Née de la collaboration de François Schuiten et de Benoît Peeters, la série "Les Cités obscures" est aujourd'hui riche de douze albums, tous publiés en français chez Casterman, et traduits dans la plupart des autres langues européennes.
Bien que nourris de références à notre monde, notamment sur le plan architectural, ces différents livres s'inscrivent dans un univers parallèle au nôtre, dont la cohérence s'affirme de plus en plus. Le mot même de Cités obscures dit assez le privilège accordé à la ville. Une formule célèbre, attribuée à l'architecte Luigi Snozzi, n'affirme-t-elle pas hardiment: "Les campagnes pour les chiens et les villes pour les hommes!"
La Ville, en tant qu'institution autonome et modèle d'organisation, est le premier fondement des Cités obscures et constitue le principal système de gouvernement, un peu comme cela fut le cas en Italie pendant des siècles.
Le phénomène le plus curieux est peut-être ces liens étranges qui unissent certaines des villes de notre monde à des Cités du monde obscur. On ne peut qu'être frappé par exemple par les nombreuses relations entre Bruxelles et Brüsel, Paris et Pâhry, Genève et Genova. N'oublions pas les villes imaginaires que sont Urbicande, Calvani.  Il est impossible de vraiment décrire l'"histoire" des cités obscures, il faut pénétrer ce monde pour en prendre la véritable mesure. |