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Interview de VoRo Interview de VoRo (27/02/2012)
Il vient de terminer le deuxième tome d’Eté 63, mais c’est avec Tard dans la nuit qu’il s’était fait connaître du public européen ! Rencontre avec VoRo, jeune et talentueux auteur canadien.

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VoRo VoRo, bonjour. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Mon nom est Vincent Rioux, j'ai toujours fait de gros points dans mes initiales et les gens croyaient que je signais VoRo. Ce nom est devenu mon pseudonyme officiel depuis que je suis dans la bd, il y a plus de dix ans déjà. J'habite au Québec, j'ai étudié en Belgique et je suis l'auteur de L'été 63, Tard dans la nuit et La Mare au diable.

Quel a été votre formation ?
Je suis graphiste de formation. J'ai ensuite étudié quelques mois à St-Luc (Bruxelles), mais le style d'enseignement ne me correspondait vraiment pas. Comme la bd était très méconnue au Québec à l'époque, j'ai surtout évolué de façon autodidacte. J'ai appris en décortiquant le travail des autres et en observant la nature.

Comment se porte la bande dessinée au Québec ? L’influence majeure, je suppose qu’elle vient plutôt des comics que de la bande dessinée européenne…
Malheureusement, la bd reste un art peu développé ici. Nous n'avons aucune grande influence et ce n'est qu'une minorité d'amateurs d'ici qui font la distinction entre comics, bd européennes et manga. En contrepartie, nous avons la chance de puiser dans tout cela sans préjugés. Je pense que c'est ce qui nous distingue le plus des auteurs des États-Unis ou de l'Europe.

L'atelier de VoRo Quels auteurs vous ont influencé ? Est-ce par hasard ou par goût personnel que vous êtes arrivé sur le marché européen ?
J'aime beaucoup le travail de Will Eisner, que je trouve très européen. Mais j'ai décidé d'étudier la bd en Europe, car j'ai baigné dans Spirou toute ma jeunesse. C'est lors de mon premier voyage en Belgique que j'ai eu accès à la bd plus adulte et à ses maîtres. À partir de ce moment, j'ai su que c'était ce que j'avais envie de faire.

Pouvez-vous nous faire rentrer virtuellement dans votre atelier ? Quel papier y trouve-t-on, quel crayon est le plus mâchonné ? Et sur quoi risque-t-on de tomber qui n’a strictement rien à faire là ?
Mon atelier est dans l'ancienne salle à manger de notre maison, à côté du salon, où j'ai une magnifique vue sur le fleuve et les Îles du Bic (vous pouvez en voir un aperçu sur mon blog). Je dessine encore à l'ancienne, sur ma vieille table à dessin de graphiste en bois. J'ai toujours dit « Donnez un carton d'allumette et un bout de charbon à bon dessinateur et il vous fera un beau dessin. » C'est un peu la philosophie que j'applique chez moi. Je fais mes crayonnés sur du papier à photocopie avec des crayons, bref, tout ce qu'il y a de plus normal. Je dessine chaque case séparément, la suite se passe à l'ordinateur. Je fais le montage de mes planches, place les textes et fais la mise en couleur avec ma tablette graphique, en mettant beaucoup d'effort pour que le côté « ordinateur » ne ressorte pas trop.

Accéder à la BD La Mare au diable La première œuvre que nous connaissons de vous est La Mare au diable, une adaptation d’un roman de Georges Sand. Pourquoi avoir choisi d’adapter ce roman, en particulier ? Que pensiez-vous apporter de plus par rapport au roman original en l’adaptant au format bd ?
C'était surtout un choix pratique. Lorsque j'ai débuté, les auteurs de bd québécois se comptaient sur les doigts d'une main, nous n'avions vraiment pas la cote en Europe. Il était presque impossible de signer un projet où je pouvais être l'auteur du scénario et des dessins. Encore moins de réaliser une bd où les textes garderaient l'accent québécois (comme le firent Régis Loisel et Tripp avec Magasin général par la suite). C'est pour être plus accessible aux éditeurs européens que je me suis tourné vers le scénario de La Mare au diable. Après avoir passé plus d'un an à Bruxelles, dans la grande ville, cette histoire me rappelait mon village et la nature du Québec. De plus, l'héroïne de l'histoire porte le même nom qu'une de mes sœurs qui s'est suicidée à cette même époque, la petite Marie. Tout était aligné pour que je travaille sur cette adaptation.

Ensuite, j'ai décidé d'interpréter la Mare au Diable dans un monde fantastique, afin de rejoindre un public plus jeune et rafraichir un peu cette histoire.

Accéder à la BD Tard dans la nuit Tard dans la nuit est la série qui vous a fait connaître. Quel regard jetez-vous sur votre travail avec le recul ?
Au départ, c'était une commande pour les éditions Soleil. Ils m'ont mis en contact avec Jean-Blaise (Djian) et nous sommes devenus de grands amis par la suite. Après quelques péripéties, je me suis retrouvé chez Nucléa. Mon éditeur m'a demandé de retravailler l'histoire, qui devait d'abord se dérouler dans un monde fantastique, pour la situer au Québec. Il avait vu quelques planches de mon travail qui se déroulaient en sol québécois et il aimait beaucoup l'ambiance qui en ressortait. Quelques mois plus tard (c'est une longue histoire), je me suis retrouvé chez Vents d'Ouest et j'ai terminé le tome 1 de Tard dans la nuit. Pour répondre à votre question, à cette époque, je me forçais pour avoir un rendu qui faisait plus européen et avoir la chance d'être publié chez vous pour mieux gagner ma vie. J'aime bien ce que j'ai fait avec Jean-Blaise, mais j'adaptais mon travail à votre marché et je me retenais de faire du VoRo. Mon graphisme actuel ressemble plus à ce que je veux faire en bd.

Avez-vous contribué à l’élaboration du scénario ? Cet univers et ces décors, vous devez bien les connaître !
Oui, nous avons travaillé en symbiose. Jean-Blaise m'a toujours laissé beaucoup de liberté, il savait qu'avant de travailler pour l'Europe je faisais mes scénarios, mes dessins et mes couleurs. Il se contentait de me donner les dialogues des personnages avec quelques descriptions pour me laisser la liberté de découper l'histoire et créer tout le côté visuel. Pour le tome un, Jean-Blaise a presque tout écrit. Pour le tome deux, nous avons écrit la trame ensemble et il a fait les dialogues. Pour le troisième tome, après deux ans de boulot à temps plein sur la série, je savais exactement comment réagissait chaque personnage et j'ai beaucoup bossé sur le scénario.

Accéder à la BD L'été 63 Pourquoi ne vous êtes-vous pas personnellement occupé de la colorisation, sur cette série ?
Comme vous le savez, ce projet était une commande de trois albums. Notre travail était structuré pour s'intégrer dans le marché européen et ne pas trop faire « québécois ». J'ai supervisé un peu la mise en couleur, mais notre échéancier de production ne me permettait pas de faire tout le boulot.

C’est étonnant de retrouver un auteur québécois dans une collection nommé « terre d’origine » et sur une série qui se déroule en Auvergne ! Les repérages ont été importants ? Vous êtes-vous inspirés de villages existants pour créer le vôtre ?
Après trois ans à dessiner le Québec des années 1940, je voulais illustrer autre chose, avoir de nouveaux défis. J'avais déjà travaillé avec Marc (Bourgne) pour présenter un western à Dargaud, mais Vents d'Ouest avaient été plus rapides pour me signer sur Tard dans la nuit. Quand Marc m'a proposé de dessiner L'été 63, j'y ai surtout vu la chance de m'évader et de pouvoir dessiner la France, le Vietnam et de belles voitures, ce que je n'avais jamais fait auparavant. J'aime que chaque projet sur lequel je travaille soit très différent dans les graphismes et le narratif. Marc ne voulait pas dessiner cette histoire car il voulait une approche plus romantique au dessin. Et j'ai eu la chance de passer plusieurs jours dans sa famille en Auvergne, dans le but de répertorier tout ce dont j'avais besoin pour être juste sur le plan graphique. Le village de Saint-Roch n'existe pas, mais je me suis inspiré de lieux réels.

Cliquez pour voir une planche de L'été 63 Vous aimez diversifier les cadrages, en multipliant plongées et contre-plongées. Pour vous, un bon dessin, c’est quoi ?
Je suis un raconteur. Malgré mon amour pour les beaux dessins, lorsque je réalise une histoire, mon but premier n'est pas de faire de belles illustrations. Je veux être efficace dans ma façon de raconter et faire plonger les lecteurs dans cette histoire.

Le deuxième tome de L'été 63 est-il bien avancé ?
Terminé, après plus de deux ans de boulot ! Dans cette série j'ai eu la chance de faire la mise en couleurs. J'ai fait mes preuves comme auteur québécois et je peux enfin faire des illustrations qui me ressemblent.

Avez-vous d’autres projets après L'été 63 ? Allez-vous encore changer de décors ?
Oui, je retourne à mes amours et reprends la création du scénario. Vous pourrez enfin voir à quoi ressemble du vrai VoRo, ha ! Ha ! J'ai deux scénarios sur lesquels je travaille actuellement. Deux histoires très différentes de L'été 63 et de tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, pour poursuivre dans ma lancée. Cette fois, mon histoire se déroulera dans le Québec contemporain, dans ma ville. J'en ai un peu marre de prendre une demi-heure par jour pour la recherche graphique. Le premier de mes projets risque de vous surprendre avec une façon de raconter jamais exploitée encore. C'est un thriller psychédélique sur lequel je vais travailler avec Lapierre (coloriste de Loisel et auteur bd), sans que ce ne soit un travail commun. Vous en saurez plus dans quelques mois, en suivant mon blog.

Cliquez pour voir une planche de L'été 63 La seconde histoire sera plus classique, un bon thriller dramatique avec de beaux personnages bien développés et une bonne intrigue.

J’ai le sentiment que vous continuez à apprendre à chaque album et que c’est là votre moteur. Je me trompe ? Est-ce pour cette raison que vous privilégiez les séries courtes ?
Exactement. Les éditeurs ne nous restreignent plus à de longues séries comme avant. Nous avons la chance de pouvoir travailler sur plusieurs histoires courtes et ainsi expérimenter et changer notre style graphique. J'ai toujours dit qu'un bon artiste est celui qui évolue jusqu'à sa mort et ne s'enferme pas dans une recette toute faite. Bien sûr, c'est un choix de carrière qui peut être moins payant et plus long, mais combien plus gratifiant ! Et c'est à peu près tout ce qui reste pour retenir les artistes dans la bd à cette époque de surproduction, la passion d'explorer et la liberté graphique.

VoRo, un grand merci pour le temps que vous venez de nous consacrer. Bonne continuation dans votre carrière, et au plaisir de vous revoir bientôt !
Merci à vous ! Rendez-vous le 4 avril pour la sortie du tome 2 de L'été 63 !

Interview réalisée le 27/02/2012, par Mac Arthur.

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