Encore une bédé que j’ai empruntée au hasard à ma médiathèque en pensant avoir affaire à un one-shot. En fait, c’est la mention « Lovecraft » qui m’a d’abord attirée, et je ne connaissais pas du tout les auteurs. Généralement, je préfère lire des auteurs reconnus, en vogue ou simplement prometteurs, mais j’aime bien aussi laisser faire le hasard.
Alors, je l’avoue, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. J’ai trouvé le découpage confus, et j’ai mis un peu de temps à me familiariser avec les personnages. Gabriel Rodriguez recourt abusivement à l’itération iconique (répétition d’une même case en changeant les dialogues uniquement), et je me suis demandé si ce n'était pas par fainéantise, car ça n’apporte rien ici : en effet, il s’est contenté de photocopier les décors, seuls les personnages bougent un peu voire pas du tout. Ce procédé me semble plus adapté quand le parti pris est minimaliste dans le style de Lewis Trondheim. Quand au dessin, je ne suis pas trop fan, même si je peux reconnaître le talent. Je trouve la ligne claire trop appuyée, pour un style qui rappelle le manga avec ces visages aux yeux surdimensionnés et inexpressifs, et qui me laisse de glace, vous l’aurez compris. J’aurais bien vu pour cette BD un trait plus gothique, plus haché, plus noir. Qui plus est, les personnages m’ont semblé primaires et caricaturaux, pas très attachants, et même si ce comics est dans la veine de Walking Dead, on est loin de la profondeur psychologique d’un Rick Grimes ou de n’importe lequel de ses compagnons.
Malgré tout, je n’ai pas lâché le bouquin, et c’est sans doute grâce à la tension qui imprègne le récit, assez prenant au demeurant (c’est tout de même censé être un thriller), mais on reste tout de même largement dans le cliché. Au final, cet ouvrage équivaut pour moi à un mauvais film de série B. En plus je trouve la référence à Lovecraft déplacée, on est ici à des années-lumière de l'univers si particulier de cet auteur. Si je suis tenté par le tome 2 ? Disons que le premier tome ne m’a pas vraiment mis en appétit, alors je pense que je vais en rester là…
Un premier tome très réussi, une histoire fantastique teintée d’horreur signée Joe Hill qui n’est autre que le second enfant de Stephen King.
L’histoire démarre très vite, elle est captivante, bien rythmée, la psychologie des personnages est analysée finement, un livre qui m’est tombé des mains à la dernière page (168 pages).
Une mention spéciale pour la description des personnages criants de vérité dans leurs angoisses et peines.
Le dessin de Gabriel Rodriguez est très clair et joli, la mise en couleur très réussie.
Très bon comics.
Tome 2 et 3
Lors de mon premier post, j’avais l’intime conviction que Lock & Key avait un grand avenir.
Je ne me suis pas trompé. Lock & Key est une grande série de la même trempe que Fables.
Après lecture des tomes 2 et 3 je suis impressionné par la maîtrise du scénario, scénario truffé de rebondissements et de nouveautés, un chef d’œuvre.
Le dessin n’est pas en reste, on est proche de la perfection.
Un tome 2 grandiose : 5 étoiles, le tome 3 un cran légèrement en dessous, donc 4*.
Je n’hésite pas à remonter ma note à 5* après une telle satisfaction
Si vous pensez que les auteurs manquent d'imagination et déclinent à tour de cases des références toujours plus galvaudées les unes que les autres, si vous avez envie d'associer autre chose que des super-héros au terme de "comics", si vous aimez frissonner et surtout être totalement surpris, alors Locke & key est pour vous. C'est sans conteste la bande-dessinée fantastique la plus originale de ces dernières années ! Joe Hill et Gabriel Rodriguez ont créé un univers à la fois fascinant et étrange. Exploitant le thème de la maison hantée, ils le renouvellent complètement à un point que sans spoiler la BD, il est difficile de trop en dire.
Néanmoins, il va bien falloir quand même vous mettre un peu l'eau à la bouche...
Commençons par le commencement : les couvertures. Déjà rien qu'avec elles, surtout celles du tome 1 et 3 (dans la publication française), on a envie d'entrer dans les comics. Ce manoir sur fond de ciel enflammé (tome 1) et cette mystérieuse clé à tête de mort vous hypnotise. Inutile de lire la quatrième de couverture, déjà vous accédez à une préface signée Robert Crais qui vous parle de Joe Hill et vous convainc encore plus de l'utilité de passer la prochaine porte (page), celle devant laquelle un paillasson vous souhaite la bienvenue (à Lovecraft).
Ensuite vous ne lâcherez plus l'ouvrage, enchaînerez sur le second puis le troisième et pesterez, parce que le quatrième n'est pas encore sorti... Une frustration assurée par la qualité exceptionnelle du scénario et du graphisme. Car Joe Hill, à qui l'on doit déjà le recueil de nouvelles Fantômes, histoires troubles et le roman La costume du mort, a de qui tenir. Elevé dans le culte du fantastique grâce à un père qui n'est autre que le grand maître de l'horreur Stephen King (et oui !), il a su malgré ça inventer son propre univers, complètement distinct. Le fils de... n'a rien à prouver, c'est déjà un maître en devenir dont d'autres auteurs se réclameront sans doute un jour. Gabriel Rodriguez, lui, illustre magnifiquement cette histoire avec un style clair et lumineux.
D'entrée, on est capté par la couleur, les plans, le rythme. Présent, passé s'entrecroisent sans perturber la lecture. Immédiatement, les personnages mis en place vous parlent, vous interpellent. Qu'il s'agisse des membres de la famille Locke, de Sam Lesser, le psychopathe, ou du mystérieux Dodge, vous allez très vite les aimer ou les détester mais tout est fait pour que vous vous y attachiez. C'est sans doute une bonne part du succès de cette BD : l'empathie qui est générée pour les héros. Personnages d'âges différents (du petit enfant de 6 ans à l'adulte en passant par les ados) qui du coup sensibiliseront autant les plus jeunes lecteurs (attention quand même, c'est assez violent, donc disons à partir de 12/13 ans) que les adultes bien avisés. Première prouesse.
Deuxième atout, et pas des moindres : la maison. Keyhouse, un personnage à elle seule, et un nom prédestiné, puisque l'intrigue principale tourne autour d'une quête : réunir un maximum de clés cachées dans ce manoir et dont les serrures, une fois ouvertes, débouchent sur d'autres univers ou déclenchent des pouvoirs inattendus sur ceux qui les utilisent. Hill et Rodriguez ont imaginé toute une mythologie autour de ces clés qui évidemment ne va se dévoiler qu'au fur et à mesure que ces dernières sont découvertes. Et c'est sans compter une entité, un être diabolique, manipulateur, qui cherchera à s'en emparer en premier, mais Dieu seul sait ce que la réunion de ce trousseau déclenchera... Le tome 3, plus sombre, puisqu'il joue avec les ''Ombres'', prend une dimension superbement gothique.
Publiée aux USA en fascicules mensuels, la série touche bientôt à sa fin. Les auteurs ont même créé un opus spécial : Guide des clés connues. Les éditions Milady ont réuni en recueil chacun de ceux qui constituent un acte entier (1 recueil compte 6 opus). En fin de recueils, on retrouve des galeries d'illustrations somptueuses de Rodriguez et une partie du fameux guide des clés y est intégré en rapport avec celles déjà découvertes.
A noter qu'outre les nombreux prix ou les nombreuses nominations qu'ont eu ce comics et ses auteurs, une série télévisée a été amorcée. Plusieurs grands noms de la production ont été évoqués, Dreamworks, Steven Spielberg... mais finalement, seul le pilote a été tourné (voir la bande-annonce ci-dessous). Parmi les actrices, on retrouve la très gothique Ksenia Solo (Kenzi dans la série TV Lost Girl) dans le rôle de Dodge. Il semble pour l'instant que le projet ait été avorté en raison des coûts de production trop élevés et que la plupart des grosses chaînes américaines se soient retirées.
Néanmoins, il faut de toute façon commencer par le comics. Vous ne le regretterez pas.
Primé aux Eisner Awards 2011 pour le meilleur scénario et aux British Fantasy Awards 2009 du meilleur grapic novel ainsi que multinominé aux Eisner Awards en 2009, 2010 et 2011. Une très bonne série, une énigme bien ficelée qui nous rend impatients de lire la suite, même si l'on est un peu perdu au début du premier tome.
Des dessins magnifiques de Gabriel Rodriguez et de l'action non-stop.
Mêlant fantastique, horreur et violence, cette série fera resurgir en chacun des lecteurs ses peurs les plus enfouies. Laissant le lecteurs dans l'attente du tome suivant avec beaucoup de questions sur la Key House et une grande admiration devant la beauté du dessin.
Envoûtant, poignant, limite stressant,... si l'histoire de cette famille vous prend au cœur en lisant ce comics alors, vous aussi vous ne trouverez pas tous les adjectifs qualitatifs à cette œuvre.
Joe Hill est énervant car son style d'écriture est parfait ! On pourrait lui reprocher un style d'écriture cherchant à fidéliser le lecteur mais tout est soigné ici ! L'intrigue, le suspense, la psychologie des personnages, les rebondissements,... A aucun moment l'auteur n'a recherché la facilité. C'est juste incroyable pour un auteur avec si peu d'expérience ! L'élève devrait dépasser le maître sans problème...
C'est une histoire exceptionnelle servie par un dessin qui l'est tout autant. C'est clairement ma plus grosse claque depuis que je lis des BD. Akira m'a coiffé au poteau, De Cape et de Crocs m'a plié en deux, Freaks' Squeele m'a diverti comme aucune autre, Ultimates a changé ma façon de voir les super héros, et Locke and Key m' a juste mis K.O.
Locke and Key c'est comme un croisement entre l'univers de Sandman, de Preacher, de Lovecraft et de Stephen King...
Bien sûr il y aura toujours des lecteurs pour dire "mouais bof", alors tant pis pour eux car je serai obligé d'ouvrir leur crâne et d'enfoncer cette clé qui leur ouvrira l'esprit suffisamment pour se rendre compte qu'il y a des œuvres où l'on ne peut dire "mouais bof" ! Même si l'on n'aime pas, on doit reconnaître le talent quand il est là !
Pour finir, je remercie les auteurs de fournir un comics travaillé aux détails près afin de nous sortir de notre train train "super héros/tintin/2nd guerre mondiale/mickey"
Une bonne surprise de chez « Milady » dont je n’espérais plus rien. Le dessin a un certain charme avec son trait épais, mélangeant style rond et anguleux ; les visages sont expressifs et les couleurs bien qu’un peu monotones ne sont pas artificielles. La couverture est très belle et très accrocheuse.
L’histoire m’a paru un peu longuette, mais le plaisir de lecture étant présent et l’intrigue très bien menée, la longueur se justifie pleinement, peut-être étais-je aussi trop pressée de connaître le dénouement de cette première partie. Malgré que les personnages soient presque tous des adolescents, cela ne tombe jamais dans la mièvrerie. Le récit très noir est assez stressant et on se prend tout de suite d’affection pour ces jeunes. Une chose que j’ai beaucoup appréciée c’est que tous les personnages sont authentiques, ils sont présentés avec leurs défauts et leurs qualités, ce qui rend cette histoire très réelle, et de ce fait, même la part de fantastique devient elle aussi totalement plausible.
Toutefois le récit est pour l’instant assez basique, j’attends de lire la suite en espérant que les évènements se compliqueront un peu, surtout maintenant que la présentation des personnages est faite et que l'on peut creuser plus loin dans le scénario.
Franchement pas mal ce premier tome : une bonne petite ambiance de film d'épouvante avec son manoir, ses portes et ses clés mystères, de la violence, des revenants, le tout servi par un dessin efficace et plutôt joli (même les couleurs !! ) même si j'ai trouvé les têtes un peu étranges et sans âge.
Il y a une vraie recherche graphique pour faire passer les choses, je pense notamment à la scène de la veillée funèbre qui glisse vers les souvenirs d'enfance l'air de rien.
La fin donne vraiment envie de connaître la suite, alors que quelques pages avant on aurait pu se demander si ça n'allait pas se conclure comme ça, les auteurs savent y faire !
J'ai découvert le lien de parenté de Joe Hill avec l'auteur fétiche de mon adolescence (Stephen King) en lisant les remerciements au début de l'ouvrage, y'a pas à dire, les chiens ne font pas des chats !
Grande amatrice de l'univers de Lovecraft, j'ai lu hier soir Locke & Key de Joe Hill et Gabriel Rodriguez, aux Editions Milady.
La couverture attire l'oeil : un manoir à la "Psychose" et une clé qui porte les symboles de vie et de mort, le tout dans des nuances sombres allant du brun au rouge. On est parfois attiré par une couverture et déçu par le contenu mais là, il faut le reconnaître, elle illustre bien le propos.
L'histoire met en scène un drame atroce vécu par une famille, dont les membres sont torturés par la douleur et la culpabilité. Pour reconstruire leur vie, ils vont emménager dans une vieille demeure qui va se révéler très particulière puisque les clés de la maison ouvrent bien plus que les portes. Je ne vous en dirai pas plus car la découverte des tenants et des aboutissants du drame et de la demeure constituent le coeur de l'histoire.
Le scénariste, Joe Hill, fils ô combien talentueux de Stephen King, manie avec brio les effets de flash back et les utilise pour entraîner le lecteur dans le cauchemar familial. Les premiers retours dans le passé sont angoissants car on passe d'un présent où la famille se reconstruit à des révélations sur l'horreur qu'ils ont vécu. Et puis le récit avance et un nouveau drame, peut-être pire que le précédent, s'installe ; les flash back deviennent révélation. Loin de l'ambiance feutrée lovecraftienne, Joe Hill nous jette à la figure des scène dures, crues, sans être gratuite. Elles sont vraies tout simplement.
Les personnages campés par Joe Hill sont attachants depuis le fils ainé torturé jusqu'au fils cadet séduit par la mort, un innocent petit bonhomme qui devient le jouet de forces qui le dépassent. On est rapidement conquis par ce gamin qui nous rappelle que notre capacité à nous émerveiller est aussi une force.
Le dessinateur, Gabriel Rodriguez, a un net penchant pour l'illustration. Très à l'aise dans les pleines pages et les grandes cases, il nous propose un graphisme qui sert totalement le récit. Les couleurs sont sobres, peu lumineuses, accentuant l'ambiance de tristesse. J'aime sa gestion des mouvements, sa façon de poser ses personnages et la beauté qui se dégage des scènes fantomatiques. J'ai été un peu dérangée, au début du récit par les visages des personnages, avec leurs grands yeux façon manga et leur ressemblance que seuls quelques traits nuançaient et puis l'impression s'estompe. Certes Rodriguez ne cherche pas à faire des visages réalistes complètement différents ; il offre son interprétation des visages et ça me va.
Je conclurai en disant que j'ai hâte d'ouvrir d'autres portes avec Joe Hill et Gabriel Rodriguez, vraiment hâte et que je ne saurais que vous encourager à en faire autant.