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Avis posté par Noirdésir Infos posteur le 19/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Album « L’art invisible »

Certes, cette étude sur le médium bande dessinée n’est pas forcément faite pour une lecture détente, et ne s’adresse pas forcément au lecteur lambda. Il n’empêche, c’est quand même une lecture que je recommande à tous.

En effet, McCloud a su éviter le pensum aride, et son entreprise pédagogique est plutôt bien menée, que ce soit sur le fond (il emploie un ton volontiers primesautier, des termes et des exemples simples) ou sur la forme (c’est aéré, le dessin est lui aussi simple) : de la simplicité donc, mais qui n’est jamais simpliste.

C’est donc un minimum exigeant, mais la démonstration est réussie. Et globalement complète, puisqu’il puise assez loin dans l’histoire du médium (les écritures cunéiformes mésopotamiennes ; les écritures mésoaméricaines ; les hiéroglyphes, etc sont appelées à la barre des témoins).

Alors certes, en y songeant, rien de révolutionnaire dans ce premier tome, pour qui s’intéresse à la BD avec un éventail assez large, mais cette somme est vraiment bien fichue, et mérite vraiment le détour.
Même si Mc Cloud s’appuie surtout sur la BD américaine – qu’il côtoie davantage, il utilise aussi certains exemples européens (Hergé surtout) et japonais (ses remarques sur la spécificité japonaise sont intéressantes). Les parallèles faits avec les arts proches (peintures essentiellement, ou collages, comme ceux du génial Max Ernst) sont aussi bien vus : et encore, il aurait pu davantage s’appuyer sur les innovations typographiques, graphiques et éditoriales de Dada !

Quelques légers bémols toutefois. Outre que la BD européenne est ici minorée, un pan de la recherche et de la pratique de certains auteurs mériterait de compléter l’étude de Mc Cloud (mais c’est que ça s’est aussi développé après la publication de son opus). C’est pourquoi je recommande fortement à ceux qui ont été très intéressés par cette étude, de se plonger dans les travaux de l’Oubapo (voir mon long avis sur cette « série » [qui n’en est pas une mais bon] sur ce même site), en particulier le dernier tome en date, véritable mine pour ceux qui chercheraient des publications ayant joué sur les possibilités offertes par ce médium.

Album « Réinventer la bande dessinée »

L’album « réinventer la bande dessinée », s’il est intéressant, traite le sujet par un autre biais. Alors que « L’art invisible » cherchait à définir le médium, ses racines, ses possibilités, « réinventer… » est lui plus ancré dans la réalité de la BD américaine du XXe siècle, en analysant ses capacités, les obstacles à franchir, sur le plan de la diffusion : les aspects économiques sont alors essentiels, comme le sont les moyens de diffusion.

Mac Cloud détaille aussi longuement les évolutions consécutives au développement de l’informatique, puis d’internet (pour la fabrication et la diffusion de la bande dessinée).

La démonstration est tout aussi limpide, bien fichue que dans le tome précédent, mais, si c’est globalement intéressant, cela m’a un chouia moins captivé (affaire de goût, d’attente certainement, plus que défauts de l’album).
Je regrette aussi le centrage assez hermétique sur le cas des Etats-Unis (celui que l’auteur connaît le mieux certes), un éclairage plus important sur la situation européenne ou japonaise (ce dernier cas est parfois évoqué) aurait été intéressant, pour pointer les différences – même si quelques paradigmes sont communs.

Enfin, si les réflexions sur le développement de la BD numérique sont intéressantes et pertinentes, l’album ayant été réalisé à l’extrême fin du XXe siècle, il est un peu dépassé et mériterait une « mise à jour » sur certains points. Par ailleurs, je ne suis pas si optimiste que Mac Cloud concernant la démocratisation de l’accès à la BD pour les lecteurs et/ou aux lecteurs par les auteurs : les géants, type Amazon se sont déjà chargé de phagocyter ce « commerce » - même si internet permet des espaces de liberté, il n’est pas aussi « libre » que rêvé à ses débuts.

Le travail de Mac Cloud est néanmoins de haute qualité, et devrait intéresser tous ceux que le medium BD captive (mais j’insiste, allez voir les travaux de l’oubapo !).

Avis posté par Mac Arthur Infos posteur le 24/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Très intéressante analyse de la bande dessinée qui parvient à concilier didactisme et divertissement.

En effet, cet album comble les attentes de ces deux points de vue. D’une part, alors que le thème n’est quand même pas ce qu’il y a de plus glamour, l’auteur parvient à rendre son propos amusant sinon divertissant.

D’autre part, l’auteur multiplie les pistes de réflexion. Et même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui, sa manière de présenter les choses ne peut qu’interpeller à plus d’un niveau.

Enfin, j’ai particulièrement apprécié le fait que Scott Mc Cloud ne s’érige pas en grand manitou de la bande dessinée. Il propose, partage ses réflexions (souvent très pertinentes) mais cet album a vraiment pour objectif d’ouvrir le lecteur à ce genre de réflexion et à faire son propre chemin dans la manière dont il voit la bande dessinée.

Une réussite pour un thème extrêmement délicat à aborder sous cette forme. Par contre, je ne conseillerais l'achat que pour les personnes qui désirent réaliser de la bande dessinée. Le simple lecteur, je pense, se contentera d'une lecture.

Avis posté par Fanfan Villeperdue Infos posteur le 03/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
(Après lecture du tome 1, L'Art Invisible.)

Un ouvrage théorique en BD, sur la BD. Ça faisait un moment que je voyais cet opus très bien noté sur notre site marron préféré... et j'ai enfin sauté le pas, pour mon plus grand bonheur !

Chapitre 1 : l'auteur définit ce qu'est un comics, remonte aux origines très lointaines du comics, et enfin distingue comics (un art séquentiel) et cartoons (un style de dessin). Sans être le plus passionnant, ce chapitre est néanmoins indispensable. Son plus gros intérêt, pour moi, vient des exemples historiques, très pertinents et bien expliqués.

Chapitre 2 : il discute le degré de simplification et d'abstraction d'une image, et ce que ça implique comme effet produit sur le lecteur. Cela lui permet de classer les styles de dessin dans un grand triangle synthétique. Ce chapitre ne concerne pas seulement la BD mais tous les arts picturaux. Pour moi ça a été une vraie révélation. Vraiment, je ne verrai plus jamais les dessins comme avant...

Chapitre 3 : il discute le phénomène de « closure » et notamment les différents types de transition entre une case et la suivante, et comment ces types de transition sont pratiqués dans les grandes écoles de BD (américaine, européenne et japonaise). Absolument passionnant ! [P.S. : j'ai lu en anglais donc désolé si je ne sais pas comment certains termes sont traduits dans la version française.]

Chapitre 4 : sur la façon de rendre le déroulement du temps en BD, d'une case à l'autre, ou au sein d'une seule et même case. Là encore, les exemples sont juste géniaux.

Chapitre 5 : sur l'expressivité des formes et les symboles. Seul truc bizarre de ce chapitre, il traite d'une part le type d'expression rendue par le style de traits utilisé dans le dessin (p. 126 notamment), et d'autre part l'apparition d'un langage de symboles propre aux cartoons (gouttes de sueur, lignes d'odeur, etc.). Pour moi ce n'est pas évident que ce soit vraiment le même type de phénomène. Ceci dit, ce n'est pas grave, les deux sont intéressants.

Chapitre 6 : sur les types d'interaction possibles entre le dessin et le texte. Encore une fois, la classification est hyper bien vue et les exemples rendent la démonstration très claire.

Chapitre 7 : la décomposition de la création d'œuvre d'art en 6 « couches » me paraît intéressante, mais l'histoire sur l'évolution de divers artistes à leur découverte est peut-être un peu longue.

Chapitre 8 : ce chapitre sur les couleurs, en revanche, est un peu court.

Chapitre 9 : il s'agit d'un chapitre de conclusion, qui résume un peu tout.

Beaucoup de gens l'ont déjà dit, cet ouvrage est tout simplement incontournable si vous intéressez un peu à la BD en tant que forme d'expression. Plusieurs idées présentes dans cet ouvrage ont d'ores et déjà changé ma façon de voir les BD que je lis, et les exemples sont d'une pertinence telle que le propos, pourtant assez théorique, est tout à fait limpide. Un très grand bravo à l'auteur ! Et merci aux autres aviseurs pour m'avoir fait découvrir cet ouvrage exceptionnel !

Avis posté par Ned C. Infos posteur le 26/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Avis concernant le tome 3: "Faire de la bande dessinée":
J'ai trouvé mon Graaaaal !!!!

Etant dessinateur autodidacte, nombreux sont mes bouquins abordant le sujet mais là... je suis tombé sur l'ouvrage pratique le mieux foutu, clair, ludique et intéressant de la catégorie. Car au-delà du coutumier "Dessine tes personnages mangas", "Comment dessiner un super-héros" ou autres, Scott nous donne toutes les ficelles et astuces du métier si complexe qu'est auteur de BDs.

Il nous avoue que beaucoup d'auteurs professionnels font souvent les mêmes erreurs. Le présent ouvrage nous permet de les éviter. De l'idée de base jusqu'à l'encrage, de l'élaboration du scénario jusqu'à la diffusion, du choix du style jusqu'au choix des plans,... Tout y est; et c'est passionnant à lire, expliqué de manière ludique, avec de l'humour et beaucoup de pragmatisme.
Le style de McCloud est simple, rendant ses propos et exemples limpidement clairs et explicites.

Gestuelle, perspectives, choix de la séquence et du moment, expressions faciales et variations de celles-ci, conception de personnages, construction d'un univers, dynamisme, choix de l'image et du cadrage, techniques des outils, apprendre à faire un décor, harmonie du texte et du dessin, découpage de la planche, ... Tout y est et expliqué de la façon idéale (c'est à dire sous forme de bande-dessinée).

Plus que mon livre de chevet, c'est ma bible, mon outil de référence, trônant sur le bureau, à coté de ma table à dessin. IN-DI-Spensable à tout bédéiste pro ou amateur, dispensable pour le simple lecteur.

Avis posté par Blue Boy Infos posteur le 09/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
A travers neuf chapitres, McCloud, tel un chercheur obstiné en quête de son Graal, a tenté d’élaborer une théorie générale en se basant sur une observation approfondie des techniques liées à ce mode d’expression, en intégrant les études sémiologiques précédentes, notamment celles de son aîné Will Eisner. Mais il l’a présentée sous forme de cases, une façon ludique et originale (et au fond tellement logique) de rendre ses thèses, assez pointues il faut le dire, accessibles à chacun. Cela lui permet par ailleurs de justifier sa croyance selon laquelle la BD est un média aux possibilités illimitées…

Notre homme a ainsi confectionné sur une période de quinze années un ouvrage érudit et complexe avec une passion communicative, faisant preuve d’une remarquable pédagogie, car certaines de ses thèses, qui pourraient apparaître au premier abord rébarbatives, deviennent limpides et excitantes grâce à une mise en page talentueuse dans laquelle les dessins répondent parfaitement aux textes, implémentation convaincante de ses propres théories. L’auteur évoque également les autres formes artistiques (cinéma, peinture, littérature) afin de montrer que toutes sont reliées d’une façon ou d’une autre à la bande dessinée, celle-ci représentant non pas un art hybride, mais un point de convergence où texte et image sont mêlés. Cet art populaire fut discrédité dès ses débuts car s’adressant à un jeune lectorat et rappelant trop la publicité tapageuse qui émergeait au même moment dans le monde occidental.

Son trait est volontairement neutre et schématique pour renforcer l’aspect ludique et pour pouvoir toucher tous les publics, respectant le principe selon lequel plus le dessin est simple, plus l’identification est facile. On atteint des sphères de réflexion métaphysique inattendues, et on réalise que la bédé est bien plus qu’un art mineur, rôle auquel certains préfèrent la voir cantonnée, comme s’il ne s’agissait encore que d’un ado turbulent. Pour autant, McCloud sait rester humble et rappelle toujours que ce qu’il avance n’est jamais que le fruit de ses réflexions et dit demeurer ouvert au débat si quiconque devait contester ses propos.

Tout amateur de BD qui se respecte devrait avoir « L’Art invisible » dans sa bédéthèque. Une œuvre unique et inédite, un essai illustré brillant, indiscutablement brillant.

Avis posté par gruizzli Infos posteur le 05/12/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ah, l'excellente BD de Scott McCloud !

L'Art Invisible, c'est bien entendu cette fameuse BD sur la BD, qui propose une certaine interprétation du monde de la BD actuelle (enfin, en 92 quoi). Le deuxième tome s'adresse plus particulièrement à ceux qui veulent faire de la BD, mais on le lit aussi bien que l'autre pour comprendre d'autres facettes de la BD qui ne sont pas exploitées dans l'Art Invisible (comme le dessin par ordinateur).

Il faut bien comprendre que cette BD s'adresse bien évidemment à ceux qui aiment la bande-dessinée et qui aiment aussi l'étudier. Je ne pense pas qu'on aimera beaucoup sinon.

Dans cette BD, le dessin est à mon avis quelque peu en retrait, vu que même si le personnage central est très clair (comme l'explique l'auteur, comme ça on l'écoute), il reprend énormément de dessins (en même temps c'est le but de l'œuvre) et les commente, fait beaucoup de schémas etc ... Mais les dessins qu'il fait intégralement sont assez bien fichus, clairs et précis, sans se démarquer particulièrement.

Mais le gros point fort, c'est l'analyse très personnelle de Scott McCloud (avec laquelle je ne suis pas d'accord en tout, mais que j'apprécie énormément quand même). Il fait un tour d'horizon de la BD, mais tel que lui le voit, c'est à dire principalement de la bande-dessinée américaine et du manga, faisant assez peu allusion à la bande-dessinée européenne (enfin, moins que les autres, ce qui est dommage). On y voit plein d'aspects différents de la BD, en faisant le tour de ce qui est visible, mais aussi invisible. D'où le nom de la BD.

Ce qui est amusant, c'est qu'on lit comme une BD, alors que c'est plus proche d'une thèse que d'une bande-dessinée classique. Et pourtant on ne s'ennuie pas une seconde. Le découpage précis en chapitres permet aussi de s'y retrouver quand on relit le livre.

Je dirais que cette BD comporte actuellement deux gros défauts : elle ne parle pas tellement de la bande-dessinée européenne, et maintenant qu'elle à vingt ans, un petit coup de vieux se fait sentir. Quid de la bande-dessinée numérique, des BD blogs, des nouveaux titres et styles de narrations, de l'OuBaPo ? Bref, quelques petits manque qui m'empêchent de mettre le 5/5.

C'est sûr, c'est pas un livre de table de chevet, mais je pense que franchement c'est indispensable dans une BDthèque de toute personne qui aime la bande-dessinée !

Avis posté par Chéreau Infos posteur le 20/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce livre, que je n'avais vu que dans les classements de BDthèque, m'a été conseillé par un ami qui vient de se lancer dans des études de BD (si, ça existe !). Et je n'ai pas été déçu.

Renonçant à définir la bande dessinée par ses procédés techniques ou par ses codes apparents les plus habituels (la case, la bulle), Scott McCloud élargit considérablement sa définition - c'est d'ailleurs tout le propos de son premier chapitre - pour en faire l'art de ce qui mêle le temps et l'espace sous une forme graphique. McCloud en profite d'ailleurs pour élargir également la définition même de l'art : produit de toute activité humaine qui ne vise directement ni la survie ni la reproduction.

Cette approche lui permet d'intégrer dans sa définition de la BD les bas-reliefs mayas, la colonne de Trajan, la tapisserie de Bayeux ou certains vitraux, oeuvres effectivement irréductibles à la peinture ou à la statuaire traditionnelles.

J'ai beaucoup apprécié sa réflexion sur le statut du temps dans la bande dessinée, notamment sur tout ce qui se cache dans les ellipses, dans les espaces entre deux cases.

Nourri de comics et de manga, plus que de BD européenne, dont il connaît surtout Tintin, Astérix et Valérian, Scott McCloud nous fait découvrir la véritable différence entre BD occidentale et BD asiatique : quand les transitions sont très linéaires, très 'cause à effet' en Occident, l'Asie, Japon en tête, préfère les changements de point de vue, les transitions à l'intérieur d'un même instant, d'un même tableau.

Réfutant la distinction entre texte et image, il démontre comment, au contraire, ces deux éléments apparemment disjoints peuvent fusionner, le texte gagnant du sens par son aspect visuel tandis que l'image se rapproche du langage symbolique. La BD n'est donc pas un art hybride, bâtard de mauvaise littérature et de peinture dégradée, mais un art à la frontière de ces deux formes d'expression, où le texte revient aux origines figuratives de l'écrit et le dessin dépasse la simple photo du réel.

Un livre érudit et pédagogue, jamais lassant, jamais abscons, qui réconcilie le lecteur de BD avec une forme d'expression souvent moquée ou dédaignée comme infantile, mais qui mérite décidément bien son statut de 9e Art.

Avis posté par Chirroiteu Infos posteur le 24/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai mis un 3/5 car il n'y en avait pas encore pour le moment (comme ça je suis le premier) et que cette BD est quand même assez chiante à lire . Je conseille l'achat de cette BD à tous les gens qui veulent vraiment faire des BD, les autres risquent vraiment de s'ennuyer durant la lecture.

Avis posté par pol Infos posteur le 19/07/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cela fait un mois et demi que cette BD est sur ma table de chevet et je ne compte plus le nombre de tentatives douloureuses pour essayer d'avancer un peu cette lecture. Mais je m'ennuie trop...
Je peux sans problème lire et apprécier un documentaire, mais là on dépasse ce cadre. C'est pas un doc, c'est une disserte de philo, en plus long mais en aussi pénible, sur le thème de la bande dessinée.

Il n'y a rien pour moi dans cette BD. Aucun chapitre ne m'a intéressé. Ils sont trop longs, les idées de l'auteur sont étalées en long et en large dans une multitude d'exemples qui ne font que paraphraser l'idée qu'il souhaite illustrer. C'est imbuvable à lire, et surtout le plus important : cela ne m'intéresse pas. La BD est pour moi un divertissement, et il n'y a rien de divertissant ici.

Même si Scott McCloud maitrise son sujet et qu'il essaye d'alléger l'ensemble en utilisant des petites pirouettes narratives, en s'adressant directement au lecteur par exemple, ou par de mini touche d'humour, cela ne change rien au fond qui n'en devient pas plaisant pour autant.

Qu'un jeune auteur débutant lise cet album pour se clarifier les idées sur l'ellipse ou la notion de temps, à la limite. Mais c'est tout. Pour moi une BD culte, c'est une BD qu'on prend plaisir à lire et relire. Même si je n'avais pas détesté, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse relire cet album, le prendre sur l'étagère et s'envoyer un petit chapitre au hasard en sirotant une boisson fraiche allongé sur un transat, tout ça avec plaisir.

Avis posté par John Smith Infos posteur le 31/05/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Un ouvrage culte évidemment pour 2 raisons :
- Sur le fond : Les livres sur le sujet (le language de la BD) sont plutôt rares. Celui ci a donc déjà le mérite d'exister.
- Sur la forme : Le livre est lui même une BD. Le discours est donc toujours illustré, et on "baigne" réellement dans le sujet, par l'exemple.

Le contenu oscille entre le très classique (les choses qu'on sait mais qu'on est content de retrouver) et le plus pointu (ce qu'on ne savait pas, ce qu'on n'imaginait pas, ce qu'on ne voyait pas comme ça !).

L'énorme leçon de cette BD c'est de savoir rappeler l'essentiel : La BD est un art narratif séquentiel.
Le chapitre consacré à l'ellipse est donc précieux pour le débutant comme pour l'initié, qui trop souvent oublie que le dessin (et / ou le texte) ne fera jamais une bonne BD.
Et petit à petit on apprend à lire entre les lignes, à voir l'invisible, car c'est bien entre les cases que les choses se passent.
Et c'est seulement là aussi que la BD commence à exister et que l'on peut commencer à parler d'art.

L'analyse des approches, des auteurs, des époques touche parfois au sublime.
Le réalisme, le symbolique, le pictural ... tout est passé au crible. Le débordement sur les grands courants de la peinture fait même preuve de beaucoup de fraicheur.

Le plus étonnant est reste cette capacité à trouver une "logique" à cette discipline "artistique".

Avis posté par Pasukare Infos posteur le 31/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
L'idée était très bonne et je suis sure qu'en conférence, avec quelqu'un de vivant en face de moi pour me présenter tout ça, j'aurais adoré, mais le support BD de cet Art Invisible ne m'a pas du tout emballée : je ne compte pas le nombre d'essais à mon actif pour tenter d'arriver à la dernière page (j'avoue, à l'heure où j'écris ces mots, je n'ai pas encore réussi…) ni le nombre de fois où j'ai piqué du nez au cours de ma lecture… Notamment lorsque l'auteur tente de replacer ça dans le contexte artistique en général…
Et pourtant certains passages sont très intéressants, notamment ceux sur l'ellipse ou la notion du temps, l'équilibre entre les mots et le dessin et je me surprends aujourd'hui à regarder d'un autre œil les BD que je lis.
Empruntez le pour vous faire une idée, je ne regrette pas ce que j'y ai trouvé mais le plaisir de lecture était souvent bien ténu.

Avis posté par Tomeke Infos posteur le 25/02/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Difficile de ne pas mettre la note maximale à cet album…

Réussi, didactique, technique, intelligent, marquant, décalé, amusant, voilà autant de termes qui définissent cet ouvrage, destiné sans nul doute à toute personne intéressée par la bande dessinée. J’ai trouvé très intéressant de découvrir tous ces procédés tacites qui régissent cette liaison entre le texte, l’image, les séquences, le temps, et tous ces éléments qui font d’un simple album de quelques pages notre passion à tous. Je me souviens avoir particulièrement apprécié le chapitre sur l’ellipse.

Outre le fait de nous présenter cela avec beaucoup d’habilité, l’auteur s’amuse également à créer une mise en page et des dessins tout aussi intéressants. Certes le sujet de ce livre est « la B.D », mais on en vient à oublier que l’auteur a réussi à nous pondre un ouvrage d’une qualité indéniable, dont le sujet, et le support qui présente ce sujet, sont les mêmes.
Seul bémol me concernant, je ne pense pas relire l’album bientôt et ce, malgré le côté divertissant qu’il propose.

Ce one-shot, primé en toute logique, a marqué manifestement pas mal de lecteurs. Monsieur McCloud peut mettre, sans nul doute, un petit belge en plus sur sa cheminée à trophée.

Chapeau bas !

Avis posté par Ems Infos posteur le 20/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon avis ne porte que sur "L'Art Invisible", le tome paru chez Delcourt.
Quand on aime la BD, on ne peut qu'apprécier "L'Art Invisible" qui ressemble à une sorte de mini encyclopédie sur le sujet. McCloud décortique son histoire, ses techniques, ses codes, etc...
C'est une mine d'informations que l'auteur explique et argumente simplement.
Certes, c'est chargé. J'aurai apprécié un format plus grand pour aérer un minimum le contenu.
McCloud a vraiment travaillé sur son sujet, il s'est bien documenté et a su prendre le recul nécessaire pour faire un grand travail de synthèse exhaustif et qualitatif.
La BD est bien structurée en chapitres. Il y en a un sur la colorisation qui explique le pourquoi du comment des couleurs affreuses sur les vieux comics par exemple.
A découvrir, cette BD donne les informations pour mieux décoder les techniques du 9ème art.

Avis posté par roedlingen Infos posteur le 08/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
En voilà une œuvre inclassable !
Le prologue est d’ailleurs très drôle, tenter d’expliquer que l’on écrit une BD sur qu’est ce que la BD relève du tour de force !

Le sujet est donc de définir la BD dans son existence afin de l’habiliter et la faire intégrer de rang d’art majeur à part entière ayant des caractéristiques différentes de la peinture et de la littérature qui sont à première vue ses composantes.

Le livre est admirablement construit et est présenté comme une démonstration mathématique point par point. Commentaire de mon épouse littéraire en le lisant : ce type devait être matheux !

Voyons la structure de ce joli projet :

Le premier chapitre est consacré à la définition de la BD, elle permet de cadrer ce dont on va parler pour comprendre la borne entre la BD et autre chose. L’intégration d’œuvres majeures dans le périmètre Bd est joliment illustrée, même s’il ne fait pas l’unanimité chez les théoriciens.

Le second chapitre cartographie la BD dans une tentative théorique assez abstraite, les illustrations sont tellement pertinentes que le discours est assimilé malgré sa complexité.

Les 3 chapitres suivants détaillent la grammaire d’une BD, autrement dit ce qui la compose. La gestion du temps, de l’espace et du mouvement sont magistralement expliquées avec la très pertinente analyse de la BD suivant ses 3 cultures principales aux codes différents (européenne, américaine et Asiatique). Ces trois chapitres sont à mon sens le bijou de cet ouvrage car les illustrations sont fort adroitement choisies et illustrent parfaitement le propos abstrait sous-jacent. Les passages sur le « caniveau », la gestion du temps et de l’ellipse sont magistraux.

Le chapitre 6 tente d’expliquer le lien entre texte et image, j’avoue qu’à partir de là je trouve les propos plus confus et conventionnels, certes des cas pratiques en fin de chapitre viendront illustrer, mais tout cela reste un peu trop facile, même si le sujet était pertinent.

La suite montre une pseudo étude de l’évolution du créateur. Ca m’a barbé, j’ai trouvé les propos maladroits, truffés de lieux communs et simplistes. Croire qu’un artiste du 9ème art va suivre un parcours de la forme vers le fond est vraiment naïf !

Le chapitre suivant est consacré à la couleur, il est minime et quel dommage, car il partait sur de très bonnes bases, je ne sais s’il s’agit de raisons économiques éditrices, mais vraiment ce qui est entrevu dans ce court chapitre aurait mérité plus ample développement.

La suite est une sorte de résumé didactique de ce qui a déjà été dit, c’est à mon sens complètement inutile pour quelqu’un qui a lu attentivement la BD, si on ne la lit pas attentivement, je doute qu’on arrive à ce stade, donc cette partie est à oublier.

Bref le tout est inégal. D’autant que certaines composantes de la BD ne sont pas évoquées et que sur la fin il parle plus en réalité de la peinture que de la BD. Par exemple j’aurai aimé voir la notion de rythme dans un scénario évoqué. Les notions de jeu lié à la disposition des planches suivant l’intensité de l’histoire sont malheureusement absentes. Par exemple systématiquement Mc Cloud met son lecteur en position d’attente en fin de page ce qui l’encourage à tourner la page pour connaitre la solution (ça a d’ailleurs fini par m’énerver car certaines planches faisaient remplissage pour créer cet effet !) dommage qu’il ne parle pas de cette technique d’intégration du lecteur au scénario !

A lire pour connaitre une jolie théorisation de la BD même incomplète, à posséder uniquement si on se pose des questions sur le sujet, car la richesse de cet album est au niveau du fond, la forme n’est qu’un prétexte…

Avis posté par Erik Infos posteur le 21/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai acheté ce livre un peu à contre-coeur. En le feuilletant chez le libraire, cela ne donnait pas envie. La faute à un dessin minimaliste que je n'aime pas... J'ai su par la suite que c'était un choix de l'auteur et il s'en explique. Il fallait passer le cap des préjugés.

Par contre, je me devais de l'acquérir car il n'existe pratiquement pas de livre qui explique en détail aussi bien la bande dessinée. Oui, nous avons là une bande dessinée sur la bande dessinée. C'est traité de manière un peu encyclopédique ou encore à la manière d'un professeur qui enseigne son art (avec une dose d'humour). Cela ne m'a pas trop dérangé dans le principe car on apprend une multitude de choses utiles quand on est passionné de bd. Oui, c'était presque une obligation pour moi d'acquérir l'Art Invisible tout simplement pour comprendre mieux ce qu'est en réalité la bande dessinée. On croit savoir mais on est loin du compte. Il faut avoir lu cet ouvrage.

Je me rappelle encore de ce prêtre que j'invitais chez moi dans mon tout premier appartement afin de faire baptiser mon fils et qui lorgnait sur les étagères de ma bibliothèque où trônaient une multitude de bd. D'un air sérieux, il me demandait ce que j'aimais dans la vie "à part la bd" qu'il ne considérait point comme un art majeur. Bref, le choc des valeurs... Depuis, j'ai perdu la foi !

J'ai réellement aimé que l'auteur défende cet art particulier en ouvrant les yeux sur pas mal d'aspects. Je suis certain que le regard de la plupart des gens changerait. C'est vrai qu'à l'aube de ce XXIème siècle, la bande dessinée a subi de profondes mutations qui la font évoluer. Il y a également eu une prise de conscience de la part des gens.

Cependant, il reste tellement à faire. Dans mon entourage, personne ne s'intéresse à la bd. J'ai quand même l'immense joie d'initier mes enfants. L'auteur Scott Mc Cloud a réussi, à seulement 33 ans (soit un âge christique), à donner une définition de la bande dessinée qui dépasse toutes les espérances. C'est un art unique qui va plus loin que la littérature ou le cinéma. Cela fait longtemps que j'ai moi-même fermé les portes de la littérature. La faute à des profs qui nous obligeaient à ingurgiter des oeuvres littéraires... J'étais pourtant l'un des premiers de ma classe dans la matière du français. Les livres ne m'ont jamais trop attiré car il me manquait l'image. Voilà sans doute pourquoi j'adore la bd et le cinéma. C'est dingue mais cet auteur m'a permis de comprendre certaines raisons sur mes choix.

Néanmoins, je suis en total désaccord avec l'auteur qui prône le minimalisme à tout va. Je trouve au contraire que le dessin gagne en profondeur en approchant la réalité. Néanmoins, j'ai compris pourquoi certains auteurs avaient choisi cette voie. Je croyais naïvement qu'ils ne savaient pas dessiner mieux...

En conclusion, je dirais que cet essai sur la bande dessinée est indispensable à tout amateur. L'auteur parle aussi bien du comics américain que du manga japonais en passant par la bd européenne. La bd est comme un langage universel qui remonte à très loin dans l'histoire. Cette lecture est difficile à digérer. Il m'a quand même fallu 3 jours pour en venir à bout car l'auteur fait appel à de nombreux concepts. Ses démonstrations sont étonnantes de vérité bien qu'il concède ne pas détenir la vérité absolue. Il montre la voie et ouvre un débat en concluant sur une définition de l'art. A posséder bien entendu !

Note Dessin: 3.75/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4/5

Avis posté par Fable Infos posteur le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Indispensable !
Bien au delà de tous ces tutoriaux directifs "comment dessiner/faire de la BD" souvent écrits et illustrés par des tâcherons.
Les ouvrages de Scott Mac Cloud donnent toutes les clés pour la compréhension de cette forme d'expression.
Le plus intéressant étant que le reste, c'est à nous de le découvrir ou le redécouvrir.
Aucun concept définitif, aucun dogme ; liberté et curiosité sont les maîtres mots. Une ouverture formidable et merveilleusement mise en forme.

L'art invisible est le meilleur des trois ouvrages et c'est celui qui justifie la note de 5/5.
Réinventer la BD n'est pas le meilleur.
Faire de la BD est le plus didactique et le plus simple à comprendre. Mais aussi le plus moderne, on y aborde le webcomic et le manga sans complexe.

Avis posté par Quarante deux Infos posteur le 30/11/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Certes l'art invisible demande un minimum de concentration pour rentrer dedans, certes certaines personnes ne prendront forcément aucun plaisir à lire cette ovni de 250 pages; Car l’art invisible n’est pas vraiment une Bande-dessiné, c’est un essai sur la bande-dessiné écrit sous forme de bande-dessiné.

Dis comme ça, ça ne donne pas forcément envie, et pourtant il serait tellement dommage de passer à coté de cette mine d’information sur ce qui défini la bande dessiné.

Unique, passionnant, ludique, essentiel. Indispensable.

Avis posté par Gaston Infos posteur le 15/11/2008 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Rien à ajouter à propos de 'L'Art Invisible'. Tout à déjà été dit. C'est un excellent ouvrage sur la bande dessinée que chaque bédéphile doit lire au moins une fois dans sa vie.

En ce qui concerne 'Faire de la bande dessinée', c'est un très bon album, mais il s'adresse qu'à ceux qui veulent faire de la bande dessinée. Les autres risquent de s'ennuyer en lisant tous les trucs techniques de Scott McCLoud. On apprend pleins de choses du genre comment ne pas mettre trop de détails dans une case ou comment garder l'attention du lecteur pendant sa lecture.

J'espère que Delcourt va rééditer un jour 'Réinventer la bande dessinée'. J'aimerais bien le lire.

Avis posté par hevydevy Infos posteur le 23/06/2008 (dernière MAJ le 05/07/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
C’est suite à une conversation de "tout et de rien" avec Arzak et Alix que ma soif de savoir sur les techniques narratives propres à la BD a été dirigée vers cette œuvre de Scott McCloud.
J’ai donc suivi les conseils d’achats des avis et me suis rapidement procuré la réédition Delcourt de ce précieux traité (considéré comme le premier tome d’une série unique sur le site) tout en empruntant sa suite à la médiathèque.


Avis sur le tome 1 L’Art Invisible

Cet opus est paru en 1993, et je pense que la date est importante pour situer dans quel matériau de base Scott McCloud va puiser ses références contemporaines.

Cet ouvrage est une mine d’or, un indispensable pour qui voudrait commencer à appréhender l’univers infini de la bande dessinée.
La première idée géniale est justement d’utiliser la BD comme support de narration plutôt que de se servir de la forme classique du texte illustré (preuve de la foi indiscutable que McCloud a envers ce médium). Les concepts énoncés textuellement sont ainsi régulièrement mis en abyme au sein même de l’aspect formel des dessins de l'auteur.

Son analyse s’attache beaucoup à l’historique du médium (le plus vieux du monde ?), aux styles utilisés et utilisables relatifs aux sensibilités géographiques (USA, Japon, Europe) et à ce qui fait l’essence même du neuvième art (ce dernier thème sera plus développé dans le tome 2 apparemment).

Au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte de l’ambition au combien jouissive qui anime Scott MacCloud. "L’art invisible" se veut à l’art séquentielle, ce qu’est la topologie pour les mathématiques ou le Bescherelle à la grammaire, une volonté de définir clairement les éléments de bases de la BD (et donc un vocabulaire spécifique) et les langages (au sens de la communication) qui permettront d’utiliser au mieux ces éléments (relativement aux perceptions sensorielles de l’être humain/lecteur).

On se sent comme une éponge, souvent saturée d’informations (il faudra plusieurs lectures pour bien saisir tous les concepts abordés) mais emporté par des démonstrations toutes plus passionnantes les unes que les autres.

Petit bémol tout de même, le peu de références puisées dans la BD mainstream américaine (dans ce premier tome –nous sommes en 1993- je ne crois pas me souvenir qu’Alan Moore soit cité, alors qu’il a déjà fait beaucoup avancé en pratique le médium) et le fait que ces références se limitent toujours aux dessinateurs/auteurs (ignorant donc le travail visuel de certains scénaristes –Moore toujours, qui a une idée très précise de la mise en forme de ses BD)


Avis sur le tome 2 Réinventer la Bande Dessinée

7 ans après l’"Art Invisible", Scott McCloud reprend ses réflexions sur la bande dessinée pour en faire un état des lieux et dégager les 12 révolutions permettant de comprendre et prévoir son évolution.
La traduction est assurée par un spécialiste français du comics Jean-Paul Jennequin, pour un ouvrage qui fait près de 240 pages qui demandera donc quelques heures pour en venir à bout.

Il est donc difficile de synthétiser et de bien comprendre ce traité après une seule lecture. Les 12 thèmes présentés ici (la BD comme littérature, comme art, le traitement des droits d’auteurs, l’innovation dans l’édition, la perception du public, l’intérêt institutionnel, la parité et la représentation des minorités, la diversité des genres, et enfin la production, la livraison et l’évolution de la BD numérique) sont étudiés en profondeur avant que l’auteur fasse des propositions vers lesquelles le média devrait se diriger (d’où le mot « révolutions ») s’il ne veut pas rester dans l’état de crise actuel (ce constat a été fait en 2000, et a surtout été établi sur le continent nord américain).
Le propos s’écarte souvent du média qui nous intéresse pour retracer par exemple les différents historiques des thèmes considérés. Beaucoup plus subjectif que l’"Art Invisible" (un préambule en début d’ouvrage précise bien que « Les opinions exprimées dans ce livre sont exclusivement celles de l’auteur, […]. Nous soutenons le droit de [..], tout en n’étant pas d’accord avec nombre de ses conclusions. », sans que l’on sache vraiment qui est ce « nous »), "Réinventer la Bande Dessinée" se digère aussi beaucoup moins facilement.

Malgré cela, l’œuvre de McCloud continue à être réellement captivante (par exemple le passage sur le statut limitatif de la "page" en bande dessinée, et la révolution numérique qui lui est associée, sans parler de Moore qui est enfin cité) et c’est toujours avec enthousiasme que je vais m’attaquer au troisième tome.


En tant que bande dessinée, il est impossible de noter cette œuvre avec les mêmes critères que d’habitude (elle est unique en son genre). Par contre, l’adjectif qui vient tout de suite à l'esprit est "culte", ça facilite le travail.

Avis posté par Alix Infos posteur le 02/11/2004 (dernière MAJ le 15/05/2008) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un ouvrage vraiment passionnant, Scott McCloud est un passionné, un vrai, et son enthousiasme est vraiment contagieux.

Bon, les différents chapitres ne m’ont pas tous autant intéressé. Je trouve par exemple le 1er assez rébarbatif. L’auteur essaye de définir le terme « comics » et s’intéresse à l’histoire de la BD... J’avais un peu une impression de trop peu et de déjà vu…

Par contre, tous les chapitres qui expliquent les techniques de créations d’une BD m’ont passionné ! En particulier ceux sur le "langage BD" et la représentation du temps dans les cases et entre les cases. C’est très complet, très pointu, et pourtant très facile à suivre, même pour les lents dans mon genre.

Un ouvrage indispensable pour tous les vrais passionnés de BD qui veulent aller au-delà des histoires et des dessins, et s’intéresser aux techniques et astuces que les auteurs utilisent dans l’ombre, et que nous, simples lecteurs, ne remarquons que rarement. Une superbe performance de Scott McCloud, qui présente la BD en tant qu’art à part entière, en tant que langage de communication ultime et supérieur à tous les autres... Rien que ça ! Et à la fin de notre lecture, on en arriverait presque à le croire.

Avis posté par cac Infos posteur le 25/01/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ouvrage totalement indispensable à l'amateur curieux de bande dessinée, des techniques, de tout ce qu'il y a comme sens caché dans la bande dessinée.
C'est une analyse très intéressante et concrète car expliquant le support même de la bd en se servant d'une bd et pas un livre plein de texte sans image
Réflexions sur la représentation du temps, des personnages plus ou moins détaillés et du fait que quelques traits nous évoque dans le cerveau une personne ou un objet.
J'allais lui mettre 4 mais ça vaut bien un Culte ne serait-ce que pour ce que ça représente et son côté instructif.

Avis posté par Ro Infos posteur le 22/07/2004 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Saluons la somme d'informations contenue dans cette BD : l'album ne parait pas bien gros mais est très dense. Ca m'a pris plusieurs heures pour le lire et surtout j'ai appris franchement beaucoup de choses.

Côté dessin, Scott Mc Cloud sait dessiner, d'autant plus qu'il imite le style de plein d'autres auteurs pour illustrer ses propos, tout en les simplifiant pour clarifier ce qu'il veut en faire ressortir. Bref, graphiquement, c'est un album réussi, simple mais qui atteint son but.

Ensuite, concernant le contenu de la Bd elle-même, j'ai été surpris par son sérieux et la quantité d'informations que l'auteur cherche à nous transmettre. Par son procédé pédagogique, ça ressemble presque à un cours en université avec ses avantages et ses inconvénients. Les avantages, c'est que une grande partie des aspects de la BD sont abordés de manière sérieuse, concrète, impartiale et largement fournie en exemples et références de la BD mondiale. Les désavantages sont, à mon goût, que l'auteur s'attarde un peu trop sur des problèmes de dialectique, de nomenclature et de définition du média même de BD, chose qui m'intéresse largement moins que l'étude du fonctionnement de la BD elle-même qui est par ailleurs très bien décrit. De même, la recherche des ancêtres de la BD dans le monde antique et le moyen-âge m'a assez peu intéressé.
Mais par contre, comme je le disais, j'ai appris de nombreuses choses franchement intéressantes. Mc Cloud s'intéresse à l'aspect cognitif de la Bd et du dessin lui-même, s'interroge sur le fait que les lecteurs fassent le rapprochement entre une suite de traits et de courbes et y voient un visage ou un personnage, et pourquoi cela lui plait. De même j'ai beaucoup apprécié son étude de l'ellipse narrative, des différents styles graphiques et narratifs, de la couleur, des lignes de mouvement, etc... J'aime aussi la façon dont il use et abuse de références et d'images issues de la BD du monde entier (USA, Europe, Japon) : ça illustre franchement bien ses propos et permet en plus de comparer et découvrir les styles de nombreux auteurs divers.

J'ai été un peu déçu de ne pas voir grand chose sur la mise en page et surtout presque rien sur le scénario (Mc Cloud s'attache largement plus au dessin qu'au scénario à mon goût). Mais globalement, il y a tellement de choses qui m'ont été apprises sur la BD dans cet ouvrage, que je peux comprendre que tout n'aie pas pu être abordé (il y a trop de choses à dire sur la BD si on s'intéresse à absolument tout de ce média).

Un très bel ouvrage, pas complet mais déjà extrêmement riche en information, et qui pourra en apprendre beaucoup même à ceux qui croient déjà tout connaitre sur la BD.

PS : Par contre, physiquement, j'ai acheté l'édition de cet album paru chez Vertige Graphic et je la trouve de qualité assez médiocre : les couvertures se plient très vite et se cornent dans les coins (le carton se dédouble) et j'avais deux pages collées par le bas qui, une fois coupées, dépassent et rendent franchement moche. Bon, pour 15 Euros, j'ai été un peu déçu de cette mauvaise qualité mais il faut avouer que vue la densité de l'oeuvre, ça compense et je n'en déconseille pas l'achat.

Avis posté par brunelle Infos posteur le 02/12/2002 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Je suis justement en train de le lire. Pour l'instant, voilà ce que j'en dit :
Ouvrage sur la bd en bd. Le sujet est expliqué, détaillé, révélé avec subtilité, efficacité, virtuosité. On ne peut plus lire la bd de la même façon après "l'art invisible".

Cet ouvrage est une mine de renseignements pour un lecteur en quête d'explication, ou pour un bdphile simplement curieux de connaître et de comprendre ce qu'il lit.

Avis posté par ThePatrick Infos posteur le 28/09/2002 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Réinventer la bande dessinée

Cet album est exceptionnel par bien des points, à commencer par sa teneur. Il s'agit en effet d'un ouvrage de bande dessinée sur la bande dessinée, ce qui en fait de la méta bande dessinée. Ajoutons que ce genre ne comporte pas un grand nombre d'albums et que celui-ci mérite très probablement une éminente 1ère place, et il se révèle d'ores et déjà indispensable.
Exceptionnel par sa densité ensuite : ses 250 pages sont en effet bien remplies, à tel point qu'on se dit parfois qu'il s'agit là d'un ouvrage de recherche dont on aurait mis le texte en image.
Intelligent enfin par sa mise en oeuvre : si on reprend le point précédent, on peut se dire qu'un tel livre aurait été peu accessible. Hors, avec la bande dessinée, Scott Mc Cloud met en oeuvre de nombreux symboles qu'il rattache aux concepts utilisés, et d'une manière plus générale parvient à rendre claires au lecteur des choses a priori difficiles.

Tout ceci donne un livre accessible (non seulement à qui veut faire de la BD son métier, mais aussi et peut-être surtout au lecteur qui veut comprendre le monde de la BD au-delà de ce qu'il connait), intelligent, et exposant des concepts parfois poussés de manière assez simple.
Petit (tout petit) bémol : ce livre se limite essentiellement à la BD en Amérique du Nord. Les références à la BD européennes existent, mais ne sont pas le sujet du livre ! De toute façon, les idées exposées sont intéressantes et ne peuvent que fournir matière à réflexion.

Il est divisé en deux grandes parties : la BD actuelle, et quelques possibilités d'évolution, en particulier en y incluant le rôle des ordinateurs et d'internet. Si la 1ère partie est très intéressante puisqu'elle traite de ce que nous connaissons, la 2ème n'est pas en reste. Certes composée de spéculations plus ou moins probables, l'auteur a le mérite indéniable de rechercher l'originalité en utilisant les outils actuels et/ou bientôt probablement disponibles.

In-dis-pen-sable au lecteur intéressé !


L'art invisible

Cet ouvrage, de même que "Réinventer la bande dessinée", est assez exceptionnel. Contrairement à son successeur, le dessin n'est pas entièrement fait sur ordinateur, mais à la main. La différence n'est pas très grande, sauf que le trait perd en précision ce qu'il gagne en personnalité.
Mais à dire vrai, le dessin importe peu. Le message par contre, est éminement intéressant. L'auteur expose quelques pistes pour mieux comprendre (ou pourquoi pas faire !), et par là-même apprécier la bande dessinée, et toutes sont intéressantes. Elles ne manqueront pas de faire réagir et réfléchir le lecteur. On peut bien évidemment être plus ou moins d'accord avec l'avis de Scott McCloud, mais ce livre est une base de réflexion vraiment digne d'intérêt. L'auteur le souligne d'ailleurs lui-même, ésperant susciter un débat sur la vision de la BD, ses moyens, son avenir.
Si certains pourront regretter (et encore, le terme est fort), des répétitions et un défonçage de quelques portes ouvertes (en Europe, en tout cas), cet ouvrage est tout simplement indispensable au lecteur qui veut (mieux) comprendre le monde de la bande dessinée, et ses bandes dessinées.

J'ajouterai que les exemples cités sont eux-aussi très intéressants, on trouve même des références à Moebius.

Avis posté par ArzaK Infos posteur le 25/05/2002 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ne concerne que "L'Art invisible"

Pas grand chose d'autre à ajouter. Eisner, Alan Moore et Spiegelman ont déjà tout dit (voir résumé). Cet ouvrage est tout à fait essentiel. Il est passionant. Le seul regret que nous pouvons avoir nous, lecteurs européens, c'est que pour McCloud, la bd européenne se limite à Hergé ou Astérix. Mais au-delà des différences notables entre Manga, Comics, et BD européenne, auquel l'auteur s'attache quelque peu, cet ouvrage a le mérite de déceler les particularités générales d'un médium au destin universel.

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