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Interview de Sébastien Floc'h Interview de Sébastien Floc'h (13/10/2009)
Sébastien Floc’h vient de sortir une nouvelle BD, perle Blanche, chez Glénat. Le jeune homme étant également amateur de jeux video et de cinéma, c’est une rencontre sympathique que nous vous proposons sur bdtheque.

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Sébastien Floc'h Bonjour Seb, comme ton nom ne l’indique pas, tu es un pur Normand… pas trop peur d’être confondu avec d’autres auteurs homonymes ?
Hello, pour ce qui est de mon nom et de la Normandie, j'ai un avantage certain : j'ai la double nationalité, normando-bretonne, du coup je n'ai pas de soucis avec la localisation du Mont-Saint-Michel. En ce qui concerne la confusion avec d'autres auteurs, à l'origine j'aurai plutôt opté pour en changer, mais mes éditeurs de l'époque chez Vents d'Ouest, Thierry Cailleteau et Dominique Burdot, n'étaient pas pour, les pseudos donnant un côté un peu infantile ou non assumé de leur point de vue, j'ai donc gardé mon nom, étant en plus le seul scénariste de la « bande ». J'ai toujours demandé à avoir mon prénom en couverture pour ne pas créer d'ambiguïté, je n'ai eu donc été qu'à de très rares reprises confondus avec d'autre Floc'h avec ou sans apostrophe. Un avantage certain en festival quand il y a plusieurs auteurs du même nom, c'est que le contact se noue rapidement, comme cela a été le cas avec Adrien (Les Naufragés d'Ythaq) et Arnaud ("La Compagnie des cochons").

Tu as commencé comme tant d’autres avec un fanzine local, puis de fil en aiguille, tu as rencontré les auteurs de ta région. Que peux-tu nous raconter de cette époque ?
Le fanzine en question se nommait L'Outsider, c'était une époque où Internet n'existait pas vraiment et où les logiciels de mise en page étaient encore très cher... Le fanzine fleurait donc bon le bricolage, les coups de ciseaux et l'odeur de colle, le tout imprimé sur la photocopieuse du collège. Cela a vraiment été une expérience très enrichissante et un vrai apprentissage à la fois en terme de presse et d'écriture de bande dessinée. Cela nous permettait également d'avoir un sésame pour rencontrer les différents auteurs de la région. Côté BD, il y avait évidemment les planches de Pierre Loyvet (Krän Univers) avec moi, ainsi que les premiers pas de Joël Jurion (Anachron). Fred Duval (Carmen Mc Callum) qui était déjà édité à l'époque nous avait aussi fourni un paquet de strips super sympas sur un petit vampire et une histoire courte réalisé avec Fred Vervisch (Plus jamais ça). Du côté du rédactionnel, officiait à mes côtés Benjamin Locoge qui est aujourd'hui le journaliste musique chez Paris Match depuis une petite dizaine d'années. Au final, c'est un casting pas trop mal pour un fanzine de collégien et cela reste un excellent souvenir.

Accéder à la BD Sboub En 2001 sort ta première BD, Sboub, avec aux crayons Pierre Loyvet. Vous vous connaissez depuis le collège, mais comment avez-vous mûri ce projet ?
Avec Pierre avant Sboub, nous avions plutôt des velléités de faire une série réaliste, rien à voir avec du gag donc. Comme nous n'étions pas encore au point et que nous voulions apprendre, j'ai opté pour l'idée de faire des gags, qui de l'avis de beaucoup de professionnels est la meilleure école possible. Il faut être compréhensible de tous en une page, cela apporte fatalement de la rigueur. Nous avons fait plusieurs pages de gags pour apprendre le mécanisme, tout en pensant engranger de l'expérience pour un récit plus conséquent. C'est en montrant ces pages à Thierry Cailleteau qui était alors directeur de collection chez Vents d'Ouest que ce dernier a voulu nous éditer.

Ça ressemble beaucoup à des délires d’adolescents. Et puis aussi à un « gag » récurrent de la série South Park. Ce côté « immature » était-il assumé ?
Sboub était le surnom d'un de nos comparses de collège, la tête du personnage dans la bd, c'est à peu de choses près lui. On peut donc bien dire que c'était en plein dans la veine adolescente effectivement. Le fait que le personnage meurt à chaque fin, était une des règles que je m'étais imposé, comme un exercice de style, cela reprend évidemment la fameuse meurt de Kenny dans les épisodes de South Park dont les idées sont vraiment top, comme toute la culture Looney Tones, où les personnages renaissent de leurs cendres quoi qu'il arrive... Beep beep et le coyote restant un must dans cet esprit.

Accéder au site de Game One Tu as également animé une émission sur la chaîne Game One, consacrée à la BD… Toujours pour Game One, tu es chroniqueur et responsable éditorial de programmes sur les jeux vidéo, le cinéma d'animation et bien d'autres sujets. Le jeu video, ta seconde passion ?
Je ne suis pas sûr que mes passions s'arrêtent uniquement à la bande dessinée et au jeu vidéo, il y en a d'autres. Mais l'univers vidéo ludique en fait partie, c'est certain, à la fois en tant que joueur, mais également pour en traiter en tant que journaliste. C'est un univers qui est devenu un des secteurs du divertissement les plus importants, d'un point de vue économique comme d'offres d'aventures palpitantes. Il y a évidemment beaucoup de jeux qui se copient les uns les autres, mais la saveur de la découverte du premier Alone in the Dark, l'oppression d'un Silent Hill, la virtuosité d'un Shadow of the Colossus, la démesure d'un Metal Gear Solid ou la folie d'un Katamari Damacy restent des moments à vivre.

Vois-tu des interactions possibles entre ces deux mondes (jeu video et BD) ?
Les interactions entre le monde du jeu vidéo et de la bande dessinée sont déjà légions. C'était une des thématiques que je traitais d'ailleurs dans l'émission à l'époque de Game One. Au-delà des simples adaptations dans un sens comme dans l'autre, beaucoup d'auteurs font la navette entre ces deux médias. La société Darworks, responsable d'Alone in the Dark 4, avait fait travailler sur ce jeu des auteurs comme Claire Wendling, Mathieu Lauffray, Bengal ou Benjamin Carré. Nombreux sont les auteurs de bande dessinée à avoir commencé dans la bd après la fermeture de la société de jeu vidéo qui les employait, Kalysto.

Accéder à la BD The Legend of Zelda - Ocarina of time Si les interactions sont vraies graphiquement, c'est moins le cas en terme de scénario, ou certains scripts de jeux sont vraiment là comme excuse plus que comme vraie volonté narrative. Travailler sur le scénario d'un jeu vidéo avec une écriture en arborescence et l'interaction totale entre le joueur et le personnage doit être une expérience intéressante à tenter.

Que penses-tu des adaptations de jeux en BD ? (Diablo, World of Warcraft, Halo, metal gear Solid, Tomb Raider, Prince of Persia, Zelda…)
Une adaptation sur n'importe quel support, correspond dans une très grande majorité des cas à l'espoir de capter un public déjà intéressé sur un autre support. Le souci est que le nom du jeu prévaut souvent sur la qualité intrinsèque des albums, mais ce n'est pas toujours le cas et il y a des associations intéressantes. Voir Ben Templesmith sur Silent Hill (et plus récemment sur Dead Space avec un comics en forme de préquelle au jeu) ou un Ashley Wood sur Metal Gear Solid sont des propositions sacrément intéressantes. Dans les adaptations se côtoient ainsi purs produits marketing, qui vont de la réalisation sérieuse ou livre vite fait, tout comme de vraies petites pépites. A ce titre, je suis curieux de voir l'adaptation en bd d'Assassin's Creed que lance directement Ubi Soft, l'univers et le jeu étaient très intéressants. Je trouve juste étonnant qu'une société comme celle-ci qui a des talents incroyables en interne -Matz (Le Tueur) est un des scénaristes de la boîte et l'illustrateur Sparth (couverture de Dune chez Pocket)- a travaillé sur les visuels du jeu par exemple, soit allée chercher des auteurs en externe plus classiques comme Corbeyran et Defali.

Accéder à la BD La Tribu Après les deux tomes de Sboub, tu “disparais” de la bande dessinée pendant 7 ans. 7 ans de malheur ? Ah non pardon, tu fais le scénario du tome 3 de La Tribu, dessiné par Lol. Un vieux copain lui aussi ?
Lol n'est pas un vieux copain, mais un camarade de route rencontré sur le net. A cette époque il était en train de réaliser sa mue artistique, il ne sentait plus trop à l'aise avec les deux premiers tomes de La Tribu, il m'a donc demandé de lui filer un coup de main pour réaliser ce troisième tome. C'était une expérience intéressante de travailler sur des personnages créé par un autre. C'était également l'occasion de faire un galop d'essai avec les responsables de chez Dargaud avec qui j'étais en contact. Au final, je trouve l'album plutôt sympa et la progression avec les albums précédents épatants, c'est un bon souvenir de collaboration. Depuis, Lol sous un autre pseudo est devenu une rock star de la bd.

Quant à la disparation, elle n'est liée qu'aux aléas de la vie et des projets, certains m'étant plus de temps que d'autres à aboutir, d'autant que je continue toujours mon activité de journaliste à côté, notamment en presse écrite avec des titres comme L'Ecran Fantastique ou Geek le magazine.

Accéder à la BD Perle Blanche Tu nous reviens avec une nouvelle série, très différente, Perle Blanche. Quelle a été ton idée de départ ?
L'idée de départ, c'est avant tout la rencontre avec Laurence. Elle avait déposé une annonce sur le site Café Salé, elle recherchait un scénario et son univers graphique m'a tout de suite plu. Rien n'était écrit avant. Au vu du dessin de Laurence, plutôt organique, je la voyais assez bien dans un univers historique ou décalé plus que contemporain, j'avais également envie de m'atteler à un récit proche de la piraterie. Un des détonateurs a été l'envie de Laurence de traiter du vaudou. A partir de là, j'avais plusieurs possibilités et j'ai eu envie de retourner au berceau du vaudou, l'Afrique qui est en outre un territoire que j'adore.

Il y a peu de bd qui parlent de la traite des noirs, à part Fulù et Les Passagers du vent. Comment comptes-tu te démarquer ?
Quand on regarde les sujets traités, l'Afrique et l'esclavagisme, c'est vrai que les deux séries citées viennent en tête, le sujet étant assez peu traité. A vrai dire, je n'ai pas réfléchi à une démarcation avec ces deux séries lors de l'écriture. Si je me base sur mes souvenirs de lecture, il y a une démarcation franche entre chacune en tout cas. Perle Blanche évoque ce sujet du point de vue de la résistance et l'action se déroule uniquement Afrique. Les Passagers du vent donne le point de vue essentiellement des Européens, l'Afrique n'étant qu'un passage dans le récit qui utilise les décors des trois lieux du commerce triangulaire. Quant à Fulù, c'est cette fois-ci le point de vue d'une esclave en Amérique qui va tout faire pour revenir sur sa terre natale.

Cela me donne en tout cas l'envie de relire ces séries, dont je garde un très bon souvenir. Fulù était à l'époque une super découverte pour moi, j'adore ce duo d'auteur Trillo et Risso. J'ai d'ailleurs refeuilleté un des albums de Fulù il y a peu de temps et je me suis aperçu qu'ils jouaient aussi sur une image découpée en plusieurs cases, comme dans Perle Blanche, comme quoi rien ne se crée. C'est amusant également de voir la sortie de Perle Blanche assez proche du sixième tome de l'œuvre de Bourgeon, qu'il avait commencée alors que ni Laurence, ni le coloriste, ni moi n'étions nés ou à peine.

Une des similitudes dans ces trois séries est aussi qu'elles ont toutes fait partie du catalogue de la maison d'édition Glénat.

Un extrait de Perle Blanche Es-tu très directif au niveau de la mise en scène, ou laisses-tu s’exprimer les envies du dessinateur ?
Il faudrait demander à Laurence sur ce sujet. Ce qui est certain, c'est que je livre chaque séquence avec une intention de mise en scène, pour que la forme rejoigne le fond, il y a des jeux très intéressants à faire à ce niveau. Ensuite avec Laurence nous regardons ce qu'il y a de mieux à faire et ce qu'elle sent le mieux aussi, en sachant que j'écris les séquences en prenant compte de son dessin et de ses aspirations de mise en scène. Laurence a aussi amené en signature graphique le fait de jouer sur une image découpée sur deux ou trois cases, on retrouve cet effet à plusieurs reprises.

Perle Blanche laisse planer le doute quant aux relations réelles entre les deux héroïnes-titre… Quelle est l’origine de leur amitié, si c’est de l’amitié ?
Perle et Blanche ont une relation forte, c'était une des volontés premières du récit, associer deux figures et deux tempéraments qui peuvent s'opposer sur certains points et se retrouver sur d'autres. Le tome 1 permet de les découvrir, le second tome approfondira évidemment leur relation, les lecteurs en découvriront plus sur les deux miss.

Un extrait de Perle Blanche Ce tome 1 est assez spectaculaire, avec ces deux pétroleuses déchaînées. Le second le sera-t-il autant ?
Tant mieux si l'effet donné est que ce soit spectaculaire, nous n'avons pas de contrainte de budget, nous pouvons donc nous permettre toutes nos envies. J'espère que nous garderons des côtés spectaculaires dans le tome 2, il y a de quoi faire. Nous allons nous atteler à garder cette impression tout en insufflant d'autres éléments.

Je trouve que la richesse de l’histoire, et la foison de personnages secondaires (William, Parfait, le Gouverneur) est intéressante.
Personnellement, je trouve les personnages secondaires souvent passionnants, ils apportent une saveur particulière aux récits. Avec la patte graphique de Laurence tant dans la création de personnages que dans la façon de les faire vivre, je ne pouvais louper cela. L'idée était aussi de proposer différents personnages comme autant de points de vue sur le sujet complexe de l'esclavagisme et de la résistance qui a pu se mettre en place face à cela à cette époque.

Une idée de la date de sortie du tome 2 ? Il est un peu tôt, bien sûr…
L'idéal serait de proposer aux lecteurs le tome 2, une année après le premier. Nous allons nous y atteler. Comme l'histoire est un diptyque, finalement un an ce n'est pas long pour connaître le fin mot de l'histoire, nous ne partons pas sur une saga en 72 volumes. Nous voulions vraiment offrir dès le début un récit assez court pour ne pas laisser les lecteurs sur leur fin trop longtemps et garantir le fait que le récit se bouclerait. Nombreuses sont les séries aujourd'hui à se stopper au bout de 2 ou 3 tomes sans proposer de fin et nous ne le voulions pas pour Perle Blanche.

Un extrait de Inoxydable Quels sont tes autres projets ?
Le projet le plus immédiat, même si je suis pour le moment incapable de donner une date de sortie est "Inoxydable". L'album est dessiné par Steve Baker et sortira chez Kstr, c'est donc une plus grosse pagination d'une centaine de pages. Ce projet s'est signé à l'origine de la collection, en 2006, en même temps que des auteurs comme Bastien Vivès ou Thomas Cadène. Entre temps, ces auteurs ont eu l'occasion de faire plusieurs ouvrages alors que n'avons pas encore terminé le nôtre. Le livre se déroulera dans un univers de science fiction, plutôt « low-tech », à contrario du « high-tech », avec donc à la fois de la technologie et des éléments plus basiques. Steve Baker qui vient de sortir la bd de gags La Vie en slip chez Dupuis fait un travail remarquable sur les pages, je pense qu'il devrait en surprendre plus d'un à ce niveau. En tout cas, quand le livre sortira, nous aurons établi le record du plus long projet à se réaliser chez Kstr, sur ce coup je ne peux que souligner la patience de notre éditeur Didier Borg. Inoxydable est vraiment un livre où nous aurons mis des moyens de super production dedans en soignant les détails, j'ai hâte de faire partager cette aventure aux lecteurs.

Pour le reste, j'ai la chance de travailler avec de super dessinateurs, j'espère pouvoir bientôt parler de ces projets à venir.

Merci, Séb.

Interview réalisée le 13/10/2009, par Spooky.

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