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Interview de Sylvain Runberg et Olivier Boiscommun Interview de Sylvain Runberg et Olivier Boiscommun (28/01/2017)
Sylvain Runberg et Olivier Boiscommun s’associent pour nous livrer un récit mêlant fantasy, conte et anticipation. Ecologie et luttes pour la survie sont au menu de ce nouveau Règne. Une bonne raison pour rencontrer les deux auteurs durant le festival d’Angoulême 2017.

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Sylvain Runberg et Olivier Boiscommun Bonjour Olivier, bonjour Sylvain. Alors, qui de vous deux a eu l’idée du Règne ?
S.R. : C’est moi. J’avais envie de raconter et de faire un récit d’anticipation sur le thème du dérèglement climatique. Et plutôt que de parler des conséquences sur l’homme –qui est la première chose qui vient à l’esprit- j’ai voulu élargir la réflexion à tous les êtres vivants sur terre. J’ai donc imaginé un futur où l’être humain avait a priori disparu, où des espèces animales avaient évolué, muté, étaient maintenant dotées de parole. Cependant, la trace laissée par l’être humain se devait d’être omniprésente. Cette trace, cet héritage laissé à la terre se marque par un dérèglement climatique extrêmement violent et se caractérise par des ouragans, des tornades qui ravagent des régions entières années après années. Ce qui oblige donc ces populations animales à migrer régulièrement pour fuir ces tornades.

De quelle manière est-ce que vous pensez pouvoir renouveler le thème post-apocalyptique ? Car depuis la Planète des Singes, il est difficile de faire plus marquant dans le genre.
S.R. : La Planète des Singes est effectivement un des premiers films d’anticipation à m’avoir marqué. D’ailleurs, quand dans Le Règne on voit le groupe de mercenaires s’éloigner des ruines de Paris avec en arrière-plan la Tour Eiffel, c’est une forme d’hommage à la dernière scène du film avec le personnage de Charlton Heston qui découvre la Statue de la Liberté sur cette plage et qui se rend compte qu’il est sur la Terre dans le futur. Une autre similitude avec la Planète des Singes se situe au niveau du traitement animalier. Ici, parce que c’est lié au thème, l’animalier n’est pas une question graphique, ce n’est pas une question d’esthétisme, ce ne sont pas des êtres humains qui prennent des traits d’animaux, ce sont des animaux qui ont évolué, qui sont maintenant dotés de parole. Mais s’ils ont pris notre place, c’est parce que nous, nous avons a priori disparu à cause du dérèglement climatique que nous-mêmes avons créé. C’est ce récit-là que j’avais envie d’écrire, parce je n’ai jamais vu la même chose ailleurs.

Accéder à la BD Le Règne Lorsqu’on emploie des personnages animaliers, il y a, je suppose, beaucoup de pièges à éviter. Comment avez-vous procédé ?
S.R. : Pour moi il y avait une règle que j’ai posée dès le départ, c’est que je ne voulais pas que l’on plaque les clichés que l’on peut avoir sur les races d’animaux actuels sur ces personnages-là. Je vais prendre deux exemples qui sont caractéristiques du Règne. On a un tigre dans les personnages principaux : le tigre c’est un animal auquel on associe la férocité, la violence, la brutalité. Mais Isaac, le tigre du récit, même si il est un mercenaire qui peut être violent, est plutôt quelqu’un de posé, de réfléchi, qui n’est pas cruel, qui ne va pas user de violence sans raison. A l’inverse, on a dans Le Règne une horde de pandas qui sont de vrais psychopathes, brutaux, agressifs alors que le panda aujourd’hui est plutôt naturellement associé à la douceur, à la lenteur. Donc ça c’est une règle dans cet univers-là, c’est un procédé qui permet de créer la surprise et d’avoir des psychologies qui sont vraiment liées à chaque individualité tout en s’éloignant des stéréotypes associés à telle ou telle race animale. Donc si un jour il y a un serpent qui apparait dans Le Règne, il est peu probable qu’il soit sournois, retors.

Le fait d’avoir choisi des animaux à quatre membres, c’est une facilité ou ça a été simplement un effet du hasard ?
S.R. : Ca s’est fait un peu automatiquement, c’est en gardant les préceptes de l’évolution. Si l’être humain est l’être le plus « évolué » de la planète, c’est parce qu’il est doté d’un pouce, de membres supérieurs et inférieurs. Ces animaux-là ont connu le même type d’évolution.

Une vision peu réaliste qui nous éloigne de l’anticipation au sens classique du terme.
S.R. : C’est pour ça que quand je parle du Règne, je le décris souvent comme une fable d’anticipation. C’est de l’anticipation parce que c’est dans le futur. C’est de la science-fiction mais il y a aussi un côté fable parce que scientifiquement j’ai passé outre certaines règles. C’est un choix que j’assume pleinement. J’ai choisi de ne pas apporter toutes les explications sur le pourquoi du comment de certaines évolutions, j’aime laisser certaines choses inexpliquées et miser sur l’intelligence et l’imagination du lecteur. Dans notre récit on a des ruines, des vestiges de la présence humaine sur terre. D’un point de vue scientifique si un jour éventuellement d’autres espèces d’animales pouvaient avoir le don de la parole, ça prendrait des dizaines et des dizaines de millions d’années d’évolution et donc auquel cas il n’y aurait plus aucune traces de vestiges humains depuis très longtemps.

Un extrait de Le Règne En privilégiant cet aspect « conte » du récit, ne craignez-vous pas de vous restreindre au niveau du public et de ne plus finalement vous adresser qu’aux adolescents ?
S.R. : Un récit comme Le Règne, pour moi c’est tout public, aussi bien adultes qu’adolescents. Je pense qu’on peut lire Le Règne à partir de 12 ans en fait. Je voulais m’adresser au plus grand nombre. Ce n’est pas un livre jeunesse à mes yeux car, pour des enfants entre 5 et 10 ans, Olivier et moi y développons des thématiques et un univers un peu trop brutaux, je pense. Mais sinon, après, ça va de 12 ans à 92 ans.

Olivier, au niveau du dessin, qu’est-ce qui vous a procuré le plus de plaisir dans cette BD ?
O.B. : Le plaisir, je l’ai trouvé à plusieurs niveaux. Déjà le plaisir de découvrir que j’étais finalement assez à l’aise pour dessiner des personnages anthropomorphes, parce que ce n’était vraiment pas évident d’emblée. Ce fut donc un réel soulagement, d’abord d’y prendre du plaisir et ensuite de voir que les choses venaient très facilement, très naturellement. Et comme Sylvain me propose régulièrement de nouveaux personnages dans le scénario, cela m’offre très régulièrement de nouveaux défis qui sont donc du coup de nouvelles sources de plaisir pour moi. Il fallait par ailleurs retranscrire des émotions sur des visages d’animaux, avec des scènes fortes où les sentiments dominent, c’était un autre aspect délicat et finalement source de plaisir. Il me faut aussi régulièrement trouver de nouvelles ambiances. Il y a par exemple des scènes de brouillard et là il y avait un énorme défi graphique à relever. A un autre moment, c’est une scène de pluie torrentielle que je devais illustrer, ce qui m’a beaucoup plu. Je me suis alors fixé comme objectif que le lecteur ressente l’humidité de partout. Tout ça, ça a été des défis et donc du coup des plaisirs.

Un extrait de Le Règne S.R. : Ce qui est intéressant dans cet aspect-là aussi pour moi, c’est le côté violent, brutal de cet univers, tant d’un point de vue climatique que dans les relations entre les personnages. C’est, je pense, aussi intéressant à scénariser qu’à dessiner. Il y a des populations entières qui cherchent à fuir un danger opposés à des groupes de pillards qui cherchent à prendre tout ce qui leur reste. A côté de ces scènes d’action pure, on voit aussi des scènes intimistes dans lesquelles le lecteur est vraiment proche des personnages. Il y a aussi une histoire familiale. Ce sont de multiples dimensions qui peuvent, je pense, toucher un large public. Mais pour que ça marche, il faut partir des personnages, les rendre crédibles et ça passe effectivement par toute une gamme de sentiments différents tels qu’on peut les éprouver en tant qu’être humain. C‘est, je pense, l’aspect le plus délicat du travail d’Olivier : pouvoir traduire sur des visages d’animaux des sentiments « humains ».

O.B. : Oui, quand on parlait de défi et de plaisir, tout à l’heure, il y a effectivement un défi à relever par rapport aux personnages : c’est de les rendre très expressifs pour pouvoir retranscrire toutes les émotions dont Sylvain parle.

Du coup, le choix des races d’animaux a-t-il été pensé pour avoir une certaine facilité à exprimer des sentiments ?
S.R. : On a peut-être choisi des animaux qui sont, à la base, plus faciles à illustrer qu’une girafe par exemple. Mais on aura des surprises dans le tome 2. Il y aura notamment un personnage qui va, je pense, être marquant pour le lecteur. Ça peut être à la fois surprenant et visuellement très fort.

Il sera à l’image des autres personnages et présentera deux visages ? Car, jusqu’à présent, ceux qui peuvent paraître faibles se montrent infects à l’occasion tandis que les méchants sans scrupules peuvent faire montre d’empathie.
S.R. : En fait je n’aime pas les personnages lisses. Tout comme dans la réalité chaque individu a plusieurs facettes. C’est comme ça que j’aime traiter aussi mes personnages. On peut avoir des surprises dans la vie quotidienne. Et on continuera à en avoir dans Le Règne.

Un extrait de Le Règne Vous savez déjà en combien de tomes la série est prévue ?
S.R. : Nous allons d’abord clôturer un premier cycle en deux tomes qui formera un récit complet, le tome 2 paraissant en octobre prochain. Ensuite, notre objectif est de continuer à développer cet univers, l’histoire de ces trois mercenaires. L’éditeur partage cet avis-là. C’est vrai qu’on a beaucoup de bons retours pour l’instant des libraires, des journalistes, des lecteurs. La suite, c’est très simple en fait, elle dépend des lecteurs. Est-ce qu’ils vont suivre les deux premiers albums ou pas ?

Enfin, entre ces trios célèbres, duquel, selon vous, se rapproche le plus le trio du Règne et pourquoi ?
- Yoko Tsuno, Vic et Pol ;
- Buck Danny, Sonny Tuckson et Tumbler ;
- Spirou, Fantasio et Spip.

S.R. : Je prendrais Spirou et Fantasio. D’abord parce qu’il y a un animal, ensuite parce que ces personnages ont des caractères assez opposés comme on en retrouve dans Le Règne. Par exemple Isaac est assez opposé à Pantacrius et Octavia est elle aussi différente. Et puis Spirou et Fantasio c’est une bande dessinée qui parle beaucoup d’humanité, on a toute une gamme de sentiments, ce n’est pas simplement une série d’aventure et d’humour, il y a plein de choses qui sont abordées. Moi je choisirais ces trois-là.

O.B. : Moi je laisse parler mon scénariste. C’est plus sage.

Sylvain, Olivier, merci pour le temps que vous venez de nous consacrer et à bientôt, donc.
S.R. & O.B. : Merci à vous et rendez-vous en octobre pour le deuxième volet du Règne.

Interview réalisée le 28/01/2017, par Mac Arthur et Little Miss Giggles.

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