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Interview de Jérome Félix, Stéphane Louis et Vera Daviet Interview de Jérome Félix, Stéphane Louis et Vera Daviet (09/07/2015)
Jérôme Félix est un scénariste multifacettes, tandis que Stéphane Louis se diversifie de plus en plus. Il fallait bien qu'ils se rencontrent un jour et nous donnent un chouette album. C'est le cas de Martin Bonheur, gracieusement mis en couleurs par Véra Daviet.

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Jérome Félix Salut Jérôme, peux-tu nous parler brièvement de ta formation et tes premiers pas en bande dessinée, jusqu’à 9 vies pour un six-coups, en 2000 ?
J'ai tout d'abord voulu être dessinateur de BD depuis mon CM1. Après une dizaine d'années de fanzinat et deux ans de Beaux-Arts à Cherbourg, j'ai intégré l'école de BD d'Angoulême ou j'ai découvert que mes collègues dessinaient beaucoup mieux que moi. Par contre, inventer des histoires en intéressait peu. Comme mes copains savaient que j'aimais ça, ils m'en ont demandé et c'est comme ça que j'ai réalisé que je préférais cela au dessin. 3 ans après, je publiais 9 vies pour un 6 coups avec Florent Heitz qui était aussi étudiant à Angoulême.

Avec Florent, tu lances Zoé et Célestin, une série qui comptera trois tomes… Tu nous en dirais deux mots ?
9 vies pour un 6 coups était en réalité ma 1ère grande histoire et j'ai réalisé à sa sortie qu'elle avait beaucoup de défauts. Du coup, j'ai décidé de réaliser quelques albums où je pourrais réellement apprendre le métier avant de revenir dans le circuit de l'édition nationale. C'est comme ça qu'est née la série des aventures de Zoé et Célestin. Ces histoires qui se déroulent entièrement à Dieppe ne furent distribuées que là-bas.

Accéder à la BD L'Arche En 2003 c’est le début de L'Arche, chez un éditeur majeur, Vents d’Ouest ; quelle est la genèse de ce projet ?
En fait, l'Arche a d'abord été édité chez Soleil avant d'être repris par Valérie Aubin de Vents d'Ouest. La série est née grâce à Vincent Mallié qui voulait travailler avec moi. Vincent qui était déjà un excellent auteur n'a eu aucun mal a convaincre Soleil de nous suivre, moi je n'y suis pour rien.

Vincent voulait faire une série de SF mais comme il travaillait déjà sur les Aquanautes qui en est aussi une, on a décidé de trouver un ton différent. C'est pour ça que la série est aussi une comédie. Pour le reste de l'histoire, c'est notre goût commun pour les ET et l'exploration spatiale qui nous a motivés. Je ne garde que des bons souvenirs de cette collaboration. On a travaillé dur mais on a aussi bien rigolé à jouer avec Emilio, notre héros qu'on adorait. L'Arche est une série qui s'est vendue sur 10 ans, c'est assez rare et ça fait vraiment plaisir. Ce qui est sympa, c'est que la nouvelle génération d'auteurs qui arrive la connaît et m'en parle. C'est aussi sur cette série que Stéphane Louis a découvert mon travail.

Accéder à la BD Un Pas vers les Etoiles La même année, tu sors Un Pas vers les Etoiles, avec Joël Parnotte, très différent de l’Arche. L’envie de ne pas être catalogué dans un genre ?
Si vous regardez bien, je n'ai fait que de changer de style depuis que je scénarise des albums. C'est un vrai problème car ça m'a empêché de me créer un lectorat fidèle. Chaque nouvel album est un nouveau départ. Mais en même temps, j'aime aller explorer les thèmes que je ne connais pas. Cela étant dit, il va vraiment falloir que je me pose car le marché est désormais trop dur pour ce genre de choix.

Pour en revenir à Un pas vers les étoiles, c'est aussi un beau souvenir et puis c'est sûrement l'album qui me ressemble le plus avec Martin Bonheur. J'adore mettre en scène des enfants.

Accéder à la BD Match décisif Match décisif était un album de commande, je crois ? Comment s’est déroulée sa réalisation, entre l’éditeur, le ministère des sports et le patronage d’Eurosport ?
Les éditions Proust m'ont demandé si j'étais intéressé par un album sur le sport qui devait être pré-publié dans l'Equipe. J'ai évidemment dit oui, surtout que j'étais convaincu qu'il y avait matière à plein d'histoires. Une fois le projet lancé, on a été reçu au ministère des sports qui nous a encouragé à faire de vraies histoires. C'est comme ça que j'ai pu passer 2 jours au centre de formation de Nantes pour interviewer les jeunes footballeurs en formation. Au final, je pense que cet album est peut être mon meilleur script et je serai partant pour en faire d'autre sur l'univers du sport si on a carte blanche. Malheureusement, le public n'a pas suivi...

Accéder à la BD L'Héritage du Diable L'Héritage du Diable marque le début d’une déjà longue collaboration avec les Editions Bamboo. La stabilité que tu attendais ?
En tout cas, c'est un éditeur que j'adore. Il n'est pas sans défaut mais tout est toujours clair et ça, c'est la base d'une collaboration durable. Et puis il y a Hervé Richez, le directeur de collection dont vous n'entendrez jamais de mal. Tout le monde est unanime pour dire qu'il apporte un vrai plus aux séries qu'il dirige. Voilà quelqu'un que vous devriez interviewer !

La série est-elle terminée ?
Un 4e volume qui doit sortir cette année terminera la série. Il est ensuite prévu une intégrale en noir et blanc afin de mettre en valeur l'incroyable talent de Paul Gastine, le dessinateur de la série. Je crois que Bamboo va mettre le paquet sur cette fin de série. En tout cas, je les pousse à assumer qu'ils ont un futur grand de la BD avec Paul.

Accéder à la BD Une vie à écrire (Hollywood Boulevard) Pourquoi "Une vie à écrire" est-il sorti d’abord avec un tome 1, puis en intégrale sous un autre titre ?
A la base, il devait y avoir 3 tomes mais à la sortie du tome 1, Ingrid, la dessinatrice, m'a demandé de passer à 2 tomes. Comme avec moi, ce sont les dessinateurs les patrons, j'ai réécrit la série. Malheureusement, Ingrid à mis 4 ans à finir le tome 2. Les représentants ont fait remonter à l'éditeur qu'il n'y aurait pas suffisamment de commande des libraires et que ce n'était pas la peine d'imprimer le tome 2. La série devait donc disparaître mais comme les Editions Bamboo savaient que c'était mon script préféré et que je tenais vraiment à ce que l'histoire ait une fin, ils ont décidé de sortir une intégrale sous un autre titre. C'était l'unique moyen de terminer la série. La Lignée est un quadriptyque écrit à quatre mains, et dessiné à quatre également. Comment s’est passé le travail collectif ?
On a défini ensemble le thème et ensuite chacun a proposé une des quatre histoires de la série. Chaque volume était commenté et retouché par les autres scénaristes. J'ai beaucoup appris de cette expérience.

Accéder à la BD Martin Bonheur Tu nous rappellerais les circonstances de ton séjour à Veules-les-Roses, cet endroit si particulier, qui t’a inspiré Martin Bonheur ?
Mon épouse, qui est institutrice, a été nommée là-bas pour son 1er poste. Je l'ai évidemment suivie et on a habité le village pendant un an et notamment durant l'hiver où il n'y avait pas plus de 100 personnes à l'époque. Essentiellement des personnes âgées ! Ce fut une expérience magique !

J’ai eu l’impression, à la lecture de l’album, que tu voulais rendre hommage à l’endroit, que l’histoire était plutôt un prétexte. C’est volontaire ou inconscient ?
J'ai effectivement voulu présenter l'ambiance particulière de ce village du bout du monde mais pour autant l'histoire n'est pas juste un prétexte.

Je n’avais pas remarqué avant de voir ta photo, mais Martin te ressemble pas mal…
C'est ce que tout le monde me dit, peut être à cause des marinières que je porte facilement mais je n'ai pas demandé à Stéphane de me mettre en scène. En fait, je ne m'étais pas rendu compte de cette ressemblance avant qu'on me le dise...

Stéphane Louis Comment as-tu rencontré Stéphane Louis dans le cadre de ce projet ? D’emblée –et ce bien sûr sans dénigrer son talent- ce n’est pas le dessinateur que l’on imagine dans ce style d’histoire…
C'est ça qui est super !
A la base, l'histoire est une commande d'un autre dessinateur vedette de chez Bamboo qui voulait absolument travailler avec moi. Mais le jour ou je lui ai livré le 1er tiers de l'histoire, il s'est désengagé... C'est assez dur pour moi surtout que tout avait toujours été discuté en amont. Le pire, c'est qu'il n'y avait pas d'explication à ce désistement. J'étais prêt à tout réécrire mais Hervé Richez qui avait lu l'histoire, me l'a interdit en me disant que l'histoire était super et qu'il la voulait comme ça. A partir de là, il a fallu chercher un autre dessinateur. Mais les auteurs qui veulent dessiner ce type de récit sont assez rares. De son côté, Stéphane venait de voir un projet tomber à l'eau. Il m’a proposé de dessiner Martin Bonheur. Je ne le vois évidemment pas dessus mais il me convainc de le laisser faire un essai. Et là, je suis conquis!

Stéphane, tu es passé par la case fanzinat et BD de communication avant d’en faire finalement ton métier au début des années 2000. Que retiens-tu de cette période ?
Hello ! Alors, mon rêve de gosse était de faire de la BD. Mais je ne voulais pas faire d’école. J’ai donc fait un autre métier en attendant. Prof de physique appliquée et d’électrotechnique. Je me suis lancé petit à petit, grâce aux débuts d’internet. Pour des fanzines, puis des prozines, puis des magazines, enfin. Puis j’ai eu des contacts en pub et com, où j’ai fait de tous les types d’illus, et pas de bd. C’était très formateur. Je bossais déjà pour Semic à ce moment là, et je commençais les festivals. J’ai fait des rencontres capitales, et amicales. Je retiens de cette période beaucoup d’énergie, d’envie, de folie, et de rêve.

Accéder à la BD Tessa, Agent Intergalactique Comment s’est passée la rencontre avec Nicolas Mitric, avec lequel tu lances Tessa, Agent Intergalactique ?
A Angoulême, au billard, présentés par Didier Crisse, que j’avais rencontré à Paris BD. On nous disait à Nico et à moi qu’on avait des styles proches (à cette époque). Comme j’étais en train de bosser avec François Corteggiani, ce n’est pas allé plus loin, mais on est resté en contacts avec Nico. Quand mon album en cours a été arrêté, on s’est lancé.

Une amitié toujours tenace, la série est toujours en cours… Que nous réserve la suite ?
La série est finie Au tome 7, comme le spin off, 42, qui fait 7 tomes. 5 chez Soleil, et la fin, chez clair de Lune, en diptyque(Ultime étoile, NDA). Il n’y aura donc plus de Tessa. Du moins… Pas telle que vous la connaissez. L’avenir nous le dira, mais il ne faut pas trop y compter. Quant à l’amitié entre Nico et moi, elle, est bien là, et pérenne ! On en a bavé des fois, et en bonne partie à cause de moi, mais ça nous a fait grandir, amicalement parlant. Kiss Kiss Paf paf mon Nico.

Tu as pu t’approprier l’univers en faisant 42 agents intergalactiques, avec plein de copains…
Oui ! Superbe expérience ! Merci à Nico, pour la carte blanche, et aux copains qui nous ont suivis ! Je les remercie tous et toutes ici ! Le truc, avec 42, c’était de faire une évolution imbriquée, avec Tessa, et en même temps, d’avoir une évolution inverse à celle de la série Mère. Tessa commence très léger, pour finir plus gravement, là ou 42 commence de façon dramatique, pour finir très légèrement, avec énormément d’espoir. Si Tessa devait avoir un avenir, les débuts de réponses se situent là. A la toute fin de Ultime étoile.

Accéder à la BD Husk Quelques mots sur Husk et Khaal, Chroniques d'un empereur galactique, deux séries courtes scénarisées chez Soleil ?
Husk tome 2, qui a été publié chez Marvel et ressort chez Comixology, a été une super expérience. J’avais présenté les deux auteurs, Fred Lhomme et Arnaud Boudoiron. Quand Fred s’est retiré, je venais de boucler mon premier scénar sur 42, que je dessinais. Je n’avais pas spécialement prévu de scénariser pour d’autres, mais là, j’ai dit aux amis : Je lis le tome 1 de Husk, si je vois une suite pertinente, je vous la propose. Et voilà ! Pour Khaal, j’étais président du Jury de l’école nantaise, Pivaut. Valentin a fini Major de promo. Je lui ai donné quelques conseils qui lui ont plu, puisque lorsqu’il a été démarché, j’ai eu la chance d’avoir sa préférence, alors que j’étais scénariste débutant. Et la raison en était ces fameux conseils un peu rudes, mais pros, et francs. Que dire sinon, que j’ai eu énormément de chance de travailler avec ces deux artistes qui sont des visionnaires hors pair. Je leur souhaite le meilleur.

Avec Sept clones, tu participes à la collection « 7 » de Delcourt, mais aussi à un album de Kookaburra Universe. Quelles étaient les contraintes sur ces univers partagés ?
Alors, pour Kookakurra Universe, j’ai fait le tome 9 comme scénariste et dessinateur, mais aussi le tome 13, avec Arnaud Boudoiron, au sortir de Husk tome 2. Cet univers est passionnant, car Didier Crisse aime ouvrir des portes, dans ses séries, où l’on peut explorer, ou pas, ce qui se trouve au-delà. Donc, comme lecteur, je me posais des questions, et j’ai pu y répondre, comme auteur. Passionnant ! Par exemple, on voyait des perles noires, que les maitres berges récupéraient dans les lamentins, mais alors, d’où venait cette perle unique, et énorme ? Et bien, j’ai créé le Lamentin noir, le père des tous les lamentins. Une sorte de Moby Dick de l’espace ! Pour Sept, c’est Husk Tome 2 qui m’a ouvert les portes de cette superbe collection. David Chauvel avait lu cet album, et l’avait aimé. Le reste a suivi. J’ai été un peu dur à gérer sur cet album, parce que le format est très compliqué. 7 personnages, sept identités, univers, une histoire, avec peu de temps pour présenter les personnages, etc. C’est un casse-tête infernal, mais passionnant. Je suis super content de ce qu’on a fait ensemble, avec Stéphane, Véra, sous la direction de David, qui a été patient, et d’excellents conseils.

Accéder à la BD Sept clones Moi qui te pensais essentiellement dessinateur, je découvre en passant en revue ta bibliographie que tu écris beaucoup, y compris pour les autres… Comment passes-tu de l’un à l’autre, et surtout comment gères-tu tes priorités et tes échéances entre les boulots de commande (au sens large du terme), les collaborations et les projets personnels ?
C’est vrai. Mon rêve de gosse était de dessiner des albums de BD. J’avais bien des idées, mais je complexais un peu là-dessus, de peur de faire des choses un peu enfantines. Mais en vieillissant, mon vécu m’a apporté de la matière, et je me suis lancé. Et j’ai adoré le scénar. Presque autant que le dessin. Si je devais choisir, je garderais le dessin, mais le scénar est juste derrière. D’ailleurs, j’ai presque 35 albums au compteur, et ceux dessinés gagnent d’une courte tête. C’est presque fifty-fifty. Ensuite, pour répondre à ta question, je gère à l’avenant, en fonction des besoins des dessinateurs. Je fais en sorte qu’ils aient toujours du matos pour bosser. Et sinon, je bosse de plus en plus mes projets. Au début, j’ai eu la chance du débutant, à une époque où on signait sur un concept. Maintenant, je prépare des séquenciers de plusieurs pages, pour que les éditeurs se fassent une idée de ce à quoi ressemblera l’histoire de façon quasi définitive. Ce qui me passionne dans le scénar, au delà des dialogues, de créer des personnages, c’est de voir comment les dessinateurs digèrent, et retranscrivent tout ça !

Une planche de Martin Bonheur Sur Martin Bonheur tu nous montres que tu peux dessiner dans un univers contemporain, semi-urbain. As-tu rencontré des difficultés particulières lors de la réalisation de l’album ?
Aucune. Ce n’est pas prétentieux, c’est juste que ce type d’album fait partie de ma culture. J’ai grandi avec Jérôme K Jérôme Bloche, Broussaille, Théodore Poussin, etc. A la limite, le truc que j’ai le plus « retenu », c’est le côté dynamique. Je ne pouvais pas me permettre de mettre du dynamisme avec des petits vieux. C’était hors sujet.

Tu n’as pas été tenté de mettre un gars en spandex dans un coin, ou une maquette du Faucon Millenium ?
Ha ha ha, non, mais j’aurais pu ;)

Véra, peux-tu me faire un rapide rappel de ta formation, et tes premiers pas en tant que coloriste BD ?
Véra : Formation à la maison sur Photoshop par mon cher et tendre, plus lecture intensive de bd « pour voir le travail des autres et apprendre »…(j’ai même recopié quelques planches de Tessa et Des petits Diables pour me faire la main). Je faisais un tout autre métier autrefois et je me suis jetée dans le bain comme ça. Il m’a fallu presque un an pour être à peu près autonome (sans être payée, ni chômage car j’avais démissionné). Louis me disait que c’était la meilleure des formations.

Accéder à la BD Lans Sirling Le tome 3 de Lans Sirling est le premier que tu colorises. J’imagine qu’il a fallu tenir des délais très serrés ?
Véra : Oui et j’ai bien galéré mais j’ai en même temps beaucoup appris sur ce qui allait devenir mon travail.

Tu as pas mal collaboré avec ton compagnon (MARI ! Note du mari en question), Louis, mais aussi pour d’autres dessinateurs. Comment une collaboration avec un(e) coloriste se construit-elle ?
Véra : Ça dépend des scénaristes et dessinateurs. Certains sont très directifs et ont des idées bien arrêtées sur ce qu’ils veulent, avec d’autres non, ils te laissent carte blanche (en te donnant les infos de base sur le scénar auquel tu dois quand même coller).

Un(e) coloriste(e) est-il/elle attaché(e) à un éditeur, ou doit-il/elle sans cesse proposer ses services ?
Véra : J’adorerais être attachée à un éditeur mais ce n’est pas encore le cas, même si depuis le temps j’ai établi quelques liens privilégiés et de confiance avec quelques éditeurs. Donc oui en ce qui me concerne je dois chercher tout le temps, mais je sais qu’il y a des coloristes qu’on « appelle ».

Une planche de Martin Bonheur Le nom du ou de la coloriste n’est toujours pas systématiquement présent sur les couvertures des albums… Penses-tu que cette injustice sera réparée un jour ?
Jérôme : Moi je suis pour et je le demande à chaque fois aux éditeurs.

Louis : Comme Jérôme. Je suis pour, je trouve cela normal. On me dit souvent en dédicace (enfin, avant que je n’arrête) : « Wow ! les couleurs ! » Ce à quoi je réponds : « Je transmettrai au coloriste ! ». Les couleurs sont une vraie valeur ajoutée, pas un talent interchangeable, sauf dans de rares cas où ce ne sont que des aplats, et encore. L’harmonie des couleurs n’est pas donnée à tout le monde, je suis bien placé pour le savoir. C’est un vrai travail d’auteur.

Véra : Oui car la plupart des dessinateurs et scénaristes sont pour, ça bloque encore dans quelques maisons d’édition qui ne considèrent pas le coloriste comme un auteur à part entière. Mais j’ai confiance, le SNAC (notre syndicat d’auteurs) œuvre en ce sens.

Quels sont tes outils de travail ?
Véra : Photoshop.

Sur Martin Bonheur, Louis a dû changer radicalement de registre, et montrer –avec bonheur, justement- qu’il était capable de faire du roman graphique. Comment, de ton côté, t’es-tu accaparée cette ambiance ? Louis t’a-t-il donné des directives ?
Véra : Jérôme surtout, qui nous avait beaucoup documenté de photos sur Veules-les-Roses et sur la Normandie. Et je savais que l’action se déroulait 3 jours en automne, d’où une végétation assez chaude qui contraste avec la froideur des villages normands.

Couverture de Drones A tous les trois, quels sont vos prochains projets ?
Jérôme : Il me reste à faire paraître la fin de L'Héritage du Diable et à écrire un western pour Paul Gastine. Pour la suite je n'en sais rien car j'ai décidé de me retirer de la BD pendant un petit moment.

Louis : Alors, au dessin je suis sur la fin d’un diptyque dont le tome 1 sort le 21 août, avec Sylvain Runberg au scénar, et Véra à la colo. Le titre : « Drones ». Un récit d’anticipation sur la guerre asymétrique. J’enquille avec le dernier tome de la série Kookaburra. La série mère, que j’ai la chance de boucler après Didier Crisse, et Nicolas Mitric ! Je suis super content, honoré, et impressionné ! Ensuite, j’ai plusieurs projets, dont je ne peux parler pour l’instant. Au scénar, je suis sur un gros one shot avec Lionel Marty aux dessins, et Véra à la colo. Le titre est « L’amour est une haine comme les autres ». Une belle histoire d’amitié dans l’Amérique raciste de la Louisiane des années 30 à 60. Ce scénar est le pendant, en écriture, de ce que j’ai tenté avec Martin Bonheur au dessin. Montrer « autre chose » que de la SF. Elargir ma palette de propositions. D’ailleurs, mes autres projets de scénars sont dans cette veine.

Une planche de Drones Véra : Le tome 2 de « Drones » avec S. Runberg au scénar et Louis au dessin (éd. Lombard), « Starfuckers » un album avec Gihef et Alcante au scénar et Dylan Teague au dessin (éd. Kennes), « L’amour est une haine comme les autres » avec Louis au scénar, Lionel Marty au dessin (éd. Bamboo), + un futur projet dont je ne peux parler car je n’ai pas encore signé.

Véra, Stéphane, Jérôme, merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.
Jérôme : Merci de nous les avoir posées !

Louis : Merci Spooky, c’était bien sympa (ça se dit plus depuis les années 80, mais je suis pas de première fraîcheur).

Véra : Merci à toi Spooky ;)

Interview réalisée le 09/07/2015, par Spooky.

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