J'avais adoré cette bd à sa sortie. Vraiment. Je l'avais lu et relu. C'est cet album qui m'avait fait découvrir Baru.
Et puis je l'ai encore relu il n'y a pas longtemps presque 15 ans après. Et bien j'ai beaucoup moins aimé. J'ai trouvé ça trop carricatural, trop social, trop communiste, trop niais, trop "outré" par moment dans les expressions des personnages (ça c'est le style de Baru).
Alors qu'en plus j'adore cet auteur. D'autres albums de lui n'ont pas pris une ride (Sur la route encore par exemple ). Celui-ci a pris un sérieux coup de vieux. Je pense que ce que j'aime chez lui c'est plus les paysages hyperréalistes à l'aquarelle. Ces petites villes de campagne mornes et tristes. Ces routes sous la pluie au milieu des champs de betteraves. Là on est plus concentré sur les personnages et de plus c'est en noir et blanc et pour couronner le tout en petit format. Alors cela me touche moins.
Après ce n'est pas mauvais, loin de là. C'est haletant, il y a du suspense, de l'action, des rebondissements, un peu de sexe, bref rien ne manque !
Un super polar social de série b (et avec un super méchant skinhead).
Que les amateurs de belles planches montrant des paysages grandioses avec moult détails soient prévenus, Baru, lui, se contente d’aller à l’essentiel, utilise le lavis noir et blanc, accorde beaucoup plus d’importance à l’intrigue et aux personnages. Du coup, le trait est nerveux, le cadrage serré et les mouvements rapides, parfois au détriment de la lisibilité, mais d’une manière générale ça fonctionne plutôt bien. La mise en page m’a rappelé vaguement le manga japonais, et cela ne m’a pas tellement surpris de voir que l’auteur avait publié au « pays du soleil irradiant ». Le récit glisse tout seul et les pages se tournent rapidement. Cependant, il m’a semblé que le scénario lorgnait parfois vers la facilité (incroyable comme les coïncidences jouent en faveur de Faurissier pour lui permettre de pister sa proie, c’est presque magique, mais on dira que c’est du « cinéma »…). D’autres fois, j’ai cru déceler un certain manque de rigueur (j’ai trouvé certaines cases incompréhensibles) même si l’histoire retombe toujours sur ses pattes.
Là où l’intérêt de cette bédé réside vraiment, c’est dans son aspect social, ancré dans la réalité d’un quotidien miné par le contexte de crise économique des « quarante foireuses », ce qui pour moi place Baru dans la même famille que Davodeau. Les dialogues sonnent vrais, de plus les deux personnages principaux sont atypiques et attachants. D’abord Karim, le beau gosse « reubeu de la 2ème génération », gigolo gominé comme Elvis car il rêve d’Amérique et de belles femmes, se révélant également loyal et fragile. Ensuite Alex, jeune paumé un peu balourd, dont l’évolution à l’intérieur du récit est intéressante. Maladroit et peu sûr de lui au début, il va progressivement prendre de l’assurance (l’élément déclencheur étant la perte de ses lunettes), et finira même par s’attirer les faveurs de la fille de Loiseau… Seul le personnage de Faurissier est assez caricatural dans sa folie et sa méchanceté, mais on se doute bien que Baru ne porte pas l’extrême-droite dans son cœur… Au final, c’est une belle histoire d’amitié, ainsi qu’une ode à la liberté et au dépassement de soi.
Le récit est cependant plaisant, bien rythmé. Le découpage est soigné. Les dialogues sont vivants. Les deux personnages centraux sont charismatiques.
Oui, mais voilà, l’ensemble me semble souvent tomber dans la facilité. Dans les dialogues, certaines répliques sont très convenues. Dans les rebondissements, certains hasards sont plus qu’heureux. Dans les rencontres féminines, quelle chance de croiser autant de filles enthousiastes à l’idée de s’envoyer en l’air avec le premier venu.
Alors, me voilà le cul entre deux chaises. D’une part, cette lecture m’a diverti. D’autre part, elle m’a semblé convenue.
Enfin, la faible présence de contexte social (hormis au tout début du récit) aura sans doute joué un rôle dans mon peu d'engouement. Il n'est pas normal que ce soit la séquence consacrée à la destruction d'un haut-fourneau, événement des plus secondaires dans ce récit, qui me touche le plus et pourtant c'est pour moi le moment le plus émouvant.
Pas mal, sans plus. Achat tout de même conseillé car c’est un album qui se relit facilement grâce à son côté divertissant.
L'autoroute du soleil, c'est comme un film, on embarque et on se laisse aller.
C'est l'histoire de deux jeunes à la sortie de l'adolescence, Karim et Alexandre, qui vivent les derniers soubresauts économiques du bassin minier du Nord de la France, et qui vont devoir se carapater vite fait de leur province sous peine de se faire allumer par une sacrée tête de con et ses petits amis, un con très jaloux et très facho à la fois.
Baru campe ses personnages en deux traits de crayon très vifs, énergiques. Ce pourquoi ses bandes dessinées respirent la vie. Ses images ne se posent pas, elles s'enchainent au rythme de l'action. Une véritable caméra qui ne s'attarde pas sur le superflu. Le lecteur est tenu par la tension qui s'échappe de son crayon. Et lorsque la situation tombe dans un calme apparent, il se paye le luxe d'immenses cases qui prennent la page entière. Ses découpages sont d'une intelligence et d'une sensibilité vraiment remarquables. Et lorsque l'histoire s'accélère, le trait également.
L'autoroute du soleil, c'est avant tout une belle histoire sur l'amitié. Et contrairement au titre, l'amitié, c'est pas une autoroute, mais bien une route tordue, compliquée, où chacun apprend petit à petit le sens du mot "amitié". C'est également une bande dessinée qui nous parle des choix que l'on fait, et de leurs conséquences.
Bref, on peut lire cette bande dessinée en se délassant et en se laissant porter par le récit, mais aussi en réfléchissant à la valeur des liens qui nous unissent à certaines personnes.
J'ai bien aimé dans cette BD le rythme soutenu de l'action et la franchise du scénario.
L'histoire met en scène la violence banale, sans fioritures et sous de nombreux aspects : sexuel, conjugal, extrémisme, racisme, paupérisation, amitié.
J'y ai trouvé quelques jolis dessins, le reste étant d'une facture honnête.
Le plus gros point faible que j'ai relevé, c'est l'aspect parfois redondant du scénario.
L’autoroute du soleil fait partie de ces lectures que je devais réaliser afin de compléter ma formation de bédéphile. Visiblement, c’est un titre qui avait également marqué à sa façon les années 90. C’est désormais chose faite. Cette lecture au final ne m’a pas pourtant procuré un grand enthousiasme !
Il y a sans doute les nombreuses lectures que j’ai réalisées et qui font que je relativise la portée d’un titre dans son contexte et son époque. C’est pas mal mais sans être franchement bien.
Ces deux jeunes gars sont plutôt sympathiques et on suit bien volontiers leurs aventures sur les routes de France. Cependant, leur histoire de fuite-poursuite n’est pas crédible pour un sou. Nous avons un facho de service qui veut casser de l’arabe à tout prix : c’est aussi manichéen que cela dans le principe ! Or quand cette copie presque conforme d’un certain médecin d’extrême droite le tient, il veut faire durer le plaisir en le relâchant mais il n’hésite pas à tirer à tout va avec son révolver avec des balles qui se perdent. On va voir que ce bon docteur assassine froidement sa compagne pour marquer le coup et qu’on puisse se dire : oh là la, c’est un vrai méchant celui-là ! J’ai rarement lu un récit aussi niais et bourrées d’invraisemblances les plus diverses. La France est pourtant grande mais les personnages se croisent sans cesse au détour d’un champ ou d’une gare de campagne !
On nous bassine sur la préface que l’auteur a traité des thèmes sur le racisme et l’intolérance. Le fait de faire une histoire et d’intégrer partiellement certains détails font-ils que l’auteur traite d’un sujet en profondeur. On ne pourra pas dire que c’est le cas ici. Il n’y a malheureusement aucune subtilité.
Pour autant, la lecture a été sympathique sur le plan du divertissement pur. C’est un bon road movie à la française mais sans plus.
Un peu déçu par ma lecture. Je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel, mais en fin de compte c'est juste pas mal. Je n'aime pas beaucoup les 200 premières pages. Les personnages principaux passent leur temps à s'enfuir et ils sont très caricaturaux. D'ailleurs, j'ai arrêté ma lecture là avant de continuer le lendemain.
Je ne sais pas si c'est parce que j'étais plus réceptif, mais j'ai commencé à trouver ça plus intéressant. L'intrigue devient plus complexe et les personnages aussi (surtout le docteur qui n'est plus caricatural). Ce n'est pas une suite de courses poursuites auxquelles on ajoute des péripéties inutiles comme je le craignais, il y a vraiment une histoire et elle est chouette.
Génial ! Un road movie détonnant !
J’ai lu ce pavé au format original d’une traite. Les pages se tournent vite mais elles sont tellement nombreuses (plus de 400) qu’on en a pour un bon bout de temps, et aussi pour son argent (ce qui n’est pas négligeable).
Au niveau de l’intrigue, on ne peut pas dire qu’il ne se passe rien ! Que de rebondissements ! Baru nous laisse peu de répit. Le rythme est effréné. On engloutit les chapitres. Le suspense est quasiment présent tout au long de l’album. Une vraie performance scénaristique ! Malgré ce que peut laisser penser le titre et la couverture très colorée de l’édition originale, l’histoire est on ne peut plus noire. Le tout sur fond de chronique sociale.
Le graphisme de Baru, assez proche du manga, n’est pas vraiment ma tasse de thé. Du coup, au moment de débuter ma lecture, j’appréhendais un peu. Je pensais que ce style pourrait m’empêcher d’entrer dans l’intrigue. Mais finalement, ça ne m’a absolument pas gêné. Et puis, ça correspondait parfaitement aux styles sec, dur et violent du récit. Quant à l’absence de couleurs, ça ne m’a pas posé de problème non plus, d’autant que je ne suis pas fan de la colorisation employée par Baru dans la plupart de ses autres albums.
On frôle le 5/5 mais j’ai bien lu la charte au moment de m’inscrire. Le webmaster y précise bien que les 5/5 doivent être distribués avec parcimonie car ils viennent récompenser une œuvre exceptionnelle. Je vais donc noter sévèrement cet album en lui mettant « seulement » 4/5. Pourquoi ? Pas par sadisme mais parce que j’ai trouvé que la fin traînait légèrement en longueur. On commence dans le dernier quart de l’album à tourner quelque peu en rond. Cette chasse à l’homme n’en finit plus, si bien que le dénouement perd lui aussi de son impact et déçoit. De plus, histoire de pinailler un peu, certains dessins sont approximatifs et rendent la compréhension des événements floue le temps de quelques cases. C’est un petit défaut qui peut énerver, notamment quand la lecture est si cadencée.
Néanmoins, si vous ne devez lire qu’une BD de Baru, lisez l’Autoroute du Soleil. Ca reste pour l’heure son chef d’œuvre.
Le scénario est maîtrisé et rythmé, notamment à l’aide de chapitres. Il nous entraîne magistralement dans cette chasse à l’homme. Je n’ai pas trouvé les rebondissements « faciles » et j’ai vraiment dévoré cette intégrale… L’ensemble paraît naturel, instinctif ; on dirait que cette histoire nous est contée en temps réel.
Et l’aspect graphique dans tout cela ? Le trait est dynamique et puissant. On dirait que l’auteur s’est véritablement imposé un style impulsif ; si impulsif qu’il m’a semblé par moments légèrement brouillon. Il colle cependant parfaitement au rythme de cette course poursuite haletante.
Que dire de plus ? Eh bien que cette BD figure dans les immanquables, et ce n’est pas pour rien ! Merci la recherche avancée
De Baru, j’avais lu « Cours camarade ! », « L’enragé » et « Pauvres zhéros » avant d’entamer « L’autoroute du soleil ». Ce sont les nombreux avis positifs postés sur bdthèque qui m’ont poussés à découvrir « L’autoroute du soleil »… je n’ai pas été déçu !
« L’autoroute du soleil » met en scène Karim et Alexandre. Le premier est un tombeur d’origine maghrébine et toujours habillé façon 1950, le second est un looser qui voue une grande admiration pour Karim. Lord d’une virée, Karim va pratiquement se retrouver face à face au mari d’une de ses maîtresses, il ne dit qu’au salut d’Alexandre qui l’a avertit à temps… seulement voilà, ce mari, c’est le docteur Raoul Faurissier, il est membre d’un parti d’extrême droite dont leur credo est de mettre les étrangers dehors. A partir de ce jour, Karim et Alexandre vont être constamment poursuivis par Raoul Faurissier et sa bande qui ont juré leurs pertes…
Avant de réaliser « L’autoroute du soleil » , Baru avait jeté les premières bases de cette bd en accomplissant « Cours Camarade ! ». Ainsi, le lecteur pourra retrouver plus ou moins certains personnages et certaines scènes de « L’autoroute du soleil » en feuilletant « Cours camarade ! ».
Cet album est un sacré road-movie ! C’est une des bd les plus rythmées que j’ai lue jusqu’à maintenant ! Du début jusqu’à la fin de la cavale de Karim et Alexandre, nos deux compères ne vont pas finir de changer de coin ! Ainsi, le lecteur les verra se balader du nord jusqu’au sud de la France sans arrêt (sauf dans la deuxième partie de la bd que je vous laisse découvrir !) ! Même si l’auteur utilise des gros ficelles pour faire rebondir son scénario, j’ai été littéralement accroché par cette lecture, il faut dire que la narration m’est apparue excellente, très fluide : c’est un vrai bonheur de suivre les péripéties de Karim et Alexandre sans prise de tête.
Il faut avouer aussi que les personnages principaux et secondaires sont hauts en couleurs : du pompiste jusqu’au bourgeois en passant par la bombinette facile, tous ont des gueules incroyables, s’ils sont loin parfois d’attirer de la sympathie, il faut reconnaître qu’il est difficile de les oublier ! A mon avis, le point fort de cette bd est justement le fait que l’auteur a su rendre ses protagonistes très marquants.
Et que dire des dialogues ? Baru a -comme à son habitude- parsemé sa bd de commentaires chocs, directs, parfois crus qui dérangent, font rires, remuent nos méninges… moi, j’adore ça !
A travers ce thriller haletant, l’auteur y glisse quelques travers de la société des années 1990. Ainsi, à travers le personnage de Raoul Faurissier, Baru ne fait que souligner la montée des extrémistes et du racisme…
Graphiquement, même si je préfère le dessin en couleurs (« Pauvres zhéros » est un vrai régal sur ce point !) que le noir et blanc de Baru, « L’autoroute du soleil » m’est apparu assez agréable à contempler. J’y ai apprécié la finesse et le dynamisme de son trait, moins certains cadrages où j’ai éprouvé des difficultés à bien saisir ce que voulait nous montrer l’auteur.
Finalement, j’ai aimé « L’autoroute du soleil », j’y ai découvert un thriller haletant, très difficile à décrocher tant la narration est excellente. J’y ai apprécié énormément la présence de personnages très truculents. Si le dessin de Baru ne m’est pas apparu si irréprochables que ça au niveau des cadrages, je reconnais que son trait est très dynamique, très personnel et s’avère parfaitement adapté à ce scénario.
A lire impérativement surtout si vous aimez les road-movies !
Mon avis rejoint un peu celui de Kael, pourtant je mets une étoile de plus à la note.
Le dessin est effectivement irrégulier. Certaines planches sont belles, mais globalement ça reste quand même très approximatif, surtout dans le 1er tome. Il y a quand même certains personnages bien difformes, pas bien proportionnés du tout… à moins que cela soit fait exprès ?
Par contre l’histoire, elle, est excellente. Rien de bien nouveau, mais quelle efficacité ! Impossible de m’arrêter avant la fin. C’est rempli d’action, d’aventure, d’amitié, d’humour, bref, une lecture vraiment agréable et haletante. En plus comme le dit Arzak dans son avis, les scènes d’action et de baston sont vraiment bien mises en scène, on retrouve un peu le style propre aux mangas je trouve. (La BD est d’ailleurs parue en France et au Japon simultanément)
Bref, une réussite, « L’autoroute du soleil » m’a encore plus enthousiasmé que Nuit Noire, autre BD du même genre… Un superbe « road-movie » à lire et posséder.
L’autoroute du soleil… c’est une sacrée BD. Lue il y a un petit bout de temps mais qui me laisse un très très bon souvenir. Le début hésite un chouia, histoire de présenter les personnages, mais une fois que c’est parti, c’est les montagnes russes à n’en plus finir. A chaque fois que les persos ont enfin posés leurs fesses quelques cases, Baru fait repartir son histoire à un train d’enfer. Le genre de BD qu’on peut lire dans n’importe quelle position inconfortable et qui fait grogner si un intrus s’approche trop près, et dont on ressort avec l’impression de devoir se reconnecter avec la réalité qui nous entoure. Bravo à l'auteur pour son tour de force.
Voilà pour le ressenti. Le dessin est stylé, dynamique, pas forcément précis mais bien assez, concernant les personnages on s’y attache très vite même si on a pas d’affinité particulière à la base, bref c'est une BD excellente !
Un album qui m'avait beaucoup plu à l'époque, quand je le relis de temps en temps je trouve ça correct mais il me semble y prendre moins de plaisir.
Avec cet album j'ai découvert Baru, son dessin particulier et sa narration virulente m'ont séduit, au fil du temps j'ai continué à lire ses BD et en général je ne suis jamais déçu, bien au contraire!
Il est quand même bien de commencer par l'Autoroute du soleil si l'on veut aborder Baru, cette BD contient pas mal d'éléments qu'il réutilisera ensuite de manière plus affinée.
Les histoires de Baru sont pleines d'énergie et de colère, ses personnages principaux sont souvent issus du monde ouvrier vivant dans des quartiers populaires à l'image de ceux de l'Autoroute du soleil.
L'Autoroute du soleil met en scène deux jeunes aux prises avec un puissant groupe de crapules, ils sont condamnés à fuir vers nulle part. Les péripéties se succèdent, tout va très vite, c'est une histoire qui ne manque pas de vigueur... Pourtant, c'est peut-être un peu trop gros, il y a peut-être un peu trop de clichés, un peu trop d'invraisemblance et cela paraît paradoxalement un peu longuet, malgré l'énergie qui s'en dégage, pour convaincre totalement.
Même si à présent je préfère ses oeuvres plus récentes, l'Autoroute du soleil est une bonne BD que je conseille, un album pas très cher en regard de son contenu, ce qui n'est pas négligeable.
Une dernière chose, personnellement j'aime mieux les dessins de Baru en couleurs.
Le point fort de cette BD, c'est sa narration pêchue : c'est le genre de BD que vous avez du mal à lâcher quand vous l'avez entamée et que vous lisez jusqu'à la fin.
Le dessin est pas mal même si j'ai mis quelques pages à me faire aux personnages plus expressifs que vraiment soignés. Mais le style de dessin a le même dynamisme que l'histoire elle-même donc convient très bien. Seules certaines séquences d'action sont assez mal passées pour moi car le dessin et la mise en page m'ont parus un peu difficile à comprendre en première lecture (je pense au moment où la camionnette du gars bourré arrive en zigzaguant vers les héros, ou au moment où le camion percute de plein fouet la voiture des méchants et la fait voler devant leurs yeux héberlués).
Le scénario de base n'avait pas grand chose pour me plaire : je ne suis pas friand du tout de courses-poursuites avec des rebelles débrouillards comme héros et des méchants avec des flingues comme pourchasseurs. Et pourtant j'ai été rapidement happé par l'histoire notamment je pense parce qu'elle est très bien introduite et ensuite parce que la narration est très bonne.
Par contre, même si je l'ai lue avec interêt, il n'est pas ressorti grand chose au final de ma lecture. J'ai passé un moment assez agréable mais je garde un souvenir assez diffus du tout car rien ne m'a vraiment marqué et la fin de l'histoire m'a parue un peu simple et sans ce petit quelque chose qui aurait fait du récit complet un tout excellent et mémorable.
Bon moment de lecture mais pas un souvenir impérissable.
C’est seulement après quelques dizaines de pages que j’ai réussi à rentrer dans l’histoire. En effet, l’attrait pour cet album a débuté avec le premier chassé-croisé entre les protagonistes où le sadisme des uns se joue de la peur des autres, rendant l’atmosphère assez "trippant". On est pris par les enchaînements qui voient les déboires s’accumuler pour nos deux "fuyards". Ce road-movie sans temps mort se lit donc sans ennui. A noter que les dessins de Baru sont en parfaite adéquation avec ce récit de "chasse à l’homme".
A lire, certainement !
Un peu déçu en fait, tant mes prédécesseurs étaient élogieux. Je pinaille, ces 2 albums sont bons, faut pas exagérer
Je ne sais pas trop quoi penser du dessin, je le trouve bien trop irrégulier pour pouvoir en parler dans sa globalité. Certaines planches sont définitivement ratées, le dessin est approximatif, et les cadrages navrant... mais d'autres pages (une majorité quand même) collent beaucoup mieux à l'histoire, allant de l'action à l'émotion sans problème.
Je regrette un peu le classicisme de l'histoire par contre... C'est un peu facile tout ça, rien d'original. Heureusement c'est bien mené, on ne s'ennuie pas une seconde.
La jeunesse est insousciante, c'est bien connu. Et bien parfois, il peut il y avoir de lourdes conséquences suite à des actes quelque peu irréfléchis. Voilà comme nos deux jeunes gens vont se retrouver, fuyant des dangers qui les dépassent, et au travers de leur fuite, se découvrir. Cette escapade un peu bohème, un peu précipitée, va les faire passer directement du statut d'adolescent attardé à celui d'adulte. Un vrai parcours initiatique, sur fond de violence ordinaire.
La bd est longue, mais elle se lit très bien, sans jamais lasser. Une réussite.
C'est vrai que la taille du volume impressionne au début, et puis finalement ça passe sans difficultés. On pénètre bien dans l'histoire et ces allers-retours sur l'autoroute du soleil nous procurent un réel plaisir, à la fois par l'épaisseur que gagnent les personnages et par le comique de certaines situations.
Le développement du scénario, qui part d'une idée sans trop d'originalité, est impeccable, la narration est vraiment entraînante et les personnages sont dans l'ensemble bien trouvés et très vivants (ce qui est vital pour un genre où les rencontres sont si importantes). Tout fonctionne à merveille, et ce road movie de plus de 400 pages s'avale sans problème. J'étais presque déçu que ça se termine.
Pour le dessin, je ne trouve pas ça "beau", mais simplement adapté au ton de la BD et au côté social de l'histoire. Je n'aime pas beaucoup ce trait et ça m'a un peu rebuté au début, mais on arrive assez rapidement à passer outre. La mise en page, elle, est bonne.
Je l'ai lu pendant un trajet en voiture (le format aidant), et ça m'a bien fait passer le temps : une bonne BD solide et maîtrisée.
Lu le pavé de plus de 400 pages. Ca fait peur au début on dirait un dico, en plus le papier est vieux et pas agréable. Mais on s'y colle, et puis on accroche bien. Des persos bien plantés, une narration active, ça rend le tout pas ennuyant. Bon on a l'impression que certains rebondissements sont un peu abracadabrantesque (euh), et ne servent qu'à allonger l'histoire. Mais pour le reste, on sent que ça pourrait être réel, les dialogues et les situations sonnent juste (ding ding, hum).
Et la fin, elle me rappelle quelque chose... à croire que tous les road movie finissent pareil.
Sinon le dessin est plus occidental que aligné sur les codes du manga jap.
Le principe du "road movie" est parfaitement retranscrit ici... Le dessin/découpage de Baru et ses dialogues sont idéalement au service du mouvement et de son récit.
Les personnages sont attachants. Les caricatures et les stéréotypes sont viables et ne nuisent pas à l'histoire. Par moment, on est même proche d'une excellente satire sociale.
"L'autoroute du soleil" est un gros pavé impressionnant de 430 pages (récemment réedité en deux volumes) qui me semble-t-il, se réclame du manga.
L'histoire est longue. Les péripéties des deux personnages principaux, Alex et Karim, sont presque dignes de "Mildiou" tant les rebondissements sont nombreux et l'acharnement de leur poursuivant prononcé. Le début est raconté de façon absolument magistrale par une voix off (l'analogie avec le cinéma est très forte) qui présente les personnages, la situation, et qui donne le coup d'envoi.
A partir de là les choses s'enchaînent de façon assez implacable. Les évènements se succèdent, logiques, durs, et on se retrouve englué dans une situation inextricable. Personnellement je trouve ça très bien fait. Seule solution : la fuite, qui va durer tout l'album... Fuite devant un ennemi complètement acharné et qui ne lâche pas sa proie. Fuite devant certaines rencontres malheureuses, mais qui ne seront pas anecdotiques et participeront au contraire à la construction de l'histoire.
L'évolution des personnages est un des points forts de cet album. Que ce soit Faurissier, qui devient aveugle puis fou de haine, Alexandre, qui de gamin boutonneux et timide s'affirme de plus en plus, ou d'autres encore, les personnages ne sont pas monolithiques, ils ne sont pas figés, au contraire : ils sont très vivants.
Bon, tout de même, en 430 pages on a le temps de trouver l'histoire un peu longue, c'est vrai. Et puis certains rebondissements font un peu feuilleton. N'empêche, lorsque la mécanique s'est mise en marche, plus moyen de lâcher cet album. C'est vraiment prenant.
Pas grand-chose à dire sur le dessin, c'est du Baru. Un petit regret sur la couleur, qui à mon avis aurait apporté un plus à l'ensemble, et sur le tic de dessin de l'auteur qui consiste à faire des persos parfois complètement de travers pour marquer leur énervement... C'est un peu déstabilisant au début.
Je dois dire que c'est un peu par hasard si j'ai eu cette bd entre les mains. Et donc j'avoue avoir commencé la lecture de L'Autoroute du Soleil avec une certaine appréhension car il faut reconnaître que le dessin de Baru est assez particulier.
A ma grande surprise, le scénario est vraiment très bien écrit et je ne regrette pas mon acquisition car j'ai passé un moment très agréable en lisant cette brique de 430 pages. ( L'édition original est en un seul volume )
Karim et Alexandre, les deux personnages principaux sont très convaincants et on s'attache très vite à eux. L’approche à caractère social de cette fable m’a, d’ailleurs, fait un peu penser au style d'Étienne Davodeau.
A travers son récit, Baru mets en valeur la haine et la violence que les mouvements d'extrême droite peuvent parfois engendrer. C’est, bien sûr, raconté avec une bonne dose d’humour, ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas un seul instant. La narration est fluide et très aérée. Aucune lourdeur est à noter et le ton est direct et juste.
Voici donc une histoire qui ne manque pas de caractère . Celle-ci nous fait voyager à travers la France en compagnie d'une galerie de personnages plus qu’intéressants. Du facho au dragueur en passant par le dealer et bien sûr........Véronique. Tous les acteurs du récit ont un rôle important. Celui-ci contribue à donner de la densité à cet album et on ne s'en plaindra pas.
Au niveau du dessin, comme je l'ai dit plus haut, il faut avouer qu'il est assez spécial mais on s'habitue très vite au trait de cet auteur qui finalement colle totalement au récit. On peut donc dire que ce style graphique est efficace, un peu comme le scénario, d’ailleurs.
L'absence de couleur ne gâche en rien la lecture et certaines pages sans textes parlent d'elles-mêmes tellement Baru a réussi à créer une ambiance particulière.
Voilà donc une bd que je qualifierais de convaincante et il est évident que je ne peux que vous la conseiller car cette histoire vaut vraiment la peine d'être lue.
Génial !
A condition d'aimer le dessin, qui est particulier à Baru, l'histoire vous entrainera du début à la fin sans vous lâcher.
Baru a choisi des traits qu'on assimile facilement aux dessin mangas, mais qui restent très européens quand même. Les personnages sont anguleux, les tronches, déformées par la colère ou la joie. Mais le découpage et le rythme restent européens.
Quant à l'histoire, elle rebondit et se calme comme un épisode d'"Urgences", un vrai rythme qui retient l'attention jusqu'au bout.
Le format est constestable, mais sert l'intrigue puisque les planches sont petites et permettent un "suspense" d'une page à l'autre.
A mon avis, un auteur à connaître et une BD à posséder.
16/20 Un "roadmovie" à la française très ensoleillée dont les personnages sont attachants.Et qui montre la bêtise fascisante de certains parti.( une première version plus courte et sensiblement différente était paru chez Albin michel en 88 du nom de "Cours camarade!".)
A lire
Cette bd m'avait fait forte impression à l'époque de sa sortie (1995) et elle continue à m'impressioner. Le format manga (cette bd avait été éditée en même temps au Japon) convient très bien à Baru qui est passé maître dans l'art de mettre en scène les bagarres et la vitesse. Mais l'autoroute du soleil n'est pas que ça, c'est aussi un scénario solide, des personnages bien construits et un certain sens de l'aventure.
L'album a reçu l'Alph'art du meilleur album, à angoulême, en 1996. Et le prix des librairies spécialisées bd, la même année.