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Avis posté par Noirdésir Infos posteur le 19/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je lis le Monde diplomatique depuis près de vingt-cinq ans, et ai lu un bon nombre des publications d’Attac. C’est dire si je suis familier des références utilisées par Squarzoni (Ramonet, Halimi, Chomsky, etc), et si je les apprécie. Et si je suis d’accord avec les constats simples qu’il développe dans ce diptyque – qui l’a fait connaître du grand public.

Si la construction des deux albums peut sembler parfois brouillonne et partir dans tous les sens, les pièces du puzzle se mettent rapidement en place, et l’on suit alors une mise à jour de cette mondialisation néolibérale responsable d’une grande partie des maux qu’elle prétend pourtant combattre – avec l’aide de médias et de politiques complaisants, voire complices.

S’il faudrait réactualiser certains chiffres – les albums datent du début des années 2000, ce ne serait hélas que pour poursuivre les mêmes courbes, pour creuser encore davantage les inégalités, et dénoncer les mêmes scandales – seuls certains noms de protagonistes changent, mais ils portent les mêmes masques. L’analyse reste par contre pertinente.

Cela peut sembler déprimant de se dire que rien n’a changé. Certes, mais on peut aussi voir le verre à moitié plein, en se disant que ces idées, diffusées entre autres par Le Monde diplomatique trouveront peut-être un terreau où se développer. Qu’il ne faudra pas attendre que les catastrophes se multiplient pour que les gens soient suffisamment nombreux pour réagir efficacement.

A lire et à méditer en tout cas.

Avis posté par Gaston Infos posteur le 27/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai lu le premier tome et il ne me donne pas envie de lire la suite. Pourtant, je suis d'accord avec l'auteur sur plusieurs des sujets qu'il aborde. Le problème c'est que j'ai déjà lu et vu des personnages donner ce genre d'opinion et j'ai eu l'impression que l'auteur ne faisait qu'enfoncer des portes ouvertes et qu'il n'apportait rien de nouveau à ce que je savais.

Et puis même si c'était totalement nouveau pour moi, j'aurais tout de même eu de la difficulté à aimer ce documentaire. Cela part non seulement un peu dans tous les sens, mais j'ai trouvé la narration lourde avec des associations images-textes complètement lourdes et parfois le comportement de l'auteur me donnait envie de défendre l'autre coté même lorsque j'avais une opinion similaire sur un sujet !

Avis posté par Erik Infos posteur le 30/01/2010 (dernière MAJ le 10/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'aime bien quand la bd sort des sentiers battus pour s'intéresser au politique ou à l'économique. J'aime bien également quand un auteur a le courage d'exposer ses idées. Ici, elles sont dans l'air du temps et rencontrent généralement la sympathie du plus grand nombre.

Par contre, je suis sans concession quand il y a de la malhonnêteté intellectuelle ou que cela se transforme en une espèce de manifeste pour une nouvelle idéologie ou plutôt pour combattre un système. Bref, les informations données dans ce documentaire sont orientées donc pas très équilibrées.

De tout temps, riches et pauvres ont toujours coexisté sur notre planète. Le capitalisme a permis au plus grand nombre d'accéder aux richesses que procure la société de consommation. Le modèle communiste n'a pas vraiment été une réussite. Les inégalités se creusent non seulement à l'intérieur d'un même état mais également avec les pays les plus pauvres. On ne peut que dénoncer cette inégalité. Faut-il diaboliser pour autant la mondialisation ? Faut-il punir les plus fortunés ? etc...

Pour ma part, je pense que pour garantir la prospérité, on doit combattre la pauvreté avec détermination dans les autres pays et à l'intérieur. C'est une question de solidarité et de fraternité. En 10 ans, la mondialisation a apporté par exemple à l'Inde des bienfaits matériels innombrables. De la mondialisation, nous pouvons dire qu’elle a apporté une hausse du niveau de vie global des populations de la planète. Tout est une question de point de vue.

L'interdépendance via les échanges est inévitable et irréversible. Il faut cependant encadrer ce processus. Est-ce mal en soi ? Favoriser les échanges culturels et technologiques n'est pas une tare à moins d'être protectionniste. Juste un chiffre que j'aurais opposé à l'auteur : au XXème siècle, le PIB mondial par habitant a été multiplié par 15. Que faut-il en déduire ? Manipulation quand tu nous tiens !!!

Pour modérer un peu mon propos, je reconnais également qu'il y a bien entendu des inconvénients qu'il faut corriger (mais sans remettre en cause le système). J'avoue également que si j'avais 10 ans de moins, j'aurais sans doute applaudi jusqu'à boire la démonstration faite par l'auteur.

Il est vrai que le terme "mondialisation" possède déjà une forte charge émotive. Je comprends la charge de l'auteur qui redoute l'accroissement des inégalités, le chômage et la baisse du niveau de vie. Je ne partage pas ses idées. J'estime qu'il faut au contraire encourager la croissance et le progrès. Or, le meilleur moyen est de lutter contre la pauvreté. Qu'il y ait des riches ne me dérange pas. Tant mieux pour eux ! Mais il ne faut plus qu'il y ait de pauvres ! Il faut tirer le plus grand nombre vers le haut. J'ai conscience en écrivant ces lignes que ma pensée à contre-courant est ultra-minoritaire parmi les jeunes. La mondialisation est une source d'inquiétude. Il faut sortir des analyses trop simplistes et pousser plus loin la réflexion. La schématisation n'est jamais bonne même si le processus est compliqué.

Par ailleurs, certains faits et certaines statistiques présentés dans cet ouvrage ne sont pas tout à fait corrects. D'autres comparatifs qui sont opérés m'ont paru révoltant dans le procédé utilisé. Cela s'apparente presque à de la propagande que je sanctionne car je n'approuve pas. Si on ajoute un dessin qui est franchement mauvais, cela a eu raison de ma patience. Je ne vais quand même pas me forcer à aimer.

Cependant, cette bd a au moins le mérite de soulever un débat intéressant sur les bienfaits ou les inconvénients de la mondialisation. Même si je ne partage pas toutes les idées de l'auteur et malgré mes critiques les plus cinglantes, j'accorde un trois étoiles à une oeuvre engagée. On sort des sentiers battus et on prend des risques. Objectivement, c'est mérité.

Avis posté par gruizzli Infos posteur le 01/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai bien aimé cet opus de Squarzoni encore une fois. Mais je dois dire que je suis un peu plus partagé que pour Saison brune.

En fait le trait de Squarzoni est toujours aussi bon, surtout avec le développement des idées par rapport à une image, qu'il réutilise ensuite pour mettre en relation avec son propos. C'est d'ailleurs intéressant de voir comme il lit les différentes propositions qu'il fait. De ce côté là, c'est très maîtrisé et parfaitement bien fait.

Par contre la forme laisse un peu plus à désirer. Contrairement à Saison brune, j'ai trouvé le propos beaucoup plus fouillis, notamment en changeant de sujet en permanence alors qu'on attendrait un peu plus de développement. C'est assez contrariant, surtout lorsqu'on croit que quelque chose va arriver, alors qu'en fait non.

D'autre part, il faut bien noter que le propos est très orienté, presque hermétique à l'opposition, et que le personnage de Squarzoni est également sacrément militant, surtout autour des actions qu'il mène. L'auteur cherche plus à montrer ce qui peut se faire que de dire "Moi je fais quelque chose, regardez", mais il peut vite être mal interprété.

Par contre, pour tout le reste, j'ai été séduit. Squarzoni sait utiliser tout les outils à sa disposition pour renforcer son propos, cherchant partout les exemples qui étayent son argumentation (qu'on lit également dans Saison brune, les deux livres étant à mon avis très complémentaires). L'attaque est virulente envers le monde moderne, la société de consommation et le capitalisme. J'avoue que j'ai tendance à être réfractaire aux écrits très engagés venant d'anti-capitalistes (souvent très bourrins dans leurs manières) mais, même si le verdict est sans appel, Squarzoni sait faire la part des choses et cherche les vraies causes, sans accuser aveuglément. D'autre part on le sent impliqué dans son propos et engagé, certain de la noblesse de sa cause. C'est tout à son honneur, et je dois dire qu'il parvient très bien à convaincre.

En clair, le livre est orienté clairement et veut militer pour son point de vue, ce qu'on peut lui reprocher, surtout qu'il ne cherche pas trop les arguments de l'opposition. Par contre le propos touche son but, il sait bien viser, et l'argumentaire est intelligent, bien construit. En clair, j'ai beaucoup aimé et je dois dire qu'il a réussi encore une fois à me sensibiliser sur une cause que je ne connaissais que très peu. Je ne suis pas forcément un savant en la matière en ayant fini, mais je suis plus instruit. Et pour cela, j'en conseille la lecture, mais également l'achat. C'est le genre de livre qu'on peut très facilement prêter, et j'ai déjà commencé.

Avis posté par Ems Infos posteur le 10/03/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Après la lecture du tome 1.
Je suis resté bête avec cette BD, tout y est si évident et.... d'actualité malheureusement.
La vision de l'auteur est clairement argumentée, il connait bien son sujet.
On sent qu'il souhaite avoir un discours lisible et compréhensible.
Son dessin N&B est très sobre au trait ultra fin. Il est plaisant est se met au service du texte.
J'imagine que ce regard ne plaira pas à tout le monde, il y a toujours un clan "des baiseurs" et celui des "baisés".
Mais P. Squarzoni cherche à ne pas rentrer dans ce genre de conflit, il se contente de constater et d'expliquer.
J'espère trouver le second tome le plus rapidement possible et je ferai tout pour çà.

Avis posté par aubergine Infos posteur le 05/06/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette BD, et sa suite "Zapata, en temps de guerre", est une véritable révélation de ce qu'il y a de plus (ou moins) enfoui à l'intérieur de chacun de nous, habitants de France et d'Europe occidentale.

A lire absolument, pour comprendre, à travers les réflexions et les tribulations de quelqu'un comme vous et moi, pourquoi nous marchons dans un monde dont la maladie s'appelle "mondialisation".

Avis posté par Ro Infos posteur le 28/12/2005 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai failli mettre la note minimale à ce bouquin tant il m'a exaspéré, voire mis hors de moi par moment. Et pourtant, je partage une bonne part des avis de son auteur, mais l'aspect tract militantiste des 2/3 des deux tomes m'a franchement énervé.

Déjà, ça commence assez mal par un point Godwin gagné dès les premières pages par un rapprochement direct entre une pub pour le chocolat et l'apologie des camps nazis. Je me suis dit que si l'argumentation de cette BD commençait comme ça, ça n'allait pas voler haut.

Mais c'est ensuite que je me suis vraiment enervé à voir la façon superficielle et franchement politisée dont l'auteur balance des chiffres, des affirmations, des contre-vérités, le tout interprétés dans une optique unique. Et même si la plupart des chiffres sont corrects, la façon dont ils sont interprétés est souvent complètement fausse. Et même si certaines affirmations sont correctes, certains raccourcis sont assez édifiants. Sans mentir, certaines rapides associations d'idées assenées par l'auteur me font atrocement penser à d'autres associations d'idées pronées par l'Extrême-Droite sauf que d'un côté les maux viennent de l'ultra-libéralisme et de l'autre les mêmes maux viennent de l'immigration et des profiteurs du système. L'auteur agite le scandale, attise la culpabilité de l'inactif politique, énumère les atrocités qui ont lieu dans le monde pour dénoncer le consommateur français qui est un coupable passif. Bref, les 2/3 de ces deux BDs ne sont rien d'autre qu'un tract politique et franchement j'ai détesté ça.
Et pourtant, il y a là nombre de faits indéniables, vrais et tout autant de raisons de vraiment devenir militant et de combattre la façon dont le monde se déshumanise et revient à ce régime féodal qu'il n'a quasiment jamais quitté mais qui est maintenant devenu particulièrement insidieux et insaisissable. Mais la façon dont ces faits sont présentés, ou plutôt assenés comme des vérités suprêmes avec des raisonnements sans contrepartie possible, m'a franchement rebuté plus que motivé.

Il y a cependant différentes choses qui m'ont un peu plus intéressé et moins énervé. Les quelques témoignages directs et sans interprétation forcée de ses voyages en Croatie et au Chiapas. Son opinion sur l'anti-américanisme et les vertus des films de Hollywood. Et enfin les derniers chapitres du deuxième tome où l'auteur parle de faits trop récents (par rapport au moment où il a écrit le livre) pour avoir la possibilité de les interpréter de manière trop flagrante.
Mais dans les dernières pages, le militantisme revient (eh oui, c'est grâce à ATTAC et à personne d'autre que les occidentaux commencent à échapper à la pensée unique, merci ATTAC) et mon enervement est revenu avec.

Bref, l'auteur finit son pamphlet par son désir de "gagner la guerre", il ne m'a en tout cas pas gagné à sa cause.

Avis posté par Spooky Infos posteur le 11/10/2004 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Polémique. Brûlot. Manifeste. Choisissez le terme qui convient le mieux à cet objet. Pour ma part, je ne retiendrai que le sentiment que j'ai éprouvé à sa lecture, c'est à dire de l'ennui. Parce que Garduno ne m'a rien appris, ou presque. les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Et de plus en plus nombreux. Quel scoop. L'altermondialisme est l'un des moyens (dérisoire, à mon avis) de remédier à cette situation. Ouais, et alors ? Chaque époque a connu un système qui lésait l'immense majorité de la population. Et puis un jour, un autre système a entièrement pris la place du précédent.
Il y eut la république romaine, avec les esclaves. La féodalité reposait sur les Trois Etats, dont Un. Aujourd'hui le monde oscille entre dictatures et système néo-libéral, les deux s'entendant à merveille. C'est l'époque qui veut ça, hélas. Et puis dans un siècle, ou deux, ou neuf, un autre prendra sa place, et plein de gens en souffriront.

La révolte de Squarzoni est légitime, mais je la trouve assez maladroite. Primo, son bouquin saute du coq à l'âne, au nom d'une compréhension globale du problème, qui vient de... la globalisation des échanges et des capitaux. Son style ressemble un peu à de l'écriture automatique, histoire de garder un côté "authentique". désolé, mais la déstructuration du propos splitte son impact. A fortiori quand le sujet est aussi fort, aussi grave. Secundo, et en cela je rejoins Altaïr, par exemple, Squarzoni accole à ses arguments des images très diverses, sans réel rapport. C'est un peu dommage, car cela gâche encore un peu ce soi-disant brûlot. Enfin, je pense qu'il aurait mieux fait d'en faire une monographie, mieux structurée et non parasitée.

Avis posté par Altaïr Infos posteur le 05/10/2004 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Garduno... voilà une BD pleine de bons sentiments mais qui utilise des procédés trop malhonnêtes pour me plaire.

Tout dans ce livre est manipulation : manipulation des chiffres, tout d'abord, soit erronés soit interprétés de façon bien trop rapide et simpliste. Et manipulation par l'image parfois franchement limite, comme cette revisitation de l'histoire du chocolat en passant par les camps de concentration. Ou bien toutes ces nombreuses fois où Squarzoni accole à son texte une image qui n'a rien à voir mais qui en modifie profondément le sens. Ou encore manipulation dans le propos, avec un nombre incroyable de racourcis faciles.
Au final, on a l'impression de tenir un livre de propagande grossière et peu convaincante.

Comme en plus le dessin n'est pas terrible, que la narration est bancale et que la voix off est omniprésente, il n'y a à mes yeux pas grand chose à sauver de cette BD... si ce n'est qu'elle réveille, et que l'auteur est visiblement sincère. Mais bon, autant écouter l'émission "là-bas si j'y suis" de France Inter, qui poursuit le même but mais d'une façon nettement plus convaincante et intelligente.

Avis posté par PouetLaChouette Infos posteur le 24/11/2003 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A lire Garduno et Zapata, on se sent pris au ventre.
Je n'ignore pas que les politiciens français sont pourris. Cependant, après avoir lu les deux albums, difficile de faire semblant de ne pas être au courant.

Rien que le fait de savoir que notre président actuel est un pourri véreux qui a été réélu faute de mieux, je m'énerve... Alors imaginez ce que j'ai ressenti quand j'ai appris via "Garduno" et "Zapata", que c'est pire ailleurs... Financement de dictateurs, écrasement de pays qui pourraient avoir leur propre opinion sur la gestion de leur Etat, financement de terroristes, amitiés mal placées...

Comme le précise l'auteur dans "Zapata", on vit mieux si on ne le sait pas. C'est un choix à faire, mais il faut le faire en toute conscience.

Moi ça m'a donné envie d'adhérer à Attac.

Avis posté par ThePatrick Infos posteur le 27/07/2003 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Garduno, en temps de paix :

Plop. 500ème avis : il fallait bien pour l’occasion un ouvrage d’exception, le voici.

« Garduno, en temps de paix » est probablement l’ouvrage le plus militant et le plus intéressant que j’aie pu lire jusqu’à présent.

Il y avait en effet par exemple « Palestine » (j’ai détesté), « Rural ! » (qui se veut un reportage), mais on atteint ici un sommet. Le propos est entièrement tourné vers la mise en lumière de la mondialisation et de ses effets… disons mal connus.

L’argumentation de Squarzoni n’est pas magistrale. On n’en ressort pas effondré, convaincu, empli d’un feu révolutionnaire intense. Elle n’est pas non plus un chef d’œuvre de construction. Certains passages l’interrompent (à mon avis de façon un peu malvenue, mais bon), tout n’est pas expliqué, et surtout l’auteur ne cherche pas à convaincre.

Car la grande force de cet album, c’est qu’il pose des questions, et nous impose un questionnement sur des choses que l’on prend parfois pour établies. « Notre monde est comme ça, oui mais pourquoi ? Et quelles alternatives peut-il y avoir ? », voilà en somme quelques questions posées.

Et ça marche… Car le propos est intelligent et intelligemment construit. Au niveau visuel, le dessin paraît tout d’abord peu attirant, mais on réalise bien vite que Squarzoni maîtrise très bien ce qu’il veut montrer. Comme ces photos, reprises en dessin. Ou leur pendant, ces dessins que l’on retrouve après en photo. Comme également ces symboles, simples images liées à une explication et qui, revenant par la suite, nous rappellent le concept auquel elles sont liées. Comme encore ces caricatures de photos (Messier penché sur le globe Universal, et Hitler regardant le globe terrestre). Comme enfin ces itérations iconiques (p. 91) montrant les mêmes personnages dans des contextes différents, application magistrale d’un principe oubapien…

Ces procédés ne remplacent pas l’argumentation, mais la complètent superbement, en mettant en exergue une analogie, en appuyant une émotion par exemple.

Et le résultat est là : sans parler d’être convaincu ou pas, on ne peut pas ne pas s’interroger !

Le propos n’est – je le répète – pas de convaincre, mais de provoquer un questionnement. On ne pourra d’ailleurs que remarquer que l’auteur ne propose (n’impose) pas de solution. Le ton général de l’album me paraît d’ailleurs assez pessimiste au final, constat d’impuissance plus que d’autre chose. Reste cependant un espoir, et peut-être des alternatives. En tout cas j’attends le deuxième opus avec impatience.

Zapata, en temps de guerre :


** A venir **

Avis posté par Nirvanaël Infos posteur le 19/06/2003 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
A la question, cette BD ne convaincra-t-elle que les convertis, je réponds non. Et j'en suis la preuve vivante. Evidemment, je n'ai jamais été membre du MEDEF, mais ce livre m'a dévoilé tout un tas de chose que j'ignorais, et que j'estime maintenant, pourtant, indispensables...

Ensuite, pour répondre à "à part ça, l'auteur martèle avec conviction qu'il faut se réveiller, résister face à la situation actuelle... mais lui, là-dedans, il fait quoi ? Juste une BD ?"
Heu... es-tu sûr de l'avoir bien lue cette BD ? Déjà, il fait cette BD, ce qui en soit est déjà quelque chose de primordial, et ensuite les épisodes au Mexique ou en Bosnie qui y sont narrés, tu crois que c'est de la pure fiction ? Non, évidement non. Ce sont des démonstrations d'actions aussi éphémères que concrètes, de convictions portées à bout de bras.

Maintenant, rapidement, ma critique de l'oeuvre :

"Il y a, au Mexique, un village dont le nom a été oublié par les cartes de voyage. Les paysans qui l'habitent disent qu'il s'appelle Garduno, en temps de paix... et Zapata, en temps de guerre."

Voilà les informations dont l'on dispose sur la C4. Et avec ça, on est loin de se douter jusqu'où ce modeste album d'apparence va nous amener. Nous y suivons le cheminement de l'auteur, qui prend conscience de l'état de son monde, des ravages du capitalisme néo-libéral, et des actions à la fois éphémères et concrètes qu'il décide de mener. Rapport à notre société de consommation, rapport à soi, à notre propre impuissance rongée de culpabilité et de frustration, rapport à l'autre et à son indifférence, pour finir sur ce qui pourrait s'apparenter à une lueur d'espoir, tout cela nous est donné dans Garduno, et avec beaucoup de simplicité, et paradoxalement, de force.

J'ai vraiment accroché sur la finesse des traits, un dessin précis et hachuré, qui nous fait visualiser des images illustratives plus que pertinentes, des anaphores.

A lire pour ceux qui désirent ressentir l'effet que ça produit de "sortir la tête de la matrice", même un peu. Après c'est à vous de voir, cette sensation de lucidité blasée ne dure que le temps de la lecture, ou vous pouvez la prolonger.
Préface de Ignacio Ramonet, les initiés connaissent, et, à ma plus grande joie, Zapata, en temps de guerre, est à paraître courant 2003.

Merci, monsieur Squarzoni, de nous avoir permis de lire une telle oeuvre. Vous avez toute ma gratitude.

Un petit mot sur Zapata, suite tout aussi indispensable que Garduno :

C'est bien plus qu'un bouquin, l'auteur va encore plus loin que dans Gadurno. Je ne vais pas m'épuiser inutilement en superlatif :
FONDAMENTAL.


Mais ça y est, tout est redevenu absurde.
Merci de m'avoir rappeller à l'oeuvre M Squarzoni.
Sincèrement, s'il ne devait en rester qu'un, machin à amener sur l'île déserte tout ça, ce serait Garduno et Zapata.

Pas nécéssaire d'en parler plus.
Lecture indispensable.

Avis posté par okilebo Infos posteur le 21/05/2003 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Si je devais définir cette bd, je dirais que Garduno est avant tout un combat politique et humanitaire.
Sur un ton réaliste, Philippe Squarzoni développe sa vision actuelle de l'économie mondiale à travers un problème qui le tient apparemment à coeur : La mondialisation. Cette description engagée du phénomène nous permet de mieux comprendre les réalités de ce monde.
Il y a évidemment un scénario. Celui-ci nous raconte le parcours d'un jeune homme qui défend ses convictions un peu partout dans le monde.
Je dois reconnaître que j'ai appris pas mal de choses grâce à ce bouquin. J'ai bien aimé quand l'auteur nous démontre qu'une simple carte postale illustrée par la fabrique du chocolat a pu avoir des conséquences désastreuses pour l'humanité, c'est tellement vrai ! Ce qui est surtout remarquable c'est que malgré un sujet somme toute assez grave, Squarzoni a su donner un aspect léger à la narration. De ce fait, la lecture n'est pas fastidieuse et en fermant le bouquin, on a franchement l'impression d'en être sorti plus grand et surtout plus intelligent. Beaucoup de questions se bousculent dans votre tête : quels sont les vrais dirigeants de cette planète ? Et surtout, où va le monde ?

Au niveau du dessin, c'est clair que celui-ci n'a rien d'extraordinaire mais je ne crois pas, non plus, que la perfection graphique soit un critère pour ce genre de récit. Malgré cela , on y décèle une certaine finesse dans la manière de travailler de l'auteur et son trait est plutôt aéré . Cette bd est avant tout une ouverture vers une réalité humanitaire et financière de notre planète. Que peut-on faire devant ce fléau que représente la mondialisation surtout que......soyons honnêtes......saurait-on renoncer au confort que nous procurent les pays économiquement riches ?
Connaissant apparemment bien son sujet, j'aurais apprécié que l'auteur nous donne quelques solutions envisageables ?!

Enfin bref, Garduno , en temps de paix est une bd qui bouscule et que je conseille pour son coté enrichissant et instructif .

Avis posté par Cassidy Infos posteur le 11/02/2003 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà une BD difficile à juger... Le propos est difficilement attaquable, l'auteur a l'air sincère, honnête... et en même temps, il y a pas mal de défauts, de trucs gênants...
Le premier a déjà été signalé par mon estimé confrère : dans le fond, cette BD ne touchera qu'un public a priori déjà acquis à la cause qu'elle défend. C'est pas Jean-Marie Messier, les gars du MEDEF ou l'électorat d'Alain Madelin qui va lire "Garduno", et ce n'est même pas parce qu'ils n'en ont pas envie, mais tout simplement parce qu'ils ignorent totalement son existence. La BD n'est pas forcément le médium le mieux choisi pour diffuser largement un message, et en plus Les Requins Marteaux sont une petite maison d'édition, aux tirages limite confidentiels... C'est sûr que publier ce livre chez un indépendant plutôt que chez Delcourt ou Casterman est cohérent avec le propos (et il est probable qu'une grosse boîte aurait refusé le bouquin de toutes façons), mais en même temps, ça limite considérablement sa portée, forcément.
Le choix de la BD comme moyen d'expression me paraît d'autant plus discutable que, contrairement à mon prédécesseur, je ne trouve pas le dessin extraordinaire, bien au contraire... Graphiquement, c'est très très moyen... Mais le propos du bouquin est intelligent, lucide ; l'auteur ne se contente pas de nous balancer des messages simplistes genre "la mondialisation, c'est mal" : il étaie ses dires avec des chiffres, des infos... Alors pourquoi une BD et pas un essai, hein ? Je reconnais que des essais sur le sujet, il y en a déjà un paquet, mais bon... je reste sceptique. Avec une BD, il touche les jeunes plus facilement, c'est vrai ; mais comme je viens de le dire, avec Les Requins Marteaux il n'en touche pas tellement, et puis les jeunes qui lisent de la BD indépendante ne sont pas forcément les plus mal informés sur les méfaits de l'ultralibéralisme et les plus durs à convaincre quant à la nécessité de réagir contre la mondialisation.
À part ça, l'auteur martèle avec conviction qu'il faut se réveiller, résister face à la situation actuelle... mais lui, là-dedans, il fait quoi ? Juste une BD ? Faire un bouquin qui va lui apporter, même en quantité limitée, prestige et droits d'auteurs, et qui ne prêchera quasiment que des convertis, c'est ça sa façon de lutter contre ce qu'il dénonce ? C'est déjà ça, c'est sûr, et il vaut mieux faire un tout petit peu que ne rien faire du tout, mais en même temps, ben... c'est quand même pas grand'chose. Ça me rappelle d'ailleurs un passage de la BD, où il parle de ce que l'on appelle le "commerce équitable", où il montre une pub pour une marque de café "équitable" qui dit "le café pour dormir tranquille". Le slogan résume ce qui me gêne dans tout ça : oui, le commerce équitable, c'est bien ; oui, il vaudrait mieux acheter son café à ces boîtes-là plutôt que filer encore plus de pognon aux groupes Nestlé ou Danone, et en même temps, s'il suffit à l'Occidental aisé de faire ce geste dérisoire pour pouvoir ensuite "dormir tranquille", comme le dit la pub, et oublier la misère dans laquelle vivent les pays du sud, ça montre quand même clairement à quel point, quoiqu'on en dise, quoiqu'on puisse sincèrement croire, la misère du monde, on s'en branle tous quand même suffisamment (je me mets dans le lot, hein, je ne me considère pas meilleur que n'importe qui) pour pouvoir "dormir tranquilles" après avoir fait une minuscule aumône à la cause...
Pour continuer sur les défauts, Squarzoni a un peu tendance à sauter du coq-à-l'âne. Certes, il veut nous montrer que, grosso modo, tous les malheurs du monde sont liés (je simplifie, hein ; dit comme ça, ça a l'air c**, mais l'auteur explique ça de façon plus intelligente que moi), et c'est pour ça qu'il ballade son récit du Chiapas à la Croatie en passant par la guerre du Golfe, mais je trouve que ça dessert son propos en donnant un côté décousu, brouillon à sa BD.
Ajoutons aussi l'abus d'effets visuels faciles, des raccourcis assez discutables sur certains sujets (il a, par exemple, une façon limite douteuse de comparer le génocide des Indiens d'Amérique du Sud à la Shoah...)...
Vous aurez compris que, pour moi, cette BD est loin d'être un chef-d'oeuvre, une grande réussite...
Néanmoins...
C'est quand même un bouquin assez fort ; il vous secoue dans votre fauteuil et, après l'avoir lu, on se sent honteux (parce qu'on accepte ce monde de m**** sans trop réagir) et déprimé (parce qu'il montre involontairement les limites de l'anti/alter-mondialisation : on peut agir et il faut agir, oui, mais la vraie révolution qui fera péter tout ce système, elle n'aura pas lieu, on ne peut faire que de toutes petites choses pour résister) MAIS un peu moins c**.

Avis posté par Steril Infos posteur le 03/02/2003 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Mon gros coup de coeur du moment. Plaidoyer brillant contre la mondialisation, Garduno est l'illustration parfaite que la bédé est un média qui permet aussi de témoigner de son engagement. Garduno, c'est l'histoire d'un certain ras le bol vis-à-vis de l'évolution de notre monde. Mais aussi d'une certaine impuissance. Une oeuvre pleine de lucidité. Jamais culcul, jamais gnangnan, j'ai retrouvé dans ce bouquin une foule de sentiments et de sensations que je rencontre très souvent dans ma vie quotidienne.
L'illustration, qui mêle très habilement photos, montages et dessin plus classique, est sobre, certains diront un peu fade, mais elle fait dans l'ensemble très bonne impression (les illustrations de la galerie ne rendent pas vraiment justice à l'oeuvre...). Ce qui est particulièrement intéressant, c'est le traitement graphique d'une série de symboles universels et évocateurs, le jeu des répétitions en fonction du contexte, l'utilisation d'images qui soulignent le propos.
Vraiment excellent!

Ceci dit, d'autres critiques posent la question de savoir si cet ouvrage parviendra a convaincre d'autres personnes que celles convaicues d'avance. C'est effectivement une bonne question, et il faut bien reconnaître que dans le genre convaincu d'avance, on fait difficilement mieux que moi...

Quant au second tome de la série, Zapata, en temps de guerre, celui-ci enfonce un peu plus le clou (à coups de masse d'arme). Et ça fait mal, très mal...


Une lecture géniale, qui réveille, à lire, à relire, à prêter à tous ses potes, histoire de sortir, quelques minutes au moins, la tête de notre trou, et d'ouvrir les yeux sur un monde à la dérive...

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