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Interview de Jérémie Labsolu Interview de Jérémie Labsolu (24/02/2011)
Jérémie Labsolu est à l'image de son oeuvre : touchant et déroutant. Pour en savoir plus, suivez le guide.

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Jérémie LabsoluLabsolu Tu as fait une apparition très forte et controversée avec ta reprise des personnages cultes de Mutafukaz dans ton one-shot Métamuta, comment as-tu réussi à te réapproprier ces personnages et le monde de Run ?
Ça s’est fait tout seul. J’adhérais déjà au boulot de Run, que je trouve pêchu et foutraque, surtout à ses deux petits personnages Angelino et Vinz. Mon univers personnel est éloigné du sien, du coup j’ai pris un rythme de narration plus rapide. Je n’avais pas ce rythme-là avant, mais il est venu naturellement avec les personnages et l’univers de Run. J’ai gardé ça d’ailleurs pour mes nouveaux albums. A ce niveau-là, ç'a été un grand exercice. L’univers de Run est très... disons testostéroné, avec plein d’armes à feu, alors que les personnages de Vinz et Lino sont très doux, et même s’ils découvrent une certaine violence en eux, ils font face à leurs faiblesses. C’est grâce à eux qu’on arrive à rentrer dans cet univers assez viril.

Je n’avais jamais dessiné d’armes à feu, et là j’ai pris le parti d’en dessiner et de la façon la plus réaliste possible, pour en faire des objets chargés de sens. Dans Métamuta, la scène de gunfight entre Lino et Luna a vraiment une charge érotique.

Accéder à la BD Métamuta Ce style de découpage et de collage me rappelle celui utilisé par les dessinateurs de manga qui utilisent la méthode Heta-uma qui consiste à déformer volontairement les traits et d'épurer leurs dessins au maximum. Ai-je vu juste, ou ton style est-il tout simplement inimitable ? Quelles sont tes influences graphiques ?
C’est vrai que depuis quelques temps j’utilise beaucoup la photo, car j’ai eu envie de poser mes personnages dans des univers beaucoup plus solides, plus réalistes. Je ne parle pas de réalisme dans le trait, mais plutôt dans les volumes, qui sont photographiques. Si tu regardes bien, mes traits sont presque abstraits ; je fais des semblants de portes, de pancartes, je décolle assez vite des traits réalistes. Mais mes volumes, eux, sont réalistes.

Puisqu'on en est là justement, peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours ? Ainsi que tes influences musicales, littéraires et cinématographiques afin de percer un peu plus le mystère Labsolu ?
J’ai toujours dessiné, mais j’ai mis très longtemps à me dire que je pourrais en faire mon métier. J’ai exercé d’autres activités auparavant, mais à partir du moment où j’ai décidé d’en faire mon métier, je m’y suis mis. Je n’avais pas peur de prendre des coups, mais il s’est passé encore pas mal d’années avant que je me trouve ce style, celui qui m'ouvrirait le label 619. C’est la rencontre avec Run, faite in extremis, qui a été déterminante. Même si on n’a pas le même univers, on a la même boulimie graphique. C’est un mec qui aime le dessin, les trucs décalés, un peu freaks. Il a une culture graphique, ce qui n’est pas une règle générale en bande dessinée. Cette rencontre est arrivée à un instant-clé, je venais de changer de style, j’essayais de prendre du recul par rapport à mon dessin, d’aller voir ailleurs.

Une illustration de Métamuta Sinon dans mes influences, je lisais vers 5-6 ans F’murr, Fred, des auteurs qui ouvraient des espaces, avec des traits assez durs, d’ailleurs. J’aimais aussi beaucoup Valérian, j’étais d’ailleurs convaincu que la fin du monde arriverait en 1986, je marchais à fond. Sur mes influences musicales, j’ai noté les albums qui m’ont « bercé » ces derniers mois ; il y a par exemple un groupe que j’adore depuis des années, The Beta band, mais aussi Tortoise, Flaming Lips, The Arctic Monkeys, Arcade Fire, Girls in Hawaii… J’adore la musique, j’écoute plein de choses, il y a des musiques que tu aimes, et d’autres qui te permettent d’avancer quand tu travailles plusieurs heures sur un décor, par exemple.

Run, qui est en quelque sorte ton parrain, parle avec respect de ta première oeuvre "Wild West Teeth" dans la préface de Métamuta, mais aura t-on la chance un jour de la voir éditée et de la lire également ?
En fait c’est un projet d’une vingtaine de pages, que j’avais envoyé à Ankama. Il est resté dans les cartons, et Run m’a appelé pour faire le spin-off de Mutafukaz. Curieusement, quand j’ai reproposé un projet chez eux, ce n’est pas celui-là qui est ressorti des cartons, je ne saurais dire pourquoi… Je ne pense pas qu’il ressorte un jour, il est trop loin de moi à présent. Mais qui sait, en fait ?

Accéder à la BD Nana Huxe Nana Huxe est un titre peu porteur selon moi, donc tu assumes ton coté underground jusqu'au boutisme alors qu'il me semblait avoir lu que le projet se dénommait "Crânes" à l'origine. Ce changement de titre est-il manifeste d'une oeuvre dense et complexe où certaines clés seront révélées afin de raccrocher ton lectorat ? Ou est-ce que tu t'en fous et tu veux vivre pleinement ton inspiration ?
Alors pour « Crânes », c’est bête mais il y a déjà une BD qui s’appelle comme ça, enfin c’est plutôt "Krän", et je ne voulais pas d’homonyme. Nana Huxe, qui est le nom d’un des crânes, est venu assez spontanément, finalement. C’est le nom du clan que je décris le plus, également. Les Huxes font référence à un livre, il faudra que je vérifie d’ailleurs (rires). C’est un livre génialissime (Ailleurs, d'Henri Michaux) que j’ai découvert alors que je dessinais le premier tome. Un livre très loin de moi et en même temps si proche que c’en était effarant. C’est un livre pas facile, qui décrivait tout un tas de clans humains, et l’un d’eux s’appelait comme ça. J’ai donné un nom à tous les clans dans mon univers de Nana Huxe, mais pour l’instant certains n’apparaissent que sur la carte. Rose, la fille avec deux grosses dreadlocks est une Gaure. J'adore cette fille ! Il y a encore le clan des Hacs (Robespierre), il y a aussi les Antilopes, les Ormances… (Je me suis trompé c'est le clans des Hacs que j'ai piqué à Michaux !)

Cliquez pour voir une planche du tome 2 de Nana Huxe La série est dite terminée en trois tomes d'un premier cycle, as-tu déjà toute l'histoire en tête ou cela dépendra-t-il d'un succès "commercial" ?
Les grandes lignes de la série sont définies, je sais où je vais, mais les chemins pour y aller ne sont pas fixés, je me laisse une marge de manœuvre à ce niveau. Je sais qu’il y a des faiblesses dans ma narration, pour certains ce sont aussi des forces. Ce n’est pas moi qui les vois d’ailleurs, j’ai lu quelques articles, je suis impressionné par ce que les gens voient, je ne pensais pas que j’avais mis l’accent sur tel ou tel aspect. Ca fait plaisir, je suis quelqu’un d’assez poétique à la base, il y a des idées fortes, sur la vie et d’autres choses, que j’ai envie d'évoquer.

Ça paraît un peu dément, mais la base narrative de Nana Huxe c’est un shônen ! A ma façon bien sûr ^^, avec ce petit héros, D’Ji, qui est dans sa voiture-prison, qui se demande comment il va en sortir. C’est aussi un jeune crâneur, ce terme d’ailleurs est un clin d’œil humoristique aux magiciens, car c’est ce qu’ils sont au final, des magiciens. Le petit D'Ji va subir des épreuves, va grandir, et il tire sa magie des crânes, c'est-à-dire ses ancêtres. Les ancêtres ne sont plus là, mais ils ont marqué notre histoire, nous sommes tributaires de leur actions, des choix qu’ils ont fait, et c’est terrible de voir à quel point nos sociétés marchent sur des archaïsmes parfois vieux de milliers d’années. Et on a beau vouloir policer cela, leur empreinte est encore visible. On peut passer à côté de ça dans la lecture, ce n’est pas grave. Je n’ai pas forcément les moyens rhétoriques pour en parler avec force, c’est plus de l’ordre du ressenti. Bien sûr, ma propre relation avec mon grand-père m’a influencé, en grandissant je découvre ce qu’il a été, ses actions. C’est passionnant de voir l’héritage qu’on nous laisse, et comment on le transforme. Ce n’est pas anecdotique le fait que ce jeune garçon appelle son crâne Papi, c’est pour bien marquer la distance et la relation.

Cliquez pour voir une planche du tome 2 de Nana Huxe Quand je suis sur la narration, je ne me rends pas trop compte de ce que ça implique. Par exemple, concernant les crânes, tout d’un coup j’ai une suée, et me rends compte du poids, de la symbolique de mes choix ^^ ; après je creuse !

Le crâne Nana, pour moi, est vraiment le condensé des vilaines idées qui ont traversé le 20ème siècle, il a une mauvaise influence, même s’il n’est pas vivant. Il va revenir au premier plan, avec ses idées malsaines, et toute la question est de savoir si D’Ji va réchapper à ça. Tiens du coup j'y pense… est-ce que nous on va échapper aux idées malsaines qui ont ensanglanté le siècle dernier ?

Qu'on n'aime ou pas Métamuta, c'est une expérience à part et Nana Huxe semble suivre cette voie. Je suis sorti d'une lecture difficile mais je pense qu'il faut la lire entièrement pour en dégager ses qualités. Tous les lecteurs n'ont surement pas fait cela, aussi comment prends-tu les critiques ? En tiens-tu compte ou restes-tu sur tes positions ?
La question est un peu bizarre, mais bien sûr que je réagis à tout ce qui vient, même les critiques négatives. La plupart sont issues d’une non-adhésion à mon style ou à mon univers. Il y a chez moi une volonté d’échapper aux clichés. Tant sur le plan narratif que visuel. Ce tome 1 est très particulier, j’ai changé de format en cours de route. Ca m’a un peu déstabilisé, j’ai l’impression que le tome a du mal à démarrer^^. Mais il est riche en événements. Le deuxième tome (qui ne devait faire qu'un avec le 1), est une explosion ! Le côté positif de ce changement de format est qu'il est plus grand, le dessin respire plus.

Cliquez pour voir une planche du tome 2 de Nana Huxe Je voulais parler un peu du graphisme… Je conçois tout à fait que mon dessin puisse en rebuter certains. Des fois on est arrêté par un premier plan, c’est vrai qu’en France on n’a pas une énorme culture graphique ni le goût pour ça. Quand en tant qu’amateur, on regarde les productions d’ailleurs, on se dit « waow, ils sont déjà tellement loin... ».

Du coup, une idée de sa date de sortie ?
Pas encore, mais ce sera largement en 2011. J’en ai fait la plus grande partie. En septembre je pense...

Et as-tu d'autres projets en parallèle ? Aimerais-tu travailler par après en tant que scénariste pour le dessin d'un autre ou vice versa, ou tiens tu à ton intégrité complète ?
J’ai un projet jeunesse en cours, quelque chose de plus facile, plus accessible. Ca va se passer pendant la Préhistoire, j’avais envie de dessiner de la nature, ce sera très éloigné de Nana Huxe.

LA QUESTION QUI TUE
Tarquin et Arleston sont fatigués de leur monde de Troy (on le serait à moins) et abandonnent leur série. Soleil te contacte pour reprendre la série de Lanfeust contre un beau pactole à la Tony Musulin....
- Acceptes-tu de quitter le label 619 et Ankama pour te plier à leurs exigences graphiques et commerciales ?
- Acceptes-tu afin de renouveler complètement la série par un Reboot de bon augure par ton style singulier ?
- Ou bien tu refuses poliment le majeur tendu vers le ciel avec l'objectif de terminer Nana Huxe et de conserver toute ton indépendance ?

Tu me parles de gens et d’un univers que je ne connais pas. Je vois les couvertures de cette série, mais je n’ai jamais ouvert un seul Lanfeust. Je ne suis pas sûr que Soleil serait partant de toute façon... Ce serait très chic de faire un refus poli (rires). Tant que le label 619 et Run me suivent, je continue à travailler avec eux.

Jérémie, merci.

Interview réalisée le 24/02/2011, par Spooky, avec la participation de Jetjet.

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