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Interview de Ralph Meyer Interview de Ralph Meyer (18/03/2013)
Qui ne connait pas « Berceuse Assassine », ce polar noir dans lequel un jeune dessinateur nous en mettait plein la vue ? Depuis, Ralph Meyer poursuit son petit bonhomme de chemin. Et alors qu’il termine à peine Asgard, un récit nordique et épique, le voilà déjà lancé sur un nouveau projet, toujours scénarisé par Xavier Dorison. Rencontre avec un dessinateur aux univers changeants.

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Ralph Meyer Bonjour Ralph. Avant toutes choses, peux-tu nous expliquer pourquoi un Parisien tel que toi a choisi la Belgique et Liège en particulier comme centre d’étude en bandes dessinées ?
Dans les années 80, le magazine Circus, je crois, avait édité un petit supplément (illustré par Riff Reb's & Cromwell) au titre alléchant : "Comment devient-on créateur de BD ?". Une page était consacrée aux écoles qui avaient une section « bande dessinée ». St Luc Liège y avait une belle réputation. Associé au fait que je m'étais lié d'amitié en vacances avec un Liégeois qui m'avait fait apprécier le caractère hautement festif de sa ville, ma décision fut vite prise. :)

Que retiens-tu de ces années ? Et que t’es-tu empressé d’oublier ?
Ce furent de chouettes années car l'ambiance générale était bonne. Il y avait une saine émulation en classe et les fêtes en ville étaient épiques. :)

Au niveau de l'enseignement, un prof en particulier (qui est toujours là-bas) m'a beaucoup apporté. Il s'agit de Jean-Claude Hubert. Sévère mais juste, un brin bourru mais surtout un passionné de dessin.

Accéder à la BD Berceuse assassine Je me souviens de son tout premier cours : Il nous avait demandé à chacun de dessiner une sorcière, un dragon et un troisième truc dont je ne me rappelle plus. Tout le monde attaque. Pour ma part, je me dis : "Toi, mon gars, je vais t'en mettre plein la vue" et je me mets à dessiner la plus méchante des sorcières et le plus terrifiant des dragons dont je suis capable. Au bout d'une heure, il prend nos dessins et les place sur les tables de manière à ce qu'ils soient tous bien visibles. Après un temps de réflexion, il en désigne quelques-uns comme étant les plus réussis. Les miens n'en font pas partie et je ne comprends pas. Jean-Claude Hubert nous explique que ce ne sont pas nécessairement les plus beaux ou les plus spectaculaires qui l'intéressent mais ceux qui développent une véritable originalité : une vision de la sorcière un peu neuve, un dragon un peu étonnant. Je m'étais fait avoir comme un bleu ! A vouloir trop montrer mon niveau en dessin, j'avais fait la plus stéréotypée des sorcières, le plus banal des dragons. Ce fut une belle leçon d'humilité pour moi ! J'ai beaucoup appris à son contact.

C’est avec Berceuse assassine que tu te fais connaître du grand public. Cette série a fortement marqué les esprits. Quel regard lui portes-tu avec le recul ?
Avec l'insouciance de la jeunesse, j'étais juste ravi de cet accueil enthousiaste et je sentais bien qu'on faisait un truc un peu particulier. A une époque, celle où je travaillais sur la série IAN, je m'énervais (intérieurement) en séance de dédicace qu'on vienne tout le temps me voir avec des albums de Berceuse assassine. Pour moi, c'était du passé et je voulais défendre mon actualité. J'ai fini par comprendre combien c'était une chance énorme de recevoir autant de marques d'affection pour cette mini-série.

Cliquer pour voir une planche de Berceuse assassine C'est une trilogie qui continue sa petite vie, aujourd'hui. Yves Schlirf, notre directeur éditorial chez Dargaud, fait en sorte que des intégrales sortent régulièrement. Elle est encore conseillée à l'heure actuelle en librairie lorsqu’un client cherche du polar en BD. Je pense qu'avec Philippe Tome, nous pouvons être très fiers de ça.

Tu n’as pas eu trop peur, au vu du succès rencontré, de te retrouver enfermé dans un style et dans un genre ?
Peur de me sentir enfermé par la suite ? Non, pas vraiment. Par contre, l'envie de faire autre chose était très forte. J'avais développé un type de dessin qui me semblait correspondre au ton du récit mais mes carnets personnels étaient remplis de choses très différentes qui partaient un peu dans tous les sens et qui n'attendaient que le projet adéquat pour être utilisées.

Un des aspects graphiques remarquables de Berceuse assassine est bien entendu sa colorisation. Comment vous est venue cette idée ?
Lors de ma rencontre avec Tome, il y avait dans mon carton à dessin, deux pages de polar mâtiné de SF qui lui plaisaient. Ces pages étaient en noir et blanc rehaussé de lavis de gris. Il aimait beaucoup ce traitement graphique qu'il voyait bien pour Berceuse assassine. Après discussion, nous sommes arrivés à la conclusion qu'en sépia, ce serait pas mal du tout mais peut-être un peu trop monotone sur un long récit. L'idée d'avoir le taxi et quelques autres éléments symboliques en jaune est vite venue. Nous avions notre concept graphique !

Accéder à la BD Des lendemains sans nuage Des lendemains sans nuage a vu le jour alors que tu travaillais en atelier. Peux-tu un peu nous parler de cette époque ?
L'atelier "Parfois j'ai dur" a duré à peu près quatre ans avec pas mal de monde qui est resté plus ou moins longtemps. Je pourrais citer entre autres Bruno Gazzotti, Pierre Bailly, Michel Vandam, Vincent Mathy, Fifi, Simon Van Liemt... C'était un peu foutraque, il n'y avait pas d'horaires particuliers. Nous avions nos habitudes dans un café à proximité.

Mais sous ces aspects de "prolongement de la vie estudiantine", nous étions tous de gros bosseurs.

Ce fut une période vivifiante où tout le monde amenait son passif, ses centres d'intérêt graphiques ou musicaux. Nous étions tous dans des registres de dessins assez différents, ce qui amenait pas mal de variétés sur les modes de fonctionnement, la manière de concevoir un dessin, une illu, une mise en scène... C'était très riche à ce niveau-là d'autant que nous étions tous (à part Gazzotti qui avait commencé dès 18 ans à travailler avec Tome et Janry) encore très jeunes dans le métier. Dès que nous ne nous en sortions pas sur un dessin ou un problème de mise en scène, nous allions voir l'un ou l'autre pour avoir un avis ou un conseil. Ce fut une période très formatrice et en même temps pleine de légèreté.

Accéder à la BD Asgard Abordons maintenant ton actualité. Asgard (dont le second tome vient de sortir) nous entraîne dans un univers viking « à la Thorgal ». Ce n’est pas uniquement dû au hasard ?
Nous avions été contactés par le Lombard pour travailler, en effet, sur un spin-off de notre choix tiré de l'univers de Thorgal. Pied d'arbre était le personnage que nous voulions développer car il permettait de traiter la thématique du handicap. Suite à quelques soucis de communication et quelques malentendus, nous avons compris que nous n'aurions pas, à l'instar de notre expérience sur XIII mystery, les coudées franches. Nous avons donc préféré reprendre nos idées, les purger de tout ce qui avait trait à Thorgal et refondre le tout dans un projet personnel.

Xavier et moi-même avons été plus jeunes de grands lecteurs de Thorgal et l'idée de pouvoir ajouter quelques modestes pierres au temple Thorgal nous excitait beaucoup mais au final, je suis heureux que nous ayions développé Asgard.

C’était pour toi un nouvel univers à découvrir. Quelles furent les principales difficultés rencontrées ?
Venant d'univers exclusivement urbain, contemporain ou futuriste, je n'avais plus mes points de repères habituels. Tout était à redécouvrir. Flippant mais surtout très excitant !

A la lecture de la première mouture du scénario de Xavier, j'ai tout de suite repensé à mes lectures, enfant, de Jack London avec ces sensations de froid, de nature hostile et gigantesque... Cela m'a donné l'axe graphique : tenter de faire ressentir ces sensations physiques au lecteur.

Cliquer pour voir une planche d'Asgard tome 2 Quel est ton sentiment lorsque tu dois abandonner des personnages qui t’ont accompagné durant deux ans ?
Un mélange de soulagement, lié au fait de les avoir amenés à bon port et en même temps un petit pincement au coeur de les laisser là.

Je suis particulièrement heureux de la fin écrite par Xavier. Cette fin ouverte est vraiment très belle. Les quitter là n'en est que plus poignant.

Quand on regarde les séries sur lesquelles tu as travaillé, on constate qu’elles ont toutes en commun une certaine noirceur. Es-tu si sombre dans la vie quotidienne que les scénaristes ne pensent à toi que pour des projets de ce type ?
Non, je ne crois pas être sombre ni d'aimer me complaire dans la noirceur... :)

S'il est vrai que les récits que j'ai dessinés ont tendance à avoir soit des personnages durs, soit des contextes difficiles, il me semble que pour chacun, une certaine forme d'espoir ou d'optimisme fait contrepoids.

La fin d'Asgard, par exemple, voit un homme enfin apaisé et serein.

Projet western avec Xavier Dorison Asgard était déjà ta deuxième collaboration avec Xavier Dorison. Et ce n’est pas fini puisque tu travailles actuellement sur un nouveau projet, toujours scénarisé par Xavier. Tu peux déjà nous toucher un mot de ce nouveau projet ?
Oui, nous nous entendons très bien avec Xavier et avons l'envie de faire le même type de récit.

Il s'agira ici d'un western qui se déroule juste après la fin de la guerre de Sécession et dont le personnage principal est un... croque-mort. Je n'en dirai pas plus. :)

L'envie, ici, est de développer l'histoire de cet homme sur pas mal d'histoires en un ou deux albums, une série donc. (Voir des croquis ci-contre, et ici)

Enfin, un petit mot sur IAN qui est peut-être ta série la plus personnelle. S’est-elle terminée avec le quatrième tome ?
Oui, IAN est bien une histoire terminée. Faute d'un lectorat assez important, nous avons décidé avec Fabien et Dargaud de clôturer le premier cycle mais nous avions de la matière pour de nombreux albums. C'est un regret de n'avoir pu pousser l'aventure jusqu'où nous l'imaginions.

Ralph, un grand merci pour le temps que tu viens de nous consacrer. Et à bientôt avec ton nouveau projet !
Merci à toi, Mac.

Interview réalisée le 18/03/2013, par Mac Arthur.

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