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Avis posté par Sloane Infos posteur le 06/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'essaie les gars, j'essaie dur même mais franchement j'y arrive pas. Dans le domaine de l'art et plus particulièrement la peinture je suis souvent exténué, énervé par la logorrhée, le jargon employé, pour décrire un tableau que de circonvolutions qui font que le gars lambda se sent écarté à jamais de cet univers. Si tu comprends pas ce que je te dis, passe ton chemin.

Dans cet opus, MAM ne déroge pas à la règle. C'est surement puissant, bouleversant, la mise en abîme est exceptionnelle, toujours est-il qu'en parlant d'abîme, moi j'y suis tombé sans possibilité de remonter. Propos abscons, voix off détestable, philosophie de comptoir, alors un joli noir et blanc qui malheureusement ne sauve pas la chose. Je passe mon chemin.

Avis posté par Gaston Infos posteur le 20/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Marc-Antoine Mathieu est un auteur à part qui pour le moment ne m'a pas trop passionné. Je reconnais qu'il a des idées originales et des réflexions intéressantes, mais la plupart des albums que j'ai lu de lui jusqu'à présent m'ont laissé de marbre et ce n'est pas cet album qui va me faire adorer son oeuvre.

Le début m'a un peu intrigué et je voulais savoir où voulait en venir l'auteur et dès que j'ai eu ma réponse je me suis ennuyé. La voix-off est vite lourde et les réflexions de l'auteur ne m'ont pas du tout intéressé. il faut dire que l'auteur parle de sujets qui ne sont pas parmi mes favoris. J'ai eu plus de plaisir à lire ses réflexions sur Dieu dans un autre album parce que c'est un sujet que je trouve intéressant.

Je suis totalement passé à coté de l'album que j'ai d'ailleurs fini par feuilleter.

Avis posté par Blue Boy Infos posteur le 24/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
A chacune de ses publications, Marc-Antoine Mathieu réussit à surprendre. Cet ouvrage ne déroge pas à la règle et nous interroge encore une fois, de façon ludique et magistrale, sur le sens de la vie. Une pierre de plus à l’édifice admirable, tout en cohérence, d’un auteur unique dans le paysage du neuvième art. Et comme pierre, celle-ci est de taille… voire très précieuse…

Avec « Otto, l’homme réécrit », Marc-Antoine Mathieu nous entraîne dans de drôles de vertiges métaphysiques, sans doute plus encore qu’à l’accoutumée. Et comme on sait que le maître de la BD expérimentale ne laisse rien au hasard, et que pour lui le dessin est un langage au même titre que l’écriture, chaque détail aura son importance. Tout d’abord l’objet, dont la couverture représente un arbre (symbole fort) dont les branches représentent une silhouette humaine, le tout livré dans un fourreau censé attiser l’impatience, le désir, procurant la sensation d’avoir affaire à quelque chose d’extraordinaire. Ne serait-ce que par la composition symétrique de l’histoire - parfaitement adaptée au format à l’italienne -, à l’instar du titre-palindrome, car le miroir y joue le rôle de gimmick, miroir dont la symbolique est exploitée ici à l’infini. Cet infini, autre thématique dominante du livre, dont le symbole est lui-même un huit couché, graphiquement symétrique et renvoyant au prénom « Otto » qui en italien veut dire huit…

Otto Spiegel (le terme allemand « Spiegel » signifiant « miroir »), l’artiste qui à partir de sa performance consistant à fracasser un miroir sur le sol, va lui-même se décomposer en milliers d’éclats et ainsi introduire en son âme un vide psychique, un acte fort qui sera le point de départ d’une « réécriture » de lui-même, une introspection très particulière basée sur une expérience scientifique voulue par ses parents : enregistrer et consigner chaque instant des sept premières années de la vie de leur fils à son insu. Otto va ainsi (re-)découvrir que de petits instants en apparence anodins auront eu une répercussion décisive sur sa vie, et comment lui-même s’est construit sur l’oubli… Vertige identitaire d’un moi qui échappe à son « propriétaire ».

Cette œuvre fascinante, qu’on peut légitimement qualifier d’ « œuvre-miroir », est si puissante qu’inévitablement elle projette son infinité de reflets sur le lecteur tel un appel à une quête intérieure. A l’exception peut-être de ceux qui se fuient eux-mêmes, qui n’a jamais eu envie de savoir comment il s’est construit ? Pourquoi sommes-nous tels que nous sommes et pas autrement, qu’est-ce qui constitue notre être intime, et pourquoi nous échappe-t-il la plupart du temps ? Comment s’expliquent nos phobies, nos angoisses, nos obsessions et nos émotions ? Pourquoi certains adorent une couleur que d’autres vont détester ? Pourquoi d’autres préféreront la montagne à la mer ? Dans quelle mesure enfin sommes-nous conscients des principes qui président notre destinée ? Avec en filigrane ces questions qui taraudent l’humanité depuis toujours, « qui sommes-nous, d’où venons-nous, où allons-nous ? », que l’arbre de la couverture illustre parfaitement. L’auteur interroge plus qu’il ne fournit de réponses toutes faites, mais il nous donne des pistes tout en rappelant que notre machinerie interne extrêmement complexe restera sans doute toujours hors du scope de la compréhension humaine.

D’une portée métaphysique très puissante, ce récit synthétise admirablement toute l’œuvre de Marc-Antoine Mathieu en alliant réflexion philosophico-scientifique et jeu de pistes singulier, aussi captivant qu’étourdissant dans ses allers et retours entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, avec quelques détours par la physique quantique, nous ramenant à notre propre insignifiance. Avec toujours cette ligne claire au noir et blanc ying yanguesque, pour mieux viser à l’essentiel tout en traitant d’un sujet à tiroirs, où les formes dialoguent avec les dimensions dans un long travelling ininterrompu. Simplicité et complexité réunie dans un ouvrage fluide et d’une rare richesse, tant par le stimulus intellectuel qu’il procure que par ses innombrables éléments graphiques, toujours signifiants. « « Otto, l’homme réécrit» est le « jeu du je », un jeu comme la vie peut l’être, rejouable « à l’infini », doublé d’une invitation à l’éveil de soi-même (Otto est aussi l’homonyme d’ « auto »), et peut-être vers les autres. Un chef d’œuvre dont le seul défaut est d’être trop court, car forcément on en redemande…

Avis posté par PAco Infos posteur le 31/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et voilà le dernier Marc Antoine Mathieu ! Après avoir marqué la BD avec Julius Corentin Acquefacques, il est un peu toujours attendu au tournant.

L'objet est déjà magnifiquement présenté dans un étui cartonné qui révèle un album formaté à l'italienne. Moi qui suis assez fan de ce format, ça partait plutôt bien. Deuxième bon point, MAM prend pour personnage principal un artiste. Chouette, on va parler art ! Et en effet, c'est en se basant sur les performances artistiques de cet homme que MAM va développer toute une réflexion sur l'identité. Une quête universelle et intemporelle qui trouve un support approprié avec l'art et les performances de cet artiste : Otto.
Comme souvent chez MAM, mots et images vont jouer un jeu de miroirs, d'images et ici tisser l'Oeuvre à laquelle Otto va finir par vouer sa vie.

Alors si l'objet est beau et bien pensé, j'ai trouvé la narration un peu pesante. Cette voix off quasi omniprésente tout au long de l'album finit par être un peu lourde ; on est quasi à la limite du livre illustré par moment. Dommage car j'ai trouvé que ce déséquilibre faisait perdre de la force au propos et aux réflexions qu'il développe. La bande dessinée est un art où l'équilibre récit, réflexion et dessin doit être subtile pour pleinement fonctionner ; ici j'ai eu l'impression que MAM se perdait un peu dans ses réflexions philosophiques sur l'art et l'identité au risque de voir le lecteur décrocher.

Alors, malgré cette remarque, je pense que je relirais cet album et qu'il mérite le détour même si ce n'est pas pour moi le meilleur que MAM ai pu produire.

(2.5/5)

Avis posté par pol Infos posteur le 24/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un nouvel album de Marc-Antoine Mathieu c'est toujours un évènement. Cet auteur est tellement à part, ses créations tellement originales, et il est capable d'exploiter le médium de la bande dessinée de manière totalement géniale.

Il faudrait un peu plus se méfier de l'autocollant "recommandé par philosophie magazine" apposé sur l'album. Il est ici question de Otto un artiste reconnu qui hérite d'une malle contenant l'intégralité des 7 premieres années de sa vie sur différents supports numériques, photos, audios, vidéos, journaux... Il va se replonger dans ses jeunes années dont il n'avait plus aucun souvenir. Cette plongée aux origines de lui-même sera l'occasion d'une introspection sur l'origine de sa personnalité.

Et c'est ainsi que MAM nous emmène dans un album rempli de questions existentielles alambiquées. Le tout est plus proche de la disserte de philo sur le sujet pourquoi sommes nous nous même que d'une aventure kafkaïenne de Julius. Il y a peu de dialogue, tout est quasiment en voie off. C'est celle ci devient vite pesante. Le dessin est évidemment dans le même style que d'habitude, mais les occasions de nous surprendre seront rares : quelques cases avec des jeux de perspectives inventives, 2 miroirs l'un en face de l'autre reproduisant la même image à l'infini, et deux ou trois autres trop rares idées originales. On ne peut pas créer une anti case à tous les coups.

Au final, je n'ai pas du tout été emballé par l'expérience proposée par l'auteur. La lecture est assez poussive, je ne me retrouve pas du tout dans le sujet, dans les questions existentielles, ni dans les éléments de réponse qu'il apporte. D'un point de vue expérimental je n'ai pas trouvé cet album original, et pour moi son scénario n'est pas passionnant. Surprenant oui, mais pas dans le bon sens finalement.

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