Dennys Colt devient le Spirit après avoir été tué par le Dr Octopus. Le cimetière devient ensuite son domicile (logique pour un mort).
J’ai entamé les aventures de ce détective-justicier portant un loup sur son visage (une contrainte imposée par l’éditeur d’alors pour suivre la mouvance des super-héros) avec "Nuits d’encre" (Les Humanos). Ca tombe bien car on peut y suivre la genèse du Spirit ainsi que des histoires courtes de différentes époques. De quoi donner un bon aperçu de la série en somme. Si le dessin des débuts est plutôt brouillon (comme le souligne Gaston), Will Eisner acquiert bien vite le style qu’on lui connait. Côté histoire, comme les récits sont courts, le développement l’est également. Cela provient d’une contrainte éditoriale (une de plus !) qui demande à Eisner de fournir une publication périodique. Y a des trucs sympas, voire des situations amusantes mais l’ensemble est inégal. Je rejoins en ce sens Ems quand il parle de parodie de films policiers. A noter que ça n’a pas trop mal vieilli.
Quelle déception ! En lisant les intégrales de Soleil, je pensais retrouver le plaisir que j'avais eu en lisant l'album paru chez Vent d'Ouest, mais ce ne fut absolument pas le cas. En fait, les histoires sont sympathiques la plupart du temps et certaines sont vraiment géniales. Malheureusement, ce n'est pas le cas du dessin.
Si le style habituel d'Eisner doit, selon moi, se lire en noir et blanc ce n'est pas le cas pour le style qu'il avait au début. Il y a des cases où je n'ai pas très bien compris ce qu'il se passait et les actions des personnages auraient été plus dynamiques avec de la couleur. D'ailleurs, j'ai eu la chance de feuilleter des intégrales en anglais imprimées avec de la couleur et c'est franchement mieux.
Difficile de s'y retrouver avec cette série.
J'ai lu le tome "Qui a tué Cox Robin ?" sorti en 1987 chez Albin Michel.
Ces petites histoires ne m'ont pas convaincu, trop faciles et trop courtes pour avoir un développement correct. En comparaison aux scénarios actuels, ça fait très léger.
Par contre le dessin est toujours aussi bon, il est merveilleusement agencé dans les cases. Je préfère la dernière petite histoire pour sa colorisation en nuances de gris. Pour les autres en couleur, on retrouve les mêmes défauts que pour les BD de l'époque : des couleurs trop prononcées.
Le personnage su Spirit manque de profondeur, on a surtout l'impression de lire une satire des films policiers.
Un 3/5 uniquement pour le dessin.
C'est vieux, c'est vrai... Mais qu'est-ce que c'est tout bon !...
Le "Spirit" fait son apparition -remarquée-, sous forme de strip journalier, dans le quotidien US "Chicago Tribune" daté du 2 Juin 1940.
Succès immédiat !...
Et il y a de quoi !...
Aux commandes, Will Eisner se livre à une véritable parodie jouissive de la BD classique de l'époque. Son graphisme -noir et blanc- renouvelle même le genre. Un véritable jeu d'ombres et de lumière. Le découpage des planches est original ; du véritable "cinéma sur papier".
J'apprécie ces plongées, contre-plongées, plans larges ou rapprochés, zooms... un véritable ensemble qui confère une très belle unité de plans et d'action à la série. Qui plus est, nombre de scénarios paraissent avoir été écrits avec une certaine désinvolture ; mais il s'agit en fait d'une sorte de "nouvelle écriture" qui s'écarte des stéréotypes textuels de l'époque.
Un véritable "monde à part" créé par ce diable d'Eisner.
Ce strip journalier va se prolonger jusqu'en Février 1944, mais sous la férule d'autres dessinateurs. En effet, Eisner a été mobilisé dans l'armée !..
En 1945, revenu à la vie civile, Will reprend son personnage. Assisté de quelques collaborateurs, il balance le Spirit dans moult aventures rocambolesques ; ce jusqu'en 1952.
La série va alors s'arrêter jusqu'en 1966. Cette année-là, Eisner se remet à sa planche à dessin et réalise... un pastiche de sa propre série !... C'est la fin de ce héros complètement "à part". Eisner ne dessinera que de nouvelles couvertures pour diverses éditions qui paraîtront dans les années 70, mais "the dream is over"...
Qu'en dire ?... Une série surprenante, novatrice de ton, de style, de fond et de forme. Un héros complètement "hors du temps", mais dans la meilleure veine du genre.
Véritable cas à part, le Spirit est d'ailleurs considéré comme une des plus belles séries de l'époque.
Et il le mérite...
LES ALBUMS :
Là, il n'est pas facile de s'y retrouver ; de nombreuses maisons d'éditions affichant ce héros dans leur(s) catalogue(s).
1. Humanoïdes Associés : 5 albums de 1977 à 1980.
2. Futuropolis ("copyright") : 3 albums de 1981 à 1983.
3. Futuropolis (Icare) : 1 album en 1981
4. Ed. Neptune : 5 albums de 1982 à 1984
5. Albin Michel : 3 albums de 1985 à 1987
6. Ed. Peplum : 3 albums de 1989 à 1990
7. Vents d'Ouest : 1 album en 1996
8. Soleil Productions : 7 albums "Intégrale" de 2002 à 2005. Cette intégrale doit encore se poursuivre.
Que puis-je vous conseiller ?... Sans parti pris aucun : les 3 albums "à l'italienne" de la collection "Copyright", "l'intégrale" de chez Soleil -toujours en cours.
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