Si je devais être complètement objectif, elle ne mériterait qu'une étoile, la faute à un style dépassé, tant dans la narration que dans les dialogues, des scenarii dépassés et inintéressant et un dessin qui malgré des qualités indéniables, est aujourd'hui passé. Les morales n'ont plus court, bref, elle sent la naphtaline. il s'agirait presque de livres illustrés tant le médium BD est sous utilisé principalement parce qu l'auteur pense nécessaire de nous repréciser à l'écrit ce qu'il dessine. En ressort une impression d'inutile et d'immobile.
Mais Corentin est une série qui a été importante fut un temps dans le traitement des récits aventureux de la bd franco belge et à ce titre, elle mérite certains égards.
Cette série a terriblement mal vieilli à mes yeux. Pourtant, j'aime bien lire d'anciennes séries comme Jean Valhardi ou Blake et Mortimer, mais ici le charme n'a pas opéré car la série contient tout ce que je n'aime pas dans les bandes dessinées de l'époque. Le dessin est trop réaliste et manque de dynamisme. Je comprends qu'on peut aimer ça, mais moi je préfère quand ça bouge. Ici, les personnages sont toujours figés même en pleine action.
La narration a très mal vieilli et rend les histoires peu captivantes. Pour couronner le tout, les récits sont naïfs et les personnages pas du tout charismatiques. Seul le dernier album, 'Le Royaume de Eaux Noires', m'a un peu intéressé. La narration est plus fluide et le méchant m'a captivé, mais, malheureusement, il apparait peu et la moitié de l'album peut se résumer à une course-poursuite ou quelque chose dans ce genre.
C'est un peu en me forçant que j'ai lu cette série car d'aspect et de narration, elle a énormément vieilli.
Paul Cuvelier est au dessin, et ce monsieur était avant tout un artiste peintre réaliste avant d'être dessinateur de BD. Cela donne des planches au réalisme et à la maîtrise technique sans reproche. Mais par contre, cela a incroyablement vieilli. C'est un style proche des BDs américaines des années 20-30, tels Tarzan ou autres récits d'aventure pure et dure. Les dessins sont figés, trop réalistes pour être plaisants à lire. Et malgré leur maîtrise technique, la mise en page et l'ensemble ne sont pas suffisamment esthétiques à mes yeux pour que le dessin se suffise à lui-même.
Au niveau du récit et de la narration, c'est également très proches de BDs américaines précurseurs. Ce sont des dialogues très naïfs accompagnés d'une narration off qui commente ce que l'on voit sur les images. Les personnages sont stéréotypés de même que le récit en lui-même. Ce sont des récits d'aventure où ce qui prime c'est l'exotisme : le petit Corentin se retrouvera successivement en Inde, en Chine, en Arabie, au milieu des peaux-rouges, etc... Il rencontrera maharadjas, sultans, empereur d'egypte, princes arabes, tribus sauvages, indigènes cannibales, etc... Le réalisme de l'histoire est annexe puisque nous retrouverons toutes ces composantes qui faisait l'imaginaire colonial et exotique de l'époque. Le tout est mélangé sans vrai respect de l'histoire, de la géographie ou de quoi que ce soit qui empêche un anthropophage de se battre avec un indien charmeur de serpents dans un sultanat mystérieux.
La narration dépassée, les histoires trop naïves et sans originalité ni réel charme, le dessin trop réaliste et pas toujours à mon goût, tout ça fait que je m'ennuie sérieusement à la lecture de cette BD qui a largement trop vieilli à mes yeux.
A réserver aux lecteurs amateurs de très vieilles séries et autres nostalgiques.
Corentin fait sa première apparition dans l'hebdo Tintin n° 1, 1ère année, du 26 Septembre 1946. Il s'en va définitivement dans le n° 49, 40ème année, du 3 Décembre 1985.
Corentin ?... La longue histoire d'un orphelin, au 18ème siècle, qui, persécuté par son vieil oncle, va s'enfuir à bord d'un navire. Suite à un naufrage il va se lier d'amitié avec un gorille -Belzébuth-, un tigre -Moloch-, un petit hindou -Kim- et la princesse Sa-Skya.
Cette petite "troupe" va alors vivre moult péripéties des plus exotiques.
Corentin ?... Un mélange heureux de "Robinson Crusoé" -de Defoe-, et de "Corentin Quimper", de Paul Féval.
C'est vrai : la série a vieilli, fort vieilli même. Mais c'est ce qui fait pour moi son charme.
Les scénarios ?... Ils sont créés par Jacques Van Melkebeke, alors rédacteur en chef de "Tintin". Par la suite, Greg, Van Hamme, Jacques Martin même rédigeront les histoires (belle brochette, non ?...)
Les histoires ?... De grandes péripéties "merveilleuses", dans des contrées alors "exotiques" pour le lectorat de l'époque.
Le dessin ?... C'est du Cuvelier : un trait qui paraît haché, torturé même ; tout comme son auteur qui ne croyait pas en son art.
Corentin ?... l'Aventure avec un grand "A". Drôle de série quand même, car seulement 7 histoires seront créées et éditées sur une période de 30 ans.
Ma cote réelle : 3,5/5
Le saviez-vous ?... Jacques Martin avait écrit "Corentin et l'ogre rouge". Suite à la disparition de Cuvelier, Martin utilisera ce scénario pour "Les proies du volcan" (Alix).