Nombre d'auteurs, depuis une vingtaine d'années, ont intégré l'autobiographie à leur oeuvre, certains en ont même fait en quelque sorte, leur signature. Sibylline, dont la voix est singulière dans le paysage du 9ème Art, y est passée à son tour, pour nous raconter l'épisode le plus douloureux de sa vie.
Après le suicide de sa mère, lorsqu'elle avait 7 ans, la petite fille puis adolescente traîne son mal de vivre. Jusqu'à tenter elle-même de mettre fin à ses jours par absorption massive de médicaments, à 17 ans. Mais elle est sauvée par un ami, qui alerte les secours, et la jeune fille se retrouve en hôpital psychiatrique. C'est cette expérience qui nous est contée.
Les gens vraiment dérangés, ceux qui font semblant, les médecins paternalistes, beaucoup d'éléments sont présents, mais Sibylline n'en rajoute pas, se concentrant sur son rapport aux autres, sur la façon dont elle vit ce séjour. Celui-ci durera un mois, jusqu'à ce qu'elle convainque un médecin de sa bonne santé mentale. C'est très émouvant, le récit est linéaire et se suit sans problème. Il a dû en falloir du courage à Sibylline pour revenir sur cette période pour le moins compliquée de sa vie, allant jusqu'à récupérer son dossier médical à l'hôpital Sainte-Anne. Comme elle le dit en postface, racontant ce retour, elle n'a pas écrit tout cela pour réparer quoi que ce soit, mais simplement pour en faire une histoire, qui ne feront plus jamais mal. Je tire mon chapeau à la jeune femme, et j'espère qu'elle profite pleinement de la vie à présent.
C'est Natacha Sicaud qui met en images cette histoire, et j'avais déjà loué ses qualités sur Sauve qui peut. Ici encore elle illustre une autobiographie, celle-ci plus "complète", et s'en sort avec les honneurs, illustrant sobrement cet épisode.
Un petit 3,5/5, car je pense que le public auquel cet album parlera n'est hélas pas très nombreux.