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Interview de Romain Renard - Melvile, plus qu’une bande dessinée Interview de Romain Renard - Melvile, plus qu’une bande dessinée (16/02/2014)
Comme chaque année, le festival d’Angoulême propose à ses visiteurs de multiples conférences, expositions et concerts. Cette année, mon attention a été attirée par un concert en particulier, celui de Romain Renard, l’auteur de Melvile.

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Romain Renard Melvile ! Voilà bien un album qui m’a marqué en cette fin 2013… Un album frustrant pour le dinosaure que je suis, puisqu’il propose une foultitude de bonus accessibles via iPad (que bien sûr, je ne possède ni ne maîtrise). Ce concert était donc l’occasion de découvrir la bande son de l’album en live.

Petit tour dans la salle peu avant le concert. La mise en place est épurée : une console en haut des gradins, un espace chant/clavier dévolu à Romain Renard, un autre dédié à la guitare de Jean-Christophe Carrière et entre les deux un immense écran.

Même si la salle n’est pas comble, le public est bien présent pour cette première, preuve que la démarche intrigue. On sent Romain Renard impatient d’en découdre, lui qui fait les 100 pas sur scène en attendant le début des hostilités. Les fauteuils sont confortables, le public attentif, les conditions sont donc idéales.

Les préparatifs du concert Début du concert tout en atmosphère, à l’image de la bande dessinée. Romain Renard, ici aussi place son univers. Claviers et guitare se mêlent tandis que la partie vocale alterne de longs récitatifs en français et un chant plutôt bien maîtrisé en anglais. Le genre musical me fait penser à Pink Floyd ou à Sigur Rós (je ne parle pas d’une identique virtuosité technique mais bien du climat que cette musique parvient à installer). L’écran est bien entendu l’élément central du spectacle visuel. S’y succèdent séquences animées, courts films et illustrations, entrecoupés à l’occasion par des effets de fumée. L’ambiance est sombre et mélancolique, et tout comme dans la bande dessinée, les personnages nous semblent autant de fantômes, un sentiment encore accentué par l’apparence des musiciens, eux-mêmes plongés dans la pénombre.

Au fil des morceaux, on en apprend de plus en plus sur l’univers de Melvile, cette ville fantôme à l’écart de tout et de tous. Le concert se dessine ainsi comme un véritable complément à l’album et non comme une réinterprétation de celui-ci. L’univers conçu par Romain Renard devient plus tangible et, de ce fait, plus intrigant encore.

Une photo du concert Après trois quarts d’heure qui nous ont paru bien courts, le concert se termine déjà. Le public, tout comme moi, semble séduit. L’interprétation a été de qualité, à l’image des compositions proposées, soignées et tout en atmosphère, à l’image de la bande dessinée… Tout se tient, en somme. La seule critique que j’émettrai viendra de récitatifs parfois un peu longs et monocordes (mais ça, c’est juste pour dire que tout n’était pas parfait). De plus longues plages uniquement instrumentales en appui des visuels proposés auraient peut-être permis aux spectateurs de se créer leur propre interprétation de l’histoire et d’ainsi faire travailler leur propre imagination un peu plus encore.

Cette petite critique mise à part, je ne peux que vous inciter à aller à l’une des représentations du concert (que vous connaissiez déjà l’album ou non) ! La Foire du Livre de Bruxelles sera, à cet effet, une nouvelle occasion de retrouver l’univers musical de l’auteur.

A voir : d'autres photos du concert ici et ici.


Entretien avec Romain Renard

Assister au concert, c’est bien beau, mais c’eut été un peu bête de ne pas profiter de l’occasion qui nous était offerte pour faire plus ample connaissance avec Romain et son univers ! Et c’est assis au comptoir du stand du Lombard que l’interview se déroulera, en toute décontraction et même si Romain semble être très demandé.

Accéder à la BD Melvile Mac Arthur : Bonjour Romain. Nous tenons avant tout à te féliciter pour le concert d’hier, vraiment très chouette. Mais pourquoi est-ce que tu fais ça ?
R.R. : Parce que pour moi c’est la suite logique ! Travailler l’image et travailler le son, ce sont deux faces d’une même pièce. Angoulême m’offrait l’occasion de faire cette prestation en live, je n’allais pas passer à côté. Et je pense que pour moi ce n’est que le début. On va refaire un concert lors de la Foire du Livre de Bruxelles (vendredi 21/02/2014, 18h à l’Imaginarium). Un concert qui évoluera encore un petit peu pour l’occasion puisque je vais travailler en collaboration avec l’Imaginarium. Et je pense l’ouvrir encore plus à une formule d’1h15, 1h20 pour obtenir un véritable spectacle avec d’autres musiciens, une scénographie plus appuyée, voire même des comédiens…

Mac Arthur : Au niveau de l’histoire que tu nous racontes, il y a pas mal de différences entre la BD et le concert. Tu les considères comme complémentaires l’un de l’autre ?
R.R. : Ce sont clairement des compléments. On va dire que le spectacle est une résonnance de la bande dessinée ou la bande dessinée est une résonnance du spectacle. Dans la BD ou dans le spectacle, je parle d’une région et de la manière dont cette région influe sur la vie de ses habitants. Sur le spectacle, pour éviter de dévoiler trop de l’histoire aux gens qui n’auraient pas lu la BD, je raconte à quel point cet endroit influe sur les gens. Et je ne dis pas pourquoi ou comment. Et c’est aussi là-dessus que je vais travailler. Par exemple sur le site melvile.com, de plus en plus vont se développer ce qu’on appelle « Les chroniques de Melvile ». Ce seront à chaque fois des courtes nouvelles sous forme soit de dessins, de bandes dessinées ou de vidéos avec à chaque fois une petite histoire, un petit moment qui se passe aussi dans la région, au même moment à chaque fois.

Melvile - La BD augmentée Mac Arthur : Donc ce sera vraiment une BD multimédia ?
R.R. : Totalement. Absolument. Définitivement.

Mac Arthur : A la fin de la BD, sous son format papier donc, tu présentes tous les avantages qu’on peut avoir via iPhone ou iPad. Je ne suis pas équipé de ce type de support et c’est le cas de beaucoup de lecteurs ! Et bien, je peux t’assurer que c’est hyper frustrant.
R.R. : Je m’en doute, mais ça l’est d’autant plus pour moi aussi. On est au tout début d’un concept assez novateur, et il faut que les éditeurs soient convaincus de ça. J’ai déjà eu de la chance de les avoir convaincus pour une plateforme. Malheureusement, si on double ou on triple les plateformes sur lesquelles on travaille, on doit aussi doubler ou tripler le budget. En revanche, il y a moyen, quand on est sur Android, ou via le site melvile.com d’avoir accès à tous les contenus bonus. C’est quelque chose que nous ignorions encore au moment où le livre a été imprimé, sinon on l’aurait renseigné à l’intérieur. Mais sur le site melvile.com, via l’onglet « La BD augmentée », il y a moyen de télécharger une application gratuite qui permet avec le flashcode de débloquer tous les contenus qu’on trouve dans l’iPad. Et la musique est accessible partout, sur Spotify, Deezer. Même sur I-Tunes si vous voulez m’enrichir,… mais si vous voulez juste prendre du bon temps elle est sur Spotify ou Deezer.

La BD de Melvile sur soundcloud.com Paco : Par rapport à l’application, je n’ai pas d’iPad non plus mais j’ai passé la BD à une copine qui a un iPhone. Ça ne marchait pas non plus sur l’iPhone.
R.R. : Non, c’est uniquement l’iPad. Mais on est au début et pour Melvile 2 on va l’ouvrir, on va ouvrir au moins iPhone, iPad et les applications Android seront beaucoup plus clairement dites.

Mac Arthur : Pour revenir au concept de Melvile, tu imagines vraiment une ville qui va influencer la vie de différents personnages. Donc on peut supposer que chaque album va prendre des personnages différents ? A des époques différentes ?
R.R. : Non, toujours au même moment. Donc ce seront à chaque fois des histoires parallèles à la première, et qui se dérouleront sur les mêmes 3 mois. Ce qui fait qu’au bout du compte - je ne sais pas combien de livres il y aura, peut-être 2, peut-être 3 on verra, peut-être 5 - on aura une cartographie sensorielle d’un endroit. Le concept, c’est vraiment celui-là. Tu sais, là, actuellement, on passe un bon moment, on est en train de discuter, et peut-être qu’à 300m, dans une rue d’Angoulême, il y a un drame, on n’en sait rien. Pourtant, d’une certaine manière, ça fait partie de nous, ça fait partie de la vie. Est-ce que ce drame pourrait influencer notre vie ? Est-ce qu’on pourrait croiser en sortant du festival un des acteurs du drame qui se joue ? On ne sait pas. Avec le concept Melvile, c’est ce que je veux raconter.

Une planche de Melvile Mac Arthur : La bd n’est pas numérotée, c’est parce qu’on pourra lire les albums dans n’importe quel ordre ?
R.R. : Dans n’importe quel ordre, oui. Il n’y a pas une numérotation, c’est à chaque fois « L’histoire de… ». Donc la prochaine histoire sera l’histoire de Saul Miller (ndj : youps, petit scoop au passage, même si je ne sais pas qui est Saul Miller).

Mac Arthur : Pour revenir à la technique, tu fais comment ? Tu pars de photos ?
R.R. : Ca dépend. J’ai effectivement pas mal voyagé, donc j’ai fait un reportage photos qui est disponible sur application iPad, excusez-moi messieurs. J’ai donc une grosse documentation photographique qui m’inspire. Et puis après, toutes les planches sont faites au fusain, ce n’est que du fusain et du feutre. Les planches sont ensuite scannées. La couleur est la toute dernière étape qui vient s’intégrer dans la matière du fusain.

Mac Arthur : Avec cette technique-là, ce que je trouve marquant, c’est qu’on a l’impression que les personnages sont posés sur les cases comme s’il s’agissait de fantômes. Ca convient génialement à l’histoire mais je ne sais pas si c’était voulu à la base ou pas ?
Une planche de Melvile R.R. : Ah si, tout à fait ! C’est-à-dire que, pour moi, comme le lieu a existé avant les personnages et l’histoire après les personnages, ces personnages ne font que passer. Ce ne sont que des locataires du lieu. Ce ne sont donc que des ombres éphémères, des fantômes à leur manière, du passé ou à venir.

Mac Arthur : Et donc ces personnages qui apparaissent comme des fantômes doivent se battre contre leurs propres fantômes. Dans les autres histoires, ce sera pareil ?
R.R. : Oui. On a tous nos fantômes.

Mac Arthur : Le deuxième thème fort de ce premier récit, c’est la relation au père, et le fait de devoir tuer son père pour pouvoir progresser. Je suppose que c’est un élément qui vient de ton propre vécu ?
R.R. : Bien sûr. Ce n’est pas pour rien que mon père signe les 3 planches qui racontent la légende de la ville. C’est quelque chose que je devais faire. C’est une question qu’on me posait régulièrement avant ce livre. On me la pose encore plus aujourd’hui mais maintenant je peux vraiment y répondre en toute confiance. Je devais le faire, ne fut-ce que pour moi. Par ailleurs, c’est quelque chose qui me regarde aussi, je n’avais pas envie de montrer mon slip à tout le monde. Mais bon, ce thème, c’est quand même quelque chose d’assez universel. Je pense que beaucoup de lecteurs y trouveront un écho qui leur sera propre.

Une planche de Melvile Mac Arthur : Au niveau de la structure de l’album, j’ai vraiment eu le sentiment de lire une œuvre musicale, avec une longue introduction calme, une montée en puissance, un crescendo, on arrive à un paroxysme, on redescend et c’est un retour au calme. Finalement tu joues de la musique comme tu écris et tu écris comme tu joues de la musique.
R.R. : Ben oui, et c’est pour ça que c’était logique qu’il y ait une bande son qui accompagne le livre. Même si je n’avais pas fait la bande son, j’aurais de toute façon fait de la musique à côté et elle aurait eu la même humeur. En fait, je travaille toujours sur les mêmes humeurs. La musique a réellement été composée en regard des planches et la lecture peut vraiment être décuplée par la musique. C’est la première fois qu’on me parle de ça, que la structure est faite comme un morceau de musique, j’aime bien.

Mac Arthur : Ca a vraiment été mon ressenti. Et je me demandais justement quelles étaient tes influences côté musical ? Moi je pense à Pink Floyd quand j’écoute, parce que ce sont mes propres influences ou des groupes plus modernes style Sigur Rós.
R.R. : Mogwai ! C’est la toute première de mes influences (même si les groupes que tu cites me parlent). Alors, plus ancien, dans les années 80, John Carpenter qui faisait les musiques de ses films. C’est quelque chose qui m’a bien influencé. Giorgio Moroder m’a influencé aussi. Un peu plus honteusement, Vangelis… mais attention ! Le Vangelis d’avant 1983. A partir du moment où il fait des flûtes de pan et des trucs comme ça, je décroche. Mais quand il est avec ses vieux claviers… d’ailleurs on a utilisé des claviers de l’époque. J’ai fait ça dans un super studio en prenant soin d’être bien entouré. C’est un travail d’équipe avec Lucas Chauvière et Julien Lemaire-Piotrowski, et, ensemble, on a pu trouver le son qu’on cherchait. On s’est bien amusé.

Une planche de Melvile Mac Arthur : L’album est quand même assez copieux en nombre de pages. C’est pour pouvoir justement développer ce crescendo ?
R.R. : Oui, et pour avoir le temps de faire connaissance avec les personnages. Pour avoir le temps de tomber amoureux… mais aussi pour avoir le temps de se tromper sur des gens. Il faut toujours un peu de temps pour connaître les gens, que ce soit dans une bande dessinée ou dans la vie « réelle ». C’est pareil partout !

Mac Arthur : L’histoire, tu la développes vraiment au fur et à mesure que tu écris ? Tu commences à dessiner sans savoir la fin ou bien tu sais déjà où tu vas arriver ?
R.R. : Ca dépend. Pour l’histoire de Samuel Beauclair, il y a eu 5 ou 6 fins différentes. J’ai beaucoup travaillé sur le découpage et sur l’histoire, mais avec déjà en tête mes autres histoires. Les enfants qui volent l’épicier au début du bouquin ne sont pas là par hasard. Il y aura toute une histoire rien que pour eux. Autre exemple : lors du concert, ce n’est pas anodin si l’on ne voit jamais le visage de la chanteuse… Chaque histoire influençant les autres, l’écriture en amont est importante mais je me laisse toujours des espaces de liberté.

Mac Arthur : Pour revenir à la musique, tu avais un groupe avant ? Tu joues encore dedans ?
R.R. : Non, il n’existe plus. Maintenant je vais vraiment me consacrer à la bande dessinée, et pour la partie scénique, ce sera vraiment la forme théâtrale du livre, en tout cas pour les 2/3 ans à venir.

Une illustration de Melvile Mac Arthur : Tu continueras toujours à associer BD et musique ?
R.R. : Toujours. Là maintenant ça y est, j’ai mis la main dans l’engrenage, c’est parti.

Mac Arthur : Et enfin, le tome 2 est prévu pour quand ?
R.R. : J’espère janvier 2015.

Mac Arthur : Romain, un grand merci. Je te laisse, je vois que tu es très demandé.
R.R. : Oui, merci à vous. A bientôt, à Bruxelles ?

Site de la série : http://www.melvile.com/
Date à retenir : nouveau concert de Romain Renard, le vendredi 21/02/2014, 18h à l’Imaginarium de Bruxelles dans le cadre de la Foire du Livre

Interview réalisée le 16/02/2014, par Mac Arthur, avec la participation de Paco et Little Miss Giggles.

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