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... a posté 499 avis et 77 séries (Note moyenne: 3.3)

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Nom série  L'Arabe du futur  posté le 17/08/2015 (dernière MAJ le 09/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est très courageux de la part de Riad Sattouf que de livrer son autobiographie basée sur les souvenirs qu’il a conservé enfant sur un monde dont il percevait à peine les règles.
Fruit de l’amour d’une Bretonne et d’un étudiant Syrien exilé à Paris, le jeune Riad va rapidement retourner avec ses parents dans la Libye puis la Syrie des années 80...
Son père, convaincu de la place du peuple Arabe dans la société de l’avenir (cf. le titre), prend la place principale dans un récit pudique mais sans tabous et s’autorisant une grande part d’humilité.

En effet la grande force de ce récit est de n’être en aucun point moralisateur. Juste le constat d’une époque, de mœurs différentes et de coutumes inconnues en Occident dont le décalage peut prêter à sourire voire à rire car Sattouf maîtrise complètement le sens de son récit, entre souvenirs et anecdotes.

Le trait rond et la jolie bichromie (différente en fonction du pays visité) rendent l’ensemble ludique et agréable à lire d’autant plus que les ellipses sont rares et donnent une clarté toute simple et évidente à ce récit. Le personnage du père de Riad est un élément comique en soi. Athée convaincu mais tiraillé par la tradition et la fierté de ses origines, il devient un personnage tantôt burlesque tantôt décalé. Riad Sattouf préfère mettre en retrait le caractère docile mais essentiel de sa mère lors de leurs pérégrinations entre plusieurs pays… Traditions, enseignements, petits moments intimistes, rien ne manque lors de ce quotidien ni même quelques pages cruelles rompant avec la bonne humeur apparente du récit (mise à mort d’un chien errant et encore plus grave, d’une femme enceinte hors mariage).

A aucun moment Riad Sattouf ne porte de jugement. Chaque personnage est habilement construit entre réflexions, calembours et annotations. Le seul reproche fait lors de la lecture du second tome émanerait plutôt du caractère redondant du récit, les bonnes surprises du premier laissant place à une mécanique parfaitement huilée.

Riad Sattouf dépeint un entre monde qui est le sien : entre l’ennui de la Bretagne et les mœurs étranges des Syriens, l’écart constant de deux cultures ne manque pas d’amour ni d’humour. Pas étonnant dès lors que cette curieuse bd remporte l’adhésion à son passage et délivre à sa façon une révolution toutes en nuances… Mr. Sattouf est très très fort. Il est dit que cet ouvrage découle de l’échec de son second film « Jacky au Royaume des Filles », tentative couillue et sympathique d’inverser les rôles dans une dictature matriarcale. Le succès de « L’Arabe du Futur » en contrepartie démontre finalement que l’expérience du vécu ne sera jamais remplacée par la satire sociale et religieuse !

Bravo et vivement la suite !

Avis sur le tome 2 : L'effet de surprise étant passé, j'ai trouvé ce second tome bien moins percutant et bien plus répétitif. Attention cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon mais le côté redondant de ce looooong récit n'apporte finalement pas beaucoup plus à la verve et la fraicheur du premier. Cela reste néanmoins très très bon en espérant que le 3ème tome retrouve un peu la spontanéité du début et qu'il me surprenne à nouveau ! Riad Sattouf a un tel niveau d'écriture que j'en deviens exigeant ! Ce qui n'est pas forcément négatif finalement.

Nom série  Sept frères  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cela faisait longtemps que je n'avais plus rien lu de Didier Convard dont l'attachement aux Francs-Maçons n'est plus à démontrer et dont j'attends encore et toujours la fin hypothétique de sa saga Neige. Mais bon passons.
"Sept" est une série concept qui aura fait couler pas mal d'encre, en bien comme en mal.
Jonchée de petits chefs d’œuvre comme "Sept Yakusas" et également d'autres bien moins inspirées comme Sept guerrières.

Néanmoins, impossible de s'y ennuyer tant le concept me parait intéressant avec ses qualités comme ses défauts.

Justement, à propos de défauts, Convard ne déroge pas à la règle en présentant ses sept personnages tour à tour dans deux époques distinctes.

Époques distinctes ? Tiens tiens.... En effet le sujet mérite un peu plus d'attention avant de poursuivre....

En effet sept anciens résistants impliqués dans la franc-maçonnerie et tous arrêtés en 1943 après avoir été balancés par l'un d'entre eux sont mystérieusement convoqués par un Corbeau à une nouvelle séance...
C'est le moment pour tous de se remémorer des souvenirs douloureux pour la plupart et de faire ressortir des plaies qui ne seront jamais cicatrisées...mais également de régler leur compte une fois pour toutes avec ce passé malmené.

Outre l'intrigue et les nombreux flashbacks entre 1943 et 1951, le récit est passionnant à lire, le portrait dressé de ces 7 fantômes et de la France sous occupation est magnifiée par le trait précis et inspiré du trop rare Hervé Boivin dont le style change radicalement de Pretty Little Nightmares.

Alors certes l'image "angélique" allouée à la Franc-Maçonnerie ne me plait guère n'étant pas du tout fan de ce genre de communautés et l'intrigue à la "Dix Petits Nègres" est d'autant plus palpitante que sa conclusion sera plutôt décevante par manque d'intérêt pour la résolution de l'énigme....

Mais revenir sans cesse en arrière pour "combler" les flashbacks, tenter d'y lire des indices et relever les "énormités" du traitre forcément menteur est sacrément ludique et prenant.

Le sombre visage de notre Histoire est également raconté de façon réaliste, touchant et pas forcément manichéen.

L'exercice peut paraître vain et l'avis de eric2vzoul tout à fait respectable mais voilà, j'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture avec l'envie probable de relire tout ceci...

Un très bon cru de la série Sept.

Nom série  Le Grand Méchant Renard  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Revisiter les contes de notre enfance pour mieux les détourner reste un exercice souvent périlleux et casse-gueule.
Casse-gueule parce que le résultat peut être catastrophique s'il en devient trop référentiel et parodique par contre Benjamin Renner s'en sort admirablement avec ce petit bijou d'humour et de tendresse en utilisant les codes classiques (les grands méchants loup et renard face aux gentils poussins) dans un rythme effréné digne des meilleurs cartoons de la Warner.

Par un dessin simple et affranchi de bordures, les couleurs pastel renvoient inconsciemment au procédé d'illustration. Elles apportent surtout un confort nécessaire pour une lecture rapide et survoltée sur les mésaventures d'un Renard qui se voudrait méchant en élevant des poussins volés dans le but de les dévorer avec son mentor le Loup. Mais rien ne va se passer comme prévu...

Riche en péripéties et en galeries de personnages tous aussi loufoques les uns que les autres avec une poule « stallonisée », un chien aussi actif qu'un préposé communal le vendredi à 15h ou un cochon et un lapin réduits au rôle de Laurel & Hardy, pas le temps de s'ennuyer dans ce récit génial que je recommande aussi bien aux petits qu'aux grands !

P.S : à noter que mon édition contient également un récit supplémentaire plus court sur Noël avec des animaux tout aussi loufoques, certes pas aussi drôle mais tout aussi agréable et fun à lire !

Nom série  Les Intrus  posté le 02/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour ma première incursion dans l'univers d'Adrian Tomine, je dois avouer que cet essai est en tous points réussi.

Proche des récits de Daniel Clowes et en particulier David Boring que j'affectionne particulièrement, Tomine utilise des techniques similaires pour dépeindre un quotidien morne et banal dans une Amérique d'aujourd'hui avec des dons de cartoonistes vraiment épatants, mélangeant gaufriers et couleurs, noir et blanc et découpage en strips selon l'humeur.

Ce recueil de 6 histoires n'est pas réellement pour tout le monde tant la mélancolie qui s'en détache devient rapidement perceptible et malgré de jolis dialogues ajoutant ici et là de l'humour ou du malaise. Bref la vie dans toute sa subtilité...

Les histoires qui forment ce recueil sont toutes à la fois différentes et épatantes. Que Tomine décrive la passion envahissante d'un jardinier pour un concept de sculptures végétales affreuses ou le quotidien pas évident d'une étudiante dont son sosie est une star du porno, ses récits font mouche.

Et lorsqu'il habille ses récits d'une touche d'émotion avec ce court monologue d'une mère à son fils justifiant son abandon ou d'une gamine bègue se découvrant une nouvelle passion pour les stands ups et au coeur d'une famille brisée par la maladie, c'est réellement le coeur serré que l'on peut comprendre la portée de ces relations humaines si simples et si touchantes à la fois.

L'histoire d'un vétéran militaire essayant en vain de renouer avec son passé perdu dans son ancien appartement ou la vie de couple d'une loser et d'un dealer quadra m'ont laissé un peu plus de marbre mais uniquement parce qu'elles sont légèrement en dessous du niveau de qualité des autres récits.

Finalement les intrus c'est vous, eux, moi... Tous ces gens qui passent et essayent un peu de vivre en harmonie avec leur quotidien... Ce livre n'est effectivement pas une ode à la joie de vivre mais peut aider à mieux digérer la pilule et se révèle finalement en tous points exemplaire.

Nom série  Roger Fringant (Les aventures de)  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Roger Fringant est une de ces séries pastiches dont je rafole, à savoir combiner des histoires hyper connues dans un décalage des plus salvateurs !

Pour cette histoire c'est Hergé et E-P Jacobs qui en font les frais avec des hommages plus qu'évidents aux albums cultes "On a marché sur la lune" pour le premier et "Le rayon diabolique" pour le second.

Mais attention, Jacques Lob ne se contente pas de moquer les univers suscités mais au contraire de leur rendre hommage par une science-fiction à la Papa plutôt bien documentée et riche en retournements. C'est un peu le Rayon U du toujours même E-P Jacobs revu et corrigé pour l'occasion par un sens du feuilleton (chaque "épisode" est constitué de deux pages avec bandeau et cliffhanger à la clé).

Roger Fringant va rendre visite à sa fiancée Marinette qui est également la fille d'un savant particulièrement inspiré puisqu'il invente coup sur coup une machine à voyager dans le futur puis une navette pour aller conquérir la lune rien que ça !

Roger est de la partie, voyage dans le futur, déjoue les pièges de l'ennemi jaune (et hop un coup de colonialisme à la Bob Morane) et part explorer une lune inhospitalière.

Bien sûr on se marre des anachronismes et des situations incongrues, des droïdes bien vintages et des espions bien louches, le tout dans une bonne humeur qui vous arrachera quelques rires et sourires.

L’œuvre de Jacques Lob qui officie également en tant que dessinateur est également la plus accomplie graphiquement. Son trait simple use et abuse de hachures du plus bel effet notamment sur la partie lunaire soit la majorité de ce récit.

La fin est facile mais franchement poilante et j'ai passé un agréable moment avec Roger Fringant que je recommande dans la chouette intégrale de Lob éditée par Cornélius qui comprend quelques autres pépites incontournables.

Nom série  Batmax  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
En tant que scénariste et dessinateur, le regretté Jacques Lob a publié certaines petites histoires caustiques dont la plus célèbre reste L'homme au landau.
Batmax est construit de la même manière par petits épisodes.
Surement amateur des séries radiophoniques ou télévisuelles, Lob s'amuse à déconstruire le mythe du super héros avec le jeune Maxime vivant seul avec sa mère, une créature plantureuse comme la malheureuse ouvrière Léa de l'homme au landau.

La jeune divorcée (ou veuve ce n'est pas précisé) s'attire la convoitise d'un essaim de mâles en rut ce qui n'est pas pour plaire au jeune Maxime soucieux de garder l'amour maternel et diverses attentions juste pour lui.
Il se confectionne un déguisement de Batman avec oreilles de Mickey et devient Batmax.
Batmax va donc regorger d'ingéniosité pour pourrir la vie sentimentale de sa mère en livrant bourres-pifs et mettre en fuite les amants éventuels de sa maman.

Le dessin reste délicieusement underground avec des traits en noir et blanc très simples mais parfaitement lisibles. On rit ou on pleure des déboires de cette famille décidément pas comme les autres puisqu'en partant d'une bonne intention : défendre sa mère, le jeune Maxime va devenir son pire cauchemar également !

L'histoire complète termine un cycle avec la révélation de la double identité de Batmax à la meilleure amie de la mère de Maxime qui compte bien profiter de la situation mais le tout restera sans suite. Dans un sens ce n'est pas plus mal car les évènements auraient pu tourner rapidement en rond par leur répétitivité.

Agréable à lire sans être transcendant, je vous recommande éventuellement l'achat de Batmax mais principalement dans l'intégrale de L'homme au landau où elle figure également avec d'autres histoires dont le chouette Roger Fringant.

Nom série  L'Homme au landau  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jacques Lob que je connais et reconnais surtout pour être l'un des co-auteurs du classique Transperceneige a également beaucoup oeuvré pour d'autres séries célèbres comme scénariste de Blanche Epiphanie et Superdupont.

L'éditeur Cornélius a eu la bonne initiative de réaliser cette première intégrale de cet auteur disparu en tant qu'artiste complet : scénariste ET dessinateur.

Si la jolie préface nous laisse présage d'un humour à la Sempé avec un aspect presque trash, on rentre vif dans le plat principal avec l'homme au landau qui constitue la principale histoire...

Petit, moustachu et profiteur, cet homme séduit les femmes dans l'unique dessein de continuer sa vie oisive dans un landau qu'il ne quitte jamais et d'en faire ses propres esclaves sexuels.
Annoncé comme tel, je me doute bien que ce n'est ni attirant ni drôle. Pourtant ces petites histoires qui se suivent à la suite ont je ne sais quoi de féroce et de réjouissant face à la naïveté et à la dévotion de la plantureuse Léa qui va subir tous les outrages possibles de son "homme".

Quelques gags parus dans l'Echo des Savanes et autres périodiques des années 70/80 suivent avec un particulier Batmax avant de laisser place à la deuxième grosse histoire : Roger Fringant.

Calqué sur les sérials avec cliffhanger à la clé sur des épisodes de 2 pages se lisant à la suite, Roger Fringant capitalise sur le succès de Tintin spécialement son passage sur la lune et surtout de Blake et Mortimer dont il reprend les tartines de texte un rien décalés et les situations grotesques (passage dans le temps, science-fiction désuète).

L'ensemble a un charme fou et on croirait presque lire une adaptation "suédé" du Rayon U de Jacobs bien plus décontractée.

Jacques Lob n'était pas le meilleur dessinateur de sa génération. Son style underground rappelle pourtant beaucoup les crayonnés de Robert Crumb et ajoute unee touche indépendante supplémentaire. En tous cas le trait est suffisamment aéré pour rester complètement lisible et les dessins gagnent en efficacité sur les paysages lunaires de Roger Fringant.

Drôle et caustique, cette intégrale est une belle alternative à la morosité ambiante et constitue dans tous les cas et malgré une couverture "particulière" une lecture hautement recommandable et pas uniquement historiquement.

Nom série  Histoire de l'art macaque  posté le 30/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici un vieux projet laissé en jachère selon les aveux de l'auteur lui-même et enfin publié sous sa forme définitive : des dessins très épurés au trait vert pour faire une jolie métaphore sur le monde de l'art par des singes aux prénoms évocateurs (Yannick, Romuald ou Cyril entre autres).

Tout débute simplement avec deux copains défoncés aux champignons hallucinogènes découvrant par le plus grand des hasards le dessin comme les premiers hommes découvrirent l'usage du feu.

Yannick commence à développer cet art sous l'oeil "bienveillant" de son "nègre" Romuald qui n'entend pas rester anonyme pour le succès d'un autre et commence à développer un autre style pour le concurrencer.

Dès lors plusieurs rivalités, concurrences se mettent en place pour profiter de l'intérêt certain de ces peintures quitte à en faire de l'abstraction et à surenchérir sur le voisin constamment.

On reconnait bien le message subtil et réussi de Benoit Preteseille sur l'art en général et la bêtise du monde cultivé dit bourgeois propice à aimer tout et n'importe quoi si cela permet de les distinguer du commun des mortels.

Au public l'attirance pour des oeuvres absurdes ou ridicules et aux artistes de devenir vaniteux et prétentieux dans le seul but d'avoir du succès.

Dans le fond, le récit est très bien découpé. Chaque page considéré comme un "gag" à part entière possède un titre et le tout se laisse lire sans déplaisir.

Malheureusement c'est très répétitif et pas forcément drôle. De surcroit je ne suis pas trop fan de ce dessin très simple et direct et pas forcément moche mais sans grande personnalité là où j'aurais aimé y trouver un peu plus de caractère. Tous les goûts sont suggestifs et vieillir me donne peut-être des propos bobos mais c'est ainsi.
Si l'Histoire de l'Art Macaque est à lire, surligne pas mal de propos sur la surestimation de certains artistes (Sérieusement vous trouvez que tous les Picasso difformes sont beaux et ont une signification ?) et dépeint une réalité par métaphore, c'est également dommage que ce ne soit pas plus qu'anecdotique d'où une note sévère pour une oeuvre que je ne relirais probablement pas.

Oui, dommage car le thème et la méthode développées auraient mérité un peu plus d'humour absurde à la Trondheim par exemple.

Nom série  All You Need is Kill  posté le 29/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On va commencer directement par la motivation de cet achat étant donné que je n'ai jamais été un grand fan de mangas et encore moins des formats réduits imprimés sur papier chiotte mais l'intégrale grand format cartonnée est vraiment magnifique et de très belle facture.

Secundo, j'avais plutôt bien apprécié le film "Edge of Tomorrow" avec Tom Cruise et la sculpturale Emily Blunt rhaaaah mais je m'égare oups excusez-moi !

Tertio, j'ai toujours apprécié les séries courtes et le fait de savoir que l'histoire était complète en une intégrale ou deux tomes est un plus indéniable...

Mais un bon film ne fait pas nécessairement un bon manga même s'il en est inspiré. On se doute que les scénaristes ont du bien retravailler le scénario de base pour faire de Kenji, jeune militaire aspirant d'une vingtaine d'années le personnage de Tom Cruise qui affiche plus de 50 printemps malgré une apparence plus jeune que notre Spooky !

Partant sur le même postulat que le film "Un jour sans fin" dans un contexte militaire futuriste, Kenji est une bleusaille qui s'est engagée dans l'armée suite à une déception militaire et qui doit maintenant affronter des aliens hostiles dans une armure futuriste digne du jeu Halo.

Inexpérimenté face à un ennemi invulnérable, Kenji ne tarde pas à mourir dans d'atroces souffrances mais se réveille presque immédiatement après dans la journée précédant sa mort.

Tout d'abord complètement abasourdi, il ne tarde pas à réagir et profiter de cette astuce temporelle pour apprendre et jouer de sa mémoire comme d'un jeu vidéo.

Ludique mais répétitif (tout comme l'était le film), le récit prend une certaine ampleur en distillant ce qu'il faut d'informations et de scènes d'action dantesques lors des assauts et tient le lecteur éveillé.
L'approche du personnage de Rita, une mystérieuse guerrière américaine d'allure frêle mais sanguinaire pour l'ennemi va donner un nouveau sens à la guerre sans fin de Kenji.

Porté par des dessins magnifiques et malgré un découpage parfois incertain sur les scènes de batailles, "All you need is kill" est à prendre pour un divertissement de qualité et que je conseillerais volontiers également aux amateurs de comics.

Nom série  Un Père vertueux  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce livre est un accident.

Accident de parcours puisqu'il se veut le début, la suite et la fin de Trois fils du même auteur.
Pourquoi donc le dissocier de la série dite d'origine ? C'est bien simple, Trois fils était conçu comme le premier tome d'une trilogie qui n'aura jamais lieu. Ce n'est pas pour autant une série abandonnée puisque le présent ouvrage fait effectivement office de séquelle et de préquelle MAIS qu'il peut se lire complètement indépendamment du livre d'origine.

Ce tour de force, suffisamment rare pour être souligné, on le doit à Ludovic Debeurme qui a déjà fait ses armes chez le même éditeur mais également chez Futuropolis avec Lucille et Renée.

Parti timidement de "3 Fils" en aquarelle et avec un style peu bavard mais peu avare en poésie, Debeurme renoue avec son style d'origine essentiellement constituée de traits de crayons de couleur (comme ne le laisse pas supposer l'austère couverture) et le résultat me laisse pantois : c'est simplement magnifique.

On passe à 160 pages pour un résultat qui prend aux tripes et qu'il est difficile de reposer sans en arriver à l'ultime page.

Le tour de force est effectivement de revenir sur les origines de ces trois fils, de garder le fil même pour quiconque n'aura pas lu son oeuvre précédente et d'en trouver une unité parfaite.

Après il faut aimer les récits un peu barrés avec moult références de fratrie, de stigmates et de spiritualité déviante rappelant l'inoubliable prédicateur Bliss Blister de Charles Burns dans son recueil Fleur de peau.

Il s'agit surtout du portrait de trois adolescents et de la peur d'un Père effrayant et imprévisible, de leurs états d’âme, de leur propre identité et de leur éveil à la sexualité dans un univers pas forcément clément mais suffisamment mystérieux pour en lire davantage.

Debeurme use de styles différents passant de la bande dessinée à l'illustration avec un sens du découpage qui frôle le respect absolu.

Macabre, beau et moderne, le récit use de métaphores et de pertes de repères sans jamais abandonner le lecteur grâce à une construction adroite.

C'est un véritable coup de cœur dont la réalisation éditoriale est juste magnifique. Les trois frères deviennent des symboles dissociables d'une jeunesse en totale rupture avec une éducation pieuse.

Les mots me manquent pour décrire un tel univers que Ludovic Debeurme a su synthétiser et rendre accessible pour tous les curieux sensibles au charme latent de ses dessins maitrisés à la perfection.

Voici une œuvre indépendante dont vous risquez vite de devenir dépendant qu'il ne faudrait pas louper !

Nom série  Trois fils  posté le 15/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Conte des temps modernes, Debeurme délivre avec ce qui a été pensé comme une trilogie une drôle d’histoire d’abandon et d’errances autour de 3 frères difformes et de leur père.

Utilisant de nombreuses métaphores par l’aquarelle, l’histoire débute par l’abandon du père, un homme massif et barbu par ses enfants sur une ile déserte, ce dernier finira par revenir hanter ses enfants pris au dépourvu et devant élaborer un nouveau plan pour se défendre et contrer ce qui leur semble être une menace.

Un flashback va revenir aux origines du malaise avec cette famille sans mère exilée dans un pays lointain où les trois enfants devront se débrouiller pour se nourrir pendant l’absence de leur père parti chercher un travail et un logement.

En dire plus serait maladroit. Debeurme arrive avec peu de dialogues mais des illustrations aux contours simples mais stupéfiants de couleur et de beauté à rendre poétique chaque situation grotesque ou inconfortable.

Beaucoup de points sont mis volontairement en suspens. On se demande à quelle sauce le lecteur va être mangé mais Debeurme garde ses cartes en main….

Le style naïf en rebutera plus d’un mais l’œuvre reste incroyablement sensitive. L’un des 3 frères voit son père revenir et se liquéfie sur place, caractérisé par les traits vides et non colorés du personnage. Plus efficace que cela, tu meurs…

Je ne sais pas si considérer Ludovic Debeurme comme un Charles Burns français est une bonne idée tant ce récit peut s’apparenter à son « Black Hole » dont certains points (difformités et cruauté de l’enfance) se rejoignent mais il est certain que cet artiste mérite un peu plus de reconnaissance que la frange indépendante. Laissez vous donc happer par cet univers bizarre mais terriblement cohérent.

Nom série  Mongo est un troll  posté le 15/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Attention OVNI.
Qu'il s'agisse de la série culte Donjon à Spoogue et avant de m'intéresser d'ici peu au récent Traquemage, j'ai toujours apprécié de voir les univers d'Héroic Fantasy détournés de leurs codes initiaux pour des histoires finalement bien plus emballantes que classiques.

Mongo est un Troll est un livre forcément intriguant à mes yeux, un joli format pas si courant de la part de Delcourt, un titre "original" et une couverture fort éloignée de celles des Lanfeust de Troy par exemple .

Et le dessin de Philippe Squarzoni joue énormément côté réussite graphique... Une ligne claire épurée plutôt joli malgré parfois de petites erreurs de proportion, des couleurs limitées et variées donnant une sensation de bichromie bref tout était relativement bien parti pour me faire vivre un bon moment de lecture...

Mais hélas il n'en fut rien.

Si cette longue quête sans autre but précis que de retrouver la mère d'un des deux protagonistes aurait du être palpitante, on se retrouve avec deux vieux grincheux aigris vociférant sans cesse sur leur environnement, picolant par ci, pillant des tombes par là et tombant nez à nez dans leurs vagabondages sur une sorcière dont on ne sait (et ne saura) rien si ce n'est qu'elle est jolie, possède plusieurs vies et apparait et disparait comme par magie.

Le problème n'est pas tant cette balade mais bien la mise en scène utilisée par l'auteur qui use et abuse d'ellipses tant et si bien qu'on est paumé au bout de 4 pages !
Impossible dès lors de s'attacher aux personnages, on passe d'une historiette à une autre sans véritable chute ou continuité. Parfois c'est le décor même qui change radicalement !

J'aurais aimé pouvoir apprécier les bons mots et réflexions sur la mort ou le temps qui passe au travers de ces errances, rire de situations grotesques mais je n'ai rencontré que de l'incompréhension et ai du forcer un peu la lecture jusqu'à sa conclusion plutôt ouverte (on cherche en vain le mot "fin").

C'est particulièrement dommage car l'univers semble foisonnant mais j'ai eu plus l'impression de lire une sélection du "Reader's digest" qu'à une véritable histoire de 96 pages dont la plupart du récit semble tronquée.

Ainsi ces petits bouts d'histoires incomplètes et sans réel fil conducteur sont peut être la fierté de cet auteur (que je ne connaissais pas du tout) pour son récit dont il doit conserver l'intégralité dans un bout de sa mémoire mais on en aurait aimé tellement plus et on en conserve tellement peu que la déception est encore plus amère et de mise ici.

Je me fous royalement de savoir qui est Mongo (même si je peux effectivement confirmer qu'il s'agit d'un troll) mais dans un récit qui m'évoquait davantage une adaptation Heroic Fantasy du roman de Samuel Beckett "En attendant Godot" que les références Buckowskiennes et flamandes revendiquées en préface par l'auteur mais dans l'attente de son "director's cut" et des autres 96 pages absentes pour y comprendre quelque chose, je ne peux que maintenir cette note punitive, et ô combien regrettable de ma part.

Nom série  S.A.M.  posté le 11/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est surtout par la beauté des couvertures que cette série m’a fait de l’œil ainsi que la promesse que la série complète le sera en 4 tomes. Sur un scénario convenu mais intriguant de Richard Marazano qui mélange pèle-mêle les grands classiques que sont Terminator, Matrix, Je suis une Légende mais aussi le Character Design de Iron Giant pour l’allure générale et familière du robot SAM justement, on ne pourra pas dire que le récit est d’une grande originalité mais curieusement tous les ingrédients s’intègrent plutôt bien pour délivrer un récit d’anticipation et d’aventure rythmé et intriguant.

Les dessins de Xiao Shang contribuent pas mal au charme par des dessins mi-européens mi-japonais mi-comics avec de larges décors des ruines d’une mégalopole sans horizon et des personnages immédiatement reconnaissables. Tout au plus pourrait-on pester contre la couleur informatique mais elle sert davantage les propos qu’elle ne les ruine en délivrant une couleur crépusculaire saisissante lors des sorties en surface ainsi qu’un éclairage amoindri et profondément sombre lors des séquences dans les refuges en égouts.

Dans un futur plus ou moins proche où les adultes ont, semble t-il, tous été éradiqués par une révolte des machines, seuls les enfants survivent comme ils peuvent en cherchant furtivement vivres et médicaments en journée en se faufilant entre des robots belliqueux et se réfugient la nuit dans des abris de fortune terrés comme des rats sous les fondations.

Yann se lie « d’amitié » par une rencontre impromptue avec S.A.M, un robot humanoïde de 10 m de haut qui semble le défendre et le suivre tel un toutou. Le petit groupe dont il est issu ne voit pas la chose d’un bon œil avant d’y trouver un espoir pour éradiquer toute menace.

L’histoire est très simple à lire et laisse la part belle aux scènes d’action. Parfois un peu trop car on laisse volontiers la réflexion au vestiaire pour un récit plutôt destiné aux adolescents. Sans atteindre les énigmes de la série parallèle « Seuls » dont on peut y retrouver quelques similarités, il subsiste quelques scènes perturbantes et issues du film d’horreur comme un guet-apens macabre ou le cauchemar d’un protagoniste. Il y a suffisamment de pistes pour avoir envie d’y aller au bout même si j’aurais souhaité une narration un peu plus complexe.

Voici une bonne série qui devrait s’achever avec un 4ème tome que j’espère dense (honnêtement, les 3 premiers tomes auraient pu être presque condensés en un seul) et qui n’a d’autre but que de divertir. Du bel ouvrage comme on dit malgré la frustration qu’on aurait pu faire un récit un peu plus ambitieux à mon sens. Wait and see.

Nom série  Trou de mémoire  posté le 10/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’histoire de l’amnésique ensanglanté se réveillant auprès d’un cadavre qu’il ne connait ou ne reconnait pas est un pitch vu et revu un nombre incalculable.

Le reste de l’histoire de ce polar pur et dur, s’il ne surprendra pas, a le mérite de se dérouler de façon tout à fait agréable avec différents points de vue, de la voix off caractérisant les états d’âme de l’infortuné suspect menant l’enquête afin de comprendre qui il est ou les investigations de la police en parallèle sur ce meurtre.

Mais ce qui l’est moins, c’est la maitrise graphique de Pascal Regnauld qui instaure une ambiance bichromique des plus réussies avec un style ligne claire de toute beauté. Du bleu à l’ocre jaune, la partie graphique est flatteuse et attise l’œil rompu à un exercice convenu mais de toute beauté.

On peut surement gloser longuement sur une histoire convenue et peu surprenante mais elle est entrainée avec une telle mise en scène et des dessins d’une élégance fifties proche du style atome cher à Chaland ou Antonio Lapone qu’on arrive bien vite à la conclusion de ce premier tome en maugréant de ne pas avoir encore le second tome entre les mimines.

Un seul regret : peu de personnages féminins dans ce premier tome mais le drapeau est planté pour la suite et fin de cette aventure mafieuse palpitante dans un second et dernier tome.

Nom série  Bedlam  posté le 02/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Alléchant sur le papier sans non plus être d’une folle originalité, le pitch de Bedlam intrigue suffisamment pour motiver une lecture éprouvante.
Eprouvante par son sujet plutôt sombre et violent, la lecture l’est également par une narration loin d’être suffisamment maitrisée pour devenir attractive (il m’a bien fallu 3 lectures successives pour la compréhension globale du début, les auteurs usant de flashbacks maladroits ainsi que de longues pages de blabla sans grand intérêt.
Nick Spencer et Riley Rossmo parviennent néanmoins à distiller un sentiment de malaise très palpable dans le choix des couleurs (rouge et noir pour le passé par exemple) et du dessin très haché et pas toujours très constant.
La collaboration entre Madder Red devenu un citoyen lambda mais perturbé et la jolie fliquette devient intéressant à partir de la seconde moitié du premier tome bien dense avec une enquête digne de Seven ou des aventures de Dexter avec quelques clins d’œil assez visibles.

Le second tome pourrait presque se lire de façon indépendante avec un nouvel arc plus classique sur un autre psychopathe et l’intronisation définitive de l’ancien psychopathe au sein de la police. Plus banale et plus facile à lire, cette seconde aventure ne perd pas tant en qualité graphique par le changement de dessinateur pour un Ryan Browne guère plus inspiré que son prédécesseur mais omet de boucler tous les points en suspens du premier tome (on ne saura jamais qui est vraiment cette équipe chirurgicale à l’origine de la mutation du « héros ») tout en laissant une fin ouverte mystérieuse qui va en laisser plusieurs sur la touche.

Tantôt maladroit, tantôt intelligent (les éléments de la fin me laissent supposer une conclusion bien sombre et cohérente mais chuuut), Bedlam laisse un gout amer d’inachevé sur un univers qui aurait mérité d’être un peu plus approfondi. La narration pompeuse du début ainsi que les dessins pas vraiment folichons en font clairement une œuvre dont on peut se passer aisément mais dont une lecture n’est pas forcément déconseillée. Mon avis est très mitigé et je regrette mon achat dans tous les cas car l’ensemble n’est guère séduisant mais je peux tout à fait comprendre que cela puisse plaire.

Nom série  Venezia  posté le 30/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je peux encore remercier notre site marron pour avoir mis en évidence cette série méconnue de Trondheim que je pourrais à présent classifier de perle méconnue. Merci également à Dargaud de l’avoir réédité car pour une raison qui m’échappe, le tome 2 n’était visiblement plus disponible dans un budget raisonnable. Cette courte série de 2 tomes (et qui est bien achevée, lire à ce sujet l’émouvante postface de Fabrice Parme dans le présent recueil) dispose pourtant de plus d’une corde à son arc.
D’un côté, on y trouve les fabuleux dessins cartoonesques du dessinateur qui rend chaque case aussi savoureuse que truculente (ça ne veut peut-être rien dire au final mais j’ai trouvé l’association de ces deux mots amusante) avec des personnages vifs et dynamiques et une représentation ludique d’une ville de Venise dont on observe les canaux, les toits mais également les pigeons !
De l’autre côté, ce sont les bons jeux de mots de Trondheim au service de joutes verbales dignes du film « Ridicule » de Patrice Leconte… Cette association de chic et de choc met en place l’affrontement de deux espions au temps de la Renaissance que tout oppose et qui se détestent cordialement. Mais sous leurs habits d’apparats et d’espions, on assiste à un jeu de la séduction digne de la romance entre Batman et Catwoman.

Action, dérision sont au programme. On peut à la fois regretter que la série n’ait pas plus de tomes comme s’en réjouir paradoxalement : le filon aurait peut-être tourné à court sur du long terme et dans un sens, l’histoire est belle et bien achevée sans laisser de frustration donc oubliez donc les revivals mérités ou non d’Astérix et Corto Maltese et ruez vous vers ce petit livre qui vous extirpera bien plus de sourires !!!

Nom série  Nous, les morts  posté le 16/04/2015 (dernière MAJ le 01/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Audacieux, culotté, atypique, commercialement suicidaire….. Les mots me manquent au final pour décrire la sensation après avoir lu ce qui restera surement l’un des livres les moins attractifs de ce début d’année tant les auteurs prennent un malin plaisir à prendre le lecteur à contrepied et à lui proposer exactement tout l’inverse de ce qu’un amateur d’histoires zombiesques lambda est en droit d’attendre…

Nous sommes en 2015 et cela fait à présent un petit bout de temps que les histoires de zombies envahissent les étals de nos librairies avec plus ou moins de qualité (Walking Dead et Zombies de Péru et Cholet sont directement dans le haut du panier et presque tout le reste flirte avec le médiocre ou le convenu) aussi il est franchement encourageant de voir et lire un tel OVNI sorti de nulle part….

Nulle part ? Les auteurs ne sont pas des inconnus, à ma gauche, Igor Kordey bien connu des amateurs de comics comme de bd franco-belge avec un trait que je n’aime pas des masses initialement mais que j’ai réussi à apprivoiser à l’issue de cette lecture et à ma droite (pas celle des futurs Républicains ) Darko Macan à l’écriture d’un scénario bien malin et déstabilisant dont je suis encore surpris que Guy Delcourt en ait accepté les conditions tant je doute fortement du succès commercial pour cette tétralogie…

Et pourtant l’ensemble ne manque pas de qualités et encore moins d’audace. Pensez donc à un univers contemporain où l’Europe serait peuplée de zombies doté de parole et d’un appétit féroce pour la chair humaine mais qui n’aurait pas évolué d’un pouce et serait encore sous l’ère du Moyen-Âge.

A l’origine de tout cela, la Peste Noire empêcherait donc les humains de gouter à une mort bien mérité un peu à la manière de Zorn et Dirna de JDM.
Après une remarquable introduction sur ce fléau, on change d’univers et de couleurs pour embrasser le soleil d’Amérique du Sud et du peuple inca qui a su lui évoluer techniquement (par des dirigeables volants) mais pas vraiment moralement (ça fornique allègrement façon Game of Thrones la série et ça complote tout aussi allègrement).

Ce bon peuple inca qui n’a pas pu se faire exterminer par les zombies européens reste avide de pouvoir et a eu vent d’une fontaine de jouvence en Europe. Une expédition (volante donc, la mer c’est trop ringard) est mise en place pour trouver ce « secret » de la vie éternelle à des fins politiques…

La lecture du bien nommé « Nous, les morts » risque d’en déstabiliser plus d’un. J’ai du m’y reprendre à deux fois pour bien suivre et comprendre cette géniale leçon d’humour noir sur la cupidité de l’homme et en saisir les règles tout comme les enjeux. Il n’y a pas un seul personnage sympathique à sortir du lot, c’est un peu l’équivalent du film classique italien « Affreux, sales et méchants » où les « zombies » ou plutôt les ressuscités gourmands sont relégués au second plan en tant que prétexte pour cette uchronie bien couillue !

A partir du moment où on accepte un tel postulat, ce n’est que du plaisir car il s’en passe des choses pour un tome introductif qui illustre parfaitement son thème : la série B et une farce sincère de la condition humaine qui, morte ou vivante, reste toujours aussi cupide. Le découpage est juste parfait, il ne manque rien finalement après une courte déception (je ne m’attendais vraiment pas à cela) pour faire de cette œuvre audacieuse un futur petit chef d’œuvre en devenir si Macan poursuit son rythme et ses idées originales.

Pensez donc ! Pas de zombies façon Walking Dead, les Incas envahissent l’Europe et éradiquent les Aztèques ! La reconstitution de ce monde fictif est juste parfaite avec quelques planches magnifiques dont une église détruite par un atterrissage forcé et une attaque de dirigeables digne d’un film de pirates ! Bref vous aurez bien compris que j’ai pris un pied pas possible avec cette gourmandise qu’il ne faut absolument pas classer en parodie mais bien en grand fleuron d’humour noir subtil. Très très fort et la suite arrive déjà en juin ! J’en serais donc car une telle audace se doit d’être récompensée !

Tome 2 : Consécration ! Tous les bons espoirs fondés dans cette série sont non seulement renouvelés mais décuplés avec un tome 2 passionnant posant pour de bon les bases et les enjeux de toute l'histoire !

Entre un humour noir des plus salvateurs avec ce peuple Inca observant le peuple européen putréfié comme s'il s'agissait de bons sauvages (tout est inversé !), la "création" du grand méchant qui risque de dominer les deux dernières oeuvres et la reconstitution d'une sinistre ville de Londres abandonnée des vivants, ce titre regorge suffisamment de trouvailles et de rebondissements pour en garantir la pérennité sur les deux derniers tomes que j'attends à présent avec une impatience difficile à cacher.

Rajouter à cela une intrigue secondaire mais pas inintéressante sur base de complots en terre maya à fortes connotation de "Game of Thrones" et vous tenez clairement la nouveauté 2015 la plus innovante, surprenante et rafraîchissante qui soit !

Tome 3 : Curieusement ce nouveau chapitre, sobrement intitulé "Le Céleste Empire" pour sa référence au peuple des Hans, adopte un rythme beaucoup plus calme là où les événements se précipitaient pour les deux premiers tomes.
C'est toujours aussi agréable à lire mais à un tome de la conclusion, je me demande bien comment en sera la conclusion que j'attends du coup peut-être avec plus d'impatience à présent. A l'instar d'une halte hivernale, Macan prend son temps pour jouer avec ses personnages quitte à reléguer les fameux morts-vivants à de rares mais toujours aussi jouissives interventions.
Suite et fin dans le tome 4 donc...


Marre des zombies ? Essayez "Nous, les morts", dépaysement garanti avec un Igor Kordey en pleine possession de ses moyens et reconstituant des décors imposants sur base de cranes fracassés !

Un bijou d'humour noir appelé d'ors et déjà à devenir culte pour tout amateur d'art déviant mais vivifiant !

Nom série  Shadowslayer  posté le 29/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Shadowslayer dispose d’un statut particulier.
Il s’agit d’une œuvre unique en son genre, la perle méconnue des années 1990 que l’on ne citera jamais comme un classique et pour cause, presque tout le monde en a oublié jusqu’à l’existence car ce tome ne connaîtra jamais de suite endeuillé par la tragique disparition de son talentueux dessinateur Eric Larnoy.
L’association rare d’un auteur issu du comics britannique underground (Pat Mills est à l’origine Marshal Law et du Judge Dredd, excusez du peu) et d’un auteur français était un événement. Préfigurer des univers sombres et gothiques dans une ambiance poisseuse était un fait peu commun et nul doute que ce style si particulier d’hommes en noir inquiétants et au style rétro a pu influencer des œuvres majeures au cinéma comme le classique Dark City d’Alex Proyas.

Mais revenons en à l’essentiel avec ce curieux anti héros effrayant qui choisit ses victimes et les élimine avant que leur action ne soit irrémédiable pour l’humanité. Cette variation du Judge Dredd (traquer et juger) s’accompagne d’une mise en scène audacieuse avec cadrages et découpages complexes pouvant rebuter.
Néanmoins les dessins sont esquissés comme de véritables peintures torturées et font d’autant plus regretter une suite qui ne viendra jamais d’autant plus que pas mal de points restaient effectivement à éclaircir.

Un bon achat pour le côté historique de la chose, le plaisir d’une première lecture si on tombe sur cet ovni dont la couverture semble vous dévorer l’esprit dans un bac à soldes mais en l’état, je peux comprendre la frustration de ne jamais en connaître hélas la suite. Shadowslayer portait en lui tous les prémisses d’une série à longue haleine pouvant tenir la dragée haute à des œuvres équivalentes du label américain Vertigo.

Nom série  Freak Island  posté le 23/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Dès l’introduction, le décor est planté. Le redoutable tueur arborant tête de cochon et costard-cravate rappelle non seulement Leatherface de la série « Massacre à la Tronçonneuse » mais en garde les pratiques barbares par la mise à nue viscérale d’une fugitive sur sa mystérieuse ile.

Le temps de se délecter de quelques doigts humains, l’attention de notre assassin cannibale silencieux est détournée par une petite embarcation rempli d’étudiants venus explorer cette ile non répertoriée sur les cartes…

Contraints d’y débarquer, les voici embarqués sur le terrain de jeu d’un être violent et sanguinaire qui va les prendre en chasse…
Masaya Hokazono plante le décor intriguant en quelques pages bien violentes et malsaines.
L’ambiance malsaine et craspec ne va faire que s’amplifier au fur et à mesure de la découverte de ce nouvel environnement hostile.
Les personnages sont tous stéréotypés et détestables au possible avec l’intello malade, le gros gentil qui sait tout (et en profite pour commenter tout ce qui se déroule comme si on écoutait un match de foot à la radio), l’amoureux éperdu qui se soucie de plaire à la jolie rebelle esseulée pendant que tout le monde se fait massacrer. L’arrivée fortuite d’un nouveau personnage ne va rien changer à tout cela. Constamment on nous prend par la main afin de deviner avec une dizaine de pages d’avances ce qui va se dérouler sous nos yeux ébahis par tant de niaiseries sans grand intérêt.
Les dessins ne sont pas vilains, loin s’en faut, mais n’offrent aucune originalité et restent dans la lignée de ce qu’on peut trouver dans le style Seinen. La végétation de l’île est réussie et est bien plus travaillée que les traits des personnages, à l’exception du psychopathe à tête de porc, massif, effrayant et emblématique.
Le « cliffhanger » final de ce premier tome n’est pas vraiment une surprise tant le lecteur dispose de longueurs d’avance sur les 6 étudiants et c’est sans regret qu’on referme ce premier tome classique et laborieux avec l’infini sentiment qu’on ne m’y reprendra plus et que je me fous éperdument de la suite ainsi que de la destinée de cette bande de blaireaux.

De la violence gratuite pas drôle, pas fun et pas intéressante. A oublier sans regret au plus vite !

Nom série  Gold of the Dead  posté le 23/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après avoir commis un assassinat sordide pour dérober un mystérieux colis en Amérique du Sud, trois têtes brulées envisagent de retourner en Europe par voie maritime avec leur embarrassant larcin.
Le périple ne va pas se passer sans incidents puisque le « colis » est porteur d’une malédiction inca qui va transformer petit à petit les passagers du paquebot en zombies assoiffés de chair et de sang…

Pas un mois ne se déroule désormais sans au moins un titre sur le thème rabattu du zombie.
Fort du succès du comics à rallonge Walking Dead, la classique école franco-belge propose aussi de nombreux titres , de « Zombies » à « Alice Matheson » chez Soleil mais également « Apocalypse sur Carson City » chez Akileos.
Les éditions Paquet ont également voulu tirer leur épingle du jeu et ce one-shot « Gold of The Dead », complet en un seul tome, n’a aucune autre ambition que de proposer un récit pulp, dans un style que n’aurait pas renié l’équipe du label 619 pour ses « Doggybags ».

L’ensemble se laisse lire sans déplaisir avec une histoire classique qui aurait pu servir de base à un film de série B. Le souci c’est qu’il y a 64 pages à nourrir d’une histoire résumée en 3 mots et qu’il faut les combler avec de trop nombreuses scènes d’exposition sans grande saveur ni intérêt étant donné que chaque personnage, des marins blasés à la riche héritière prétentieuse, est tout au mieux inintéressant, voire antipathique.
On se fout donc éperdument des états d’âme de personnages uniquement là pour desservir le « body count » des zombies aztèques, attaque qui tarde d’ailleurs à venir malgré un climax oppressant croissant et qui n’occupera au final que le dernier tiers du bouquin.

Les dessins de Yan le Pon ne sont ni loupés ni réussis et ne garderont qu’un brin d’intérêt que par leur style « cartoon » sur une colorisation des plus honnêtes, voire même largement plus inspirée sur les scènes se déroulant à la tombée de la nuit.
Pourvu d’une jolie couverture annonçant la couleur et de quelques pages de croquis à la fin, Gold of The Dead fait aisément partie de ces BDs dont on attendait rien et qui finalement réussissent bien cet objectif.

Parfois creux et vain, parfois inspiré et rythmé notamment sur la fin, « Golf of the Dead « fait partie de ces titres pas forcément désagréables mais dont on se demande le véritable intérêt si ce n’est de lire une œuvre futile et sans prétentions.
Manquant spécialement de mordant et de références là où Carson City aligne les répliques et les scènes cultes par exemple, l’effort alloué par les auteurs se termine en un essai sympathique mais tout à fait dispensable, dans la catégorie « je lis et puis j’oublie » où ce Gold of the Dead peut postuler pour en devenir un digne ambassadeur.

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