La sortie de cette BD érotique du grand Dave McKean s’est faite discrète, surtout comparée au battage médiatique entourant la sortie en 2008 de Filles perdues d’Alan Moore, toujours chez Delcourt. Pourtant l’idée est la même : un scénariste de renom essaye de nous convaincre que la pornographie n’est pas sale, et devrait être un genre comme un autre. Voici ce qu’il avait déclaré lors de la parution de Celluloid : (je vous laisse traduire ça sur le web !)
“There are so many comics about violence. I'm not entertained or amused by violence, and I'd rather not have it in my life. Sex, on the other hand, is something the vast majority of us enjoy, yet it rarely seems to be the subject of comics. Pornography is usually bland, repetitive and ugly, and, at most, 'does the job.' I always wanted to make a book that is pornographic, but is also, I hope, beautiful, and mysterious, and engages the mind.” (source)
Le résultat est intriguant, ce qui ne devrait pas vous surprendre si vous êtes familiers avec le travail graphique de l’auteur. Il parvient à représenter des scènes à la fois explicites et abstraites, c’est fort non ? La « lecture » (la narration est muette) présente un exercice mental intéressant : les scènes sont émoustillantes, mais interpellent et surprennent également, ce qui donne une expérience de lecture assez nouvelle, quelque part entre la pornographie pure et dure (hum) et les voyages graphiques et oniriques auxquels les fans de Dave McKean sont habitués (on y retrouve son dessin, ses collages, ses montages photos etc.)
En fin de compte j’ai beaucoup de mal à exprimer mon ressenti après lecture. J’ai passé un bon moment, émoustillant, intriguant, et les planches sont souvent superbes… mais l’histoire n’est pas vraiment marquante. Mon conseil est finalement simple : les amateurs de McKean se doivent de lire cet OVNI… les autres peuvent passer leur chemin.