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Nom série  Michel Risque  posté le 14/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jolie découverte.

Michel Risque est une série qui existe depuis presque quarante ans chez nos cousins québécois, et a connu un succès retentissant sur place. Il est arrivé en France il y a une dizaine d'années, mais les Editions la Pastèque ont décidé de lui donner l'exposition qu'elle mérite avec une intégrale en deux volumes, le deuxième sortant en 2015.

Le principe de la série est simple, ils 'agit, pour l'essentiel, d'une seule et même aventure, sans fin ou presque, qui amène Michel, prototype de l'anti-héros, dans des situations impossibles. Sa grande naïveté et son amour pour différentes femmes l'amèneront dans ces situations. La galerie de personnages imaginée par Réal Godbout et Pierre Fournier est inoubliable, avec cette guenon géante, ce journaliste débrouillard ou cet oncle cupide. Les aventures sont, malgré cet aspect débridé, relativement crédible, enfin disons qu'elles se situent dans le haut du panier de la BD d'humour. Un humour qui doit être typiquement québécois, mais à la portée des Européens. Seule une poignée d'expressions empêche la compréhension totale du texte, mais les circonstances permettent de gommer ce très léger problème.

Réal Godbout est une sorte de Gotlib québécois, avec un trait aussi précis que quasi-réaliste, avec une petite tendance à la caricature parfois. Une fausse ligne claire qui rend la lecture fort agréable.

Vraiment très sympa.

Nom série  Bohemian Galion  posté le 14/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Maxe L'Hermenier nous raconte l'histoire d'une famille de pirates un peu surprenants, entre couillonnades et couardise, entre coups de théâtre et roublardise. Tous les ingrédients sont là, du fils pas très courageux au sidekick malin, en passant par la fille intrépide.

Le jeune lecteur en prend plein les mirettes avec les péripéties sans fin, les retournements de situation et les trésors convoités. Il faut dire que le travail graphique de Thomas Labourot est vraiment sympathique, dans un style semi-réaliste qui fourmille de détails et d'humour.

Une série au capital sympathie certain.

Nom série  A. N. G. E.  posté le 14/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une nouvelle série centrée sur l'étrange, signée cette fois par Anne Robillard, romancière française spécialiste du genre et adaptée d'une de ses séries.

L'A N G E est créée au 17ème siècle par deux francs-maçons, peu satisfaits des solutions de l'Eglise pour gérer les situations paranormales, et continue à exister de nos jours. Les modes de fonctionnement, les rapports avec les autorités ou encore les desseins des méchants de service sont pour l'heure assez flous dans le premier tome, la scénariste préférant nous plonger de plain-pied dans l'action avec ces tueurs qui se baladent dans les parages de l'A. N. G. E. J'imagine que cela se fluidifiera par la suite.

Côté dessin, c'est Cristian Pacurariu qui est aux pinceaux, la vigueur et les ambiances qui caractérisent son trait donnant une allure un peu crépusculaire au récit. L'emploi un peu systématique des points de vue décalés surprend un peu, mais les planches sont de belle facture.

Pas révolutionnaire pour l'heure, mais au minimum intrigant.

Nom série  Alix Sénator  posté le 14/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'étais intrigué.

Intrigué par rapport à l'idée de départ de la série, qui nous montre un Alix vieilli, un peu fatigué, et membre du sénat romain, et séparé de son cher Enak.

Le résultat n'est pas déplaisant. Nous avons une intrigue policière qui se tient à peu près, digne des complots de l'époque, avec trahisons et faux-semblants à la clé. En filigrane, l'histoire personnelle d'Alix, la quête de la disparition d'Enak (qui me semble un peu tirée par les cheveux), dans une ambiance de voyage, puisque nous allons aussi en Egypte.

Le dessin de Thierry Démarez est très agréable, très respectueux de l'ambiance graphique initiée par Jacques Martin, avec toutefois un trait plus hésitant sur les architectures.

Curieux de lire la conclusion du cycle...

Nom série  La Colonne  posté le 28/08/2013 (dernière MAJ le 07/09/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une nouvelle fois les Bordelais de Futuropolis font fort.

Cette fois-ci Christophe Dabitch nous propose de découvrir la colonisation française de l'Afrique équatoriale et occidentale par le petit bout de la lorgnette, avec cet évènement inconnu -mais authentique- tellement emblématique de ce qui fut fait à l'époque sur place... Mais afin de ne pas barber son lecteur -parce que des fois, l'Histoire, ça peut être chiant-, il choisit d'en faire une sorte d'opéra tragicomique, avec trois personnages principaux inoubliables.

Dès le premier tome le ton est donné ; on se moque, certes, mais on montre aussi la barbarie qu'engendre la bêtise. Lorsqu'une colonne de militaires recrutés dans les colonies traverse d'autres colonies et tue, pille, viole, brûle... Peut-être ce qu'il y a de plus noir -sans mauvais jeu de mots- dans l'âme humaine... Le deuxième tome apporte le fin mot de l'histoire, une histoire dont l'issue ne peut qu'être dramatique. Entre folie et colonialisme, c'est un récit marquant...

Pour nous raconter cette histoire, je ne sais pas qui aurait été mieux placé que Nicolas Dumontheuil. Son trait si vivant, ses postures évocatrices et sa mise en scène dynamique renforcent l'atmosphère voulue par Dabitch. On rigolera un peu avec ses oublis graphiques qui feront le bonheur des pinailleurs (les épaulettes du fantôme, le cimier d'une casquette...), mais on n'oubliera pas l'essentiel, c'est très plaisant à voir.

Nom série  Vertiges de Quito  posté le 07/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'histoire qui ouvre cet album est l'une de celles qui m'avaient le plus marqué lorsque j'avais lu le recueil Grands reporters, édité par les Arènes. Le séjour en Amérique latine de Didier Tronchet et sa famille s'étant prolongé, il a continué à coucher sur le papier les moments les plus étonnants ou touchants, de quoi aujourd'hui constituer un album complet (presque 120 pages).

La lecture est un vrai régal. Tronchet nous parle de Quito, où il a résidé la plupart du temps, cette ville adossée à un volcan, sur une faille géologique, et de sa rue principale qui descend en zigzags et est le théâtre de nombre de spectacles organisés ou improvisés... De la selva, où sa compagne, qui parle parfaitement le Quechua (non, ce n'est pas seulement une marque tentes !), est allée s'immerger. D'un immense lac salé en Bolivie, de la côte équatorienne (trop rapidement, hélas) ou encore des mines encore en activité. Un dépaysement TOTAL, porté par un récit décomplexé, et qui contient ces moments de grâce, comme ces indigènes qui tirent à la sarbacane sur les avions qui se posent sur l'aéroport de Quito.

Comme il l'écrit lui-même, Tronchet a un trait "malhabile". Je ne suis pas fan de ses oeuvres de la première époque, ces personnages ayant des aspects maladifs, ces designs approximatifs. Ici cette gêne disparaît derrière la disparition des conventions, l'auteur se sent libéré, il est avant tout au service de ses personnages, des ambiances, et il y donne tout son coeur, avec des ambiances colorées très belles...

Excellent moment de lecture, qui donne envie de découvrir de plus près certains endroits de l'Amérique latine...

Nom série  Z comme zombies  posté le 07/03/2014 (dernière MAJ le 07/09/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu étrange cette série...

Elle est le fait de Jerry Frissen, scénariste belge installé en Californie, auteur de l'univers de la Lucha Libre, mais aussi et surtout de Les Zombies qui ont mangé le monde, dont cette nouvelle série est parente. On y retrouve Karl Neard dans un rôle moins actif, laissant la vedette à Freddy Merckx, un Belge rendu richissime grâce à la vente d'une sauce pour frites. Lorsque ses deux enfants (dont un) sont enlevés par des zombies, il voit rouge et compte bien perturber le ballet si ordonné de la migration zombie vers la Lune.

Dans le deuxième tome, Frissen emmène ses (anti-)héros dans une sorte de Jurassic Park version zombies, à la recherche d'un trésor.

Farfelu, ce scénario l'est assurément. Frissen y impose sa marque, qui rappelle par moments celle d'une Boucq époque Jérôme Moucherot, et on ne peut s'empêcher de sourire suivant les situations loufoques rencontrées. C'est rigolo, il y a un petit vernis d'étude sociale avec l'aspect ségrégatif de l'exode des morts-vivants. Le scénario échappe un peu à la mise en cases, le scénariste se permettant des échappées sur d'autres territoires narratifs.

Côté dessin le Portugais Jorge Miguel a un style mêlant franco-belge et comics, pour un résultat me semblant manquer de maturité, même si on sent qu'il maîtrise mieux, curieusement, les femmes et les zombies que les hommes et les véhicules terrestres.

Une série sympathique, qui échappe à nombre de poncifs.

Nom série  Les Guerres silencieuses  posté le 06/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mon avis est assez mitigé sur ce one-shot.

D'une part la maquette, le sujet et la façon dont le dessinateur l'encadre, c'est à dire en rajoutant ses propres entretiens avec ses parents, ses propres doutes en tant qu'auteur, sont très sympas, et montrent une recherche dans la façon de mettre l'histoire de son père en scène.

De l'autre le rythme imposé est lent, il ne se passe pas grand-chose. Bien sûr Jaime martin n'estpas là pour mentir, enjoliver cette histoire familiale, bien qu'il ait sans doute arrangé certaines scènes pour les rendre plus vivantes. Il y a des scènes cocasses, émouvantes, mais rien de transcendant.

J'aime bien son trait cependant, qui est très expressif et vivant.

Nom série  Les Aventures d'un homme de bureau japonais  posté le 05/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Attention, livre très particulier ! En gros José Domingo a d'abord écrit un court récit de cinq pages, racontant de manière muette les aventures rocambolesques d'un Japonais qui sort de son boulot. Et puis sur l'insistance d'un ami, il a développé son histoire, voyant des possibilités infinies...

Le point de vue est le même du début à la fin, et ce qui lui arrive fait partie d'un immense délire. L'imagination de l'auteur n'a pas de limites, ce qui est, selon moi, le vrai bon point du bouquin. Car je me suis assez vite lassé de ma lecture. malgré la grande diversité des autres personnages, des décors, des circonstances, j'ai vite senti de la lassitude à sa lecture, malgré la mise en abyme en cours de route (Domingo se met en scène avec ses compères auteurs).

Le dessin est dans une ligne claire exubérante, avec beaucoup de couleurs. pas désagréable à l’œil, mais pas révolutionnaire non plus.

Nom série  Vapor  posté le 03/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Comment dire ? Je pense que je n'ai pas compris cet album.

D'une dimension métaphysique qui confine au mystique et à l'absurde, reflet en images -probable- de la vie de son auteur, il propose un voyage étrange au pays de Vapor, cette entité sauvage qui règne sur le désert dans lequel Nicodème s'est isolé pour mieux s'oublier. il va rencontrer des personnages étranges, farfelus ou tout simplement barrés. Tout est allusif, tronqué, segmenté, difficile de suivre par moments.

Le style graphique est minimaliste, avec une mise en scène sobre, à la limite du gaufrier parfois, mais Max réussit tout de même à faire éclater un peu cette monotonie. J'ai été surpris à une oud eux reprises. surpris, mais pas plus.

Une curiosité, sans nul doute, mais qui ne me parle pas.

Nom série  Silver Darling  posté le 02/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chouette découverte que ce premier album de Will Morris.

Se plaçant comme un héritier, un imitateur ou un proche de Gipi, Morris se démarque par une plus grande maîtrise (à mon goût) que l'illustre Italien. Dès ce premier tome, il fait preuve d'un sens de la mise en scène et du cadrage assez bluffant. Sachant qu'une partie de l'histoire se déroule en haute mer, ce n'est pas un mince exploit.

L'histoire qu'il nous raconte, quant à elle, n'est pas d'un suspense haletant, c'est même assez banal avec ce lycéen qui pour tromper son ennui décide de braver l'un des interdits absolus du monde de la pêche. Mais grâce à ce sens de la mise en scène et à une voix off savamment dosée, Morris parvient à tenir son lecteur jusqu'à la fin.

Pas mal, donc.

Nom série  Vives voix  posté le 31/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A chaque fois que je lis un Baladi, je me dis, cette fois-ci, je vais peut-être comprendre... Et ça ne rate jamais, je ne comprends pas grand chose.

Cette fois-ci il promène son héros récurrent, Benny, le citoyen lambda par excellence, en pleine dépression amoureuse, et icône de toute une révolution à cause d'un geste malheureux, mais si symbolique. Le personnage est encore une fois ballotté, il subit l'histoire et se retrouve cloîtré... Cette fois-ci c'est quand même un peu plus linéaire, moins délirant ou décousu, mais l'intérêt reste à mon goût assez limité...

Je n'ai rien contre le graphisme de Baladi, cette simplicité teintée de sensualité (parfois à la limite du vulgaire) ; il a le don d'être à la fois expressif et abstrait, l'essentiel du récit passant dans les dialogues.

Pour le reste, bof bof...

Nom série  RASL  posté le 30/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après l'indispensable Bone, revoilà Jeff Smith avec un projet tout aussi surprenant.

En effet nous suivons les traces de Rasl, scientifique qui a découvert un étrange secret lui permettant de voyager entre les dimensions, et qui parvient à subvenir à ses besoins en trafiquant des oeuvres d'art. Mais cet avantage n'est pas sans conséquences, car chaque voyage l'affaiblit physiquement, et les créatures qu'il rencontre au fil de ses voyages ont un petit côté flippant, comme cette fillette...

A l'issue du premier volume l'histoire est teintée d'étrangeté, Jeff Smith ayant décidé d'en garder sous la semelle. C'est intrigant presque de bout en bout, on a encore peu d'éléments d'explication sur la Dérive, sur le tueur qui suit Rasl...

Graphiquement c'est très différent de Bone. On est dans un style semi-réaliste, et un environnement plus nettement urbain. Smith élargit sa palette, aidé aux couleurs par Steve Hamaker et Tom Gaadt.

A suivre...

Nom série  Joueur du Grenier  posté le 27/10/2012 (dernière MAJ le 30/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu l'occasion de voir quelques-unes des petites émissions du Joueur du Grenier sur internet. Le capital sympathie du personnage est tel qu'il a déclenché une sorte de mini-émeute lors de son passage lors de la Japan Expo de l'été 2012. Cependant, décliner le personnage en BD, ça me laisse circonspect.

Pourtant le résultat est loin d'être inintéressant. Premièrement l'humour un peu geek est conservé, ce qui va plaire à ses fans ; ensuite les auteurs ont fait en sorte de justement ne pas en rajouter dans ce registre, du moins dans le premier tome, car la plupart des gags, pour ne pas dire tous, sont accessibles même à celles et ceux qui n'ont jamais touché une console de jeu de leur vie. Dans les deuxième et troisième tomes on continue sur le même tempo, entre gags référencés geek années 1990 et humour bon enfant sur la pré-adolescence. En fait, plutôt qu'une série sur le personnage, c'est une sorte de série d'humour sur une génération, la première à être branchée, mais de façon plus individuelle qu'à présent

Troisièmement le mécanisme du gag est bien utilisé, avec des chutes amenées logiquement. Certains sont franchement bons. Même si tous ne sont pas excellents, c'est assez bon, et de nombreux hommes ayant entre 30 et 45 ans devraient se reconnaître un peu.

Nom série  Dimension W  posté le 18/02/2014 (dernière MAJ le 28/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On est dans de l'anticipation relativement classique, avec ces bobines Tesla qui sont des conducteurs d'énergie presque universels, cette chasse aux androïdes illégaux que ne renierait pas Philip K. Dick et ce petit côté Arsène Lupin en fin de tome.

Un mélange des genres qui pour l'heure intrigue plus qu'il ne convainc, mais j'imagine que les choses vont se mettre en place par la suite. Dès le premier tome j'ai eu l'impression que ça partait dans tous les sens. Le deuxième tome confirme cette impression, l'intrigue partant dans une autre direction, ma foi inattendue avec l'histoire autour des enfants qui traînent autour de chez le ferrailleur... Et la fin est plus qu'intrigante...
Avec le tome 3 s'opère un virage dans la série, avec une histoire de meurtres qui rappelle un peu des Agatha Christie ou les Sherlock Holmes. Un virage qui permet à l'auteur d'explorer de nouvelles voies dans l'univers qu'il a créé. Intrigant.

Le tome 4 permet d'en savoir un peu plus sur la Dimension W, mais surtout de refermer le récit au sujet de Yasogami, une résolution ma foi assez bien vue, même si au début du tome j'étais un peu dans le brouillard.

L'auteur, qui nous a livré par le passé Le Roi des Ronces, prouve qu'il a une belle vitalité dans le trait, un grand sens de la mise en scène avec des cadrages variés (mais sans en faire trop), et un dosage de l'intrigue assez consommé. C'est vraiment très agréable. Les Editions Ki-oon sont au diapason, nous offrant quelques jolies pages colorisées et des couvertures au vernis sélectif phosphorescent (oui, ça brille dans le noir, j'ai testé).

A suivre donc.

Nom série  Erased  posté le 06/07/2014 (dernière MAJ le 28/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais bien aimé le boulot de Kei Sanbe dans L'Île de Hôzuki ainsi que dans Le Berceau des esprits. Le revoilà avec une nouvelle série fantastique, a priori moins horrifique, mais tout aussi intéressante.

Nous voilà donc sur les traces d'une jeune homme qui a des prémonitions qui lui permettent de revenir dans le passé pour empêcher des incidents, voire des accidents, de se produire...C'est devenu presque une habitude chez ce mangaka qui livre des pizzas pour arrondir ses fins de mois... Jusqu'au jour où le passé semble le rattraper et le marquer dans sa chair. C'est alors que... Le récit prend un virage qui fait immédiatement penser à une oeuvre-phare du manga en France, juste avant que le volume initial s'achève. L'énorme cliffhanger de la fin du tome 1 se poursuit dans le deuxième, puisque Satoru va devoir empêcher un évènement dramatique de son passé de se produire. mais le hasard (ou la destinée ?) est bien farceur, et même s'il peut changer le passé, celui-ci n'en est pas résolu pour autant.

Je l'ai dit, l'environnement est moins inquiétant que dans les séries précédentes de l'auteur, on est dans un cadre urbain tout ce qu'il y a de tranquille, ou plutôt de banal.

Graphiquement on est dans le style habituel de l'auteur, les visages des personnages sont assez caractéristiques dans leur registre semi-réaliste.
C'est vraiment prenant, je valide.

Nom série  Cesare  posté le 21/03/2013 (dernière MAJ le 28/08/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ceux qui sont attentifs à l'évolution de l'édition manga en France ne laisseront sans doute pas passer ce qui est en cours chez Ki-oon ; au sein d'une production shôjô/shônen assez passe-partout au début, seules les productions de Tsutsui permettaient à cette petite maison d'édition de s'adresser à un lectorat plus mature. Puis vinrent Tonogai et Sanbe, avec des récits qui lorgnaient franchement vers l'horrifique. Puis vint l'OVNI Bride Stories, il y a près de deux ans, qui ouvrit une nouvelle brèche, des mangas plus "cérébraux", plus tournés vers le souci de véracité historique. Cesare est la dernière traduction dans cette mouvance.

Tout d'abord on remarque la maquette, très soignée, marquant ce souci de qualité vers lequel l'éditeur, peu à peu, tend. Ici le sujet est la vie d'un jeune représentant de cette famille de dignitaires italiens d'origine espagnole qui s'appelèrent les Borgia. En plein coeur de la Renaissance transalpine, cette dynastie oeuvra pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir local, c'est à dire le pontificat. Mais plutôt que de nous parler de celui qui lorgne le Saint-Siège, l'auteure a choisi de nous en parler par le biais de son fils brillant étudiant de l'université de Pise. Ou plutôt -et c'est là une excellente idée, même si un peu éculée- au travers des yeux et de l'expérience d'un novice dans cette université, un jeune homme peu au fait des usages et des situations politiques, Angelo. Procédé malin, disais-je, car ainsi on découvre tous les rouages de ces intrigues de boudoirs, les conspirations diverses entre et contre les familles rivales.

C'est habilement mené, malgré le côté Dallas un peu trop présent, on ne s'ennuie quasiment pas, et on apprend beaucoup de choses. Il est intéressant de noter, par exemple, qu'en un peu plus de 500 ans, la Curie romaine n'a pas vraiment changé : corrompue, cupide, concupiscente et n'hésitant pas à se servir des services de spadassins, elle semble trouver d'étranges échos dans l'Eglise des années 2000... point positif, la période choisie est au coeur de pas mal de révolutions sur le plan artistique ou celui des voyages ; l'occasion pour nos protagonistes de rencontrer... mais chut, ne déflorons pas cette partie... Fuyumi Soryo introduit petit à petit différents personnages historiques, et la jeune Lucrezia fait ainsi son apparition dans le tome 4 ; on aurait pu penser que la relation avec son père va être au coeur de turpitudes ultérieures, mais après lecture du tome 6 Lucrezia reste encore pas mal en retrait. Mais l'auteure ne déflore pas son histoire, elle prend son temps. C'est aussi ça qui est intéressant : la psychologie des personnages évolue, et les masques tombent ou s'installent au fil de l'histoire.

Sur le plan technique, Fuyumi Soryo semble combiner deux visages : celui, classieux, d'une admiratrice du decorum de la renaissance italienne : ses décors, les costumes sont somptueux, c'est un vrai plaisir de regarder certains plans larges ou des personnages en tenues ecclésiastiques. Dans les bonus du tome 6 elle décortique sa façon de travailler sur les décors, en particulier un palais Renaissance. Par contre, sur le plan anatomique, c'est plus laborieux : certains visages manquent de rigueur, semblent un peu déformés. Certes, esthétiquement parlant, ils ressemblent aux canons de l'époque ; mais un peu plus de réalisme n'eût pas nui. Elle a aussi des soucis avec les chevaux. Ils sont également vraiment difformes, et c'est bien dommage quand l'une des scènes tourne autour d'eux. Ce souci me semble gommé par la suite, car dans le tome 5 une longue scène montre des chevaux, cette fois-ci nettement mieux réalisés.

Parlons-en un peu de ce tome 5, dont la scène centrale est une fête de l'école matérialisée par la reconstitution (moyennement fidèle) d'une célèbre bataille des croisades. C'est l'occasion pour les étudiants d'y montrer leur valeur en tant que guerriers -alors qu'ils n'auraient probablement jamais l'occasion de le faire en vrai- mais aussi, pour certains, d'évacuer leur stress, leur énergie, ou même... les frustrations accumulées face à leurs condisciples. Un évènement aux sous-tensions troublantes donc. Dans le tome 6 on passe à un autre temps fort, le dévoilement d'une partie du mystère de l'incendie. Le tome 7 est sur un autre tempo, on laisse reposer l'intrigue principale pour un cours d'Histoire concernant le dualisme entre l'Empereur et le Pape, ainsi que quelques éléments sur la ville de Pise, qui joua un rôle très important à une époque. De nouveaux angles de vue qui enrichissent la connaissance du sujet, fort complexe. Et encore une fois, quelques personnages emblématiques passent faire un coucou... La révolte des Pazzi, évènement sanglant de l'histoire de Florence, est évoqué dans le tome 8, car une quinzaine d'années après les résonances sont encore là ; on apprend beaucoup de choses sur l'Histoire et la politique de l'époque, c'est vraiment très intéressant. Dans le tome 9 le tempo est plus calme, Cesare et Angelo disparaissent même un peu de la scène pendant la moitié du tome, tandis que nous est exposée la délicate, fragile et complexe situation géopolitique de l'Italie, alors éclatée en plusieurs Etats. Je n'ai pas tout compris, mais encore une fois cela me semble bien présenté, et surtout complété par des annexes documentaires fort intéressantes, un autre plus qui maintient cette série sur une qualité élevée.

Dans le tome 10, conclusif, nous avons droit à un évènement majeur dans l'histoire d'Angelo, Giovanni et Cesare ; c'est peut-être le plus calme de la série, mais il fallait cela pour conclure en beauté, sur un rythme qui fleure bon la Toscane et sa douceur de vivre. De plus les personnages tombent un peu le masque, et l'entité un peu froide que représentait jusque-là Cesare apparaît plus humaine.

Le tout est assez intéressant ; l'auteure (ou l'éditeur) a pensé à nous proposer une sorte de tableau synoptique des relations entre les personnages, car je dois avouer qu'entre les Medicis, les Borgia et les Della Rovere, il y a de quoi s'y perdre, même si chaque famille n'est représentée que par deux ou trois personnages. Dans le tome 3 de nombreuses notes permettent de replacer l'ensemble de l'histoire dans un contexte socio-politique précis. Dans le cinquième un entretien avec un spécialiste japonais de l'époque nous permet de mieux comprendre le fonctionnement des universités de la renaissance. C'est très intéressant, et permet de comprendre pas mal de subtilités présentes dans le manga...

Le lectorat du manga traditionnel risque de ne pas adhérer, mais tant pis, j'encourage Ki-oon à persévérer dans cette voie, car c'est vraiment très intéressant, et franchement bien fait. Ma note globale est de 4/5. C'est excellent de bout en bout.

Nom série  Le Brigand du Sertão  posté le 25/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah, voilà un récit dépaysant et débridé. Nous sommes dans le nord-est du Brésil, les années 1920. Plusieurs bandes de pillards défraient la chronique et défient les forces de l'ordre.

L'album se présente comme une suite d'histoires, ou plutôt de chapitres, qui vont de l'un à l'autre, avec une trame de fond qui avance, et le personnage d'un journaliste comme moteur. Malgré le noir et blanc, on est transporté dans la touffeur et la foison de la nature brésilienne, et on suit avec plaisir et curiosité les aventures de ces brigands.

Le style de Flavio Colin est une sorte de ligne claire plus proche de David B. que d'Hergé, et certaines planches le positionnent comme un maître en la matière. Ce n'est pas pour rien qu'il est considéré comme le plus grand dessinateur de tous les temps au Brésil.

A découvrir.

Nom série  Gemma Bovery  posté le 25/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une oeuvre pas comme les autres, ce Gemma Bovery. J'avais fait une première tentative, il y a quelques années, mais l'abondance de texte m'avait un peu rebuté. C'est à la faveur de la réédition de 2014, accompagnant l'adaptation au cinéma par Anne Fontaine (avec Fabrice Luchini et Gemma -eh oui- Arterton), que je m'y suis remis.

Alors c'est vrai que l'immersion dans le récit est un peu difficile ; l'auteure s'est adaptée au modèle littéraire qu'elle assume et revendique, le roman de Flaubert Emma Bovary. Un roman au style un peu lourd, lénifiant, contant les amours d'une jeune Anglaise venue en quelque sorte se perdre en Normandie. La mise en abyme moderne est assez osée, et habilement menée par ailleurs. Mais il faut être amateur du genre, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. L'intérêt principal du roman -et donc de la BD- est la façon dont on en est arrivé au dénouement dramatique. Là encore Posy Simmonds se montre plutôt habile.

Son style graphique est plutôt agréable, les expressions des personnages sont efficaces et les ambiances, parfois minimalistes, plutôt agréables.

Une lecture somme toute agréable, même si franchement longue ; mais c'est l'exercice qui veut ça.

Nom série  The Cape  posté le 12/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
The Cape est adapté d'une nouvelle de Joe Hill, laquelle raconte la vengeance d'un pauvre mec qui découvre que la cape qu'il utilisait comme jouet étant gamin permet réellement de voler.

La nouvelle est courte, mais assez prenante. Les adaptateurs n'ont, en somme, fait que transposer cette matière sans en rajouter beaucoup.

L'intérêt de l'histoire est en fait de placer un super-pouvoir, ou plus exactement un objet dotés de facultés magiques entre les mains de quelqu'un qui perd les pédales, et qui, retrouvant cet objet qui l'a en quelque sorte ensorcelé étant enfant, finit par péter complètement les plombs. Une variation négative du thème du super-héros, donc, qui même si elle manque d'épaisseur, n'en est pas moins intéressante.

Le dessin est assez réussi, dans ce style semi-réaliste que j'apprécie particulièrement, et qui peret une lecture claire, tandis que la colorisation est assez claire.

L'ensemble est plaisant, sans plus.

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