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... a posté 448 avis et 56 séries (Note moyenne: 3.32)

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Nom série  Southern Bastards  posté le 23/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Chez Mignola, seule la couleur rouge est utilisée pour représenter Hellboy, le « diable ». Chez Latour et Aaron c’est exactement l’inverse pour décrire le monde poisseux et sordide de ce petit bled d’Alabam, le rouge dépeint tout l’environnement.

Ce bled est donc le mal absolu, typiquement le genre de petite bourgade tenue de main de chef par un « baron » local et où on n’apprécie guère les étrangers.

Earl Tubb en est un à présent. Ce sexagénaire à la stature robuste a tout fait, même la guerre du Vietnam pour sortir de l’emprise de son père, héros local et shérif réputé pour avoir botté le cul à la faune locale à l’aide d’un gourdin.

Mais Earl revient ici par dépit, pour vider et mettre en vente la baraque isolée de son oncle et régler ses comptes sur la tombe de son père.

Mais tout a changé, tout est régi par un mystérieux « Boss » et Earl Tubb va enfin revivre en reprenant les armes et mener la justice, gourdin au poing, envers et contre tous. Poussez-vous de là, ça va saigner et les os vont se briser…

Après le feuilleton « Scalped » déjà sans concessions et sur un thème similaire, Jason Aaron reprend les bribes d’une nouvelle histoire similaire en s’octroyant les talents de Jason Latour.

Son trait gras et dynamique, Latour le met au service d’une histoire certes convenue mais haute en couleurs et en action.

L’ensemble peut paraître linéaire et sans fioritures mais Aaron se permet de disséminer ici et là des éléments qui seront surement développés dans les arcs à venir car Southern Bastards possède tous les attraits d’une bombe à retardement et ça va faire très mal !

Entre les flashbacks et certains personnages mystérieux, ce comics s’avale d’un trait sans temps morts. Les méchants semblent être très méchants et on s’offre une bonne tranche de plaisir coupable tout ce qu’il y a de plus jouissif.

Me rappelant à la fois la série Banshee ou le fameux arc « Salvation » de Preacher officiant dans une petite ville à jouer les redresseurs de tort contre un industriel mafieux de la viande, l’environnement est juste parfait avec ce qu’il faut d’histoire et d’action dans un environnement anxyogène.

Rien de bien original me direz-vous mais suffisamment de tensions et de plaisir sans prise de tête pour avoir envie d’en lire davantage sans tenir compte du cliffhanger final qui va relancer la donne !

Décidément ce Jason Aaron est très fort et n’a pas son pareil entre deux histoires Marvel pour raconter un western moderne violent faisant appel à nos plus bas instincts. Vite la suite, vraiment !

Nom série  Certains l'aiment noir (2014)  posté le 16/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Dans les années 80, je lisais beaucoup plus assidument Fluide Glacial. Forcément entre Edika et Binet, il y avait toujours un récit de Philippe Foerster dérangeant, un truc auquel personne n’était vraiment ni habitué ni préparé à « subir ».

Un récit souvent répugnant et malsain dont on regrettait presque après coup d’avoir simplement osé la lire pour en garder des souvenirs à vocation cauchemardesque.

Et pourtant, numéro après numéro, les histoires macabres de Foerster devenaient celles que je souhaitais lire en premier, des petits trésors d’ingéniosité à nul pareil et dont la chute était souvent tout sauf prévisible à contrario des Tales from the Crypt dont la construction semble similaire.

Pourtant Foerster n’a rien d’un auteur de comics. Aux publications E.C. Comics il reprend bien souvent la trame en 8 pages maxi en posant une situation, un décor en quelques cases dans un univers qui n’appartient qu’à lui.

Ses influences seraient même plutôt européens avec une ambiance gothique, une ambiance issue des nouvelles d’Allan Edgar Poe ou de Lovecraft sans aucun plagiat.

Car les récits de Foerster sont également graphiques, graphiques dans l’exposition de corps mutilés, réutilisés à des fins choquantes entre le cinéma organique de Cronenberg ou de Carpenter. Difficile de ne pas avoir des hauts le cœur et parfois des sourires car au-delà d’un dessin absolument magnifique en noir et blanc, reproduisant le malaise par des ombres maîtrisées, des personnages filiformes et déformés et un cadrage inventif, Foerster le scénariste invente des histoires qui ne répondent à aucune logique si ce n’est celle de la trame principale. Il y a de la poésie, très peu de morale et tout le monde y prend pour son grade, enfants y compris.

Il n’y a aucun tabou dans les histoires macabres de Foerster, il se permet toutes les disgrâces possibles en évitant soigneusement le trash (finalement il y a peu de sang, peu de sexe), ce sont les histoires qui sont fortes et inédites puisque totalement issues de l’imagination débordante de l’auteur.

Cette jolie compilation portant le titre de son premier ouvrage réussit le pari en 48 histoires de montrer la diversité d’un auteur qui aura voué sa carrière au grotesque. Pas une histoire répétitive, pas une déception, il y a certes dans ces morceaux de choix certaines plus faibles que d’autres mais aucune déception à ressentir pour peu que l’on ait l’estomac bien accroché.

Lire les histoires de Foerster permet même d’en faire plus de 20 ans un certain exorcisme car on peut plus facilement les accepter et s’en régaler mais également se rendre compte qu’elles n’ont pas perdu le moindre impact et sont intemporelles de surcroît.

Ce livre est essentiel, culotté et tout simplement indispensable. Je reste tout simplement ébahi par le talent d’écriture unique et de ces histoires anthologiques !

J’espère qu’un éditeur fera l’honneur de produire tous ses autres travaux car on s’habituerait presque à tant de noirceur. Pour les amateurs du genre comme les nostalgiques, jetez également un œil sur « Le confesseur sauvage » paru en 2015 et démontrant s’il fallait encore s’en justifier que le talent graphique comme narratif de l’auteur sont loin d’être taris…. « We need more ! »

A réserver à un public curieux et averti !

Nom série  Nuits Indiennes  posté le 11/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Depuis mon retour plus qu’enthousiaste sur Mahârâja, il me tardait donc de lire le second essai d’Artoupan et de son fidèle compagnon Labrémure dans ce tout nouveau one-shot aux thèmes similaires.

Je peux d’ors et déjà confirmer par ces « Nuits indiennes » que le pari délicat d’entremêler aventure, grivoiseries et humour est à nouveau remporté « haut la main » même si la surprise de découvrir un tel univers n’est plus aussi forte qu’auparavant.

Lumière donc sur cette histoire complètement indépendante de « Mahârâja » même si les époques semblent similaires (début XXème siècle) :

Adélie, une jolie rouquine libertine, est activement traquée par la police et un préfet qui a juré sa perte pour les vols de haute envergure qu’elle exécute pour son propre intérêt sous le sobriquet subtil de « la Pie Voleuse ».

Pendant ce temps, Léon Latourette, séduisant majordome gay au service du vieux préfet, est convoité par l’épouse nymphomane de ce dernier. Ayant refusé les avances de l’entreprenante Ernestina, il va être placé aux arrêts par son mari de préfet pour un viol qu’il n’a évidemment pas commis.

Léon et Adélie n’ont donc qu’une seule idée en tête : se venger de cet homme de pouvoir en lui retirant ce qu’il a de plus précieux au monde : son diamant indien qu’il garde jalousement à la vue de tous.

Tout ce joli monde va se retrouver tel une pièce de théâtre dans un lieu unique et enchanteur : l’ile de Capri où le préfet prend ses vacances avec sa jeune épouse méditerranéenne volage.

L’aide d’un gourou indien de pacotille d’origine brésilienne ( !!!!! ) va transformer cet havre unique en une partie de plaisir et de bévues en tous genres !

On retrouve donc l’élégance du trait unique d’Artoupan qui n’a pas son pareil pour dessiner des corps dans n’importe quelle situation, au repos, en action et même en érection !

L’histoire semble même un peu plus développée car les scènes coquines sont un peu plus en retrait que dans l’inévitable comparaison avec Maharaja.

Il s’agit grosso modo d’une relecture coquine de films comme « La main au collet » d’Alfred Hitchcock avec le même côté carte postale réussi et dépaysant de Paris à Capri sans oublier le Vésuve !

La brochette de personnages est exceptionnelle, de la jolie et muette Amiya, tueuse en série rappelant furieusement Miho de Sin City en passant par Léon, le gay élégant obstiné par sa revanche sans oublier Ernestina, plantureuse Italienne aux formes de Monica Bellucci, on ne peut décemment pas s’ennuyer…

Et que dire du gourou indien, sombre escroc manipulateur indien dont chaque apparition suscite le rire ou le mépris ?

Et il reste Adélie, la Pie Voleuse, un personnage féminin comme on aimerait en rencontrer dans chaque vie d’homme, pour le souffle de liberté et le charme qu’elle dégage (je n’ai jamais été indifférent aux tâches de rousseur)…

La fin est tout aussi ironique, j’aurais apprécier quelques planches de plus pour savourer au choix les scènes sensuelles ou côtoyer encore ces personnages succincts mais attachants.

Peut-être aurons-nous le plaisir de retrouver cette joyeuse bande de pervers dans un nouvel opus ?

En l’état je vous recommande fortement de vous plonger dans ces « Nuits Indiennes », un divertissement adulte comme je n’en avais jamais lu et comme d’autres devraient fortement s’inspirer.

Nom série  Don Quichotte (Rob Davis)  posté le 09/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Don Quichotte et sa fameuse expression picaresque « se battre contre les moulins à vent » a toujours eu beaucoup d’attrait sur moi.

Je reconnais par contre n’avoir jamais lu la version officielle de Cervantes mais plutôt des résumés de passage ou adaptations en romans pour enfants (lorsque j’en étais encore un il y a fort longtemps) et j’ai toujours été frustré que le génial Terry Gilliam n’ait pu mener son projet de film à terme avec Jean Rochefort et Johnny Depp dans les rôles titres…

Du coup l’annonce d’une version de ce fameux récit sous forme de bande dessinée par le britannique Rob Davis m’a fait écarquiller les yeux de plaisir…. Au final on dispose d’un magnifique bouquin au dos toilé (sur deux annoncés et dont le dernier volume sortira fin d’année 2015) au format inhabituel qui trouverait aussi bien sa place dans une bibliothèque de classiques littéraires que de comics par une revisite contemporaine en brisant le quatrième mur tout en respectant scrupuleusement le texte d’origine.

Le dessin peut sembler austère au premier abord malgré un trait vif et nerveux truffé de couleurs chaudes.

Cependant passé une introduction nous remettant dans le contexte d’un vieil homme au seuil de sa vie s’inventant une vie chevaleresque pour surmonter son ennui quotidien, le tout s’emballe rapidement avec quelques séquences humoristiques pas piquées des hannetons. Il faut bien regarder le regard expressif ou pas de Rossinante, fidèle canasson ou les roustes que nos deux compères se prennent régulièrement sur le coin de la tronche pour en sorti amusé et surtout diverti.

Rob Davis découpe ses chapitres de façon inégale, arrête son récit pour faire intervenir le narrateur emprisonné (je vous laisse deviner de qui il s’agit) ou y placer des histoires annexes dans un tout autre style graphique. C’est absolument génial, dynamise le récit et lui apporte une certaine non linéarité qui contraste fortement avec les adaptations de classiques plan-plan.

Rob Davis se permet même de « geler » une scène de combat pour partir dans une autre direction puis mieux raccrocher les wagons et revenir sur l’action « en cours ». C’est parfois déstabilisant mais au final très agréable.

Mon seul reproche serait la fin un peu « abrupte » de ce premier tome qui conclut sur un chapitre sans donner le clap de fin ou qui permettrait un cliffhanger.

Sachant que le second tome devrait arriver rapidement, je vais donc mettre mes impatiences de côté et attendre sagement ce dernier tome dont j’attends également autant de plaisir que je n’en ai eu pour cette très belle découverte.

Enfin une adaptation fidèle qui sort des sentiers battus et débattus ! Difficile de ne pas tomber sous le charme de ces jolis dessins colorés qu’on jurerait animés !

Nom série  Le confesseur sauvage  posté le 08/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Enfin du matériel inédit de la part de Foerster dans son domaine de prédilection : les contes malsains et dérangeants à nul égal.

Cette fois, il s'agit d'une histoire "à sketches" dans une ville au nom évocateur de Tchernobourg.

La lune s'est effritée en partie sur la centrale nucléaire de la métropole, ce qui a eu pour conséquences des pluies acides qui ont par après donné lieu à des mutations sur l'espèce humaine, la faune et les plantes.

Du coup, tout le monde cohabite entre mutants et êtres "normaux". Notre confesseur, un prêtre improvisé dont les jambes sont remplacées par des tentacules, a également comme pouvoir de lire les pensées les plus intimes des gens qu'il croise dans la ville ou dans son confessionnal.

Il s'agit de chacune de leurs histoires (soit 5) qui sont narrées sous le trait féroce de Foerster qui m'a toujours autant attiré que écœuré.

On n'échappe pas ici à la règle, ceux qui n'aiment pas cet auteur ne lui trouverons pas plus de charme mais pour tout amateur de ces petites histoires bien cradingues que je lisais ado dans Fluide Glacial, c'est un vrai régal...

Il y a des dessins admirables avec ces longs corps filiformes aux protubérances répugnantes (amis arachnophobes, ne lisez pas la seconde histoire !) et des cadrages majestueux rendant bien compte de la folie et ici surtout du désespoir de l'ensemble des êtres vivants croisés.

Car la mélancolie qui plane est bien présente, bien plus que l'horreur, c'est l'amour et l'espoir d'une vie meilleure qui prédominent. Mais les histoires de Foerster sont tragiques et la fin est toujours cruelle.

C'est même incroyable de voir comme l'ensemble se tient. C'est véritablement passionnant à lire. Cet univers est improbable mais complètement cohérent simplement par 3 pages d'introduction nous rendant crédible une ville où tout n'est que noirceur, horreur et chagrin.

Chaque histoire est dessinée en bichromie noir et blanc plus une dominante (jaune, bleue, gris, vert) dans un joli bouquin bien classieux ainsi qu'un dessin de garde joliment mis en couleurs dans un style "gouache".

Sans trop en dévoiler, la troisième histoire se permet même un pied de nez subtil à certains partis d’extrême droite, une jolie métaphore sur les différences et les conséquences de l'intolérance sur le ton du "tel qui est pris..."

La fin reste ouverte et peut décevoir par sa brièveté mais après réflexion, il s'agit d'un véritable constat de la part de notre discret confesseur, témoin d'un monde en pleine déliquescence.

Un petit bijou, rehaussé par une palette subtile de couleurs prouvant que Foerster n'a rien perdu de son talent dans son monde macabre si particulier. Les amateurs devraient se rue dessus, les autres n'en seront pas davantage convaincus mais il s'agit surement de sa plus belle œuvre.

Nom série  Les Baroudeurs sans frontières  posté le 02/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, je me rends compte que j’aurais pu reprendre l’avis de Mac Arthur tant ce qu’il exprime me rappelle effectivement l’engouement pour ce vieux titre typique des années 80 mais qu’il me serait probablement impossible aujourd’hui de le relire avec le même plaisir.

A l’époque l’une des rares BD à me plaire autant avec un style un peu plus réaliste se prénommait Archie Cash. Les Baroudeurs sans Frontières possède un style complètement différent mais l’ambiance, la variété des décors me replongeaient dans un imaginaire fascinant : celui de mes 12 ou 13 ans.

La série a été assez malmenée avec un titre qui a été modifiée effectivement de « Boy » dans le Spirou Hebdo que je lisais religieusement vers le titre plus explicite mais moins charmant que l’on connait aujourd’hui.

Jarry mettait du cœur à l’ouvrage et ses dessins étaient de toute beauté malgré le côté parfois figé des visages. Il y a pas mal d’action, un peu d’instruction sur l’environnement mais le tout n’est jamais réellement rébarbatif grâce à un rythme assez soutenu entre Ian et Joao, deux journalistes au cœur d’or aux origines différentes.

J’avoue avoir relu un tome récemment avec le même plaisir qu’autrefois, celui de la nostalgie surtout. Je n’ose imaginer une réédition de cette petite série que peu de gens connaissent et apprécient sans en entendre les pires critiques. Oui c’est naïf, oui c’est daté années 80, oui c’est devenu obsolète et l’auteur n’a pas le recul ni la richesse nécessaire pour rendre son œuvre intemporelle mais quelque part c’était réellement réjouissant.

En tous cas pour une lecture sans prise de têtes sur une durée courte (aaaaaah les fameux 44 planches de Dupuis), ça reste toujours assez agréable mais je doute que ça puisse encore interpeller qui que ce soit actuellement malgré des thèmes écologiques défendus qui eux sont toujours d’actualité.

En tous cas si vous tombez dessus dans une vieille malle ou une brocante, jetez y un œil car c’était franchement sympa à lire à une époque où internet et les jeux vidéo ne foutaient pas encore tout en l’air pour les gamins blasés de 10 ans ne jurant plus que par GTA et Call of Duty….

Nom série  Chevallier et Laspalès  posté le 24/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Qu'il est agréable de tomber malade en janvier-février avec le joli temps de Lorraine que je subis chaque hiver.

Mais pépère doit mal vieillir car pépère d'habitude si résistant n'a pu que succomber à un début de grippe cette année 2015

Par habitude j'ai le smartphone bien gonflé de jeux divers en tous genre pour les salles d'attente généralement bien gonflées en cette période charmante de l'année mais je déteste avoir l'oeil rivé constamment afin d'observer si mon voisin de gauche à moins que ce ne soit celui de droite n'observe attentivement mes "high scores".

Par "chance", un exemplaire entier de cette oeuvre bucolique était disponible. Je ne l'ai pas remarqué de suite mais un gamin l'a reposé au milieu des "Challenges" et "Madame Figaro" habituels de la vieille table ronde aux bouquins...

Souhaitant conserver un poil de batterie dans mon téléphone, je m'empresse de saisir le précieux ouvrage avec l'espoir qu'il me tienne éveillé mais bien mal m'en a pris...

Le contenu est d'une bêtise affligeante. Je n'étais plus guère réceptif à l'humour "d'un autre temps" de ce fameux duo depuis les années 80 et encore moins à leurs publicités sans queue ni tête pour une assurance dont je tairais le nom.

Ici c'est pareil sauf que même l'auteur ne doit y croire tellement il s'applique à très mal reproduire les visages de nos zéros et à ne presque pas reproduire de décor du tout.

Est-ce que l'on rit ? euh dois-je vraiment répondre à cette question ?

Je cherche encore l'intérêt de ce bouquin que j'ai eu le temps de tout lire bien avant que le docteur ne m'interpelle. C'était mon tour enfin, le livre est bien revenu sur la table de façon presque honteuse pour être repris par un autre patient, c'est vous dire à quel point on s'emmerde dans une salle d'attentes.

Nom série  Neige  posté le 24/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bien que je ne l’ai jamais évoqué dans ces colonnes, je suis un fervent lecteur de la série Neige, du moins celle d’origine et non pas les spin-offs qui ne m’intéressent pas.

Neige a un potentiel fou et inexploité que je pourrais qualifier d’unique dans la bd franco-belge. Un joli univers post-apocalyptique, des personnages hauts en couleur et un dessin de qualité pour pour peu qu’on le trouve aussi plaisant qu’adapté à ces paysages blancs sans fin d’une infinie poésie.

L’univers développé par Convard est tout simplement incroyable. Il est parti tout simplement d’une excellente idée de base (un orphelin recueilli par un ermite dans un monde polaire à la géographie et aux intentions politiques complètement remodelées), des frontières, une menace extérieure car inconnue et un mystère sur l’origine même de Neige.

Le tout est pavé de bonnes intentions et les premiers tomes se dévorent avec l’envie furieuse de tourner chaque page pour en connaître davantage.

Le trait de Christian Gine peut ne pas plaire car il est témoin d’une époque que les nouvelles générations trouveront révolue mais le trait s’améliore, les couleurs s’adoucissent et perdent au fur et à mesure leur cachet « seventies/eighties » pour adopter une identité qui leur est propre et caractéristique de l’univers unique développé dans Neige tout en restant très cruel et surprenant.

Pour peu que l’on apprécie les odyssées au long cours, le monde développé dans Neige est à la fois intriguant et fascinant. Le problème est tout autre.

Comme lu sur de précédents avis, on ressent passé le premier cycle certaines hésitations ou tâtonnements de la part de l’auteur qui semble prendre son temps ou ne plus trop savoir vers quel artifice s’orienter.

Le souci de ressentir que l’auteur semble ne plus trop savoir vers quelle direction se tourner est un peu désagréable mais le tout pourrait encore faire illusion sans cette attente insupportable entre chaque tome et l’absence totale de suivi. A l’heure actuelle, en tant que lecteur je me sens floué. Floué car je ne sais pas si cette odyssée trouvera une conclusion, si tout le plaisir initial restera de la frustration, frustration entretenue par les derniers tomes qui ne font plus avancer l’histoire comme si le scénariste voulait masquer l’engouement initial perdu.

En cela je pouvais comparer cette série à celle de Sfar et Trondheim, Donjon à la différence que Donjon est une série beaucoup plus jeune, qu’elle a trouvé enfin une conclusion (satisfaisante ou pas) et que chaque tome pouvait presque se lire comme un one shot.

Ici ce n’est pas le cas et j’aurais peut-être trouvé certaines de mes réponses dans Neige Fondation mais cet univers parallèle ne m’intéresse pas. Je suis resté coincé dans les tempêtes de Neige et attends patiemment que Convard vienne m’en sortir… pour le meilleur comme pour le pire mais il serait grand temps de boucler la boucle et que je retrouve enfin l'enthousiasme que j'avais pour cette série à l'origine.

Nom série  L'Homme truqué  posté le 18/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Serge Lehman ne cesse d'enrichir son univers de l'Hypermonde dont il a posé les bases dans la Brigade Chimérique.

Ce qui est réellement enthousiasmant pour ce one shot qui peut se lire sans être passé par le gros pavé de base, c'est que les auteurs, scénariste comme dessinateur, en profitent pour gommer et améliorer ce qui me dérangeait dans l'oeuvre matricielle.

A l'origine basé sur les deux romans de Maurice Renard qui apparait aussi comme protagoniste dans la présente bd, "l'Homme Truqué" et "Le péril bleu", Serge Lehman s'en inspire pour les intégrer dans son univers et en faire une préquelle.

Les événements sont antérieurs à ceux racontés dans la fameuse Brigade et se déroulent dans un Paris tout frais de l'armistice de la Grande Guerre soit au début 1919.

La protection de la capitale française est aux mains de Marie Curie qui recueille les mutants des tranchées dans son institut ainsi que du Nyctalope pas encore aussi cynique que dans la Brigade Chimérique.

L'ensemble est mis à mal par l'intrusion du fameux Homme Truqué, un rescapé malheureux de la Grande Guerre et amélioré par "Nous Autres", entité soviétique, qui l'a utilisé comme cobaye et lui a rendu la vue par un appareillage des plus inesthétiques.

L'aventure semble lancée à 100 km/h en prenant bien soin de ne pas perdre le lecteur en route comme c'était souvent le cas dans le livre d'origine.

Lehman prend beaucoup de soin à insuffler un rythme soutenu ainsi qu'un vocabulaire plus appréciable pendant que Gess améliore ses personnages et enrichit ses paysages.

L'ensemble est de toute beauté et renvoie directement à un univers que ne renierait pas E.P. Jacobs pour ses Blake et Mortimer pour le plus grand plaisir des lecteurs.

La menace d'un autre péril d'origine inconnu s’intègre particulièrement bien dans ce milieu de mystères parisiens et on sent enfin la formule gagnante pour cet univers prometteur qui n'a pour seul reproche que de se lire bien vite.

A noter un clin d'oeil discret vers Jean Severac, le héros de la Brigade et on peut se faire une jolie idée de ce que va devenir L'Oeil de la nuit dont Lehman et Gess assurent actuellement la paternité.

Vous avez aimé La Brigade Chimérique ? Lisez l'Homme Truqué.
Vous n'avez pas aimé La Brigade Chimérique ? Alors lisez l'Homme Truqué.

Un must de SF vintage qui fait vraiment plaisir à lire et sans aucune prise de tête.

Nom série  La Brigade Chimérique  posté le 17/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une des séries les plus audacieuses et déstabilisantes dans l'horizon franco-belge.

Il s'agit du pari un peu fou de Serge Lehman de remettre à égalité les récits de super héros européens et qui plus est français côte à côte des oeuvres que les Etats Unis font régulièrement depuis plus de 70 ans.

Bien sur Alan Moore et ses Watchmen sont passés par là, cette fameuse Brigade en gardant la noirceur et le côté adulte désespéré mais en fait un récit singulièrement différent en l'ancrant au coeur des préoccupations de notre histoire la veille de la seconde Guerre Mondiale.

Il y a un côté également Ligue des Gentlemen Extraordinaires avec cette énumération sans faille de références littéraires et culturelles typiquement gauloises. Qui connaissait le Nyctalope ou le tigre Félifax ?

En cela ce récit massif est une incroyable compilation de références pédantes qui flirtent dangereusement avec l'abandon du lecteur en cours.

C'est effectivement le principal reproche au culot du scénariste : larguer toutes les amarres connues ou presque (on y reconnait bien Superman ou Francis Blake ainsi que The Shadow ouf) mais la construction en 12 chapitres parsemées d'autant de petites histoires internes est assez déstabilisant.

Jean Severac le héros renferme en lui une puissance insoupçonnée, la Brigade Chimérique, une équipe constituée de 4 héros légendaires afin de préserver le mince équilibre géopolitique menacé par le professeur Mabuse et un fascisme croissant...

D'alliances rompues en sombres machinations, c'est toute l'Europe qui est effectivement en péril dans un monde en constante mutation depuis les radiations de la Grande Guerre qui ont développé un nombre incroyable de créatures diverses et toutes sous l'influence d'un pays ou d'une puissance.

Difficile de ne pas être perdu dans cet immense gloubi-boulga généreux mais confus. Les chapitres passent d'un personnage à un autre sans que le lecteur ne possède toutes les clés indispensables à une compréhension globale.

Lire la Brigade Chimérique, c'est s'accrocher, continuer et passer également à la lumière les (trop) nombreuses références littéraires inondées par l'auteur.

Après il faut aimer le style graphique de Gess. Volontairement rétro et vintage, on a pas mal comparé_à tort ou à raison_son trait de crayon à celui de Mignola.

Certaines planches semblent baclées, d'autres incroyablement réussies mais je ne suis pas convaincu qu'il s'agisse du meilleur atout séduction.

Les formules utilisées, les dialogues semblent être sur un pied d'égalité pour perdre un peu davantage le lecteur. Lire la Brigade Chimérique a un prix : continuer coute que coute et si possible tout lire en un espace temps réduit afin que l'ensemble garde de sa cohérence narrative.

Car contre toute attente, la Brigade Chimérique séduit, réussit à faire tenir son monde incroyablement trop riche sur la simple ligne de l'imaginaire.

Et lorsque l'imaginaire rejoint la réalité pour une conclusion des plus abruptes et inattendues qu'il soit, alors le pari est réussi.

Les nombreux spin offs (homme truqué, oeil de la nuit, masqué) sont là pour compléter cette expérience harassante mais instructive, l'hypermonde imaginé par Lehman est tout à fait crédible et offre des portes nouvelles excitantes pour de nouvelles intrigues passionnantes mais qu'il fut clairement difficile de continuer à trouver de l'intérêt au milieu de formules narratives exigeantes.

Nom série  The Wake  posté le 17/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
The Wake est une mini série complète assez déstabilisante.

Dans cet épais recueil, on y trouve l'intégralité d'un récit qui aurait pu s'étendre sur une dizaine de tomes mais les 10 épisodes que vous y trouverez constituent pour le meilleur comme pour le moins bon une histoire belle et bien complète et achevée.

Lorgnant du côté des blockbusters américains comme Abyss ou Waterworld.
En effet Scott Snyder n'hésite pas une seconde à amener d'un récit horrifique se passant dans les tréfonds des profondeurs à un récit post apocalyptique se situant 200 années après.

La méthode peut sembler brutale et elle l'est car on aurait surement apprécier pouvoir passer un peu plus de temps sur certains événements, en connaitre davantage sur les protagonistes mais Scott Snyder prend le pari de sacraliser ses deux héroïnes, Lee Archer et Leeward sur deux époques différentes en prenant bien soin d'en relier les points à un moment.

La première lecture est déstabilisante, la narration est entrecoupée de flashbacks mais que ce soit de façon brutale ou pas, Snyder met un point d'honneur à tout expliquer, tout du moins le principal.

La seconde période avec ses pirates d'une nouvelle ère et un univers complexe qu'il faut rapidement assimiler est clairement la plus désavantagée car les explications succèdent aux scènes d'action de façon presque trop désarticulée mais l'ensemble reste quand même agréable et la conclusion finale porte un regard pas si bête sur notre propre civilisation.

Le tout aurait pu rester un récit SF de plus sans l'apport hallucinant et inspiré des talents graphiques de Sean Murphy.
Ce type a de l'or dans les pattes avec un style charbonneux et précis qui fera date même si je l'ai trouvé bien plus à l'aise dans les (nombreuses) scènes d'horreur de la première partie.

Dans tous les cas l'oeuvre prête à relire dans son entièreté mais ne doit pas être perçue davantage que comme une bonne série B. Agréable sans être marquant ou inoubliable, le trip reste néanmoins de circonstance.

Nom série  L'Oeil de la nuit  posté le 12/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le Nyctalope est le tout premier super héros européen voire le tout premier super héros tout court contrairement aux idées reçues qui attribue l’origine de ces personnages aux Etats-Unis.
Pour des sombres histoires d’ayant droit, Léo Sainclair devient Théo Sainclair l’œil de la nuit mais garde tous ses attributs.

Au moins le report de ce lointain spin off de la Brigade Chimérique aura permis une publication plus rapide entre les tomes à venir car le second arrive déjà dans deux mois et c’est tant mieux tant cette lecture fut enthousiaste et agréable.

Même sans avoir une notion bien précise de la multitude de personnages connus ou fictifs (on croise dans cette France du début XXième siècle nombre de personnalités honorables), le lecteur ne risque pas de se sentir perdu ou floué tant les enchainements feuilletonnesques s’emboitent avec une précision d’horlogerie suisse.

Mené tambour battant, ce premier tome va dévoiler les origines du pouvoir du futur « Œil de la nuit », Théo Sainclair est un aventurier charismatique issue d’une bourgeoisie influente et va se retrouver bien malgré lui au cœur de machinations multiples avec vol de bijoux martiens et attentat contre son propre père.

J’ai retrouvé avec plaisir le trait brouillon et assuré de Gess apportant un cachet mignolesque et vintage à des aventures qui ont le goût de celles de Blake et Mortimer, le rythme en plus.

Lehmann adore l’univers qu’il a mis en place avec la Brigade Chimérique et qu’il a exploité avec succès pour Masqué et l’Homme Truqué mais ici on dispose d’un récit fluide se suffisant à lui tout seul. L’univers est uchronique, steampunk mais diablement excitant et s’achève sur une véritable renaissance.

Il s’agit d’une bonne vieille SF où les seconds rôles sont également soignés servi dans un écrin « serial » de toute beauté.

Il ne faudrait pas passer à côté d’un univers parfois trop généreux mais riche en promesses à venir.

Divertissant sans être novateur ni rébarbatif, laissez vous tenter, l’évasion est complète. Vivement la suite !

Nom série  Shock Suspenstories  posté le 25/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tout comme Gaston et beaucoup d'autres personnes, je suis fan des histoires courtes style E.C. Comics.

On cite souvent Tales from the Crypt et Crime Suspenstories comme les oeuvres charnières de cette collection unique publiés au début des années 50 dans une Amérique pudibonde et en pleine guerre froide mais on oublie peut-être cette collection lancée dans un second "jet".

En effet, Shock Suspenstories en l'état ne semble être qu'un titre fourre-tout de plus pour E.C. Comics en compilant 4 histoires dans un numéro faisant office de carte de visite.

Ici on trouvera à chaque fois une histoire d'horreur, une de science-fiction, une policière et une autre de guerre.

Dès le second numéro (le présent recueil en compile 6 sur 4 gros bouquins prévus en tout), l'histoire de guerre est remplacée par une histoire que je qualifierais de fait divers ou de société.

Outre la qualité de l'ensemble des histoires avec une chute foutrement culottée pour l'époque, mon attention s'est davantage portée pour une fois sur les histoires "classiques" pointant frontalement du doigt des problèmes hélas toujours d'actualité comme le racisme et l'intolérance.

Les récits sont tout à fait surprenants, dénonçant une mutation des mentalités et utilisant l'ironie comme seule arme face à la bêtise du Maccarthysme et de l'American Way of Life.

Considérés comme "immorales", l'équipe d'E.C. Comics prend des risques éditoriaux énormes pour l'époque en affichant au choix le Ku Klux Klan, l'antisémitisme et la ségrégation des minorités afro-américaines.

C'est un coup de poing pacifique mais non dénué de réflexion encore tristement contemporaine dans l'air du vent en ce mois de janvier 2015....

Il est à mes yeux complètement évident que ce titre E.C. Comics est un monument à la fois de divertissement et d'avertissement dont le message traverse les décennies 60 ans plus tard.

Les autres histoires sont également divertissantes, voire surprenantes ou frisonnantes et sont soutenues par des dessins en noir et blanc de toute beauté par les meilleurs artistes de l'époque.

Plus que jamais, vivement la suite !

Nom série  Urban Games  posté le 14/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
"I'm goin' in
To sin city
I'm gonna win
In sin city
Where the lights are bright
Do the town tonight
I'm goin' in
To sin city "

Ce titre de AC/DC inspire l'actuelle histoire au jeune Luc Brunschwig.
Malheureusement pour lui, un autre auteur "méconnu" répondant au sobriquet de Frank Miller a déjà utilisé ces deux mots pour immortaliser sa vision du polar noir dans une ville gangrénée par l'injustice.

Qu'à cela ne tienne ! La vision novatrice de la ville corrompue portera le nom alternatif de "Urban Games" en hommage à cette surenchère de violence télévisée.

Bien avant les immondices de la télé réalité arrivées peu après sur nos chaines nationales, Luc Brunschwig met en scène des émissions futuristes tournées en direct entre une victime présumée et un ange de la rédemption, l'Interceptor.

Sin City devient Monplaisir, une immense métropole futuriste à considérer comme un parc d'attractions géant où tout individu vient claquer son pognon et s'inventer une nouvelle vie dans un bal costumé géant.

Overtime débarque incognito du futur pour poursuivre un dangereux criminel..... mais les apparences ne sont pas ce qu'elles présentent et quelques rencontres fortuites peuvent s'avérer dangereuses...

Tout ceci ne serait il qu'un miroir aux alouettes ? L'histoire est confuse ? Cela vous rappelle t-il une autre bd ?

Il peut paraître curieux pour moi d’aviser une série d’une part abandonnée dès le premier tome et d’autre part après avoir lu les 3 tomes disponibles à ce jour de sa refonte/remake sous le nom de « Urban » par le même scénariste mais avec un tout nouveau dessinateur, Roberto Ricci.

Mais pourtant ce premier tome portait déjà en lui toute la force et la subtilité de ce qui deviendra quelques années plus tard la jolie série d'anticipation que tout le monde connait.

Luc Brunschwig était alors accompagné d'un jeune dessinateur inconnu pour ma part et au style bien plus simple que celui plus travaillé de Ricci.

Pourtant le travail de J-C Raufflet n'est pas du tout vilain, simplement beaucoup plus dans un ton enfantin et coloré pouvant rappeler dans une certaine mesure le travail de Moebius dans l'Incal auquel ce péché de jeunesse fait inconsciemment référence.

C'est un véritable plaisir que de retrouver le scénario des deux premiers tomes de Urban sous un découpage différent, non pas seulement une ébauche mais également une nouvelle distribution des rôles notamment sur le personnage "fantomatique" de Overtime qui est au cœur d'une pirouette scénaristique géniale dont je vous laisse la découverte !

Raufflet nous gratifie d'une splendide double page, de quelques cadrages audacieux et l'ensemble se laisse lire tambour battant jusqu'à l'âpre conclusion qui a du en laisser plus d'un sur le carreau à l'époque.

Par chance, la suite se lit dans Urban mais vous le savez surement déjà

Pourquoi cette série initiale a t-elle été coupée dans son élan et abandonnée ? Mystères et boules de gomme et dans un sens, Urban est plus joli à regarder et plus travailler à lire mais il serait réellement injuste de dénigrer sa genèse alors qu'elle est à portée de main.

Urban Games est donc plus que hautement recommandable si vous appréciez Urban, un bonus qui permet de voir le travail d'écriture entre les deux moutures et une oeuvre qui aurait mérité d'être amenée à son terme même si ce flottement d'une dizaine d'années nous a permis la naissance d'Urban Games 2.0 soit ... Urban !

Nom série  [Rec] - Histoires inédites  posté le 05/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quand on est devenu un vieux briscard du cinéma fantastique comme moi, nourri aux VHS et aux émissions bis de la défunte chaîne CINQ que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre, il devient de plus en plus difficile d’être surpris et amusé par la production fantastique actuelle.

Aussi lorsque le premier [Rec] sort entre 2007 et 2008, l’effet « caméra subjective » alliée à une histoire plutôt effrayante et mystérieuse fait office de bombe.

Les suites auront beau être bien moins inspirées, le résultat sera sensiblement différent à chaque opus pour une série finalement pas si incontournable mais qui aura su faire preuve d’efficacité et inspirer même un remake américain et le présent ouvrage.

Ce petit film Espagnol aura laissé pas mal de questions en suspens. On apprend par les réalisateurs par la préface que toutes les histoires compilées ici auraient servi d’ébauche à d’éventuels scénarios et n’auraient jamais vu le jour sous une forme cinéma.

Plutôt que de laisser ces pages en jachère, il a été demandé à un ensemble d’artistes espagnols de les mettre en image ce qui inaugure pas mal de styles différents sur les 5 chapitres retenus ici.

Cette histoire de zombies/infectés/possédés possède un point de départ commun : le patient zéro personnifié par la sinistre Tristana Medeiros que la couverture met particulièrement bien en valeur.

C’est la véritable bonne idée de ce recueil : utiliser Tristana Medeiros comme une superstar présentant et concluant les récits à l’instar des sinistres personnages de Tales of the Crypt dont ces histoires inédites se font le lointain écho.

En effet, l’impact est tout autre et il est fortement déconseillé de lire ce petit recueil si on n’a pas vu les films. Il s’agit d’histoires courtes et brèves (parfois muettes), renvoyant directement à une scène clé des trois premiers films (la publication d’origine est liée à la sortie du troisième film) soit au choix :

- Que deviennent les 3 ados de [Rec 2] ?
- Comment Tristana est-elle devenue possédée ?
- D’où vient l’infection de [Rec 3] ?
- Que se passe t-il dans les combles du grenier de [Rec 1] ?

Plus une dernière histoire plutôt insipide se déroulant dans un zoo mais sans grand lien avec le reste…

Autant il s’agit d’un bonus plutôt intéressant pour les amateurs de la saga en comblant quelques trous sans non plus être indispensable à la compréhension globale (on a plus la sensation de voir des scènes coupées au montage que des pans essentiels), autant je n’y trouverais guère d’intérêt pour qui n’a vu aucun film.

Les styles sont sensiblement tous différents, on passe d’un style manga tendance gore à un noir et blanc épuré et d’autres styles plus classiques orientés comics. L’ensemble est agréable et se laisse lire sans déplaisir d’autant plus que chaque introduction est précédée d’une manchette de journal permettant de se resituer dans la narration des films. Les quelques personnages inspirés de la saga sont ressemblants à leur interprètes de chair et de sang mais je déplore la brièveté des histoires.

Sans doute n’y avait-il pas davantage à développer et on ressent un gout d’inachevé à l’issue de la lecture.

Ma note finale table sur un 3/5 pour tout fan de la quadrilogie (le tout part d’une bonne intention de départ) qui pourra considérer ce petit bouquin comme un bonus à part entière mais laissera complètement de marbre tout autre lecteur réfractaire ou étranger aux films et pour lesquels un 2 sur 5 sera bien plus ajusté.

PS : Croyez le ou non mais le nom de la petite Medeiros tient son origine par ce chanteur oublié des midinettes : Glenn Medeiros Les Espagnols ont de l'humour !

Nom série  Pue la mort !  posté le 05/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bisley et Grant se retrouvent le temps d'un petit délire afin de promouvoir en 2009 la toute jeune maison d'édition du scénariste, Berserker Comics.

Cette collaboration sera suivie d'un autre titre la même année toujours sur un mode horrifique, "Church of Hell", encore inédit dans nos contrées.

Ce curieusement nommé en français "Pue la Mort !" (The Dead: Kingdom of Flies en VO) est une courte série publiée en 4 épisodes à l'origine sur le thème longuement rebattu des zombies.

Malheureusement ici l'originalité n'est pas de mise et préfère capitaliser presque entièrement sur la renommée de ses auteurs qui fournissent l'un comme l'autre un travail honnête mais très peu inspiré.

Dans une Angleterre contemporaine, l'invasion zombie n'en est qu'à son troisième jour mais les ravages sont énormes. L'action ici va se focaliser sur une caserne de pompiers que l'on croirait sortis des tréfonds de l'enfer tant ils ont tous une sale gueule.

Rien de bien neuf à ajouter, les auteurs jouent à fond la carte de l'action par une narration rapide et efficace ainsi que celle de la parodie en ajoutant des encarts publicitaires dignes du premier Robocop où le réalisateur Verhoeven glissait une critique efficace de nos médias comme de notre société.

Ici les valeurs tombent et il y aura peu de rescapés entre ceux qui échapperont aux crocs des morts ou des vivants tombés bien bas par survie ou lâcheté, au choix.

Jouant à fond sur un second degré salvateur, l'ensemble aurait pu devenir un petit bijou d'humour noir si le scénario n'était si convenu et on sent que si tout va très vite, il n'y aura aucun souvenir marquant d'une oeuvre de seconde zone faisant davantage office d'épisode genre "un jour de plus chez les zombies".

Bisley délivre un trait nerveux comme à son habitude. Ceux qui apprécient son coup de crayon vont s'y retrouver, ceux pour lesquels ce style sera nouveau vont probablement être perdus.

On a connu plus inspiré mais ça se laisse lire sans plaisir ni déplaisir.

A noter que l'éditeur Wetta propose deux éditions, une limitée à 300 exemplaires avec un style volontairement "Grindhouse" (pages salies et coloration vieux comics plus un format plus grand et quelques pages de bonus) et une plus classique avec colorisation normale.

Rien de bien folichon en somme mais les fans de Bisley dont je fais partie peuvent se laisser tenter... Et l'édition Grindhouse est plutôt jolie.

Nom série  Urban  posté le 12/10/2011 (dernière MAJ le 05/01/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Urban est une oeuvre qui est dans tous les esprits de ceux qui reviennent de leur libraire. Il faut dire qu’il ne m’a pas fallu davantage que 30 secondes après l’avoir feuilleté pour avoir envie de l’embarquer avec moi. Une bd dont le bouche à oreille s'agrandit au fil des jours, aidé par des critiques quasi unanimes vantant les louanges d’une œuvre revenue de loin (Urban Games avait fait dès lors l’effet d’un pétard mouillé avec abandon du dessinateur dès le premier tome et mésentente avec les Humanos).

Vendu comme un blockbuster de science-fiction tendance Blade Runner, Urban s'avère être une œuvre qui souhaiterait s’affranchir de tout son passé mais repasse tel un hommage les nombreuses références d’une génération élevée aux petits Mickey, Dark Vador, Dragonball et j’en passe si l’on observe attentivement les costumes portés par une population désirant s’abandonner pendant un cours délai dans la cité-parc de loisirs au doux nom évocateur de Monplaisir.

Néanmoins tout n’est pas si rose dans ce monde futuriste à l’instar d’un Soleil Vert où les corps féminins sont réduits à l’état d’objet publicitaire et sexuel et où la violence devient un spectacle télévisé comme dans le Prix du danger d’Yves Boisset.

Une bd pétrie donc d’un propos et d’un fond. Pour autant, ça n'en est pas moins un bouquin saisissant et surtout envoûtant par la beauté des dessins. Je ne sais pas d’où vient ce Roberto Ricci mais j’ai hate de savoir où il va aller tant son talent nous déglingue la rétine par les couleurs, son trait, bref son style !

Après lecture des trois tomes, je dois réviser grandement mon jugement.

En effet, si le premier tome m’avait laissé sur une bonne impression pour l’univers présenté et la maitrise graphique incroyable de Roberto Ricci, je n’étais encore pleinement convaincu par l’histoire mais le scénariste Luc Brunschwig possède mille idées qui explosent enfin dès le second tome par une maitrise narrative surprenante, multipliant les personnages et points de vue et en développant moult flashbacks par une méthode reprenant cadrage et mise en scène digne d’un blockbuster hollywoodien.

Les couleurs et les décors étouffant de détails contribuent grandement à l’ambiance anxiogène d’un univers bien plus complexe qu’il n’y parait. Pourtant le lecteur ne s’y sent jamais lésé ou perdu.

Chaque tome se termine sur un cliffhanger relançant l’histoire et l’intérêt. Au début du tome 3 et des conséquences d’une attaque plongeant le monde dans une obscurité artificielle, je me suis même rappelé pourquoi j’aimais tant la bd franco-belge SF et rien que pour cela…. MERCI aux auteurs !

Du coup je passe ma note de 3 à 4/5 avec un coup de cœur mérité dans l’attente d’une suite à la hauteur de mes espérances mais l’entreprise a l’air suffisamment robuste pour même les dépasser.

En tous cas pour ceux qui y sont restés insensibles c’est vraiment l’œuvre à lire de toute urgence à l’heure actuelle, ne regrettez pas votre ticket pour Monplaisir, vous n’en serez pas déçus.

Nom série  Miracleman  posté le 07/11/2014 (dernière MAJ le 21/12/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Soyons très honnêtes, je ne suis pas grand fan des publications Marvel dont nous sommes littéralement engloutis régulièrement par toutes les formes de médias et encore plus rarement par l’achat de Comics qui s’éternisent entre arcs, crossovers, mondes parallèles et reboots multiples.

La réédition miraculeuse (et sans jeux de mots) de ce MiracleMan par Panini qui a mis les petits plats dans les grands me serait donc complètement passé par-dessus la tête si je n’avais lu ou entendu plusieurs critiques dithyrambiques de par sa rareté suite à un imbroglio juridique sur les ayant droits et surtout à un argument de choc : Alan Moore !

L’ombre du génial barbu plane sur toute cette série même si son nom ne sera jamais écrit ou à peine évoqué à demi-mots pour des raisons qui lui sont propres par la relecture d’un héros kitsch dont il était fan ado et dont il va opérer un sérieux dépoussiérage en lui donnant une substance alors inédite au début des années 80 et qui peut rappeler le prémisse des grandes œuvres à venir du jeune Moore comme Watchmen en toute première instance.

Malgré une couverture d’une grande laideur et peu affriolante d’un superslip blond rouge et bleu, Panini a voulu soigner l’événement par une édition d’une très grande qualité et agréable au toucher.
Miracleman en a profité pour subir un léger lifting de coloration lui rendant un joli coup de jeune. L’histoire, audacieuse à l’époque, a plutôt bien supporté le poids des années en présentant un journaliste faisant de curieux cauchemars : il se prend pour Miracleman, superhéros disparu subitement il y a quelques années…

Couvrir un acte terroriste pour les besoins d’un reportage va le confronter à sa véritable identité par le cri « Kimota » : Mooran est bien Miracleman !

Ce n’est pas tant le côté naïf et délicieusement vintage qui attire le lecteur curieux mais bien le traitement relativement humain voire adulte d’un quotidien bouleversé par une identité « surnaturelle » à gérer. Le lecteur s’identifie assez rapidement à ce reporter sans grande envergure, à ses problèmes de couple ainsi qu’aux enjeux d’une double personnalité.

Le trouble nait d’une situation sur lesquels on laisse volontairement en suspens certaines questions : Mooran et Miracleman ne font ils qu’un ou sont ils deux protagonistes distincts subsistant tour à tour dans une même enveloppe charnelle ?

Une certaine épaisseur enveloppe de surcroit le tout avec certains personnages resurgeant de cette période dite « d’amnésie » et dont les motivations sont devenues toute autre… Bref il y a pas mal de surprises à venir rendant l’ensemble suffisamment ambitieux pour qu’on attende la suite avec impatience.

Sans être du niveau des meilleures œuvres de l’auteur et desservi par des dessins de qualité, Miracleman est une petite pépite qui risque de tenir en haleine et dont je recommande la lecture assez accessible à tous les amoureux d’histoires de superhéros décalés. Pas indispensable certes mais très agréable et à poursuivre sans aucun doute.

Après lecture du tome 2 :

Malgré une narration assez lourde et pas forcément des plus intéressantes (beaucoup de blabla), ce tome 2 s'avère des plus efficaces.

La compagne de Miracleman, enceinte, est enlevée par un mystérieux scientifique. Du coup Miracleman se met à sa recherche et.... le dénouement entremêlé d'éclats de violence et d'un suspens assez soutenu est diablement surprenant et complètement excitant.

S'ensuivra un accouchement atypique et pas piqué des hannetons emprunt d'un fol réalisme et d'une poésie digne du maître Alan Moore...

La mise en scène est complètement folle, mention spéciale à une scène "au ras des pâquerettes" (je ne peux en dire davantage mais lors de la lecture, pensez à cette scène ).

C'est juste incroyable qu'un tel comics ait pu voir le jour et être publié en l'état au début des années 80 !!!

Rien que pour tout cela, vivement la suite et l'ensemble est suffisamment emballant pour mériter un coup de coeur vraiment mérité !

Nom série  Gotham Central  posté le 12/05/2014 (dernière MAJ le 16/12/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Batman ?
Brubaker ?

Hum suffisamment d’indices pour me mettre en appétit avec ce Gotham Central qui m’a longtemps fait de l’œil mais dont j’ai préféré attendre la belle réédition par Urban avant de me mettre à table devant ce copieux premier recueil (sur les 4 à paraître).
Quoi de plus malin et de plus ambitieux que de vouloir présenter un regard réaliste sur la ville du Chevalier Noir par les nantis et seconds couteaux dont on ne voit jamais les actes ô combien complémentaires dans le maintien de la justice.. A savoir les flics, inspecteurs et simples mortels de la police de la cité gothique.

C’est un peu le pari (largement réussi) qu’ont bien voulu nous proposer Ed Brubaker qu’on ne présente plus pour ses incursions dans le polar et Greg Rucka.

Soutenu par le trait gras et délicieusement rétro de Michael Lark qui signe tous les dessins de la série, ces histoires peuvent se lire indépendamment comme de simples enquêtes policières mais possèdent le même effet tentaculaire que Criminal : les personnages s’enrichissent au fur et à mesure des histoires, passant du premier au second rôle selon les besoins…

Le point de vue réaliste adopté contraste avec certaines mauvaises rencontres lorsqu’une bête filature ou introspection des lieux place nos inspecteurs nez à nez avec un Mister Freeze ou un Double Face. On constate dès lors l’impuissance de simples humains face à des supers criminels lourdement armés ou tellement pervers que l’aide d’un Batman est au choix indispensable ou vécu de l’intérieur comme un véritable fardeau. On appréciera également l’usage d’équipes de nuit et de jour au sein de la même brigade donnant une tonalité toute singulière. Il s’agit vraiment de chroniques affreusement banales où tout peut basculer d’une minute à l’autre.

Si du point de vue de Batman, tout est vécu comme une charge héroïque avec ses bons et ses mauvais côtés, ici les inspecteurs font ce qu’ils peuvent pour résoudre des histoires sordides de kidnapping, assumer leur vie privée (l’histoire de Renée Montoya et de son homosexualité étalée au grand jour est « LE » récit le plus émouvant et réaliste qui soit lu depuis longtemps) ou vivre le deuil d’un collègue tragiquement disparu.

Batman n’est jamais présent plus d’une ou deux cases par histoire et ses exploits sont manifestement racontés en « off » lui conférant le côté mystérieux que l’on peut lui insuffler.

Vivement la suite, ce Gotham Central peut être lu également par des débutants et je ne peux que le conseiller à un public bien plus large que les comics pour la pertinence de ses propos et l’incursion de surnaturel sans jamais en abuser lors des apparitions de super criminels rendus ici à l’échelle humaine par une équipe d’auteurs fortement inspirés et à l’impact intelligement nuancé.

Terriblement humain, cette collection est indispensable tout simplement.

Après lecture du tome 2 publié chez Urban :

Je prends toujours autant de plaisir à lire ces histoires. La surprise n'est plus au rendez-vous et les bases sont bien posées mais c'est toujours agréable de retrouver certains personnages bien connus des fans de Batman et ce dernier n'est pas en reste puisqu'on y retrouve un Joker aussi machiavélique que celui porté à l'écran par Nolan dans Dark Knight.

Nom série  Crossed - Terres maudites  posté le 28/12/2013 (dernière MAJ le 16/12/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et une de plus !

Frôlant l’overdose dans les multiples séries dérivées de Crossed, votre serviteur, grand amateur de zombies, fariboles trash et sexuellement déviantes en tous genres, ne pouvait faire l’impasse sur cette nouvelle collection indépendante et qui voit le retour aux sources des deux co-auteurs de la série d’origine dont bien sur Garth Ennis, le papa du Preacher lui-même.

D’ailleurs qui d’autre pour introduire cette nouvelle série qui va voir défiler à un rythme plus ou moins soutenu des one-shots réalisés par diverses équipes sous le nom générique de « Badlands » ?

Les histoires de ces petits groupes d’assiégés face à la menace de ces tarés cannibales violeurs constituent effectivement une manne inépuisable pour l’éditeur d’origine Avatar… quitte à aller jusqu’à l’écœurement ou la lassitude du lecteur ?

Par chance ce n’est pas encore le cas dans ce premier volume qui compile deux histoires et ouvre le feu par l’excellent recueil « Badlands » avec un groupe en fuite dans des terres glacées et mus par des règles de survie drastiques. Le ton est d’ailleurs si proche du premier Crossed qu’on pourrait y voir une suite spirituelle. En tous cas le ton est donné, peu d’humour noir (malgré la présence de sa majesté le prince Harry, fils de Charles et Diana lui-même !!!!) et beaucoup de pessimisme parsèment ce récit prenant où on n’échappe pas aux flashbacks ni aux scènes dérangeantes qui font tout le « charme ? » de la série.

La fin est bien ironique et donne envie d’enchainer immédiatement sur Homo Superior qui rappelle Valeurs Familiales et une construction en plusieurs strates (groupes éparpillés de survivants qui se rejoignent en Floride) et donne peut-être la touche de trop (le récit est bien trop anecdotique pour être aussi percutant que tous les autres malgré son lot de scènes méga craspecs et choquantes) même si la fin amène peut-être une nouvelle donne de ces fameux infectés. Le dessin de Leandro Rizzo est même limite quelconque…

Ce Badlands vaut surtout pour sa première histoire, l’une des plus courtes mais les plus marquantes par son intensité et la perspective que l’on commence surement à faire le tour de la question avec Homo Superior mais en donne pour son argent à savoir deux histoires indépendantes et la promesse d’être aussi révulsé ou attiré c’est selon par un univers des plus extrêmes.

Crossed – Terres maudites est néanmoins hautement recommandable pour son lot d’émotions fortes et se pose en parfait contrepoint de la série culte Walking Dead qui n’en finit pas. Malgré un pessimisme terriblement efficace et des images qui resteront dans les annales, on peut le voir comme une récréation extrême dont la facilité de s’immiscer dans ces histoires au format court rend le tout aussi divertissant que facultatif.
Pour l’instant je reste encore scotché et attends les prochains tomes non sans impatience…

Après le second tome :

Où l'on voit 2 histoires indépendantes avec une première bien craspec et fort réussie remontant à l'origine de la contagion au sein d'une petite bourgade et d'un spectacle de cirque.

Bien sûr, il s'agit d'un beau contexte pour présenter des clowns contaminés et un anti-héros arrivant à s'en sortir par un caractère lâche et plutôt malin. On en profite pour le retour de Lorre le fameux psychopathe de la série Crossed du même nom avec un cameo des plus ignobles dans la grande lignée de la série et une fin noire et ironique replaçant justement chaque chose à sa place.

La seconde histoire est par contre plutôt loupée. Des comédiens sont conviés dans une grande demeure sous l'égide d'un ancien acteur controversé qui n'hésitera pas à mettre en scène quelques plans assez sordides dignes d'une secte (tout le monde a un rôle à jouer dans un scénario sordide, sexuel et extrême).

Bien évidemment, cette demeure va devenir le centre de convoitise des contaminés à la croix ce qui permettra aux principaux protagonistes de se jouer de la situation en "interne" pour régler quelques comptes entre eux de façon définitive.

Là c'est tiré par les cheveux et pas franchement intéressant. Le trash et le cul sont par contre aux abonnés présents. A lire avec dégoût et sans grand intérêt.

Ce deuxième tome est donc plutôt équilibré avec une histoire réussie et l'autre pas du tout.

Après le troisième tome :

Ce ne sont pas moins de 3 histoires indépendantes dans le monde dépravé de Crossed que l'amateur aura à se mettre sous la dent.

Et comme toujours du bon et du moins bon dès la première histoire "L'Anglais fatal" qui voit le retour de Garth Ennis au scénario (rappelons qu'il est le créateur de la série) et se permet de tirer à boulets rouges sur la religion catholique avec la constitution d'un petit groupe de militaires armés et expérimentés à la conquête par le feu de l'Angleterre et accompagnés d'un prêtre et d'enfants sans défense.

Et c'est parti pour un blabla que je trouvais bien plus inspiré et malin dans Preacher que dans cette longue histoire qui voit pourtant s'alterner quelques scènes de combat et de tension plutôt bien fichues, un flashback à l'issue horrible mais bien rythmé et un retour au calme avec bavardage inutile.

Par chance la conclusion toujours bien dark est plutôt réussie...

Ce qui nous envoie directement vers la seconde histoire "Les Jouisseurs", à nouveau le maillon faible de cet épais tome avec Amanda (rescapée du tome "Psychopathe" rencontrant un trio de survivants peut-être encore plus barrés que les infectés ! C'est long même si ça se laisse lire sans trop de mal, le dessin est en deçà de la qualité habituelle et le mix horreur extrême/sexe sauvage ne masque pas la vacuité des propos.

Sans grand intérêt.

Mais alors qu'on pouvait à juste titre se dire que le phénomène Crossed commence à se mordre la queue et à perdre son intérêt arrive la toute dernière histoire "Conquète Totale" qui a beau être la plus courte n'en est pas moins la plus intense et la plus réussie de toutes les histoires de Crossed réunies...

Il s'agit d'une histoire d'amour improbable construite un peu comme le drame de Romeo et Juliette entre une agent de probation métisse et un russe, homme de main au solde de la mafia locale. Une réunion pour le moins surprenante dans un monde en pleine déliquescence...

Impossible d'en dire davantage sans en déflorer le pitch mais qu'il s'agisse des dessins hautement expressifs et réussies comme de la construction du récit (en gros les 2 amants cherchent à se retrouver dans le monde dévasté de Crossed) et la conclusion est à la fois émouvante, percutante et complètement inattendue.

La pagination courte renforce et sert admirablement le récit qui devrait faire école dans l'univers grandissant des Crossed. En tous cas il s'agit sa plus belle représentation. Si vous ne devez lire qu'un seul récit de Crossed, privilégiez donc ce drame.

A suivre dans un inévitable tome 4 afin de savoir s'il s'agit d'un accident de parcours ou d'un renouveau !

En attendant je m'en vais rouvrir de plus sages ouvrages pour me sortir l'esprit de tant de noirceur et d'horreur. La mention "18 ANS UNIQUEMENT" n'a jamais été aussi justifiée que pour ces bouquins !

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