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Interview de Théa Rojzman Interview de Théa Rojzman (17/03/2009)
BDTheque vous invite à découvrir l’adorable et talentueuse Théa Rojzman à l’occasion de la sortie de son « carnet de rêves » chez La Boîte à Bulles… un entretien haut en couleurs !

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Théa Rojzman Salut Théa, pourrais-tu te présenter ?
Mi sociable-mi ours de ma caverne… J’aime la lumière du monde et j’ai peur de ses ombres, des miennes aussi. Les voyages intérieurs sont mon refuge, tout comme les âmes apaisantes de ceux que j’aime. Sinon je suis petite, brune, je regarde des conneries débiles à la TV en mangeant parfois de la mal bouffe.

Comment en es tu venue à faire de la BD ? Tu as une formation assez « inhabituelle » pour une artiste (philosophie jusqu’en maitrise, puis 3 ans de formation en thérapie sociale).
Que nenni ! Je crois que mon véritable parcours fut artistique, même si je n’ai jamais fréquenté de cours ou d’Ecoles d’Art. Ma route fut autodidacte mais je n’ai jamais quitté la création. J’ai commencé par écrire des « polésies » d’enfant, dessiner… Plus tard à l’adolescence, j’ai fait du théâtre puis de la musique, de la peinture… La création n’a jamais été un loisir, mais un besoin d’expression permanent et nécessaire.

La philosophie, je l’ai choisie à la fac parce que je me croyais intelligente (on était nombreux d’ailleurs dans ce cas-là (rire))… Là-bas, j’ai beaucoup appris, mais je n’ai rien retenu… Sauf peut-être cette percutante pensée socratique que j’évoquais dans ma précédente BD : « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien »… J’y ai en tout cas appris l’humilité…

La thérapie sociale, je m’y suis plongée durant cinq années parce que je voulais faire partie de ceux qui tentent de « guérir » le monde de son impuissance et de ses haines folles… Mais je dois l’avouer, je ne possède pas la force ni le haut degré de militance nécessaire à un tel « projet ». Et puis, je suis arrivée à la trentaine, un âge où on revient vers soi, au plus profond… Or, mon moi profond est avant tout amoureux de création… Une autre façon, un geste différent, qui peut aussi aider le monde à devenir meilleur… Non ?

Accéder à la BD La Réconciliation Ton père semble avoir joué un rôle important dans ta formation en thérapie sociale, mais aussi dans ton parcours BD, puisque vous avez coécrit votre 1ere BD ensemble (La Réconciliation, publiée chez JC Lattès). Parle-nous un peu de cette collaboration (complicité ?)
Un rôle important, c’est peu dire puisqu’il est l’inventeur même de la Thérapie Sociale ! Il fut donc mon formateur… Pour la petite histoire, il était une fois une petite fille qui détestait son père « absent, violent, fou » dis-je dans La Réconciliation… Et puis, elle découvre, tardivement vers 25 ans, que cet homme-là n’est pas qu’un père pitoyable… Elle découvre qu’il passe sa vie à essayer de prévenir les folies meurtrières et les violences du monde… Epatée, la petite ! Je l’ai regardé autrement et lui a pu faire un pas vers moi…

Ensuite, j’ai rejoint sa vocation, passionnée par ce travail concrètement remarquable (je l’avais vu à l’œuvre)… Lui aussi s’est intéressé à ce que je faisais, il disait alors de ma peinture : « je n’aime pas du tout ce que tu fais, mais je trouve cela génial » (rire) Et puis, nous avons écrit un essai ensemble aux éditions JC Lattès. La suite est une succession d’heureux enchaînements…. Je lui montre une vielle BD autobiographique que j’avais vaguement commencée plus jeune - il s’enthousiasme et veut écrire une BD sur notre histoire - notre éditrice est séduite par le projet - on bosse dessus et on signe chez cet éditeur qui n’avait jamais fait de BD auparavant… Ainsi ni l’éditeur ni nous n’avions jamais pensé un jour faire une BD… La réalisation du livre a prolongé notre complicité et signé notre réconciliation nécessaire. C’était aussi le temps de ma réconciliation avec moi-même…

Evidemment toutes ces réconciliations ne constituent pas des « pardon » définitifs ni la perfection d’une relation. Que ce soit avec mon père, avec moi-même ou le reste du monde, la relation est toujours à améliorer…

Accéder à la BD Le Carnet de rêves Et puis tu signes une nouvelle BD chez La Boîte à Bulles : Le Carnet de rêves. Parle-nous un peu de ce projet.
En réalisant La Réconciliation, j’ai eu des bouffées de bonheur, je pouvais enfin associer mes deux passions artistiques principales : écrire et peindre/dessiner… Je ne pouvais pas en rester là, le désir était trop fort de continuer ! Le Carnet de rêves est né d’un vieux rêve… celui de parler des rêves ! Pour cela, il me fallait pleinement jouer le jeu de l’inconscient, j’ai voulu que mon esprit n’intellectualise pas son projet, mais qu’il aille intuitivement le trouver… C’est un peu compliqué dit comme cela, mais ce livre est un véritable et sincère travail sur la force de l’imaginaire quand il n’est pas contrôlé ou « utile » comme en rêve… Le lien avec la création et la peur de la mort s’est imposé naturellement. J’ai été habitée par de nombreux doutes durant sa réalisation (la raison, le censeur intérieur, le Jiminy Cricket de son cœur sont toujours là pour nous gâcher l’instinct !) … Mais au final, je n’ai pas lâché malgré la souffrance causée parfois par ce choix très insécurisant…

L’histoire ? Je dirais qu’il s’agit avant tout de l’expression à cœur ouvert d’un chemin de création, l’histoire d’un petit être humain (moi en l’occurrence) qui (comme les autres) a peur et ne maîtrise rien, mais qui (comme beaucoup d’autres) a trouvé dans la création et les rêves le moyen de voyager plus au fond et parfois plus haut, jusqu’à des cimes de réalité non perceptibles par la (parfois) stupide raison. Cette puissance humaine constitue un véritable terroir de compréhension d’une forme de « réalité de la réalité »… Et nous permet en même temps d’oublier l’insupportable perspective de notre mort et de celles des autres… Pas terrible comme « pitch » du livre hein ? Mince, je n’ai pas trouvé la petite phrase commerciale adéquate ! (rire)

Extrait Le Carnet de rêves Suggères-tu qu’il existe un lien entre nos rêves, et la réponse aux questions existentielles posées dans ta BD ? (la vie, la mort, l’amour, le rôle de l’art) Ou est-ce simplement une façon originale d’aborder ces sujets ?
Enfant, j’étais persuadée que les rêves contenaient des réponses fondamentales, des « clés » concernant le sens de l’existence et donc de la mort… Je me suis longtemps persuadée que les morts venaient nous visiter en rêve, nous expliquer ce qu’ils savaient, essayaient de communiquer avec nous… Je croyais fermement aux « esprits »… Maintenant, voici ma position : « ni sceptique ni crédule », je pense que nous ne savons pas grand-chose, surtout pas en la matière « rêve », mais en même temps je veux rester ouverte à toutes les découvertes possibles et imaginables... Je reste convaincue que toutes les découvertes sont à venir…

Oui, je crois, par contre au lien mystérieux entre ces « créations » de l’esprit et du corps que sont les rêves, l’art et même l’amour… D’ailleurs, ces domaines sont les lieux privilégiés du « je ne sais pas », on ne sait pas le rêve, on ne sait pas l’art, on ne sait pas l’amour… On les vit, on les « fabrique » sans bien savoir ce qui se trame là. Et quand on ne sait pas, il me semble qu’un peu de vérité doit traîner dans le coin… Quant au lien avec la vie… Et bien, je me dis qu’on oublie trop souvent qu’elle contient ces trois puissances/réalités aussi… Sans elles, personnellement, j’aurais du mal à conserver une dose suffisante d’envie de vivre.

Extrait Le Carnet de rêves Côté dessin, on ressent tout de suite ton amour pour la peinture. Parle-nous un peu de ta technique. Est-il difficile de concilier la peinture et la BD, deux arts finalement assez différents ?
La peinture est ma forme d’expression graphique privilégiée et je crois que l’on pourra tout à fait me reprocher, et à juste titre, de ne pas maîtriser les bases techniques de la BD proprement dite. Mais face à ces éventuelles critiques (qui me forcent positivement à progresser) je dois aussi tenir bon… Je pense que la BD a le droit de s’exprimer de multiples manières tant que l’on reste lisible et que la narration tient la route. Personnellement, en tant que lectrice, je préfère une BD qui ose prendre des chemins de traverse graphiques et propose une autre manière de « raconter » en images que sous les formes plus « classiques ».

Pour ce qui est de ma technique, j’utilise des encres, acryliques, fusain et de l’eau ! Très souvent, je joue au « jeu des nuages » (vous savez, quand on regarde dans le ciel et que des formes inédites nous apparaissent dans les nuages ?) = je crée donc des fonds et les observe un temps… En eux j’aperçois alors la scène que je dois dessiner d’après mon scénario. Il arrive aussi parfois qu’une scène que je n’avais pas prévue m’apparaisse et modifie une séquence de mon histoire… Là aussi, j’accepte de laisser travailler mon inconscient… Je travaille aussi avec des bouts de vitre mais là, ça se complique (rire)

Vincent de La Boîte à Bulles Comment s’est passé ta rencontre avec Vincent de La Boîte à Bulles ?
Là, je ne peux pas résister à l’envie de divulguer une anecdote croustillante ! On ne s’est jamais rencontrés !! Incroyable, non ? C’est la magie de notre temps ! Tout a été très simple, sympa et efficace entre nous : j’avais envoyé à des éditeurs mon projet par mail, Vincent a répondu dès le lendemain matin… Ensuite nous avons échangé à peu près 200 mails, quelques coups de fils, quelques mois ont passé et le livre était terminé ! Oui, j’aimerais bien savoir à quoi il ressemble tout de même ce grand gaillard [NdW : Voici déjà une caricature, pour te faire une idée] ! Est-il même grand d’ailleurs ? (rire) Mais nous avons une circonstance atténuante : nous habitons à 734,73 km de distance ! (J’ai regardé sur Mappy !)

Au passage, j’en profite pour le remercier encore de sa témérité éditoriale, de sa confiance et de toute la liberté offerte… Je souhaite longue vie à La Boîte à Bulles !

Quels sont tes influences ou auteurs/artistes que tu admires ou qui t’inspirent ?
Difficile de lister… Peut-être d’abord en BD ? Petite, je passais des heures avec Margerin (je voulais faire rockeuse aussi), ado, j’ai adoré Comès et Philémon de Fred, j’ai fait plein de découvertes avec les vieux Fluide Glacial achetés d’occasion (Goossens, Gotlib, Franquin, etc.)… Plus tard, j’ai pris quelques « claques » délicieuses avec Baudoin, David B., Julie Doucet, Crumb, Clowes, Rabaté, De Crécy, etc, etc, et… PIERRE DUBA ! (je le mets tout en majuscules parce que je trouve qu’on ne parle pas assez de lui !). Un petit instant sur Duba : quand j’ai ouvert pour la première fois un de ses livres ("Sans l’ombre d'un doute"), j’ai été bouleversée et prise d’une émotion difficilement identifiable, de la poésie furieuse était dans mes mains et il s’agissait bien d’une BD. C’est peut-être depuis ce jour que j’ai tant envie de faire moi aussi de la BD… Il fait partie de ceux qui ouvrent les portes et que personne n’osera jamais refermer…

Accéder à la BD Cages Pour le reste, les autres arts, hum il y aurait trop de monde à citer… Disons seulement que mes inspirations et admirations vont plus particulièrement vers la peinture, la littérature et la musique, parfois le cinéma. Je suis moins sensible à la danse, au théâtre ou à la photographie par exemple… (sauf les oeuvres de mon amie photographe Virginie Blanchard !)

As-tu lu Cages de Dave McKean ?
Non, mais je sais qu’un sympathique chroniqueur de BDthèque a comparé mon livre au sien (mais qui est donc ce chroniqueur ? rire) J’ai donc bien envie de le lire ! Prochain achat BD !

Quels sont tes projets en cours ou futurs, BD ou autre ?
J’ai trois prochains projets pour le moment… (en même temps, il faudra quand même que je trouve le moyen de gagner ma vie !) Je prépare une nouvelle BD très différente, même si le graphisme reste proche du Carnet de rêves, celle-ci sera une fiction (j’en ai terminé avec l’autobiographie ou autofiction). Je pense pouvoir dire qu’elle sortira pour 2010… Ah oui, le titre sera certainement "Petits frères"… A suivre… Pour le reste, j’ai un projet de collaboration avec un ami dessinateur (l’adaptation de mes nouvelles en BD mais je n’en dis pas plus pour le moment) et un roman… sans images cette fois !

Merci beaucoup Théa, et encore bravo pour ton carnet de rêves !
Merci à toi, Alix ! T’es le meilleur ! Et je ne dis pas ça parce que tu as aimé mon livre, hein ? (rire)



A voir aussi :
Le site de Théa Rojzman

Interview réalisée le 17/03/2009, par Alix.

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