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Interview de Jean-Yves Brouard Interview de Jean-Yves Brouard (24/04/2009)
Rencontre avec Jean-Yves Brouard, un auteur de BD autoédité passionné par l'Aventure !

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Jean-Yves Brouard sur le pont du porte-avions Charles de Gaulle (Cliquez pour agrandir la photo) - Jean-Yves Brouard (à gauche) avec son dessinateur Francis Nicole (à droite) sur le pont du porte-avions "Charles de Gaulle", lors d'un repérage pour la série Missions Kimono (le porte-avions est vu dans le tome 10 qui vient de sortir). On voit sur la même photo l'auteur de Buck Danny, Francis Bergèse (au milieu), venu en même temps faire un repérage aussi.

Jean-Yves Brouard bonjour, pourriez-vous vous présenter s’il vous plait ?
Pour prendre à contre-pied une formule célèbre, je ne suis pas tombé dans la BD tout petit. J’entends : la création de BD (puisque je suis scénariste, et maintenant éditeur). En tant que lecteur, j’ai débuté, comme presque tout le monde sans doute, à la veille de l’adolescence – il y a donc une quarantaine d’années -, mais l’envie d’écrire des scénarios est venue plus tard, vers 17/18 ans je crois, de façon curieuse et totalement imprévue d’ailleurs (mais ce serait trop long à raconter).

Après avoir écrit pour moi pendant un certain nombre d’années, j’ai fini par rencontrer Jean-Claude Fournier, à l’époque l’auteur complet de la série Spirou pour Dupuis. Il recevait très facilement des débutants dans son studio et donnait des conseils, ou carrément des cours pour les dessinateurs. Cela ne m’a pas mis le pied à l’étrier, mais ça m’a ouvert les yeux sur mon travail ; j’ai surtout retenu que Jean-Claude a été très encourageant, et ce fut un point capital dans mon évolution, ce que je souhaite à tout débutant.

Ensuite, ce fut la galère habituelle de tout auteur qui cherche un publicateur (revue ou éditeur d’albums), d’autant plus compliquée qu’il fallait trouver un dessinateur qui accepte de collaborer sur mes scénarios, et surtout qui puisse être accepté par tel ou tel éditeur. Mon travail de scénariste de BD réaliste m’obligeant à faire de nombreuses recherches documentaires, j’en suis venu à écrire des articles et même carrément des livres, parallèlement à une activité BD réduite. Et puis un jour j’ai décidé de me jeter à l’eau et de lancer ma propre maison d’édition, étant donné que j’avais réalisé quelques BD réutilisables sous forme d’albums. Et donc me voilà éditeur depuis 2000.

Vous êtes à la fois l’auteur et l’éditeur de vos BDs. Cela comporte sans doute des avantages, mais représente aussi sûrement beaucoup de travail ?
Il y a un unique avantage (à mon niveau), et c’est principalement pour cela que je me suis lancé : il n’y a aucun supérieur hiérarchique pour me dire ce que je dois faire et m’imposer ses vues... (en particulier dans le choix de mes sujets). Toutefois, en tant qu’auteur, je suis seulement scénariste, donc en association avec un dessinateur, ce qui fait que nous sommes deux à prendre des décisions sur chaque série. Pour le reste : l’auto-édition, à mon niveau toujours, n’est qu’une enfilade d’ennuis en tous genres… mais c’est passionnant quand même !

Accéder à la BD Missions Kimono « La nuit du caracal », 10eme tome de votre série Missions Kimono, est sorti ce mois-ci et conclut un cycle sur le terrorisme islamiste, un thème bien évidemment d’actualité. Est-ce un sujet délicat à aborder ?
Cela dépend de ce que vous entendez par délicat. Si c’est par rapport au thème (le terrorisme islamiste), pas plus que ça. Tous mes copains me prédisent des ennuis, qui ne sont pas venus depuis cinq ans que je réalise cette saga en plusieurs tomes. De toute façon, pour ce cycle particulier, je me suis entouré de conseillers religieux, dont deux musulmans assez pointus dans leur domaine, qui surveillent les éventuels écarts de langage par exemple. Evidemment, je me suis un petit peu inquiété quand ont éclaté certaines affaires médiatiques comme les fameuses caricatures de Mahomet dans un journal danois (et ailleurs). Mais enfin, il n’y a dans la série Missions Kimono aucune insulte envers qui que ce soit, aucune moquerie, aucune leçon non plus, donnée aux uns ou aux autres, sauf à un moment où je cite un verset du Coran qui remet un peu les pendules à l’heure.

La série traite principalement des missions de pilotes de l’Aéronavale, dans un contexte donné qui est le contexte réel. A chaque histoire son contexte, et précédemment, Francis et moi avions sorti un cycle qui se déroule en Afrique, avec des révolutionnaires, des mercenaires, des histoires de corruption ; là aussi c’était un peu délicat car il ne fallait paraître ni colonialiste, ni raciste, d’autant que la trame du cycle, ce sont les manœuvres françaises, sous l’ère Mitterrand (on voit son conseiller Afrique…) pour défaire et refaire clandestinement un gouvernement dans un pays fictif du golfe de Guinée, comme on l’a vu en vrai et à plusieurs reprises depuis 1960.

Cliquez pour voir une planche de la BD Missions Kimono La série semble extrêmement documentée, du point de vue de l’histoire mais aussi du dessin. J’imagine que cela représente un gros travail de recherche ?
A un point que vous ne pouvez pas imaginer, je le crains. Le tome 10, qui vient de sortir, est, à mon avis et de loin, le plus compliqué qu’il nous ait été donné de réaliser. Francis Nicole, le dessinateur et coloriste, a dû en permanence retoucher des images, y compris sur les fichiers peu avant l’impression, pour peaufiner l’aspect documenté. Moi-même, j’ai dû remanier des textes, et quand c’est après la confection des scans des dessins, il faut bidouiller sur l’écran de l’ordinateur…

Si les lecteurs se rendent sans doute compte que la BD est documentée, je ne suis pas certain qu’ils se rendent compte du travail souterrain qui a permis de la réaliser. Je ne suis pas certain non plus que beaucoup d’auteurs se prennent autant la tête dans leurs BD. Il faut savoir que les procédures militaires pendant une mission sont très codifiées, préparées, pensées en vue de la meilleure efficacité et surtout de la sauvegarde des personnels impliqués. En outre, dans une mission des Forces spéciales comme celle qui fait l’objet de l’album, qui consiste ni plus ni moins qu’à capturer le Ben Laden de la BD, le commun des mortels ne doit rien savoir, et ne peut même pas deviner comment elle se déroule. Les avions et hélicoptères sont dotés de tout un tas d’équipements qui jouent leur rôle, et quand un hélico comme le Caracal, qui est le "héros" de ce tome 10, dispose de plein d’antennes, de protubérances diverses, il faut ne rien oublier dans le dessin, et savoir à quoi ça sert, etc.

Cliquez pour voir une planche de la BD Missions Kimono Un autre album compliqué est le numéro 7, AMN, où je raconte dans le détail une mission nucléaire (un avion piloté par le héros va larguer un missile nucléaire ASMP) ; comme je mets en ligne chaque histoire sur mon site, en avant-première, avant la parution de l’album, à raison d’une planche nouvelle chaque jour, les internautes ont suivi ça en 2006, et je peux vous dire qu’ils ont été scotchés tellement c’est détaillé et à la fois flippant…

Cette série reflète-t-elle une passion pour le monde militaire, ou tout simplement pour l’aviation de manière générale ?
Je ne suis pas un fou de « militaria », mais d’abord et avant tout un scénariste de BD d’aventures réalistes. J’ai réalisé d’autres histoires, strictement civiles, et même très pacifiques. Il se trouve que Missions Kimono, ma principale série, met en scène des héros militaires. Quand ceux-ci reçoivent l’ordre de capturer Ben Laden (ou plutôt son double dans la BD), ils y vont, après avoir assuré leurs arrières et bien préparé l’opération, et pas avec une boîte de chocolat et un bouquet de fleurs.

Ce n’est pas tout à fait un reflet particulier d’une passion pour l’aviation, même si je suis pilote (privé) et si j’aime bien mettre en scène des avions. Cette série BD étant aéronautique, il faut bien voir des avions de temps en temps, n’est-ce pas, d’autant que des passionnés d’aviation me disent même que ça manque parfois d’avions.

Accéder à la BD Quentin Foloiseau Vous avez aussi travaillé avec Jean-Luc Hiettre sur la série Quentin Foloiseau, en 1979 et 1980. Cette histoire fut rééditée (et recolorisée) en 2002 sous le titre « Le mystère du lac Sans nom ». Parlez-nous un peu de cette rencontre avec Jean-Luc et de cette BD.
La rencontre remonte à l’époque où je rendais visite à Jean-Claude Fournier dans son studio. Jean-Luc lui aussi travaillait dans ce studio où il avait commencé à prendre des leçons – quoique Jean-Luc est très doué et a une grande facilité, instinctive, pour dessiner. Je me souviendrai toujours de l’air admiratif de Jean-Claude quand il commentait un crayonné de Jean-Luc. Il faut voir aussi les dédicaces qu’il réalise ; plus d’un lecteur reste bouche bée devant sa facilité à traiter presque n’importe quel sujet, comme ça, à main levée.

C’est d’ailleurs dommage et frustrant pour nous deux que la série n’ait pas plus de succès, d’autant qu’elle avait été créée par Jean-Luc à la fin des années 70 avec pour thème l’écologie (et la grande aventure bien sûr, d’autant plus quand je suis intervenu en cours de route dans le scénario). Jean-Luc avait donc de l’avance sur son temps et c’est dommage que les lecteurs n’accrochent pas plus ; la prochaine histoire, en stand-by pour diverses raisons, est toujours d’actualité et sur un thème lié à la protection de la nature. Je rappelle que le personnage, un photographe animalier, parcourt le monde ; dans le cadre de son métier, il rencontre des situations où l’homme détruit ou contrarie la nature. De nos jours, il y a de quoi faire en BD ! Ça viendra, dans le cadre de cette série.

Accéder à la BD Allan Mac Bride Vous êtes également l’auteur de Allan Mac Bride, série aventuro-policière aux parfums de civilisations anciennes. L’aventure et le voyage semblent être des thèmes récurrents dans vos livres…
Il ne vous a pas échappé que ma société et le logo sur les couvertures de mes ouvrages ont pour nom : JYB-Aventures. JYB pour mes initiales, et « Aventures » car les histoires sont sous le sceau de l’aventure ; ça reste ma passion première, presque viscérale, tant en BD que dans mes articles et livres. Allan Mac Bride n’échappe pas à la règle, et ce personnage d’archéologue évoluant avant la Seconde guerre mondiale en voit des vertes et des pas mûres. J’ai été content un jour de recevoir un mail d’un lecteur qui a salué cette série qui, disait-il, est un mélange de Marc Dacier et de Tintin… Je n’ai pas voulu le contrarier, d’autant que le dessin de Patrick Dumas est dans le droit fil de la « Ligne claire » chère à Hergé, Jacobs, Martin… Quant aux civilisations anciennes – ou ce qu’on en sait de nos jours – Allan va tenter d’en retrouver les traces. Et comme par hasard, ça ne se fait pas facilement pour lui…

Quels sont vos auteurs de BD (ou autre) préférés ? Ceux qui vous influencent et vous inspirent ?
Ceux qui me connaissent vont dire que je me répète, mais il y a évidemment quatre principaux auteurs préférés. Ce sont des scénaristes bien sûr : Jean-Michel Charlier, Hugo Pratt, Hergé et Jean-Claude Forest. Vous remarquez qu’ils sont tous décédés, hélas. Parmi ceux qui sont bien vivants, les quelques scénaristes valables que j’ai remarqués écrivent très peu, bizarrement. Il y a en particulier Laurent Rullier, le scénariste de Victor Levallois, et Nelly Moriquand. Je regrette beaucoup qu’on ne les lise pas plus ; eux sont de vrais raconteurs d’histoire, qui ne trichent pas et ne se fichent pas du lecteur. Si j’étais un grand éditeur, je sais pour qui je déroulerais le tapis rouge. Seulement, Laurent Rullier, que j’ai rencontré une fois, il y a plusieurs années – peut-être a-t-il changé d’idée depuis ? – me disait que l’écriture de scénarios de BD ne l’intéresse pas vraiment… Frustrant, non ?

Quels sont vos projets en cours (bande dessinée ou autre) ?
Ce sont des projets d’écriture bien sûr, aussi bien en BD que dans d’autres genres (livres, enquêtes diverses). Dans le domaine de la BD, celui qui vous intéresse ici, je préfère ne rien dire… Secret militaire !

Jean-Yves Brouard, merci !



A voir aussi :
Le site de Jean-Yves Brouard

Interview réalisée le 24/04/2009, par Alix.

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