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Interview de Fabien Nury Interview de Fabien Nury (24/09/2010)
En quelques séries et six ans de carrière, Fabien Nury est devenu l’un des scénaristes les plus en vue de la Bd franco-belge. Dialoguiste de génie au découpage redoutable, il n’a pas dit son dernier mot…

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Fabien Nury Bonjour Fabien, comment vous présenteriez-vous ?
J’ai 34 ans, je suis d’origine ardéchoise.
Je suis scénariste à temps plein depuis 5 ou 6 ans, ce qui est l’aboutissement d’un rêve de gosse : raconter des westerns, au cinéma ou en BD. Je n’ai pas encore fait de western pur, d’ailleurs, mais je ne désespère pas. Et il y a d’autres genres que j’aime.

Comment êtes-vous arrivé à la BD ?
J’ai fait des études de commerce, qui ne m’intéressaient pas beaucoup. Je cherchais un métier qui lui, me passionne. Je me suis dit qu’écrire était une possibilité, c’était techniquement faisable, et cela s’appliquait à mes deux médias préférés : cinéma et BD. Donc, je me suis mis à écrire des scripts, sur mon temps libre. Puis j’ai fait des rencontres, des stages chez des éditeurs, etc. C’est-à-dire que j’ai cherché des gens susceptibles de lire ce que j’écrivais, et d’en faire quelque chose.

Accéder à la BD W.E.S.T Premier co-scénario, et premier succès avec W.E.S.T… Comment expliquez-vous cette reconnaissance immédiate ?
Euh… Avec Xavier Dorison et Christian Rossi, je n’avais pas vraiment de mérite ! Le concept originel est de Xavier, et il m’a donné la chance de ma vie en me proposant de l’écrire avec lui. Merci, Xavier… Et Christian est arrivé ensuite, ce qui signifiait tout de même qu’un GRAND dessinateur allait transformer notre scénario en BD. Tout devient plus facile, avec des comparses comme ces deux-là.

Comment vous répartissez-vous le travail avec Xavier Dorison ?
On discute, on prend des notes, on discute, on prend des notes… Et puis quand l’histoire est construite, l’un de nous se met à écrire telle ou telle scène, et l’autre la réécrit. Et le premier la réécrit de nouveau… Etc.

Où en êtes-vous du Maître de Benson Gate ?
Renaud a presque fini le tome 3, qui sort en janvier. Et le tome 4 est écrit et dialogué. Il devrait lui aussi sortir en 2011, et boucler le cycle 2. Ensuite on verra, mais la trame d’ensemble de la série est déjà écrite.

Allez-vous revenir dans la suite à la rivalité initiale entre les deux frères ?
Oh oui, et pas qu’un peu. Il faut juste que chacun ait droit à sa présentation et à son parcours solitaire, pour qu’ensuite, quand la confrontation aura lieu, il ait les armes et l’état d’esprit requis… Mais je vous rassure, ils ne vont pas se faire de cadeaux. Ou alors, empoisonnés…

Accéder à la BD Je suis légion Comment en êtes-vous venu à travailler avec John Cassaday, auteur américain, sur Je suis légion ?
C’est Philippe Hauri, éditeur aux Humanos à l’époque et chez Glénat maintenant, qui a raconté l’histoire à John, au ComicCon de San Diego. John a lu, il a aimé, on s’est lancé dans l’aventure.

Quelles contraintes cela apporte-t-il de travailler avec un auteur de comics ?
Ce n’est pas l’anglais qui pose un problème, mais c’est tout de même une question de langage : on ne découpe vraiment pas de la même manière, en comics et en BD franco-belge. La narration est très différente. Mais John a joué le jeu, et moi aussi ; sur le 2 et le 3, j’ai écrit un scénario au format « film dialogué », et il l’a adapté en BD. Une contrainte était bien sûr d’écrire tout le script d’une traite, pour les 3 tomes.

La seconde guerre mondiale est un terreau propice à nombre de légendes, qu’elles soient urbaines ou pas ; comment vous est venue cette idée d’une petite fille aux pouvoirs paranormaux ?
D’un des premiers plans du film « La Forteresse Noire », de Michael Mann. Et puis l’enfant démoniaque ou possédé est une « tarte à la crème » du genre fantastique : à ce sujet, le chef d’œuvre est à mon avis « Les Innocents » de Jack Clayton, d’après « Le tour d’écrou » de Henry James. Regardez-le, ça vous cloue au mur.

Certains lecteurs ont regretté la narration parfois complexe de cette série, un nombre de personnages trop élevé, qui les ont parfois empêchés de comprendre ce qu’il se passait. Si c’était à refaire, que changeriez-vous ?
Ils ont raison. J’ai fait l’erreur de confondre film (ou roman) et bande dessinée, et John a renforcé ce défaut, car malgré toutes ses qualités, certains de ses personnages se ressemblent physiquement… Et vu qu’en plus, ils sont presque tous en uniforme… C’est plutôt coton à suivre. Maintenant, si c’était à refaire… Hé bien, en fait, je VAIS le refaire ! Ou plutôt, je vais faire « Les Chroniques de Légion », qui exploitera le même concept fantastique du « sang éternel » dans des univers historiques différents, et avec un tout autre style narratif. Ce sera à vous de juger du résultat.

Accéder à la BD Les Brigades du Tigre Vous avez travaillé sur la nouvelle version cinéma des Brigades du Tigre, ainsi que sur l’adaptation de votre propre scénario, ou plutôt aux prémices de l’intrigue du film, avec Dorison… quelles sont les spécificités de chaque exercice ?
Un film est un ouvrage collectif, très cher et très compliqué. Une BD est plus libre, de ce point de vue. Mais on n’a pas de son, et le nombre de cases et pages est limité… Le reste découle de ces différences simples. Je pense que Xavier et moi sommes devenus de meilleurs auteurs de BD après avoir écrit ce film ; mieux vaut faire l’expérience des différences, que simplement les expliquer.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’autres films ? Et d’autres albums ? Avec la Bande à Bonnot, il y aurait eu de quoi faire…
Le film n’a pas fait assez d’entrées pour qu’il y ait une suite. La BD a bien marché, mais bon... Tous ces problèmes de droits… Mais c’est drôle que vous me parliez de « La bande à Bonnot », car je travaille justement à un projet audiovisuel sur le sujet. Comme ça, j’aurais œuvré dans les deux camps, police et anarchie !

Je trouve vos scénarios très cinématographiques (en plus d'être bons), est-ce que vous avez d'autres projets d'adaptation de vos bd depuis les Brigades du Tigre ou même d'oeuvres originales ? Je verrais bien une adaptation de Il était une fois en France ou de L'Or et le Sang
Je suis légion a été optionné et adapté, mais je ne sais pas si le film se fera, et encore moins quelle tête il aura. Pour mes autres séries, il y a des intérêts marqués, surtout avec Il était une fois en France. Mais c’est cher, compliqué, aléatoire… Il ne faut pas fermer la porte, mais pas compter dessus non plus !

Cliquer pour voir une planche de Atar Gull Si oui, est-ce que vous risquez de faire une pause sur la BD pour vous y consacrer (constat fait au niveau des autres auteurs qui ont touché au cinéma et qu'on ne voit quasiment plus dans la bd) ?
J’ai écrit, et je continue d’écrire, plusieurs scénarios de film, financés et développés par des sociétés de production. A ce jour, il n’ont pas été tournés. Donc je continue, mais je ne compte pas dessus. Les BD, elles, je dois souvent les attendre, mais elles finissent pas sortir, et parfois elles sont conformes à mes attentes. Pourquoi arrêterais-je ? La BD est un formidable laboratoire, qui peut justement servir à raconter les histoires qui ne verraient pas le jour sur d’autres supports. Un exemple : j’ai écrit « Atar Gull », une histoire d’esclaves particulièrement féroce, et en ce moment Brüno m’envoie des pages formidables. Il y a des bateaux, des abordages, l’Afrique, la Jamaïque… L’histoire est adaptée d’un roman d’Eugène Sue, qui date de 1830 : c’est tragique, parfois atroce, et toujours sans concessions. En film, c’est impensable. En BD, c’est un rêve.

Accéder à la BD Il était une fois en France Il était une fois en France s’annonce –peut-être- comme votre grand œuvre. De nombreux critiques et lecteurs ont salué la balance entre les différentes périodes du récit, le sérieux de la reconstitution historique, ainsi que votre savoir-faire sur l’ensemble.
Merci ! Un détail m’amuse à ce sujet : il y a six ans, j’ai proposé le sujet à des producteurs. Un Juif collabo ? Ils m’ont traité de fou, ou presque… Mais maintenant que les BD existent et marchent, ils changent de discours. Vive la BD !

Le personnage de Joseph Joanovici est assez ambigu, et ne plaît pas à tout le monde… Avez-vous forcé le trait ou ses multiples facettes sont-elles apparues naturellement lors de votre approche du personnage ?
J’ai essayé de décrire honnêtement le personnage, d’après ce que j’avais retenu d’une documentation abondante, et souvent contradictoire. C’est une fiction, et non une thèse d’histoire… Mais j’ai essayé d’inventer aussi peu de choses que possible, et toujours de dramatiser (simplifier, condenser) les éléments réels.

Pourquoi ce choix d’un dessinateur au style presque caricatural comme Sylvain Vallée ?
Regardez des photos d’époque. Il n’est pas si caricatural, ce dessin. Et surtout, il est EXPRESSIF et SUBTIL. Je crois que Sylvain est un grand dessinateur, et que cet univers était « en lui » depuis de nombreuses années. Cela se voit à chaque page qu’il dessine.

Cliquer pour voir une planche de Il était une fois en France - tome 4 La série est-elle toujours prévue en 6 tomes ?
Oui. Vous savez, c’est une histoire vraie, le personnage vieillit et meurt. On ne va pas lui inventer des aventures supplémentaires, simplement parce que la série marche.

Le titre est-il un hommage à l’œuvre de Sergio Leone ?
Oui, c’est un hommage. Je trouve aussi que le destin de Joanovici permettait un tel titre. Et oui, Leone est un génie, il m’a fait rêver enfant, plus que tout autre. D’ailleurs, j’ai revu « Il était une fois dans l’Ouest » et « …La révolution » en salle, le mois dernier, en copie neuve. Quelle claque ! On connaît ces films par cœur, presque plan par plan, et pourtant on les découvre, on les vit de nouveau. On sort de la salle hypnotisé, béat. C’est pour ce genre de films que le cinéma a été inventé.
Accéder à la BD Necromancy
D’une manière générale, quels sont vos films préférés ? Aimeriez-vous en adapter certains en BD ?
Il y en a tellement ! En ce moment, je me refais un cycle « western » : Delmer Daves, Anthony Mann, Robert Aldrich et d’autres… Le Jardin du diable, L’Homme sauvage, 3h10 pour Yuma, La Colline des potences, L’Homme de l’ouest, Fureur apache, etc. Je ne m’en lasserai jamais. En revanche, pour les adaptations, je préfère les romans ou les histoires vraies.

Necromancy est terminé en deux tomes ; n’auriez-vous pas aimé en faire plus ?
Non, cette histoire devait être bouclée en deux tomes, je n’ai rien à dire de plus sur ce thème. Voilà une série où je changerais beaucoup de choses, dans le scénario. Surtout dans le tome 1 : il faudrait couper toutes les scènes où Gordon Devries n’apparaît pas, pour raconter l’histoire uniquement de son point de vue. C’est ce que j’ai fait dans le 2, mais il était déjà un peu tard… En fait, plus j’écris, plus je me méfie du montage alterné : c’est trop souvent une facilité, et cela peut amoindrir le point de vue et l’identification.

Accéder à la BD L'Or et le Sang L'Or et le Sang s’annonce comme une série très intéressante, à nouveau en collaboration avec un autre scénariste. Comment travaillez-vous avec Maurin Defrance ?
Maurin est un ami d’enfance. On se voit, on bouffe et on cause… Il avait écrit une histoire sous forme de roman. Nous repartons du point de départ, pour faire une BD. C’est une aventure entre amis sur une histoire d’amitié. Nous sommes tous les deux des admirateurs de L’homme qui voulut être roi, entre autres… On rigole bien ensemble.

L’anecdote du hérisson alcoolique est tellement inattendue qu’elle est l’une des meilleures que j’aie pu lire sur la première guerre mondiale. Est-elle vraie ?
Oui. C’est Blaise Cendrars qui avait adopté un hérisson, pendant la Grande Guerre. Je suis incapable d’inventer ce genre d’anecdotes.

Calixte et Léon vont-ils continuer à voyager ?
Ils vont surtout aller au bout de la Guerre du Rif ! Après, on verra qui s’en sort, et pour aller où…

Cliquer pour voir une planche de L'Or et le Sang Comment fait-on pour trouver la balance entre sérieux et humour dans une telle série ?
L’essentiel est de coller aux personnages, de leur donner une humanité. C’est LEUR humour, et ce sont LEURS drames et dilemmes. Après, les grandes histoires d’aventure se distinguent souvent par leur liberté de ton : on passe de la comédie à la violence sans prévenir, et vice versa. Mais c’est un peu la vie, ça, non ?

Comment est venue l’idée de faire intervenir deux dessinateurs ? Bedouel au crayonné et Merwan à l’encrage ?
Les éditeurs de 12Bis nous ont présenté Merwan, et c’est lui qui nous a présenté Fabien. Ils sont amis, ils ont beaucoup d’énergie et de talent. On est bien tombés, avec eux !

Combien va-t-il y avoir de tomes ?
Quatre.

Lorsqu’on regarde les 7 séries que vous avez pour l’heure scénarisées, on remarque qu’elles se passent toutes entre 1900 et 1945… Une affection particulière pour ces périodes ?
J’avoue, je ne l’ai pas fait exprès. Cette période me fascine, avec tous ses drames, ses horreurs planétaires et ses destins exceptionnels… Elle est suffisamment lointaine pour me faire rêver, et suffisamment proche pour que je la comprenne.

Cliquer pour voir une planche de La Mort de Staline Votre Mort de Staline se termine en 1953… Parlez-nous un peu de cet album, qui vient de sortir...
La Mort de Staline se déroule intégralement en 1953 et raconte les circonstances et conséquences du trépas de cet invraisemblable tyran, qui a régné sur la moitié du monde. C’est une histoire vraie… soviétique ! Je suis tombé sur cette histoire en découvrant des vieux bouquins de mon grand-père. J’ai adoré. Je pensais que ce serait une bonne matière à thriller historique et politique, mais le contenu réel est tellement absurde que c’est devenu une comédie noire ! Je vous assure, malgré le titre, c’est vraiment drôle. Horriblement drôle… La seule référence que j’ai en tête serait Docteur Folamour, pour sa mise en scène de l’absurde, du décalage entre trivialité et enjeux mondiaux…

Le choix de Thierry Robin pour le dessiner est très surprenant. Comment son style semi-réaliste peut-il servir ce genre d’histoire ?
C’est un petit miracle ! Thierry se passionnait pour l’univers stalinien depuis 10 ans, et c’est un formidable dessinateur et narrateur. J’ai découvert « Rouge de Chine » adolescent, et cela m’a marqué. Son style renforce justement l’ironie, l’aspect « comédie noire » de la chose, tandis que son érudition sur le sujet assure une crédibilité maximale. C’est comme avec Sylvain, pour « Il était une fois en France » : je ne peux plus imaginer cette histoire autrement qu’avec son trait. C’est Olivier TaDuc qui nous a mis en relation. Merci, Olivier !

Quels sont vos autres projets ?
Je suis content, j’en ai plein. Il y a la fin du cycle 3 de W.E.S.T, en mars. Le « XIII mystery » sur Steve Rowland, que Richard Guérineau est en train de dessiner. Les suites (et fins) des séries en cours : Le Maître de Benson Gate, La Mort de Staline, Il était une fois en France, L'Or et le Sang. Un diptyque sur un détective dans l’univers la Première Guerre Mondiale. Plus les titres que j’ai déjà cités… Et un de ces jours je le ferai, mon western ! « Inch’allah », comme disent Calixte et Léon…

Fabien, merci.

Interview réalisée le 24/09/2010, par Spooky, avec la participation de Biglolo et Liodave.

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