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Nom série
Capitaine Cormorant
posté le
01/05/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Capitaine Cormorant est incontestablement un avant goût de Corto Maltese. On retrouve ici tous les ingrédients de ce qui fera ensuite le succès du personnage majeur d'Hugo Pratt. Capitaine Cormorant évolue sur le continent américain, que Pratt a déjà largement évoqué avec Fort Wheeling. Solitaire et naviguant sur les mers, il aidera un jeune Anglais à retrouver l'héritage de son père sur fond de guerre avec les Français. A noter que l'histoire est reprise sous la forme de strips originaux dont Pratt était coutumier. Publiée en couleur dans la récente édition publiée chez l'éditeur Casterman, deux autres histoires de la même veine sont également rééditées par la même occasion Billy James et "l'attaque du fort" qui se déroulent au 17e siècle et opposent les Indiens aux colonisateurs Anglais et Français au Canada et dans les premières colonies Américaines. Trois très bonnes histoires que les fans de Pratt ne manqueront pas d'apprécier |
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Nom série
Peplum
posté le
29/04/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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C'est vrai que ce n'est pas une Bande Dessinées très facile d'accès. C'est vrai qu'une relecture s'imposera peut être accompagnée d'explications de texte glanées ça et là. Il n'en demeure pas moins que sur le plan esthétique, cette histoire dessinée en noire et blanc est remarquable avec un dessin toujours en mouvement et un coup de crayon retranscrivant magnifiquement les tourments et la noirceur des personnages qui rythment cette odyssée Antique. On dit qu'il s'agit d'une adaptation du "Satyricon" de Petrone, l'auteur lui parle plutôt d'un prolongement de cette ouvre antique. Je ne sais qu'en penser n'ayant pas lu l'ouvrage.
Le fait est que Blutch nous raconte le périple d'un personnage, qui tel un Ulysse connaîtra une véritable Odyssée le conduisant à mettre à nu une superbe femme prise dans les glaces et dont il attendra tout au long du récit le retour à la vie. Incapable d'aimer une autre femme que cette créature somme toute virtuelle, le héro est aussi un formidable imposteur qui usurpera l'identité d'un membre éminent de la Rome Antique pour accéder à la caste détentrice du pouvoir à Rome. Sa forfaiture mise à jour, il accédera toutefois au rang des sénateurs dans laquelle, ce Rastignac de l'Antiquité, ne parviendra néanmoins pas à se fondre. Roman de l'amour impossible , de la quête vaine et éperdue de gloire, de la forfaiture démasquée, cette œuvre du grand prix de la ville d'Angoulême mérite au moins d'être lue à défaut d'être totalement comprise et appréciée |
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Nom série
Blotch
posté le
24/04/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Que les choses soient bien claires. A la fin de la lecture de cet album, le lecteur sera animé de différents sentiments à l'égard du personnage de BLOTCH, mais la sympathie n'en fera certainement pas partie.
Le personnage est laid et prétentieux. Misogyne et raciste. Réactionnaire et nationaliste. Imbu de sa personne et pratiquant un humour franchouillard des plus douteux. Fort avec les faibles, faible avec les forts, condescendant et courtisant. BLOTCH est tout cela à la fois.
BLOTCH c'est la France des années 30, celle de DRUMONT et BRASILLACH qui vomit la "gangrène communiste" et le Front Populaire.
Le personnage de BLUTCH incarne à la fois tout cela. Dessinateur de presse, il gagne sa vie en réalisant des dessins de presse pour le journal...Fluide Glacial! Des dessins à l'humour plus que douteux, qui relèvent d'un humour graveleux et grivois, et qui ignorent donc la finesse.
Confrontés à l'émergence du mouvement cubiste, et à la naissance du jazz, BLOTCH rejette sans embages ces mouvements artistiques pourtant majeurs, dont aucun ne trouve grâce à ces yeux.
Trop dégénérés, pas assez Français en somme.
Critiqués par ses contemporains, BLOTCH ne doute jamais de son génie. La remise en cause: très peu pour lui! On vous l'a dit BLOTCH fait l'unanimité contre lui.
Avec un talent d'écriture réel, BLUTCH, nous décrit la vie de ce personnage des années 30 au travers de différents petites histoires parues initialement dans Fluide Glacial (le vrai), réalisées en noir et blanc. Un vrai succès que cet album qui indique bien pourquoi BLUTCH fait partie des auteurs majeurs de la BD Française de ces 15 dernières années. |
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Nom série
Haggarth
posté le
03/04/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Les éditions Casterman ont eu l'excellente idée de rééditer dans une intégrale deux histoires parues dans le journal (À Suivre) dans les années 70. Cette intégrale comprend également une troisième histoire inédite en France, ainsi que les 25 premières planche d'un quatrième récit, hélas inachevé.
L'occasion nous est ainsi donnée de redécouvrir un auteur réaliste Espagnol, Victor De la Fuente, trop méconnu du grand public, dont le dessin réaliste et la virtuosité graphique reste remarquable.
De la Fuente fait notamment partie de cette école Italienne et Hispanique qui excelle dans le dessin en noir et blanc. Chaque planche comprend au maximum 5 à 6 cases, ce qui permet d'apprécier à, sa juste valeur le trait du dessinateur. Le tout est mis au service d'une série d'héroic-fantasy de très belle facture qui ravira les amateurs du genre. Malheureusement, celle ci ne connaitra pas une grande postérité et le quatrième tome ne sera pas achevé.
Une série à découvrir ou à redécouvrir |
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Nom série
Dimanche
posté le
08/03/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Avant de publier Automne, Mc Naught nous avait livré un avant goût de sa manière de concevoir la bande dessinée.
Comme dans Automne, il ne se passe quasiment rien du tout dans cette histoire qui nous montre la manière dont les habitants d'une ville inconnue occupent leur journée lors d'un dimanche comme tous les autres.
Les férus d'action détesteront donc cette histoire dont l'intérêt majeur repose sur la manière dont se déroulent les faits.
Une succession de petites cases presque semblables les unes aux autres, avec à chaque fois un détail, une posture différente qui permet de voir la scène évoluer lentement, progressivement, à la manière d'un dessin animé dont la succession de dessins superposés les uns après les autres contribuent à créer le sentiment du mouvement. Se succèdent ainsi des enfants qui jouent avec leur console de jeu, un couple en train de bronzer, un autre en train de regarder un film, un individu qui chute à vélo. Pas de paroles, juste des onomatopées, les dialogues d'un dessin animé (NEMO en l'occurence). A la fin de la partie la journée s'est écoulée, il est temps d'aller dormir.
L'originalité tient également au format qui est celui d'un simple calepin et aux couleurs (noir, blanc, bleu et orange) dont le nombre est restreint.
On pourra regretter ce qui constitue essentiellement un pur exercice stylistique et le trouver parfaitement creux. Mais "Dimanche", c'est quand même un peu plus que cela.
Cette BD est en fait parfaitement en phase avec son époque, où c'est désormais "Monsieur tout le monde" qui est devenu un des sujets d'étude principaux du 9e art. |
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Nom série
Automne
posté le
26/02/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Le festival d'Angoulème sert au moins à ça : rassembler une sélection des meilleurs livres parus lors de l'année écoulée et dont la plupart d'entre eux nous ont échappé, dissimulés derrière un flot ininterrompu de publications.
Elu album révélation de l'année, ce one shot nous entraine dans la vie des gens simples, la vie de gens comme vous et moi, qui mènent une vie loin d'être trépidante dans une petite ville de province. Rien ne se passe dans cette vie banale au possible.
Alors pourquoi cet album présente t-il un intérêt ?
Jon Mac Naught est un adepte de Chris Ware, et tout son talent réside dans cette capacité à raconter la vie des petites gens sans tomber dans le misérabilisme et la condescendance. Comme avec Chris Ware, la mise en valeur de ces petits gestes du quotidien, de ces signes du temps qui passe, se fait par de petites vignettes qui se succèdent les unes aux autres, souvent similaires mais avec ce petit détail qui indique un changement de saison, le passage d'un véhicule, l'écoulement d'une journée.
En deux histoires courtes, Jon Mac Naught nous invite à une éloge de la lenteur, à une contemplation de la nature et du temps qui passe. Avec très peu de mots et de longs silences, l'auteur nous fait pénétrer dans la vie de ces petites gens avec pudeur et humanité. Le tout grâce à un graphisme minimaliste et une palette de couleurs (noire, blanche, rose et bleue) volontairement réduite qui réussit à créer une ambiance très particulière et un tout cohérent. Son sens de la mise en scène qui rappelle très fortement l'auteur de Jimmy Corrigan contribue grandement à la réussite de cet album. Que ceux qui sont des adeptes de la BD d'action et de scénarios à la Jacobs ou à la Charlier passent leur chemin. Pour les autres, laissez vous emporter.... |
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Nom série
Les Folies Bergère
posté le
24/02/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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J'aurais pu rédiger une énième chronique sur Tintin ou Thorgal en affublant la série du qualificatif "culte". Ca n'aurait pas apporté grand chose, et j'ai eu la curieuse idée de rédiger une critique sur un de ces albums parus au cours de l'année écoulée et qui s'est noyé dans le flot des plus de 5000 parutions.
Alors pourquoi cet album ? D'abord parce qu'il a été sélectionné à Angoulême, ensuite parce qu'il m'a été conseillé par un galeriste Parisien ne serait-ce que pour le graphisme de l'album.
Jusque là Tardi avait un quasi monopole sur la description des absurdités des deux guerres mondiales qui secouèrent le vieux continent. Puis il y a eu Notre Mère la Guerre qui s'est frottée à cet exercice avec un certain succès. Zidrou et Porcel s'y essaient également dans ce One shot, et avec bonheur.
L'histoire est celle d'un contingent envoyé sur le front qui ne peut que constater l'absurdité d'un conflit auquel ils ont pris part bien malgré eux. Tous ont laissé une famille, des enfants dans le beau pays de France. Peu les reverront. Dans ce bal des anonymes soldats apparaissent également des figures historiques et artistiques, le Président Clémenceau, le peintre Monet qui sur son Aventin continue de distiller un peu de beauté dans ce monde de brutes. On croise également la figure de l'ecclésiastique qui, un peu comme Maître Pangloss dans le "Candide" de Voltaire, prétend que tout va pour le mieux dans ce bas monde, ne serait-ce que parce que la promesse de l'accès au paradis nous a été offerte.
Mais la candeur de l'ecclésiastique est ici très relative, et on s'apercevra que ce curé ne restera pas insensible aux plaisirs de la beauté féminine, dans un ultime hommage à ces soldats disparus, qui tous rêvaient d'aller se divertir aux "Folie bergères".
Et puis il y a aussi cet exercice de style graphique qui laisse apparaître des couleurs dans le gris, le noir et le blanc de la guerre. Cette couverture réussie, ce titre trompeur sur la nature véritable du récit, cette entrée en matière annonciatrice des horreurs à venir.
C'est donc un véritable exercice de style que nous proposent les deux auteurs.
Je laisse le soin à chacun de découvrir cette histoire, innovante sur le plan graphique et scénaristique, et qui fait passer Tintin et Thorgal pour l'enfance de l'art en matière de BD. |
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Nom série
Chère Patagonie
posté le
14/11/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Des critiques unanimes pour saluer la qualité de l'ouvrage. Une BD dont les 5000 exemplaires ont été rapidement vendus, au point que l'éditeur procède actuellement à la réimpression de 3000 autres volumes ; voilà un ''one shot'' qui méritait que l'on se pencha sur son cas.
Il a suffi de feuilleter quelques planches chez mon libraire habituel pour susciter mon enthousiasme qui est demeuré intact tout au long de la lecture de ce titre, œuvre de la valeur montante de la BD argentine, Jorge Gonzalez.
Je dois dire que son précédent album Bandonéon avait produit chez moi le même effet. On retrouve d'ailleurs certaines similitudes dans les thèmes et dans la narration.
Le sujet ? L'histoire de l'Argentine, étalée sur plusieurs générations au travers de la vie d'une famille d'immigrés allemands arrivés dans le pays à la fin du 19e, et qui doit faire sa place au milieu des indiens dont le sort suivra peu ou prou le même sort que celui des indiens des Etats-Unis. La vie de Julian dont les parents tiennent un commerce en Patagonie pour qui il va acheter de la marchandise à Buenos Aires, où il finira sa vie en tenancier d'Hôtel.
"Chère Patagonie" c'est tout ça et bien encore sur plus de 200 pages, où l'on ne cesse de s'arrêter sur un dessin et des couleurs superbes, d'une grande maestria ou les codes traditionnels de la BD franco-belge sont bouleversés à souhait. Ici le texte n'est jamais un luxe, et les silences sont tout aussi parlants que des planches surchargées de texte.
Avec Gonzales au dessin, on a l'impression de croiser le Français Crécy, l'italien Fior, l'américain Sienkiewicz. Un vrai bonheur pour les yeux!
L'album contient une seconde histoire au code narratif bien différent qui traite de la survivance de la culture des indiens Mapuche en Argentine. Le texte y est plus fourni, le dessin au frontière de la simple esquisse. Le dessinateur argentin nous montre qu'en un album il est capable de raconter deux histoires dont la thématique est similaire mais d'une manière radicalement différente. Une performance ! Alors si d'aventure vous croisez cet album en chemin, n'hésitez pas à en faire l’acquisition. Vous ne devriez pas le regretter. |
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Nom série
Bandonéon
posté le
23/09/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Horacio est arrivé d'Italie très jeune en 1916 en Argentine avec son père. Anarchiste celui-ci aura pour maitresse une bourgeoise qui initiera son fils au piano. Très doué, une grande carrière s'ouvre à lui et un contrat en or l'attend à New-York 20 ans plus tard. Mais l'ambition n'est pas au rendez-vous et il préfère s'introduire au sein de la bourgeoisie locale. Il épousera d'ailleurs une fille de bonne famille. Les années passent et il s'aperçoit qu'il n'a pas emprunté la bonne voie, sa vie de couple est un échec et dès lors, seul le retour à la musique semble lui redonner le gout de vivre, le gout d'aimer. Mais alors qu'il a une nouvelle chance de relancer sa carrière, il ne la saisit pas et reste prisonnier des conventions.
"BANDONEON" c'est l'histoire d'une vie ratée dans l'Argentine du siècle dernier, une histoire mise en image par le digne successeur des Pratt, Altuna, et autres Breccia.
Avec un dessin à mi chemin entre Pedrosa et Crecy pour la France ou Fior, grand prix à Angoulème pour l'Italie, Gonzalez nous livre des planches d'une grande beauté réalisées dans des tons pastels.
Ce dessinateur est à mon sens une des grandes révélations des dernières années, et cette bd parue aux éditions Dupuis étant épuisée, je me dis que je n'ai sans doute pas été le seul à penser de même.
Son nouvel ouvrage paru chez Dupuis dans la collection Air Libre sur la Patagonie est une occasion unique de découvrir cet auteur argentin installé en Espagne, qui est aussi par ailleurs un remarquable illustrateur dont les travaux ont par exemple été publiés dans le "New Yorker".
A coup sûr un superbe one shot |
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Cette série m'a fait penser à la trilogie Pour L'Empire de Vivès et Merwan
Comme dans cette dernière, l'histoire se situe en un lieu imaginaire au 20e siècle que l'on devine être un pays dirigé par une dictature communiste. Celle-ci, lancée dans un projet économique fou, en vient à assécher une mer intérieure (l'équivalent de la mer d'Aral), empêchant ainsi les pécheurs de pouvoir vivre de leur activité. Un vent de révolte souffle alors sur ce pays mettant aux prises la rebellion à un dictateur sanguinaire amateur d'art qui se déplace dans le pays dans un train accompagné d'une mère castratrice.
Au milieu de tout cela une histoire d'amour contrariée qui se terminera en tragédie, mais je n'en dis pas plus.
Ce tryptique est une vraie réussite et met une fois de plus en avant le talent d'Alfred, qui après Pourquoi j'ai tué Pierre et Je mourrai pas gibier réussit à marquer de son empreinte la BD française contemporaine.
Certes son trait n'est pas des plus esthétiques, mais il a le mérite d'être efficace et de servir un scénario de qualité. |
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Nom série
La Guerre d'Alan
posté le
24/07/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Disons le d'emblée, le titre de cet ouvrage est véritablement trompeur.
Ceux qui s'attendent à des récits sur la guerre comme a pu en livrer Tardi seront déçus. Il faut plutôt se tourner vers Gibrat dans Le Vol du Corbeau, ou dans Mattéo pour se faire une idée de ce qui vous attend.
Alan Cope, même s'il est envoyé en Europe parmi les soldats américains ne sera jamais au front mais toujours en retrait. Point de champ de bataille pour lui, engagé qu'il est comme dactylographe notamment. Et même s'il se retrouve engagé dans un blindé, il ne croisera que très rarement le regard des Allemands au cours de son périple, qui le conduira essentiellement en Tchécoslovaquie ou dans la Bavière d'une Allemagne désormais vaincue.
En réalité, "la guerre d'Alan", c'est avant tout l'histoire d'un citoyen américain qui s'aperçoit au fil du temps qu'il a raté sa vie, au nom du respect des conventions, un soldat qui n'a pas été lui-même et qui gagne l'Europe qui lui correspond plus, fuyant un pays dont les gens sont somme toute assez superficiels à son goût.
L'histoire d'une vie en somme, dans laquelle se retrouveront bon nombre de lecteurs.
Le dessin de Guibert est fidèle à ce qu'il nous avait habitué dans " le photographe" avec des mélanges de dessin et de photos sur fond de couleurs noires, blanches et grises.
Un one shot réussi pour un récit plus contemplatif qu'explosif. |
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Nom série
Chute de Vélo
posté le
10/06/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Comment réussir à captiver le lecteur, en lui racontant les histoires de Monsieur tout le monde, dans la France profonde qui plus est?
Voilà un talent que possède Etienne Davodeau et qui le prouve une fois de plus avec ce one shot paru aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre.
Au départ, des retrouvailles familiales dans une maison de campagne entre un frère et une soeur dont la mère est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Le but du jeu? Vendre cette maison dans laquelle cette mère ne peut plus vivre du fait de sa maladie. Au milieu de cette réunion de famille, un vieil ami des plus serviables, mais un ami qui cache un grand secret.
Le véritable talent de Davodeau n'est pas graphique, mais il tient à sa capacité à raconter avec talent des histoires attachantes qui concernent des individus lambda, souvent d'origines modestes.
Cet album en est une nouvelle preuve |
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C'est en consultant le classement des meilleures BD parues depuis le début du siècle dernier que je me suis aperçu que cet album paru initialement en 8 volumes y figurait. Des grands de la BD comme le défunt Jean Giraud en faisaient même un de leurs 10 albums favoris et c'est vrai que cette autobiographie de David B est d'une grande qualité.
Comment vivre au quotidien avec un frère gravement épileptique?
Telle est la question à laquelle l'auteur tente de répondre.
Très difficilement serait-on tenté de dire en tournant la dernière page.
Toute la vie de la famille a été axée autour des soins à donner à ce fils ainé dont les crises se succédaient à un rythme effrené.
Aucun remède ne donnant satisfaction, la famille tente toutes les thérapies possibles et imaginables, des plus sérieuses aux plus farfelues, basculant souvent dans l'irrationnel.
Avec cette maladie qui ne guérit pas la fratrie se distend et voilà que le frère cadet se réfugie dans des mondes imaginaires, qu'il dessinera ensuite pour devenir le dessinateur que l'on connait aujourd'hui. Le dessin comme thérapie en somme.
Une histoire simple et forte, qui ne verse jamais dans le pathos, mise en image avec un dessin en noir et blanc. Un dessin qui caractérise d'ailleurs cette génération de dessinateur issue de la maison d'édition l'Association. Un dessin sans grande virtuosité ni talent apparent, un dessin comme on en faisait parfois dans les marges de nos cahiers d'enfance pour tuer l'ennui face à un enseignant soporifique; mais un dessin au service d'un scénario solide, d'un texte d'une grande qualité et après tout, n'est-ce pas à celà qu'une BD de qualité se définit? |
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Le moins que l'on puisse dire c'est que cet album est des plus déconcertant. Sur plus de 220 pages l'auteur nous entraine dans les méandres de la création artistique, sa propre création, avec un dessin en gestation au début de l'album qui s'affirme ensuite peu à peu.
Là où le lecteur sera un peu décontenancé, c'est que c'est le dessin même de Nicolas de Crecy qui s'exprime dans la première partie sous la forme d'un fantôme, en voyage au Japon entamé en compagnie de son manager.
Puis dans une seconde partie, le dialogue s'instaure dans l'avion du retour entre le dessin et son auteur Nicolas de Crecy lui même qui exprime sa difficulté à reproduire son ressenti sur papier à la suite d'un voyage au Brésil.
Dans le premier récit en retrouve le trait caractéristique de Nicolas de Crecy sous forme d'esquisse en noir et blanc qui ressemble plus à un crayonné qu'à un dessin véritablement abouti puis dans le second la couleur pastel vient agrémenter un dessin plus précis, plus maitrisé comme si le dessin de l'auteur trouvait enfin sa forme définitive.
Si cet album est incontestablement un exercice de style c'est aussi un album sur la difficulté de créer, une difficulté qui ne se limite pas à celle de l'auteur de BD mais qui concerne à l'évidence, l'ensemble des créateurs du monde artistique.
A lire pour sortir des sentiers battus et pour découvrir un des auteurs phare de la Bd française de ces 15 dernières années. |
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Nom série
Les Mauvaises Gens
posté le
11/04/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Avec cette histoire Davodeau poursuit son exploration de la France Profonde pour nous offrir une plongée dans le monde rural entamé avec l'album "Rural". Il s'engage ainsi dans la description du monde ouvrier dans les campagnes dans la France d'après guerre, qu'il prolongera ensuite dans l'album Un homme est mort.
C'est l'histoire d'une France qui n'est aujourd'hui plus, celle qui vivait au rythme de l'église et de l'usine, celle du plein emploi dans la France en reconstruction.
Pas de héros, ni de personnages fictifs ici, rien que du réel puisque Davodeau qui se met lui même en scène, raconte son histoire, et celle de ses parents auxquels il donne la parole.
Il confirme à cette occasion qu'il est un auteur du réel, à l'instar d'un Joe Sacco dans un tout autre registre, le témoin d'une époque qu'il restitue sans fard. On est ici a mi chemin entre la BD traditionnelle et le Journalisme, ce qui donne un récit franc, sincère et authentique. Une tranche de la France d'avant, relatée sur près de 180 pages entre 1953 et 1981 avec l'arrivée de la gauche au pouvoir.
Le tout servi par un dessin simple et lisible, caractéristique de la nouvelle génération qui domine la BD Française de ces 15 dernières années. Mais qu'importe si le dessin n'est pas d'une grande virtuosité, puisque le scénario est au rendez vous de la qualité.
Sans doute un des meilleurs albums de Davodeau. |
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Nom série
Le Cri du Peuple
posté le
10/04/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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"Le cri du peuple" c'est l'histoire d'un personnage à mi chemin entre Edmond Dantès et Jean Valjean. Condamné par erreur au bagne, un ancien notaire, tente de retrouver la trace de celui qui a assassiné sa fille adoptive plusieurs années auparavant. Réapparu en France au moment de la défaite de Sedan, et donc à la fin de Règne de NAPOLEON III, il croit enfin avoir trouvé le véritable coupable. L'histoire se déroule au cours de l'année 1971, au moment où le Gouvernement a fui à Versailles sous les ordres de THIERS et cherche à reconquérir la ville de Paris menée par la Commune. Le récit qui s'étend sur plus de 300 pages, est dense et reproduit fidèlement l'argot de l'époque ce qui ne le rend pas très facile à lire. Mais cela rend au moins l'histoire crédible, et les auteurs ont évité de faire s'exprimer les personnages du 19e avec un vocabulaire contemporain, ce qui est le cas dans beaucoup de séries historiques.
Tardi reste fidèle à son trait, simple, minimaliste, et restitue à merveille les faciès abimés du Paris des bas fonds, du Paris misérable qui criait sa soif de justice sociale. A conseiller pour tous les amateurs d'histoire, souhaitant bénéficier d'une piqure de rappel sur cette période un peu méconnue de notre histoire. |
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Nom série
Kogaratsu
posté le
10/04/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Les aventures d'un Ronin dans le Japon du 17e siècle formidablement mis en image par Mitchetz. De très belles couleurs et un dessin tout en mouvement pour des histoires originales inventées par Bosse fort bien documentées.
Sans doute une des meilleures séries parues dans le Journal "Spirou" de ces 25 dernières années |
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A quoi reconnait-on un grand dessinateur? Chacun a sans doute sa réponse. En ce qui me concerne, un grand dessinateur est celui dont le style est reconnaissable entre tous, celui dont on reconnait le dessin au premier coup d'oeil. Si cette définition peut-être retenue, alors Dino Battaglia est incontestablement un grand dessinateur, et il le prouve encore avec cette illustration de contes fantastiques parus dans les années 70 essentiellement.
Sa maîtrise du noir et blanc, sa mise en valeur des lumières et des couleurs grisées correspond parfaitement à cette description des ambiances sordides dans le Londres du 19e ou dans la bonne société Prusse déclinante de cette même période. Sa capacité à dessiner des visages horrifiés, figés dans la contemplation de l'horreur est unique.
Son découpage à mi chemin entre l'illustration de contes et du découpage qui sied traditionnellement à la BD est lui aussi unique.
Alors, on aime ou on n'aime pas son trait et sa manière de faire avancer un récit, mais à coup sur un tel auteur ne peut laisser indifférent. |
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Une belle adaptation du conte de Charles PERRAULT par le grand dessinateur Italien Dino BATTAGLIA publiée aux éditions Mosquito dans une édition de luxe avec dos toilé. Un Dino Battaglia qui comme souvent, fait fi des contraintes traditionnelles propre à la B.D. Franco Belge (une pagination bien délimitée, énormément de cases par planche). Battaglia se moque des contraintes habituelles et nous propose une narration très aérée et très libre tant sur le fond que sur la forme. Le tout superbement mis en couleur pas son épouse, même si les puristes diront surement que c'est dans le noir et blanc que Battaglia excelle le plus. Une histoire destinée aux plus grands comme aux enfants qui permet de redécouvrir un des contes les plus connus de l'auteur Français. |
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Nom série
Le Swing du golem
posté le
01/01/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Avant de publier le superbe one shot Le Jour du Marché, James Sturm qui s'était révélé dans la revue "Raw" aux cotés d'Art Spigelman, avait réalisé d'autres histoires dont le "swing du Golem", qui remporta un véritable succès critique aux Etas-Unis.
Les éditions DELCOURT ont eu l'excellente idée de rééditer cette dernière histoire en ajoutant deux autres récits plus anciens.
Sturm nous plonge ainsi dans les racines profondres de l'Amérique : "l'importance" du fait religieux chez les premières communautés, la quête vers l'or dans laquelle se lancèrent des milliers de personnes croyant faire fortune en un temps éclair, et puis enfin le racisme de l'Amérique profonde dans le "swing du golem" qui nous retrace l'histoire d'une équipe de baseball constituée en partie de joueurs juifs.
L'amérique que nous dépeint Sturm n'est pas celle de New York, de Chicago ou de San
Francisco, cette Amérique tant prisée par les Européens notamment, qui y voient le miroir d'une société ouverte et multiculturelle qui ressemble à la leur. A la lecture de cet album on plonge plutot dans l'Amérique profonde, celle de la church belt (Tennesse, Alabama, Géorgie...), une Amérique repliée sur elle même, qui ignore le monde extérieur, une Amérique laborieuse et pauvre qui rejette celui qui n'est pas chrétien et blanc de peau. Celle où le baseball reste le "national past time"
N'allez pas chercher une grande virtuosité graphique chez James Sturm. Son style sobre ressemble plutot à celui d'une Art Spiegelman ou d'une Marjane Satrapi. La force de ces trois récits se trouve essentiellement dans le scénario, fort et efficace. Un talent narratif qui se retrouvera plus tard avec Le Jour du Marché.
Un ouvrage à conseiller pour les amoureux d'histoire et les amateurs de la BD américaine, une des plus riches et des plus créatives qui soient à ce jour encore. |
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