Sans avoir été totalement sous le charme, j’avoue avoir lu ces trois tomes avec entrain. Le récit est bien construit et parvient à m’instruire d’un point de vue culturel tout en captant mon attention sur ces personnages, tous plus dégénérés les uns que les autres.
Faut avouer que l’image que donne Tezuka d’un certain Japon de l’après-guerre a de quoi faire peur !
Maintenant, je ne peux pas dire non plus que le destin d’Ayako m’a particulièrement ému. Non, ça se laisse lire mais ce n’est pas « scotchant », et le fait que la lecture soit relativement rapide s’avère être un atout dans mon chef pour arriver au bout de cette histoire. De plus, j’avoue avoir toujours les mêmes difficultés d’acceptation devant le côté « surjoué » des mangas.
Pas mal, donc. Si, comme moi, les mangas ne sont pas votre tasse de thé mais que vous êtes curieux de découvrir cet univers, voici une porte d’entrée envisageable.
Bizarre, vraiment bizarre cette histoire… Tezuka a vraiment fait preuve d'imagination pour donner vie à cette famille de dérangés. Mais à y regarder de plus près, je me rends compte que ce n'est pas plus farfelu ni édifiant que ce que les japonais sont capables de faire pour le sens de l'honneur et la réputation de leur famille dans d'autre histoires se déroulant à des époques plus reculées.
Je dois dire que j'ai plutôt été agréablement surprise par le dessin, même s'il n'est pas parfait..
Cependant, trois tomes pour raconter la vie d'Ayako sur plus de vingt ans, ça fait des épisodes qui s'enchaînent sans transition et sans qu'on ait vraiment le temps de s'attacher aux personnages. Globalement et sur plus des trois quarts de ma lecture, j'étais plus partie pour un 2/5 mais la fin est plutôt bonne et c'est tout de même assez intéressant d'entrevoir ce que pouvait être ce pays à cette époque, même si je préfère les temps plus anciens pour cela.
Malgré cette nouvelle petite déception après Métropolis, je n'hésiterai pas à continuer à explorer la Tezukathèque pour y trouver mon bonheur !
J’ai eu affaire à une histoire « noire », très même…
Ayako ?… elle est née des amours du vieux chef de famille avec sa belle-fille.
Dans les deux premiers tomes, j’avais suivi l’enfance et l’adolescence d’Ayako, née des amours du vieux chef de famille et de sa belle-fille… une curieuse famille d’ailleurs où l’on n’y trouve que turpitudes, fausseté et magouilles en tous genres.
Et Ayako va devenir une sorte de « tache » sur l’honneur. Elle va grandir sans jamais voir la lumière du jour, dans une cave où elle est condamnée à vivre. Curieusement son frère, revenu de la guerre, et par opportunisme, va servir les forces américaines avant de gérer une organisation mafieuse (le brave garçon, va !…)
Mais, Ayako s’enfuit et va essayer de survivre seule.
Fiction familiale d’un genre assez morbide ?… C’est plutôt la narration d’un Japon dans l’immédiat après-guerre (celle de 40-45) ; un Japon qui va se retrouver dans un véritable effondrement de ses valeurs.
Moi qui n’aime pas trop le (la ?) manga, je dois dire ici que j’ai lu une sorte de quintessence du savoir-faire nippon en matière de BD.
Bien aimé.
Voilà une série pour laquelle je ne vois pas vraiment de défaut flagrant.
Le dessin de Tezuka y est assez fin et "sérieux" (ça me change de Phenix par exemple où le côté cartoon transparaissait par moments). J'ai toujours du mal avec son style, notamment en ce qui concerne certains personnages aux visages franchement bizarres, mais ça se lit sans soucis.
Quant à l'histoire, je la trouve bien foutue et franchement originale par la façon dont elle mélange intrigue policière et moeurs familiales. Tezuka s'y connait pour créer des ambiances parfois glauques ou du moins troublantes (comme dans MW ou certaines parties de Phenix) et cette série en est un nouvel exemple : à ne pas lire si on s'attend à une petite histoire guillerette. Mais globalement, je le répète, le scénario est bien fait et intelligent.
Mais l'ennui, c'est que, alors que j'étais plutôt bien entré dans l'histoire dans le premier tiers du premier tome, ensuite j'ai rapidement décroché. Je n'ai pas trouvé ça passionnant. Ca manque de rythme à mon goût, ça manque de suspense, de quelque chose qui me pousserait à poursuivre ma lecture.
Bref, c'est original, plutôt bien foutu, mais pas prenant à mes yeux.
Je serai direct : je n'ai aimé "Ayako" que très modérément. A cela plusieurs raisons...
Les dialogues tout d'abord. Je ne sais si cela vient de la version originale ou du traducteur, mais certains dialogues sont assez mauvais ou maladroits. De plus la présence de longs monologues dont le seul but est de faire comprendre au lecteur une situation par ailleurs déjà exprimée par l'image alourdit parfois beaucoup l'ensemble.
L'histoire ensuite. Certains éléments sont assez caricaturaux (dans le mauvais sens du terme), voire même contraires au simple bon sens. La filature par Jiro de sa soeur au début en est un bon exemple. Il y a également la séparation marquée entre différents éléments : la situation économique et sociale de cette époque de l'après-guerre est largement évoquée dans une première partie, puis passe presque complètement sous silence. De même le fait de mélanger histoire d'espionnage et drame familial peut surprendre. Je suis presque sûr que ça passera mieux à la relecture, mais cela m'a tout de même un peu gêné.
L'utilisation outrée du symbolisme. Deux exemples très frappant : le lieutenant-colonel Américain qui ne cesse de brandir un révolver sous le nez de Shimokawa, le responsable Japonais en charge des chemins de fer ; et la scène où la fille repose sur un rocher de forme on ne peut plus phallique pendant que l'océan se déchaîne autour... Ce genre de choses a alourdi ma lecture : c'est gros et ça manque de subtilité.
Le dessin enfin, qui est parfois maladroit. Certains visages me paraissent presque ratés, et l'agencement de certaines cases laisse à désirer. L'exemple le plus marquant est peut-être Jiro qui monte un escalier vers la droite (sur la page de droite : il se dirige donc vers le bord de l'album), puis se retrouve à gauche sur la case suivante... Saute d'axe assez déroutante...
Le fait que Jiro, le "héros" de l'histoire, se révèle être un assez sale personnage, qu'Ayako n'ait ici qu'une importance finalement très restreinte, que ce tome ne fasse que poser les bases de ce drame familial, et que le ton de l'ensemble soit résolument sérieux, voire grave, joue probablement aussi.
Enfin bon, il faut tout de même relativiser : ayant lu récemment tout l'excellent "Phénix", "L'histoire des 3 Adolfs" qui se conclut de façon magistrale, et étant actuellement plongé dans Bouddha, il est vrai que la barre est haut placée et que ma déception par rapport à ces chefs d'oeuvre laisse à "Ayako" une bonne marge pour qu'elle soit une lecture tout de même très agréable et intéressante.