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Avis posté par Noirdésir Infos posteur le 16/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est un album trempé dans la poussière de la route, de la misère et de la peur du lendemain, dans l’Amérique profonde de la crise de 1929. Cette Amérique où des centaines de milliers de « nouveaux pauvres » tentent au jour le jour de survivre, cherchant un emploi que personne ne leur offre.

C’est glauque, dur, et aggravé par la haine de classe et surtout le racisme ordinaire et extrême, qui fait que les pauvres et les Noirs sont des pestiférés en même temps que des boucs émissaires, des exutoires faciles pour assumer ses hypocrisies.

Avec cet arrière-plan désespérant, on sait dès le début que l’histoire sera noire, violente. Elle l’est, même si la fin l’est moins.

L’histoire se laisse lire, est bien menée, avec un dessin plus qu’honnête. Je n’ai pas forcément grand-chose à reprocher à cet album, si ce n’est qu’il n’est pas très original, et donc pas inoubliable. Et que donc l’achat n’est pas forcément indispensable.

Avis posté par Blue boy Infos posteur le 30/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette BD évoque incontestablement l’univers de Steinbeck. Dans la droite ligne de romans comme «Les Raisins de la colère » ou « Des Souris et des hommes », les auteurs nous plongent dans la période suivant le krach boursier de 1929 qui avait précipité des millions d’Américains dans la misère. L’histoire fait ressortir de façon saisissante toute la violence contenue dans les gênes de ce pays où il n’a jamais fait bon être pauvre, a fortiori en temps de crise. On y voit comment les hommes qui cherchaient par tous les moyens à survivre étaient harcelés par les institutions d’un pouvoir fascisant (police et chemins de fer notamment) et traités comme des animaux.

Du reste, je suis plus mitigé vis-à vis d’un scénario que je trouve assez ennuyeux. Si la mission du personnage principal, Tom, consistant à partir à la recherche d’un enfant à l’aide d’une photo peut constituer un bon pitch, le résultat n’est pas à la hauteur. J’ai trouvé que le récit manquait de relief, et certaines scènes m’ont paru peu vraisemblables (notamment celle de l’assaut final par les flics de la cabane où est réfugié le braqueur). Je n’ai pas été touché non plus par les personnages, assez peu nuancés. Il faut dire que le style graphique n’arrange rien : le trait est assez grossier, pas très agréable à regarder, la couleur insipide et le découpage digne d’un amateur, parfois même complètement raté (l’accident p.14).

Si je peux reconnaître la sincérité dans la démarche, je n’ai pas vraiment été emballé par cette histoire qui pour moi frise l’improvisation dans la forme. Cela n’en est que plus dommage, car le sujet mérite qu’on s’y attarde étant donné la résonance particulière qu’il trouve dans notre époque.

Avis posté par pierig Infos posteur le 24/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A la lecture des avis de mes prédécesseurs, il se dégage un certain consensus que je partage. Ce road-movie post crise de 29 interpelle par sa violence. Je n’imaginais pas en effet une telle extrémité. Ainsi, tuer son prochain pour avoir son job semblait être un leitmotiv. Edifiant !

Le récit n’est pas exempt de menus défauts. Le principal est inhérent aux intentions des auteurs d’offrir un témoignage représentatif de cet après 29. Cela donne un kaléidoscope de stéréotypes qui tinte le récit d’artificialité et rend peu crédible le parcours de Tom. Son comportement détaché des événements est aussi en déphasage avec l’âpreté de l’époque. Mais, étonnamment, la pilule passe bien grâce à une narration prenante et à un découpage efficace. Le trait épais et les couleurs vives ne sont pas sans rappeler le travail de Pellejero. Tout comme Erik, je ne suis pas resté indifférent à ce road-movie mêlant déchéance humaine et espérance.

Une lecture conseillée !

Avis posté par Erik Infos posteur le 05/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avais déjà beaucoup aimé la précédente oeuvre de Jaime Martin à savoir Ce que le vent apporte. Après la Russie tsariste, il nous décrit l'Amérique durant la grande dépression ou l'anti-rêve américain. Il y a des scènes si dures qu'on a du mal à croire qu'elles ont pu effectivement se produire mais le genre humain étant ce qu'il est, tout est malheureusement permis.

J'apprécie également beaucoup le trait de ce dessinateur espagnol. Le regard de chaque personnage est assez évocateur. L'émotion n'a pas de mal à passer. Il n'y a pas non plus de fioritures inutiles. Les couleurs sont également bien choisies pur évoquer ce monde rempli d'injustice, de misère et d'immoralité.

Il est dommage que les oeuvres de cet artiste soient si rares sur le marché français. Cela viendra peut-être avec le temps. On ne restera pas indifférent face à ce road-movie traitant de la misère humaine. Il y a également l'espérance d'une vie meilleure. C'est ce que j'aime !

Avis posté par JAMES RED Infos posteur le 14/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour la première fois, je trouve une oeuvre de Wander Antunes enfin aboutie après les deux épisodes chez Paquet Big Bill est mort et Un Paradis distant. Après l'Argentin Walter Taborda, Antunes fait cette fois confiance à Jaime Martin au dessin.
Le décor change peu puisqu'une nouvelle fois le scénariste place son récit dans les Etats-Unis du Sud, dans la pauvreté crasse de la Grande Dépression des années 30. On n'est pas loin des romans de Steinbeck et de Faulkner. Les personnages sont empreints d'une profonde humanité et le récit est souvent émouvant. On regrettera une fin, à mon sens, un peu décevante.

Avis posté par Spooky Infos posteur le 08/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai trouvé cet album assez convenu, en fait.
De l'histoire très banale de ce hobo qui se trouve un but, une rédemption avec cette quête d'un enfant dont le destin est très probablement tragique, des personnages sans grande épaisseur en passant par le dessin très quelconque ici de Jaime Martin, pour moi c'est une vraie déception par rapport au battage qui a été fait autour à l'époque de sa sortie.

A peine reconnaîtrai-je le savoir de la mise en scène ; mais comme j'ai eu l'impression qu'Antunes s'en fichait un peu, elle est bâclée à mes yeux.

Avis posté par cac Infos posteur le 03/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un album tout à fait agréable à parcourir, 80 pages d'une histoire portant sur les conséquences sociales de la crise de 29 aux États-Unis. Un homme erre à travers le pays, cherche un boulot comme beaucoup et croise des personnes diverses et variées. Ces personnes peuvent être un enfant mais aussi d'autres moins recommandables comme ceux qui considèrent les vagabonds comme de la vermine.

C'est souvent cru et violent, on a l'impression d'être revenu au far-west quelques dizaines d'années auparavant. Pourtant le dessin ne fait pas transparaitre cette violence, il est soigné. Les traits épais des visages des personnages sont ce qui dérange le plus le lecteur que je suis.

Au delà du drame illustré ici, le contexte historique aurait pu être développé un peu plus. C'est dommage, on a du mal à s'attacher à ce récit et ses protagonistes.

Avis posté par roedlingen Infos posteur le 08/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Toute la misère des années 30 couchée sur un album de qualité. Le récit nous propose de suivre le chemin d’un homme pris dans la tourmente financière ayant subi les déboires de la grande dépression. A son niveau de simple manœuvre seul, ayant perdu être cher et maison, il va se frayer un chemin.

Sur son chemin, il croisera cet enfant, un brin insouciant qu’il aidera. La rencontre ne durera pas mais marquera notre chômeur vagabond et la suite de l’aventure ne sera qu’une course après ce garçon. Fera-t-il cela pour l’argent qui lui est proposé, pour la rencontre qui l’a marqué, pour la justice ? On ne saura pas vraiment, mais on suivra le chemin avec intérêt. Pendant le voyage notre vagabond rencontrera nombre d’énergumènes censés représenter la société de l’époque, toujours intéressés et vils un peu comme dans ces western dont le lecteur sent le sable collé sur les lèvres.

Graphiquement, l’environnement se fait pauvre, les décors relativement vides accentuent la misère que l’auteur veut montrer. Cependant chez les riches ou dans les bouges, en ville ou dans des cabanes en bois un peu plus de travail de décor n’aurait pas été superflu. Nos personnages se tirent des traits où s’impriment la souffrance. Pas fins ni précis, les personnages ne manquent pas de vie. Le trait gras m’a toutefois un peu gâché la lecture. La colorisation sobre participe au nivellement global par la misère qui ressort de la lecture. Misère financière pour les uns et misère humaine pour les autres.

Cependant positionner un personnage à l’éducation actuelle (sur le racisme, sur les banques…) dans un contexte d’époque me parait toujours gênant. D’une part car le discours se retrouve en complet décalage avec la société de l’époque et d’autre part le discours se fait très moralisateur de bas étage (à base de "le racisme c’est pas bien" et "les banques c’est rien que des voleurs qui font payer à d’autres leurs âneries"). Montrer du doigt les inhumanités du passé me parait facile et maladroit. Faire vivre un personnage d’époque qui se bat pour une cause encore ultra minoritaire développe un idée intéressante. Se contenter, avec un personnage aux raisonnement (et vocabulaire) actuel, de montrer les vilains côtés du passé me parait inutile.

Ma lecture pâtit de ce moralisme gratuit un peu lourd tout en appréciant le récit de cet homme perdu touchant. L’ensemble se lit bien mais le dessin et certaines lourdeurs me déconseillent l’achat.

Avis posté par Aurélien V Infos posteur le 03/04/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Comme beaucoup d’autres, Tom a tout perdu suite à la crise de 1929 et il erre donc le long des routes du sud des Etats-Unis. Son grand cœur le pousse à accepter une mission pour le compte d’un père mourant et fou d’inquiétude pour son fils disparu. Lors de ses recherches, Tom rencontre une galerie de personnages tous plus ou moins atteints par la misère et la violence ambiantes.

Le dessin naïf contraste étrangement avec ce contexte sombre. Pour ma part, j’aurais préféré un trait plus réaliste.

‘Toute la poussière du chemin’ est finalement un moment de lecture divertissant, mais pas passionnant, ni inoubliable.

Avis posté par Ems Infos posteur le 29/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
3.5/5 aurait mieux représenté mon ressenti.
Je ne suis pas fan de ce genre de dessin au trait trop gras et imprécis, alors que le rendu est plein de vie. La colorisation si neutre n'a fait qu'amplifier mon indifférence au dessin.
Pourtant le scénario est des plus agréables à lire malgré les évènements que subissent les personnages. L'après 29 fut certainement une période difficile mais l'ambiance ultra-conservatrice dans le sud des USA fait froid dans le dos.
On dirait une anarchie régentée par les armes et le pouvoir.
Heureusement il y a une histoire humaine en fond de tâche sur ce one shot.
Tout semble si réel et probable, les personnages sont cohérents avec leurs actes.
Je ne sais pas vraiment ce qu'il faut retenir de cette histoire si ce n'est une certaine leçon de vie avec le personnage principal, en proie à un passé difficile, se transformant en bon samaritain alors qu'il est matériellement à sec.
C'est un beau récit valant vraiment une lecture. J'aurai aimé un dessin plus à mon goût pour l'accompagner.

Avis posté par Ro Infos posteur le 17/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avais déjà agréablement remarqué le dessin de Martin Jaime pour Ce que le vent apporte. J'aime ses couleurs et son encrage qui me rappellent ceux de Ruben Pellejero.
J'avais également déjà remarqué l'aisance de Wander Antunes à raconter des histoires ayant pour décor le sud des USA, avec Big Bill est mort par exemple.
Et le mélange de leurs deux talents donne un très bon résultat.

Toute la Poussière du Chemin est une belle plongée dans l'Amérique de la crise de 1929, l'époque des vagabonds à la recherche de travail à la manière des Raisins de la Colère si ce n'est que celui que nous allons suivre ici est en plein Dixie où le racisme et l'injustice sont d'autant plus exacerbés par la situation économique désastreuse. Nous allons donc suivre Tom qui a reçu pour mission de retrouver le jeune fils d'un homme sur le point de mourir et qui va croiser la route de nombre de personnages et de péripéties.

C'est un récit sans concession. Le monde présenté là est dur et réaliste.
Je regrette un peu l'accentuation, qui parait presque artificielle parfois, de la méchanceté de certains personnages, policiers ou notables, qui sont de vrais salauds presque caricaturaux. Mais il est fort possible d'imaginer qu'en ces lieux et en ces temps troublés, les choses ont très bien pu se dérouler précisément ainsi.
En tout cas, c'est un récit fort, dense, à la fois instructif et évocateur. Sa dureté pourra parfois rebuter le lecteur mais cela reste réaliste. Et même la fin dramatique laisse échapper une dose d'espoir et de beauté de l'âme humaine.
En outre, comme dit plus haut, la mise en page est très claire et le graphisme régulièrement vraiment beau.
Ce fut donc une belle lecture, cruelle mais aussi touchante qu'intéressante.

Avis posté par Mac Arthur Infos posteur le 11/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
USA, après le crash de 1929, la misère s’empare des personnes les plus précaires. Faillites bancaires, émigration, précarité d’emploi, hausse du chômage, cette situation n’est pas sans rappeler celle vécue par bien des personnes de nos jours.

Sur cette base historique redevenue d’actualité, les auteurs nous proposent une galerie de portraits, un assemblage de mini-récits qu’une intrigue centrale permet de relier. L’auteur du scénario n’est pas un inconnu. Wander Antunes est également le scénariste de « Big Bill est mort » ou de « Un Paradis distant ». Il explore ici le même genre d’univers.

Et c’est super bien fait ! Les historiettes sont souvent touchantes, les personnages m’ont régulièrement ému par leur vulnérabilité et l’intrigue centrale relie le tout avec autant de logique que d’émotion. L’ensemble n’offre pas de moments creux, la lecture est prenante, émouvante et fluide.

Au niveau du dessin, je me retrouve entre Pellejero et …Léo Beker. Ne me demandez pas pourquoi ce nom m’est venu à l’esprit devant ces planches, mais je trouve une réelle filiation, surtout au niveau de la restitution des mouvements mais aussi au niveau de certaines expressions de visage, entre Jaime Martin et l’auteur de l’excellent Louison Cresson. Mais son encrage et son découpage, eux, font bien plus penser au talentueux Pellejero.

Enfin, j’accorde une mention spéciale à la traduction de Jean-Louis Floc’h et au lettrage de Philippe Glogowski. Ces deux aspects, qui peuvent paraître secondaires face au travail du scénariste et du dessinateur, sont très importants à mes yeux dès qu’il s’agit d’une traduction. En effet, si ces deux aspects ne permettent en aucun cas d’accentuer la qualité de l’ensemble, une mauvaise traduction ou un lettrage approximatif suffisent souvent à dévaloriser un récit par ailleurs d’une qualité irréprochable. Les dialogues adaptés par Floc’h m’ont paru très naturels tandis que je n’ai pas décelé la moindre faute d’orthographe ou autre coquille dans le travail de Glogowski.

Une lecture que je ne peux que chaudement recommander.

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