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Interview de Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas Interview de Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas (11/11/2011)
Rencontre avec un duo de jeunes auteurs qui a fait parler de lui dès son premier album, une uchronie très dynamique.

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Ronan Toulhoat Hello vous deux ! Comment vous présenteriez-vous ?
R.T : Hello, Ronan Toulhoat, 27 ans, graphiste/illustrateur freelance, je suis la « main pensante » du binôme. Bien qu’étant atteint d'un syndrome de dessinite aiguë depuis la naissance, j'ai quand même fait des études dites "sérieuses", à savoir 4 ans de fac de sciences, suivi d’une école d'ingénieur avec le diplôme qui va avec. Cependant au sortir de cette école, la crise et le chômage aidant, j’ai décidé de sombrer définitivement dans mes sales habitudes de dessiner.

V.B : Vincent Brugeas, 26 ans, bibliothécaire, je suis le « bavard impénitent » (vous vous en rendrez compte très vite) du binôme. Pour ma part, c’est l’Histoire qui a toujours été au cœur de mes préoccupations. A force de lecture, j’ai fini par avoir envie de raconter mes propres histoires, des romans tout d’abord, puis des scénarios après avoir rencontré Ronan. Dans le même temps, j’ai très vite su que je ne voulais pas être professeur, alors, avec des études d’histoire, j’ai trouvé le seul métier (à part éditeur peut-être…) qui me permet d’acheter et de lire des BD toute l’année : bibliothécaire ! Je conte aussi beaucoup pour les lecteurs et c’est un exercice qui me plaît beaucoup tout en m’entraînant à défendre mes projets auprès d’Akileos !

Vincent Brugeas Comment avez-vous présenté votre projet à Akileos ? Et pourquoi cet éditeur ?
V.B : Pour être honnête, Akileos était là au bon moment, au bon endroit. Il tenait un stand dans un festival du Val d’Oise (95), près de chez nous. Ils ont tout de suite accroché au projet, tout en demandant quelques modifications graphiques. Surpris et heureux d’obtenir un tel retour après cinq ans d’acharnement, nous sommes restés en contact. Après six mois de mise au point, nous avons signé le contrat.

Une uchronie de 204 pages chez un éditeur qui ne faisait (presque) jusque-là que de la traduction de comics… Vous êtes gonflés les gars !
V.B : C’est ce qui a plu à Akileos. L’idée de mettre la forme au service du fond et non l’inverse ! Notre histoire nécessitait un tel format et Akileos n’avait pas d’exigence particulière à ce niveau.

Block 109 est une uchronie. Quelles sont tes références en la matière ? Le Rêve de fer de Norman Spinrad y tient-il une place de choix ?
V.B : Dans Block 109, l’uchronie n’est qu’un prétexte. J’avais besoin, pour mon histoire, d’un monde très sombre et désespéré. Ce dernier devait être clairement identifié, en quelques images. C’est pour cela que j’ai opté pour une uchronie aussi horrible. Lorsque j’en ai parlé à Ronan, il a tout de suite su qu’il pourrait en tirer quelque chose visuellement.

Accéder à la BD Block 109 J’ai lu plusieurs romans (surtout des nouvelles en fait) de Spinrad, mais pas (encore) le Rêve de Fer. En littérature, ma seule expérience positive sur l’uchronie seconde guerre mondiale reste Fatherland, de Robert Harris. Par contre, le Maître du Haut Château de Philip K. Dick m’a profondément ennuyé.

Block 109 fait preuve d’une étonnante maturité narrative… Vincent, tu n’avais jamais rien écrit auparavant ?
V.B : J’ai commencé à écrire des bouts de romans à 16 ans. Puis, en rencontrant Ronan, deux ans plus tard, j’ai tout abandonné pour ne faire que du scénario. L’un de ces romans, très ambitieux s’appelait « Le Sang des Dieux ». C’était Block 109, mais dans un monde non uchronique, plutôt typé révolution industrielle/première guerre mondiale (d’où les favoris de Zytek, seul personnage à n’avoir connu aucun changement). Mon histoire a donc mûri très longtemps et s’est enrichie de mes diverses expériences. C’est que j’ai fait un petit bout de chemin depuis mes 16 ans ! Je pense que cette maturité vient de cette très longue réflexion.

De plus, en cherchant à tout prix un éditeur pendant cinq ans, nous avons élaboré tout un tas de projets « bankables », avec pour seul objectif, celui de plaire, avec des résultats parfois très hasardeux. Block 109 a plutôt été construit comme une respiration, avec l’idée de nous faire complètement plaisir. Cela se ressent à la lecture, je pense.

Accéder à la BD Block 109 - New York 1947 Vous avez tous les deux frappé fort avec cet album… Le succès public a-t-il été au rendez-vous ?
V.B : Si l’on prend en compte le format particulier de l’album et notre anonymat total à la sortie de celui-ci, c’est un franc succès. Block 109 connaît aujourd’hui sa sixième édition, avec près de 22 000 ventes. Les spin-off de la série se vendent avec régularité, aux alentours de 10 000 exemplaires, pour l’instant. Chaque sortie mène les chiffres vers le haut.

Le premier tirage contenait un certain nombre de fautes d’orthographe ou de coquilles… Le tir a-t-il été rectifié par la suite ?
RT : Oui absolument, dès la deuxième édition !!!
V.B : Ces coquilles sont venues d’une certaine fébrilité lors du bouclage. Nous nous étions mis nous-même la pression pour pouvoir sortir l’album à Angoulême, en 2010.

Au début on pensait être dans une sorte de récit d’horreur (avec le virus) dans un cadre uchronique, mais au final, c’est une sorte de récit uchronique dont la partie horrifique n’est qu’un ressort parmi d’autre, afin de renforcer la complexité du récit, dont la part géopolitique n’est pas des moindres… Comment as-tu géré cette balance des éléments ?
V.B : Je n’ai rien géré du tout à vrai dire !! Tout au long de l’écriture de Block 109, je ne me suis jamais rendu compte de ce mélange des genres. J’ai décrit les évènements et les réactions des personnages selon ce qui me semblait le plus logique. Mes références inconscientes et mes envies ont fait le reste !

Accéder à la BD Block 109 - Etoile Rouge Et très vite, sort le second tome de l’univers, sous-titré Etoile rouge. Cette fois-ci, on est de l’autre côté, enfin l’un des autres côtés, avec ces Français qui s’engagent auprès des Soviétiques… L’uchronie est moins présente, elle sert plutôt de toile de fond à une histoire plus classique d’amitié entre soldats. Là encore, le dosage a dû être compliqué à trouver…
V.B : Etoile Rouge n’est pas un second tome. C’est, par ordre de parution, le premier tome de la série Block 109. Il est nécessaire de différencier la série de l’album initial.
R.N : En finissant Block 109, on s’est rendu compte de la richesse de cet univers. On avait envie de l’exploiter au maximum.
V.B : D’où l’idée d’une série, composée d’histoires courtes et indépendantes, sensée développer celui-ci.
RT: Avec aussi, en filigrane, l’idée d’exploiter différents genres à chaque fois : le récit d’aviation, le récit de guerre, le survival…
V.B : Et bientôt le thriller.

Pourquoi ce changement de format (plus grand, 56 pages après les 204 du tome initial…) ?
V.B : Pour deux raisons essentielles : cela permet de différencier physiquement l’album initial de la série. Les deux n’ont rien en commun si ce n’est le nom et les auteurs ! Enfin, nous souhaitions développer des histoires plus courtes et moins chronophages que Block 109. Ronan réalise 60 pages (Etoile Rouge fait 56 pages, mais les deux suivants font respectivement 64 et 62 pages) en seulement six mois, ce qui nous permettait d’assurer un rythme de sortie rapide.

Accéder à la BD Block 109 - Opération soleil de plomb Vincent, tu as entraîné tes lecteurs dans l’Allemagne nazie, dans les rangs des Français combattant pour l’armée soviétique, dans la moiteur de l’Afrique avec les SS au Congo belge, mais aussi aux Etats-Unis en 1947. Que nous réserve la suite ? Le Japon sans Hiroshima et Nagasaki ? La Guerre du Pacifique ? La guerre italo-grecque ?
V.B : Le côté Pacifique du conflit sera évoqué lors du cinquième opus. J’ai aussi une idée qui me plaît se déroulant à Gibraltar. Cependant, les lieux et les dates choisis dépendent avant tout de mes idées d’histoires. Celles-ci doivent être suffisamment intéressantes pour faire l’objet d’un album. Elles doivent aussi « parler » à Ronan.

Un rapprochement a été fait par certains lecteurs avec la série Skraeling, bien que le cadre soit assez différent… Avez-vous parlé uchronie et dystopie avec Thierry Lamy et Damien Venzi, les auteurs ?
V.B : Ce rapprochement est, à tort, très souvent parvenu à nos oreilles. Pour beaucoup Skraeling surfe sur une vague Block 109. C’est totalement faux, premièrement parce que je ne pense pas qu’une telle « vague » existe et surtout parce que les deux projets ont été initiés en même temps.

Nous avons échangé avec Damien Venzi à Aix-en-Provence, alors que Skraeling n’était pas encore terminé puis nous les avons rencontrés tous les deux à Caen, en mai dernier. Nous avons tout de suite sympathisé, Thierry Lamy étant bibliothécaire, comme moi, nous avons beaucoup de points communs, bien plus que nos deux histoires !

Elles se ressemblent par leur noirceur et leur affiliation au fascisme, mais le rapport s’arrête là. Notre histoire est une uchronie, la leur, une dystopie. Nous traitons de la volonté de changer le monde par tous les moyens, Thierry Lamy et Damien Venzi s’attachent plus aux mensonges et à la manipulation des images qui caractérisent ses régimes. Nos œuvres sont plutôt complémentaires !

Cliquez pour voir une planche de Ritter Germania, à paraître Il est remarquable de noter que les albums peuvent se lire séparément, mais qu’ils font tout de même partie d’un tout… Un vrai multivers.
V.B : C’était le leitmotiv de la série. Chaque tome doit pouvoir amener le lecteur à se plonger dans notre univers, sans pour autant le frustrer, ni l’obliger à lire le reste. La lecture du one-shot Block 109 reste cependant conseillée pour bien appréhender toutes les références.

Combien de tomes va compter le multivers ?
V.B : Ritter Germania, prévu pour avril, sera le dernier tome avec Ronan au dessin. Pour ma part, je continuerai de développer cet univers avec un nouveau dessinateur (encore inconnu à l’heure actuelle). Ronan surveillera cependant de très près la charte graphique et continuera à réaliser la chronologie d’ouverture habituelle ainsi que la couverture. Le cinquième tome est déjà en route, il se passera en Australie et s’intitulera S.H.A.R.K. Nous n’en savons pas plus, tout dépend de nos envies et des nos séries parallèles.

Ronan, on remarque une évolution dans ton trait : sur le premier album, ça ressemblait à des esquisses très poussées, alors que les trois autres sont plus encrés… Un choix conscient ou une évolution qui s’est faite naturellement ?
R.T : Pour Block 109, le traitement graphique s'est imposé de lui-même pour plusieurs raisons:
1/ mon encrage était mauvais, il me fallait donc y pallier en restant au stade "crayon", poussé
2/ 200 pages c'est beaucoup de boulot, il me fallait trouver une méthode efficace, rapide et qui pose une ambiance.

Et le déclic s'est fait en voyant l’Animal'Z de Bilal. Là je me suis dit "il y a un truc à faire !" Et cela a donné le traitement utilisé pour Block 109.

Pour la série Block 109, comme nous sommes sur du franco belge, il me fallait plus pousser le détail, j'ai donc conservé les contours au crayon papier (mais plus propre), et j'ai poussé encore plus la mise en couleur, tout en conservant une couleur de référence (bleu/gris pour Etoile rouge, vert pour OSP, glauque pour NY 1947...). Et parallèlement à ça j'ai également énormément appris au cours de ces albums sur la manière d'utiliser Photoshop et la couleur... et puis en travaillant mon style a lui aussi évolué.

Cliquez pour voir une planche de Ritter Germania, à paraître Ronan, si tu devais refaire le premier Block 109, que changerais-tu ? Tu travaillerais plus sur les visages, tu mettrais de la couleur ?
R.T : Si je devais refaire Block 109 ? Je pense que je caractériserais bien mieux chaque personnage. Je les travaillerais à fond... clairement. Mais c'est pour moi le seul regret du livre. Tout le reste sert l'histoire.

Vincent, en tant qu’adjoint au patrimoine, tu baignes dans la culture. Ça doit aider pour les idées… Ronan m’a dit, un jour, que tu étais une véritable usine…
V.B : Je baigne surtout dans les livres et notamment les bande-dessinées !!! Il est vrai que je n’ai aucun problème pour trouver des idées, mais plutôt pour m’y tenir et ne pas me disperser !! Fort heureusement, nous travaillons à deux et cela implique une certaine discipline. Je ne saurais pas dire d’où me vient une telle facilité : énormément de lecture ? Une grande curiosité ?

Cependant, une bonne idée ne fait pas forcément une bonne histoire, ni même une bonne scène, il faut savoir trier, c’est avant tout ça le travail d’un scénariste.

En produisant autant, ou plutôt à ce rythme, vous ne craignez pas de perdre vos lecteurs en route ?
V.B : Bien au contraire, avec le nombre ahurissant de sorties annuelles, produire rapidement nous permet de rester le plus souvent possible sur le devant de la scène. Il ne faut pas oublier que le succès de Block 109 repose en grande partie sur les sorties régulières de la série, qui ont permis à notre one-shot d’être en rayon voire, très souvent, en présentation dans les libraires, presque deux ans après sa sortie !

Cliquez pour voir une recherche de vaisseau pour Chaos Team Quels sont vos projets ?
V.B : Fin 2012, Ronan et moi-même allons sortir notre toute nouvelle série, Chaos Team. Nous retournons à un format comics, dans une série de six albums de 130-150 pages, tous les six mois. Ce sera une série à suivre, dans la grande tradition du feuilleton. Une manière de pouvoir privilégier les personnages et leurs relations qui sont quelque peu négligés dans l’univers de Block 109.

Le thème ? Un récit d’anticipation, avec des mercenaires, des narcotrafiquants et des extraterrestres !!! De la pure série B, toujours. Une petite surprise est prévue, à l’occasion d’Angoulême pour présenter un peu plus la série.

RT : Et pour le coup, les persos y seront extrêmement travaillés, tant dans l'allure que dans le psychologique. Et de manière générale, je reviendrai à un traitement graphique dépouillé utilisé sur Block 109. Avec bien sûr les acquis de ces deux dernières années.

Vincent et Ronan, merci.

Interview réalisée le 11/11/2011, par Spooky.

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