Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...  
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD... Actualité BD, manga, comics, dates de sortie, rumeurs... Les immanquables BD, manga et comics Les thèmes BD Les interviews BD, comics et manga Les forums BD, comics, manga, loisir hors BD...   Ajouter une série !
0 A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Cliquez pour rechercher une série
Recherche avancée
A propos du site :
Message de bienvenue
L'aide en ligne
Les stats du site
Le blog
Le groupe Facebook
 
A voir aussi :
Les liens BD
Le dictionnaire BD
BD-Theque de poche
La boutique en ligne
L'annuaire comics
Les trophées BD




... a posté 403 avis et 44 séries (Note moyenne: 3.3)

Voir mes avis Voir mes avis
Voir graphs Voir mes graphs
Voir mes coups de coeur Voir mes coups de coeur
Comparez vos goûts! Comparez vos goûts !
Mes nouveautés Mes nouveautés
Mes trophées Mes trophées

Afficher ces séries dans la liste du menu Afficher ces séries dans la liste du menu
Tri : Afficher :

Nom série  Luther Strode  posté le 14/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Il avait l’air pourtant bien sympathique !

Je parle de ce petit ado myope illustrant le premier tome de Luther Strode dans son édition française.

Effectivement qui pourrait prétendre à un tel contenu gore et exhaustivement fun en le voyant réajuster sa paire de lunettes d’une main et tenir un curieux manuel simplement intitulé « Hercule » de l’autre.

Bien sur les quelques nuances de sang ornant la couverture ne peuvent laisser présager d’un récit à ne pas mettre entre toutes les mains….

Partant d’un postulat identique à une série aussi classique que Spider-Man ou cynique que Kick-Ass, Luther Strode va n’en retenir que les germes (un jeune maigrichon impopulaire souhaitant modifier son destin) pour mieux les remixer dans un opéra sanglant, violent mais diablement fun…

Le jeune homme, grande tige myope sans une once de muscles, est aux antipodes du standard californien américain sportif décérébré et coureur de jupons.
Afin de briser ce stéréotype, Luther, grand amateur de films d’horreur et de comics (dont on aperçoit un peu trop les références sur les murs ou les tshirts portés) va découper un bon dans son mensuel préféré afin de recevoir la méthode Hercule, un apprentissage radical pour lui faire pousser des biscoteaux.
Le seul hic est que cette méthode est un procédé maléfique utilisé à des fins plus radicales….

Ce qui ressemblerait à un récit de Stephen King ou à une relecture de Shazam va plutôt lorgner du côté de Ken le Survivant ou de Jason Voorhees…
Luther va devenir de plus en plus impressionnant physiquement tout en développant une vitesse et des réflexes accrus.
Difficile dès lors de pouvoir se maitriser lorsqu’on s’improvise Super Héros avec une carrure et un masque menaçants d’autant plus que les coups partent aussi vite que les problèmes vont arriver pour l’entourage de Luther…. Et qu’il ne semble pas être le seul à posséder ses pouvoirs car de mystérieuses créatures similaires sont à sa poursuite….

Avec un trait anguleux rappelant par certains côtés celui de Kevin O’Neill (qui a illustré entre autres la ligue chère à Alan Moore), c’est un autre Moore, Tradd de son prénom et illustre inconnu pour ma part, qui illustre le scénario dingue de Justin Jordan. Et j’avoue qu’à la vue du résultat final et des progrès amorcés entre les 2 premiers tomes, c’est un patronyme qu’on risque de revoir très prochainement.

Le mot d’ordre de ce petit comics indépendant est de donner du fun sans grosse prise de têtes. Le scénario va droit à l’essentiel et calque beaucoup la progression d’un jeu video sans pour autant que la comparaison soit péjorative, bien au contraire.

Du jeu vidéo, les auteurs en retiennent la progression par niveaux (on se croirait presque dans une arène de combat, avec décors explosés et les débordements gore qui ne seront pas du gout de tout le monde car on ne fait vraiment pas dans la finesse en explosant les corps et éparpillant les membres cassés ou arrachés dans tous les sens.

Le résultat est plutôt spectaculaire et les scènes de combat nombreuses sont admirablement découpées et lisibles…. Mais les limites du raisonnable sont simplement affranchies avec le tome 2 admirablement sous titrée « La légende de Luther Strode ».

La bonne idée a été d’établir une ellipse de 5 années entre les évenements du premier arc et du second. Luther est devenu un fugitif nébuleux et sanguinaire devenu à la fois une légende et surtout une menace pour toutes les mafias locales qui ne cessent de lui tendre des pièges…

Lorsque son ancienne petite amie entre en scène, les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu d’autant plus qu’un plan « B » avec un être génétiquement modifié comme lui et qui aurait pu être issu du bestiaire de la ligue des Gentlemen Extraordinaires fait également son entrée remarquée dans un récit fonçant à toutes berzingues dans les cordes !

C’est bien simple, j’ai même eu du mal à me souvenir d’avoir lu quelque chose d’aussi haletant alors qu’il ne s’agit que d’une succession de combats sanglants et pervers dont on exploite les décors, les protagonistes et même quelques malheureux innocents. Il faut dire que ce « Jack » a la classe.

N’allez pas pour autant croire qu’il n’y ait pas d’histoire ! Justin Jordan introduit quelques flashbacks et précisions sur l’origine de ces fameux pouvoirs par petites touches histoire d’entretenir une société secrête au passé terrifiant et trouble.

Sans grande originalité mais avec une efficacité redoutable, Luther Strode pose les bases d’une série parfaitement en phase avec ce que les amateurs de trash et de superhéros viennent chercher. On est loin des superslips de l’ère Marvel et tant mieux dans un sens mais on ne peut négliger sa propension à en offrir toujours plus sans pour autant se perdre dans des délires inutiles bien au contraire.

Le troisième (et dernier ?) tome risque d’enfoncer le clou sur cette petite série sur laquelle tout amateur de rouge vermillon se doit de poser le regard. Après le talent et la légende devrait venir la consécration mais je n’aurais pas attendu ce troisième tome pour recommander vivement Luther Strode !

Nom série  Blind Dog Rhapsody  posté le 07/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
2 pitchs, 2 accroches pour ce premier tome d’une trilogie annoncée : Hanna, le scénariste du délirant Bad Ass d’une part et secundo le récit classique d’un chambara tourné en dérision, vous savez ces histoires de vengeances sanglantes à l’ère du médiéval japonais entre samouraïs.

Premier constat et sévère celui-là : on ne retrouvera jamais la réussite complètement décalée des Bad Ass dont ce Blind Dog Rhapsody se veut le pendant asiatique. Secundo si le récit se veut référentiel en citant « Zatoichi » et autres « Sabreur Manchot » avec son héros aveugle, le récit est bien moins sanglant malgré une petite touche de gore dans le dernier acte.

Pour autant ce récit pop-corn à foison ne manque pas de qualités qui lui sont propres à savoir dessiner et définir un univers original à grosses lampées de grotesque (la voix off), grivoiserie (les gros seins de la belle serveuse) et de clarté (difficile d’être perdu dans le découpage clair et ordonné du prometteur Redec).

L’histoire parle d’une énième histoire de vengeance par un jeune disciple aveugle maitrisant un tas de combinaisons martiales aux noms complètements idiots. Chemin faisant il va croiser celui d’une jeune serveuse particulièrement bavarde mais possédant de sérieux arguments mammaires et capable de voir et d'entendre le fantôme d’un maître kung fu représenté sous forme de panda !

C’est complètement con ? Oui et encore vous allez être servis… Redec signe une première œuvre graphique joliment mise en scène et aux couleurs chatoyantes dans un style cartoonesque entre manga et école classique franco-belge. Si l’on peut déplorer l’absence de certains décors, nul doute est fait sur l’avenir prometteur de ce jeune dessinateur. Hanna se lâche à fond les rouleaux sur le thème de la gaudriole (les références sont discrètes et pas nécessairement stabylotées au jaune) mais n’évite pas certaines facilités malgré un rythme soutenu.

En résulte une lecture en accordéon alternant du fun et du moins fun car c’est parfois subtil comme lourdingue. Néanmoins il subsiste un véritable fil rouge scénaristique construit par flashbacks adroits et approfondissements de certains personnages croisés ici et là. Quelques touches de fantastique parsèment également l’univers et chaque chapitre est construit comme un jeu video avec ses protagonistes, monstres et combats.

Qu’il s’agisse de l’entrée en matière des 9 péchés capitaux, (l’équivalent des 7 samurais à la sauce Hanna), d’un monstre marin ou des états d’âme du grand méchant (mais petit par la taille), ce premier tome constitue un délire permanent, une succession de sketches mis bout à bout enveloppant une histoire dont on se demande bien à l’image de la dernière page où elle va nous amener !

Suffisamment en tous cas pour nous donner envie d’en lire davantage en espérant que les quelques erreurs de jeunesse seront rapidement corrigées mais au vu de l’énergie positive qui ressort de cette lecture, tout cela semble en bonne voie !

Nom série  Sin Titulo  posté le 20/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ouvrir Sin Titulo engage à oublier ses repères, à en perdre la notion et à l’appréhender comme une œuvre de Charles Burns.

On compare souvent cet élégant ouvrage à l’italienne aux œuvres de Lynch période Blue Velvet, Lost Highway ou Mulholland Drive mais c’est surtout à Donnie Darko dont la conclusion comme les voyages interdimensionnels me font écho, ça y est vous y êtes ?

Si vous continuez à lire mon humble point de vue, c’est que vous êtes réceptifs à ce style de récit, les autres peuvent facilement tourner la page ou cliquer ailleurs voir la Scarlett du jour.

Cameron Steward, second couteau talentueux, a eu l’idée de prépublier cette œuvre « sans titre » sous forme d’épisodes sur internet. Le lire dans sa continuité aujourd’hui permet de se rendre compte sur papier de la beauté de son trait limpide et clair dans un ton sépia bichromique de toute beauté.

Il a beau utiliser la méthode du gaufrier à 8 cases, la mise en scène inventive et l’incongruité des situations tient le lecteur en haleine du début à la fin sans connaître une baisse de rythme.
En effet le lecteur est placé dans la peau de cet Américain moyen qui va tout mettre en œuvre pour découvrir quelle est cette séduisante jeune femme blonde en photo à côté de son grand-père récemment décédé.

C’est le départ pour une histoire qui va mélanger rêves et réalité, personnages intrigants, violents et décalés et permettre un voyage en introspective au plus profond des souvenirs de Jake Mc Kay.

Ce dernier va perdre la raison, ses attaches, son métier et sa propre identité au fil d’une histoire en apparence sans queue ni tête mais qui ira jusqu’aux extrêmes limites de la curiosité de Jake ainsi que de celle du lecteur.

Il y a de l’étrange, de la violence mais également de la nostalgie et de la poésie tout au long d’une lecture limpide et réellement agréable. Qu’il est bon parfois de se laisser porter dans un monde sans repères mais pas sans intérêt.

La conclusion peut décevoir au premier abord car elle repose plus de questions qu’elle n’apporte de véritables réponses mais le tour de force c’est qu’elle donne envie de relire toute l’histoire en boucle, armé de nouvelles questions ou indices et que la déception laisse rapidement place à la satisfaction.

Le livre comme souvent chez Ankama (pour ne pas dire toujours) fait l’objet d’une très jolie réalisation éditoriale à ranger directement entre les livres Cornélius de Charles Burns. Je raffole aussi de ce genre de récits troublants qui donnent l’impression de malmener le lecteur pour mieux le séduire. Mission réussie !

Nom série  Scalped  posté le 18/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avoue pour cette fois avoir beaucoup de mal à parler d’une œuvre que j’ai déjà terminé depuis quelques semaines mais dont il m’est difficile d’exprimer un véritable coup de cœur comme je l’aurais souhaité initialement et vais tacher de m’en expliquer.

Scalped est une des dernières série Vertigo éditées, un label US que j’affectionne tout particulièrement car leur ligne éditoriale est toujours de grande qualité. Il ne s’agit ni plus ni moins d’une peinture sans concessions d’une civilisation laissée pour compte dans une Amérique contemporaine pourrissante : le peuple indien parqué dans un bled ironiquement nommée « Prairie Rose ».

Car il ne faudra guère plus d’un épisode sur les 60 constituants l’intégralité de ce polar pour comprendre que l’espoir n’est pas de mise et que le retour de Dash Bad Horse, agent du FBI infiltré dans la police tribale manipulée du parrain local Red Crow et accessoirement enfant du pays fâché avec ses origines, va entrainer un sacré chaos dans ce petit monde bien tranquille en apparence mais il ne faut pas se fier aux apparences…

Le début de l’histoire se veut assez laborieux en présentant de façon continue un nombre conséquent de personnages. Le trait gras du Serbe Guéra a beau servir les propos, l’encrage n’aide pas vraiment à la reconnaissance des lieux comme des protagonistes.

Le clou est véritablement enfoncé avec un second tome se permettant quelques arrêts sur images, allers et retours apportant autant de confusion que de détails sur la trame principale.
Le héros n’en est pas réellement un et ne possède pas le charisme nécessaire à l’identification en bien comme en mal…

Et pourtant, on se rend compte sur le long terme que Jason Aaron sait parfaitement où il veut en venir. Ce scénariste n’avait peut-être pas encore acquis la reconnaissance mondiale dans son domaine mais Scalped va surement l’aider en ce sens que toutes les pièces du puzzle s’enchevêtrent parfaitement et que ce qui paraissait si imbuvable en premier lieu devient un atout narratif pour les courageux lecteurs malmenés entre violence crue, immoralité ambiante, drogue et sexe scabreux.

Aaron se paye même le luxe de ralentir son histoire par un procédé que j’adore et déjà mis en place entre autres par Ennis sur le cultissime Preacher qui consiste à arrêter l’histoire pour plonger dans le passé d’un personnage secondaire, voire même de développer un arc à l’intérieur d’un autre ce qui enrichit considérablement les points de vue. J’ai ainsi véritablement adoré le traitement du personnage de Shunka, homme de main sans pitié de Red Crow qui cache une terrible souffrance personnelle. C’est simplement somptueux et de grands moments de lecture en perspective.

Le trait de Guéra que je ne plébiscite pas s’améliore également et s’accommode par celui d’autres dessinateurs de qualité qui prennent parfois la relève le temps d’un épisode. L’ensemble graphique reste homogène contrairement à l’horrible adaptation de Django Unchained.

Sans être un coup de cœur véritable ni surpasser tout le bien que je pense de séries « plus courtes » comme Sin City et Criminal, Scalped reste après cout une lecture que je ne peux que recommander et sur laquelle je reviendrais surement. Mon rêve absolu serait de la voir adaptée en série télévisée tant les propos se prêtent à une narration sur le long terme quelque part entre Breaking Bad et The Shield.

J’ai toujours aimé les histoires de mafia et de vengeance et celle-ci ne m’a pas déçu à défaut d’être exceptionnelle mais son ambiance reste envoutante pour peu qu’on se donne la peine d’aller au bout du cauchemar de Dash.

Nom série  Seuls  posté le 17/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Seuls est à elle toute seule une série qui réalise un véritable tour de force.

Lequel ? Celui de proposer à un public adolescent voire plus jeune un univers tout à fait original et s’étoffant d’album en album sans prendre ses lecteurs pour des crétins et tout en proposant une intrigue tentaculaire.

C’est ainsi que la série désormais culte du productif Fabien Vehlmann et de Bruno Gazzotti pourrait être présentée à toute bonne âme disposée à rentrer dans un univers ouvertement fantastique et anxyogène rappelant quelques classiques comme l’insurmontable roman de Matheson « Je suis une légende », et quelques autres références dignes de Twilight Zone.

Le pitch est très simple et parfaitement exposé : on voit évoluer de jeunes enfants dans leur quotidien le plus banal au sein d’une ville de province en une fin de journée. Ils ne se connaissent pas mais vont se réveiller le lendemain dans une ville parfaitement vide et dénuée d’activité. Au fil de leurs pérégrinations, 5 d’entre eux vont se retrouver et tâcher de survivre dans un monde dans lequel les adultes ont disparu ainsi que l’école et toute règle sociale.

Que s’est-il passé ? Pourquoi des animaux sauvages prennent possession des rues ? Quel sont ces symboles rouges et ce monolithe noir et de quoi sera fait le lendemain ?

Pas besoin de zombies (quoique…) ou de futur post-apocalyptique pour mettre en scène un univers original et passionnant. Seuls n’est pas seulement une lecture de qualité pour le jeune public qui va s’affranchir de la bande dessinée de Bamboo vers un récit facile à lire (Velhmann est suffisamment malin pour ne perdre personne en route et prendre son temps pour développer son pitch) et agréable à suivre (Gazotti possède un trait issu de la ligne claire oscillant entre Franquin et Janry et découpe admirablement ses séquences) pour en faire un objet hautement recommandable.

Chaque tome apporte sa pierre à l’édifice en résolvant quelques énigmes et en reposant d’autres. Vehlmann se paye même le luxe d’imposer en douceur une satire sociale digne de « Sa majesté des mouches » sans complications inutiles ou superflues (le monde de « Seuls » n’est représenté que d’enfants parlant comme des enfants en phase avec le lectorat d’origine ciblé) mais les confronte à des éléments de survie et quelques situations inédites ou inconnues (alcool, usage d’armes à feu et confrontation avec la mort et la peur du silence).

Je n’étais vraiment pas convaincu à la lecture en pensant avoir à faire à une énième série mièvre pour enfants mais me suis vite pris au jeu de tant de suspens et d’interrogations. Les scènes d’action ne manquent pas à l’appel et le cocktail est vraiment réussi d’autant plus qu’on n’est vraiment pas pris pour des imbéciles.

Chaque tome constitue une véritable intrigue et pierre supplémentaire à l’édifice et se termine par un cliffhanger suffisamment bien troussé pour qu’on en redemande et les personnages sont suffisamment différents sans être trop stéréotypés pour que l’on puisse s’attacher à eux d’autant plus que leur caractère évolue au fil des tomes. A ce jour et après avoir refermé le 8ème tome, je ne suis toujours pas lassé de la tournure des évènements ce qui est plutôt bon signe.

Une idée de cadeau idéale pour les gosses de votre entourage que vous aurez envie de leur emprunter, ça ne m’était pas arrivé depuis les romans de J.K Rowling sur son petit sorcier myope.

Nom série  Inoxydable  posté le 17/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Impressionné par la preview prépubliant les premières pages de cet Inoxydable sorti de nulle part, c’est donc avec un entrain non dissimulé que je me suis enfilé les 100 pages de cette escapade futuriste aux influences sous acides des aventures de Snake (le héros de John Carpenter du fameux Escape from New-York) furent

En effet, le renégat Harry Rockwell se voit contraint d’accepter une mission suicide au terme d’une évasion de prison musclée mais avortée pour gagner sa liberté.

Dans ce monde métallique et crade où se côtoient humanoïdes corrompus et surmédiatisation, le major Pulsor, grande figure de propagande héroïque et patriote exemplaire a disparu. Les autorités envoient donc cette tête brulée remuer les bas-fonds et l’affublent du docile robot Zip qu’il ne peut quitter à plus de quelques mètres sans mourir.

Il s’agit donc des déambulations de ce curieux duo contre nature que Sébastien Floc’h et Steve Baker nous font vivre sous un rythme soutenu multipliant les références sous un trait particulièrement agréable et aux couleurs éclatantes.

Action, ironie, baston et pétarades sont de mise mais la conclusion reste un peu trop convenue à mon goût avec quelques points en suspens et la sensation que tout est passé un peu trop vite. C’est effectivement un simple divertissement typique d’une bonne série B : on passe un moment vraiment agréable mais dont on ne se souviendra pas forcément d’ici quelques temps.

C’est un peu le reproche général que je peux adresser aux collections KSTR que je trouve souvent réussies mais anecdotiques. Inoxydable n’échappe pas à la règle et est à ranger avec Le Fléau Vert dans la même collection.

Reste une palette graphique vraiment originale qui aurait également méritée d’être éditée dans un format un peu plus grand histoire d’admirer les belles planches de Steve Baker. Un titre rafraichissant mais qui ne fera hélas pas forcément date. Je rejoins donc en tous points l'avis de Pol (à lire ci-dessus ).

Nom série  Burlesque Girrrl  posté le 12/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Burlesque Grrrl, première véritable bd complète de François Amoretti ne révolutionnera pas les standards de notre média préféré mais l’auteur a mis tellement d’amour dans le personnage physique comme moral de son héroïne Violette qu’il y a peu de chances pour en sortir indifférent.

Connu davantage pour illustrer de jolis livres chez Soleil dans un style proche des dessins de Tim Burton tout en gardant une patte définitivement personnelle, ce diptyque met en place de façon naïve mais convaincante quelques thèmes inédits dans le 9ème art.
Résumer Burlesque Grrrl par pin up, hot rod, rockabilly et tatouages serait donc réducteur mais c’est avec une immense tendresse que l’on suit les timides aventures d’une donzelle gironde charismatique, la jolie Violette qui essaye de monter tant bien que mal un groupe de rock indépendant entre petits boulots de mode et d’effeuillage.

Car ce qui saute immédiatement aux yeux ce n’est peut-être pas le talent musical mais bien les mensurations incroyables de son héroïne. Le moins que l’on puisse dire c’est que la demoiselle a des formes dantesques, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Le premier album met donc l’accent sur la présentation du groupe ainsi que de son personnage principal. L’auteur dépeint un quotidien anodin en mettant l’accent sur les activités de son héroïne. Pour peu on pourrait presque se projeter dans un monde à la Bisounours si un drame essentiel ne venait faire la césure à la conclusion de celui-ci.
C’est ce qui rend la lecture du tome 2 bien plus captivante avec une mise à l’épreuve on ne peut plus humaine et hélas classique.
Quelques doubles pages rendant hommage aux formes de l’héroïne nous rappellent le talent de son auteur pour l’illustration pure et dure. Le tout est appuyé par des couleurs délicieusement rétro qui lui donnent un cachet unique.

Burlesque Grrrl pourrait être ainsi presque parfait si les décors étaient un peu plus présents et les personnages secondaires plus travaillés. De surcroit l’immersion d’un mystérieux personnage agressant le groupe pour diverses raisons obscures aurait mérité d’être un peu plus explicite.

Les quelques maladresses de cette première œuvre n’entachent pas pour autant le personnage positif de Violette qui irradie tout l’album. François Amoretti possède une véritable sensibilité qui apporte un trait réaliste et sincère à un personnage de papier loin des fantasmes sans âme des pin ups dessinées par un Manara ou un Dany.

Comme à son habitude, Ankama a offert un écrin de qualité pour la réalisation éditoriale de ces deux tomes avec un papier de qualité et des pages de bonus non négligeables (interviews diverses sur les mondes du tatouage, du burlesque ou rockabilly entre autres).

Une œuvre plus que sympathique.

Nom série  La Terre des vampires  posté le 08/07/2013 (dernière MAJ le 12/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Depuis les quelques articles lus sur la toile ainsi que mon amour pour le roman de Matheson « Je suis une légende » et les récits de survie en milieu post apocalyptique, cela faisait presque un mois que je tournais autour de la table de mon libraire où était posé ce bouquin à la couverture simple mais efficace mais au pitch diablement envoutant : dans une terre où le soleil ne brille plus, les vampires ont repris leurs droits sur un monde dévasté où les humains ne constituent plus qu’une petite minorité et tentent de survivre tant bien que mal.

La perspective de voir une histoire complète rondement menée (3 tomes sont prévus) sur un thème certes maintes fois rabattu m’a finalement fait céder à l’achat compulsif. Il faut dire que les dessins emportés par des tons froids très monotones mais un superbe dessin de qualité entre comics et école franco-belge réaliste ont eu raison de ma curiosité.

Après avoir refermé la lecture de ce premier tome prometteur, deux choses me titillent néanmoins : ça se lit hélas bien trop vite et l’histoire reste encore à l’état d’un développement que l’on voit pointer à 3 kilomètres à la ronde.

Par contre il n’y a guère de temps morts et les scènes d’action sont plutôt efficaces. La synthèse sur un ordre caché de vampires bienveillants à la survie de l’espèce humaine comme garantie de l’espèce vampire est également une idée simple mais efficace.
Le récit se veut pessimiste et réaliste et est publiée en même temps que l’excellent jeu sur PS3 « The Last of Us » au scénario bien plus mélancolique. Les personnages sont sympathiques ici à défaut d’être attachants mais on passe un excellent moment même si les fameux vampires se font encore rares….

En conclusion « La terre des Vampires » est une bd soignée aux dessins séduisants sur un pitch classique mais correctement introduit mais il manque encore de la consistance qui je l’espère sera considérablement approfondie afin d’en faire un classique digne de ce nom.

Comme mes prédécesseurs je suis également curieux de lire la suite en espérant qu’elle ne tardera pas trop à venir, humano oblige. Ce bouquin confirme en tous cas la bonne santé d’une école de bd espagnole de plus en plus intéressante et vivifiante à l’égal de leur contribution récente au cinéma fantastique. Ça tombe bien, David Munoz s’est fait connaitre par le scénario de L’échine du diable de Guillermo del Toro et du Manoir des Murmures dont je vais rapidement me procurer un exemplaire de la série complète.

Un bel essai à confirmer par la suite.

EDIT après lecture du tome 2 :

Le bel essai vient de me convaincre pleinement de l’intérêt croissant éprouvé pour cette série. Si l’action n’évolue guère, les auteurs parviennent néanmoins à fixer l’attention du lecteur avec les origines du vampire « ami » Nile par moult flashbacks sur sa transformation et ses origines dans un style qui rappelle grandement la narration du best seller de Anne Rice « Entretien avec un Vampire ». Faire tenir une série sur aussi peu de tomes (un troisième et dernier est d’ors et déjà programmé) relève de la gageure tant la crainte était grandement fondée que le sujet ne soit qu’effleuré mais j’avoue que la voie empruntée me tient en haleine.

S’il ne s’agit pas d’un récit pouvant prétendre être incontournable, vous prendrez beaucoup de plaisir à lire cette histoire attachante particulièrement mis en scène par des couleurs froides tout à fait appropriées.
Le format franco-belge se révèle être contre toute attente un excellent choix. J’attends donc avec plus d’intérêt le prochain tome de conclusion et réhausse la note dotée d’un coup de cœur mérité

Nom série  Douce, tiède et parfumée  posté le 24/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Impossible de faire l’impasse devant cette trilogie mystérieuse avec ce titre ironique et cette couverture magnifique évoquant d’un coup d’œil les thèmes effleurés : du steampunk, une silhouette humanoïde menaçante et une jolie poupée effrayée.

Ignacio Noé fait très fort dès les premières pages qui correspondent en réalité au cauchemar de l’héroïne Ally, une jeune fille bien sous toutes les coutures comme le titre l’évoque et à l’avenir tout tracé dans une Angleterre victorienne.

Promise à un riche notable et bien éduquée pour devenir l’épouse docile parfaite dans les strates de la haute société, Ally va voir son destin tout tracé être complètement bouleversé par le meurtre de son père et la vérité sur ses propres origines.

En réalité, fruit d’une expérience digne de celles de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation, Ally est une enfant adoptée et s’en va répudier tous les mensonges pour mener sa propre enquête sur son passé. Pleine de bonne volonté mais désœuvrée face à ces évènements violents, sa rencontre avec Juan et l’annonce d’une sœur jumelle cachée et inconnue va lui redonner le souffle nécessaire pour reprendre sa revanche sur sa propre existence…

C’est un véritable festival de couleurs et de formes que Ignacio Noé nous offre là dans ce premier tome d’une trilogie qui s’avère en tous points rafraichissante et divertissante. En assénant une série d’uppercuts tel un challenger, l’auteur évite les temps morts et fonce à 100 km/h dans un récit adulte, sensuel et hautement jouissif.

Les dessins pastel sont de toute beauté et s’il est encore difficile de définir où le récit s’oriente, on ressort de cette lecture un peu désarçonné mais conquis. L’environnement Steampunk se retrouve surtout dans les rêves de la demoiselle, quelques scènes dénudées nous rappelle que Noé a fait ses armes dans la bd érotique voire porno mais ce qui ressort de tout cela sont ses dessins incroyablement jolis et détaillés dans un style rose et gris pastel toute en nuances.

Si l’histoire continue sur un tel rythme, on tient là une véritable petite pépite dans un univers graphique des plus chatoyants… Une excellente surprise qui se lit un peu trop vite à mon goût mais dont j’attends désormais la suite avec impatience et gourmandise.

Nom série  Before Watchmen - Rorschach  posté le 17/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
S’il y a bien une des préquelles de l’univers Watchmen que j’attendais le plus parmi la ribambelle publiée et à venir, c’était bien celle mettant au premier plan le personnage de Rorschach à savoir celui par lequel tout arrive dans Watchmen après la mort du Comédien et qui introduit l’univers incroyable de Alan Moore et devient par ses méthodes radicales le personnage le plus emblématique avec son masque actif et son imperméable hérité de l’univers des polars noirs de l’acteur Humphrey Bogart.

Alors que Moore avait détaillé de façon structurée le passé du personnage le plus charismatique des Watchmen et qu’il n’y avait rien à ajouter, le risque de louper le coche était plutôt élevé mais le duo du fantastique Joker a su relever le défi avec brio mais sans trop de risques narratifs…

Impossible de ne pas tomber amoureux des dessins magnifiques de Bermejo qui s’est une fois de plus surpassé pour dépeindre un Times Square version seventies des plus sordides et saisissants.
Aidé par une colorisation mauve des plus adaptées pour une ambiance nocturne digne de l’ère disco, Bermejo était réellement le choix idéal pour mettre en scène de façon iconique Rorschach comme il l’avait déjà fait pour Batman et le Joker.

L’histoire relève de l’anecdotique par contre, Azzarello adapte un de ses fonds de tiroir qui auraient pu se lisser sur n’importe quel vigilante masqué ou pas ce qui constitue un peu le point faible de l’entreprise car l’ensemble n’est qu’un prétexte à des bastons homériques entre un Rorschach débutant mais déjà déterminé qui va s’en prendre plein la gueule et un gang de dealers sans foi ni loi mené par un boss défiguré aussi cruel que ludique et goguenard, son nemesis en puissance !

En parallèle de la vendetta lancée par Rorschach, un serial killer massacre en toute impunité de jeunes femmes et on distingue mal le lien entre cette enquête et les objectifs de Rorschach jusqu’aux toutes dernières pages qui précipitent l’histoire et en tissent le lien….

MAIS le plaisir est là, immédiat, certes artificiel et vain mais on est pris de suite dans cette histoire crasseuse mais limpide, porté par un Bermejo au sommet de son talent et dont l’art du découpage simple et direct offre un récit rapide et bref mais palpable…. La mégalopole évolue, vit, il y a un sens du détail incroyable dans les décors comme les expressions faciales (ce qui est ingénieux pour un héros sans visage) et Azzarello parsème son récit de quelques clins d’œil à la génération seventies avec l’apparition d’un célèbre chauffeur de taxi new yorkais ou d’autres plus discrêts mais réussis comme ces cols pelle à tarte et ces talons outranciers. La frustration c’est peut-être que le récit s’achève aussi rapidement alors qu’on est pris dans un maelstrom de bagarres, de violence dans une narration simple mais percutante…

Rorschach est un merveilleux livre d’images à lire comme une œuvre essentielle de Bermejo mais mineure pour Azzarello dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël et Rorschach auquelle elle ne ternira ni ne rehaussera l’impression qu’on se fait déjà… C’est également l’histoire la plus détachée de tout l’univers Watchmen et peut se lire parfaitement comme un one shot indépendant.

Si vous appréciez les polars noirs et simplistes servies sur un plateau par l’un des meilleurs dessinateurs actuels foncez sinon c’est très dispensable…. Mais pas à mes yeux merde quoi c’est Rorschach dessiné par Lee Bermejo dont c’est peut-être le meilleur travail que je connaisse au-delà de Joker ou de Batman Noël !!!!!

Nom série  Django Unchained  posté le 10/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le carton prévisible du western sanglant et humaniste de Tarantino entraine son adaptation dans la prestigieuse collection Vertigo sous la bienveillance de R.M. Guerra, réputé pour son style crade et inspiré dans Scalped et possède tous les atouts sur le CV pour devenir aussi populaire que son grand frère de pellicule.

Django, ancien esclave et désormais homme libre, est repêché par le Dr. Schultz dans une Amérique nauséabonde dans le but de s’associer avec lui en tant que chasseurs de prime. Les deux hommes que tout oppose vont développer une amitié loyale et tenter d’arracher à leur tour Bromhilda, l’épouse de Django vendu comme esclave à l’un des plus vils « négriers » du Mississippi…

Un vrai bon moment de cinéma alternant violence, fun et autres contrastes dominé par un casting idéal, de Jamie Fox à De Caprio sans oublier le génial et truculent Christoph Waltz.

Pourtant c’est la déception qui pointe au fur et à mesure des 7 chapitres que constitue ce one-shot. J’avoue avoir beaucoup apprécié le film de Tarantino qui offrait un croisement improbable entre dialogues sans fin, portrait sans fards de l’exploitation des minorités africaines de couleur par des esclavagistes inhumains et clins d’œil appuyés sur le western italien dit également d’exploitation.

Mis en musique et en scène, le grand écran offrait un spectacle à déguster comme une grosse friandise alternant moments potaches et scènes chocs se passant de mots, un écrin idéal pour un comics.

R.M Guerra semble même être le choix idéal pour illustrer un western, lui qui a été choisi pour illustré Scalped grâce à son talent pour dessiner des chevaux de façon réaliste ! L’objectif rêvé étant de transposer le script initial de Tarantino, scènes coupées y comprise, et d’apporter un « Director’s Cut » de papier au film.

Pari tenu mais plaisir limité…

En effet, pour avoir vu et apprécié le film en salles, je me réjouissais à l’idée de prolonger le plaisir par une lecture des plus appropriées. Il aurait seulement fallu que le scénariste puisse se détacher un peu plus du matériel d’origine au lieu d’essayer de le reproduire à l’identique.. Le travail d’adaptation est bien trop scolaire pour pouvoir en espérer soutirer autre chose de ma part que quelques bâillements convenus d’usage.
Où est donc passé le charisme du Docteur Shultz ? La Cool Attitude de Django ? Seul le personnage de Candie garde un peu de son aura maléfique...

J’aurais aimé pouvoir dire quelque chose de réellement positif dans le dessin de R.M. Guerra mais son acharnement à coller au plus près des visages des acteurs du film plutôt que d’en tirer des trognes inédites s’avère pour la plupart des cas raté… A savoir que comme cela se fait souvent dans le milieu du comics, l’auteur cède parfois sa place à 3 autres artistes au style radicalement différent et sans transition aucune ce qui donne un goût hétérogène contrairement à d’autres œuvres où l’ensemble se mélange harmonieusement mais l’effet est raté ici.

Danijel Zezelj joue les intérimaires de qualité. Il est le seul à tirer véritablement l'épingle du jeu en respectant d'abord son style sans chercher à jouer au "copiste".

Dommage que l'encrage remplisse davantage les cases que les décors curieusement absents pour un western...

Concernant les apports du script pour la bd, ils restent agréables sans être essentiels à la compréhension. Il y a bien un flashback inédit sur « l’acquisition » de la femme de Django par l’esclavagiste Candie (joué par Di Caprio) mettant bien en lumière l’esprit passablement dérangé et pervers de ce dernier et quelques menus détails parsemés ici et là mais rien de bien particulier offrant une lecture nouvelle de cette histoire.

Au final et malgré quelques cover arts très chouettes dont un magnifique représentant Django allumant une clope devant Candieland en flammes, ce Django Unchained aurait mérité de n’être que le bout de péloche sans être décliné en support papier. Il serait forcément très intéressant de lire l’avis d’un lecteur « vierge » de la vision du film afin de nuancer mon avis mais pour tous les autres il y a forcément bien mieux à lire qu’une adaptation sans âme.

Dommage est le mot qui revient décidément trop souvent ici…

Nom série  Le Secret  posté le 10/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Secret est l’un de ces petits plaisirs coupables, l’un de ceux que je prenais en allant louer mon petit film d’horreur en VHS fin des années 80 après avoir longtemps bavé dessus sur mon Mad Movies mensuel…. C’était le bon vieux temps, je voyais des films d’un autre âge avec les effets spéciaux bricolés avec de l’amour et du latex et qui n’avaient pas d’autre prétention que de nous faire passer un bon moment.

Le Secret, c’est exactement cela, une œuvre aussi insipide une fois le bouquin refermé qu’efficace pendant sa lecture. Grosso modo, il ne restera aucun souvenir à long terme de ce comics sorti de nulle part et publié il y a déjà quelque temps en VO. Urban nous ressort donc ce one-shot signé du cofondateur du label Dark Horse et d’un auteur qui ne devrait pas rester longtemps méconnu si son style se maintient à ce niveau : Jason Shawn Alexander.

L’histoire est à un niveau ras des pâquerettes comme le veut la tradition du genre, ici on est dans un postulat simple et efficace : d’une simple blague de potaches (des ados lubriques s’adonnant à un jeu ludique, téléphoner à un inconnu en hurlant « Je connais ton secret »), la tension grimpe rapidement dès lors où une sombre voix va y répondre « Comment connais tu mon secret ? ».

Voilà pour le pitch de départ, on arrive au traditionnel « un an plus tard » avec disparition de la petite amie du jeune héros et l’histoire peut commencer…. Mais pour la connaitre, cette histoire, inutile d’en raconter davantage, tout le monde peut se l’imaginer ou en faire une légende urbaine. C’est le côté ludique de ce récit qui ne se prend pas au sérieux mais arrive à imprimer une ambiance anxiogène des plus réussies grâce à la qualité des dessins, en grande partie composées d’aquarelles et d’un montage nerveux.

Lorsqu’on se promène de nuit sur une route abandonnée au seul éclairage d’une torche ou de phares automobiles, c’est toute l’ambiance d’un Silent Hill qui ressurgit d’un coup, le bruit ou non des grillons en bonus.

Qu’importe alors la résolution ou non du mystère, c’est ici toute la démonstration graphique qui impose un rythme soutenu et haletant. Impossible de ne pas lire ce bouquin d’une traite, non seulement parce qu’il est plutôt court mais surtout parce qu’il est diablement prenant ! La fin arrive peut-être même un peu trop rapidement et la conclusion sera téléphonée dans la grande tradition des films pop corn du samedi soir et c’est surement le seul reproche plausible.

Malgré une fin trop facile ou décevante selon l’humeur et pour peu qu’on se prête au jeu, le Secret reste effectivement le genre de bd qu’on regrette peut-être un peu d’avoir acheté mais pas d’avoir lu. Il me tarde donc de revoir ce dessinateur, mélange limpide de Kent Williams et de Templesmith dans une œuvre de plus grande envergure auquel ce Secret ferait figure de joli artbook ou CV. Laissez vous tenter !

Nom série  Fastermarket  posté le 05/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attention notez bien ce petit bouquin édité élégamment à l’italienne car il risque de vous passer complètement sous le nez comme ce fut le cas pour moi sans le recours d’un petit encart publicitaire de 4 pages qui m’ont donné envie d’en savoir davantage.

Et ce serait bien dommage car Fastermarket sera à coup sur très recherché dans quelques années lorsque son auteur Jérémy Le Corvaisier dont c’est ici la première œuvre sera enfin reconnu comme un auteur culte…

Remarquez il risque bien de le devenir dès cet intriguant bouquin dont la couverture anxiogène au possible risque d’en décourager certains…. Et pourtant il s’agit d’une de ces découvertes surprise dont on se tape volontiers les épaules d’en être !

Tout commence par le meurtre sordide de Jocelyne Rideau dans des conditions épouvantables derrière le supermarché Fastermarket dans une ville (américaine, européenne ?) bordée de montagnes, d’immeubles et de désert comme la ville d’Albuquerque de Breaking Bad comme pour mieux en situer l’isolement.

Deux flics vont enquêter en portant leurs soupçons sur le personnel de cet antre de la consommation. Attention d’autres meurtres vont être accomplis d’ici peu mais l’auteur semble s’en éloigner assez rapidement pour dresser un portrait sans fards ni équivoque sur les neuf employés et ces deux flics…. Et de nous transporter via des allers-retours impressionnants autour de ces loosers qui semblent tous cacher un peu d’humanité et beaucoup de détresse une fois leur intimité percée….

Un peu d’Albert Dupontel pour le côté glauque et noir et beaucoup de American Beauty de Sam Mendes pour les portraits pris au télescope, chacun des personnages mis en scène autour de ce supermarché va être étoffé, pathétique, drôle et cruellement tragique au final.

Le tour de force de Le Corvaisier est d’offrir un panel inédit de « sales gueules » dans un trait qui rappelle fortement Pierre la Police et des décors dépouillés mais bien présents.
La couleur jaune/marron omniprésente dans du rouge et du noir impose une atmosphère lourde appropriée. Il y a quelques scènes vu du dessus qui m'ont rappelé la charte graphique du premier GTA et des jeux vidéo des années 90...

Le découpage est assez malin et invite à une lecture agréable. L’ensemble est assez subtil pour étoffer rapidement cette joyeuse équipe de bras cassés entre le travesti amoureux de son collègue, la trentenaire seule en quête d’amour et de reconnaissance sociale, le gentil flic limite incestueux avec sa vieille maman étouffante, le manager voyeur ou la vieille acariâtre martyrisant son chien.

Sans oublier le personnage de Marc Poutre qui mériterait presque un spin off tant il m’a éclaté, envoyé de dieu pour expier les femmes en les forniquant et doté d’un look moustache et coupe de cheveux mulet du plus beau genre !

Il y a également ce vieux flic désabusé de tout et à la recherche de mots pour écrire un joli poème à présenter en concours « policier »…

Le ou les meurtres seront résolus de façon surprenante et inédite mais en dire davantage serait dévoiler le chaos régnant sur la dernière partie et laisse le lecteur sur le carreau devant tant d’humour noir et de situations pathétiques.

Jouant sur le même registre de l’incommunicabilité des individus façon « Requiem for a Dream » ou « Le roi des mouches », voici un trip inoubliable et incroyablement maitrisé pour une première œuvre… Ne passez pas à côté de ce diamant noir.

Nom série  Before Watchmen - Compagnon  posté le 03/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir été ébloui contre toute attente sur Before Watchmen - Minutemen, c’est tout naturellement que je me tourne vers le second recueil, le bien nommé « Compagnon ».

Curieux choix éditorial que de publier immédiatement ce recueil puisqu’il s’agit d’une compilation d’épisodes moins marquants mais revenant davantage sur des personnages clés moins présents dans l’univers Watchmen, à savoir la genèse du Minutemen Bill Dollar, celle de Moloch, seul super vilain connu de l’univers Watchmen et le Corsaire Sanglant, récit de pirates dont les pages étaient ingénieusement insérées dans l’œuvre d’origine.

Bill Dollar met en scène la curieuse destinée d’un jeune athlète au destin sportif brisé par une blessure. Son physique avantageux impressionne quelques caricatures du monde financier qui décident d’en faire un objet promotionnel et de propagande pour leur empire monétaire tel un Captain America des débuts et dont les looks sont curieusement voisins. Cette histoire très courte reste relativement agréable à lire grâce au trait vintage et réussi de Steve Rude. Cette histoire aurait du être intégrée en bonus à Minutemen plutôt que dans le présent recueil.
Le récit reste anecdotique et ne changera pas vraiment la donne mais étoffe davantage l’histoire d’un héros au destin ironique.

Moloch est le plus « gros » morceau de ce Compagnon, déjà parce qu’il est mis en page par le fantastique Eduardo Risso dont les collaborations avec Azzarello pour 100 bullets ou ses nombreuses séries avec le regretté Carlos Trillo ne sont plus à remettre en cause. Moloch, cet enfant malheureux né dans l’indifférence la plus totale va noyer son infirmité physique (une tête disgracieuse de chauve-souris humaine) dans le crime et la magie. C’est également à Moloch que l’on doit la très jolie couverture de cet ouvrage et l’utilisation de ce dernier à de sombres desseins contre son gré va rejoindre le complot central mené contre le Docteur Manhattan dans Watchmen.
L’ascension puis la rédemption de Moloch respectent parfaitement le cahier des charges, une bonne dose de mélancolie pour un destin tragique sous un trait inspiré. Il s’agit là encore d’une histoire anecdotique au final mais qui offre le premier plan à un personnage de second plan.
Très divertissant et de bonne facture, la conclusion de Moloch nous amène directement et sans transition à l’histoire la plus controversée de cet ouvrage, celle du Corsaire Sanglant et de sa malédiction.

Ou comment sur quelques pages paraissant être une éternité tant j’ai eu du mal à les lire avec une narration en « off » parfois pénible et déroutante sera conté le destin tragique à nouveau (On rigole peu dans Before Watchmen) du sous officier de marine Gordon McClachlan qui passera de Charybde à Scylla, de trépas à trépas entre actes vaudous, galion fantôme et tortures éprouvantes (joli pléonasme) dans le seul but de reconquérir son âme volée par le Corsaire Sanglant.
La conclusion à la Lovecraft a eu beau me surprendre un tantinet, cette lecture m’a paru bien longuette (la partie Corsaire de Watchmen n’était pas non plus celle que je préférais) mais les dessins de John Higgins sont de véritables estampes éclairées par des couleurs splendides et bien plus subtiles que ce récit exagérément trop violent et éprouvant.

En conclusion, c’est peut être le choix éditorial d’Urban de compiler ensemble ces histoires à la suite qui est peut-être le plus problématique tant leur lecture peut paraître anecdotique. Il s’agit plus volontiers d’un accompagnement ou de bonus (le nom de « compagnon » est judicieusement choisi) qui auraient peut être plus trouvé leur place dans d’autres recueils. Néanmoins la lecture est aisée et on peut tomber sous leur charme (Bill Dollar et Moloch sont très attachants et le Corsaire propose une qualité graphique incroyable) à la condition de les lire indépendamment.

Sans égaler Minutemen, ces trois histoires m’ont surtout donné envie de relire à nouveau Watchmen, ce qui est à la fois leur principale qualité comme leur plus grand défaut. Vous êtes prévenus !

Nom série  Before Watchmen - Minutemen  posté le 30/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voici un cas très particulier. A peine avais-je entamé la lecture de ce profane Before Watchmen Minutemen que j’étais pressé d’en finir et d’en connaitre la conclusion.
Était-ce pour oublier le choix « infamous » (comme on pourrait lire dans la langue de Shakespeare ?) de cette lecture a priori incongrue et que tous les fans d’Alan Moore rejettent par fidélité sans y poser un œil ?
Absolument pas, contre toute attente, cette préquelle non autorisée par son cultissime auteur barbu est un « must have » absolu qui prolonge de façon immédiate le plaisir de redécouvrir des personnages célèbres ou juste effleurés par la grâce du talent de Darwyn Cooke qui a dû prendre autant de plaisir à l’écrire et à la mettre en page que moi-même à la lire.

Effectivement tout a déjà été écrit, imaginé, pensé et analysé de façon méticuleuse dans l’œuvre somme d’origine et cette mini-série de 6 épisodes n’a pas pour objectif de la supplanter. Il s’agit d’un récit qui pourrait tout à fait se lire indépendamment de la série mère même si de discrètes références et passerelles sont disséminées ici et là.

Hollis Mason, officiellement flic à la retraite et officieusement premier Hibou décide de rétablir la vérité par la publication controversée de son autobiographie faisant largement référence aux Minutemen, premier groupe historique de superhéros dans l’Amérique uchronique des années 40.

Après une introduction présentant chacun des protagonistes, du sombre Juge Masqué à la Silhouette, le récit décolle par le premier « coup d’éclat » des Minutemen, un fiasco complet qu’on manipule pour en faire un acte héroïque…. Et l’aventure commence pour ce groupe atypique aux intérêts divergeants dans un New-York gangréné par le crime et les non-dits.

Les souvenirs de Mason sont passionnants, les personnages extrêmement travaillés mais l’ensemble était déjà, il est vrai, servi sur un plateau d’argent. Cooke ne trahit pas les intentions d’origine en parsemant son récit de scènes d’action comme tout autant de réflexions. Les « héros » sont faits de chair et de sang et certaines révélations suprenantes sont de mise tissant et reliant le schéma tentaculaire d’une existence éphémère, marquante et terriblement humaine.

Chaque protagoniste profite d’un background riche et intéressant s’insérant au fur et à mesure de façon fort habile. Si on ne comprend pas pourquoi les écrits du Hibou, élément tout aussi charismatique et candide que son successeur, engendrent autant d’hostilité à être publiés par les autres survivants du groupe, la noirceur et l’apreté de certaines situations réalistes destinant la lecture à un public adulte finissent par remporter l’adhésion générale.

La construction n’a forcément plus la folle originalité de son modèle mais Darwyn Cooke s’en dédouane par un trait rétro délicieusement élégant et tout à fait en phase avec son univers rendant la lecture fort agréable et aisée à suivre.
Il subsiste un très joli parfum de tolérance et d’humanisme. Malheureusement certaines manipulations et traitrises feront du chapitre final un choc dont on peut ne pas sortir indemne avec le mystérieux Comédien, pivot central des deux mondes de Watchmen.

Au final et sans en attendre grand chose, ce Before Watchmen Minutemen n’est ni plus ni moins qu’un chef d’œuvre que je ne peux que recommander contre vents et marées. La force du récit est de proposer une histoire intelligente et indépendante ou pas, il n’est nullement nécessaire d’avoir lu Watchmen sur le bout des doigts pour suivre les péripéties de l’Homme Insecte, la Silhouette, Bill Dollar et les autres même si je ne saurais que vous encourager à le faire bien évidemment.

N’en déplaise à son auteur d’origine, la préquelle de Darwyn Cooke ne sera jamais une œuvre culte mais mériterait très sincèrement d’être reconnue pour les valeurs sincères qu’elle véhicule. Conscient que Watchmen est insurmontable, Darwyn Cooke livre non seulement un travail sincère mais honnête et respectueux. Comme quoi l’infidélité se doit d’être parfois récompensée, je lui réserve un statut d’œuvre culte immédiatement à la droite du seul et unique Watchmen en espérant que les autres digressions Before Watchmen soient du même calibre…

Nom série  Midnight Nation  posté le 27/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Midnight Nation est un comics atypique et complet en 12 épisodes (plus un promotionnel inclus dans les diverses éditions) que Delcourt a eu le bon réflexe de rééditer pour la première fois en France en une grosse intégrale bien garnie.
Cette réédition 2014 m’a rappelé que je n’avais jamais chroniqué par ici cette œuvre unique par son thème ainsi que son déroulement puisqu’on abandonne les superhéros et autres récits habituels d’action pour se consacrer à la rédemption d’un flic porté disparu suite à une enquête sur des meurtres sordides et pour cause : happé par des créatures funestes, les « gars », on lui a retiré sa propre âme et plongé dans l’oubli d’un monde parallèle : « l’entre-deux monde », terre de tous les dangers regroupant tous les nantis et oubliés du monde réel….

David Grey dispose dès lors d’un an pour substituer son âme avant de devenir à son tour une créature des enfers et parcourir à pied les Etats Unis d’ouest en est avec une guide mystérieuse, la pulpeuse mais déterminée Laurel lors d’un périple de tous les dangers….

A lire les avis précédents très partagés, je suis effectivement moi aussi resté dans l’entre-deux monde entre le chaud et le froid d’un pitch captivant (le lecteur est mis dans le bain dès les premières pages) et d’un cheminement parfois erratique et chaotique sans grande incidence sur le reste du récit, parfois inutilement bavard et parfois très prenant.

Straczynski use aussi bien de métaphores subtiles que pesantes et c’est surtout ce mélange de chaud et de froid qui déstabilise le lecteur dans un monde dont il ignore les clés comme les règles à l’instar de son héros David Grey.

Soutenu par un dessin expressif aux couleurs peut-être un peu trop artificielles (façon Preacher fin des années 90 mais Midnight Nation date également de cette période), le dessin de Frank reste en tous points remarquables avec une excellente palette d’expressions mélancoliques sur l’ensemble de ses personnages humains comme inhumains (les fameux « gars », créatures verdâtres encapuchonnées censées toute se ressembler).

L’intérêt est tout de même bien présent avec quelques flashbacks sur des personnages secondaires tissant un univers des plus intéressants. Il y a juste le passage des enfers inutilement long (l’explication de tout le récit est savamment distillé sur de très longues tirades) avant d’aboutir à l’une des conclusions les plus émouvantes et belles lues dans ce domaine.

La postface de Straczynski est absolument à lire sur ses errances dans un monde de proscrits à la suite d’un deuil sentimental et achève de faire de Midnight Nation une œuvre émouvante dotée de figures christiques pas déplaisantes (histoire de Lazare et autres folklore) qui mérite une relecture dans la foulée.

J’en verrais également une belle adaptation pour le petit écran, entre scènes d’action imposées et réflexions pacifiques sur notre société, Midnight Nation a tout du joli accident mal torché en apparence pour délivrer un message d’apaisement toute en nuances. J’invite donc les déçus de la première heure à y retourner si le cœur leur en dit toujours, le voyage devrait être plus plaisant s’ils abandonnent peut-être ce qu’ils étaient venus chercher à l’origine (les couvertures sont plutôt trompeuses sur le contenu).

De pas réellement plaisant à loin d’être déplaisant, voici donc un comics pas très long et original qui aurait pu prétendre au chef d’œuvre sans quelques petites maladresses d’ordre narratif mais dont au final on se soucie guère une fois arrivé au terme du voyage.

Nom série  Tom Carbone  posté le 16/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sans un article de Bodoi sur la réédition en intégrale de cette collection, je serais surement passé à côté d’une série certes méconnue mais qui possède d’indéniables qualités.

Prépubliée sous forme de strips divers dans l’hebdo Spirou à la fin des années 80 et au moment où j’arrêtais mon abonnement pour passer à la lecture des Fluide Glacial, un duo belge inédit lançait les aventures d’un drôle de petit bonhomme tout rond prenant un malin plaisir à raconter des bobards gros comme des camions pour mieux entourlouper son entourage.

Le trait est très simple et rappelle un peu celui de Frédéric Jannin ou Bercovici dans un registre gros nez-ligne claire mais permet une lisibilité très claire sans oublier certains détails. C’est en tous cas effectivement typique de l’école Dupuis des années 80 avec une colorisation sans audace mais efficace. On ne peut pas dire qu’il soit beau ou constitue le point fort de l’œuvre car il rend peut être cette série trop générique. En tous cas ce n’est clairement pas ce qui poussera le curieux à feuilleter puis acquérir les bouquins en librairie.

Bon passons car il est évident que l’intérêt se porte ailleurs et sur les histoires loufoques, les deux auteurs ont l’air d’en connaître un rayon et de bien maitriser leur sujet car on passe de situations loufoques à d’autres non sensiques.

La série évolue d’ailleurs pas mal des histoires racontées par Tom Carbone avec ours et lapins dotés de la parole pour la cause des croissants (cherchez pas à comprendre avant de lire) à des voyages interstellaires sur d’autres planètes avec dictateurs à la clé toujours dans un esprit de bonne humeur raffraichissante ! Tom Carbone ne propose rien d’autre que de passer un moment bien agréable et le pari est plutôt réussi de ce côté-là en proposant un univers simple mais non dénué d’attraits !

Un mot enfin sur la qualité des deux tomes constituant l’intégrale, outre le fait qu’elles reprennent 2 histoires complètes jamais parues en album (et dont la seconde a gardé la fraicheur de la colorisation d’origine), un cinquième tome uniquement édité en flamand voit sa place ici, quelques jeux, gags en 3 cases ou en une page complètement inédits et parfois même plus droles et percutants que les strips parus dans Spirou achèvent de compléter dans la plus belle exhaustivité une série qui vaut largement le détour.

Un véritable petit moment de détente sans aucune rêgle si ce n’est de distraire intelligemment en évitant vulgarité ou provocation donc très fréquentable pour un public de 7 à 77 ans. Hautement recommandable sous sa récente et dernière édition compilant tous les matériaux de ce titre honteusement méconnu du grand public !

Nom série  Crossed - Terres maudites  posté le 28/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et une de plus !

Frôlant l’overdose dans les multiples séries dérivées de Crossed, votre serviteur, grand amateur de zombies, fariboles trash et sexuellement déviantes en tous genres, ne pouvait faire l’impasse sur cette nouvelle collection indépendante et qui voit le retour aux sources des deux co-auteurs de la série d’origine dont bien sur Garth Ennis, le papa du Preacher lui-même.

D’ailleurs qui d’autre pour introduire cette nouvelle série qui va voir défiler à un rythme plus ou moins soutenu des one-shots réalisés par diverses équipes sous le nom générique de « Badlands » ?

Les histoires de ces petits groupes d’assiégés face à la menace de ces tarés cannibales violeurs constituent effectivement une manne inépuisable pour l’éditeur d’origine Avatar… quitte à aller jusqu’à l’écœurement ou la lassitude du lecteur ?

Par chance ce n’est pas encore le cas dans ce premier volume qui compile deux histoires et ouvre le feu par l’excellent recueil « Badlands » avec un groupe en fuite dans des terres glacées et mus par des règles de survie drastiques. Le ton est d’ailleurs si proche du premier Crossed qu’on pourrait y voir une suite spirituelle. En tous cas le ton est donné, peu d’humour noir (malgré la présence de sa majesté le prince Harry, fils de Charles et Diana lui-même !!!!) et beaucoup de pessimisme parsèment ce récit prenant où on n’échappe pas aux flashbacks ni aux scènes dérangeantes qui font tout le « charme ? » de la série.

La fin est bien ironique et donne envie d’enchainer immédiatement sur Homo Superior qui rappelle Valeurs Familiales et une construction en plusieurs strates (groupes éparpillés de survivants qui se rejoignent en Floride) et donne peut-être la touche de trop (le récit est bien trop anecdotique pour être aussi percutant que tous les autres malgré son lot de scènes méga craspecs et choquantes) même si la fin amène peut-être une nouvelle donne de ces fameux infectés. Le dessin de Leandro Rizzo est même limite quelconque…

Ce Badlands vaut surtout pour sa première histoire, l’une des plus courtes mais les plus marquantes par son intensité et la perspective que l’on commence surement à faire le tour de la question avec Homo Superior mais en donne pour son argent à savoir deux histoires indépendantes et la promesse d’être aussi révulsé ou attiré c’est selon par un univers des plus extrêmes.

Crossed – Terres maudites est néanmoins hautement recommandable pour son lot d’émotions fortes et se pose en parfait contrepoint de la série culte Walking Dead qui n’en finit pas. Malgré un pessimisme terriblement efficace et des images qui resteront dans les annales, on peut le voir comme une récréation extrême dont la facilité de s’immiscer dans ces histoires au format court rend le tout aussi divertissant que facultatif.
Pour l’instant je reste encore scotché et attends les prochains tomes non sans impatience…

Nom série  Crossed - Si tu voyais ça  posté le 28/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avatar, éditeur spécialisé dans les couvertures alternatives (si, si en VO, faut voir le nombre d’éditions différentes hallucinantes de leur catalogue un peu comme les Lanfeust chez nous J ) et dans les récits extrêmes a su trouver ou révulser un public amateurs de sensations fortes avec le récit initial de Crossed par Ennis et ses fous furieux cannibales violeurs.

Du coup, les collections se suivent sans forcément se ressembler et Panini ayant repris la franchise à un Milady chancelant, se charge de les éditer à la pelle (Badlands suit et il ne manque plus qu’un Crossed 3D encore inédit dans nos contrées).

L’idée de ce « Si tu voyais ça », curieuse traduction du « Wish you were here » plus approprié d’origine (Si seulement tu étais là), est de publier comme il se fait de plus en plus une aventure continue à la Walking Dead sur un site web gratuit et dédié en prenant le parti pris de ressembler à un journal de survie d’un des rares survivants de l’infection, Shaky ancien écrivain retranché sur une île d’Ecosse avec quelques autres âmes perdues.

Si cet épisode se veut moins trash et violent que les autres récits du monde Crossed, il n’en est pas moins éprouvant avec les interactions du groupe, leurs différentes opinions et bien sur l’attaque de quelques infectés par vagues plus ou moins successives et leurs méthodes dégueulasses et choquantes.

Ce qui en fait un intérêt indéniable, c’est cette faculté à dégager une ambiance pesante sur le long terme entre ennui des protagonistes, avenir plus qu’incertain et défense de leurs propres intérêts personnes ou communs.

Il y a de surcroit une belle part d’ironie notamment sur le choix d’éclaireurs par le hasard ou leurs compétences (en gros envoyer un homme surentrainé dans le tas est soit une chance de succès pour la mission assignée, soit une façon bête et rapide de sacrifier un élément indispensable à la survie du groupe) et les épisodes se succèdent, certains calmes et contemplatifs, d’autres extrêmement perturbants.

Bref c’est Crossed avec une notion supplémentaire de durée dans la continuité et l’ensemble se lit sans déplaisir en se souciant réellement (comme les autres épisodes) du devenir des principaux protagonistes mais sur une durée plus ample…

Les gimmicks de la série sont maintenant connus et on a toujours droit aux traditionnels flashbacks révélant le début de l’Apocalypse dans de larges pages décalées et rythmées au possible sous le signe du blanc et du rouge (je vous laisse répartir à quels fluides correspondent ces couleurs J) et le pari semble tenu car je suis dans l’attente de la suite sans pour autant être frustré par la fin de ce premier épisode plus que concluant.

Les dessins respectent la trame d’origine établie par Jacen Burrows mais sont cette fois-ci dessinées par le débutant Javier Barreno qui s'était déjà fait la main sur le plus scandaleux Crossed - Valeurs Familiales. On aime ou pas le style parfois rigide mais efficace pour inspirer du dégout même si on se situe à des embardées du too much épisode Crossed – Psychopathe.

Simon Spurrier est également un inconnu au bataillon mais semble plutôt bien se débrouiller avec ce style efficace qui alterne les chapitres comme un journal intime avec une bonne dose d’humour noir balancée par Shaky (surnom de Shakespeare).

A lire sans hésitations si vous êtes fans de la série d’origine, pour les autres curieux je ne peux que vous inciter à vous tourner vers les deux tomes de la série d’origine qui forme une histoire complète et vous donnera un aperçu plus que complet de ce qui peut vous attendre dans un sombre futur dominé par des êtres humains désinhibés de toute morale et éthique…

A bien sur réserver à un public plus qu’averti, il est plus qu’utile de le rappeler spécialement pour Crossed !

Nom série  Batman Anthologie  posté le 28/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attention, voici un gros appel du pied d’Urban aux fans de Batman qui ne pourront définitivement pas passer à côté de cette gargantuesque compilation d’aventures de Batman depuis ses débuts en 1939 jusqu’à nos jours…

En effet, pour un prix plus qu’abordable sont réunies ici quelques-unes des histoires ayant marqué les lecteurs ou représentatives de l’évolution du contrepoint sombre de Superman à l’icône incontournable d’aujourd’hui.

Il est donc difficile de parler d’un style tant les histoires et leur mode de narration diffèrent sur près de 75 ans d’existence et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y en a pour tous les goûts de sa toute première aventure au récent relaunch par DC Comics…

Les premiers récits offrent un charme désuet par la naïveté des propos qu’ils dégagent, Batman étant un formidable terrain d’expérimentation en tous genres traversant les modes et les décennies en restant à chaque fois inventif.

Le travail éditorial est exemplaire avec une perspective du récit à venir en adéquation avec son contexte et moult références qui raviront néophytes comme les incollables du Caped Crusader.

On perçoit ainsi facilement le besoin de lui adjoindre un complice en la qualité de Robin ou de Batgirl, le changement de look du fameux majordome Alfred ou le tandem créé à l’occasion des affaires à élucider avec Superman par exemple.

Viennent après quelques périodes plus intenses avec une once de fantastique (somptueux dessins de Neal Adams), la première histoire dessinée par Frank Miller sur son Dark Knight, les doutes d’un Bruce Wayne sur sa propre identité ou la façon de gérer sa paternité non désirée….

Avec quelques petits joyaux comme « Permission de Minuit »ou « Prendre l’air » à la colorisation percutante, il subsiste en contrepartie forcément quelques rares récits anecdotiques et de qualité moindre (notamment sur la « renaissance » que je trouve bien moins intéressante personnellement) et certains reprocheront que peu de supervilains célèbres soient présents mais c’est sans compter les futures anthologies à publier (dont une du Joker qui s’annonce effectivement dantesque) et l’utilité de placer Batman au centre de chaque récit.

Voici un bien joli cadeau de Noël que nous fait Urban décidément très (trop ?) prolifique sur ses publications de la chauve-souris mais dont il serait difficile de se passer. Un must dans une batbibliothèque !

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 21 Page Suivante Page suivante 

www.bdtheque.com - Contact - Ce site nécessite l'utilisation de cookies - Flux RSS
Lien destiné au référencement du site : Liste des séries BD de BD-Theque