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Interview de Stédo Interview de Stédo (20/04/2012)
Rencontre avec Stéphane Dauvin, alias Stédo. A seulement 34 ans, ce talentueux dessinateur a déjà signé 16 albums. Spécialiste du franco-belge à gros nez, il nous avoue toutefois que ce style n’est pas son style naturel !

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Stédo Stédo, bonjour, si tu devais te définir en une qualité et un défaut, quels seraient-ils ?
Salut ! Bin, disons que j'suis assez fidèle, en général (c'est une qualité, enfin, je crois), et pour ce qui est du plus gros défaut, disons que je suis assez souvent peu satisfait de ce que je fais... Mais bon, en même temps, ça pousse à faire mieux la fois suivante !

Comme beaucoup de dessinateurs belges, tu as suivi la filière Saint-Luc. Qu’as-tu retenu d’essentiel de ces années de formation ?
En gros, j'retiens surtout l'ambiance « collective »... C'est stimulant de travailler aux côtés d'autres aspirants dessinateurs. Surtout qu'il y avait pas mal de gens très doués dans mon année ! Ça m'a autant permis d'évoluer que les cours en tant que tels. Voir le boulot des autres, en discuter, en retenir l'essentiel, c'est enrichissant ! Ça me donnerait presque des regrets de ne pas travailler en atelier.
Sinon, les cours étaient très complémentaires et les différentes techniques que j'ai apprises m'ont pas mal servi par la suite !
Et enfin, il y avait les nombreux cours de croquis... C'est super important le croquis d'après nature... Même quand on fait du gros nez !

Et qu’est-ce que tu t’es empressé d’oublier dès la sortie de l’école ?
Les cotations ! J'étais plutôt pas mal à ce niveau-là, mais j'me mets à la place des profs qui devaient mettre une note sur chaque dessin... C'est très aléatoire et subjectif, parce que le dessin, ce n'est pas forcément une pratique qui se note !
Mais bon, il faut bien en passer par là...

A peine ton diplôme en poche, tu vas frapper à la porte de Dupuis. Intégrer le journal de Spirou, c’était un rêve de gosse ? D’ailleurs, ton style n’est pas sans rappeler celui du magazine de Spirou des années ’70 et ’80. Je suppose que tes créations d’aujourd’hui découlent directement de tes lectures d’hier…
Oui, c'est vrai que le jour où j'ai reçu le premier coup de fil de Thierry Tinlot (le rédac-chef de l'époque) pour me dire qu'il avait bien reçu mon p'tit dossier... et qu'il avait bien aimé, je ne touchais plus le sol !
Spirou, c'était un rêve de gosse... Tout comme Fluide glacial ! Quand j'étais tout gamin, j'lisais plutôt « Tintin »... Puis, j'ai découvert un peu plus tard « Spirou » et toutes les séries qui l'animaient ! Alors, forcément, avoir la chance de pouvoir y publier quelque chose, c'était incroyable... Surtout que mon niveau de dessin de l'époque n'était pas génial, mais bon, ça m'a permis de me faire la main et de faire des trucs assez différents les uns des autres.

En quoi consistera ton travail durant cette période passée chez Spirou ?
En gros, c'était essentiellement des boulots « d'animations » du journal... Avec des sommaires, des récits cours d'une ou plusieurs pages, des mini-séries one-shot… Bref, c'était assez varié ! Et puis, c'était sympa de bosser sur les scénarios de gens comme Zidrou, Thiriet et des tas d'autres...
J'me souviens aussi que parallèlement, Thierry Tinlot m'avait demandé un jour de lui faire, sous forme d'exercice (et gracieusement, s'il vous plaît!), près de 300 recherches de personnages différents. C'était long et fastidieux, mais ça m'a permis de gommer pas mal de tics et de clichés que j'avais.
Ensuite, j'ai eu droit à presque 2 pages par semaine dans le magazine, avec une sorte de mini-série feuilleton qui s'appelait « La Maison des Gens Bons ».
Ça partait un peu dans tous les sens et mon dessin n'était pas très maîtrisé, mais ça m'a permis de choper un bon rythme de travail...

Cliquez pour voir l'atelier de Stédo Peux-tu nous faire visiter ton atelier ? Quel crayon y est le plus mâchonné, quel papier y est le plus froissé et quel objet qui n'a rien à faire là s'y retrouve systématiquement ?
Mon atelier, il est tout neuf...On a déménagé il y a peu, alors je ne l'ai pas encore aménagé comme je voulais ! J'n'ai pas eu encore le temps, notamment, d'accrocher aux murs tous les cadres avec les planches des copains ! Sinon, j'évite de mâchonner mes crayons, c'est pas pratiques en dessinant. Et le papier, j'le froisse jamais... C'est du Schoëller... Ça se froisse pas le Schoëller !

Quant aux objets qui n'ont pas grand chose à y faire, à part quelques jouets de mes gamins qui viennent traîner ici de temps en temps, il y a aussi une guitare qui ne me sert à rien, tant que je n'ai pas appris à en jouer... Mais j'trouvais que pour apprendre à jouer de la guitare, c'était un bon premier pas, d'avoir une guitare...

Accéder à la BD SOS Shobiz SOS Shobiz est le premier album où l’on voit apparaître ton nom. Quel regard jettes-tu dessus, avec le recul ?
Bin, je lui jette le moins de regards possibles. C'est affreux de revoir ses anciennes productions... Comme tous les dessinateurs, je pense, je ne vois que les défauts (et y en a !) Alors, je garde plutôt le souvenir des scénarios très drôles de Gilles Corre (Erroc) que j'espère ne pas les avoir trop abîmés avec mon dessin.
Sinon, SOS Shobiz, chez Bamboo, on appelle ça un « album culte » entre auteurs... Ce qui veut dire qu'il ne s'est pas, mais alors pas du tout, vendu ! (rire)

Tu y faisais montre d’un certain art de la caricature. Continues-tu à en faire ?
La caricature, j'adore ! Mais c'est vrai que je n'ai plus trop le temps ni l'occasion d'en faire actuellement…
De nature, mon dessin penche plus vers un style semi-réaliste caricatural que vers le gros-nez, mais pour l'instant, vu mes productions, je n'ai pas encore vraiment pu utiliser cette façon de dessiner... Comme je fais des BD « tout-public », j'essaie d'adopter un style plus rond.

Accéder à la BD Garage Isidore Un an après t’est offerte la possibilité de reprendre le dessin du Garage Isidore. Tu réaliseras finalement trois albums. Comment s’est déroulée la reprise de cette série ?
Olis, le dessinateur originel, avait décidé de passer la main. Du coup, Dupuis et François Gilson, le scénariste, recherchaient un nouveau dessinateur... J'avais déjà rencontré François quelques temps auparavant, puisque je m'étais rendu chez lui pour lui montrer mes travaux « d'école »... J'ai donc fait partie d'une short-list d'auteurs qui ont pu faire une sorte de « page test » pour la reprise d'Isidore...

Perso, ce n'était pas forcément évident, parce que dessiner des bagnoles, c'était pas du tout mon truc... Et puis, au niveau des personnages, pas facile non plus de passer après Olis ! Ce n'est d'ailleurs qu'à mon 3ème album que j'ai commencé à me sentir à l'aise dans tout ce cambouis.

Et pourquoi l’as-tu quittée après trois albums ?
Pour deux raisons : la première est que Bamboo m'a demandé à l'époque de lui fournir 3 albums des « Pompiers » dans un laps de temps très, très serré : un an et demi !... Du coup, ça ne me laissait plus trop la place pour faire autre chose à côté. Et je n'aurais pas pu respecter les délais sur Isidore pour lesquels il était convenu de sortir un album par an... La deuxième est qu'au bout d'un moment, je me suis un peu fatigué de l'univers un peu « fermé » de la série. C'est pas que je sois claustrophobe, mais bon, c'est pas évident de se renouveler quand l'action se déroule essentiellement dans un garage... On a tendance à s'endormir au volant !

Y a-t-il des différences notables entre l’ambiance qui règne chez Dupuis et celle qui règne chez Bamboo ?
Quand je suis arrivé chez Dupuis, l'ambiance était excellente...Ce n'est qu'après que c'est devenu un peu plus lourd, vu les tourments que traversait la maison d'édition. Mais personnellement, j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à travailler avec eux, notamment avec tous les gens de l'équipe de Spirou... Et entre auteurs, on s'est toujours bien marré !

Bamboo, par contre, c'est différent ! J'suis un « Bamboosaure »... Je suis arrivé très peu de temps après la naissance de la maison d'édition... Alors, forcément, les liens qui nous unissent avec l'éditeur, les auteurs, et toute l'équipe Bamboo sont plus serrés. Quasiment familiaux ! C'est un vrai bonheur au jour le jour...

Accéder à la BD Les Pompiers Lorsqu’a débuté la série Les Pompiers, pensais-tu réaliser autant d’albums ?
Franchement, non ! Je pensais en faire 1 ou 2, maximum... Surtout que mon album précédent (« SOS Shobiz ») n'avait pas du tout fonctionné !
Mais bon, c'est un univers que je connaissais relativement bien, et vu la multitude de personnages, je savais en tout cas que, si on nous en laissait l'occasion, il y avait de la matière !
Maintenant, comme la série fonctionne toujours très bien, je suis ravi, parce qu'elle me permet de vivre de ma passion... Ce qui est un luxe dans la BD actuellement. Alors, j'espère que ça durera le plus longtemps possible et qu'on arrivera au moins jusqu'au tome 18 ! Comme le 18 c'est le n° d'appel d'urgence en France, ça pourrait faire un album sympa !

Grâce aux « pompiers », tu as eu l’occasion de pénétrer dans plus d’un arsenal. Ces échanges t’apportent-ils quelque chose en particulier ? En profites-tu pour faire quelques croquis (de matériel ou de personnages) ?
Bin, comme je l'ai déjà dit, c'est un univers et des gens que je connaissais bien...Mon père est pompier et quand j'étais gamin, la caserne était (et est encore) à 50 mètres de la maison de mes parents ! Donc, l'odeur de « feu », je connais... Sinon, c'est vrai que depuis le début de la série, j'ai déjà pu visiter quelques casernes et rencontrer des hommes du feu de Belgique et de France... Et c'est toujours un plaisir parce qu'humainement, ce sont des gens formidables et généreux ! Avec Christophe Cazenove, on entretient d'ailleurs des liens particuliers avec des pompiers de Tours qui ont créé une association dont on est les parrains!

Un petit mot sur Christophe Cazenove, ton complice sur la série…
Un petit mot, c'est cours... Disons que je souhaite à tous les dessinateurs d'avoir un jour la chance de travailler avec un scénariste génial et un copain comme Christophe !

Cliquez pour voir une planche de Les pompiers On sous-estime souvent le dessin d’humour. Quelles sont, selon toi, les difficultés principales de ce style? Et pourquoi le grand public ne se rend-il pas compte de ces difficultés ?
Je ne pense pas que le dessin d'humour soit sous-estimé... C'est même, en général, un des style de BD que le grand public apprécie et consomme le plus ! Entre auteurs réalistes et d'humour, je pense qu'il y a également un certain respect... On fait le même métier ! Bien sûr, le dessin d'humour semble plus « facile » que le réalisme... Mais ce n'est qu'une impression : il faut de sérieuses bases réalistes pour faire de l'humoristique qui tient la route... D'ailleurs, Franquin et Uderzo étaient de formidables dessinateurs d'humour, parce qu'ils étaient avant tout d'incroyables dessinateurs réalistes !

Vous êtes nombreux au sein de l’équipe de Bamboo à officier dans le style franco-belge à gros nez. Qu’est-ce qui, selon toi, te différencie des autres ?
A part le fait que je sois Belge (mais il y en a d'autres !) et relativement jeune (là, y en a moins ! rire), pas grand chose ! J'dirais même qu'on a énormément de points communs, et c'est ce qui nous lie d'ailleurs ! En tous cas, c'est toujours une fête de se revoir en festival (on s'arrange toujours un peu pour s'y retrouver ensemble !) et il y a des tas de gens bourrés (de talent, bien sûr !) chez Bamboo... La « Bamboo-team », c'est du costaud !

Penses-tu un jour réaliser une bande dessinée réaliste ?
Bien sûr, j'aimerais beaucoup... Mais pas pour devenir un « vrai auteur », hein ! Mais simplement, parce qu'il y a des thèmes que j'aimerais aborder pour lesquels le dessin réaliste serait plus approprié.

Réaliser des bandes dessinées réalistes, c’est un travail plus sérieux que réaliser des bandes dessinées humoristiques ?
Non, parce que la BD d'humour, c'est très sérieux ! Le gag, c'est une mécanique super précise et bien huilée pour amener le lecteur à la chute de dernière case !
En gros, le métier reste le même. La seule différence, c'est le rythme de narration du réalisme qui permet de prendre plus son temps et de se faire plus plaisir au niveau du dessin ! On peut faire de grandes cases de décor, des cases d'ambiances... En humour, c'est quasiment impossible !

Accéder à la BD Mafia Tuno On discute, on discute… et je me rends compte qu’on n’a pas encore parlé de ta nouvelle série : Mafia Tuno ! Peux-tu nous la présenter en quelques mots ?
Avec Hervé Richez, le scénariste, on avait envie de travailler depuis un moment ensemble... On avait d'ailleurs déjà proposé un projet auparavant. Mais il n'avait pas trouvé preneur... C'était une série humoristique sur des extra-terrestres qui débarquent sur Terre et qui découvrent notre civilisation... C'était drôle et il y avait de la matière, mais bon... Bref, on a ensuite décidé de retenter notre chance, et en cherchant des thèmes qui nous parlaient à tous les deux, on est directement tombé sur celui de la Mafia... Comme on a tous les deux un humour parfois un peu noir, ça nous permettait de faire quelque chose d'un peu moins "tout-public" que sur Les Pompiers, par exemple !

On a donc proposé un p'tit dossier qui s'appelait initialement "Les Fraghettis" chez Bamboo qui l'a immédiatement accepté, même si ça dénote un peu dans son catalogue !

Pour le titre Mafia Tuno, j'suis vraiment pas très fier, mais c'est moi le responsable de ce jeu de mot pourri ! Olivier Sulpice voulait un titre où la référence à la Mafia était plus claire que sur le titre originel. On était 4 ou 5 à chercher assis dans les bureaux de Bamboo. Et en déconnant, j'ai sorti ce jeu de mot... pour la blague ! J'aurais pas dû, parce que ça les a tous fait beaucoup rire et Olivier a dit qu'on prenait ça !

Sinon, pour ce qui est de la série en tant que telle, on raconte la vie d'une famille de mafieux italiens aux Etats-Unis... Il y a la Mamma, ses deux fils Luigi et Amoroso, la sorella, et la nièce... Ils s'interdisent de toucher à la drogue et à la prostitution, alors, les affaires ne sont pas très florissantes. Ce sont plus des bras cassés que des caïds !

Cliquez pour voir une planche de Mafia Tuno En tout cas, je m'amuse beaucoup sur cette série : que ce soit graphiquement, parce que je peux me permettre des cases d'ambiance avec des noirs, et que les bagnoles américaines, c'est un vrai plaisir à dessiner. Mais aussi parce que le ton plus grinçant de la série me plaît beaucoup.

Le tome 1 ("Repose en pègre") est sorti en octobre dernier... Et j'espère que le tome 2 pourra sortir cette année !

Dans le tome 1, il a fallu un peu de temps pour qu'on installe nos personnages et leurs caractères... Le deuxième tome devrait donc être encore plus drôle !

N'as-tu pas peur qu'elle fasse double emploi avec d'autres séries du même genre (comme Cosa Nostra, de Clarke) ?
Non, pas vraiment, parce qu'on ne le traite pas de la même façon, je trouve. Je n'ai lu Cosa Nostra de Clarke qu'après avoir terminé mon tome 1. Pour ne pas être influencé, justement. Et j'ai trouvé qu'on était assez éloignés de ce qu'il avait fait ! Nous, on traite plus de nos personnages principaux que de la Mafia en tant que telle, alors que c'est l'axe principal de la série de Clarke... Et puis, on ne fait quasi exclusivement que du gag en 1 page, alors que dans Cosa Nostra, ce sont des historiettes de plusieurs pages.
Bien sûr, il y a des thématiques qui se retrouvent forcément dans les deux (les pizzas et le béton, par exemple), mais c'est plutôt normal, je crois !
En tout cas, ce sont deux chouettes séries, et j'vous conseille vivement de les lire !

Stédo, merci pour le temps que tu viens de nous consacrer. Et bonne continuation !
Merci à vous et à très bientôt !

Interview réalisée le 20/04/2012, par Mac Arthur.

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