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Interview de Olivier Jouvray, Virginie Ollagnier et Efa Interview de Olivier Jouvray, Virginie Ollagnier et Efa (20/02/2007)
A l'occasion de la sortie de Kia Ora aux éditions Vents d'Ouest, ses 3 coauteurs ont gentiment accepté de répondre aux questions de BDTheque...

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Efa, par Efa Bonjour Olivier, Virginie et Efa, pourriez-vous brièvement vous présenter ?
Efa : Je suis Ricard Efa, en ce moment je suis auteur BD et j'espère bien rester quelque temps dans ce métier. Pourquoi la BD ? Parce que ça permet de raconter des histoires, de rencontrer de belles personnes, et parce que c'est sans doute bien plus intéressant que la plupart des boulots que j'aurais pu faire avec ma formation !

Olivier Jouvray, par Efa Olivier : Je suis Olivier Jouvray, scénariste donc. Je suis arrivé à la BD par l'intermédiaire de mon frère qui avait déjà publié quelques albums avant que je ne me décide à lui écrire quelque chose. J'ai choisi de faire ce métier parce qu'enfin je trouvais réunis dans la même activité le plaisir de créer quelque chose et de rencontrer des gens intéressants.

Virginie: Je suis Virginie Ollagnier, scénariste et auteur du roman "Toutes ces Vies qu'on Abandonne" aux éditions Liana Levi. Je suis aussi formatrice. La bande dessinée est arrivée dans ma vie par alliance, dans mon trousseau de mariage en quelque sorte.

Olivier, tu sembles avoir étudié des tas de choses et travaillé dans plusieurs domaines avant de faire de la BD... Penses-tu avoir enfin trouvé ta vocation ?
Olivier : Je n'aime pas trop le terme de vocation, comme si je ne sais quelle puissance supérieure avait décidé à ma naissance de ce que devrait être mon destin. J'ai fait de la photo, de l'organisation de raid touristique, du graphisme avant de me lancer dans le scénario parce que j'en avais envie, pour découvrir différentes opportunités, maintenant je continue à faire un peu de graphisme et ça me plait toujours, je suis prof de BD à l'école Emile Cohl à Lyon et j'adore ça, je voyage pour faire des photos dès que j'en ai la possibilité et c'est à chaque fois un pied total alors savoir quelle est ma vocation m'importe peu. Je me débrouille toujours pour me donner les moyens de faire ce qui me plaît, c'est tout.

Accéder à la fiche de Lincoln Fin 2002 sort le premier Lincoln, dont le héros est né sans amour, d'un père alcoolique et d'une mère prostituée. En plus il se permet d’envoyer péter Dieu en personne. Comment est né ce personnage d’un cynisme absolu ?
Olivier : De notre époque, de notre génération je crois. Nos grands-parents pouvaient devenir des héros en faisant la guerre, nos parents ont essayé de devenir les héros de la libération des mœurs en 68 et nous… Ben nous que dalle, on est pas des héros. Je pense que c'est une bonne chose pour l'humanité de devoir apprendre à vivre heureux sans cet héroïsme romantique mais va falloir s'habituer à cette nouvelle situation. Comme nous n'en sommes pas encore là, notre génération se demande à quoi elle sert, en quoi croire, en qui espérer. Lincoln lui est l'homme du futur peut-être, il se fait héros ou lâche au gré du vent. Il se fout de croire ou d'espérer, son intelligence ne sert qu'à gérer le "ici et maintenant".

Avec Waraba, tu te mets au fantastique. Et avec Camilo, à la science-fiction. Vas-tu explorer d’autres voies ?
Olivier : J'adore explorer. Je ne fais pas ce métier pour refaire douze fois le même album. En plus de cela, le fait de m'attacher à explorer des univers que je ne connais pas m'oblige à me documenter, à apprendre, à comprendre. C'est parfois difficile, contraignant, mais comme j'ai très peur de devenir un vieux con en vieillissant alors je me cultive…

Virginie Ollagnier, par Efa Olivier et Virginie, Kia Ora est votre 1er projet BD « en couple »... comment se passe votre collaboration ? Comment vous répartissez-vous le travail sur le scénario ?
Virginie : J'adore épater mon amoureux, le séduire, alors travailler avec lui sur un projet historique, c'était l'occasion. Nous avons fait des recherches chacun de notre côté puis on a mis en commun afin de partager la même culture et enfin on a passé pas mal d'heures sur notre canapé à se raconter Kia Ora.

Olivier : J'aime plaire à ma femme pareil !

Comment avez-vous rencontré Efa, votre dessinateur ?
Efa : J'ai connu Jérôme, son frère, bien avant de rencontrer Olivier. Nous étions tous les deux publiés aux éditions Paquet il y a 6 ans de cela. Après Olivier est entré par la grande porte avec son Lincoln. La première fois qu'on a discuté, c'était à Angoulême, après un repas et quelques bières ou liqueurs (je m'en souviens plus) on s'est dirigé vers ma chambre pour... et non, je voulais juste montrer quelques planches à un collègue et Olivier est venu parce qu'il y avait du Porto gratos.

Alors il s'est mis à critiquer mes planches, toute ma narration, mes couleurs, mes compositions, mes perspectives, et tout et tout. Je vous jure qu'après ça je n'ai pas pu dormir. Je dois beaucoup à cette nuit-là, parce qu'il m'a fait voir la plupart de mes erreurs, même si j'en fais encore plein, mais je me suis servi de ses critiques/conseils pour peaufiner mon travail.

Après ça été un peu plus vite, on a eu l'opportunité de travailler ensemble pour une histoire courte, qu'on a utilisée comme test, histoire de voir si on se comprenait au niveau du boulot, et ça a marché. Virginie je l'ai connue dans les festivals où elle accompagnait Olivier. C'est peu après d'avoir sorti L'Ame du vin aux ed. Paquet qu'on s'est mis sérieusement à discuter des possibilités de travailler dans un projet long, qui est devenu Kia Ora.

Accéder à la fiche de Kia Ora Efa, Kia Ora est ta première BD chez Vents d’Ouest, après 6 albums sortis chez Paquet. As-tu eu des contraintes différentes en terme de temps pour boucler ton album ?
Efa : Non. D'après les éditeurs, normalement on a un an, plus ou moins, pour faire un album, et on a pris une année pour celui-ci, plus le temps de travailler la maquette et faire les recherches et dessins pour le cahier final.

Si avant j'ai été plus rapide, c'était pour des questions exclusivement techniques… je m'explique, c'est pas évident de travailler avec deux scénaristes qui habitent dans un autre pays (on s'est pas vus avec Olivier et Virginie depuis je sais pas combien de temps, en fait la dernière fois qu'on s'est vus le scénario de Kia Ora n'existait même pas !). D'un autre côté on avait l'intention de faire une histoire dense, avec plein de choses à raconter, à montrer, à décrire... On a choisi de faire beaucoup de cases par page, ce n'est pas vraiment à la mode aujourd'hui mais ça pouvait aider l'histoire à avancer tranquillement. Je peux faire un album à six ou sept cases par page en quelques mois, mais là on atteint facilement les 12/15 cases par page, ça prend du temps, à écrire et à dessiner !


Quelle est ta technique de dessin ?
Efa : J'aime dire que je suis classique, crayon, pinceau, plume, encre. Le seul truc qui m'ennuie de plus en plus ce sont les crayonnés hyper poussés, ça m'ennuie de faire trois fois le dessin, alors mes crayonnés sont très rapides et je dessine à la plume ou au pinceau. Mais souvent ça change, selon mon état d'âme. Disons que j'ai pas une technique concrète, j'aime essayer des trucs, tester des choses que j'apprends et parfois oublier un peu celles que je contrôle...

Extrait Kia Ora Olivier et Virginie, comment en êtes-vous venus à vous intéresser à la communauté maori ?
Virginie : On a installé la trame principale de Kia Ora un soir dans un resto chinois, les expositions coloniales, Coney Island, une petite fille de l'âge de la nôtre, ses parents, le voyage, la rencontre avec l'Autre, l'étrange. Nous voulions que Nyree puisse inspirer à son tour la curiosité. Elle devait porter sur elle sa différence. Les Maoris ce soir-là avec leurs tatouages rituels étaient parfaits. Ce n'est qu'après que nous avons appris qu'en 1910 les Mokos n'étaient plus pratiqués mais remplacés par des maquillages, mais les Maoris avaient déjà enflammés notre imagination, alors on les a gardés.

Olivier : Pour moi, d'avoir choisi les maoris a cela d'intéressant que c'est un peuple qui a résisté fortement et qui résiste encore à la destruction de ses valeurs, de son identité. Ils ont choisi pour survivre de s'intégrer à la société néo-zélandaise sans pour autant laisser leur culture se dissoudre dans celle des colons occidentaux. Transporter des membres de ce peuple dans les exhibitions zoologiques du début du Xxème siècle nous a paru être une démarche intéressante justement parce qu'ils ont résisté et qu'ils nous donnaient ainsi l'occasion d'analyser cette époque avec un certain recul critique.

A travers la vitrine ethnique et documentaire, on peut apercevoir une évocation fine des derniers relents colonialistes anglais. Un sujet de société encore peu exploité en BD…
Olivier : Pas seulement anglais, la première partie du second tome se passe en Angleterre mais ensuite, ça se passera en France et aux Etats-Unis. C'est un comportement occidental global que l'on explore. Quant à savoir si c'est un sujet peu exploité en BD, je dirais plutôt que c'est un sujet encore peu exploité tout court. On en est encore en majorité à se poser des questions sur cette époque sans avoir beaucoup de réponses. Notre démarche n'est pas de stigmatiser ou de se repentir dans cette série mais plutôt d'essayer de comprendre. Comment nos "ancêtres" ont pu faire ce genre de chose, quelles étaient leurs motivations, leur démarche. Il est facile de jeter des anathèmes, il est plus difficile de comprendre.

Corto Maltese - Hugo Pratt Olivier, Virginie et Efa, quels sont les auteurs que vous admirez ? Qui vous inspirent ?
Efa : Dans la vitrine des maîtres j'ai Giraud et Pratt, mais je ne me retrouve pas dans leur travail, c'est juste que j'admire leur style.

Dans les nouveaux je m'intéresse à Blain et Guibert, parce qu'ils ont de la classe, ils ont un dessin élégant, qui est aussi très narratif, et parce qu'ils ne sont pas "fashion" (à mes yeux), leur travail ne sera pas démodé dans quelques années, comme c'est le risque pour plein de trucs qui sortent. J'aime bien ce style classique !

Virginie : La BD est proche de la nouvelle dans le format et le rythme alors Maupassant bien sûr, parce qu'en quelques pages il concentre le monde entier avec sa crasse et sa magie. En BD Frank Bourgeron avec "Aziyadé" et Rabaté avec Ibicus et pas seulement pour les références littéraires mais pour leur dessin qui me bluffe. Mon Amie la Poof d'Efix car c'est un polar incroyable.

Olivier : En BD, je citerais Jeff Smith pour Bone, Taniguchi pour tous ses bouquins, Charlier pour Blueberry, Alfred et Olivier K pour Pourquoi j'ai tué Pierre, Larcenet, Ferri, Goossens pour leur humour et plein d'autres trucs, en cinoche, en roman…

Quels sont vos projets en cours et futurs ?
Efa : Continuer Kia Ora, on en a encore du boulot ! Sinon je prépare quelques projets avec Toni Termens, un pote catalan, on a déjà travaillé ensemble pour Les Icariades, mais là, pour ces nouveaux projets on sera loin de la fantasy, même s'il est possible que j'y revienne un jour car c'est un univers que j'aime bien quand il est bien traité.

Olivier : J'attends la sortie de Lincoln 5 pour Avril-Mai, je bosse avec Kalonji sur le tome 2 de Waraba, je bosse sur une adaptation de Moby Dick avec Pierre Alary, sur une adaptation du "Cycle de Majipoor" avec Max Peroz et évidemment, sur Kia Ora… Je travaille aussi sur un projet de long métrage en dessin animé. Voilà pour l'emploi du temps des prochaines années…

Virginie: Je travaille actuellement à mon second roman et sur Kia Ora et c'est très excitant !

Merci Olivier, Virginie et Efa !



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Interview réalisée le 20/02/2007, par Alix et Spooky.

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