Ecube apparaît comme une série assez ambitieuse chez les Humanos. En effet c'est une sorte de livre-monde, tel que de nombreux auteurs de SF en ont produit, et il n'est pas évident de faire quelque chose d'original dans ce sous-genre.
Pour ma part je n'ai pas été surpris par le déroulement du récit, qui reste assez classique : dans une mégalopole du futur, des personnes apprennent qu'elles ne sont pas faites de chair et de sang... Avec un sujet pareil, resurgit bien évidemment l'ombre de Blade Runner ou de Total Recall... Le scénariste essaie de faire quelque chose d'un peu plus tortueux en multipliant les flashes-backs, les sauts dans le temps. Mais même si ces sauts restent confinés à une durée assez brève, ce découpage rend la lecture assez difficile ; et comme l'histoire ne m'a pas passionné plus que ça, je n'ai pas vraiment fait l'effort mental de reconstituer la suite des évènements au fil de ma lecture...
Le dessin de Massimo D'all'Oglio ne manque pas de qualités, au premier rang desquelles son habileté à installer des ambiances, et une relative maîtrise des proportions et des anatomies. Par contre, et là encore ça m'a gêné, tous les personnages arborent la même expression vide. Il m'a par moments été compliqué de différencier deux personnages, car leurs coupes de cheveux et leurs expressions étaient strictement les mêmes... Une plus grande rigueur dans les traits aurait été la bienvenue...
Je ne peux que malheureusement rejoindre les deux avis précédents.
D'une part, nous avons un scénario prometteur (en tout cas, pour moi), mais qui est mal exploité du fait des nombreux flash-backs qui alourdissent inutilement la lecture. De plus, à force d'en faire (des falsh-backs), les auteurs ont réussi plus d'une fois à me perdre: suis-je avant pendant ou après ce que je viens de lire? (ce n'était tout le temps pas clair).
Deuxième reproche, les visages: ceux-ci sont vraiment difficiles à distinguer. Plus d'une fois, j'ai du faire des retour en arrière (comme s'il n'y avait pas assez de flash-backs :-) ) pour m'assurer de l'identité d'un personnage (n'était-ce pas celui vu quelques pages avant? Ah non, c'est en fait machin)...
Ces deux problèmes ont fait que je n'ai pas terminé le bouquin.
Dommage, car j'avais un à-priori positif...
Le sujet est intéressant, un monde futuriste où les robots ont envahi notre quotidien. Une femme se blesse et se rend compte qu'elle n'est pas humaine ou "plus" humaine serait plus juste, elle est sûre qu'on lui a volé son corps et veut le récupérer. C'est un concept accrocheur et plein de promesses, mais quelques maladresses viennent troubler l’ensemble.
Premièrement le graphisme est réellement vilain et ne donne pas du tout envie de lire la bd, j'ai tout de même tenté cette lecture qui m'intriguait de part son sujet lors d'une séance de dédicace. J'ai du mal à voir cette production comme un manga car elle est faite par deux italiens, ce qui reste pour moi de la bd européenne. Le style manga du graphisme n'est pas ce qui le rend laid, il y a beaucoup de dessin d'inspiration asiatique qui sont magnifiques, c'est plutôt à cause de son aspect vite dessiné, vite colorisé, fait à la va-vite en somme.
Les auteurs ont préféré taper dans la longueur, plus de 120 pages, alors qu'elle aurait gagné en qualité s'ils l'avaient réduite de moitié et mieux travaillé le dessin. Les décors sont quasiment inexistants, les personnages se ressemblent trop, les couleurs sont froides, monotones et mal appliquées. A ce niveau là un noir et blanc aurait aussi été préférable.
Niveau scénario, c'est assez accrocheur mais avec quelques longueurs, certaines scènes sont à mon goût . L’intrigue est plutôt bonne, le sort de plusieurs personnes est en jeu, sur fond de complot industriel et les allers-retours dans le temps sont bien menés. Une note affinée à 2,5 car j’aimerai connaître la suite mais il va être difficile de passer outre tant d'horreur visuelle.
J'ai envie de donner un petit coup de pouce à ce manga à l'européenne qui n'est pas exempt de quelques défauts de maîtrises mais qui a aussi beaucoup de qualités et fait partie du haut du panier des productions du ShogunMag.
Le décor, Eidos, une mégalopole futuriste aux allures de Ghost in the shell où humains et serviteurs robotisés cohabitent pour le bien-être de toute l'humanité. Bien sûr, tout n'est pas parfait dans cette cité mais les zones d'ombre sont rares. Mais que se passerait-il si soudainement quelques habitants puis soudain beaucoup plus découvrent que eux aussi sont des robots, ou plutôt des esprits humains qui ont été placés à leur insu dans des corps cybernétiques ? Quête de l'immortalité pour un troïka de dirigeants mais cauchemar et crise d'identité pour les malheureuses victimes.
Je dois dire que ce scénario s'entame très bien, intelligemment mené et suffisamment complexe et intéressant pour vraiment captiver le lecteur amateur de science-fiction et de polar futuriste.
Le dessin lui aussi est de bonne qualité.
Quoique les décors paraissent un peu plats du fait du noir et blanc et de la faible utilisation de trames, ils sont tous très soignés et certaines planches fourmillent de détails réussis. C'est du bon boulot.
Quant aux personnages, ils rendent bien dans l'ensemble. A la lecture, je leur reprocherai deux choses. D'abord un léger manque de vie dans leurs mouvements mais rien de grave. Ensuite et surtout des visages d'une part assez difficiles à différencier - j'ai souvent eu du mal à reconnaître quel personnage était représenté à certains moments - mais aussi un peu trop lisses, à la manière de masques un peu figés que les personnages porteraient sur le visage.
Mais tout comme l'encrage s'affirme entre le début et la fin du premier tome paru, je pense que le dessinateur saura gagner en maîtrise et en aisance afin de donner plus de vie et de personnalité à ses personnages.
L'autre reproche que je ferais à ce manga est sa narration parfois difficile à suivre. Flash-backs, parfois même flash-backs dans les flash-backs, le lecteur reçoit beaucoup d'informations mais il peine un peu à les mettre en forme. Certains passages par exemple me sont restés assez incompréhensibles, avec l'impression que ce ne serait que plus tard que je comprendrais leur signification vis-à-vis du reste du récit. Et effectivement, en fin de premier album, on a compris à peu près tout ce qu'on a lu auparavant mais il ne faut pas s'y perdre en chemin car la narration n'aide pas à rendre la compréhension très fluide.
Bref, une bonne série SF en format manga quoique les auteurs soient d'origine italienne, un bon scénario et un dessin sympathique qui donnent envie de voir la suite.