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... a posté 424 avis et 47 séries (Note moyenne: 3.29)

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Nom série  Bobby Zombie  posté le 27/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Le pari d’écrire et dessiner une série franchement drôle et divertissante sur les aléas d’un jeune zombie amoureux dans une école par strips de 6 cases formant une histoire complète et cohérente dans un format à l’italienne, ça vous dit ?

C’est le pari réussi de Loran avec ce très injustement méconnu mais très chouette Bobby Zombie.

Contrairement aux idées reçues et à quelques dessins gentiment trash, Bobby Zombie peut ne pas plaire aux parents qui s’en détourneront vite le regard pour attraper le dernier Titeuf à la place mais pourtant ce serait involontairement faire l’impasse sur une histoire rigolote aussi simple que maline et habile.

Point de « réalisme » à la Walking Dead, Bobby est simplement un zombie effectuant sa première rentrée scolaire. Forcément il n’est plus très frais, sent le cadavre et a une mine aussi fraiche que qu’un vieux steak oublié sous le soleil de juillet.

Un regard entre la jeune Cindy et lui scellent leur destin : Bobby en tombe aussi éperdument amoureux qu’elle est écœurée juste à l’idée de le voir ! Par chance, François-Xavier, un camarade de classe au QI surdimensionné (c’est lui qui le prétend), va le prendre sous son aile et en faire son ami.

Mais comment faire pour s’intégrer avec les copains, séduire la belle de la classe et passer une après midi à la plage en toute quiétude lorsqu’on est mort ?

Loran part de ce drôle de postulat pour écrire une œuvre unique en son genre, originale et drôle.. C’est effectivement gentiment trash avec quelques démembrements, la tête de Bobby reste rarement sur ses épaules et ses yeux exorbités se promènent un peu partout.

Mais qu’il provoque le dégout (on y vomit souvent) ou l’empathie, Bobby n’oublie pas le principal : nous faire rire et sourire souvent, chacun des strips pouvant se lire indépendamment avec une chute qui lui est propre, le tout formant une histoire complète dont la fin est particulièrement bien trouvée !

La galerie de personnages secondaires est assez sympathique, de Cindy, enfant sage ayant toutes les particularités de la peste tête à claques à son père, savant fou, voulant mettre la main à tout prix sur un zombie pour en déceler l’immortalité sans oublier François-Xavier et Bobby le zombie, pas une minute de répit sur une histoire se lisant relativement rapidement mais sans baisse de rythme notable.

Loran possède un trait tout en rondeurs rappelant un peu le style du fameux jeu vidéo « Plants vs. Zombies », simplifie les décors sans les oublier et colore son gaufrier de couleurs chaudes positives dont seul le vert pourri fade de Bobby contraste avec son environnement !

Le format à l’italienne est tout à fait adapté à la situation et devrait vous inspirer à quelques jours d’Halloween de vite lire et acquérir ce petit bijou sympathique et de lui redonner les lettres de noblesse qu’il mérite !

Du zombie, de l’amour, de la tolérance (si ), des origines de Bobby (si, si) et quelques vomis (si , si , si beuark !), tous en librairie pour Bobby Zombie !

Nom série  Naja  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est étonnant comme JDM ressasse à chaque nouvelle œuvre les mêmes références et les rebrasse à chaque fois pour en proposer un produit tout à fait nouveau et original.

C’est d’autant plus paradoxal que le thème du tueur solitaire et taciturne est un grand classique du polar quel qu’en soit le média utilisé (Le dernier samurai de Jean-Pierre Melville à Nikita de Besson pour le cinéma au Tueur de Matz ou à Soda de Tome pour la bd et j’en oublie....).

En proposant Bengal au dessin pour son graphisme épuré et fortement personnel (mélange réussi d’école franco-belgo-japonais-comics) aux couleurs pastel, le pari est assez audacieux avec des couvertures sobres présentant un personnage clé sur un décor absent.

L’orientation louche clairement vers un récit froid et presque distant sans peu de phylactère, une voix off mystérieuse et non dénuée d’humour détaché prenant les commandes sur des vignettes à forte teneur cinématographique. C’est d’autant plus réussi qu’on est rapidement immergés dans une histoire classique mais non dénuée d’intérêt d’une tueuse silencieuse et insensible à la douleur, la belle Naja.

Afin de bien comprendre tous les composants, JDM va user et abuser de flashbacks fondus avec sa trame principale. Il s’agit d’une histoire de survie. Naja est une tueuse professionnelle en concurrence avec 2 autres tueurs de son organisation qu’elle va devoir éliminer pour sa propre survie.

Qui est à l’origine de ce conflit ? Qui est ce jeune inconnu veillant sur elle et dont elle ignore jusqu’au prénom et motivations tout en étant irrémédiablement attiré par lui ?

Chaque tome se dévore comme un roman, la voix off jouant un rôle prépondérant pour nous expliquer, commenter, s’adressant ludiquement directement au lecteur.. A l’instar du très hautement recommandable Berceuse Assassine, chaque tome se veut représentatif d’un point de vue différent, à savoir les autres tueurs mais garde le fil principal autour de son héroïne.

L’ironie vient que pour une tueuse disposant librement de la vie ou de la mort de chaque personne l’approchant, elle se sent évidemment manipulée par une puissance inconnue et va devoir redoubler d’ingéniosité dans une vie qui a toujours été linéaire mais les règles du jeu ont changé et Naja va devoir s’adapter, voire se muer comme le reptile dont elle porte le nom de code.

Comme souvent à la lecture d’un récit de Morvan, il est impossible de décrocher. Il faut dire qu’il a trouvé un ambassadeur de qualité en la personne de Bengal.

Si tout n’est pas toujours super lisible notamment sur certaines scènes d’action, l’ensemble est de très grande qualité au point de me donner envie de lire Meka du même duo. Le dessin contraste pas mal avec la noirceur des propos. Le seul défaut notable est qu’il est parfois difficile de donner un âge sur les protagonistes qu’on jurerait ne pas voir dépasser 25 ans.
Hormis cela, Bengal a un style qui lui est propre et semble autant à l’aise avec les scènes d’exposition que les nombreuses scènes d’action (une constante chez Morvan qui a du compulser autant de références culturelles que Tarantino).

J’aurais été tenté d’y apposer la note maximale sans ce dernier tome assez déstabilisant sur les nombreuses révélations finales qui risquent de laisser plus d’un lecteur sur le carreau, moi y compris.

J’ai du relire certaines pages, aviser quelques propos sur le net afin de m’y faire mon propre avis.

C’est d’autant plus particulier que finalement je ne suis pas déçu du voyage, bien au contraire, et d’ailleurs on voyage pas mal dans Naja, d’un pays à un autre avec une constante ironique sur les us et coutumes des environnements visités mais j’aurais peut être attendu un peu plus ou mieux de Morvan que de conclure sur une note hautement allégorique.

L’épilogue final et inédit en tomes (je possède la jolie petite intégrale souple éditée en 2013) apporte même davantage de confusion que de résolution mais le trip sensoriel proposé par JDM et Bengal vaut largement qu’on s’y intéresse de plus près et une fois de plus encore avec ce scénariste, j’adorerais en voir une adaptation cinéma tant l’expérience est peu commune. En tous cas je relierais plusieurs fois l’ensemble avec tout autant de plaisir si ce n’est davantage et vous recommande largement d’en faire de même.

Nom série  La Machine Écureuil  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Avant toute chose, je me permets de rappeler ici que je suis plutôt friand de récits barrés et que les films de David Lynch autant que les œuvres de Charles Burns me font saliver dès qu’un nouveau titre de ces messieurs pointe son nez.

La Machine Ecureuil, édité de façon très classieuse par l’éditeur Ici-Même aurait donc du être une madeleine de Proust non négligeable tant les thèmes abordés que le dessin rapportent aux deux monstres cités plus haut.

Un noir et blanc de toute beauté vraiment très maitrisé, des inventions bizarres et loufoques et des portraits de personnages complètement dingues… mais la recette n’a hélas pas pris à mon plus grand désarroi…

Mais au final ça parle de quoi ?

Deux frères vivent en retrait dans une sombre masure, l’un est musicien, l’autre lui invente des machines à base d’animaux.. Forcément à l’image du désormais célèbre guide « Cruelty to Animals » édité par les Requins Marteaux, ça ne plait pas à beaucoup de monde lorsque les frangins exécutent un concert sanglant à l’aide de leurs bestioles… Et puis il y a cette mère omniprésente, cette jolie sauvageonne jumelle de celle du « Nom de la Rose » et ces labyrinthes cachés au fond de leur demeure….

Entre rêves et flashbacks, on perçoit très mal les intentions surement louables de l’auteur.. Il s’agit d’une expérience désagréable où le lecteur perd rapidement pied sans aucune logique et la trame ne va pas en s’améliorant au fil des pages….

Du coup cette succession d’images répugnantes, sensuelles (il y a pas mal de vignettes « freudiennes ») et ces longues pages détaillées où les héros déambulent sans but précis si ce n’est dans l’imaginaire débridé mais glauque de l’auteur ont vite fait de perturber à long terme.

Charles Burns dans son Toxic se permet un exercice similaire tout en permettant à son lecteur de se raccrocher à une référence ou à un intérêt tout comme le fait David Lynch dans ses films.

Sauf qu’ici il n’y a pas de rythme, pas d’attachement et aucune référence visiblement connu de votre rédacteur…

Le pire est que ça peut se lire éventuellement mais avec un détachement de plus en plus important au point même de se contrefoutre royalement de l’issue finale d’autant plus qu’aucune véritable explication ne viendra ponctuer l’ensemble.

C’est bien là où finalement on peut se rendre compte que la maitrise graphique importe peu. « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » affirmait de Musset et ici c’est exactement l’effet contraire.

Était ce voulu par l’auteur ? Probablement car la préface semble également aller dans ce sens prévenant le lecteur de la désagréable aventure sensorielle à venir.

Sauf qu’au final je n’ai rien ressenti de globalement positif tout comme ce fameux livre « Trame : Le poids d'une tête coupée » en un peu moins désagréable grâce au dessin de qualité cette fois-ci mais c’est bien peu de choses finalement par rapport à ce que j’en attendais.

Si quelqu’un peut m’éclairer également sur le pourquoi du comment de la fameuse « Machine Ecureuil » dont je n’ai rien saisi, je serais fort surpris de lire ici même les autres avis (si les gens ne sont pas rebutés pour autant) mais autant dire que je n’en conseille pas réellement l’acquisition.

Une curiosité qu’une seconde lecture permettrait peut-être d’élucider certains mystères mais en ai-je réellement envie ? Non en tous cas pas avant un bon moment.

Nom série  Cinderalla  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« Une variante de Cendrillon au pays des Zombies ».

Voilà, avec ceci tout est dit. Il s’agit de l’œuvre à ce jour la plus connue de Junko Mizuno et l’une des plus jubilatoires à ce jour pour peu que cette adaptation loufoque et un rien sexy/macabre vous fasse de l’œil.

Moins accessible et moins sage que « Hansel & Gretel » mais bien plus fun que « La petite sirène », Cinderalla ne peut laisser indifférent : on aime ou on déteste.

Il faut effectivement avoir en tête les univers de Tim Burton et/ou de la comédie musicale « Rocky Horror Picture Show » pour bien avoir une idée de cette Cendrillon s’amourachant d’un crooner zombie.
Evidemment, mieux vaut être également morte pour se faire aimer d’un macchabée et un œil remplacera la traditionnelle chaussure abandonnée !

Les dessins sont pétillants, les dialogues suffisamment naïfs pour provoquer le second degré attendu et les personnages secondaires, de la petite souris condescendante à la demi-sœur morte s’arrachant les seins par souci esthétique, plutôt rigolos.

C’est bien sûr à ne pas mettre dans toutes les mains mais le style rétro de ce manga « kawaï » a de quoi intriguer d’autant plus qu’il a beau être simple et parfois peu détaillé, sa mise en couleurs le rend unique et plutôt joli.

Alors bien sûr, ça ne plaira pas à tout le monde et cet univers bordélique au possible reste assez particulier mais on garde le sourire du début à la fin et tout comme les autres contes mis en scène par l’auteur, on arrive rapidement à la fin d’autant plus que cette Cendrillon-là est surement la plus attachante de toutes les héroïnes mises en scène par Mizuni.

Spooky rappelle justement plus bas qu’il s’agit d’un OVNI sans prétentions que de faire passer un agréable moment et je dois répondre que le pari est largement réussi.

L’édition est une fois de plus des plus réussies avec une interview de l’auteur.

Malgré un léger effet de répétition dans les thèmes abordés, je serais grandement tenté d’en vouloir encore !!!!

Nom série  La Petite Sirène  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La petite sirène est le conte que j’ai le moins apprécié de la trilogie de Junko Mizuno sur le thème sur les récits de notre enfance.

On prend les mêmes et on recommence avec cette fois un univers plus désespéré que pour Cinderella et Hansel & Gretel.

Le décor est assez rapidement planté avec 3 sœurs sirènes dévorant des marins après les avoir entrainé au fond de l’océan et fait subir quelques délicatesses « intimes ».

L’ensemble est assez trash malgré des couleurs oscillant entre le bleu et le rose. On y parle de soumission, de vengeance et de cruauté ainsi que quelques amours contrariées et autres métamorphoses. Disons que si la lecture reste recommandable et hautement divertissante pour peu que le sujet vous intéresse (d’autant plus que la couverture est cette fois-ci ultra trompeuse, certains parents ayant acheté ce livre pour leurs têtes blondes ont dû être surpris et pas de façon agréable), l’auteur loupe un peu le coche en éparpillant son histoire par un découpage parfois des plus confus.

Sans égarer trop le lecteur, l’humour est malgré tout mis en retrait par comparaison à Hansel & Gretel et Cinderella et le destin de Julie, principale sirène héroïne, plutôt surprenant.
Il s’agit au final d’un conte bien trash et surprenant qui risque de désamorcer pas mal de monde et ce n’est pas l’œuvre de Mizuno que je conseillerais pour se familiariser avec son style si particulier.

Malgré tout, il s’agit d’un incontournable pour les initiés et la réalisation de l’édition française est toujours aussi remarquable avec lecture occidentale, quelques bonus sans grand intérêt mais qui ont le mérite d’exister et un trait toujours aussi remarquable… Mais mieux vaut-il être prévenu qu’on ne risque pas d’y retrouver l’enchantement du conte d’Andersen

Nom série  Hansel & Gretel  posté le 16/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il s’agit de la première œuvre avec phylactères que je lis véritablement de Junko Mizuno.

Après être tombé sous le charme du récent « Ravina the Witch ? », conte détourné illustré de grande qualité mais n’entrant pas dans les critères requis par bdtheque pour en publier un avis, j’étais forcément intrigué par ses propres interprétations complètement barrées de nos grands classiques d’Andersen ou des frères Grimm !

Forcément l’exercice n’est pas nouveau ni même follement original. Pourtant la demoiselle développe un univers qui lui est plus personnel qu’universel. Hansel est un petit garçon enveloppé né avec la voix qui porte d’où le port nécessaire d’un cache pour atténuer le timbre de sa voix (voir couverture).
Gretel sa sœur est une fière amazone qui préfère avoir une épée en bois en cadeau d’anniversaire qu’un vélo. Elle est téméraire et se pose peu de questions.

Leurs parents tiennent une petite épicerie où ils revendent des tranches de cochon et des légumes poussant dans les cheveux de bestioles vertes.

On se croirait pour peu dans le pays des Bisounours quand une pénurie de vivres va pousser les habitants de ce joyeux bordel vers un piège tendue par la mystérieuse princesse Marylin… Mais nos héros sont aux aguets !

Vous ne comprenez rien à tout ce charabia qui ressemble autant à un conte de Grimm qu’Eric Zemmour à Alain Decaux ? C’est normal ! Bienvenue dans l’univers complètement foutraque de Junko Mizuno qui sous des dessins naifs et acidulés cache une œuvre unique et très divertissante.

Selon les notes de l’éditeur, cet auteur japonais a même redessiné et réécrit certains dialogues pour la publication française (qui se lit d’ailleurs dans le sens occidental).

C’est très rapide à lire, complètement « what the fuck » et tout simplement délicieusement fun !

Le graphisme pop art un brin vintage n’est pas des plus impressionnants mais il possède un côté rafraichissant rehaussé par des couleurs warholiennes et un découpage plutôt sympa.

Si on est déconcerté pendant les 10 premières pages, le temps de se remettre de nos émotions permet d’adhérer (ou pas) complètement à cet univers. Pour ma part, lisant très peu de mangas, j’ai beaucoup apprécié.

En dépit de quelques cases gentiment trash ou dénudées, ce n’est quand même pas la version que je proposerais à des ados et encore moins des enfants mais ça reste un chouette petit délire coupable que je relirais bien facilement et avec plaisir !

Nom série  Abélard  posté le 07/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Plutôt déçu de ma première rencontre avec l’univers de Renaud Dillies avec Betty Blues, je ne pensais pas un jour revenir sur une de ses œuvres.
Sa spécialité de la bd animalière mélancolique rencontre un certain succès que je reconnais comme mérité (son trait simple est particulièrement approprié pour les thèmes évoqués) mais qui m’avait laissé de marbre.

Cependant, me voici à nouveau en train de chroniquer un album de cet auteur. La différence est qu’il s’est passé quelques années, que Betty Blues était sa toute première œuvre et qu’il est ici appuyé par un scénariste connu et reconnu en la personne de Régis Hautière.

Les différents retours sur Abélard ont commencé à porter leurs fruits et finalement emporté sur ma curiosité tout comme le joli recueil en guise d’intégrale assorti d’un format sympa et d’une belle mise en page.

Premier bon point, une fois l’histoire entamée, on n’a de cesse de vouloir en connaître la fin d’où une lecture continue intéressante jusqu’aux tous derniers moments du récit.
Second bon point, le dessin de Dillies s’est nettement amélioré avec un style faussement « gentillet » et rehaussé de hachures du plus bel effet. Les couleurs sont toujours aussi jolies.

Quant à l’histoire, elle ne détonera pas particulièrement. Cela a déjà été dit ici ou là mais cette transposition du Candide de Voltaire dans un monde inadapté pour un sempiternel rêveur optimiste est un thème déjà abordé.

Abélard est donc un petit moineau romantique qui vit avec ses amis essentiellement masculins de pêche et de parties de carte dans une oisiveté que j’envie mais qui perturbera notre oiseau dès lors qu’il sera confronté au mal absolu : l’attirance d’une personne de sexe opposé « venant » de la ville.

Convaincu qu’il lui faut décrocher la lune pour la séduire et que seuls les Américains peuvent l’aider avec leurs machines volantes, Abélard s’enfuit de son marais dans l’espoir de rapporter la lune à sa belle.

Cette quête initiatique sera ponctuée bien sûr de rencontres en tous genre, on oscille entre Pinocchio, l’innocence en plus (Abélard ne ment pas et ne voit le mal nulle part) et voyage doux amer.

Ce voyage sera surtout pour lui l’occasion de mettre en lumière les absurdités de notre quotidien par le racisme, la tolérance mais aussi de belles choses comme l’amitié ou le rêve.

C’est par ce curieux équilibre entre images douces et propos parfois cruels sans jamais tomber dans la facilité que les deux auteurs nous entrainent dans une histoire d’une banalité confondante mais aussi riche qu’une plongée dans des univers comme « Easy Rider » ou « Into the Wild » pour raccrocher les wagons à une substance cinématographique.

Le récit manque peut être parfois d’audaces mais multiplie intelligemment les personnages croisées. Il y a certains qu’on pensait revoir sur la fin et d’autres qui ne font que passer tout en imprégnant le récit de leur substance ou de leur présence. C’est en cela que le récit est finalement intelligent et mélancolique. Une part de poésie et de mystère est également de la partie avec ces proverbes tombés du chapeau d’Abélard ce qui peut contraster avec certains propos bien violents.

Abélard a beau être con et complètement à côté de la plaque, il reste touchant. On ne sait rien de l’issue de son « odyssée » mais certains indices glanés en cours de route ne devraient pas non plus trop surprendre les lecteurs attentifs ou rompus aux précédents ouvrages de Dillies.

On pourra être touché ou pas en fonction de l’humeur mais le voyage et la compagnie d’Abélard et de son compagnon grognon de route n’est pas désagréable grâce à une lecture rapide et un dessin vraiment sympa.

C’est également en écrivant cet avis que je vais passer ma note initiale de 3 à 4. Preuve également que l’univers d’Abélard ne m’a pas laissé si indifférent que cela.

Nom série  Zombies Néchronologies  posté le 29/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le sympathique tome 0 de la série Zombies d’origine intitulé « La mort et le mourant » a du donner quelques idées à Olivier Péru pour étayer son univers zombiesque.

En effet, à peine le premier cycle achevé avec Sophian Cholet qu’on ne retrouve plus ici qu’à la réalisation de la belle couverture sur fond de tour Eiffel, « Zombies Néchrologies » fait son apparition en proposant une histoire complète et indépendante se déroulant pendant l’apocalypse des infectés et à chaque fois dans un pays différent.

A tout « saigneur » tout honneur puisque ce sera notre pays qui aura les honneurs d’ouvrir cette série parallèle sous la plume de Nicolas Pétrimaux qui a réalisé un travail exemplaire même si assez éloigné du style de Sophian Cholet.

Scènes dynamiques, encrage assez lourd et décors écrasant de réalisme, tout sied à merveille pour restituer une ambiance putréfiée si chère au cadre. Néanmoins Olivier Péru y dresse cette fois ci un visage politique assez ironique et culotté de notre politique actuelle puisque Charles (en référence à de Gaulle probablement dont il emprunte certains traits), le héros de cet opus, incarne le garde du corps des présidents depuis Mitterand jusqu’à notre François Hollande actuel non sans écorcher au passage chacune de nos chères personnalités par un flashback à la construction remarquable et peut-être encore plus l’actuel hôte de l’Elysée de façon bien plus fun que les écrits de sa célèbre ex-compagne 

Autant dire que les premières pages impriment un rythme haletant et tout à fait inédit de bon aloi.

Loin de vouloir se reposer sur ses lauriers, Péru entraine dès lors son garde du corps assorti d’un compagnon d’infortune plutôt pénible vers une fuite en direction de Genève où les remparts résistent face à l’invasion zombie vers une micro-société peut-être pas aussi bien intentionnée que souhaitée…

Péru aligne subtilement les leçons de sa série mère (parfois au rythme bien trop lent et trop gentil selon moi) pour imposer le sarcasme du fameux tome 0 (incontestablement à ce jour mon tome préféré) et ses scènes d’action.

La fin lorgne sur le film « 28 jours plus tard » avec le danger militaire mais le scénario réserve encore quelques bonnes surprises et une fin tout à fait à la hauteur aussi iconique que touchante.

Il n’y a rien de strictement original dans tout cela mais cela reste d’excellente facture et reste très divertissant. Olivier Péru excelle davantage dans des scénarios courts et brutaux comme pris sur le vif que sur des odyssées au long cours (quelque part la rupture de cycle sera sans doute bénéfique pour la série mère).

Sans être indispensable, ce tome mérite amplement d’être lu et pas seulement pour l’utilisation effrontée de Mr. Hollande !

Pas mal du tout et complètement indépendant de Zombies.

Nom série  Beauté  posté le 29/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ne vous fiez pas aux apparences, derrière ses allures de conte délicat, Beauté cache en son sein intérieur bien plus de trésors que les apparats auxquels son titre et son trait naïf se prêtent.

Il faut dire que du duo Kerascoêt dont je connaissais déjà le travail sur deux tomes (de mémoire) de Donjon Crépuscule et surtout le cruel et surprenant « Jolies ténèbres », je ne pouvais guère m’attendre à un récit aseptisé.

C’est cette fois sous la bonne inspiration de Hubert que ce duo prête son talent à une histoire à l’apparence enfantine mais bien sombre…

Hubert connait ses classiques pour mieux les détourner. On n’échappe pas ainsi à la destinée morose de Morue, ainsi nommée pour sa laideur et surtout ses forts relents d’écailleuse de poissons.

Exploitée par sa vilaine marraine, elle aspire à une destinée toute autre, simplement être appréciée et trouver un amoureux.

Ce vœu va être en partie exaucé lorsque Morue délivrera une fée d’un sort funeste.

Elle va devenir belle tout simplement mais attention son physique ne change pas, c’est le regard de tout autre être masculin comme féminin qui va être modifié et la considérer comme la plus belle femme suscitant convoitise et jalousie.

Dès lors, l’astuce géniale des auteurs est d’alterner entre les deux apparences de Morue (rebaptisée Beauté par la même occasion) selon le point de vue adopté pour n’en faire qu’une seule et même personne pour le lecteur. Le procédé est bluffant et sert une histoire qui ne va pas manquer de bouleversements (les hommes la désirent au point d’en devenir fous et les femmes veulent sa mort).

Contrairement à certains avis lus ici et là, j’ai trouvé le pitch sur la relativité de la beauté intéressant à plus d’un égard. Non seulement Hubert truffe son récit de rebondissements incessants mais il offre une réflexion sur les apparences tout à fait habile. Les personnages secondaires entre la princesse Claudine, Eudes et le fameux Roi Sanglier sont détaillés au-delà des stéréotypes et plutôt bien construits. Il y a un véritable souffle sur l’ensemble de ce récit qui n’hésite pas à faire évoluer son personnage principal sur plusieurs époques.

La bonne fée ayant accordé la beauté à Morue est loin des clichés des films de Disney car son but avoué est de semer le chaos parmi les hommes par pure vengeance personnelle ! Aucun doute d’être déçu sur l’issue de son projet !

Le dessin est juste magnifique. Si le découpage est parfois abrupt, la voix off apporte un peu d’ironie (la sexualité trouble du conseiller du Roi Sanglier par exemple), on passe d’une époque à une autre, d’un environnement à un autre avec une belle aisance.

Je dois dire être plutôt impressionné par le trait de ce duo. Il s’agit de vignettes expressives au trait rond et avec un sens du détail pas forcément perceptible au premier abord.

Les couleurs employés sont flamboyantes tout en rappelant une utilisation similaire sur les œuvres de Trondheim et de Bruno, deux écoles que j’apprécie fortement.

Reste le cruel choix pour déguster ce chaos : en tomes séparés et en couleur ou en intégrale bichromique (noir et bronze), chacune des versions possède son charme indéniable et je n’ai su trancher, me repaissant des deux éditions.

A noter que l’édition intégrale dispose également d’un épilogue inédit de 4 pages pas forcément indispensable mais complétant bien de façon ironique la morale pas si manichéenne de ce récit indispensable !

Néanmoins et quel que soit votre choix, peu de chance d’en sortir déçu !

Nom série  Zombies (Soleil)  posté le 01/07/2010 (dernière MAJ le 26/09/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une nième série sur les zombies éditée par Soleil cette fois et dont le titre principal et la couverture du premier tome ne peuvent tromper sur le contenu. On pense tout de suite refermer l’ouvrage tant le sujet convenu a été rabâché jusqu’au dégoût sur tous les médias.

De ma première claque dans le genre par le film "Zombie – Dawn of the Dead" de Romero à la saga Walking Dead qui n’ont, à ce jour selon moi, pas été surpassés.

Sachant que ces deux monuments ont été copiés, remakés, voire adaptés, que peut-on attendre de cette nouvelle œuvre ? Et bien déjà une approche un peu plus européenne que ce soit dans le traitement du dessin, fort joli et bien mis en scène ou dans le traitement de l’histoire par voix off et qui rappelle à juste titre cet autre chef d’œuvre que je vous recommande en nouvelle : "Je suis une Légende" par Richard Matheson. Le héros ici n’en est pas un et on peut douter de sa santé morale. Bel exemple contemporain de la réussite professionnelle et familiale (il est gros, séparé et promu gérant de son Mac Donalds !!!), cet homme va rapidement s’adapter à son environnement que l’on devine hostile et immoral, évoluant seul tel un pion dans l’échiquier et tour à tour traqueur et fugitif.

Sa rencontre avec un enfant de 12 ans va lui redonner un sens à une vie qu’il sent condamnée, mu par l’espoir de retrouver sa propre fille et un semblant d’espoir dans une existence dont il a oublié les règles.

Pour le coup on ne sait trop vers quelle issue fatale ou pas les auteurs vont nous amener et c’est ce qui maintient un intérêt qu’on devine croissant malgré le peu de pages et son cliffhanger inattendu. C’est également ce qui caractérise ce thème populaire : les histoires de zombies sont forcément cruelles et celle-ci ne déroge pas à la règle.

Les reproches à faire sont que la progression de l’intrigue est à la fois trop rapide et pas assez détaillée mais l’excellente utilisation de la voix off permet de s’attacher et c’est un excellent compromis entre un Walking Dead de plus haut niveau immersif certes, mais à la fois à la narration beaucoup plus lente car développée sur plus de 100 chapitres…

Difficile de savoir si la qualité sera encore au rendez-vous (en espérant également que Soleil n’abandonnera pas cette belle série) mais pour une fois qu’une œuvre portant sur les zombies peut intéresser un lectorat étendu et est aussi bien réalisée, il serait difficile de bouder son plaisir de lecture et le pari de coexister dans ce registre particulier sans en dénaturer les originies ni sans copier trop d’œuvres américaines vaut aisément un coup de cœur agrémenté d’un 3/5 qui ne demande qu’à être augmenté.

EDIT : A présent que le premier cycle de cette série est achevée, il est enfin temps d’éditer cet avis qui ne concernait que le premier tome et s’est vu compléter par un tome 0 et 2 autres albums sans tenir compte du spin-off « "Zombies Néchrologies" ».

Le dessin de Sophian Cholet s’est amplement amélioré, l’auteur mettant un soin particulier à affiner les détails et à multiplier les vignettes comme les plans amples. La couleur en pastel orangée rappelle littéralement un lever ou coucher de soleil constant (référence à la traduction littérale de « Dawn of the Dead » de Romero ?) faisant baigner l’ensemble dans une palette bien plus chaude que l’univers putride décrit.

Et voici à la fois le point faible et fort de cette série. D’un côté l’ensemble est très prenant mais d’un autre, une certaine noirceur inhérente à ce genre de récit post apocalyptique fait défaut. Ici on a l’impression que la plupart des personnages sont pétris de bonnes intentions. On passe aussi rapidement d’un groupe à un autre. Plusieurs groupes ? Oui ici les humains s’entendent « presque » tous ensemble et aiment porter des t-shirts de groupes ou de films connus. Autant dire qu’on est aux antipodes d’une série comme Walking Dead.

Par contre, Olivier Péru n’oublie pas qu’on évolue dans une série pessimiste… C’est en effet la grande force de cette série. Alors que tout pourrait paraître confortable et finalement peu stressant, il n’a pas son pareil pour redistribuer les cartes et bouleverser les rôles de personnages que l’on aurait pu croire comme étant « protégés ». Il y a également une belle part d’humour noir qui arrive toujours au moment le plus inattendu comme si Péru annihilait tout espoir.

L’ensemble forme donc un tout cohérent de grande qualité dont il ne faudrait pas se priver tant cette série a un potentiel de relecture bien plus important que d’un Walking Dead dont on finit invraisemblablement par se lasser.

A noter que le tome 0 peut se lire comme un one shot à part entière en relatant le début de l’apocalypse par un des personnages clés de cette aventure. Sophian Cholet laisse volontiers sa place au profit d’un Léoni tout aussi convaincant si ce n’est davantage pour les scènes d’action et de tension. C'est d'ailleurs mon tome préféré à ce jour !

Très divertissant à défaut d’être révolutionnaire et inspiré, si vous êtes fans de zombies, ruez-vous sur cette collection.

Nom série  La Nuit des morts-vivants  posté le 08/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Des deux auteurs pourtant connus je ne connaissais aucune des œuvres réalisées auparavant. Si le nom de Jean-Luc Istin ne m’est pas étranger, j’avoue ne pas être un trop grand spécialiste des œuvres d’héroic fantasy et encore moins de ses scénarios. Quant à Elia Bonetti, je ne connais rien.

Par contre, en grand fan de la sous culture zombie et ce depuis près de 30 ans et bien avant le renouveau actuel, ce bon classique de George Romero, La nuit des morts-vivants, qui a défini les bases de ce sous genre (huis-clos, paranoïa, message politique et horreur pure et dure), il était bien probable que ce bouquin finisse par tomber entre mes mains, attiré par la curiosité d’une relecture contemporaine de ce classique et la promesse d’un récit en 3 tomes.

Et là je dois confesser être agréablement surpris et à plus d’un titre.

Gommons de suite les aspects négatifs, alors oui le format à l’école franco-belge est surprenant. Oui s’attaquer à un récit aussi connu et qui a connu nombre de remakes audacieux (celui de Tom Savini en 1990 est somptueux alors que tous les autres sont incroyablement ratés) est assez culotté et je ne suis pas un fan absolu du trait rigide et appliqué de Bonetti.

En contrepoint, Jean-Luc Istin a su éviter les pièges du remake prétentieux et inutile en y apportant toute son expérience et ses souvenirs et en ne gardant que les grandes lignes du récit d’origine de façon assez subtile.

Rappelons que le film narre l’escapade d’un frère et de sa sœur partis rendre visite sur la tombe de leurs parents comme d’accoutumée une fois par an avant d’être attaqués par un mort vivant.
Seule survivante de cette confrontation, la jeune fille se réfugie dans une maison perdue au milieu de la campagne avec d’autres fugitifs inconnus afin d’y survivre contre les assaillants devenus au fur et à mesure de la nuit bien plus nombreux.

Jean-Luc Istin garde la trame du frère et de la sœur dans le cimetière, remplace la bicoque par un gigantesque hôtel rappelant l’Overlook Hotel de Shining et multiplie clins d’oeils (dont un évident à 28 jours plus tard dès l’introduction) et scènes d’exposition musclées. Il en profite pour modifier les prénoms, changer la destinée des personnages, complexifier leur background et appaire un tout nouvel habillage pour en sortir une œuvre complètement inédite.

Cet improbable gloubi-boulga aurait pu être indigeste mais relève l’intérêt du lecteur blasé que je suis par des scènes d’action assez vives et un très joli sens du découpage par vignettes donnant un cachet cinématographique des plus nerveux tout en rendant l’ensemble extrêmement aisé à suivre.

On peut rapprocher cette adaptation du travail de Péru et Cholet sur leur « Zombies » davantage d’un Walking Dead sans que le présent récit empiète à la fois sur cette œuvre voisine ni sur le film dont on s’inspire.

L’exploration de l’hôtel dans le derniers tiers de ce premier tome a su recréer le stress des premières parties de Resident Evil dans son manoir délabré. Pour sûr, Istin a bien compris la mécanique et rend une œuvre joliment nostalgique et innovante de ses passions pour le genre.

Belle synthèse divertissante, cette nuit des morts vivants devrait plaire et rencontrer son public sans abuser de scènes trop dérangeantes, les auteurs sachant ménager leur suspens par quelques touches subtiles ménageant notre curiosité et appeler à un tome 2 très attendu, qui je l’espère, transformera les espoirs de cette jolie introduction.

A noter une très jolie couverture de Ronan Toulhoat pour emballer le tout !

Nom série  The Cape 1969  posté le 21/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
1969 : une escouade de soldats US est faite prisonnier par un cruel officier vietnamien dans une jungle vietcong… Le capitaine Chase, pilote d’hélicoptère va y faire la plus surprenante des rencontres…

Difficile de croire par un tel pitch le rapport existant entre ce « The Cape 1969 » et le one shot au même nom de Joe Hill.

Et pourtant il ne faudra guère plus d’une case pour comprendre le rapport évident entre Eric Chase, héros malfaisant de l’œuvre d’origine et ce pilote qui n’est autre que son père…

Même si le tout peut se lire sans connaissance des méfaits de la fameuse cape, il subsiste quelques interconnections évidentes et un rythme tout à fait similaire.

Car The Cape 1969 se lit comme on regarde une bonne vieille série B un dimanche après-midi. Ça ne manque ni de rythme ni d’efficacité mais le postulat ne dépasse guère les ambitions d’origine.

Grosso modo et sans trop dévoiler d’une histoire bien trop mince à mon goût, les pouvoirs volants d’Eric vont trouver leurs origines mystiques dans la jungle vietnamienne. Si l’ensemble est bien trop succinct pour évoquer autre chose que la revanche de Chase sur son tortionnaire vietcong, il convient néanmoins de trouver ça foutrement efficace.

On va donc s’en prendre plein la gueule sur les 4 chapitres d’un récit évoquant le schéma classique des sévices subis puis du retournement de situation. Effectivement voler confère de nouvelles possibilités à Chase qui va s’en donner à cœur joie dans une seconde partie spectaculaire.

Joe Hill n’aurait pas participé à ce développement mais on ne sent aucune trahison dans l’écriture de cette histoire portée par un dessin toujours aussi dynamique et lisible. La boucle est bouclée pour ce récit aux allures de montagnes russes mais dont on ne gardera malheureusement pas un énorme souvenir par après.

Un bon gros divertissement aussi fun que dispensable pour les amateurs de bastons surréalistes (situer l’action au cœur d’une guerre comme celle du Vietnam est un pari inédit).

Nom série  Vacuum  posté le 21/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’adolescence est un vaste débat. Déjà parce qu’il s’agit d’une période particulière que tout le monde vit de façon très brutale ou effacée mais toujours très personnelle.

Après parce qu’on n’en sort jamais réellement de ce douloureux passage de l’enfance à l’age adulte (j’en suis un bel exemple ).

Enfin parce que toutes les œuvres consacrées à l’adolescence sont toujours passionnantes à mes yeux et riches d’instructions.

Après avoir refermé Vacuum du méconnu mais talentueux Lukas Jüliger, on se remémore forcément certaines images imprimées à vie sur nos rétines de Virgin Suicides, Donnie Darko (encore et toujours ce film) sans oublier Elephant de Gus Van Sant.

Malgré les nombreuses références évoquées (Vacuum pourrait être effectivement une adaptation littéraire de Donnie Darko et de son apocalypse en compte à rebours), le présent bouquin n’est pas un plagiat de plus mais possède sa propre identité s’affranchissant tour à tour de ses références par un univers qui lui est propre et distinct.

Aidé par un dessin tout en substances et en douceurs tirant vers le beige et le gris, on nous prend par la main sans brusquer les choses, aidé il est vrai par un rythme calme et précédant la tempête qu’on nous promet en fin d’ouvrage (il s’agit de relater la dernière semaine avant la fin du monde chapitrée par les jours). Quelques vignettes sont tout à fait sublimes et évoquent autant la contemplation que la mélancolie qui habite chaque page comme chaque cœur de nos jeunes protagonistes.

Car l’auteur n’a pas son pareil pour dépeindre une révolte passive mais bien présente. Les « héros » déjà n’ont pas de prénom afin de mieux s’en identifier à part Sho qui a trop abusé de drogues et s’invente un monde alternatif dont lui seul possède les clés d’entrée comme de sortie.

A côté de cela une histoire d’amour perturbée et complexe s’installe entre le narrateur et la « girl next door » qui lui ouvrira certaines voix de perception rajoutant un peu de fantastique et surtout de poésie par petites touches là où Charles Burns cherchait à installer un électrochoc « cronenbergien » avec les mutants isolés de Black Hole.

Ici les actes violents sont évoqués et effleurés là où le duo Mezzo/Pirus usait et abusait d’ironie et de provocation dans le Roi des Mouches.

On peut trouver l’histoire immobile mais son côté figé amène une véritable progression sur l’ensemble des personnages dont on pourra comprendre leur passé dans une narration complètement maîtrisée de l’auteur.

Les ellipses peuvent paraître brutales mais l’ensemble est d’une telle cohérence et évidence au final qu’il est difficile de ne pas y adhérer pour peu que l’on soit sensible au sujet.

Le choc ressenti à la fin de l’ouvrage découle même d’une logique implacable là où tout parait flotter et donne envie de s’y replonger plus tard, le cœur un peu plus vide des sensations évoquées.

Il s’agit surement d’un des plus beaux romans graphiques que Rackham nous fait l’honneur d’éditer dans un format approprié sur un papier de qualité. Difficile de résister à ces jolis dessins au contenu finalement pas si anodin.

Nom série  Petites cervelles  posté le 30/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ici l’enthousiasme des comics de zombies laisse place à une déception toute relative…
Après l’adolescence et les zombies titulaires d’un DEUG, voici les cours de récré envahies par des hordes de zombies ! Où allons-nous ?

De très bonnes critiques récoltées sur la toile ne résument pas tout, dans un esprit très MAD (le magazine anglais, pas Mad Movies), Bob Fingerman dresse un petit portrait de ces sales petits moutards qui cherchent rien que des emmerdes en se battant dans la cour d’école, se mettent les doigts dans le nez et matent des bouquins pornos. Un peu comme vous et moi il y a 30 ans (pour ma part) voire moins pour les plus jeunes d’entre nous.

La morale ne sera pas sauve puisqu’un charmant professeur aidé de deux têtes à claques intellos (vous savez, ces garçons boutonneux à lunettes qui font rien que d’étudier et qui ne vous intéressent pas et qu’on trouve dans tout récit se passant dans un collège US) fait quelques expériences à base d’une curieuse fumée mauve nauséabonde, prétexte à réanimer certaines cellules mortes sauf que là le résultat va être tout autre avec recrudescence de cadavres dans toute l’école !
Une petite chance subsiste : on ne devient zombie que si l’on est mordu ou trop jeune pour la puberté ! Une chance pour nos petits moutards décrits plus haut qui vont devoir s’armer de tout ce qui leur passe sous la main et découper du zomblard pour notre plus grand plaisir !

La couverture est plutôt prometteuse, de belles couleurs chatoyantes, des petits corps bien dessinés avec des grosses têtes et de la tripaille au bout de 30 pages sur les 100 que compte ce petit bouquin cartonné.

Et pourtant la mayonnaise ne prend pas pour un problème à la fois de culture et de souhait de faire de l’indépendant coute que coute j’imagine. C’est très bavard et ça se veut drôle sans l'être souvent.
Passe encore, c’est le gros avantage d’un comics par rapport à un roman. Mais le souci c’est que c’est BEAUCOUP trop bavard, les scènes sont plutôt mal découpées et le dessin si charmant du début commence sérieusement à gonfler au bout de quelques pages…

Le plus drôle c’est plutôt le contraste amené par ces charmants dessins avec les scènes gores car la fin du livre passe d’une scène de tripaille à une autre mais l’effet escompté n’est plus du tout le même. Nos petits mouflets survivants arrivent à sortir de leur école et … c’est la fin ! Une suite est-elle prévue ? même pas mais au vu des nombreuses critiques de ce Recess Pieces sur le net, a priori c’est un comics apprécié outre-Atlantique mais absolument pas de moi.

Un achat complètement superflu surfant sur le succès de Minimum Wage mais agaçant au possible. A fuir comme la peste, les curieux comme moi en seront pour leurs frais.

Nom série  Cowboy Henk  posté le 02/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Contrairement au ressenti de Spooky, je suis plutôt fan d’humour trash, celui qui tache et mixe des éléments tellement vulgaires et décalés qu’il serait parfois impossible de le décliner sous un autre format que notre média préféré sans provoquer dégout et rejet.

Cela fait longtemps que je connais ce personnage atypique de Cowboy Henk. Il faut dire que le bougre a toujours eu un succès d’estime par ses strips complètement à côté de la plaque et le contrepoint offert par une ligne claire habituellement réservée à des œuvres plus « fréquentables ».

Le décalage offert peut créer l’illusion mais à court terme car si l’ensemble des strips peut se lire sans déplaisir (le présent ouvrage fait œuvre de compilation), à aucun moment on ne peut dire que cela m’ait fait rire ou sourire.

La chute est souvent creuse et sans réel intérêt et c’est donc sans intérêt ni sans véritable grand déplaisir que l’on peut lire ces histoires qui vont vous faire douter de votre raison.

Après je reconnais une certaine audace voire même poésie dans certaines de ces situations mais c’est effectivement peut être peu pour un livre censé être drôle… à moins que cette sélection ne soit pas si pertinente…

Dans un registre similaire, je ne peux que vous recommander Mox Nox de l’Espagnol Joan Cornella qui est tout aussi spécial mais plus intriguant. Cette façon de montrer l’absurdité de notre monde est effectivement culottée à défaut d’être complètement réussie.

Très spécial mais pas forcément complètement loupé, ça se lit aussi trop vite malheureusement…

Nom série  Lucy Loyd's nigthmare  posté le 30/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Tout commence par un bouquin sorti de nulle part et posé avec hésitation par le libraire entre comics et bd franco-belge…
Tout commence par un livre scellé avec sur-couverture noire classe et mystérieuse où seule une main rouge semble appeler de l’aide et un 4ème de couverture représentant un dinosaure affublé d’une clope et de ray-bans.
Tout cela finit par m’intriguer et c’est avec davantage de curiosité que d’envie que je me suis lancé dans cette lecture tentaculaire qui au final ressemble à un gigantesque tour de grand huit dont on ressort le sourire aux lèvres.

Du tout bon et je vais m’en expliquer….
Reprenant le principe des histoires horrifiques propres des Tales of the Crypt et autres Creepshow, Lucy Loyd’s Nightmare relève non seulement le challenge d’en être une déclinaison contemporaine mais se paye de le luxe d’être de surcroit un fantastique livre-concept où toutes les histoires s’entrelacent intelligemment par un fil narratif et la récurrence de certains personnages.

Le livre lui-même est représenté comme un objet maudit écrit par une certaine Lucy Loyd, papesse de ce style de comics et annonce des éléments violents, gore et grand guignolesques aidés par un cadrage remarquable, des doubles pages superbes et un certain art de la mise en scène (ma recommandation serait de ne pas le feuilleter histoire d’en garder toute la saveur de la découverte).

Aidé de surcroit par un dessin superbe à l’américaine par un auteur inconnu, les histoires apportent des chutes bien cyniques qui m’ont fait hurler de rire (A good man et sa morale, bad habits et son shérif mégalo) entre quelques éclaboussures car oui on baigne dans le sanguinolent mais pas dans le glauque et rarement le vulgaire.

David Chauvel (Lucy Loyd ?) truffe son récit de références discrètes et nuancées en faisant directement référence à John Carpenter (On pense directement à L’antre de la folie et un personnage ressemble curieusement à Kurt Russel) et les diverses manipulations des différents récits donnent l’envie de relire de suite le bouquin histoire de repérer tout un tas de détails discrets et savoureux jusqu’au clin d’œil de page de garde final.

Un petit bijou qui devrait remporter l’adhésion et dont il ne vaut mieux pas trop en dire pour en laisser la surprise mais j’applaudis de vive voix le concept qui va encore plus loin que les pourtant très bons Doggybags dans un registre similaire mais différent.

Lucy Loyd’s Nightmare se doit de figurer en tant qu’objet précieux et dédicacé dans votre bibliothèque.

« Very clever » !

Nom série  Les Tourments de Double Face  posté le 27/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Parti sur une bonne impression générale avec la collection DC Nemesis qui propose un récit inédit mettant en avant l’une des bêtes de foire de l’asile d’Arkham et après avoir lu l’intéressant « La Revanche de Bane » ou l’intriguant « La Splendeur du Pingouin », j’étais donc confiant avec cette histoire hissant Double-Face, l’avocat Harvey Dent horriblement défiguré et à la trouble personnalité d’autant plus que les talents combinés d’un Sean Phillips (Criminal, Fatale avec Brubaker) et Jae Lee (La Tour sombre et autres marvelleries) auraient du produire des étincelles !

Las ! Je n’ai jamais été opposé à ce qu’une œuvre soit réalisée par différents dessinateurs (ce phénomène est même chose courante pour les comics) mais l’alchimie attendue ne marche ici pas du tout. Les styles de ces deux auteurs reconnus ne se marient effectivement pas et particulièrement sur le personnage de Double-Face qui de réaliste et macabre dans la version Jae Lee (pour la première moitié) devient grotesque et cartoonesque dans la seconde réalisée par un Sean Phillips en toute petite forme.

Mais passons, malgré une introduction des plus mystérieuses (des citoyens de Gotham sans histoire ni passé judiciaire commettent des meurtres atroces), on bascule très rapidement dans une histoire des plus simplistes qui soit et cumule une impression de déjà vu et de somnolence assez conséquente.

Grosso modo, Batman va interroger un Double-Face emprisonné (pas pour très longtemps) avant de réaliser que ce dernier souhaite empoisonner la ville entière et rendre la population aussi démente que lui. Certaines scènes de flash-back sur l’enfance de Harvey Dent sont intercalées sans grosse continuité pour révéler le « twist » final que l’on aurait pu deviner dès le second chapitre et Batman tombe dans des pièges grossiers et où l’occasion de l’anéantir à jamais et/ou de révéler son identité n’iront bien sur jamais à leur terme.

Et que dire d’un Bruce Wayne pleurnichard, d’un Jim Gordon déclarant le plus sérieusement du monde qu’une femme s’est décapitée elle-même avec une fourchette ( ????) ou d’une morale à deux balles sur le tabac comme produit aussi addictif que la drogue de Double-Face ?

On parsème l’ensemble de quelques fautes d’orthographe ou d’accords que le traducteur français n’a dû voir venir (la relecture de l’ensemble devait également lui être pénible) et d’une mise en scène peu folichonne pour se rendre compte du gâchis incroyable de talents dans un livre qu’il m’a fallu reprendre à plusieurs fois avant d’en voir la fin…

Une œuvre bien mineure dans un univers qui ne compte pas que des chefs d’œuvre visiblement et surement le récit le plus décevant lu sur le Chevalier Noir... A éviter de toute urgence.

Nom série  Les Miettes  posté le 26/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril !

Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet !

Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus !

Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités !

Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié.

Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous !

Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port !

Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire.

L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte.

Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !

Nom série  Silver Surfer - Parabole (Moebius)  posté le 22/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici une initiative sympathique par Panini Comics, un éditeur souvent décrié mais qui a eu cette fois la bonne idée de rééditer une œuvre maintes fois discutée et parue sous de nombreux formats épuisés actuellement, à savoir le Surfeur d’Argent par Moebius.

Pour la petite histoire, si Stan Lee a souvent été impressionné et inspiré par Moebius et son travail pour l’Incal et Blueberry, il n’a jamais eu l’occasion de le soumettre à une histoire typiquement Marvel à l’exception notable de superbes couvertures réalisées par le maître francophone.

Ce fut chose dorénavant faite avec cette unique collaboration pour un court one-shot du Silver Surfer face à son ennemi de toujours le dévoreur des planètes Galactus.

Ce qui est cette fois intéressant c’est qu’il n’y a pas besoin d’être un lecteur confirmé des nooooooOOOOOOOOOOOOmbreuses histoires de la Maison des Merveilles pour lire cette ultime tentative de sauvetage de la Terre et qu’on peut lire cette courte sans aucune connaissance au préalable.

Donc Galactus envahit la terre mais comme c’est un « dieu » d’honneur et qu’il avait fait la promesse à son ancien héraut le Surfer de ne pas attaquer notre galaxie, il s’arrange pour embrouiller les humains entre eux et s’autodétruire… Mais notre beau véliplanchiste argenté a beau être blazé, il ne compte pas laisser faire le colosse et va tenter d’être aussi malin et aiguisé que son ancien mentor…..

Je reste très partagé sur cette œuvre. D’abord je dois confesser que sans le nom de Jean Giraud sous son célèbre pseudonyme, cette histoire m’aurait laissé de marbre mais cette incursion surnaturelle de Moebius dans les histoires de Stan Lee a attisé ma curiosité.

Il ne s’agit pas des plus beaux dessins réalisés et on sent une certaine rapidité dans l’exécution de certains dessins mais Moebius reste fidèle à ce qu’il savait faire de mieux et l’œuvre ne trahit ni son esprit ni celui de Stan Lee.

En résulte une histoire faussement naïve mais pétrie de pas mal de lourdeurs la rendant plus ou moins indigeste selon votre humeur du moment. Il y a également peu de scènes d’action, le Surfer se contentant surtout de contenir Galactus et l’introduction de personnages humains déplaçant leurs motivations politiques, théologiques ou personnelles tels des pions sur un échiquier mais le rendu est si peu complexe pour une fois qu’il laisse davantage perplexe.

Les points de vue sont multipliés par les témoins de la bataille Galactus/Silver Surfer comme si l’on regardait un reportage ce qui n’est pas déplaisant en soi mais annihile toute implication du lecteur dans une histoire dont on devine l’issue dès les premières pages.

Seule la dernière pitchenette du Surfer d’Argent pour réconcilier les hommes est culottée et constitue un véritable pied de nez mais globalement et malgré l’apport évident de Moebius sur les dessins je me suis particulièrement ennuyé.

Plus intéressant sont les bonus rédigés par Moebius et Stan Lee que possède la présente édition et la rend à mes yeux passionnante et indispensable. Il s’agit de croquis et d’annotations purement sincères des deux auteurs qui ont voulu rendre un travail des plus authentiques.

Je perçois davantage ce récit comme une métaphore de la bêtise des hommes que comme une Parabole et je recommande vivement cette élégante réédition aussi sobre que richement illustrée et dans un format comics d’origine. Il s’agit effectivement d’une œuvre mineure dans l’excellente bibliothèque de Moebius mais il serait également difficile d’en faire l’impasse.

Ma note est donc purement subjective et n’a pas pour but d’attirer les réfractaires de ce duo d’auteurs mais je pense néanmoins la relire avec intérêt d’où la note très contrastée d’un avis pas évident non plus à rédiger.

Nom série  The Cape  posté le 19/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Forcément sans l’appel du pied « Joe Hill » écrit bien en gros sur la couverture de ce One Shot alors qu’il ne s’agit que de l’adaptation en comics d’une de ses nouvelles. Le phénomène « Locke and Key » m’ayant fait forte impression tout comme les dessins magnifiques de Zack Howard (un auteur méconnu qui ne devrait pas le rester très longtemps), c’est donc avec une connaissance du pitch proche du néant absolu que je repartis de ma librairie avec ce one shot dans mes cabas.

Bien que moins audacieux que Locke and Key, ce récit ne manque pas de qualités intrinsèques, il s’agit de l’histoire d’un loser américain au parcours des plus banals si ce n’est une mystérieuse chute d’un arbre enfant en jouant aux superhéros affublé d’une cape l’ayant maintenu en suspens quelques secondes avant un accident qui aurait pu être fatal.

Après quelques années et un parcours tant professionnel que sentimental plutôt désastreux, notre « héros » va remettre la main sur cette fameuse cape qu’il pensait perdue à jamais et, ô miracle, se rend compte qu’il peut voler avec tel Superman… Mais comment va-t-il l’utiliser et à quels desseins ? Lui qui a toujours été un peu en marge de la société malgré un entourage aimant ?

« Un grand pouvoir engendre de grandes responsabilités » adressait l’oncle Ben à Peter Parker avant de mourir et que son neveu ne devienne le célèbre tisseur masqué. Joe Hill va au contraire démontrer que l’on peut utiliser ce pouvoir pour ses propres intérêts personnels… et surtout la vengeance…

Impossible d’en raconter davantage sans trop en dévoiler et gâcher la surprise d’un scénario qui surprend dès la fin du premier chapitre par un acte complètement inconsidéré et qui va imposer le tempo à un récit agréable et rapide à lire.

Et c’est ce que je retiendrais le plus de cette nouvelle qui aurait gagné à être un peu plus claire sur les motivations du principal protagoniste et également à multiplier les intrigues puisque passé la fameuse surprise évoquée dans mon paragraphe précèdent, le reste devient étrangement banal et téléphoné.

Pour avoir revu récemment le film « Chronicle » narrant également la perception de nouveaux pouvoirs et leur utilisation, j’ai trouvé beaucoup de similitudes entre ces deux destinées mais le récit de Joe Hill manque un peu d’audace pour en faire un incontournable.

Ce qui est incontournable par contre, c’est le talent évident de Zack Howard dont le dessin comme le découpage sont d’une clarté et d’une beauté évidentes, quelques doubles pages attestent de la maitrise absolue (attaque d’un avion par un outil bien commun !!!) de cet auteur dont le travail sur les couleurs tout en pointillés et en nuances lui donnent un cachet unique !

« The Cape » est donc un bon petit récit indépendant à savourer sans restrictions et dont la promesse d’une préquelle bientôt publiée par Milady Graphics (« The Cape 1969 » en été 2014) laisse supposer que le meilleur est surement encore à venir avec la même équipe !

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