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Interview de Richard Marazano Interview de Richard Marazano (23/10/2008)
Passionné par l'Amérique latine et ses histoires torturées, auteur de séries de SF remarquées, dessinateur, coloriste et scénariste, découvrez Richard Marazano.

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Richard Marazano (photo : www.neuvieme-art.com) Quelle est votre formation ?
J’ai fréquenté l’atelier bande dessinée des beaux-arts d’Angoulême, mais comme la plupart des auteurs je suis essentiellement autodidacte. J’ai aussi également beaucoup appris de camarades auteurs qui ont bien voulu partager leur expérience avec moi.

Vous débutez en bande dessinée par un petit album chez le Cycliste, Humain trop humain (sic). On y sent une grosse influence de la pensée nietzschéenne. L’Homme est-il voué à provoquer sa propre destruction ?
Peut-être est-il plutôt simplement et tristement condamné à reproduire les mêmes erreurs. Je suis très sensible à la poésie du mythe de l’éternel retour. À l’époque je voyais ce projet comme la possibilité de concilier deux aspects que l’on juge habituellement inconciliables, réflexion et bande dessinée de style « gros nez ». Aujourd’hui encore j’aime jouer de ce genre de contrastes, et ne pas dissocier le divertissement de la réflexion.

Concernant cet album, quelle est la signification des têtes de Mickey qui se baladent dans tous les coins ?
Cet album était coréalisé avec Eric Derian, et c’est lui qui avait eu l’idée de ces petites affichettes aux têtes de Mickey. Ce n’étaient en réalité pas de véritables Mickey si vous regardez bien, mais une sorte de logo qui y ressemblait et se voulait une parabole de la toute puissance performative de l’esthétique Disney en matière de dessin de divertissement.

Accéder à la fiche de Cuervos Le titre de la série Cuervos est un hommage non déguisé au film de Carlos Saura, Cria cuervos. Le côté bande organisée de jeunes gamins n'est pas sans rappeler "Los Olvidados". La scène de combat entre chiens rappelle celle de "Amores Perras" d'Inarritu. Est-ce un hommage au cinéma social hispanophone (voulu ou non) et si oui qu'est-ce qui vous touche particulièrement là-dedans ?
Les films que vous citez sont particulièrement importants pour moi. J’ai toujours aimé le cinéma de Carlos Saura, de Luis Buñuel, et de façon plus large le cinéma espagnol et sud américain, et cela depuis l’enfance. Ces auteurs ne dissocient pas la narration de la psychologie et du contexte social dont sont issus les personnages, et cela révèle une authentique volonté de porter un regard humaniste sur leur art. J’y ai toujours été sensible, c’est pourquoi j’essaye également d’accorder une grande importance à ces moments où les sentiments de mes personnages entrent en résonance avec le contexte social qui les a produits et la forme esthétique ou narrative avec lesquels je vais les transmettre à mon coauteur et in fine au lecteur.

Vous semblez également être attiré par l’époque des Conquistadores et leur action en Amérique centrale auprès des civilisations précolombiennes, puisque vous leur consacrez deux séries, Aguirre et Guerrero.
Je vois dans la destruction des grandes cultures et civilisations Incas, Mayas, Nahua ou Caraïbes, une injustice et un crime contre l’humanité qui se sont non seulement produits il y a cinq cent ans mais continuent de se produire encore aujourd’hui sous des formes différentes. Les Conquistadores de l’époque étaient cependant moins hypocrites que leurs homologues modernes, puisqu’ils admettaient ou revendiquaient leurs crimes.

Accéder à la fiche de Aguirre Aujourd’hui, la négation des cultures indiennes d’Amérique centrale et d‘Amérique du sud se poursuit, on continue de voler la terre et les moyens de subsistances des communautés indiennes. Il en est de même en Afrique. Non content d’avoir déporté des dizaines de millions d’africains qui périrent ou furent réduits en esclavage les pays occidentaux prétendent encore aujourd’hui continuer de piller les ressources de l’Afrique et interdire à ses peuples de produire des médicaments dont les droits appartiendraient aux multinationales occidentales. Aujourd’hui encore les pays occidentaux prétendent décider qui a le droit de vivre et qui doit mourir. Et qu’on ne demande pas à leur dirigeant de demander pardon pour les crimes commis au nom de la colonisation ! L’occident n’a pas honte et crie au et fort son arrogance aux yeux des peuples du monde entier.

Aguirre est l’histoire d’un homme qui commence à entrevoir la perversité des légendes vermoulues de la colonisation à laquelle il a participé. Il est édifiant de noter que l’idéologie historique dominante chez nous le dépeint comme un fou sanguinaire. Simon Bolivar voyait pourtant en lui le premier libérateur de l’Amérique. J’avais envie de montrer cette autre vision. Guerrero est un personnage tout aussi étonnant, il devient un Maya et décide de se battre contre les espagnols pour protéger les mayas. L’histoire est pleine de ce genre de héros, comme Edward John Trelawney qui luttait contre les compagnies des Indes orientales anglaises et hollandaises (et à qui j’ai consacré une série en collaboration avec Alfonso Font). Et pourtant nos livres d’histoire préfèrent nous raconter la grandeur des Colomb, Cortez, et Pizarro, pourtant criminels et génocidaires. En les excusant nous excusons ceux qui perpétuent leur œuvre aujourd’hui. La Bande Dessinée est aussi pour moi l’occasion de présenter une autre vision de ces évènements historiques qui modèlent nos pensées encore aujourd’hui.

Accéder à la fiche de Le Bataillon des lâches Le Bataillon des lâches est la seule BD où vous faites le dessin et le scenario. Pourquoi ne pas avoir tenté l'expérience plus souvent ? Sur votre site on peut voir la série "Eden", à paraître aux Editions Carabas. Où en est ce projet ?
Le dessin en bande dessinée est pour moi un processus douloureux. Réalisé un album seul est une expérience que je trouve particulièrement éprouvante, car l’on ne peut se décharger du fardeau de ses doutes sur personne. La collaboration en bande dessinée a cela de merveilleux qu’elle permet de générer un sentiment de confiance envers son coauteur, et j’ai besoin de ce sentiment de confiance pour avancer.

"Eden" se veut être une suite thématique au "Bataillon des lâches". L’album commencé il y a six ans est en partie réalisé, et je le finaliserai prochainement aux éditions Carabas. Mais il m’a auparavant fallu faire face à mes doutes d’auteur. Vous aurez également l’occasion de lire Le Syndrome d'Abel avant la fin de l’année 2008. La dimension humaine de ce scénario de Xavier Dorison m’a permis de voir mon dessin d’une autre façon, et je crois que cela me permettra d’être moins rare en tant que dessinateur à l’avenir.

Accéder à la fiche de Chaabi Chaabi, du moins son premier tome, est constitué à 90% de flashes-backs. Quel est le l’effet recherché par un tel procédé ?
Il me paraissait important que le lecteur sache dés le début quel serait l’issu de ce récit fleuve. En étant confronté dés le premier chapitre à l’incinération de Chaabi ainsi qu’à l’espoir perdu de tous ceux qui avaient cru en lui, cela permettrait au lecteur de s’intéresser d’emblée à ce qui est pour moi le véritable sujet de ce récit, l’espoir, et détourner le lecteur des préoccupations purement évènementielles du récit. Le destin de Chaabi étant clairement établit, ce seraient les rencontres qui avaient fait de lui cette incarnation de l’espoir de tous qui deviendraient les véritables héros de cette aventure.

On peut remarquer que les 3 séries que vous avez faites chez Soleil sont les moins appréciées (ici en tout cas). Avec le recul, que pensez-vous de séries comme Zéro Absolu et "Sydney & Howell" aujourd'hui ?
Ce sont mes toutes premières séries. Il est peut-être légitime de les trouver un peu « vertes ». J’ose espérer que j’ai effectivement évolué d’une façon qui me permet de mieux toucher mes lecteurs, de mieux partager avec eux ce qui m’importe dans un récit. Toutefois je leur conserve un certain attachement. Sidney & Howell sont deux losers sidéraux, j’ai toujours aimé ce genre de personnages marginaux. Zéro Absolu et ma collaboration avec Christophe Bec m’ont également permis de me poser de nombreuses questions narratives, et d’engager une réflexion qui se poursuit aujourd’hui.

Accéder à la fiche de Zéro Absolu Concernant Zéro Absolu, les lecteurs ont relevé un choix scénaristique audacieux pour une série d’action, l’accent mis sur les personnages. Pourquoi avoir pris ce parti ? Cette série se révèle difficile, voire très difficile à lire. Cela a certainement nui à sa popularité. Qu’en pensez-vous ?
Action ou pas, il me semble que ce qui intéresse les gens ce sont les gens. Raconter une histoire où les personnages seraient inexistants ne m’intéresserait sans doute pas.

Je ne crois pourtant pas que ce soit cela qui rende la lecture de Zéro Absolu difficiles pour certains. À l’époque Christophe et moi avions opté pour une forme d’écriture plus symbolique et expérimentale que ce à quoi les lecteurs des séries de science fiction était d’ordinaire habitués. Nous étions, par exemple, sensibles au travail de Chris Marker, et il nous semblait également que le cinéma de genre osait plus que la bande dessinée de genre. Finalement je crois que Zéro Absolu a trouvé un certain public, et si certains lecteurs arrivent à lire et apprécier Zéro Absolu c’est que cela doit être possible. Peut-être faut-il mettre de côté ses préjugés sur ce que doit être ou ne pas être un récit de science fiction en bande dessinée.

La série Blue Space, dessinée par Chris Lamquet, n’a connu qu’un tome. Pourquoi ? La série est-elle abandonnée ?
Ce projet est un peu particulier car il s’agit, à l’origine, d’un projet de commande réalisé en collaboration avec la branche espace d’EADS : Astrium. Hachette le premier éditeur ne semblait pas très motivé. Les éditions Glénat ont depuis repris le projet en main. Chris Lamquet et moi-même pensons aussi donner une nouvelle impulsion à la série en accentuant les dimensions humaines et aventureuses.

Accéder à la fiche de Le Complexe du chimpanzé Le Complexe du chimpanzé rencontre un gros succès critique. Comment avez-vous eu envie d’explorer le voyage spatial et le paradoxe temporel ? Comment avez-vous rencontré Jean-Michel Ponzio, que nous avons récemment interviewé ?
Comme beaucoup de gamins de ma génération, je voulais être astronaute ou explorateur. Plus tard les sciences physiques et la philosophie ont peut-être eu pour moi la même fonction : une voie d’exploration, intellectuelle cette fois. Il me paraissait inévitable qu’en devenant auteur de bande dessinée je finirais par revenir aux sources de cette envie première, ce rêve de découverte, ce sentiment qui nous pousse à nous porter au delà de nous même.

Lorsque Jacques Manini, un ami commun, nous a présenté Jean-Michel et moi, nous avons tout de suite sympathisé et nous sommes rendus compte que nous partagions une partie de cet inconscient de découverte. Lorsque j’ai proposé ce projet à Jean-Michel, son enthousiasme a été immédiat, cela évoquait chez lui aussi des souvenirs forts. Je crois qu’il a aussi été touché par le destin des héroïnes de notre aventure.

Accéder à la fiche de Cutie B On connaît un peu moins un versant de votre œuvre, dans le domaine de la jeunesse. Coloriste pour Les Contes de par-ci par-là (Escaich/Chen, Editions Pointe noire), scénario et couleurs pour les aventures de "Cos & Mos" (dessiné par Abel Chen, chez Carabas), puis scénario de Cutie B chez Dargaud avec Yishan Li. Pourquoi vous êtes-vous lancé dans ce secteur ? L’envie d’écrire pour votre fille, qui a 5 ans ?
Lorsque j’ai créé la série "Cos & Mos" avec mon ami Abel, ma fille n’était pas encore née. Elle n’est donc pas responsable de cela. Mais Abel et moi avions envie d’écrire une série d’aventures spatiales et humoristiques pour les gamins que nous étions toujours. Et c’est le journal de Pif Gadget qui nous en a fourni l’occasion. Les enfants sont aussi des gens vous savez, il n’y a aucune raison que je les snobe. J’ai moi même été un gamin qui lisait beaucoup de bandes dessinées.

Mes autres récits sont souvent sombres, parfois cruels ou violent, côtoyer des personnages comme Cos & Mos me permet d’éprouver d’autres sentiments d’écriture. Cutie B., cette ado universelle en quête d’elle-même, est née d’une envie similaire. En découvrant le travail de Yishan Li et cette extraordinaire capacité qu’elle a de donner vie à ses personnages, je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais de faire une sorte de Shojo, d’histoire pour jeune fille.

Je ne vois pas cela comme un « secteur », mais comme une possibilité d’explorer d’autres formes d’écritures et d’exprimer d’autres sortes de sentiments. Je ne crois pas que les auteurs (ni personne d’ailleurs) soient des personnalités monolithiques destinées à ne s’exprimer que d’une seule façon.

Accéder à la fiche de Le Complexe du chimpanzé Quels sont vos autres projets ?
Je crains qu’ils soient un peu nombreux pour être explicités dans le détail. En voici toutefois une liste qui, si ma mémoire me joue des tours pourrait ne pas être exhaustive …

Parutions en cette fin d’année 2008 :
- Minik en collaboration avec Hyppolite dans la collection Aire libre chez Dupuis
- "Jérusalem" en collaboration avec Patrick Pion aux éditions Glénat.
- Le Syndrome d'Abel en collaboration avec Xavier Dorison aux éditions Glénat.
- "Cutie B." 2 en collaboration Avec Yishan Li aux éditions Dargaud.
- Le Complexe du chimpanzé 3 en collaboration Avec J.M. Ponzio aux éditions Dargaud.
- Chaabi 2 en collaboration Avec Xavier Delaporte aux éditions Futuropolis.

J’ai également engagé des nouvelles séries qui seront lancées en 2009 :
- "No Warriors" en collaboration avec Chris Lamquet aux éditions 12 bis.
- "Le rêve du papillon" en collaboration avec Luo Yin aux éditions Dargaud.
- "Héloïse de Montfort" en collaboration avec Alfonso Font aux éditions Glénat.
- "L’expédition" en collaboration avec Marcello Frusin aux éditions Dargaud.
- "S.A.M." en collaboration avec Shangxiao aux éditions Dargaud.
- "Zhen Nu" en collaboration Avec Yishan Li aux éditions Dargaud.
- Et une nouvelle série au nom encore provisoire en collaboration avec J.M. Ponzio aux éditions Dargaud.

D’autre part, je continuerai de travailler à la suite des séries déjà engagées : Genetiks, Chaabi, Guerrero, Aguirre, "Cutie B.", Blue Space.

Un autre projet me tiendrait aussi à cœur : essayer de dormir un peu plus en 2009...

Richard, merci.

Interview réalisée le 23/10/2008, par Spooky, avec la participation d’Alix, Don Lope, kalish et SaV.

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