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Avis posté par Canarde Infos posteur le 23/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Noir, dur, beau.

Cela rappelle les bouquins de Comes, comme Silence, où le mystère du noir et blanc, si absolument contrasté, très silencieux, maintient en nous toutes les craintes.

Mais la qualité du dessin est ici plus subtile encore. Encre de chine mais peut-être sur du calque avec des blancs peut-être gagnés à la lame de rasoir. (qui figurent soit la brume, soit le vent, le froid, les souvenirs, les chevelures et les barbes à la lumière...) les fonds blancs sont toujours tachés, comme si la poussière restait toujours en suspension. Une sorte d'uniformité dans les visages qui rend l'identification des personnages difficile et inquiétante. toujours des ridules minuscules qui creusent les joues, le tour des yeux.

Pour le scénario, il explore la noirceur de l'humain pris en meute, mais sans en faire un monstre. On peut se reconnaître dans ces faits affreux, et c'est cela qui n'est pas du tout confortable. Les témoignages des uns et des autres sont les facettes de nos faiblesses communes. Et Brodeck qui réunit tous ces points de vues et qui essaye de rester extérieur, n'y parvient jamais vraiment...

Évidemment que c'est du grand art mais je comprends que beaucoup d'entre nous ne seront pas attiré par ce genre de regard lucide tourné contre soi-même.

J'ai vu des comparaisons avec Blast, mais ici cela atteint une portée universelle, ce n'est plus un individu marginal, un éblouissement déviant. Ici les longueurs sont celles du drame humain tout entier. C'est pourquoi beaucoup ont misé sur l'appréciation "culte". Je ne vais pas jusque là parce que le message n'est pas de ceux que l'on pourra partager aussi facilement que ça. Cela restera quelque chose d'inconfortable, de personnel, dont on aura de la peine à parler finalement. Le contraire d'une référence à laquelle on se réfère pour expliquer quelque chose.

Avis posté par Noirdésir Infos posteur le 26/09/2015 (dernière MAJ le 28/09/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ouaw ! Quelle claque visuelle ! De celles qui laissent des traces.

Alors que Larcenet réservait plutôt ses "noirceurs" à sa maison d'éditions des Rêveurs, il en distille aussi de plus en plus chez Dargaud, comme on avait pu le découvrir avec l'excellent, le brillant Blast.

C'est bien évidemment à Blast que j'ai pensé en lisant cet album. D'abord pour le dessin, superbe, tout en esquisses parfois, mais aussi d'une netteté quasi cristalline, qui m'a rappelé certains passages où Polza se baladait en forêt.
Et, là aussi le Noir et Blanc est franchement superbement utilisé, et très à propos, collant à la peau d'une histoire déroulant toutes les nuances du Noir au Gris.

C'est une sorte de reconstruction, de l'histoire d'un village, d'un meurtre collectif, mais aussi peut-être d'un homme, Brodeck, hanté par des peurs, des cauchemars.

Sans que cela soit précisément situé, on devine une région d'Europe centrale, peu après la guerre (la "Seconde") et ses horreurs, Brodeck ayant échappé aux tueries des camps en abandonnant son humanité : c'est cette humanité qu'il reconstitue peu à peu, sur le papier en même temps que dans sa tête - j'allais dire dans sa quête.

C'est un album épais, qui se lit vite, car de nombreuses cases sont muettes, mais sur lequel on revient. De plus, Larcenet prend son temps, et l'ambiance noire est traversée de longs passages bucoliques, qui étirent le temps.

Album à lire, vraiment.

*************
MAJ après lecture du second tome.

L'indicible, qui donne son titre à ce second tome, cette parole difficile à libérer pour ceux qui gardent un lourd secret, mais aussi pour ceux qui n'ont plus foi dans les mots, eh bien Larcenet a réussi à la rendre tangible. Avec une économie de mots, il conclut brillamment cette histoire déchirante, qui révèle des hommes en jetant un voile sur l'humanité.

C'est très noir, mais c'est très beau ! Et je ne parle pas ici que du texte (il faudrait aussi inclure les silences !), mais aussi du dessin, qui est pour beaucoup dans le côté bouleversant de cette œuvre.

Pas grand chose à ajouter donc, si ce n'est une cinquième étoile. Comme pour Blast, ce pan nouveau de l'œuvre de Larcenet marquera tous ses lecteurs.

Avis posté par Sloane Infos posteur le 27/06/2015 (dernière MAJ le 17/09/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Comment qualifie-t-on un chef d’œuvre? Lorsqu'il s'agit de littérature et plus particulièrement ici de BD, on parle d'une œuvre qui a été reconnue par son succès public, par les pairs de la communauté pour de multiples raisons. Qualité du dessin, sens du découpage, mise en images, rendu des expressions des différents protagonistes de l'histoire, bref je ne vais pas vous faire la totale, mais ici essayez d'imaginer tout ce qui vous fait apprécier une BD. Quelles qu'en soient les raisons, il reste ensuite ces petits riens, ou grandes choses, qui vos émeuvent. Des choses de l'ordre de l’indicible, du ressenti, du fameux subjectif.

Il est des œuvres qui vont au delà de l'exprimable, qui réveillent, révèlent en nous des angoisses, des peurs, des souvenirs, des choses que l'on croyait réglées mais que ce livre font sournoisement ressortir. Subrepticement, insidieusement, à notre plus grand étonnement, ce détail au détour d'une case fait ressurgir l'âme humaine dans toute sa grandeur mais aussi sa bassesse.

Que c'est noir, torturé, angoissant, en lisant ce livre je n'ai pu m'empêcher de penser à Conrad puis au colonel Kurtz d'"Apocalypse Now". Rappelez vous les derniers mots du roman et du film: "L'horreur!, l'horreur!".

Cet album nous dit donc tout sur l'humain; l'horreur, la noirceur mais aussi la lumière. Pas une lumière christique ou de rédemption et à vrai dire plus une étincelle fragile qui ne demande qu'à être protégée contre la folie, la lâcheté, la veulerie des hommes.

Sombres mais magnifiques pages sur la vie, ou plutôt la mort dans les camps de concentration. J'ai particulièrement apprécié le fait que les gardiens, les bourreaux soient traités comme des êtres sans visage. L'universalité de la machine de mort y prend tout son sens. Et ce dessin, ce trait!: Larcenet par ailleurs excellent sur ses œuvres précédentes nous fait ici du Chabouté. Par les Dieux, quel travail!, quel rendu, le format à l'italienne rend un hommage somptueux à son adaptation.

Lecture pour dépressifs? Non, juste un constat sur l'état de l'homme. Ma critique peut sembler un peu grandiloquente, partir en live comme l'on dit, mais vraiment lorsque l'on ouvre ce bel album on se trouve comme happé par une histoire mais aussi une atmosphère, des ressentis comme rarement une lecture peut en procurer.

Alors immanquable?, évidemment, il est rare de tomber sur un tel choc graphique et scénaristique. Je ne sais ce que vaut le roman dont cette histoire est tirée et peut être le lirai je un jour, quoi qu'il en soit j'attends avec un grande impatience la seconde partie de la BD.

Tome 2 " L'indicible"

Avais je des doutes concernant cette suite tant attendue du fameux rapport ?; à vrai dire pas franchement. La encore quelle claque mes amis, je ne sais si vous avez lu ce diptyque mais si ce n'est pas le cas un petit conseil allez y les yeux fermés ou plutôt grands ouverts. C'est beau à en pleurer, d'admiration, de rage contre la bêtise crasse, ici le terme de claque est tout sauf galvaudé.
Alors oui la lecture n'est pas drôle, elle peut même vous gâcher un bel après midi d'arrière saison tant elle vient titiller les tréfonds de l'âme humaine, celle du lecteur bien sur posant la question de comment nous aurions agit confronté à la même situation. Ici le constat est impitoyable, l'homme est veule, lâche, recroquevillé sur sa petitesse. Sur le fond mes petits camarades ont tout dit, aussi ne redirais je que mon admiration pour la beauté des planches de Larcenet qui livre ici un travail époustouflant tant sur les paysages somptueux que sur les visages qui expriment toute la palette des sentiments les plus vils de l'âme humaine.
Oui la bande dessinée est un art, j'en veux pour preuve cette magnifique adaptation. A l'heure du recroquevillement sur soi même d'une grande partie du genre humain je n'aurais qu'un souhait; faites tourner cette BD, faites là découvrir au plus grand nombre. Merci Mr Larcenet pour ce qui resteras une œuvre classée dans mon top 10

Avis posté par Ro Infos posteur le 05/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cela fait quelques temps maintenant que Manu Larcenet s'est éloigné des rivages de la BD d'humour pour se consacrer quasi entièrement à son autre passion, les récits en bande dessinée bien plus sombres et sérieux. Or dans mon cas, c'était par le biais de Fluide Glacial que j'avais appris à l'aimer et déjà à l'époque, j'étais nettement moins fan de ses oeuvres plus intimistes publiées chez les Rêveurs. Et notamment, même si j'ai acheté les 4 tomes de Blast au fur et à mesure de leur parution, je n'ai pas encore trouvé le courage d'en lire davantage que le seul premier tome. C'est purement une question de goût. C'est la légèreté et l'évasion que je cherche en BD.

De la légèreté, il n'y en a absolument pas dans Le Rapport de Brodeck. Et s'il y a de l'évasion, elle est limitée aux décors enneigés de ce village germanique perdu dans les montagnes. Car c'est un récit étouffant et lourd que nous offre ici Manu Larcenet avec l'adaptation de ce roman original se déroulant peu de temps après la seconde guerre mondiale. C'est un récit qui s'attache à dévoiler les tréfonds de l'âme humaine, la peur, le traumatisme, la suspicion, le rejet de l'inconnu et la haine qui en découle. Le tout est raconté avec maestria, avec une dose d'inconnu qui donne envie d'en savoir plus, et des révélations successives qui permettent de comprendre les tourments des protagonistes et comment on peut en arriver à l'impensable.
Le graphisme est à la hauteur du défi. Très soigné, très beau sur le plan technique, il dégage cette même atmosphère suffocante qui imprègne le récit. Malgré sa beauté, malgré quelques paysages purement naturels et ouverts, j'ai ressenti un véritable étouffement à suivre ses planches et ses visages fermés et méfiants.

Bref, sur le plan technique et sur la réussite à mettre en scène un récit complexe et intelligent, c'est réussi. Mais pour autant je n'ai pas accroché, toujours probablement pour cette question de goût. Car j'ai trouvé ça un peu trop intellectualisant, avec ce contexte si lourd, ces traumatismes qui s'entrecroisent et cette plongée au fond de l'esprit des personnages. Et surtout j'ai trouvé ça sombre et là il faut croire que c'est mon propre esprit traumatisé qui rejette cela. Non pas que je trouve ça mauvais, juste que je ne prends pas de réel plaisir à la lecture. Du coup, cette série a révélé pour moi une certaine fascination pour l'originalité et l'intelligence de son contenu et pour la beauté de sa forme, mais je n'ai pas été réellement captivé car le sujet n'a pas su me toucher et que le côté sombre tant du fond que du graphisme m'a un peu plombé le moral.

Avis posté par PAco Infos posteur le 13/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Encore une fois, Manu Larcenet place la barre très haute avec cette adaptation du roman de Philippe Claudel. Quelle claque graphique ! Et quelle narration !

Au sortir de « Blast » on aurait pu se dire qu’il allait être très dur de remettre en forme et de coucher sur le papier quelque chose d’aussi efficace et magnifique, mais il faut croire que le texte de Claudel était fait pour Larcenet et son noir et blanc. Car à bien y réfléchir on y retrouve la plupart des thèmes de prédilection traités dans Blast : les exclus, la folie humaine, la survie, la lâcheté, le meurtre, la beauté de la nature, l’art, le mensonge, la vérité…

Tout autant de thèmes qu’on retrouve, par un biais différent, mais toujours avec la même force que lui confère son dessin qui balance entre l’impressionisme et l’hyperréalisme. C’est cette technique particulière qui lui permet d’imposer ces ambiances si singulières : très éthérées, à la limite du magique quand il s’agit de dépeindre cette nature si imposante et majestueuse ; très lourde au contraire dans les relations humaines avec les drames qu’on découvre au fil du récit. Et puis viennent les soldats… Wow ! Quelle force graphique dans cette représentation !!! C’est juste énorme de justesse et de ton. Ce côté monstrueux rendu au final de façon simple mais tellement évocatrice ! L’effroi a un visage… La monstruosité universelle de l’espèce humaine trouve son incarnation dans ces créatures plus proches de l’ogre que de l’homme et nous fait prendre la mesure terrifiante de ce dont nous sommes capables ou justement incapables.

C’est donc encore du très grand Manu Larcenet qui nous sont livrés au travers de ces deux magnifiques tomes, d’autant que la présentation et le format à l’italienne (j’adore ce format) sont un plus non négligeables : deux très beaux objets au contenu non moins puissant, terrifiant et/mais magnifique.

Avis posté par herve Infos posteur le 18/04/2015 (dernière MAJ le 21/06/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Tome 1

Après le très sombre mais réussi Blast, Manu Larcenet nous revient avec un récit noir, dur adapté du roman éponyme de Philippe Claudel.
Tout d'abord, en ouvrant cet ouvrage (judicieusement édité sous un format à l'italienne), j'ai eu une claque, une claque graphique. Quelle maîtrise du noir et blanc, quelle maîtrise de l'espace où les planches muettes sont toutes aussi, voire plus, expressives que les pages commentées par Brodeck.
Certaines pages sont difficiles à supporter: celles consacrées aux camps de concentration par exemple. Le dessin de Larcenet, encore plus réaliste que celui qu'il avait adopté sur Blast, fait de ce premier volume le livre incontournable de cette année.
Le parti pris de l'auteur (peu de dialogues, un récit à la première personne, et des planches muettes) est si bien dosé que je n'ose pas, et c'est un comble, découvrir la suite rapidement en lisant le roman, de peur d'être déçu.

Une plongée très réussie dans les méandres de la noirceur humaine.

PS: l'éditeur aurait dû prévoir un étui plus aisé à retirer !!!


Tome 2

Dès la sortie du premier volume, j'avais souligné la beauté des planches, le plus souvent muettes. Changement de registre avec ce second volume, avec des dialogues beaucoup plus nombreux mais le talent de Manu Larcenet reste, heureusement, ici, intact.
Alors que les paysages champêtres étaient légions dans le précédent volume, Larcenet se recentre ici autour de deux personnages, ou plutôt de deux destins, qui, en apparence sont différents, mais qui au final se rejoignent, celui de Brodeck évidemment, et celui de l'autre, dit "l'anderer".
Larcenet, au fil des pages, réussit à nous transmettre une ambiance de plus en plus étouffante de ce village situé, situé où au fait... au cœur d'une Europe meurtrie par une guerre. Cela pourrait se dérouler en Pologne par exemple.
A travers ce rapport, on en apprend autant sur cet "étranger" que sur Brodeck (et sa famille), qui n'est pas loin non plus d'être un étranger au village.
Graphiquement Manu Larcenet est ici à son meilleur niveau, encore au dessus de ce qu'il nous avait livré pour Blast.
Les planches en n&b sont sublimes à tel point que l'on se demande, après le formidable Blast et ce diptyque inoubliable, ce que nous réserve l'ami Larcenet l'année prochaine.
Un sentiment étrange me traverse au travers de la lecture de ce second volume. Autant, je n'avais pas envie de connaître la conclusion de ce récit à l'issue du premier volume, en me plongeant dans le roman de Claudel, autant, après avoir lu ce second tome, je pense lire le roman éponyme de Claudel pour voir la plus-value que Larcenet a apporté à ce récit.

Un second volume très sombre, très riche, illustré de façon magistrale, d'après un roman, il ne faut pas l'oublier, de Philippe Claudel...bref une bd indispensable !
J'ai dévoré les deux volumes ce week-end mais je ne cesse d'y retourner pour admirer les superbes planches de Larcenet.

Un album à lire, à relire et à admirer...on est proche du chef d’œuvre, non?

Pour l'anecdote, les éditions Dargaud ont tenu compte des critiques sur la présentation du premier volume en offrant aux lecteurs un étui plus facile à retirer pour ce second volume !

Avis posté par Puma Infos posteur le 07/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Qui aurait pu imaginer, après Le Retour à la terre avec scénario autobiographique bien sympa pour un dessin à deux balles, et Le Combat ordinaire avec pas davantage d'investissement graphique que la série précédente - soit le service minimum -, qui aurait pu croire donc, que Manu Larcenet au vu de ce qu'il avait produit, était aussi capable graphiquement tout simplement du meilleur ?

Je n'aurais pas misé un demi-kopek sur cette éventualité.

Et le miracle est bel est bien arrivé ! Quand cette BD est sortie en 2015, pour ma part, elle était tout simplement ma plus belle découverte et lecture de l'année.

Que du noir et du blanc. Au point que le blanc devienne presqu'une couleur, que l'absence par le blanc devienne remplissage, comme le silence en musique qui parfois est encore la musique !

Et les personnages, ... des gueules incroyables, plus vraies qu'on puisse l'imaginer. Pour la plupart de celles de villageois, sombres, taciturnes, inquiétantes, voire mortifères. Pour les autres, un brun de jovialité point.

L'histoire est plus que sombre, quasi noire totale, en parfait accord avec ce choix graphique du noir ou blanc.

La maîtrise du noir ou blanc est parfaite, et Manu Larcenet rejoint ici, voire dépasse, les grands maîtres de cet art que sont Comès – Chabouté – M.-A. Matthieu

Vivement le second volet qui devrait nous parvenir le mois prochain … et chapeau bas Monsieur Larcenet !

Avis posté par Gaston Infos posteur le 12/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais un peu peur d'être déçu en lisant cet album. Les avis sont aussi enthousiastes que pour "Blast'" dont j'avais trouvé le premier tome moyen (il faudrait d'ailleurs que je finisse cette série un jour).

Après lecture, je ne trouve pas que pour le moment cette histoire soit aussi formidable que tout le monde. Cela m'a pris un peu de temps pour vraiment rentrer dans l'histoire et trouver le personnage principal attachant et intéressant. Le scénario est bien fait quoique certaines scènes ne m'ont pas trop captivé, quoique les dernières scènes étaient parmi les meilleures de l'album. Elles annoncent une suite prometteuse et si j'aime bien le deuxième tome je pense que je vais augmenter ma note.

Au niveau du dessin, je trouve que Larcenet s'en sort très bien dans ce réalisme en noir et blanc. C'est vraiment un régal pour les yeux !

Avis posté par Erik Infos posteur le 07/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nous avons une œuvre qui frôle encore une fois avec le génie. Oui, je suis de ceux qui pensent que l’auteur Manu Larcenet est un véritable prodige dans le monde de la bd. Dommage que ce ne soit pas lui par exemple qui a repris la série des Astérix. Il mériterait amplement le poste. Il est vrai que le grand public l’a découvert récemment avec le film Le Combat ordinaire tiré de sa bd culte.

Ici, il nous livre une partition véritablement sans faute. J’ai remarqué que même au niveau graphique, il y a eu de véritables progrès. C’était jusqu’ici son seul véritable point faible. Or, j’ai pu voir qu’il y a des images qui recèlent d’une grande puissance évocatrice. La case qui me semble être prodigieuse est celle où l’on voit dans le ciel des milliers de corbeaux. Cela fout une frousse d’enfer. Il est vrai qu’après Blast, cet auteur est allé très loin sur des chemins encore inexplorés mais à la limite d’une certaine folie.

Il n’a pas son pareille pour donner une véritable épaisseur à ses personnages. Comme dit, nous avons à faire à un génie peut être démoniaque mais dont le résultat surfe avec le talent. Rares sont ceux qui arrivent à se renouveler. Là, j’ai l’impression de lire une tout autre histoire et dans un style différent avec pourtant les mêmes thèmes : la mort, la xénophobie, la violence, la lâcheté. Certes, c’est une adaptation mais réalisé avec brio par ce qu’il arrive à disséquer l’âme humaine. On ressent par exemple le traumatisme de la guerre. Il a atteint un véritable paroxysme dans la noirceur. Paradoxalement, c’est ce qui rend cette œuvre si belle.

Avis posté par Blue Boy Infos posteur le 25/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Tome 1/2 : L'Autre

Dans la veine de Blast, polar noir et contemplatif, Manu Larcenet a adapté cette fois l’œuvre de Philippe Claudel, parvenant à se l’approprier avec brio. Et il y a bien des points communs avec la série, à commencer par l’atmosphère lugubre, quasi fantastique, qui traverse les deux récits se déroulant en hiver. Et puis c’est un peu comme si le personnage de Polza Mancini était réapparu sous les traits de l’Anderer : un paria qui fuit la compagnie des humains et préfère s’exiler dans la nature mais qui payera cher sa différence et son aspiration à la liberté.

Également narrateur de l’histoire, Brodeck sera l’homme vers qui les villageois se tourneront pour établir un rapport sur la mort du vagabond. Un rapport bien entendu édulcoré et disculpant les participants à cet assassinat collectif. Cette mission vient donc un peu comme une double peine pour Brodeck, alourdissant un peu plus son âme, le condamnant à un silence coupable sous peine de représailles, lui qui paya déjà cher sa survie dans les camps nazis en acceptant de rentrer dans la peau d’un chien devant ses gardiens, la peau d’un « rien ».

Il se dégage quelque chose d’extrêmement sombre de cette œuvre, alternant récit au présent et souvenirs du narrateur. L’omniprésence d’une nature hivernale et blanche contraste de manière frappante avec les personnages, représentés sous un trait d’une noirceur inquiétante. L’Anderer préférait côtoyer les hauteurs plutôt que le lisier où se débattaient les humains, un lisier fait de coups tordus et de rancœur, et quand il le faisait, le miroir qu’il leur tendait n’était pas très agréable, il fallait donc le briser... Et au milieu de ce lisier, le maire, un homme véreux qui bâtit sa richesse sur l’élevage de porcs sous l’occupation, d’un cynisme sidérant, renvoyant aux confidences du curé face à Brodeck, quand il parle de ses ouailles à confesse : « Je suis celui dans le cerveau duquel ils déversent toutes leurs sanies, leurs ordures, pour s’alléger… Puis ils repartent tout propres, prêts à recommencer à la première occasion. »

Avec "Le Rapport de Brodeck", Larcenet réaffirme son goût pour ce type d’histoire mature et ténébreuse, tout en confirmant son talent pour un graphisme aux visées plus artistiques, à l’opposé de sa production humoristique passée. Son dessin en noir et blanc est aussi sublime que dans Blast, les gris en moins. Grâce à sa maîtrise du clair obscur, le dessinateur réussit bien à faire ressortir l’âme des personnages de Claudel, tous extrêmement bien campés dans leur solitude ou leur cynisme. Seul bémol très mineur : l’excès de noir gêne un peu à l’identification des visages, mais aucunement à la compréhension de l’intrigue.

La tension psychologique et métaphysique qui irrigue la narration est véritablement captivante, et donne envie de découvrir le second volet de cette adaptation prévu dans les mois qui viennent, autant que le roman original de l’auteur des « Âmes grises ». A noter que l’ouvrage bénéficie d’un tirage de luxe, livré dans un fourreau cartonné et au format à l’italienne.

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Tome 2/2 : L'Indicible

Avec son dessin superbe pour appuyer le texte de Philippe Claudel, Manu Larcenet a bien exprimé comment la barbarie guerrière pouvait marquer au fer rouge le destin de tout un village, laissant derrière elle une terrible chape de plomb. Car il n’y a rien d’héroïque ici, seules la lâcheté et la honte demeurent, après des actes ignobles motivés par la peur, la colère, l’effet de groupe et la certitude d’avoir raison. "Le Rapport de Brodeck", c’est aussi une autre bataille, celle des mots contre le silence. Les mots dont Brodeck a besoin pour rédiger son fameux rapport, pour dire la vérité. Le silence, c’est cette autre chape qui semble avoir recouvert le village à l’image de cette neige masquant la saleté et étouffant les sons, des sons qui ont quitté la bouche d’Emélia, suite au calvaire qu’elle a enduré. Ce silence oppressant dans lequel les villageois se sont réfugiés sous le poids de la honte.

Reste l’indicible, titre donné à ce second volet qui creuse plus profondément son sillon vers la noirceur humaine. L’indicible, lorsque les mots ne parviennent plus à exprimer les sentiments, devant par exemple l’horreur d’une situation – celle décrite ici est réellement épouvantable, et souvent elle ne l’est que par les seuls dessins plus suggestifs que démonstratifs de Larcenet. L’indicible, niché dans les portraits de l’Anderer, dont la générosité bienveillante est venue remuer la mauvaise conscience des villageois et a provoqué leur colère. Des portraits d’eux-mêmes comme des miroirs, tellement réalistes, dans lesquels ils ont cru percevoir un reproche vis-à-vis de leur attitude peu glorieuse durant l’occupation de leur village par les soldats allemands.


On pouvait se douter que cette seconde partie très attendue du "Rapport de Brodeck" ne décevrait pas. De plus, non seulement ce tome 2 peut être d’ores et déjà considéré parmi les meilleures bandes dessinées de l’année, mais il propulse le ténébreux diptyque de Manu Larcenet au rang de chef d’œuvre incontournable, et confirme, si besoin était, la légitimité de son auteur au panthéon du neuvième art. Même si la base qui l’a inspiré était solide (un roman de Philippe Claudel, ça n’est pas rien), l’auteur de Blast se l’est totalement appropriée. C’est comme si celui-ci avait spirituellement fusionné avec le romancier, magnifiant le récit de son trait naturaliste fait d’ombres et de lumières. Une lumière qui, dans toute sa crudité quasi clinique, semble là uniquement pour dévoiler la peur, la honte ou la tristesse sur des visages fatigués, pénétrant les âmes pour en révéler toute la noirceur. Un récit qui indubitablement ne laissera pas le lecteur indemne.

Avis posté par Mac Arthur Infos posteur le 16/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je pense ne jamais avoir rien lu d’aussi noir.

Avec cette adaptation d’un roman de Philippe Claudel (lauréat de plusieurs prix mais dont je n’avais que vaguement entendu parler), Manu Larcenet continue à explorer l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus pitoyable, de plus bas, de plus lâche, de plus déprimant, de plus névrotique… Enfin, l’âme humaine, quoi…

Le rythme narratif est très lent avec de nombreuses pages sans texte qui permettent d’opposer une nature belle mais hostile à ces habitant d’un village perdu on ne sait trop où (Pologne, Ukraine ?). Les personnages semblent tous vouloir juste ‘avoir la paix’… et sont prêts à toutes les lâchetés, à toutes les bassesses pour s’assurer cette tranquillité. Les non-dits, la suspicion, l’hypocrisie latente… C’est pesant, pire qu’une dalle en plomb sur un petit orteil. Au cœur du récit, le narrateur (Brodeck) semble plus droit dans ses bottes mais ce premier tome nous le montre avec une telle détresse, une telle lassitude et des failles telles que mon ressenti envers ce personnage va au-delà de la pitié.

L’évocation des camps de la mort, avec ces gardiens aux têtes monstrueuses, déshumanisées, est de celles qui restent gravées longtemps après lecture. C’est torturé, déprimant, révoltant.

J’en viens à me demander pourquoi ces personnages vivent encore. Ce récit est tellement dénué de la moindre étincelle de vie, de joie que je pense vital d’en interdire la lecture aux lecteurs dépressifs.

Ceci dit, cet album est, dans son genre, une pure merveille. Le travail est léché, la mise en page et le choix du format à l’Italienne sont extrêmement efficaces. Un format allongé, des cases étirées, cela ne fait qu’accentuer ce sentiment de pesanteur sur le récit. Tout ici est écrasé. Tout est déformé, tout est noirceur.

Franchement bien, oui, mais d’une tristesse qui va au-delà de l’empathie. A réserver aux amateurs du genre (qui, eux, vont se régaler). Quoiqu’il en soit, Manu Larcenet atteint son but. Son récit est prenant et vous happe tel un bras surgi d’un charnier : vous voilà terrorisé et fasciné à la fois…



… Bon courage !




PS : très bonne idée de l'éditeur, cette pochette dans laquelle l'album se glisse et qui permet de ranger ce format à l'Italienne comme n'importe quel album standard au cœur de sa bibliothèque.

Avis posté par Jetjet Infos posteur le 13/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Brodeck, un rescapé d’un camp de la mort d’une Guerre dont on a oublié le nom revient dans sa vallée enneigée… Seul homme du village à n’avoir pas participé au lynchage d’un étranger, il est chargé d’en rédiger un rapport…

Mission à haute tension pour Larcenet qui adapte le roman éponyme de Philippe Claudel… Affranchi de son étiquette d’humoriste Fluide Glacial depuis Le Combat ordinaire et surtout la claque Blast, son style adopte un côté semi-réaliste en noir et blanc encré absolument parfait et le hissant dans la cour des Grands.

Mais ça on le savait déjà depuis longtemps, ce qu’on savait moins c’est cette faculté à se réapproprier le roman pour en extraire de longs paysages enneigés, pour dessiner une faune et griffonner des visages muets burinés par le froid, le doute et la peur.

Car les suspicions sur Brodeck se font pesantes, ces tristes évènements lui rappellent sa captivité où il fut contraint de se comporter comme un chien pour survivre face à des bourreaux sans visage, monstres anonymes d’une violence aberrante…

Ce livre, premier tome d’un diptyque édité à l’italienne, est une claque. Ce n’est certes pas de gaieté de cœur qu’on peut lire cette adaptation, en grande partie muette et portée par le trait charbonneux de Larcenet. Tout est pesant dans cette ambiance, les visages expressifs et ridés où on pourrait y lire la peur de chacun, les paysages constamment en activité portant les strates d’un hiver qu’on devine interminable et sa faune… de vols d’oiseaux à la race porcine, Larcenet ne loupe rien et ajoute une part de noirceur étouffante comme une poésie froide.. Pour peu on se croirait dans le Dormeur du Val de Rimbaud, autre influence du nord-est (Claudel est Lorrain) et de ses stigmates vis-à-vis de la Guerre dans une nature en colère….

Le peu de lumière vient du personnage qu’on nomme « L’Anderer », à savoir l’étranger dont le seul crime est de croire encore en une humanité que même le curé du village estime perdue… C’est très fort et finalement très touchant comme lecture.

Dommage dès lors qu’il faut être dans de bonnes dispositions pour lire ce récit, dommage que le livre s’arrête là où on aimerait qu’il continue, pris dans la tourmente d’une enquête perdue d’avance… Dommage qu’il faille attendre finalement car sans connaitre l’ouvrage dont s’inspire Larcenet, il vient de démontrer à coup sûr qu’il n’a plus rien à démontrer en tant qu’auteur complet et complètement dévoué à son œuvre car ce récit fera date dans le paysage de la bande dessinée franco-belge, assurément.

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