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Interview de Simon Hureau Interview de Simon Hureau (23/01/2013)
A peine remis de sa récompense à Angoulême en 2012 pour le superbe « Intrus à l'Etrange », Simon Hureau remet ça ce mois-ci avec deux nouveautés : Le Massacre chez La Boîte à Bulles, et Crève saucisse chez Futuropolis.

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Simon Hureau Bonjour Simon, tu pourrais te présenter s’il te plait?
Rien de bien bouleversant, je viens de Caen, où j’ai fait les beaux-arts jusqu’au diplôme de 3ème année, puis je suis rentré aux arts déco de Strasbourg par équivalence, en section illustration, où j’ai pu commencer à m’épanouir autrement mieux. Beaucoup de fanzines avec les copains de l’école, les stands improvisés sur les festivals, les autopublications, la participation à cette mini-structure à tendance autoéditoriale « l’Institut Pacôme »… c’est simple, on ne décollait pas de l’atelier de sérigraphie.

La première vraie publication fut une quinzaine de pages que la revue Ego comme X m’avait acceptées (qui parlaient justement de l’un de ces salons visités avec décontraction…) ; puis les projets de livres ont suivi, et bon an mal an ont fini par voir le jour pour la plupart, d’abord chez Ego comme X, puis chez d’autres éditeurs rencontrés par la suite…

Accéder à la BD Palaces On reviendra sur ton nouvel album Le Massacre plus tard, mais ton premier album chez Ego Comme X, Palaces, parlait déjà du Cambodge. Pourquoi cette attirance pour ce pays ?
C’est un peu un hasard. Si les temples d’Angkor m’ont toujours fasciné, à la base, j’étais plutôt passionné par le continent africain ; mais un camarade de classe, (arts déco toujours), Tian (L’année du lièvre, Gallimard), avait monté un projet avec trois autres copains de la promo (Lucie Albon, Lisa Mandel et Sylvain Moizie), pour renouer avec son pays d’origine ; tous les 4 sont ainsi partis travailler pendant 7 mois dans une ONG locale. L’occasion était trop belle pour ne pas la saisir, et le prétexte d’aller les voir fut aussi mis à profit pour découvrir un pays dont je ne savais pas grand-chose, mais qui m’a très vite touché, puis séduit à haute dose.

Il se trouve qu’en plus de cet intérêt développé sur place, l’ensemble du voyage fut d’une richesse toute particulière, cela à maints égards - pas toujours très plaisants - dont certains sont relatés dans Palaces (phase envoûtante et bizarre) ou dans Bureau des prolongations (phase péripéties et aléas) ; bref, un voyage particulièrement initiatique.

La plupart de tes albums récents sont parus chez La Boîte à Bulles. Comment as-tu connu Vincent ?
On s’est connus avant qu’il ne fonde la Boîte à bulles, à l’occasion de conférences qu’il animait, je crois, (notamment sur la thématique du récit de voyage) puis sur des salons ; je ne me rappelle plus très précisément des tenants et aboutissants, mais petit à petit, j’en suis venu à lui proposer des projets, et le premier qu’il a retenu fut Hautes Oeuvres. Le Massacre, qui sort en janvier, est le 5ème livre que l’on fait ensemble ! Sans compter les collectifs…

Accéder à la BD Aspic Voisine En 2009 sort Aspic Voisine, un album assez dérangeant ! Parle-nous un peu de ce projet… et pourquoi avoir pris un pseudo (Monsieur H) ?
Je trainais le personnage de Mélusine depuis les arts déco, quelques histoires courtes, éparses, toutes inédites, à part une parue dans un PLG ; après lui avoir fait vivre une longue saga de 200 pages dans Tout doit disparaître, j’ai redécouvert toutes mes vieilles pages. J’ai alors tout proposé en vrac à Vincent ; il a trouvé qu’il y avait surtout quelque chose à tirer de la relation entre Mélusine et sa voisine. Aiguillé par ce fil conducteur, j’ai redessiné les 3 histoires que j’avais sur ce sujet, puis j’en ai écrit deux autres dans la foulée, pour faire le lien (dont une directement inspirée par l’épouvantable affaire Fritzl que les médias venaient juste de révéler) et voilà, j’avais la matière du livre.

J’ai fait ça comme on se défoulerait en écoutant de la musique brutale, beaucoup en réaction à la mièvrerie ambiante, au politiquement correct dégoulinant de tout ce que l’on peut voir ou lire partout, à ce que les médias mettent en avant en occultant le reste, et qui devait passablement m’écoeurer à ce moment-là ; mais aussi en réaction à des faits-divers particulièrement sordides que j’avais découverts au hasard de mes lectures (exemple : « Cannibales », de Martin Monestier).

J’en ai fait un méchant cocktail bien serré, relevé d’une bonne louche de dérision ; les romans de Sade m’ont tout spécialement inspiré pour ce livre, je crois. Le cinéma de genre des années 70 aussi.

Mais c’était une expérience régénérante ! Je me suis bien amusé à faire ça. Un larsen sur de la musique d’ascenseur.

Accéder à la BD Intrus à l'Etrange Le pseudo, c’était pour épargner ceux qui n’auraient pas eu envie de tomber dessus sachant que c’était moi. Mais je sais bien que c’est complètement inutile, à moins de changer radicalement de style au point d’être méconnaissable, mais j’en suis incapable.

Puis en 2011 sort Intrus à l'Etrange, album d’ailleurs récompensé à Angoulême (Prix du Polar). Comment as-tu accueilli cette récompense ? A-t-elle boosté les ventes de l’album ?
Je l’ai très bien accueilli, ce prix, et d’autant mieux qu’avant de présenter le projet à Vincent, j’ai tout entendu à son sujet, c’était trop expérimental, anti-commercial, trop hétérogène, à cheval sur plusieurs genres, déconcertant, bref, ça ne ressemblait à rien et ça n’inspirait personne. Ça commençait à être trop de travail pour quelque chose qui ne plaisait déjà vraiment pas… J’étais dégoûté, mais je ne pouvais pas renoncer. Vincent m’a dit oui, moyennant des retouches.

Le livre a fini par paraitre, mais il venait de loin.

Bref, le « fauve polar » m’a redonné un peu de confiance en ce que je faisais. Il a également aidé le livre à mieux se vendre, en effet, ce qui ne gâche rien, car ça reste un ouvrage un peu exigeant, je crois, et confidentiel.

Accéder à la BD Le Massacre Parlons de ton actualité. Ton nouvel album Le Massacre sort ce mois-ci chez La Boîte à Bulles, avec encore une fois une histoire liée au Cambodge… et quelle histoire ! D’où t’est venue cette idée de trophée de chasse au passé chargé ?
Encore une fois, le hasard des lectures… j’ai découvert l’existence de ce buffle en feuilletant une gazette de l’hôtel Drouot. Une page complète sur la vente de l’un de ces rarissimes trophées. Et quand le souvenir de cette page, découpée et rangée dans un coin, a rejoint le conseil d’un ami qui m’encourageait à réutiliser le personnage de Limul Goma, le collectionneur de Hautes Œuvres, le déclic s’est produit, et deux heures plus tard, j’avais le premier jet de cette saga indochinoise.

Le kouprey est (était ?) une espèce spécifiquement cambodgienne, ça tombait très bien, je ne me suis toujours pas lassé de dessiner ce pays ! Et puis les vieilles bâtisses coloniales m’ont toujours envoûté, la folie khmère rouge m’a toujours sidéré, les chasses tropicales m’ont toujours laissé perplexe, les ventes aux enchères et le monde de la collection m’ont toujours intrigué… Je m’arrange pour ne jamais m’ennuyer.

Accéder à la BD Crève saucisse Tu n’as pas chômé puisque sort aussi ce mois-ci Crève saucisse chez Futuropolis, avec Pascal Rabaté au scenario. Comment s’est passée cette première collaboration ? Une expérience que tu comptes renouveler ?
Hasard des sorties qui n’indique rien du calendrier de travail sur les livres, je tiens à le préciser ; j’ai commencé le Massacre 4 ou 5 ans avant sa sortie, Crève Saucisse un an seulement avant. La collaboration s’est vraiment très bien passée, le scénario était d’une grande limpidité, j’ai apprécié que Pascal me laisse tenter la mise en scène comme je la sentais. On ne se voit pas très souvent (il est à Paris et moi en Touraine), mais si l’expérience le retentait, je m’avouerais assez volontaire !

Tiens sur le forum on se demande quel est l’album BD qui inspire le boucher… A moins qu’il soit imaginaire ?
Non non. C’est « la Voiture immergée » de Tillieux, on le voit lisiblement par endroits, il me semble. Et c’est précisé au début dans les remerciements. Je ne connaissais pas cet album, d’ailleurs je n’avais jamais lu de Gil Jourdan avant. Je conserve néanmoins ma préférence pour d’autres classiques, comme Hergé, Franquin ou Jacobs.

Cliquer pour voir une planche de Crève saucisse Question subsidiaire : Si tu étais le boucher sur la dernière planche, tu t’inspirerais de quel(le) scène/album ?
Pas facile !
D’abord, je n’ai envie de tuer personne (enfin, là, tout de suite, en tout cas).
Et ensuite, je ne suis pas forcément un grand adepte du genre noir.
Ce qui fait que ma culture est assez limitée, dans ces zones-là.
J’aime plutôt quand le polar s’emploie à dégouter de la violence et des magouilles, comme le fait si bien Manchette (et comme l’illustre si bien Tardi) ; mon film de mafia préféré sera « Gomorra », Et je trouve assez suspect que la moitié des histoires que l’on nous raconte parte de cette fascination manifeste de son auteur pour les gens qui tuent ou en ont le pouvoir (ne serait-ce que James Bond) ; et je suis régulièrement stupéfait par la violence complaisante de tout ce que l'on nous propose. L'utilisation de la violence ne devrait servir qu'à la dénoncer, (Haneke, Peckinpah) ou à s'en amuser, mais avec le recul nécessaire (vive l'humour noir !) dans l’histoire de Pascal, le boucher a beau disposer de tout un arsenal de couteaux, hachoirs, etc, il exécutera son plan de vengeance d’une manière assez absurde, et presque pathétique, en tout cas sans autre arme qu’un pistolet en plastique.
Ce qui ne me le rend pas antipathique.

Quel sont tes projets en cours ou futurs, BD ou autre ?
Nombreux !
Un collectif sur nos séjours respectifs en Indonésie avec Sylvain Moizie, Clément Baloup et Joël Alessandra (La Boîte à Bulles), un autre dans la série « Paroles de » (BdBoum-Casterman), un carnet sur le festival « les courant » à Amboise, un projet de reportage au Nigéria…
Quant aux projets personnels, ils ne perdent rien pour attendre…
Je les dépoussière de temps en temps…
Un recueil de récits de voyages, des pages sur la Chine, des fictions courtes…
Et je tiens à préciser, juste parce que j’aime bien ce bouquin, qu’en septembre 2012 est sorti Filandreux aux éditions Warum. C’est dit !

Simon, merci !
Bé de rien !

Interview réalisée le 23/01/2013, par Alix, avec la participation de Mac Arthur et iannick.

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