michel Charlier, co-rédacteur en chef du journal, m'a proposé de créer ma propre série. J'ai dit oui, sans réfléchir... (lui non plus, d'ailleurs).

Accéder à la fiche de Martin Milan C'est alors que vous lancez Norbert et Kari, publié dans Pilote jusqu'en 1969...
Exact.

1969 est aussi la date de sortie de votre premier album : Martin Milan, chez Le Lombard (maison concurrente...).
Je ne me souviens pas de la date de sortie de mon premier album au Lombard. Mais je me souviens très bien de la tête de Goscinny quand il l'a vu.

Il m'a demandé de venir le voir dans son bureau qui, à cette époque, était très exigu. Il y avait, dedans, le bureau (meuble) proprement dit, dont le plateau était toujours nu, et une petite armoire métallique à deux portes sur le mur d'en face. Je me suis rendu à son rendez-vous et je me suis assis devant son bureau. Il a été jusqu'à son armoire métallique, l'a ouverte, en a sorti mon album, l'a posé sur son bureau bien, s'est rassis et a pointé son index sur mon malheureux album tout seul au centre de son plateau vide. Puis, en me fixant droit dans les yeux (index pointé) m'a demandé : « Qu'est-ce que c'est que ÇA ? ».


Y’a-t-il une influence de Greg (Achille Talon) sur vos premières séries ("Jacquot le mousse", Norbert et Kari, "L'agent E-1000") ?
Non. Pas la moindre. Par contre, lui et moi avions les mêmes influences, ce qui n'est pas la même chose.

Accéder à la fiche de Achille Talon Vous avez d'ailleurs écrit le scénario du dernier Achille Talon, en hommage à Greg disparu ?
Pas le moins du monde. Vu que je suis intervenu de son vivant.
Pour être précis, Greg avait décidé de vendre sa série aux Editions Dargaud. Qui ont eu le bon goût de la lui acheter pour une somme rondelette.
Moyennant quoi, la maison s'est mis en tête de continuer à la produire, ce qui n'était pas une bête idée. Ils ont jeté leur dévolu sur un très excellent dessinateur, Widenlocher (super, Widen), et ont cherché un scénariste, puisque Greg avait raccroché.
Ils ont pensé à moi.
J'ai déclaré que je voulais bien m'y essayer, à condition que Greg soit d'accord. On m'a objecté que « Bé, pourquoi? » - ce n'était pas la peine de lui demander son avis, puisqu'il avait vendu sa série.
J'ai fait valoir que je connaissais Greg depuis longtemps, et que je n'étais pas disposé à mettre mes pieds dans ses pantoufles, sauf s'il était disposé à me les prêter, lui. Question de correction.
Le directeur de collection de l’époque a donc été obligé d'organiser un repas entre nous, auquel le directeur général est venu se joindre tardivement. Greg et moi, nous étions amis. Il était d'accord. J'ai écrit l'album.
Fort de l'assentiment du créateur, j'étais disposé à écrire le ou les suivants (c'était l'idée), mais le directeur de collection a pensé que, puisque j'avais réussi à le faire, il pourrait le faire aussi.
C'est donc lui qui a continué à rendre hommage (posthume) à Greg.

Vous avez aussi fait des gags de Modeste et Pompon pour Mitteï dans Tintin ; étiez-vous un grand fan de Franquin ?
Je le suis toujours. Plus que jamais, en ces temps ô combien ... « mangahifiants ».

Et concernant Mitteï ?
C'était un homme d'une extraordinaire gentillesse et d'une parfaite modestie. Je me souviens d'un dîner en particulier, où il était venu avec sa femme, elle le couvait du regard, surveillait chacun de ses gestes pour les précéder, et lui souriait constamment, c'était très émouvant. Il faisait de très jolies aquarelles en trois coups de pinceaux désinvoltes.

Vous avez écrit des scénarii pour les tomes 3 et 4 de la série Désiré ; Mitteï délaissera ensuite la série pour la reprise de Modeste et Pompon. Un petit retour sur cette série ? Auriez-vous pu la reprendre vous-même ?
Non, en aucun cas, si vous parlez de "Indésirable Désiré". C'était un "dépannage", et seulement un dépannage. Greg m'avait demandé d'intervenir un peu comme un service. Je crois qu'il aimait bien Mittéi, qui avait écrit et dessiné les trois premières pages de son histoire, et qui ne savait plus comment s'en sortir. Panne technique. Ca arrive. J'ai accepté d'intervenir à partir de la quatrième, en tenant compte de ce qui avait été déjà dessiné, et j'ai complètement improvisé la suite. Ca a donné "en avant la musique" et je me suis arrêté là. Par contre, si vous parlez de Modeste et Pompon, c'est vrai que j'avais l'habitude, par plaisir personnel et pour comprendre comment fonctionnait Franquin, de crobarder entièrement les gags que j'écrivais, en allant assez profondément dans le détail. (J'en ai écrit un sacré paquet, autant que je me souvienne). Ce qui faisait que Greg se payait franchement ma tête. "Il n'a plus qu'à repasser à l'encre", m'avait-il dit un jour en me prenant pour un furieux. J'aurais pu en effet m'abstenir, mais c'était pour le plaisir.

Couverture La vie d’Artiche Dans l’album "La vie d'Artiche", réalisé avec Pierre Le Guen pour Circus, vous vous mettez en scène. Vous commencez le récit en vous faisant dire : « Voilà ! Je voudrais raconter une histoire dont nous serions toi Le Guen et moi Godard les personnages principaux, et dans laquelle le vrai et le faux seraient intimement mêlés, afin qu’on ne sache jamais où s’arrête l’un et où commence l’autre ». Nous reconnaissons là une de vos caractéristiques qui est le mélange des genres ou le mélange des tonalités ; vous passez dans un même récit du sérieux à l’humour, du rire aux larmes, du vrai au faux ou au rêve, etc. Nous espérons d’ailleurs que vous ne mêlez pas trop de fausses informations dans cette interview ; cela ne serait pas très sérieux n’est-ce pas !?
On est dans un domaine, celui de la bande dessinée. Si je ne m'abuse, ce n'est pas quelque chose de très... sérieux. Je veux dire, il n'y a pas mort d'homme. (Encore que ça se discute, les morts ne se comptent plus, professionnellement parlant).

Mais qui se préoccupe de donner de bonnes informations sur quoi que ce soit, de nos jours ? Au fait, à propos de l'affaire Clearstream, vous avez les bonnes informations, vous ? Et, dans ce cas, j'aimerais bien savoir qui a truqué les listings ?

Pierre Le Guen a dessiné dans Vaillant les séries Jacques Flash et Nasdine Hodja ; c’était un très bon dessinateur (avec un style réaliste et élégant). Est-ce à Vaillant que vous l’avez rencontré ?
Absolument.

Comment vous est venue l’idée de faire une histoire ensemble ? Etait-ce l’envie de faire une BD « adulte », en 1979, chez un jeune éditeur dynamique et ouvert (à l’érotisme par exemple) ?
On a été prendre un pot au bistrot du coin, et on s'est demandé ce qu'on pourrait bien faire ensemble.
L'un de nous deux, je ne me souviens plus lequel, a proposé un hold-up. L'autre un poker. Finalement, on a fait une BD.

Cette histoire corrosive semble préfigurer quelque peu celle du "Grand scandale" réalisée plus tard ?
Exact. C'est un domaine dans lequel j'aurais bien aimé continuer à m'exprimer, il y avait à faire.
Mais les éditeurs préfèrent raconter des histoires de types qui se collent au plafond en se prenant pour des araignées, et les lecteurs ne protestent pas, que je sache. C'est même le contraire.



2. Norbert et Kari


Accéder à la fiche de Norbert et Kari Vous avez repris, semble-t-il, la trame de "Jacquot le Mousse" dans l'album de Norbert et Kari : "Du rififi chez les otaries"... D'une manière générale, l'écriture de Goscinny semble vous avoir influencé (bandes dessinées "enfantines", humoristiques, mais s'adressant en fait à tous les publics avec différents nivaux de lecture, des jeux de mots, etc.) ?...
La trame de Jacquot le mousse ? Première nouvelle.
Si vous aviez à lire mes scénars et que vous pouviez les comparer avec ceux de Goscinny, vous constateriez immédiatement qu'il n'y a aucun rapport.
Il se trouve que, moi, j'ai pu faire la comparaison. Et pour cause. Goscinny avait le génie de la simplification. Ses scénarii étaient d'une simplicité saisissante. Il indiquait le minimum et vous laissait vous débrouiller. Il m'a confié un jour que, pendant le week-end, il avait trouvé le temps d'écrire vingt pages de bande dessinée.
Presque la moitié d'un album. Moi, il me faut deux mois. Y a un bug quelque part. Quelqu'un a tort. Ça m'étonnerait que ce soit lui.

A l'évidence, Norbert vous ressemble (?), au moins physiquement...
On me l'a dit souvent. Je ne me suis aperçu de rien. C'est un phénomène qui me laisse pantois. Quand j'ai connu Greg, par exemple, c'était un grand jeune homme mince avec une fine moustache, et il m'a immédiatement fait penser à Clark Gable. Ça ne l'a pas empêché de créer son personnage ventripotent. Et, à la fin de sa vie, il lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

Vous y êtes-vous projeté plus que dans les autres personnages ?
Non. Pas plus. Pas moins non plus.

Accéder à la fiche de Norbert et Kari Quelle place a Kari pour vous ? Il est plus intellectuel... Est-il le faire valoir de Norbert ?
Disons, son contrepoint.

Norbert est un peu "peureux" par rapport à la vie (adulte)... C'est pour cela qu'il s'est réfugié -?- sur un petit atoll paradisiaque (en vase clos) de Polynésie ?
Norbert et Kari sont nés en 1964. Lorsque l'histoire commence, Norbert est coincé dans un embouteillage monstre. Il craque, sort de sa voiture, l'abandonne sur place et prend la fuite.

Il rejoint la Polynésie, non par peur, mais par ras-le-bol. Cette idée était dans l'air. Quatre ans plus tard, on faisait des barricades dans les rues, et on entamait une douce manie qui s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui : brûler des voitures.

Son jeune compagnon (Kari) est un jeune garçon d'ailleurs... On reste dans le monde de l'enfance (?)... Un monde de l'enfance que vient perturber le monde des adultes... (militaires, affairistes, pollution des mers, gangsters, dictateurs, etc.).
Il est plein d'espoir. Il croit en la civilisation (héhé). C'est un sujet sur lequel on n'a fait aucun progrès. Enfin, je trouve. D'ailleurs, je suis contre le maïs transgénique.

Pourra-t-on lire un jour les nombreux inédits de Norbert et Kari, publiés dans Pilote ? En effet, j'avais contacté le site BDOubliees qui fait un travail formidable pour le patrimoine de la BD pour suggérer une édition limitée de ces inédits mais il m'a été répondu que vous souhaitiez l'éditer vous-même via votre site (et probablement sous format électronique plutôt que papier). Qu'en est-il ?
On vous a bien renseigné. Tôt ou tard, en effet, je voudrais bien pouvoir me consacrer à cette réédition.
Et à quelques travaux du même tonneau.



3. Martin Milan


Accéder à la fiche de Martin Milan Vous créez la série Martin Milan dans le journal Tintin en 1968. Quelle est l’idée de départ de ce formidable personnage ?
L'idée de départ de ce personnage est justement l'idée de départ. C'est un personnage qui a une idée de départ, et c'est devenu mon idée de départ. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre... (Il passe son temps à partir).

Comment la série a-t-elle été perçue à l’époque de sa sortie ? Car il faut bien dire que le personnage, les histoires, la tonalité, le graphisme, les différents niveaux de lectures, sont assez complexes, voire décalés, pour un lectorat ciblé jeune (Je me souviens de courriers très hostiles de lecteurs qui ne comprenaient rien à la série Rork d’Andréas par exemple...).
Au début, c'était un personnage humo assez classique. Et puis, il a pris de l'épaisseur sans me demander mon avis.

En fait, très naturellement à cette époque, j'ai été tenté de développer des idées un peu plus pertinentes, incarnées. C'est une pente dangereuse. Je me souviens de l'éditeur, enfin du fils de l'éditeur, qui m'avait invité à déjeuner pour me donner des conseils, et qui ne comprenait pas du tout pourquoi je le faisais évoluer dans ce sens. Qui me disait « Mais il était parfait au début !».

Il avait en partie raison. Le public du Journal de Tintin n'était plus tout à fait le sien, du coup. Il n'empêche que s'il avait en partie raison, il avait en partie tort également. Sinon vous ne m'en parleriez pas aujourd'hui.

Extrait Martin Milan Martin Milan, comme Norbert, fuit la civilisation... Il est un peu écolo : il n'aime pas les chasseurs, les militaires, les matraques, les dictateurs... Les seuls êtres humains qui trouvent vraiment grâce à leurs yeux (à Martin Milan et Norbert) sont les enfants avec leur innocence... C'est également votre point de vue ?
Je me sens en phase avec les enfants, en effet. Ils sont transparents. Ça ne veut pas dire qu'ils soient innocents. La transparence est un état qui se perd assez vite, en grandissant. Ensuite, vous êtes condamné à vivre avec des énigmes sur pattes. Ecoutez un homme politique. Il pourra parler des heures sans que vous sachiez jamais ce qu'il pense « vraiment ». D'ailleurs tout son discours est destiné à vous empêcher de le savoir. Je n'ai jamais rencontré un enfant qui cherche à me convaincre de voter pour lui. Par contre, je reconnais que les hommes politiques ont ceci en commun avec l'enfance qu'ils passent leur temps à répéter : « ce n'est pas moi, c'est lui !».
Est-ce que j'ai épuisé le sujet ?

Martin Milan manie l'humour noir ; il a une vision assez –très ?- pessimiste de l'Homme... Vous avez été envoyé en Algérie en tant qu'appelé durant la Guerre d'Algérie... Si vous aviez encore des illusions sur l'Homme, vous les avez perdues à ce moment-là ?
Joker.

Dans certains albums, une certaine spiritualité affleure, l'existence d'un au-delà ("L'ange et le surdoué", la peur d'un vieil homme devant la mort dans "Mille ans pour une agonie", etc.)... Y croyez-vous ?
Je pense que l'homme n'a pas les moyens de comprendre l'essence des choses. Pour ça, il se sert des mathématiques.
Il trouve le boson.
Ce qui n'avance à rien, sur le plan de la compréhension.
La plupart des hommes sur cette Terre ne savent pas lacer convenablement leurs chaussures, quand ils en ont. C'est dire...

A-t-il toujours eu un ange gardien à ses côtés (cf. "L'ange et le surdoué") ?
Je le souhaite.

Extrait Martin Milan Après avoir été éditée chez Le Lombard, "Le Vaisseau d'Argent", Dargaud, la série Martin Milan n'est plus éditée actuellement... Certains tomes sont assez difficiles à trouver aujourd’hui sur le marché. De même, les histoires courtes sont aujourd’hui introuvables. Une intégrale serait-elle envisageable comme pour Le Vagabond des Limbes par exemple ?
Le système du monde de l'édition dans lequel nous sommes actuellement plongés consiste à prendre les dessinateurs comme des Kleenex, dans lesquels on se mouche, et à les jeter dans le caniveau illico sous le prétexte que la boîte (de mouchoirs en papier) est encore pleine. D'où votre question... La BD est un produit de grande consommation. Les libraires ne savent plus où caser les nouveautés au rythme où elles leur arrivent sur les pieds.
Une intégrale pourrait être envisagée en effet. Attention les pieds.

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Interview réalisée le 13/08/2007, par Spooky, avec les participations de François Boudet, klod, marcel, Marie M et Marv’.

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