Cette série en cinq épisode est avant tout une saga, la saga de la famille Noland qui nous est contée au travers de la vie de quatre générations d'entre eux, et qui nous refait vivre l'histoire des états unis depuis l'époque des pionniers du far west jusqu'à la guerre du Vietnam. Une histoire superbe et trop méconnue qui ressemble un peu au film de Sergio Leone "il était une fois en Amérique".
Le scénario de Pecqueur est solide, très bien ficelé et parfaitement servi par le dessin superbe du regretté Franz. Un scénario très cinématographique basé sur des flash back et des personnages qui s'adressent directement au lecteur.
L'histoire de la famille Noland est en effet retracée par Thomas, le dernier de la lignée, parti chercher son père au Vietnam et qui se trouve pris dans ce conflit meurtrier qui a traumatisé l'Amérique des années soixante et soixante dix. Thomas Noland revient ainsi sur des épisodes de la vie des siens (son père, son grand père, son arrière grand père, sa mère..) au temps de la conquête de l'ouest et de la période de la prohibition.
On trouve aussi une bonne part d'onirisme avec des morts et des animaux qui parlent et s'adressent directement au lecteur.
Une série superbe en cinq volumes qui mérite d'être mieux connue.
Une petite (et assez méconnue) perle que cette saga des Noland.
Tout d’abord, j’apprécie grandement le trait de Franz, que je situerais entre Vance et Auclair, car, s’il a la précision du premier son trait est aussi chaud que celui du second nommé. De plus, alors que l’abondance de détails frise par moment la surcharge, l’ensemble reste agréablement lisible.
En ce qui concerne la mise en couleurs : elle est typique de l’époque (années ’80) et on a fait nettement mieux depuis. Mais elle reste correcte et ne nuit pas à l’ensemble.
Mais alors, que dire du scénario et du style narratif ?
Du grand Art (avec un grand A) ! De l’aventure principalement, mais teintée de symbolisme et d’onirisme. Ces deux éléments sont généralement apportés par les narrateurs, que l’ont craint bien souvent mythomanes lorsqu’ils ne sont pas tout bonnement improbables. De plus, Pecqueur s’amuse à nous égarer, et un simple trajet au cœur de la nuit peut très bien se transformer en un voyage intergalactique en compagnie de verts martiens tout en gardant toute sa logique et son réalisme (oui, oui).
De Telemachus, chercheur d’or ayant la Misère comme compagne à Thomas, à la recherche de son père dans un Vietnam en guerre, tous les personnages de cette famille sont merveilleusement mis en valeur par cette narration. Et les personnages secondaires bénéficient bien souvent du même traitement de faveur. Tous nous paraissent improbables, mais la magie opère car j’ai personnellement eu envie de croire en eux. Cette histoire ne m’est pas apparue délirante mais simplement exagérée (à la manière du Big Fish de Tim Burton, pour les amateurs de cinéma).
Et si j’ai senti une baisse de niveau au cours des deux derniers tomes, c’est avant tout parce que les trois premiers m’avaient littéralement scotché.
A essayer.
Une série au charme unique qu'il faut découvrir absolument ! L'intrigue? Thomas Noland est un soldat qu'un avion emmène vers le Vietnam dans les années soixante-dix. Il raconte le destin de sa famille, depuis son arrière grand père débarquant aux Etats-Unis jusqu'à sa propre histoire...
Récit d'une saga familiale? Oui. Mais l'originalité, c'est la façon dont elle est racontée, plusieurs narrateurs se succédant, tandis que la réalité rattrape Thomas Noland et qu'il découvre les horreurs de la guerre. L'extrême réalisme de la période contemporaine du héros ne l'empêche pas d'être harcelé par la solitude, qui se présente sous les trait d'une jeune fille asiatique, comme il se souvient que son aïeule n'était autre qu'une femme s'étant présentée à son arrière grand-père comme... la misère!
L'existence de son grand-père et celle de son père reviennent à la surface, les deux hommes ayant eu des destins pour le moins mouvementés. On y croise la maffia et la police, les deux ne faisant pas bon ménage et la famille Noland se trouve pris dans la spirale criminelle...
De ces périodes, divers témoins complètent, rectifient ce que raconte Thomas à ses compagnons. De là, d'autres moments surréalistes, comme le tome3 qui revient sur Trévor Noland, relaté par un inspecteur de police... mort (!) qui dialogue avec un chat dans un cimetière. D'autres scènes du même style sont de purs fantasmes qui complètent les psychologies tourmentées des protagonistes successifs.
Cela permet un effet de distanciation avec la stricte réalité, où des paroles naïves de ces personnages extraordinaires (comme la solitude) trouvent tout leur poids en tranchant avec la cruauté des hommes.
Certains personnages complètent l'ensemble en apportant le récit de leur propre destin sans jamais créer de digressions.
Le tout est conté à une vitesse d'enfer et avec maestria par Daniel Pecqueur, créant une mosaïque fascinante qui s'appuie sur des dialogues magnifiques pleins d'intelligence et d'humour.
Franz magnifie cette série de son trait formidable qui donne sa crédibilité à l'histoire par son trait virtuose et réaliste. La scène finale se déroulant dans un camp vietnamien à la fin du tome1 est un moment d'émotion comme rarement on en a retranscrit en bande dessinée.
Une série si originale et magnifique qu'elle mériterait d'être culte. Malheureusement, le cinquième album conclusion, publié longtemps après les autres, ne tient pas toutes ses promesses, la narration étant plus sage, et l'on y trouve des redites.
Mais une série superbe à découvrir, qui déroutera sans doute certains, mais qui possède une réelle capacité à émouvoir et passionner par le talent de ses auteurs. Lisez-la, vite !
Thomas Noland débute l'histoire de sa famille dans "Charlie Mensuel" n° 7 d'Octobre 1982. N'avait-il plus rien à dire ?... Il s'en va dans le "Pilote Mensuel" n° 29 d' Octobre 1988.
Thomas ?... un jeune Américain qui -bien malgré lui- se retrouve dans le bourbier vietnamien. Et il nous (se ?) raconte l'histoire de ses aïeux...
Ces histoires de famille se veulent une fresque sur toute l'histoire des Etats-Unis. La narration, originale (le "héros" qui raconte), fonctionne sur le principe du flash-back.
Franz, de son trait "coutumier", immédiatement reconnaissable, assure la partie graphique.
Trop occupé par ses nombreuses activités, il laissera tomber le pinceau après quatre opus. Dommage. Car même si cette série était de "moyenne importance" dans les tirages d'éditions, elle permettait de nous évader mentalement avec Thomas, de faire un bout de chemin avec lui, de découvrir des gens que nos propres aïeux auraient peut-être rencontrés...
A (re)découvrir. A noter que les albums -d'abord édités chez Dargaud- ont été repris chez les "Humanoïdes Associés".
La série Thomas Noland a une narration bien particulière qui m'avait laissé sur le carreau quand j'avais lu uniquement le tome 4 à part du reste de la série. En effet, nous suivons sur chaque album 2 époques différentes, le présent de Thomas Noland, dans la jungle du Vietnam, et en même temps le récit du passé de la famille Noland (ou de celle de son ami John). En outre, la narration inclut le "témoignage du passé" de personnages oniriques, imaginaires ou symboliques, policier ressuscité, incarnation de la Solitude ou de la Misère, magicien de cirque aux pouvoirs merveilleux, etc... Cela donne une touche vraiment particulière à cette BD, où la légende de l'Amérique se mélange avec la "réalité" de la saga familiale des Noland. Ca donne un certain charme voire une forme d'humour à la BD mais en même temps, ça lui donne une certaine naïveté qui pourrait rebuter quelques lecteurs.
Concernant le dessin, Franz a un style que je trouve proche de celui de Jijé. Ce n'est pas tout à fait mon genre de dessin préféré, assez réaliste, mais il est plutôt bon et passe très bien.
Quant au scénario, on suit vraiment une saga américaine imaginaire, d'un chercheur d'or solitaire jusqu'au soldat du Vietnam, en passant par un joueur de poker chanceux, un mafioso de Chicago, un orphelin d'Indianapolis, un reporter de guerre durant la seconde guerre mondiale, les membres de la famille Noland ont vécu tous les moments forts du Rêve Américain et la saga Noland représente une certaine vision imaginaire de la Légende de l'Amérique.
Ce n'est pas désagréable à lire, chaque tome peut se lire indépendamment (si on ne tient pas compte du récit "présent" de Thomas Noland au Vietnam qui s'étale du tome 1 au 5) et le récit du passé de chaque membre des Noland est assez prenant quoique juste un peu naïf et parfois scénaristiquement "facile". Seuls les passages "imaginaires" ou "oniriques" parfois un peu trop présents sont vraiment surprenants, mais ils peuvent rebuter autant que charmer.
Une série qui se lit bien même si personnellement, je ne la trouve pas exceptionnelle.