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... a posté 3756 avis et 1677 séries (Note moyenne: 2.86)

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Nom série  Silver Darling  posté le 02/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Chouette découverte que ce premier album de Will Morris.

Se plaçant comme un héritier, un imitateur ou un proche de Gipi, Morris se démarque par une plus grande maîtrise (à mon goût) que l'illustre Italien. Dès ce premier tome, il fait preuve d'un sens de la mise en scène et du cadrage assez bluffant. Sachant qu'une partie de l'histoire se déroule en haute mer, ce n'est pas un mince exploit.

L'histoire qu'il nous raconte, quant à elle, n'est pas d'un suspense haletant, c'est même assez banal avec ce lycéen qui pour tromper son ennui décide de braver l'un des interdits absolus du monde de la pêche. Mais grâce à ce sens de la mise en scène et à une voix off savamment dosée, Morris parvient à tenir son lecteur jusqu'à la fin.

Pas mal, donc.

Nom série  Vives voix  posté le 31/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A chaque fois que je lis un Baladi, je me dis, cette fois-ci, je vais peut-être comprendre... Et ça ne rate jamais, je ne comprends pas grand chose.

Cette fois-ci il promène son héros récurrent, Benny, le citoyen lambda par excellence, en pleine dépression amoureuse, et icône de toute une révolution à cause d'un geste malheureux, mais si symbolique. Le personnage est encore une fois ballotté, il subit l'histoire et se retrouve cloîtré... Cette fois-ci c'est quand même un peu plus linéaire, moins délirant ou décousu, mais l'intérêt reste à mon goût assez limité...

Je n'ai rien contre le graphisme de Baladi, cette simplicité teintée de sensualité (parfois à la limite du vulgaire) ; il a le don d'être à la fois expressif et abstrait, l'essentiel du récit passant dans les dialogues.

Pour le reste, bof bof...

Nom série  RASL  posté le 30/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après l'indispensable Bone, revoilà Jeff Smith avec un projet tout aussi surprenant.

En effet nous suivons les traces de Rasl, scientifique qui a découvert un étrange secret lui permettant de voyager entre les dimensions, et qui parvient à subvenir à ses besoins en trafiquant des oeuvres d'art. Mais cet avantage n'est pas sans conséquences, car chaque voyage l'affaiblit physiquement, et les créatures qu'il rencontre au fil de ses voyages ont un petit côté flippant, comme cette fillette...

A l'issue du premier volume l'histoire est teintée d'étrangeté, Jeff Smith ayant décidé d'en garder sous la semelle. C'est intrigant presque de bout en bout, on a encore peu d'éléments d'explication sur la Dérive, sur le tueur qui suit Rasl...

Graphiquement c'est très différent de Bone. On est dans un style semi-réaliste, et un environnement plus nettement urbain. Smith élargit sa palette, aidé aux couleurs par Steve Hamaker et Tom Gaadt.

A suivre...

Nom série  Joueur du Grenier  posté le 27/10/2012 (dernière MAJ le 30/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu l'occasion de voir quelques-unes des petites émissions du Joueur du Grenier sur internet. Le capital sympathie du personnage est tel qu'il a déclenché une sorte de mini-émeute lors de son passage lors de la Japan Expo de l'été 2012. Cependant, décliner le personnage en BD, ça me laisse circonspect.

Pourtant le résultat est loin d'être inintéressant. Premièrement l'humour un peu geek est conservé, ce qui va plaire à ses fans ; ensuite les auteurs ont fait en sorte de justement ne pas en rajouter dans ce registre, du moins dans le premier tome, car la plupart des gags, pour ne pas dire tous, sont accessibles même à celles et ceux qui n'ont jamais touché une console de jeu de leur vie. Dans les deuxième et troisième tomes on continue sur le même tempo, entre gags référencés geek années 1990 et humour bon enfant sur la pré-adolescence. En fait, plutôt qu'une série sur le personnage, c'est une sorte de série d'humour sur une génération, la première à être branchée, mais de façon plus individuelle qu'à présent

Troisièmement le mécanisme du gag est bien utilisé, avec des chutes amenées logiquement. Certains sont franchement bons. Même si tous ne sont pas excellents, c'est assez bon, et de nombreux hommes ayant entre 30 et 45 ans devraient se reconnaître un peu.

Nom série  Dimension W  posté le 18/02/2014 (dernière MAJ le 28/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On est dans de l'anticipation relativement classique, avec ces bobines Tesla qui sont des conducteurs d'énergie presque universels, cette chasse aux androïdes illégaux que ne renierait pas Philip K. Dick et ce petit côté Arsène Lupin en fin de tome.

Un mélange des genres qui pour l'heure intrigue plus qu'il ne convainc, mais j'imagine que les choses vont se mettre en place par la suite. Dès le premier tome j'ai eu l'impression que ça partait dans tous les sens. Le deuxième tome confirme cette impression, l'intrigue partant dans une autre direction, ma foi inattendue avec l'histoire autour des enfants qui traînent autour de chez le ferrailleur... Et la fin est plus qu'intrigante...
Avec le tome 3 s'opère un virage dans la série, avec une histoire de meurtres qui rappelle un peu des Agatha Christie ou les Sherlock Holmes. Un virage qui permet à l'auteur d'explorer de nouvelles voies dans l'univers qu'il a créé. Intrigant.

Le tome 4 permet d'en savoir un peu plus sur la Dimension W, mais surtout de refermer le récit au sujet de Yasogami, une résolution ma foi assez bien vue, même si au début du tome j'étais un peu dans le brouillard.

L'auteur, qui nous a livré par le passé Le Roi des Ronces, prouve qu'il a une belle vitalité dans le trait, un grand sens de la mise en scène avec des cadrages variés (mais sans en faire trop), et un dosage de l'intrigue assez consommé. C'est vraiment très agréable. Les Editions Ki-oon sont au diapason, nous offrant quelques jolies pages colorisées et des couvertures au vernis sélectif phosphorescent (oui, ça brille dans le noir, j'ai testé).

A suivre donc.

Nom série  Erased  posté le 06/07/2014 (dernière MAJ le 28/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais bien aimé le boulot de Kei Sanbe dans L'Île de Hôzuki ainsi que dans Le Berceau des esprits. Le revoilà avec une nouvelle série fantastique, a priori moins horrifique, mais tout aussi intéressante.

Nous voilà donc sur les traces d'une jeune homme qui a des prémonitions qui lui permettent de revenir dans le passé pour empêcher des incidents, voire des accidents, de se produire...C'est devenu presque une habitude chez ce mangaka qui livre des pizzas pour arrondir ses fins de mois... Jusqu'au jour où le passé semble le rattraper et le marquer dans sa chair. C'est alors que... Le récit prend un virage qui fait immédiatement penser à une oeuvre-phare du manga en France, juste avant que le volume initial s'achève. L'énorme cliffhanger de la fin du tome 1 se poursuit dans le deuxième, puisque Satoru va devoir empêcher un évènement dramatique de son passé de se produire. mais le hasard (ou la destinée ?) est bien farceur, et même s'il peut changer le passé, celui-ci n'en est pas résolu pour autant.

Je l'ai dit, l'environnement est moins inquiétant que dans les séries précédentes de l'auteur, on est dans un cadre urbain tout ce qu'il y a de tranquille, ou plutôt de banal.

Graphiquement on est dans le style habituel de l'auteur, les visages des personnages sont assez caractéristiques dans leur registre semi-réaliste.
C'est vraiment prenant, je valide.

Nom série  Cesare  posté le 21/03/2013 (dernière MAJ le 28/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ceux qui sont attentifs à l'évolution de l'édition manga en France ne laisseront sans doute pas passer ce qui est en cours chez Ki-oon ; au sein d'une production shôjô/shônen assez passe-partout au début, seules les productions de Tsutsui permettaient à cette petite maison d'édition de s'adresser à un lectorat plus mature. Puis vinrent Tonogai et Sanbe, avec des récits qui lorgnaient franchement vers l'horrifique. Puis vint l'OVNI Bride Stories, il y a près de deux ans, qui ouvrit une nouvelle brèche, des mangas plus "cérébraux", plus tournés vers le souci de véracité historique. Cesare est la dernière traduction dans cette mouvance.

Tout d'abord on remarque la maquette, très soignée, marquant ce souci de qualité vers lequel l'éditeur, peu à peu, tend. Ici le sujet est la vie d'un jeune représentant de cette famille de dignitaires italiens d'origine espagnole qui s'appelèrent les Borgia. En plein coeur de la Renaissance transalpine, cette dynastie oeuvra pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir local, c'est à dire le pontificat. Mais plutôt que de nous parler de celui qui lorgne le Saint-Siège, l'auteure a choisi de nous en parler par le biais de son fils brillant étudiant de l'université de Pise. Ou plutôt -et c'est là une excellente idée, même si un peu éculée- au travers des yeux et de l'expérience d'un novice dans cette université, un jeune homme peu au fait des usages et des situations politiques, Angelo. Procédé malin, disais-je, car ainsi on découvre tous les rouages de ces intrigues de boudoirs, les conspirations diverses entre et contre les familles rivales.

C'est habilement mené, malgré le côté Dallas un peu trop présent, on ne s'ennuie quasiment pas, et on apprend beaucoup de choses. Il est intéressant de noter, par exemple, qu'en un peu plus de 500 ans, la Curie romaine n'a pas vraiment changé : corrompue, cupide, concupiscente et n'hésitant pas à se servir des services de spadassins, elle semble trouver d'étranges échos dans l'Eglise des années 2000... point positif, la période choisie est au coeur de pas mal de révolutions sur le plan artistique ou celui des voyages ; l'occasion pour nos protagonistes de rencontrer... mais chut, ne déflorons pas cette partie... Fuyumi Soryo introduit petit à petit différents personnages historiques, et la jeune Lucrezia fait ainsi son apparition dans le tome 4 ; on aurait pu penser que la relation avec son père va être au coeur de turpitudes ultérieures, mais après lecture du tome 6 Lucrezia reste encore pas mal en retrait. Mais l'auteure ne déflore pas son histoire, elle prend son temps. C'est aussi ça qui est intéressant : la psychologie des personnages évolue, et les masques tombent ou s'installent au fil de l'histoire.

Sur le plan technique, Fuyumi Soryo semble combiner deux visages : celui, classieux, d'une admiratrice du decorum de la renaissance italienne : ses décors, les costumes sont somptueux, c'est un vrai plaisir de regarder certains plans larges ou des personnages en tenues ecclésiastiques. Dans les bonus du tome 6 elle décortique sa façon de travailler sur les décors, en particulier un palais Renaissance. Par contre, sur le plan anatomique, c'est plus laborieux : certains visages manquent de rigueur, semblent un peu déformés. Certes, esthétiquement parlant, ils ressemblent aux canons de l'époque ; mais un peu plus de réalisme n'eût pas nui. Elle a aussi des soucis avec les chevaux. Ils sont également vraiment difformes, et c'est bien dommage quand l'une des scènes tourne autour d'eux. Ce souci me semble gommé par la suite, car dans le tome 5 une longue scène montre des chevaux, cette fois-ci nettement mieux réalisés.

Parlons-en un peu de ce tome 5, dont la scène centrale est une fête de l'école matérialisée par la reconstitution (moyennement fidèle) d'une célèbre bataille des croisades. C'est l'occasion pour les étudiants d'y montrer leur valeur en tant que guerriers -alors qu'ils n'auraient probablement jamais l'occasion de le faire en vrai- mais aussi, pour certains, d'évacuer leur stress, leur énergie, ou même... les frustrations accumulées face à leurs condisciples. Un évènement aux sous-tensions troublantes donc. Dans le tome 6 on passe à un autre temps fort, le dévoilement d'une partie du mystère de l'incendie. Le tome 7 est sur un autre tempo, on laisse reposer l'intrigue principale pour un cours d'Histoire concernant le dualisme entre l'Empereur et le Pape, ainsi que quelques éléments sur la ville de Pise, qui joua un rôle très important à une époque. De nouveaux angles de vue qui enrichissent la connaissance du sujet, fort complexe. Et encore une fois, quelques personnages emblématiques passent faire un coucou... La révolte des Pazzi, évènement sanglant de l'histoire de Florence, est évoqué dans le tome 8, car une quinzaine d'années après les résonances sont encore là ; on apprend beaucoup de choses sur l'Histoire et la politique de l'époque, c'est vraiment très intéressant. Dans le tome 9 le tempo est plus calme, Cesare et Angelo disparaissent même un peu de la scène pendant la moitié du tome, tandis que nous est exposée la délicate, fragile et complexe situation géopolitique de l'Italie, alors éclatée en plusieurs Etats. Je n'ai pas tout compris, mais encore une fois cela me semble bien présenté, et surtout complété par des annexes documentaires fort intéressantes, un autre plus qui maintient cette série sur une qualité élevée.

Dans le tome 10, conclusif, nous avons droit à un évènement majeur dans l'histoire d'Angelo, Giovanni et Cesare ; c'est peut-être le plus calme de la série, mais il fallait cela pour conclure en beauté, sur un rythme qui fleure bon la Toscane et sa douceur de vivre. De plus les personnages tombent un peu le masque, et l'entité un peu froide que représentait jusque-là Cesare apparaît plus humaine.

Le tout est assez intéressant ; l'auteure (ou l'éditeur) a pensé à nous proposer une sorte de tableau synoptique des relations entre les personnages, car je dois avouer qu'entre les Medicis, les Borgia et les Della Rovere, il y a de quoi s'y perdre, même si chaque famille n'est représentée que par deux ou trois personnages. Dans le tome 3 de nombreuses notes permettent de replacer l'ensemble de l'histoire dans un contexte socio-politique précis. Dans le cinquième un entretien avec un spécialiste japonais de l'époque nous permet de mieux comprendre le fonctionnement des universités de la renaissance. C'est très intéressant, et permet de comprendre pas mal de subtilités présentes dans le manga...

Le lectorat du manga traditionnel risque de ne pas adhérer, mais tant pis, j'encourage Ki-oon à persévérer dans cette voie, car c'est vraiment très intéressant, et franchement bien fait. Ma note globale est de 4/5. C'est excellent de bout en bout.

Nom série  Le Brigand du Sertão  posté le 25/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah, voilà un récit dépaysant et débridé. Nous sommes dans le nord-est du Brésil, les années 1920. Plusieurs bandes de pillards défraient la chronique et défient les forces de l'ordre.

L'album se présente comme une suite d'histoires, ou plutôt de chapitres, qui vont de l'un à l'autre, avec une trame de fond qui avance, et le personnage d'un journaliste comme moteur. Malgré le noir et blanc, on est transporté dans la touffeur et la foison de la nature brésilienne, et on suit avec plaisir et curiosité les aventures de ces brigands.

Le style de Flavio Colin est une sorte de ligne claire plus proche de David B. que d'Hergé, et certaines planches le positionnent comme un maître en la matière. Ce n'est pas pour rien qu'il est considéré comme le plus grand dessinateur de tous les temps au Brésil.

A découvrir.

Nom série  Gemma Bovery  posté le 25/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une oeuvre pas comme les autres, ce Gemma Bovery. J'avais fait une première tentative, il y a quelques années, mais l'abondance de texte m'avait un peu rebuté. C'est à la faveur de la réédition de 2014, accompagnant l'adaptation au cinéma par Anne Fontaine (avec Fabrice Luchini et Gemma -eh oui- Arterton), que je m'y suis remis.

Alors c'est vrai que l'immersion dans le récit est un peu difficile ; l'auteure s'est adaptée au modèle littéraire qu'elle assume et revendique, le roman de Flaubert Emma Bovary. Un roman au style un peu lourd, lénifiant, contant les amours d'une jeune Anglaise venue en quelque sorte se perdre en Normandie. La mise en abyme moderne est assez osée, et habilement menée par ailleurs. Mais il faut être amateur du genre, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. L'intérêt principal du roman -et donc de la BD- est la façon dont on en est arrivé au dénouement dramatique. Là encore Posy Simmonds se montre plutôt habile.

Son style graphique est plutôt agréable, les expressions des personnages sont efficaces et les ambiances, parfois minimalistes, plutôt agréables.

Une lecture somme toute agréable, même si franchement longue ; mais c'est l'exercice qui veut ça.

Nom série  The Cape  posté le 12/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
The Cape est adapté d'une nouvelle de Joe Hill, laquelle raconte la vengeance d'un pauvre mec qui découvre que la cape qu'il utilisait comme jouet étant gamin permet réellement de voler.

La nouvelle est courte, mais assez prenante. Les adaptateurs n'ont, en somme, fait que transposer cette matière sans en rajouter beaucoup.

L'intérêt de l'histoire est en fait de placer un super-pouvoir, ou plus exactement un objet dotés de facultés magiques entre les mains de quelqu'un qui perd les pédales, et qui, retrouvant cet objet qui l'a en quelque sorte ensorcelé étant enfant, finit par péter complètement les plombs. Une variation négative du thème du super-héros, donc, qui même si elle manque d'épaisseur, n'en est pas moins intéressante.

Le dessin est assez réussi, dans ce style semi-réaliste que j'apprécie particulièrement, et qui peret une lecture claire, tandis que la colorisation est assez claire.

L'ensemble est plaisant, sans plus.

Nom série  Le Diable Amoureux et autres films jamais tournés par Méliès  posté le 11/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon, l'idée de départ était sympathique et intéressante (un minimum chez Vehlmann), mais le résultat est plus nuancé.

En effet si l'idée permet de croiser de nombreux personnages célèbres du monde du spectacle du Paris des années 1900-1920, le rythme imprimé à ces saynètes n'en est pas moins lénifiant, un peu lent, et on est à deux doigts de s'ennuyer. Certaines histoires sont tout de même intéressantes, d'autres étranges, mais comme souvent lorsqu'il y en a plusieurs, c'est inégal. J'ai un peu eu l'impression que Vehlmann a essayé de lier des bouts d'idées en mettant le cinématographe au centre. Le personnage central reste Georges Méliès, qui méritait peut-être un peu mieux comme hommage.

Graphiquement je ne suis pas vraiment convaincu par le boulot de Duchazeau. Cela oscille entre le croquis très poussé, sur certains paysages parisiens notamment, à l'esquisse extrêmement vague, comme s'il n'avait pas eu le temps de finir toutes ses planches... Dommage.

Nom série  L'Arrache-coeur  posté le 11/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, je suis frustré.

Frustré parce que j'aurais aimé comprendre ce que j'ai lu, et à la fermeture de l'album, j'avoue que je suis toujours ignorant en la matière. Boris Vian était (et reste) un auteur très particulier, à l'oeuvre difficile, à tiroirs. Morvan a sans doute essayé de garder cette complexité, qui confine à l'hermétisme... Ce qui fait que je me suis demandé tout du long ce que je lisais. Ça ressemblait un peu à du Jérôme Moucherot, mais l'absurde est ici dénué d'humour. Certes, il y a ce psychanalyste, qui a besoin d'analyser quelqu'un, n'importe qui, sous peine de dépérir. Il y a cette mère qui a trois gamins aux étranges pouvoirs, qui souhaite les surprotéger... Mais y-a-t-il un message derrière tout cela ? J'ai la flemme de chercher.

Côté dessin, je ne connaissais pas le boulot de Maxime Péroz, mais c'est vraiment très beau, son noir et blanc est dense et touffu, un peu trop par moments ; il faut se concentrer pour bien saisir les différents plans de l'image parfois.

Un gros bof d'incompréhension, qui échappe à la note minimale grâce au dessin.

Nom série  Salaire net et monde de brutes, chroniques ordinaires du travail temporaire  posté le 10/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Les chroniques ordinaires du travail temporaire, dit en substance le titre de l'album...

Nous avons donc un couple de travailleurs habitués au temporaire, qui remplissent des missions très diversifiées, souvent ingrates (j'imagine qu'ils ont sélectionné leurs histoires les plus malheureuses), qui racontent ces déboires sur un blog hébergé par le site de Libération, et qui, pour le passage en album, ont rajouté une histoire permettant de les lier toutes...

C'est assez convenu, déjà vu, on esquisse un sourire de temps en temps, mais dans l'ensemble c'est assez léger... Les histoires courtes sont donc ponctuées par une longue scène d'attente à... la sécu, au bureau de travail temporaire ? sans grand intérêt. On s'ennuie quand même assez vite, même si j'ai trouvé certains portraits instantanés assez bien vus.

Quant au dessin d'Elise Griffon, il se caractérise par une mise en scène minimaliste souvent, mais efficace la plupart du temps. Le traitement des couleurs est assez terne par contre.

Bof, donc.

Nom série  La Colère de Fantômas  posté le 24/11/2013 (dernière MAJ le 10/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Belle, très belle impression à la lecture de cette nouvelle adaptation d'un héros populaire qui a bercé la jeunesse de nos grands-parents, voire arrière-grands-parents.

Sans moderniser -ou plutôt actualiser- le mythe, les auteurs se sont attachés à en faire une version très dynamique, propre à intéresser même les plus réfractaires d'entre nous. Bien sûr, le graphisme de Julie Rocheleau est très particulier, on peut ne pas l'apprécier, mais il a le mérite de proposer des ambiances uniques, à la limite de l'onirisme tant la dessinatrice laisse l'élégance et le lyrisme de son trait s'exprimer. Il y a un petit côté Cyril Pedrosa dans son style.

Je ne connais pas les romans originaux, mais force est de constater que le scénariste se débrouille pas mal... ça continue dans le deuxième tome, pour constituer une série de qualité dans la pure tradition des feuilletons d'autrefois.

La suite, vite.

Nom série  Un Eté en apnée  posté le 10/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le hasard, mais aussi le talent de ma bibliothécaire, ont fait que j'ai lu cet album juste après 520 km, auquel il répond comme par un effet de miroir.

En effet nous sommes dans les pas de Louise, qui a quitté Simon par facebook -et par inadvertance- et qui se retrouve dans une nouvelle histoire sentimentale, dont elle n'est pas sûre de la légitimité. Une nouvelle fois de Radiguès se montre très précis et réaliste dans les relations entre ses personnages, entre garçon pas encore sûr de sa sexualité et jeune fille au caractère bien trempé, sans toutefois tomber dans la caricature.

Comme dans ses autres albums, son graphisme est assez simple, mais plutôt maîtrisé dans l'expressivité de ses personnages et la mise en scène.

Max de Radiguès n'en a peut-être pas encore fini avec ses adolescents, mais je suis prêt à le suivre s'il est toujours aussi convaincant...

Nom série  520 km  posté le 10/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est avec Orignal que j'ai découvert Max de Radiguès. Peu à peu je lis ses albums, qui semblent tracer une voie particulière dans la franco-belge actuelle.

Ici le récit est celui d'un ado qui fugue pour retrouver sa copine, et va se rendre compte qu'il existe d'autres voies, qu'il se fourvoyait complètement et qu'une amitié peut naître de pas grand-chose. C'est cette simplicité et cet ancrage dans le réel et la modernité qui font la force de cet album.

Car son style graphique, s'il n'est pas révolutionnaire ni remarquable, n'en est pas moins efficace. Encore une fois une chouette lecture.

Nom série  Urban  posté le 02/10/2011 (dernière MAJ le 07/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La série Urban Games devait tenir à coeur à Luc Brunschwig pour vouloir la reprendre malgré les 12 années passées et l'abandon du dessinateur initial.

La perle rare se nomme donc Roberto Ricci, qui avait fait forte impression dans Les Ames d'Hélios il y a quelques années. Là encore il frappe fort, dans un style, mais surtout des ambiances différentes. Les influences graphiques et narratives sont évidentes, et nul n'est besoin ici de les réitérer. Cependant je suis bluffé par la capacité du dessinateur à passer d'une ambiance intimiste à une scène d'action, par sa mise en scène très inventive ou encore ses couleurs pastel superbes. Il doit également gérer de nombreux paramètres visuels, entre les clins d'oeil, la mise en scène de l'intrigue et les personnages, qui conservent de bout en bout une expressivité aussi optimale que possible. Bref, de la (très) belle ouvrage.

Côté scénario, je ne connais pas la série originale de Brunschwig aux Humanos, mais j'imagine qu'il a dû "épaissir" sa trame, retravailler son récit pour le rendre plus logique, et le résultat est de suite très prenant. Le background, même s'il est proche de récits de SF classiques, me semble tout de même très cohérent. L'intrigue, éclatée sur plusieurs fils narratifs voisins a amené dès le premier tome son lot de situations très intéressantes, amenant à découvrir Monplaisir, l'omniprésence des media, la corruption due au pouvoir.

Les deuxième et troisièmes tomes apportent leur lot d'éléments aussi troublants que surprenants. En effet le récit va prendre une direction franchement inattendue, les personnages secondaires vont voir leur background s'épaissir, leurs postures changer. Et le récit est donc éclaté sur une quinzaine de personnages, dont aucun n'est laissé sur la touche, et tous vont jouer un rôle au fil du récit, qui va s'étaler sur 5 tomes. Le liant de l'histoire semble être Zach, ce colosse au coeur tendre, mais au fur et à mesure j'ai l'impression qu'il s'agit de Monplaisir, cette cité du vice plutôt que du plaisir... Enfin si, il y a une personne qui semble retirer beaucoup de plaisir de tout ça,agissant comme un despote (ce nettoyage des arrière-cours toutes les 5 heures ! Mais quelle idée de fou !) et elle n'a pas encore tout dévoilé de son dessein... Surtout ne suivez pas le lapin blanc.

Plus j'avance dans la série, plus je me rends compte de sa complexité et de sa densité. Les récits, les personnages s'entrecroisent, ne faisant que se frôler parfois. Tous les éléments se mettent en place progressivement pour constituer un puzzle géant, où tout semble trouver une place bien précise. Le tueur de jeunes femmes, la personnalité de Springy Fool, le héros de série qui revit en tant qu'ami imaginaire ou en tant que robot, tout a un sens.

Ebouriffant.

Nom série  Mikros & Photonik  posté le 06/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après avoir permis à Mikros de connaître une réédition soignée via Mikros Archives, Thierry Mornet, éditeur chez Delcourt, lui permet de rencontrer une autre figure super-héroïque à la française des années 1980, du journal Mustang : Photonik !

Ciro Tota a ainsi accepté de céder son personnage fétiche à son ami Jean-Yves Mitton, le temps de quelques aventures communes. Le premier récit, écrit et dessiné par Mitton, est mis en couleurs par Reed Man. Le résultat ? Une histoire franchement brouillonne, avec un prologue qui se perd dans les rues provençales (mais oui) avant de se concentrer sur la menace de l'Ombre et une réception de super-héros à New York. C'est bien simple, en refermant l'album je me suis demandé quand l'histoire allait commencer... Entre les remarques lourdingues de Crabb et l'inconsistance de Photonik et ses complices, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages.

Heureusement que le dessin de Mitton est toujours présent, dynamique et bien posé. On le sent fléchir sur certains faciès de personnages, mais dans l'ensemble c'est un plaisir pour les yeux, avec un joli boulot sur les couleurs.

Bref, avec un scénariste plus inspiré, cette rencontre aurait pu être plus intéressante...

Nom série  Le Dahlia noir  posté le 30/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens la voilà, l'adaptation graphique du polar de James Ellroy... j'avoue, je n'ai pas lu le bouquin, ni vu le film qui l'a adapté... Et pour le coup ça ne me dit plus trop rien.

Le récit est confus, brouillon, il semble se perdre dans les méandres de l'enquête, mêlée à une (des ?) affaire(s) personnelle(s), qui, contrairement à d'autres titres, ne fait/font que l'alourdir... J'ai failli lâcher le bouquin à une ou deux reprises, et me suis tout de même accroché, ne serait-ce parce que je souhaitais aller jusqu'au bout. Et le dénouement ne me satisfait que moyennement. Je ne suis pas un expert en polars, mais il me semble qu'il y a des "trous" dans cette histoire... Alors Ellroy + Fincher + Matz = un peu bof...

Le boulot de Miles Hyman est quant à lui plutôt solide, carré, on sent qu'il y a passé du temps. Mais malgré ces qualités, j'aurais quand même mis le nom d'Ellroy en premier sur la couverture...

Pour les fous de l'auteur, à mon avis. Ceux qui le découvriront par ce biais en seront pour leurs frais.

Nom série  Gilles la jungle  posté le 28/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, intéressant de découvrir ce qu'un auteur québécois a pu faire avec le principe du roman-photo adapté à sa sauce...

Ici le sérieux ne prime pas. Mais pas du tout, puisque Claude Cloutier a glissé des dialogues foutraques dans CHAQUE bulle, rendant le récit impossible à suivre, mais encore plus intéressant de par ses situations absurdes. Un exemple ? Page 24, les trois première cases :
case 1 : Le sergent et sa femme sont ligotés à leur tour... "- J'ai l'impression que nous sommes ligotés" "-Ne dis pas ça."
Case 2 : ...attendant leur châtiment avec angoisse. "- Je crois que j'ai attrapé l'angoisse"
Case 3 : "- Nous allons mourir" "- C'est dommage, il y a un film de Jerry Lewis demain soir sur le canal 10."

Et ainsi de suite.

Le dessin est donc inspiré de Kimba, une série d'aventures dont je n'ai jamais entendu parler, mais probablement très premier degré. Le dessin est proche de l'esquisse, dans une veine presque réaliste. Cloutier la détourne complètement, proposant un sorte d'opéra comique en carton réjouissant.

Bref, à découvrir.

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