Quand Frank Miller fait dans l’historique revisité, je suis adepte. Si la version cinématographique peut laisser dubitatif, la bd laisse peu de place au doute. On est dans du Miller pur, avec son graphisme hautement reconnaissable qui sert à merveille ce récit guerrier où violence et honneur s’entremêlent intimement.
Frank Miller a fait sienne cette histoire plus que connue du combat des Spartiates de Leonidas contre les Perses. Avec ses conventions et son style narratif, il nous livre un récit sans temps mort, où la mise en scène est brillante.
Un incontournable. Mais un peu comme tout ce qu’a fait Frank Miller, non ?... (je parle bd, pas du bonhomme.)
On ne peut pas avoir plus beau choix pour rédiger son 300ème avis sur ce site que d’en émettre un pour une des séries phares de Frank Miller s’appelant justement 300.
En se repositionnant dans le contexte, il était plutôt audacieux à l’époque de sa conception de proposer un comics sur une célèbre bataille de l’antiquité grecque.
Le postulat est en vérité très simple : une armée de 300 soldats tente bravement de repousser l’envahisseur bien plus imposant numériquement par la ruse et la stratégie…
Ce qui est fort sympathique pour quelqu’un comme moi qui n’apprécie que très modérément les récits historiques c’est que Miller ne s’embarrasse pas des apparats réalistes et utilise son armée comme métaphore quasi héroïque plus proche d’une image d’Epinal que des documents d’Alain Decaux.
En résulte des images fortes et quelques scènes d’action joliment mises en scène comme à l’habitude de cet auteur très contesté. Je préfère de loin les dessins du maitre lorsqu’il ne fait pas appel à la couleur mais le résultat est tout à fait satisfaisant avec un ennemi sournois et muet face à une armée de courageux soldats suicidaires. Quelques scènes de combat valent largement le coup d’œil ainsi que la fameuse tirade « Spaaaaartaaaa ».
L’album est présenté dans un format inhabituel à l’italienne assez imposant ne favorisant pas une lecture facile à manipuler mais agréable au regard. Il ne faut pas non plus être allergique aux bistouquettes puisque la plupart des protagonistes sont représentés dans leur tenue de guerre le plus « simple » possible.
Et puis il y a toute cette violence graphique propre à Miller dont j’avoue être grand fan… Certains dessins et poses méritent qu’on s’arrête quelques instants pour bien les contempler. Et pourtant je ne suis satisfait qu’à moitié de cette œuvre car le récit est peut être trop court et trop succinct pour y porter autant d’intérêt. Dès lors j’ai eu davantage la sensation d’assister à une suite de jolis dessins qu’à être touché véritablement par leur destinée comme j’ai pu l’être par une œuvre plus complexe comme « Pour l’Empire ».
Par contre une fois n’est pas coutume, l’adaptation ciné de Zack Snyder est supérieure à l’œuvre de papier d’où mon sentiment d’assister à un magnifique storyboard réellement pensé et réfléchi pour « porter » son adaptation sur grand écran…
Néanmoins Miller étant Miller, que l’on adhère ou non aux idées volontairement ( ? ) véhiculées par cette œuvre, il s’agit d’un must en terme de découpage graphique et qui se doit d’être lu au moins une fois par tout fan de batailles épiques ou de ses dessins inégalés. Un régal pour les yeux, un peu moins pour le cœur, 300 mérite bien la note qu’il véhicule : un gros 3 sans les zéros qui l’accompagnent
Et c’est, à peu de choses près, tout ce que j’en retiendrai.
Je n’ai pas été emballé par le visuel. Rares sont en effet les planches qui m’ont vraiment plu tandis que je devais parfois m’escrimer pour comprendre dans quel sens lire les phylactères.
L’histoire, elle, n’est pas inintéressante d’un point de vue historique, mais elle m’a été racontée avec tellement d’emphase que j’ai été vite saoulé. Trop dramatique, trop surjoué pour moi. Quant à la dimension historique, elle n'est finalement que fort peu présente, l’accent se posant plus sur les sentiments des protagonistes et sur la dimension héroïque de l’action.
Enfin, au niveau de la morale, ça fait très « américain ». Mort à ces peuples lâches d’Orient, mort aux faibles, aux malformés, aux « pas beaux ». Gloire aux guerriers sans failles qui dégomment les émissaires et autres diplomates d’hier… Oui, bon, ok… Quant au fait que ces fameux guerriers, que cette légendaire armée devait une part de la formidable solidarité de ses membres à leurs moeurs homosexuelles, on n'en fera, bien entendu, jamais mention. Manquerait plus que le petit américain s'identifie à un homo ! Non mais, des fois !
L’avantage avec Franck Miller c’est qu’il n’y a pas de sentiments mitigés, on est fan ou on trouve ça repoussant dès le début, pour ma part j’ai détesté.
Je reconnais que le bonhomme a des idées, c’est un bon scénariste, ses histoires sortent de l’ordinaire et sont prenantes pour peu qu’on aime l’hémoglobine et la violence gratuite à outrance, que se soit avec Sin City ou Batman. Mais quand ils se collent au dessin, comment dire… mes yeux saignent tellement c’est moche.
Les personnages sont mal réalisés et manquent de finitions, on croirait des brouillons ou des croquis pas finis. Les décors sont minimalistes voire inexistants et c’est soi disant volontaire pour l’ambiance et parce que c’est le style de Miller. Moi je crois plutôt que c’est une excuse pour masquer son manque de talent au dessin.
Le coloriage ? Un boulot de tâcheron, il aurait dû se décider entre un vrai coloriage ou du noir et blanc comme dans Sin City. C’est d’ailleurs un peu le problème avec 300, le film est bien plus prenant que le comic.
Pour mon 300ème avis, je me devais de poster mon avis sur cette série mythique qu'est 300…
Pour être tout à fait objectif, je dirais « bof bof ».
La raison principale vient du fait que cette lecture ne fait pas particulièrement partie de mon registre habituel. J’avais espéré" être transporté" ce ne fut pas le cas, ces fameux spartiates ne m’ont même pas fait léviter.
Les personnages me sont apparus caricaturaux au possible. Parfois même risibles dans leur détermination d’illuminés fanatiques prêts à se sacrifier pour la " bonne " cause. Au point que j'en suis venu à me demander si ce n’etait pas une certaine forme d’humour... Inhabituel.
Sur ce point, je reste sceptique …
Le dessin -correct- n’arrive pas à m’intéresser. Les personnages sont peu identifiables, et les scènes de bataille me sont apparues loin d’être épiques. J’aurais voulu voir ces 300 foncer tel un seul homme avec une foultitude de détails. Il y a bien des scènes presque intéressantes, mais il m’a manqué quelque chose…
Pour tout dire, je suis resté perplexe, voire incrédule tellement je n’ai pas réussi à rentrer dans l’histoire.
Je suis passé à coté de la testostérone de ces 300 « fou du roi ».
Difficile de commenter 300 sans pas parler de Frank Miller... ce génie aux idées nauséabondes.
Difficile aussi de ne pas voir dans l'oeuvre de Miller un reflet de ses positions idéologiques.
J'ai donc, de fait, vu dans 300 un peuple de radicaux (les Spartiates) se battre pour préserver un idéal de liberté et de justice qui est le leur (et dans lequel le handicap ou la faiblesse n'ont pas leur place)... face à l'ennemi Perse : peuple fanatique, cruel, soumis et non "civilisé".
J'ai aussi vu des modérés (Les Athéniens et leur démocratie) montrer très vite leurs limites alors que la fermeté absolue et la violence extrême des Spartiates sauve l'empire en plus de les couvrir d'honneur.
A part cela ... 300 est une très bonne BD.
Le récit est très fort, épique ! L'atmosphère et les mots sont justes et durs. On est donc vraiment dedans et l'ouvrage est une belle pièce.
Le dessin par contre est nettement en dessous de Sin City pour moi. Voire même franchement bâclé parfois.
Leonidas change de tête d'une case à l'autre, certains aplats de visages sont assez déroutants. Et la mise en page m'a paru parfois très étrange.
Graphiquement cette BD est une grande réussite.
Franck Miller réalise des planches de toute beauté, l’enchaînement des plans est de la meilleure veine.
Une mention spéciale à Lynn Varley pour les couleurs, j’ai rarement vu un si beau résultat.
L’histoire traite de la bataille de Thermopyles entre Spartiates et Perses.
Je ne suis pas convaincu par cet hymne au courage et à l’abnégation, sachant que les jeunes spartiates subissaient dès le début de leur existence un véritable lavage de cerveau.
Quelle différence entre ces spartiates combattant à Thermopyles et les Kamikazes combattant dans le Pacifique ?
Sans hésitation 3 étoiles.
Je voulais absolument lire la BD avant de voir le film, et évidemment j’ai vu le film en premier. Comme je l’avais bien aimé, j’ai voulu lire la BD. Et je suis tombé sur ça : une claque, graphique essentiellement, mais pas forcément au niveau de l’histoire.
Le dessin est percutant, c’est très plaisant à lire. Les couleurs sont belles, la narration est bonne et fluide, c'est très esthétique à regarder. Quant au scénario, je fus surpris que le film l’ait respecté. C’est quand même bien bourrin, et pas super intelligent. Et je trouve que la fin est trop courte.
Malgré cela, on passe un très bon moment de lecture.
Voilà une bande dessinée de Frank Miller que je voulais lire depuis bien longtemps mais elle ne m’était jamais tombée entre les mains. Jusqu'à maintenant !
J'aime les récits historiques lorsqu'ils sont si bien contés. Qu'on est loin d'un pompeux Jacques Martin ! On vit véritablement la bataille au milieu des ces Spartiates prêt à tout donner. Des chefs d'entreprise rêveraient d'avoir des employés aussi modèles prêt à se sacrifier pour la bonne cause !
Ici, il s'agit de défendre la Grèce, dernier bastion de civilisation éclairée du monde antique. Ces hommes se battent pour l'honneur. C'est un parfait exemple d'intégrité face aux promesses alléchantes de l'envahisseur. Ne jamais rien céder. Oui, on pourrait suivre cet exemple mais le monde serait sans doute ravagé si la diplomatie n'existait pas. Il faut toujours lâcher quelque chose pour obtenir la paix. C'est peut-être en cela que 300 est apparu un peu totalitaire aux yeux de certains lecteurs.
Je n'ai jamais voulu voir le film car j'avais été écœuré par le violent Sin City. La violence à l'état brut n'a jamais provoqué chez moi une admiration morbide ou une excitation surannée. La bd me paraît le support idéal pour une telle histoire. On reconnaîtra beaucoup de qualités dans la construction de 300 à commencer par un format adapté et original. La narration est le gros point fort car elle nous transporte littéralement dans la Grèce antique.
Un titre qui va souffrir aujourd'hui de la réputation de sa transposition au cinéma.
Bien que le film soit "assez" fidèle à l'œuvre d'origine, si vous n'avez pas aimé ce dernier je vous recommande néanmoins de prêter attention à ce comics à la fois singulier et classiquement "frank milleresque".
Déjà parce que l'information n'a pas la même saveur en fonction du média par lequel elle est transmise. Ce qui peut paraitre ridicule dans un film ne le sera pas forcément dans la BD.
Et surtout parce que le comics se veut beaucoup moins grand public que l'œuvre audiovisuelle.
Le comics est donc une œuvre sans compromis comme sait les faire Frank Miller. Sa forme reste dans le classique de l'auteur. Le fond quant à lui a la saveur de la testostérone et de la sueur de nos spartiates. (Coup de cœur ici à ma scène favorite où l'on voit des spartiates faire des pompes avec leur camarade sur leur dos.)
Bref, lisez cette BD ! Ne serais ce que pour ne pas rester sur l'unique impression du film. Et achetez là si elle vous a plu car elle se relit très bien !
La plus grande qualité de '300' est le dessin très réaliste de Frank Miller. C'est un vrai régal pour moi de voir chaque dessin et en particulier les scènes de combat. Chaque case devrait être étudiée tellement il y a de la beauté artistique dans le style de Miller
En revanche, le scénario m'a moins plu. Attention, ce n'est pas parce que je trouve cela mauvais. Je trouve qu'il y a plusieurs bonnes idées dans cette histoire (j'adore le soldat bossu). C'est juste que j'aurais préféré qu'il y ait quelque chose de plus qu'une simple suite de combats.
Je n’aime pourtant pas du tout la violence gratuite, mais je suis toujours fasciné par les récits de grandes batailles antiques. Une fascination mêlée de dégoût et d’horreur, certes, mais une fascination quand même. Comment ne pas admirer le courage et l’honneur qui animent ces combattants promis à une mort certaine, poussés par un idéal, par un code d’honneur barbare et sans compromis.
« 300 » est inspiré par la bataille de Thermopyles et par le film du même nom (paru en 1962) qui a paraît-il marqué Miller quand il était enfant. L’auteur a certes pris quelques libertés par rapport à l’Histoire, mais cela n’enlève rien à la puissance du récit. La narration est fluide, les textes sont superbes, et ma lecture a été un vrai plaisir.
Non, je n’aime pas la violence gratuite, mais justement ici rien n’est gratuit. Chaque scène n’est que la représentation de l’humanité telle qu’elle était à l’époque. Qu’on le veuille ou non, notre monde et ses frontières ont été tracés à coup d’épées, de têtes coupées et de pauvres bougres étripés.
Le dessin de Miller est superbe, et magnifiquement mis en couleur par Lynn Varley. Les scènes d’action sont toujours très lisibles, et certaines pleines pages sont vraiment belles.
Voilà, si vous aimez les grandes batailles antiques, les muscles et la sueur, vous pouvez difficilement passer à coté de cette superbe BD, dont les scènes épiques vous rappelleront les grandes batailles des meilleurs romans fantasy, « le seigneur des anneaux » en tête.
Alors, Miller, finalement, républicain réac ?
J’ai en tête entre autres "Give me liberty", "Elektra Assassin" (et ses présidents dégénérés quelque peu Reaganien et Carterien, pas des démocrates donc) et le courrier des lecteurs en v.o. des Sin City au numéro, dont Miller se servait de tribune à l’époque ou il était un des fers de lance de la riposte anti-censure (il y a une dizaine d’années). Donc j’ai quand même de gros doutes. Alors passons à la BD.
La principale qualité de 300 pour moi, est celle que je retrouve dans tout ce que Miller fait : la qualité d’écriture (narration, dialogues). C’est toujours à la limite du too much ou du pesant, mais sans jamais sombrer dans le ridicule, ce qui est déjà remarquable. Mais cela sert surtout à nous faire ressentir le souffle épique qui accompagne l’épopée de ces guerriers (Sparta !!!!).
Quand à l’argument historique, soyons persuadé qu’il n’y en a pas au-delà de la légende, c'est-à-dire un groupe d’hommes ayant tenu tête à une armée. Il suffit de se plonger dans l’œuvre de Miller pour se rendre compte que c’est cette seule idée qui l’a fasciné. En effet, il l’avait déjà utilisée dans le final du "Grand Carnage" de Sin City, histoire bien antérieure à "300" (et il n’a jamais caché cette parenté), et impossible à politiser. A lire donc au premier degré, le second se trouvant dans l’ironie de certains dialogues.
Graphiquement, c’est en lisant les avis précédents que j’ai remarqué le format particulier de l’œuvre. En effet, je possède la publication originale en 5 comics de taille normale, et en les relisant après coup, je me suis rendu compte que toutes les pages se faisant face, n’en formaient qu’une seule (c’est bien la preuve que j’ai trouvé cette BD prenante). Vu sous cet angle, cela n’a pu que rajouter (inconsciemment pour moi) à l’impression "larger than life" de cette histoire. Heureusement d'ailleurs que cette mise en page est spectaculaire, et que la force toute relative ici du trait de Miller est renforcé par le remarquable travail –son meilleur ?- de colorisation de Lynn Varley, car avec cette BD, on a l’impression que l’auteur commence à bâcler sérieusement son dessin (et cela va empirer jusqu’au dernier tome calamiteux du Batman - Dark Knight, pour lequel DC exigera que Miller revoie sa copie).
Bilan final : 4 étoiles, car c'est exactement "franchement bien" comme BD.
Difficile de ne pas penser au film que j'ai vu en premier...
Ce dernier a bien récupéré les codes des couleurs de l'oeuvre papier et s'avère être une bonne adaptation.
"300" est avant tout une BD d'action sans réelle ambition historique.
En dehors de toute interprétation politique, on a pas mal de thèmes revisités : le petit contre le géant, la traitrise, etc....
L'ensemble fonctionne très bien mais si la logique adoptée par les spartiates est cohérente et même intelligente, on assiste quand même à une énorme boucherie...
Cette énorme bataille rangée aurait gagné en intérêt avec un meilleur développement du contexte.
Il y a quand même une saine morale à ce huit clos meurtrier qui ne fait nullement l'apologie du suicide glorieux mais plutôt la part belle aux principes de base d'une armée qui est de défendre son pays.
Quelque part, en relativisant, on peut comparer cet acte au sacrifice des soldats sur les côtes normandes en 44.....
Au final pour ne pas se prendre la tête avec cette BD, il suffit de la prendre au premier degré.
Un petit point final pour le dessin : j'ai apprécié les cases où les personnages sont en ombres chinoises.
Tout d'abord il convient de préciser que les personnages de cette BD, les 300 personnages principaux sont des Spartiates. Sparte une société belliciste elle est montrée comme telle par Miller.
Les Spartiates sont durs, les Spartiates condamnent les faibles à mort des la naissance, le roi de Sparte Léonidas n'hésite pas à assommer à mains nue son capitaine qui s'emporte après un soldat, le roi de Sparte croque une pomme debout sur un tas de mourants que ses hommes sont en train d'achever, le roi de Sparte n'hésite pas à pousser un malheureux difforme au suicide...
Il me semble exagéré de prétendre que Miller idéalise une telle société.
Les Spartiates marchent sur les Perses pour l'honneur et la gloire en premier lieux. Ils veulent protéger la Grèce qu'ils définissent comme un espoir de justice et de raison.
En aucun cas les Spartiates se battent pour la démocratie dans cette BD, ce sont des guerriers, ils obéissent à la loi de la Sparte sacrée. C'est ainsi que Miller dépeint Léonidas et ses hommes.
Le mot "démocratie" est employé une seule fois dans cette BD, par Léonidas s'adressant au jeune Stelios : "Je n'ai rien demandé, laisses la démocratie aux Athéniens".
Ceci-dit, en lisant on a sacrément envie de les voir gagner les Spartiates !
Inutile de tergiverser ou d'affubler Frank Miller d'une certaine idéologie, il s'agit d'une BD construite par son auteur avec la démesure qui le caractérise. Il n'y a pas de métaphore ou d'allégorie avec telle ou telle société. Il n'y a probablement que très peu de véracité historique.
Il s'agit plutôt d'un hommage à un fait d'arme légendaire. Un affrontement titanesque nous montrant une poignée d'hommes résistant à des millions. Le ton grandiloquent employé par l'auteur donne un souffle épique sans égal à cette œuvre. Les dessins sont magnifiques, à mes yeux une des meilleures réalisations de son auteur.
Frank Miller est un très bon raconteur d'histoire doublé d'un grand dessinateur, 300 est une grande BD c'est cet aspect que j’en retiendrai.
"Cela fait plus de quarante ans depuis le loup et l’hiver glacial. Maintenant, comme alors, ce n’est pas la peur qui le tient. Non pas la peur. Seulement une agitation un sens aigu des choses. Le sol rocheux sous ses pieds. La brise marine. Le ronflement et la respiration légère des trois cents garçons dont il a la charge… tous prêts à mourir pour lui sans l’ombre d’une hésitation."
Incroyable d’invention et d’audace, Miller réinvente l’épopée antique, le mythe du guerrier invulnérable et sans peur. Les personnages sont charismatiques, en particulier la focalisation que l’on a du roi Leonidas, qui apparaît comme le personnage indéfectible et LA machine à tuer (vaut mieux l’avoir dans son camp !). L'auteur manie avec grande force son scénario et mène le lecteur exactement où il le veut. On peut reprocher une histoire bien bourrin par moment mais Miller fait preuve d’un certain réalisme dans ses combats et ne cache pas son parti pris de sang et de fureur. Du très grand art.
Et puis, il y a son dessin. Le choix des cadrages, des plans, des prises de vues tout semble pensé avec soin et dans les détails. Visuellement impeccable, il nous abreuve de pleines pages chocs. J’aime assez quand le dessinateur a un trait particulier qui l’identifie au premier coup d’œil. Même s’il n’est pas parfait, on s’attache à son univers et sa réalisation graphique.
L’album est en lui-même un bel objet, format à l’italienne, couverture rigide soignée. Malheureusement, le prix suit lui aussi et c’est nettement plus cher que la moyenne.
« 300 » ? C’est le nombre de guerriers spartiates qui, avec le roi Léonidas, affrontèrent la massive armée perse au 5ème siècle avant JC dans la passe très étroite des Thermopyles.
Honte à moi, fan d’histoire ! Je ne connaissais absolument pas ce haut fait important de l’Antiquité ! J’ai découvert ce récit en allant voir le film. Ce long métrage, je l’ai adoré ! Par contre, la bd, elle ne m’attirait pas plus que ça car, au premier coup d’œil, la mise en page me semblait fouillie, le dessin était loin de correspondre à que j’admire dans la bd et son prix est élevé (20€00) !
Et puis, très récemment, je me suis laissé tenter par cette lecture pour finalement apprécier très fortement cette bd !
J’ai adoré le souffle héroïque de ce récit bien servi par un dessin au trait épais de Frank Miller et par une mise en couleurs somptueuse aux tons chauds parfaitement adaptée aux scènes de tension et de batailles.
J’y ai aimé également la forte présence de la voix off qui confère une dimension épique à cette histoire et les nombreuses cases au plan large qui nous laissent apparaître le gigantisme de la bataille (le format à l’italienne convient parfaitement à cette bd).
Quant à l’histoire proprement dite, il y a, à mon avis, beaucoup de choses à en discuter ! Le scénario est plus subtil qu’un affrontement entre le bien et mal. En lisant cette bd, le lecteur ne peut que s’interroger sur la pertinence de cette guerre, sur la soi-disant défense de la démocratie alors que le héros de ce récit est un roi et que les esclaves existaient dans cette société, sur l’arrogance des spartiates qui étaient certains d’être supérieurs aux perses (bien que le roi perse Xerxés soit lui aussi insolent en se prenant pour un dieu ! Et bien que les écrits de l’époque montrent que les spartiates étaient considérés comme étant les plus grands guerriers parmi tous les peuples méditerranéens) et l’irrespect de ceux-ci envers les autres peuples, et sur plein de choses encore ! Ce qui fait que je suis ressorti secoué, ébloui, méfiant, écœuré, interrogatif de cette lecture et… j’adore ça quand un album ne me laisse pas indifférent et m’encourage à effectuer des recherches sur un fait historique !
« 300 » est exactement le genre de bd historique que j’aime lire ! La narration, le dessin, la mise en couleurs me sont apparus excellents et parfaitement adaptés au récit. A mon avis, cette histoire va plus loin qu’une simple bataille entre les spartiates et les perses, elle nous interroge sur l’utilité de cette guerre et sur l’idéologie spartiate qui m’a semblé pleine de paradoxes. Un must !
300, c'est avant tout du grand spectacle, une épopée héroïque de 300 guerriers spartiates face à l'invasion du Dieu-Roi Xerxès, chef de l'armée persane.
Les scènes de batailles nous offrent un rendu très correcte, notamment grâce au format type italien ("à l'horizontale"), qui permet aux auteurs de faire adopter à certaines planches une vue panoramique des scènes d'action.
Et de l'action, cela ne manque pas...La résistance offerte par les Spartiates reste soutenue et ne souffre d'aucun passage à vide.
Les dessins et couleurs comics sont bons, le scénario quant à lui est assez simpliste puisqu'il ne réside que dans la bataille des Thermopyles.
En conclusion, il s'agit d'une bonne BD de divertissement, qui se lit (et re-lit) assez rapidement.
Encore une fois comme pour Sin City, une fois n’est pas coutume, c’est l’adaptation cinématographique qui m’a poussé à lire "300", et grand bien m’en a pris.
L’histoire dépeint la bataille des Thermopyles menée par le roi de Sparte, Léonidas, accompagné de ses 300 soldats contre l’envahisseur Perse. Miller réécrit l’Histoire avec un grand H, en prenant certaines libertés et en y apportant une dimension fantastique et théâtrale. Là où le récit est le plus fort, et où l’auteur est talentueux, c’est dans sa manière de retranscrire et de faire passer l’émotion et l’état d’esprit des Spartiates, inflexibles et déterminés jusqu’à la mort. Au départ on peut s’attendre à un affrontement basique bien manichéen, mais en grattant un chouya, on y découvre des thèmes, tel que le totalitarisme, la démocratie... Et contrairement à ceux qui y voient une sorte d’apologie du totalitarisme-démocratique face à l’axe du mal, moi, j’y vois une réflexion, voire une satire.
Le dessin brut de décoffrage de Miller est superbe. Son cadrage et ses prises de vue donne le tournis, c’est renversant. Ce format à l’italienne, assez rare en comics, donne aux planches une lecture assez atypique et dépaysante, passant de gigantesques cases à de minuscules vignettes, c’est du grand art.
Les couleurs de Varley, ne sont pas en reste, parfaitement en harmonie avec le dessin et l’ambiance. Sa palette de couleurs est à la fois très sombre et terne avec une très légère pointe d’exotisme. J’aime particulièrement la façon dont ressort le rouge, ça frappe l’œil mais ce n’est ni vulgaire ni criard, idem pour l’application des textures. Chapeau.
Ma première difficulté à été de bien distinguer cette BD de 1998 du film qui en a été tiré en 2007. Beaucoup de commentateurs mélangent des références à l'un et à l'autre, au point qu'on peut dire que cette BD connaît en 2007 une deuxième vie, pour ceux qui ont vu le film.
Cette BD n'est pas le film, donc, qu'on se le dise, qu'on le sache.
Ensuite, ça se complique, car l'auteur de la BD a lui-même été inspiré par un film de 1962 très ressemblant, qui était également fortement influencé par les intérêts stratégiques américains du moment (la guerre froide cette fois).
1998, c'est après la guerre froide, et c'est avant le 11 septembre 2001. Peut-on donc dire que pour Franck Miller Perse = Iran? Ca se discute.
Par ailleurs, le thème des Grecs contre les Perses représentant la séparation de l'Europe et de l'Asie, séparation comprise comme une dichotomie irréconciliable et étanche, est beaucoup plus ancien dans la littérature européenne. Je ne sais pas trop s'il date de la première vague de l'Islam ou de l'Empire ottoman. C'est comme on dit un lieu commun rhétorique, qui a le plus souvent servi à justifier une main-mise culturelle et une interdiction de critique politique dans les pays occidentaux (Eglise catholique par exemple, mais aussi orthodoxie grecque moderne, etc.). C'est aussi depuis le début un anachronisme : Les Grecs (et les Romains) n'étaient pas des puissances "européennes", mais méditerranéennes.
Dans cette BD, la présentation des Grecs comme représentant la "démocratie" est aussi un anachronisme tendancieux. Ils étaient aussi esclavagistes que leurs opposants. La violence que les jeunes gens admirent aujourd'hui était appliquée quotidiennement contre les esclaves, et les jeunes gens d'aujourd'hui n'auraient probablement pas eu le droit de participer au combat, mais au contraire auraient été réduits en esclavage. Déjà moins sympa, hein? S'ils faisaient partie des quelques privilégiés pouvant entrer dans l'armée, les adolescents étaient donnés à des hommes d'âge mur, une obligation légale particulièrement respectée à Sparte. This was Sparta.
Un auteur américain, un culte morbide de la violence, une guerre de civilisations binaire, une représentation des corps qui fait penser à l'exploitation de l'antique dans certaines affiches des années 30 (surtout les visages, très très fermés). Partout un goût du chaos et du malheur. Partout une fermeture d'esprit totale.
Bref, pas vraiment une oeuvre bushiste, mais un excellent matériau pour les visées bushistes, et l'acceptation par le public occidental non averti des nombreux crimes qui en résultent.
Il fut un temps où on préférait Athènes à Sparte. Vive la liberté, vive la tolérance et la connaissance des autres, vive la paix.
Xerxès le roi divin des Perses marche vers la Grèce à la tête d'une armée de plusieurs centaines de milliers d'hommes, sans aucun doute la plus grande armée antique qui n'ai jamais existée ! Les Athéniens et le reste de la Grèce ne réagissent pas. Seul Léonidas le roi de Sparte décide de faire front avec sa garde personnelle de 300 hommes pour éviter à Sparte le pillage et l'esclavage. Ce dernier choisit de bloquer les Perses aux Thermopyles, passage étroit le long de la mer où l'armée asiatique ne pourra pas déployer toute sa puissance.
Xerxès a avec lui des milliers de guerriers. Léonidas lui n'a que 300 hommes mais ce ne sont pas des guerriers... ce sont des Spartiates !!!
Miller adapte ici la célèbre bataille antique des Thermopyles. Il est vrai que le scénario fait très "américain" mais personnellement je n'ai pas été dérangé. L'auteur ne fait qu'enjoliver les légendaires fierté, combativité et puissance des Spartiates.
La BD est bourrée de testostérone, de muscles, de sang et de sueur mais j'adore la façon dont l'histoire est racontée. Il s'en dégage quelque chose de véritablement épique ! Amateur d'histoire j'ai été comblé même si la réalité historique n'est pas totalement respectée.
Le dessin est absolument fantastique. Miller maîtrise à merveille les jeux d'ombre et de lumière. Les scènes de bataille ont un dynamisme fou. Le découpage des planches est extrêmement varié et réussi. Les couleurs dans une dominante de brun et de noir remplissent parfaitement leur mission et renforcent le sentiment épique.
S'ajoute à cela que le format de la BD est inversé. Les planches sont donc au format paysage ce qui donne l'impression de regarder un film.
L'histoire, la narration, le dessin, les couleurs, l'album en lui-même, tout est culte dans ce splendide one-shot ! 300 est mon meilleur comics. L'achat est indispensable (même si le public visé est clairement masculin) et ce malgré un prix relativement élevé qui s'avérera à la lecture totalement justifié.
Je vais de ce pas louer le film !
THIS IS SPARTA !!!!
Parenthèse historique
Il est connu que les Spartiates ont été les plus grands guerriers de l'antiquité entraînés dès l'enfance à survivre et à combattre. La population de Sparte est composée de deux types de population : les Spartiates et le reste (femmes, enfants, esclaves, etc.). Ces Spartiates sont des hommes de 18 ans révolus ayant reçu l'éducation spartiate (d'autres conditions sont nécessaires mais je vais pas faire un cours d'histoire). Les guerriers de Sparte n'ont jamais été les plus nombreux dans les grandes batailles contre Athènes ou les autres villes de Grèce mais ils ont toujours été les plus redoutés.
D'abord graphiquement, le noir et blanc est superbe, dynamique et expressif à souhait, aidé en plus par un découpage survitaminé. Les couleurs achèvent de planter l'ambiance d'antiquité et de guerre.
Un vrai must, à condition de comprendre que les intentions de l'auteur (comme celui du film) étaient de faire de l'heroic fantasy à partir de faits historique -comme Conan le Barbare avec la préhistoire- et on a une histoire faite de résistance dans le bon sens du terme.
Toi aussi, tu aimes les films de gladiateurs, les muscles bien huilés, et les jeunes corps virils dénudés ? Alors cette bédé est faite pour toi !
Non, trêve de plaisanterie, voilà une bédé franchement plaisante et bien foutue, au format original et chic, pleine de puissance et de virilité. Un must pour les amateurs d'histoire antique (même s'il faut bien l'admettre, l'auteur prend de larges libertés avec l'histoire) et de bédés où l'on ne rigole pas avec la guerre. Un récit plein de tension, d'héroïsme à l'ancienne, et surtout, y'a du sang partout et c'est ça qu'on aime
Sacrée oeuvre que celle-là.
Raconter une bataille célèbre de l'Antiquité grecque a dû être un sacré défi pour un auteur de comics. Même lorsqu'il s'appelle Frank Miller et qu'il n'a peur de rien.
Le résultat est quand même très fort. On saisit bien la dimension dramatique des évènements, même si aucun rappel historique, ou presque, n'est là pour nous resituer dans le contexte. Oh, bien sûr, l'auteur a dû faire des raccourcis, s'arranger avec certains détails... Mais le résultat est là : graphiquement, c'est hors normes !
Cadrages éclatés, personnages surexposés, narration baroque... Mais c'est dans l'expression de la violence que meilleur est le Miller. En effet, ces combats sont exceptionnels, avec des arrêts sur images hallucinants.
Un style qui convient tout à fait au cinéma, cinéma qui va rendre justice à cette belle oeuvre, que je trouve toutefois un peu prétentieuse. Mais comment vont-ils faire avec toutes ces quéquettes à Hollywood ?
Un beau dessin tout en contraste d'ombre et de lumière qui confère une ambiance sombre et parfait accord avec les évènements et les esprits. Une mise en page originale. Mais un scénario et des personnages caricaturaux, très américains dans leur style (ce n'est pas sans rappeler W.Bush contre l'axe du mal). Des libertés semblent avoir été prises avec l'histoire dont la pertinence est douteuse.
Voilà un album de belle qualité autant par son contenu que par son physique (format à part, belle qualité, etc.) et malgré son prix élevé, je pense qu'on peut l'acheter sans soucis.
Concernant son dessin, certaines planches et cases sont belles, c'est certain. Les compositions offrent parfois de très belles images, pleines de force et d'émotion.
Néanmoins, je n'ai pas accroché totalement à ce dessin.
D'une part, j'ai du mal avec son obscurité ambiante : je reconnais la qualité de son dessin faits d'ombres et d'obscurité, mais je ne peux pas m'empêcher de ne pas apprécier un album qui reste ainsi sombre sur toute sa longueur. Je ne suis pas un esthète de l'obscurité (obscurité relative ici, ceci dit : ça donne juste l'impression que tout se passe de nuit ou dans un soleil couchant).
De même, j'ai eu l'impression de retrouver certaines caractéristiques du dessin de Batman - Dark Knight et d'autres comics plus américains par leur décor que le décor de Grèce Antique de 300, notamment au niveau des personnages musclés et parfois proches du style super héros, des chevaux aussi musclés et trapus qu'eux. D'où une légère impression de retrouver des super héros de comics dans un décor antique qui m'a gêné de manière diffuse. Mais ce n'est pas très important et c'est sans doute une impression très personnelle.
Concernant l'histoire, elle est entièrement basée sur l'état d'esprit spartiate : leur honneur, leur force, leur dureté, leur implacabilité. C'est un très bel hommage et la force des hommes de Leonidas rejaillit dans la force de la BD elle-même. C'est dense, c'est puissant.
Ceci étant dit, je n'ai pas été subjugué par cette oeuvre. Je comprends l'hommage mais l'histoire en elle-même ne m'a pas particulièrement semblé prenante. C'est le genre d'histoire dont on connait la fin et qu'on lit par curiosité, pour voir comment elle a été traitée, mais sans vraiment de surprise, d'autant qu'il n'y en a aucune dans le scénario ici. La narration est aussi droite et implacable que les spartiates et le résultat est donc fort mais sans surprise à mes yeux.
Cette BD est à découvrir. Les personnages, le dessin, le scénario, la mise en page, les couleurs... tout est original, très fort, soigné.
Au départ on se prépare à un simple et sanglant affrontement entre les envahisseurs perses et les libres spartiates (je vous laisse deviner qui sont les méchants). Mais la force de caractère des personnages donne une dimension incroyable au récit. Le découpage de l'intrigue est très astucieux. Tout se met en place pour le combat final. Dont le point culminant n'est pas une distribution d'hémoglobine (trop simpliste). Le ressort est ailleurs.
Les hommes se savent condamnés. Mais ils assumeront leur responsabilité, leur choix, jusqu'au bout...
J'avoue avoir été hanté par cette histoire pendant plusieurs jours sans réellement comprendre pourquoi. Je ne suis pas fan de bataille. Je pense que la clef du mystère réside dans la foi et le sacrifice des personnages.
Ô_Ô
En lisant "300", on ne peut guère qu'ouvrir de grands yeux. Visuellement c'est en effet superbe. Les couleurs, sombres, sont magnifiques et les jeux de lumière sont remplacés ici par d'abondants jeux d'ombre, souvent impressionnants. Pour autant, certaines gueules sont assez typées "américain", comme la femme de Léonidas ou le capitaine par exemple...
"300" s'inspire de la bataille de Thermopyles, où une poignée de Spartiates résistèrent à la gigantesque armée Perse. Mais ce n'est pas le côté historique qui fait sa force. Non, sa force c'est sa dureté, l'esprit implacablement obstiné et résolu des Spartiates, cette obsession d'être un guerrier, d'être dur, fort. Cet aspect est rendu de façon si magistrale qu'on en est tout ébloui, même si on se dit (raisonnablement) que tout ça déborde un peu de téstostérone...
Mais justement, ça marche. Miller prend un trait et le pousse à fond, sans hésiter, tout comme la résolution de ces Spartiates, d'ailleurs. Les personnages ne sont pas sympathiques, ils ne sont pas faits pour ça, non, mais ils sont admirables. Il y a aussi beaucoup de fatalisme dans "300". Mais du fatalisme positif, si on peut dire; celui qui consiste à assumer ses choix jusqu'au bout.
Miller joue aussi la carte du comics de super-héros. Ca me rappelle ce texte dans la bouche de Warren Ellis, dans "Powers" : Quelqu'un qui lit 300 comics de super héros chaque mois est un malade qui a besoin d'un médecin. J'arracherai à son cadavre encore fumant toutes les choses qui ont conduit les super héros à dominer les comics. L'énergie démesurée, les visuels épatants, le fétichisme et tout ça, pour l'appliquer à d'autres genres et d'autres histoires. C'est exactement ce que l'auteur a fait ici, et le résultat fonctionne à merveille.
Voilà, "300" n'est certainement pas un album profond, mais c'est par contre un album absolument superbe, et d'une efficacité incroyable.
Je crois que 300 n'a pas pour vocation d'être fidèle à la réalité historique. De toute façon l'épisode des guerres médiques qu'il décrit appartient autant à la légende qu'à l'histoire dite "sérieuse".
Et de ce point de vue, c'est un succès.
Les images brutales et le rythme haché de la prose, le découpage dynamique et les couleurs brutes donnent à cette BD le souffle d'épopée qui lui convient.
Alors bien sûr, on peut critiquer le manichéisme de la vision des Spartiates héroïques et implacables face aux Perses veules et innombrables, mais après tout, il ne faut pas s'attendre à trouver autre chose dans une BD qui parle des Thermopyles.
En tout cas le talent est au rendez vous (rien de surprenant avec Miller) et les fils de Sparte sont vraiment les meilleurs!
Bon, je vais me faire tapper dessus par le WM.
En fait, je n'ai pas encore lu cette bd, mais j'ai lu le livre les murailles de feu. 300, me parait être l'adaptation dessinée de ce livre. moi qui avait été conquis par l'intetnsité de ce bouquin je m'étais demandé si l'adaptation n'avait pas été créée, une bd dans le style de Murena, très historique et surtout dans ce cas très épique.
maintenant que le posteur, m'a permis de savoir qu'elle existait je pense allez me l'acheter après ce message.
L'histoire est réelle.
En 480 avt JC. les armées de l'Empire Perse, conduite par Xerxès, traversent l'Hellespont, actuelle détroit des Dardanelles. Leur but : envahir la Grèce, l'ennemi de toujours et asservir son peuple. Près de deux cent mille hommes s'apprêtent ainsi à deferler sur Sparte.
La nouvelle sème l'effroi : l'armée perse est dix fois plus puissante que celle des Grecs. Pour retarder son approche, le Roi Léonidas dépêche trois cent soldats. Dans le défilé de Thermopyles, surplombant à pic la mer Egée, ils vont écrire l'une pages les plus sanglantes et les plus héroïques de l'Histoire antique.
(dans le livre) raccontée par un survivant, c'est cette bataille - et au-delà, de toute l'histoire et la vie quotidienne de Sparte - que fait vivre l'auteur.
A chaque page, des scènes d'anthologie, des personnages innoubliables.
...
Après lecture de cette BD, il est à relever une certaine déception qu'il fallait attendre... La dureté spartiate n'est montrée que par le mot "On est les plus forts, on est les plus viriles, normal on est Spartiates!!" Un peu lourdingue comme réflexion non ?! Sinon l'histoire et plus ou moins là, les rapports sont bien suivi, normal vous me direz on ne change pas l'histoire écrite !
De l'excellent Frank Miller ! Un péplum épique, sombre, sauvage... Le dessin est superbe (pour qui aime le style un peu spécial et "brut" de Miller). Pour une fois, c'est en couleurs, couleurs que l'on doit à Lynn Varley, la compagne de Miller (pour ceux qui s'intéressent à la vie privée des dessinateurs de BD). Le format genre "Cinémascope" est original. Mais surtout, il y a cette histoire d'une poignée d'hommes qui préfèrent mourir libres que vivre en esclaves, si belle, si forte... Le scénario n'est pas aussi manichéen que la quat' de couv' de l'édition française le laisse supposer : celle-ci, en effet, présente plus ou moins l'histoire comme un affrontement entre les gentils Grecs défenseurs de la liberté, de la démocratie, de la pensée, face aux méchants Perses barbares, esclavagistes, obscurantistes... Rassurez-vous, la BD elle-même est largement plus subtile que ça ! De plus, elle a le mérite de ne pas trop prendre de libertés avec l'Histoire réelle. Évidemment, tout ça est un peu romancé et embelli, mais ce n'est pas du grand n'importe quoi comme dans le film "Gladiator", par exemple ! Seul regret, le prix, plutôt élevé : environ 20 euros, ça craint...