L'hôte est tiré d'une nouvelle d'Albert Camus que je ne connaissais pas. Il faut dire que je lis assez peu d'oeuvres littéraires car ce n'est pas mon support préféré. Il est bon alors que des bandes dessinées reprennent des oeuvres classiques pour toucher un plus large public.
L'hôte a été écrit dans le contexte de la guerre d'Algérie. On y voit l'extrême pauvreté de ce pays avec ses paysages arides. La nature ne semble pas faire de cadeaux.
Et puis, arrive un évènement inattendue qui va bouleverser la vie d'un instituteur. Après avoir accueilli un hôte bien particulier, il va lui laisser le choix de sa liberté. Or, je n'arrive pas à comprendre le sens du message final. Pourquoi avoir laissé une si mauvaise remarque sur le tableau d'Ecole ? L'instituteur semble s'être aliéné le gendarme qui représentait l'autorité locale sans gagner la sympathie du prisonnier indigène. C'est franchement une terrible conclusion.
Je précise que je n’ai pas lu la nouvelle de Camus.
J’ai été un peu déçu par cet album. La lecture est beaucoup trop rapide du fait d’une action extrêmement contemplative. On s’ennuie même un peu par moment car il ne passe pas grand-chose.
Par contre, j’ai beaucoup apprécié les beaux paysages de Ferrandez et la thématique très forte de ce one-shot, malheureusement pas suffisamment exploitée.
Lecture conseillée aux amateurs de Ferrandez et Camus mais les autres peuvent passer leur chemin.
Cette bande dessinée met en scène un jeune instituteur français dans une petite école loin de toutes habitations, bien intégré à la population locale qui l'apprécie. Mais un gendarme lui amène un jour un prisonnier algérien, logiquement accusé de droit commun mais dans cette période trouble de ce qui ne s'appelait pas encore la Guerre d'Algérie, rien n'était aussi simple. Le jeune homme reçoit bien malgré lui pour mission d'escorter l'algérien jusqu'à la ville voisine, chose qui le rebute totalement car il refuse de s'impliquer et de le traiter en prisonnier.
Cet album rend un bel hommage aux paysages algériens. C'est là son principal point fort. Le dessin de Ferrandez est beau et toute la mise en page de ses planches fait en sorte d'offrir de superbe décors en simple ou double page. Ca vaut le coup d'oeil et c'est dépaysant.
L'histoire, quant à elle, est intéressante et intelligente mais hélas beaucoup trop courte. L'album est grand et épais et pourtant il se lit à toute vitesse. A moins de savourer les grandes plages de silence et de contemplation, c'est un récit qui pourrait se résumer en deux lignes. Le lecteur a de quoi se sentir un peu floué compte tenu du prix de l'objet.
Sympathique et beau mais trop vite lu, c'est dommage. J'aurais franchement aimé une histoire plus complexe et plus étendue.
Après avoir passé beaucoup de temps à parler de l’Algérie coloniale, Ferrandez continue sur le même thème en adaptant une nouvelle d’Albert Camus se passant juste avant la Guerre d’Algérie…
Camus, né sur place, a placé beaucoup de choses dans sa nouvelle : la patrie, l’honneur, la loyauté… Ferrandez remplit les cases vides, nous proposant de très belles vues de la montagne algérienne. L’histoire y est propice : l’école est complètement isolée, il n’y a, hormis les enfants, que 3 (ou 4, si on inclut la personne qui fait le ravitaillement hebdomadaire) protagonistes dans l’histoire. Ca se lit vite, un peu trop vite, même si on contemple les superbes paysages étalés sur toute la largeur des pages, et même en double page. Quant à la portée soi-disant philosophique… Certes, on a un grand respect pour cet instituteur qui n’aspire qu’à vivre en paix et à enseigner aux enfants, pour celui qu’on lui confie aussi, un homme qui a tué pour un différend…
Il y a beaucoup de non-dits, et tout le monde n’en saisira pas la portée. Restent les beaux dessins de Ferrandez, qui valent à eux seuls l’achat du bouquin.