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Nom série  Ghost World  posté le 27/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Mais quelle déception que ce livre pourtant si apprécié et qui a fait la notoriété de son auteur !

Ayant vu le film en salles (que j'avais pourtant beaucoup aimé pour sa vision juste d'une certaine forme de mélancolie avec des acteurs touchants, non non pas la jeune Scarlett uniquement voyons mais surtout la prestation de Steve Buscemi), je pensais franchement arriver en terrain connu en lisant le bouquin du papa de David Boring mais boum patatras !!!

Le film est une adaptation fort libre de ce roman graphique et c'est tout à son honneur !

Daniel Clowes a voulu écrire une chronique de deux ados si détestables et imbues de leur personne qu'on a juste l'envie de leur foutre une bonne paire de claques pour qu'elles cessent de balancer leurs grossièretés tout au long de leurs états d'âme à deux balles.

Si c'était le but initial de Clowes, alors il est parfaitement réussi alors que le film avait su éviter ce genre de poncifs en rendant les héroïnes finalement attachantes.

Le fait d'avoir découpé le récit en épisodes si hachés (à chier ? oups) ne rend pas non plus la lecture aisée et on a la désagréable sensation de passer du coq à l'âne tout en se contrefoutant royalement de leurs objectifs (qui sont d'ailleurs ?)

Reste le dessin et les couleurs de Clowes, peut être pas aussi définitifs que dans ses autres oeuvres, pour se régaler mais cela fait finalement bien peu pour une bd que je vous suggère de zapper directement soit pour lire un autre Clowes, soit pour voir l'adaptation en film.

Une immense déception donc.

Nom série  In God We Trust  posté le 27/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Tout d'abord rendons hommage à l'épatante petite maison d'éditions de ce très joli bouquin : Les Requins Marteaux qui ont du se serrer grave la ceinture (et oui ils sont loin d'être aussi blindés qu'un Glénat ou Delcourt) pour publier un livre d'une telle qualité !

Si on n'y prête guère attention, on penserait presque tenir un missel entre les mains. Mais la couverture qui se poursuit également au dos et sur la tranche est un gag à lui tout seul entre une pauvre âme et son créateur.

Et le pire c'est que ce n'est que le début tant ce bouquin regorge de trucs hilarants complètement détournés de la religion Catholique qui va en prendre pour son grade à la sauce Winshluss...

Donc ça décape dans tous les sens, de la création de la Terre par un Dieu guère inspiré mais superbement représenté genre biker comme les dessinait si bien Coyote avec une belle barbe et un peu de gras du bide.

Dieu ou "God" a beau être cyclope et l'être le plus puissant du monde, il est prompt à faire pas mal de conneries. Faut dire que tout était foutu dès le départ avec Adam et Eve (ou Dave ?) et le fruit de ses propres pêchés avec la jolie Marie qui accouchera d'ici peu d'un Jésus pas piqué des hannetons.

Winshluss revisite sous forme de petites historiettes aux styles variés, quelques publicités vintage glissées ici et là toute l'histoire à sa façon et le moins qu'on puisse dire c'est que son interprétation des saints évangiles remporte les suffrages des zygomatiques.

Mention spéciale à la véritable histoire de la Résurrection de Jésus qui vaut à elle seule l'acquisition de ce superbe album.

Comme à son habitude, plusieurs styles graphiques sont dissimulés pèle mêle dans cette vaste auberge espagnole. Côté originalité on repassera car il n'y a rien d'original dans le thème (Tronchet avait aussi excellé en son temps avec sa série de Sacré Jésus) mais le petit côté trash de Winshluss rajoute une bonne couche de finesse pas déplaisante en ces temps où la dérision devrait prendre le dessus sur les bondieuseries en tous genre.

Envie de voir un combat entre God et Superman ou d'apprendre la recette de la Téquila frappée ? Rendez vous dans le petit monde poilant de Winshluss pour une bonne tranche de rigolade.

Nom série  Dans la forêt sombre et mystérieuse  posté le 21/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
L'idée ne m'avait guère séduite au premier abord...

Voir ce nouveau projet de Winshluss dans un registre à priori enfantin ne m'enchantait guère.

De la couverture bien propre sur elle au titre poétique et sans ambiguité à l'éditeur estampillé jeunesse, je m'attendais véritablement à une reconversion du maestro du trash inspiré tourner la page ou tout du moins une parenthèse pour délivrer un véritable conte pour enfants.

Il ne m'a pas fallu pourtant plus de 30 secondes après l'avoir feuilleté en librairie pour avoir envie de repartir avec, avec cet infime risque d'être déçu...

Mettons vite fin à ce suspens d'opérette, le dernier Winshluss est un petit chef d'oeuvre.
Car non content de se réapproprier Alice au pays des Merveilles ou encore plus Mon voisin Totoro des studios Ghibli (pour son rapprochement évident entre la nature et la perception d'un éventuel deuil), Winshluss parvient à réussir un tour de force : courber la mécanique des contes vers son univers personnel peuplé de personnages aberrants et hilarants.

Fourmis suicidaires, Ecureuil se prenant pour Icare ou ogre banquier, l'univers de Winshluss est parsemé de surprises et de fous rires en flirtant avec le bon goût sans jamais en dépasser les lignes comme autrefois.

Les aventures du petit Angelo perdue dans une grande forêt aux animaux dingues et aux rebondissements variés prennent le ton d'un rythme endiablé dont le découpage en chapitres bien distincts et tout simplement parfait.

Si le dessin surprend moins, il n'en est pas moins dynamique et chatoyant, l'auteur use et abuse de flashbacks, de courses dans le néant et de rencontres improbables sans jamais pour autant parodier les vrais contes en créant des personnages inédits et hauts en couleur.

Un seul point négatif ? Les 160 pages défilent à la vitesse de la lumière et on arrive bien trop vite à la fin de ce pavé politiquement correct mais carburant au super sous ecstasy. Winshluss n'a décidément pas fini de nous étonner...

Nom série  Dead Body Road  posté le 14/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
3 arguments essentiels m'ont amené à lire Dead Body Road...

Le premier argument c'est le scénariste Justin Jordan dont j'ai adoré son Luther Strode et ses scènes d'action ultra découpées calibrées pour un film de Sam Raimi et de John Woo.

Le second, c'est la référence de Delcourt à la série Banshee sur la 4ème de couverture soit la série la plus fun et "what the fuck" et qui vient tout juste de s'achever, un condensé crétin et jouissif de violence, de sexe et de codes comics sur le petit écran.

Enfin le dernier argument c'est cette couverture justement, imparable et simple avec cette image classique d'un dur à cuire dans le désert, carabine sur l'épaule et bad attitude et ce grand lettrage : Dead Body Road.

Whouah, ça en jette un max pour le vieux mâle hétéro en manque d'émotions fortes. Le problème c'est que ça manque cruellement de consistance pour dépasser le simple exercice de style.

Cette histoire de vengeance, on l'a tous lu quelque part. Un ancien flic irradié de sa fonction pour ses méthodes expéditives et peu orthodoxes apprend la mort de sa femme après être intervenue sur les lieux d'un braquage.

Le flic en a rien à foutre du pourquoi du comment, il veut juste retrouver tous les protagonistes du casse et leur faire gouter les pissenlits par les racines. Et ce quel qu'en soit le coût ou les méthodes...

Et c'est parti pour une aventure rocambolesque laissant peu de place à l'ennui avec gunshots, courses de bagnoles, tortures diverses et échanges verbeux virils (avec grossièretés si c'est possible).

Le hic c'est que le début accrocheur et bien trippant laisse de plus en plus place à un solide ennui. Il n'y a aucune place pour une quelconque réflexion et ça je peux bien m'en passer pour ce genre de récit mais ici tout s'enclenche curieusement, les personnages se rencontrent au bon endroit et au bon moment et on ne s'attache finalement à personne.

Mention spéciale au héros au physique d'avatar musclé de jeu video, on le croirait sorti tout droit d'un GTA ou d'un Uncharted tant son physique passe partout de gros costaud brun séduisant a un air de déjà vu. La seule nana du récit castagne à tout va et le molosse psychopathe et ambigu ne dispose pas d'un assez grand rôle pour devenir primordial. Dommage car c'est le caractère le plus écrit de ce récit qui se lit facilement mais qui ne laissera aucun souvenir impérissable.

Scalera n'est pas un tâcheron aux crayons, bien au contraire, son trait dynamique correspond si bien aux scènes d'action qu'on est véritablement frustré que ces deux monsieurs respectables du comics ne s'associent que pour un récit si mineur à la conclusion précipitée.

Ils ont pourtant du se faire plaisir à bosser ensemble mais pour un plaisir similaire, je préfère de loin la briéveté d'un Mesmo Delivery, les scènes d'action d'un Last Days of American Crime ou l'efficacité de Men of Wrath que je vous recommande davantage que ce Dead Body Road que je relirais peut-être mais pas dans l'immédiat (d'autant plus que Delcourt prévoit enfin de sortir le troisième et dernier tome de Luther Strode, youpi !)

Nom série  Le Tribut  posté le 07/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avant toute chose, il peut être utile de préciser que mon avis se porte sur l'édition Cornélius de 2016 du présent ouvrage qui peut être considérée à juste titre comme une oeuvre maudite.

Il s'agit donc de l'édition intégrale composée du premier tome édité par Casterman, du second uniquement prépublié par épisodes dans un mensuel et doté d'un épilogue inédit à ce jour de 16 pages.

Le Tribut est une oeuvre difficile à appréhender. Son histoire est aussi hermétique que son graphisme volontairement froid aux couleurs basiques et à l'encrage épais.

Pourtant pour peu qu'on puisse s'y intéresser et entamer la lecture, le voyage est passionnant...

Il s'agit d'un pur récit de SF comme on pouvait en lire autrefois avec un certain charme vintage dont l'histoire se rapprocherait d'un classique "Etoiles, gardes à vous" (ou Starship Troopers) avec une armée ou plutôt de "chair à canon" sur une terre hostile et sauvage, la mystérieuse planète "Deux Lunes".

A la recherche d'une arme ultime qui leur permettrait un avantage certain contre les "Autres", on y suit le quotidien de Juan, un militaire balafré sans autre ambition que la survie, dans une jungle hostile et inhospitalière à la météo incertaine. Chaque saison y est représentée par une couleur artificielle sans nuances, du bleu au vert sans oublier jaune ou rouge vif, le lecteur n'est guère ménagé et cherche quelques repères en vain à travers certains dessins volontairement flous pour mieux se perdre comme le narrateur.

C'est bien la curiosité qui nous pousse à lire la suite d'une histoire simple mais décousue jusqu'à de sombres expériences qui vont unir Juan à un autochtone et le doter de fabuleux pouvoirs....

L'histoire aurait pu se tenir en un tome mais la suite va pousser le récit dans de tous autres directions avec une certaine recherche de la vérité sous une autre planète...

Beaucoup auront comparé ce récit avec le film Avatar de Cameron dont le présent récit aurait inspiré ce Pocahontas interstellaire. J'y ai vu toute autre chose bien après avoir refermé les dernières pages qu'il serait difficile d'énumérer sans spoiler à tout va mais ce voyage ne devrait guère laisser quiconque indifférent, en bien comme en mal d'ailleurs.

La mutation de Juan Gavirio en un être stellaire à la perception accrue (voir la couverture du livre) me rappelle certains écrits de Lovecraft et de la fameuse glande pinéale ouvrant de nombreuses portes dans un récit foutraque mais passionnant.

La rupture entre les différents chapitres est peut être osée, peut également déstabiliser mais permet un récit plus riche qu'il n'y parait en apportant une réflexion sur l'absurdité de la guerre mais également les rêves et univers parallèles.

La conclusion presque manichéenne est parfaite en ce sens qu'elle donne finalement une toute autre vision globale de cette épopée. Certes, on aurait surement préféré avoir un ou plusieurs autres tomes mais comme toute oeuvre maudite (je pense surtout au Réseau Bombyce que j'avais adoré), la contrainte de tout vouloir conclure rapidement va finalement apporter un souffle salvateur à toute l'histoire.

Je le savais depuis le Transperceneige des mêmes auteurs, leur vision de la Science-Fiction ou plutôt de l'Anticipation n'aspire à guère d'optimisme et transpire de pessimisme. Ici il est question d'espoir, peut être même mince ou peut être même complètement erroné (voire même surement) mais le voyage est total et accompli. Il émane même une certaine poésie mélancolique avec quelques planches évoquant davantage une peinture qu'une bd.

Lecture exigeante et voyage anxiogène, le Tribut n'est pas fait pour plaire à tout le monde mais le voyage en vaut largement la chandelle.

Nom série  La Jeunesse de Mickey  posté le 01/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Après le pur délire Trondheimien de Mickey que j'avais littéralement adoré et un album de Cosey un peu en deça, c'est au tour du talentueux scénariste de Alice au pays des Singes de reprendre le flambeau pour redorer les aventures contemporaines de la célèbre souris.

Et avec quel brio ! N'en déplaisent aux grincheux déçus par l'album de Trondheim et de Keramidas (tiens tiens le dessinateur du même Alice ...), cette jeunesse de Mickey vu et revu par Tebo (également aux pinceaux ici) est façonnée avec un panache et un dynamisme communicatif.

Faire de Mickey une vieille souris grisonnante, barbichette et lunettes à l'appui raconter ses aventures d'antan à un arrière petit neveu blasé et incrédule Norbert est une idée fantastique permettant de façonner de bouillantes aventures sous formes de mini aventures comiques.

Mickey enjolive ses histoires, les façonne comme un souvenir ce qui nous vaut de chouettes allers retours dans la réalité pour corriger ou interrompre certains détails "inventés".

Western, Première Guerre Mondiale ou même course aux étoiles dans le cosmos, Tebo revisite avec talent les cadres classiques en réinventant les premières confrontations avec Pat Hibulaire, Minnie, Dingo ou même Donald.
Ne manque que Pluto à l'appel qui sera peut-être au rendez-vous avec une suite possible comme le suggère l'épilogue ?
En tous cas ce serait avec grand plaisir tant le trait de l'auteur, simple et efficace m'a littéralement scotché sur les petites vignettes de l'album ou de fameuses doubles pages explosant de détails et d'action.

On rit beaucoup et on s'amuse dans ce divertissement de grande qualité à mettre dans toutes les mains. Voici le cadeau idéal à mettre dans toutes les hottes du Père Noël loin devant tout le reste.

Place à Mickey et vivement l'album de Loisel ! Une belle collection à ne pas manquer qui déride et fait du bien !

Nom série  Baron Samedi  posté le 17/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si je relis les avis précèdents ici même, j'ai grandement l'impression de ne pas avoir lu la même chose... ou que les auteurs (oups Dog Baker est une belle couverture ? ) ont réussi leur pari : livrer une parodie tellement nauséabonde et anxyogène des franchouilleries comme Fantomas (les films de Hunebelle hein pas les romans) que les lecteurs lambdas en sortent choqués ou n'y trouvent aucun intérêt.

C'est vrai que s'attacher à un personnage aussi antipathique que ce Baron Samedi (un mix du Crane Rouge Marvel et de Olrik de B&M) qui n'a aucune autre épaisseur psychologique que de faire la nique à la France de De Gaulle peut paraitre exagéré mais PUTAIN pris au second degré, qu'est ce que je me suis marré !

Les dessins sont de toute beauté, la ligne claire comme je l'aime avec moult détails graphiques et une colorisation oscillant entre du gris, du jaune et du rouge utilisés à bon escient et un style au charme rétro indéniable (ça m'a même fait penser à du Tardi voyez-vous ? ).

L'histoire n'est qu'un prétexte pour aligner scènes de torture bien gore toutes plus épouvantables et exagérées les unes que les autres et quelques lignes de dialogue bien drôles "Bravo vous venez de comprendre en 2 minutes ce que le Quai d'Orsay a compris en 2 ans"

Bref du pain béni qui n'épargne rien ni personne et dont le final parfait (même si une suite était initialement prévue, ça se lit comme un bon One Shot) n'altère en rien le bon déroulement des "aventures" du fameux Baron.

Tout est si exagéré que la lecture en devient jouissive. Les demoiselles finissent souvent en sous vêtements en évoquant le charme des photos coquines des prudes années 60. Les gosses ne sont pas plus épargnés et Vengeur Pix euh, Dog Baker dresse un chouette portrait de flic à la Jean Gabin avec le "Porc", un truculent détective perspicace (aaah le coup du squelette est trop fort).

Malgré quelques images bien choquantes comme celle du charnier initial s'étendant sur 2 pages, c'est plutôt dans la bonne humeur générale et avec le sourire aux lèvres que j'ai entamé ce divertissement de haute qualité dont les débordements gores et violents en deviennent de purs plaisirs coupables.

Le décalage constant entre dialogues sérieux et situations ridicules procure un plaisir de lecture constant et si cela a pu choquer quelques esprits pudibonds, il est grand temps pour vous de relire les aventures des Castors Juniors.

Nom série  One Piece  posté le 17/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est après avoir avalé les 44 premiers tomes de One Piece (un sacré pavé et ce n'est visiblement pas fini puisqu'au moment où j'écris cette chronique il en reste au moins le double à lire et la série est toujours en cours de parution !) que je me décide à en donner un avis que j'espère constructif.

L'idée n'est pas d'en dire du "WHOUAAAAAH j'adore" comme on en lit tant ici et là car One Piece est une oeuvre populaire culte au même titre que Dragonball dans la littérature Manga mais de tacher d'explique le pourquoi du succès et si c'est lisible par un mécréant quadra davantage adoubé à la bd franco-belge ou aux comics que des euh "Nekketsu".

D'ailleurs le site marron explique très bien ce qu'est un Nekketsu par cette définition : " héros exaltés défendant le plus souvent par le combat ou la compétition des valeurs viriles traditionnelles telles que le courage, l'amitié et le dépassement de soi" WHOUAAAHH mais quel programme !

C'est effectivement tout à fait cela avec Luffy, un homme caoutchouc qui ne demande rien d'autre que de devenir le Seigneur des Pirates dans un monde fictif peuplé d'iles et de mers mystérieuses s'étendant à l'infini.

Alors un souci, Luffy est gentil et téméraire. Sa faculté d'avoir mangé un "fruit du démon" et lui permettant d'étendre son corps à l'infini façon Mr. Fantastique/Red Richards lui donne une force surhumaine mais le brave garçon est SACREMENT con. Il ne pense qu'à bouffer et accessoirement se constituer une équipe atypique de Pirates pour aller chercher le fameux "One Piece", un trésor convoité par le globe entier.

Enfin, tout cela vous le savez forcément déjà, Eichiro Oda n'a pas le trait le plus chouette de la galaxie Manga même si cela reste clair pour suivre mais le monde qu'il dépeint est modulable à volonté. On ne compte pas les nombreux anachronismes en tous genre au gré de l'imagination de l'auteur tout comme les cas bien pratique de Deus Ex Machina lui permettant de résoudre ses intrigues par telle ou telle combine.

Détenant vraisemblablement les clés de son monde, il module l'environnement et les personnages comme bon lui semble, chaque nouvelle ile possède ses propres règles, son bestiaire et sa société.

On pourrait croire pour les courageux ayant déjà lu mes précédents paragraphes que je me moque éperdument d'une œuvre calibrée sur mesure pour les gosses et les produits dérivés et pourtant la sauce a pris dès le départ.

La faute à un sens aiguisé pour l'aventure, des histoires qui ne se répètent guère et une intrigue qui commence à se dessiner timidement mais surement.
L'équipage est improbable mais chaque personnage tient sa place entre l'épéiste, le docteur, le cuisinier et l'archéologue dont les flashbacks sont passionnants voire émouvants.

Si on évite le comique de répétition parfois franchement pénible (Sanji le cuisinier joli-coeur en fait souvent trop) et Luffy joue les crétins tête à claque en permanence, on obtient une oeuvre dense, certes tirée par les cheveux et improbable mais diablement divertissante et sachant ménager suspense et parfois critique sociale voire politique.

J'avoue honnêtement que je n'aurais pas mis un kopeck dans une telle série et que le prêt des bouquins par mon filleul influence pas mal mon avis final. Mais les Japonais ont un tel don pour maintenir l'intérêt des lecteurs sur des séries aux long cours qu'il est difficile de résister à la tentation d'en lire la suite.

Nom série  Sept Nains  posté le 29/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellent, tout bonnement excellent !!!!

Envie de vous changer les idées ? De rigoler avec un récit léger mais pas futile et de passer un bon moment ?
Ce one-shot s'inscrivant dans la collection des Sept de David Chauvel devrait vous en procurer l'occasion.
L'occasion justement de détourner un conte arche-célèbre pour mieux en rire avec une Blanche-Neige bombasse mais hargneuse, une méchante Reine aux apparences trompeuses et une sacrée bande de bras cassés comme je les affectionne en guise de nains !!!

Il suffit de voir la tronche de Simplet qui pour le coup l'est plus que jamais et son "rôle actif" dans le célèbre passage de "Miroir, mon beau miroir".

Les autres ne sont pas en reste et même s'ils sont sommairement décrits (on perçoit surtout Prof et Grincheux), sont tous devenus des vieux pervers lubriques sous la plume avisée d'un Lupano en super forme.

Raconter le reste serait vous en retirer une bonne part de plaisir... Le chasseur et le prince charmant sont également de la partie et participent activement au charme tout nauséabond de cette grosse farce au final surprenant.

Roberto Ali possède un style qui sied bien à tout cet univers même s'il prend parfois quelques raccourcis (hormis Simplet, les expressions faciales des nains auraient mérité un peu plus d'attention) et la colorisation plutôt sombre est particulière.

En tous cas un excellent moment de lecture sans prétention et avec le vœu de lire d'autres détournements de Lupano du même acabit !

Nom série  The Grocery  posté le 12/01/2012 (dernière MAJ le 12/04/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Curieux des productions Ankama, The Grocery a fait dès sa sortie office d’OLMI, objet littéraire mal identifié.
Car si Singelin ne m’avait guère impressionné avec l’opus le plus faiblard des trois histoires de Doggybags, son cursus et son univers ne m’étaient pas pour autant étrangers.

Le fait de traiter un thème que j’affectionne par ailleurs sur d’autres médias comme le cinéma ou le petit écran par le biais d’une œuvre bigarrée avec des êtres tordus en guise de métaphore sur les guerres de quartiers populaires est suffisamment intriguant pour en faire l’impasse.

Comme rapporté par Spooky dans son excellent avis à lire ci-dessous, il ne faut pas se fier au style faussement naïf et enfantin des dessins qui portent le scénario de cette chronique prévue en 3 tomes sous un éclairage nouveau et inédit.

The Grocery du titre c’est la petite épicerie d’un quartier d’une cité américaine où se côtoient jeunes dealers et clodos spirituels. Un peu le centre d’un nulle part, dernier rempart social d’une communauté en sursis dont Elliott fera le trait d’union sans être non plus forcément le héros unique de cette chronique.

Elliott, c’est le fils de l’épicier justement. Son petit gabarit et sa récente arrivée dans le quartier ne l’empêcheront pas de se créer rapidement des amis grâce à sa gouaille et à sa bonne humeur ambiante, un peu le « boy next door » que tout le monde aimerait avoir comme voisin.

Il est cultivé et pourrait aussi très bien se contenter de ses bons résultats scolaires mais l’appel de la rue et de ses facilités ne le prive pas de quelques magouilles en bande avec Lefty, Sixteen et les autres copains du quartier.

Puis il y a aussi cet ex G.I. revenu de la guerre du Koweït pour y retrouver un monde qu’il ne reconnait pas et à qui les subprimes ont tout volé…

Tout cela pourrait en rester là si un psychopathe ne tenait pas à faire main basse sur le quartier de la façon la plus vile et la plus violente qu’il soit… Tout ce beau monde risque de « collapser » à un moment ou un autre…

The Grocery c’est cela et rien d’autre finalement mais comme toute chronique sociale la série entière est passionnante à lire et on ne lâche pas le bouquin jusqu’à sa conclusion. Les dessins ont leur style et il est intéressant que les auteurs aient choisi le parti pris de ne pas représenter les protagonistes par des animaux mais des formes humanoïdes inédites et parfaitement identifiables à la fois.

Les couleurs pastel sont superbes également et semblent faites à la main dans un style faussement amateur qui ravit les pupilles pour peu que l’on ne soit pas réticent à toute cette charte graphique.

Il y a quelques beaux moments où la violence s'arrête ou prend des formes plus subtiles comme dans l'indispensable tome 0 relatant des histoires se déroulant "avant" et également dans la trame principale. On ressent plusieurs amitiés indéfectibles palpable mais on attend vivement la bombe mécanique ou humaine qui fera éclater le tout dans une mise en scène propre et impeccable dès la page suivante.

Cette absence de manichéisme et ce panaché de scènes violentes face à quelques traits d’humour (les clodos et leurs réflexions m’ont rappelé le duo intello des tueurs de Sin City) fait la force d'un récit qui ose tout et beaucoup comme l’aménagement d'une "cloture" dès le troisième tome.

Il faut reconnaitre à Singelin un certain talent pour rendre ses personnages atypiques plus réels que des humains et à Ducoudray une grande maitrise du découpage à la "The Wire" pour mieux disperser et réunir ses personnages…

On sent une réelle empathie des auteurs pour TOUS leurs personnages, des principaux aux secondaires.

Enfin la fin qui reprend avec succès une conclusion très célèbre d'une autre série marquante des années 90, "Six Feet Under" pour ne pas la citer marque d'un trait indélébile le mot FIN et imprime nos rétines de tous ces personnages pas fréquentables mais ô combien mémorables.

Une grande oeuvre à lire et à relire. Merci à vous.

Nom série  Perry Bible Fellowship  posté le 12/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Encensé par ici, acclamé par là bas, ce très costaud recueil sobrement intitulé "Perry Bible Fellowship" compile la quasi intégralité (sauf inédits et strips à venir) du "ouebcomique" Nicholas Gurewitch.

Officiant sur son site http://pbfcomics.com/ depuis plus d'une quinzaine d'années et à raison d'un rythme régulier, le sieur est connu pour son trait minimaliste mais acerbe envers la religion, la guerre, l'écologie, la société et j'en passe et de meilleures.

Ce qui le rend intéressant c'est que c'est souvent morbide, trash, percutant et donc forcément inspiré.

Ses personnages souvent ronds ont un style bien mécanique qui peut plaire comme déplaire mais sont souvent facilement reconnaissables et assimilables.

Le problème comme souvent avec ce genre de compilation c'est qu'une lecture soutenue peut rendre l'ensemble indigeste. Il y a forcément des gags plus drôles que d'autres et je me suis bien à sourire plus d'une fois mais je ne comprends pas trop pourquoi l'édition française n'est pas publiée à l'italienne comme celle d'origine même si le travail de l'éditeur est conséquent.

Le style graphique étant quelconque pour moi (ce qui ne veut pas dire qu'il est laid mais très lisible), j'y perds beaucoup en intérêt par rapport à d'autres oeuvres du même style (au hasard le Death Club de Winshluss) ce qui la rend moins indispensable.

Mais dans l'idée, l'auteur reste plutôt régulier et risque de vous surprendre ou de vous laisser indifférent, tout dépend de l'humour qu'on vient y chercher.

Au final reste une saveur de douche écossaise qui n'a pas attendu mon avis pour avoir une influence et une reconnaissance plutôt conséquentes dans ce qu'on pourrait appeler le strip trash. A lire mais pas nécessairement à acquérir.

Nom série  Capitaine Mulet  posté le 12/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comparer Capitaine Mulet à Don Quichotte est d'une facilité dont je voudrais m'acquitter de suite.

Si les deux héros sont aussi niais, on doit la folie de Don Quichotte à sa solitude et la nostalgie de sa jeunesse alors que Célestin Mulet est simplement... Niais !

Accompagné d'un abruti lui servant de second guère plus rusé, le Capitaine Mulet a pour mission d'explorer le vaste monde alors qu'il ne s'agit que d'un prétexte du bon Roy de France pour l'éloigner de la Cour où ses vieux calembours n'ont pas eu le succès escompté !

S'ensuit une vaste aventure le menant à l'autre bout du monde en terre inconnue de Fonculotte (je ris de l'origine réelle de ce pays) mais la quète pour le respect et la spiritualité ne s'arrêteront pas là et je vous promets bien du plaisir dans les voyages de cette fine équipe.

Sophie Guerrive à la dérive ? Pas vraiment, cette jeune auteur a le sens aiguisé pour nous régaler la rétine par des dessins détaillés proche du style pictural moyenâgeux.

Les dialogues et joutes verbales ne sont pas en reste tout en contrastant avec le monde réel auquel nos deux compères ne sont guère aguerris. Ce mélange d'absurde et de poésie est absolument délicieux.

Ajoutez à cela une édition simplement parfaite et sublime et vous tenez entre vos mains une jolie pépite injustement méconnue. Ce Capitaine Mulet est là pour marquer et se faire remarquer.

Nom série  Kairos  posté le 12/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le récit commence comme le prologue d'Evil Dead 2, ce vieux classique où un couple part en week end dans une vieille cabane abandonnée dans les bois.

Mais l'issue sera quand même différente, Ulysse Malassagne instaure une ambiance champêtre qui rappelle plutôt le début de Mon Voisin Totoro.

Malgré les tensions présentes dans le couple Nills et Anaëlle avec un homme réservé fort amoureux et une demoiselle minée par les doutes de son couple, on aurait même aimé passer plus de temps dans la mystérieuse maison.

Mais Ulysse Malassagne issu du domaine de l'animation (et ça va vite se voir), bouleverse les codes dès la première nuit par l'intrusion de dragons issu d'un monde parallèle par le truchement de la cheminée pour enlever Anaelle.

N'écoutant que son sang froid, Nills profite de cette intrusion pour poursuivre les kidnappeurs et se retrouve lui-même dans un univers fantastique dont il ignore tout... y compris que Anaëlle est la future princesse Dragon de ce Royaume opprimé...

Catalogué à tort dans la section jeunesse, le jeune auteur nous propose une course poursuite s'étalant sur 3 tomes aussi dynamique que futile. Dynamique car l'action ne s'arrête pas une minute et que la mise en scène est tout simplement prodigieuse de mouvements et d'un découpage proche du travail de Hugues Micol sur Romanji (3) ou Darrow sur Hard Boiled.

Futile parce que tout cela a un prix, le sacrifice d'une histoire limpide qui sacrifie ses personnages sur l'autel de l'action et qu'on reprend la trame d'un jeu video et de son rythme.

Enfin futile est peut-être exagéré car on comprend en quelques codes très facilement l'univers et ses enjeux. Le graphisme époustouflant est un hommage évident au studio Ghibli mais également à celui de Trondheim/Sfar pour Donjon donc ce Kairos se voudrait une extension non officielle.

Son récit est bref mais violent et sans concessions. La fin en surprendra probablement plus d'un mais elle est parfaite même si j'aurais aimé quelques précisions supplémentaires sur certains personnages et leurs motivations.

D'abord déçu par la brièveté de mon récit et sa conclusion abrupte, il m'a fallu quelques temps pour la digérer et m'en souvenir comme d'un moment inédit que j'aurais surement grand plaisir à relire.

Disponible en 3 tomes ou en intégrale, il n'y a guère d'hésitation à avoir pour un moment de lecture intense et rythmé même si on ne réinvente pas l'heroic fantasy mais on la sublime comme un instant éphémère, cruel mais merveilleux. Ulysse Malassagne ira loin et ce Kairos au titre subtil en est l'éclatante carte de jeunesse.

Nom série  Zaï Zaï Zaï Zaï  posté le 29/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En reprenant le principe des bouquins de Fabien Vives inspiré de ses blogs avec des gags d'une page sur des dessins fixes et répétitifs dont seul le dialogue est modifié, Fabcaro s'exposait à un exercice plutôt casse-gueules.
Mais avec la perspective d'un Road Movie burlesque sur fond de traque suite à un imbroglio de carte de fidélité non présentée, Fabcaro dresse un portrait drôle et atypique de notre société de consommation dans tout ce qu'elle possède de plus absurde.

Néanmoins j'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans l'album et à en sourire. Peut-être refroidi par tous les éloges portés à ce petit album, il m'a fallu une bonne vingtaine de pages avant d'en rire et d'en sourire.

Et pourtant, tout est là dans ces situations absurdes sans queue ni tête de prime abord mais qui torpillent notre beau quotidien et remettent en cause la considération d'un auteur de bd dans notre société de façon remarquable.

L'origine du titre ne sera pas oubliée pour autant à la toute dernière case et le trait minimaliste est tout à fait adapté au grotesque de la situation.

Nom série  Une mystérieuse mélodie ou comment Mickey rencontra Minnie  posté le 06/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Second album du deal Glénat/Disney, Bernard Cosey propose une version toute personnelle et mélancolique des aventures de Mickey.

Aventures qui n'en sont pas vraiment, plutôt une tranche de vie avec un Mickey solitaire et auteur d'aventures de Pluto (qui ne porte pas encore son nom d'ailleurs).

L'action se passe en 1927, on sent légèrement la crise économique arriver, le passage du muet au parlant. Mickey est un poète qui a du mal à évoluer dans un monde qu'il ne comprend plus et accessoirement tomber amoureux d'une inconnue lors d'un voyage de nuit dans un train où certains précieux documents vont être subtilisés ou dérobés (?)

Réponse dans les dernières pages où toutes les interrogations trouveront leur réponse. L'intérêt de cet album n'est pas dans l'histoire somme toute anecdotique mais dans les sensations qu'elle laisse s'évaporer avec un Mickey dans le doute face à un Dingo insouciant.
Il y a quelques clins d'œil également avec des guests issus du monde Disney dont le fameux "Tchoutchou" qui apparaît lors d'une case ou deux ou Petit Tchou.

Je ne connais et n'ai rien lu de Cosey mais vois bien qu'il est aux antipodes de son style habituel. Malgré quelques attitudes mal placées (Dingo qui s'évanouit au téléphone est un "plan" raté par exemple), le résultat est admirable et délicieusement rétro également.

De ces rencontres ou apparitions (Donald est plus que secondaire et apparaît presque à deux reprises comme un gimmick imposé), on retient beaucoup de choses, des déceptions, des doutes, un personnage inadapté mais attachant avec Dingo et beaucoup de tendresse...

Moins marquant que le Mickey de Trondheim, celui de Cosey gagnera surement à être relu car il cache plusieurs strates sous une apparente simplicité. C'est un peu l'équivalent pacifique et disneyien des "Souris et des Hommes" de Steinbeck pour l'ambiance douce-amère qu'il impose. Respect donc à cette jolie oeuvre dont les petites facilités de scénario seront vite pardonnées lors d'une relecture.

Nom série  Mickey's Craziest Adventures  posté le 06/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Rapide flashback : même si j'en ai très peu parlé ici et là, j'ai lu beaucoup d'aventures des personnages de Mickey ou de Donald dans ma jeunesse.
Le journal de Mickey, Mickey Parade et compagnie font partie de mes classiques.
Malgré une nette préférence pour les aventures de Donald et de ses neveux ou du célébrissime Picsou, l'univers de Mickey, souvent moins drôle, n'avait aucun secret pour moi....

Puis paf on grandit, on oublie et, et, et.... Quelle ne fut pas ma surprise de voir Trondheim au scénario d'une commande et d'un partenariat de 4 albums Glénat sur la souris la plus célèbre de Disney !

Avec Keramidas aux commandes qui a fait ses armes dans un studio Disney section animation avant de voler de ses propres ailes, c'était déjà l'assurance d'un joli duo pour réanimer la souris au short rouge dans un univers déjanté... Pari tenu car ce joli album toilé est non seulement une madeleine de Proust incontestable mais une oeuvre culte de plus pour les papas de Lapinot et de l'excellente trilogie Alice au pays des Singes !!!

Jouant des contraintes imposées par Disney (pas d'alcool ou armes à feu entres autres), Trondheim a du se régaler en concoctant un scénario rythmé et complètement déjanté s'affranchissant même des transitions désuètes puisque son histoire est entrecoupée de pans béants dans sa narration.

Une histoire incomplète, comment cela ? Très simple, les auteurs ont fait mine de retrouver un récit incomplet et jamais publié en français qu'ils auraient traduit et réhabilité...

En fait chaque planche est numérotée et il en manque pas mal volontairement, libre au lecteur de se constituer lui même les transitions nécessaires.

Vous êtes perdu ? Pas du tout ! Il ne faut pas oublier que Trondheim est passé maitre dans le style Oubapo et que l'ensemble n'est que prétexte à une succession de gags de haute volée en une page et dont il est facile de relier les pages manquantes.

Sur base d'un traditionnel vol de Picsou par Pat Hibulaire et les Rapetou, Trondheim et Keramidas nous basculent en 44 pages dans l'univers complet, drôle et absurde de Mickeyville ! Ainsi Donald et Mickey forment un sacré duo, toujours en mouvement. Qu'ils soient rapetissés, explorent un temple inca ou aillent même sur la lune, leurs péripéties vont vous rappeler votre jeunesse et vous faire marrer car oui on rit des codes Disney détournés par les auteurs de façon non seulement respectueuse mais référentielle.

Pour ma part, Mickey n'aura jamais été aussi drôle sur papier que dans cette aventure où il sera affublé d'un Donald fidèle à lui-même.

Keramidas est un auteur complet dont le style dynamique et cartoon s'adapte parfaitement au style rétro et vintage de Mickey.

Il faut également souligner le travail exemplaire de Brigitte Findakly aux couleurs "restaurées" et aux nombreuses taches et effets vieillis de la bd (n'oubliez pas qu'il s'agit d'un trésor perdu puis retrouvé) lui donnant un effet "Grindhouse" des plus réussis.

Bref, la réussite est totale. On lit d'abord par curiosité forcément puis on tombe sous le charme en à peine 3 pages....

Merci Trondheim et Keramidas de nous offrir un tel bijou sur un univers aussi éculé et balisé que celui de Mickey et de Donald ! Ruez vous vite dessus, vous ne le regretterez pas d'autant plus que le prix de 15 euros est tout à fait inhabituel pour un album de cette qualité éditoriale.

Nom série  L'Intégrale du Meilleur du moins Pire  posté le 29/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Même constat !

Soyons francs : sans l'apport d'une rencontre, d'une conversation et d'une dédicace avec Fred Coconut, ce genre d'albums n'a guère d'intérêt. Et pourtant cela a beau s'être déroulé il y a plus de 20 ans pour l'album "Le Monde est Dingue", je me souviens avec plaisir du moment passé avec un personnage loufoque et éminemment sympathique.

Il s'agit d'une succession de gags plus ou moins bien réalisés (mais avec très peu de décors) sur des thèmes des plus variables. Le thème voire le titre même est sans importance car il s'agit d'une immense compilation.

L'apport d'une préface par Fred Metayer n'y changera rien, c'est typiquement le genre de livres qu'on peut lire dans une salle d'attentes, qui fera peut être sourire mais dont on ne se souviendra pas une heure plus tard. Pourtant Coconut a un véritable don pour la caricature (ses dédicaces sont effectivement superbes) mais il serait malhonnête de recommander un livre à strips vus et revus sans ce petit plus.

Nom série  Roger et ses humains  posté le 22/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On va tout de suite faire taire le sujet qui fâche à propos de cette oeuvre que j'ai vue maltraitée ici et là sur le net par des gens qui n'ont même pas pris la peine de la feuilleter voire mieux : de la lire.

Pourquoi un tel sujet de discorde ? L'auteur Cyprien Lov est connu et reconnu par toute une génération comme étant le "Youtubeur" à la mode pour nos têtes blondes.
Dupuis l'a bien compris en y ajoutant un gros sticker à l'effigie du jeune homme qui n'aurait jamais eu droit à sa "bd" sans le succès commercial qu'il peut inspirer ce qui lui a attiré les foudres des "bienpensants" de la bd franco-belge, vous savez tous ces gens qui ne jurent que par Spirou et Largo Winch et estiment, à tort, que personne d'autre n'a le droit de publier son oeuvre.

Légitime pourtant, "Roger et ses humains", l'est car Cyprien a du talent. Ce n'est certes pas du niveau des plus grands mais pour une première œuvre, ce Roger vaut bien d'autres ouvrages à strips bien moins inspirées.

Le petit couple qui se fâche sur la couverture reçoit un robot intelligent et "pisse-sans-rire" venu de nulle part. Incapable de mentir, ce dernier est en fait une arme massive planquée par le père du jeune branleur.
Justement Hugo est un geek chômeur qui passe son temps à glander sur les jeux vidéo. Sa copine travaille et doit supporter l'oisiveté de son compagnon.

Le robot baptisé Roger va donc bouleverser tout ce petit monde tel un chien dans un jeu de quilles ce qui donne quelques situations cocasses dont Hugo sera la tête de turc désignée en permanence.

Ces petits strips de 3 ou 4 cases formant un tout ne sont pas tous à proprement parler hilarants mais restent relativement divertissants en dépit de leur caractère répétitif et d'expressions parfois ouvertement vulgaires car calquées pour parler "djeuns".

Cyprien se prend un peu plus les pieds dans le paillasson lorsqu'il cherche à raconter une véritable histoire avec militaires, espions et complot mais ça reste malgré tout agréable. N'oublions pas qu'il s'agit d'une histoire à destination d'un public ado avant tout et que je n'aurais jamais ouvert ce livre s'il n'appartenait pas à ma propre fille de 15ans.

Là où le bas blesse c'est d'un point de vue graphique. Paka est issu aussi des blogs geek mais n'a pas les reins assez solides pour dépasser le stade de l'illustration. Son style manga-franco-belge est sans subtilité, les pupilles sont aussi vides que les décors réduits à leur plus simple expression.

Mais ça reste lisible et comme le dessin passe au second plan dans une oeuvre comique, on peut en faire rapidement abstraction.

Une suite est prévue mais je pense que le procédé ainsi que le pitch n'iront pas au delà d'un ou de deux tomes.

En attendant, bravo pour Cyprien et ce premier album pas aussi honteux qu'on voudrait bien le supposer et euh rien pour Paka car pas envie de tirer sur l'ambulance !

Un livre qui plaira à vos ados et que vous pourrez leur emprunter sans honte !

Nom série  The Golden Boy  posté le 16/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir rédigé pour Doggybags 2 le très perturbant ElWood & the 40 freak bitches, le duo Ozanam/Kieran revient développer cet univers barré avec le demi-frère du psychopathe à la pelle dans ce Golden Boy !

La particularité de Jake Wood ? Trader talentueux à New-York mais fortement dérangé et en proie à diverses hallucinations de son environnement dont je vous laisse la surprise pour une introduction qui dépote, cet employé modèle en apparence extérieure dresse un portrait cynique mais très drôle de la société actuelle par l'intermédiaire d'une voix off constante et inspirée,

Aidé en cela par le trait anguleux et dynamique de Kieran, Antoine Ozanam se plaît à raconter le quotidien d'un taré en puissance dont les effets secondaires ne vont pas tarder à se révéler avec l'arrivée inopinée du Papa, ange rédempteur déchu et allumé.

Que ce soit par les métaphores ou nombreux flashbacks, ce conte cruel et glauque demeure un régal d'écriture et de mise en scène. Les références sont nombreuses et il est impossible de ne pas penser à des œuvres comme Taxi Driver, Fight Club ou American Psycho.

Ozanam a eu l'intelligence de rendre son Golden Boy tout à fait indépendant de son récit d'origine avec le demi-frère Elwood et la copie serait proche de la perfection sans un dernier acte qui se veut « vengeur » volontairement perturbant mais que j'ai trouvé confus et vain.

Dommage mais il n'est pas exclus qu'une fausse suite arrive par après en « one shot » de cet univers dans lequel les auteurs semblent prendre beaucoup de plaisir ; ça tombe plutôt bien car nous aussi même si au final il ne s'y passe pas grand chose.

Nom série  L'Amour toujours !  posté le 15/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Effectivement, sans l'avis de Noirdésir sur cet album, je ne me serais jamais remémoré cet album de Fred Coconut dont je garde un plus beau souvenir de ma rencontre avec lui lors d'une séance dédicace qui doit bien remonter à plus de 20 ans !

C'est ce qui justifie la présence de cet ouvrage dans ma collection car honnêtement il est effectivement plus doué pour les caricatures !

L'artiste étant toujours d'actualité mais par diffusion confidentielle, je serais effectivement bien tenté de feuilleter sa progression par curiosité (L' Amour toujours ! étant l'une de ses premières oeuvres) mais pour cela j'attends de le revoir à nouveau en salon car le personnage est plus drôle que le contenu du présent ouvrage !

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