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... a posté 478 avis et 67 séries (Note moyenne: 3.32)

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Nom série  Rahan  posté le 25/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Rahan le fils des âges farouches est une bd que je lisais à l’époque quotidiennement dans Pif Gadget avant d’en lire de nombreux albums par la suite. Il y a forcément beaucoup à en dire, que c’est une madeleine de Proust, que les scénarios sont simples et manichéens mais justement… À se replonger dans le contexte similaire, quelle jolie fenêtre vers l’extérieur pour des histoires courtes et concises et, osons le dire, pédagogiques et éducatives.
Le dessin réaliste, ne me plaisait pas plus que cela à un âge où les gros nez avaient ma préférence. Pourtant le style de Chéret était relativement élaboré et travaillé, avec ce petit côté « comics » bien de chez nous lui donnant un style particulier. On peut considérer Rahan comme notre Conan européen, de l’héroic fantasy à une époque des premiers hommes et tout un bestiaire et un décor impressionnant, un immense bac à sables pour des idées simples mais franchement haletantes puisqu’aujourd’hui encore, je peux en lire sans déplaisir dans le seul but de me divertir.
Le côté « Système D » et le vocabulaire de Rahan peuvent lasser mais la résolution bien souvent par la non violence est toujours bien amenée, une constante sur autant de récits.

Impossible de savoir si cette œuvre est susceptible de plaire encore aujourd’hui pour un public aguerri mais très honnêtement Rahan n’a jamais eu la place qu’il méritait en dépit d’une longévité phénoménale sur des idées peut-être répétitives mais sans panne d’inspiration de Lécureux.

À savourer de préférence en terrasse et dans l’édition noir & blanc pour mieux apprécier le travail dantesque de son dessinateur. Le fils de Crao mérite amplement la reconnaissance et à siéger auprès du patrimoine culturel entre Tintin et Astérix.

Nom série  Crueler than dead  posté le 25/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une jeune Japonaise se réveille hagarde et à moitié nue avec un gamin qu’elle ne connait pas dans un entrepôt rempli de cadavres. Ils n’ont aucun souvenir de leur présence ici…
Surgit un militaire salement amoché lui révélant qu’ils sont les fruits d’une expérience visant à les « dézombifier » grâce à un vaccin. Il est maintenant temps de fuir et de rejoindre le dernier bastion de l’humanité au cœur de Tokyo pour tenter de la sauver de l’apocalypse zombie qui a tout anéanti….

Encore un récit sur les zombies ? Oui mais ce manga n’est pas dépourvu de qualités… Prévu en seulement deux tomes, on ne perd guère de temps en palabres et le tamdem Takahashi/Saimura va droit au but quitte à rendre certains découpages et ellipses incohérents au détriment d’un scénario vu et revu piochant ses idées post-apo dans l’héritage du cinéma (28 jours plus tard) comme du jeu vidéo (The Last of Us).
Pourtant, grâce à un savant dosage de scènes d’action et d’exposition, on suit cette aventure mouvementée avec plaisir comme un trip de montagnes russes. Les dessins réalistes et dynamiques contribuent grandement à l’ensemble surtout que les décors ne sont pas sacrifiés et sont plutôt jolis et détaillés (principal reproche personnel aux mangas).
Malgré le petit souci de mise en scène évoqué plus haut, le lecteur est vite immergé et le trip est plutôt agréable… Le prologue exposant le début de l’apocalypse zombie est presque plus intéressant tant on se rend compte de l’impuissance des forces humaines face à un évènement non contrôlable qui dépasse tout entendement et le twist final fait le lien intelligemment avec le début du récit principal.

Pour être tout à fait honnête, cette œuvre est parfaitement dispensable parmi l’énorme proposition en librairie sur ce thème rebattu mais la grande qualité des dessins, le rythme soutenu et la promesse que tout sera parachevé en deux tomes en fait une expérience idéale pour qui souhaite se frotter à la présence putréfiée des morts-vivants sur un cycle court !

Crueler Than Dead remplace donc habilement son absence d'originalité par une efficacité et un rythme effréné !

Nom série  Pretty Little Nightmares (Lili & Winker)  posté le 25/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est par la réédition de Lili & Winker en une somptueuse intégrale et sous le nom de « Pretty Little Nightmares » que j’ai découvert cette œuvre, une des plus méconnues de David Chauvel, un auteur que j’affectionne particulièrement pour la constance de son travail. Amateur de bd nonsensiques comme celles de Foerster dont le trait de Boivin peut se rapprocher dans un noir et blanc impeccable, rien ne m’avait préparé au choc particulier de cette œuvre vraiment à part et qui n’est décidément pas conçue pour plaire au plus grand nombre.

En effet Lili & Winker ne sont pas à proprement parler les héros de ces histoires flirtant avec l’absurde et l’horreur mais les trublions à l’origine d'événements déclencheurs de situations paranormales. Chauvel exploite intelligemment ses histoires à tiroirs avec sketches à l’intérieur d’une trame principale dont on peut perdre néanmoins rapidement le fil comme ce fut le cas avec l’histoire du labo pour ma part.
Le trait dynamique de Hervé Boivin dans un noir & blanc impeccable illustre parfaitement ces histoires que n’aurait pas renié David Lynch. Le titre de « nightmares » finalement sied davantage à cette série curieuse que je relirais probablement avec curiosité mais ne recommanderais pas à tout le monde.

Nom série  Lanfeust Quest  posté le 24/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
La tentative était jolie que de vouloir donner un second souffle aux premiers tomes de Lanfeust de Troy en l’adaptant à la sauce « manga » voulant toucher un autre public. À une époque où je n’accordais déjà plus beaucoup d’importance à une série qui m’a ravi avant de me décevoir, parti dans les limbes du dieu « profit », j’ai quand même eu la chance de pouvoir lire cette collection et de m’en faire ma propre opinion…
Copy/Paste de la série d’origine, le doué Lulo Lullabi livre un travail plus qu’honnête en sacrifiant les décors enjoliveurs de Tarquin mais en soignant les détails et les expressions de ses nombreux personnages. Le dépaysement est plaisant mais l’histoire prend plus de temps que dans le format habituel franco-belge et on se rend compte que l’histoire reste similaire dans le fond mais pas déplaisante.
Lecture de curiosité pour les initiés ou ambition de redonner un coup de fouet et de cibler un nouveau public, la série oscille entre les deux et peine sur la durée à trouver son rythme de croisière ce qui est d’autant plus dommageable qu’il n’y a plus eu de parution après le tome 5 qui date quand même de 2010… La série n’est plus rééditée ce qui montre bien l’intérêt de l’éditeur pour cette série et la condamne à une note rédhibitoire, les amateurs de cette série devant se retourner vers l’œuvre d’origine pour en connaitre la fin, un comble pénalisé par ce carton rouge !

Nom série  Men of Wrath  posté le 18/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un one-shot solide acheté sur le seul nom de Aaron et sa couverture superbe où les protagonistes semblent reprendre les poses iconiques du chef d’œuvre de Miller, Sin City.

De Sin City, on reprend la violence âpre et sans concessions. Âmes sensibles s’abstenir, dans Men of Wrath, il n’y a guère de place pour la réflexion et on peut y massacrer femmes et enfants sans aucun scrupule.
La préface présente de façon intéressante le pitch de ce récit, à savoir qu’un aïeul de Jason Aaron a tué un autre homme pour une querelle de moutons au début du siècle dernier.
Le scénariste se sert de cette histoire vraie comme départ de cette histoire sanglante, à savoir un fait similaire dans la famille Rath (notez le jeu de mot avec le titre du comics que l’on pourrait traduire en français par « hommes en colère ») et le début d’une fibre violente et psychopathe parmi tous les descendants…

Par le jeu de flashbacks malins et suggérés en voix off par le principal protagoniste, Ira Rath. Ce dernier est un homme mur, tueur à gages de profession, une véritable machine à occire qui honore tous ses contrats sans jamais flancher.

Rattrapé par la maladie en couvant une maladie sérieuse, ses jours sont probablement comptés mais il lui reste un dernier contrat à exécuter : son propre fils Ruben, petite frappe avec lequel les relations familiales sont rompues et qui a provoqué du grabuge chez le principal employeur de son père… Bref, ça va chier des bulles entre ces deux hommes qui n’ont de commun que le sang qu’ils portent sur les mains…..

L’histoire est évidemment classique, le ruban familial apporté justifiant la curiosité du lecteur. Le récit est mené à 100 à l’heure et ne prend pas vraiment de gants, porté par le dessin efficace d’un Ron Garney avec de jolies couleurs notamment dans les scènes nocturnes. C’est facile à lire et agréable pour qui aime les histoires de porteflingues et d’échanges musclés par les armes .

Par contre le récit est plutôt anecdotique. On est loin effectivement des mises en place malines de Scalped et surtout de Southern Basterds du même Jason Aaron qui marqueront davantage les esprits. Pourtant Men of Wrath ne manque pas de qualité, détonne et étonne par une dernière partie plutôt originale (la mise en scène est redoutable et j’y verrais bien une adaptation en film) lorsqu’il est temps de rendre compte.

Ira Wrath est un personnage au passé trouble, aussi insensible et imperturbable qu’un Terminator (son regard est froid et on devine ses pupilles plus qu’on ne les voit) au physique aussi massif que Marv de Sin City.

Bien que moins jubilatoire que le premier tome de Southern Bastards, Men of Wrath possède comme avantage indéniable la possibilité de se familiariser avec la talentueuse écriture de Jason Aaron en un seul ouvrage cynique et sans ennui.

Men of Wrath dispose d'assez de qualités pour se suffire à lui seul. C'est en tous cas à lire.

Nom série  Koma  posté le 17/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Dans ma grande remontée de découverte d’un auteur essentiel, à savoir Frederik Peeters, il était également inconcevable de passer à côté de cet autre OVNI que constitue Koma.

Pourtant pour cette œuvre j’étais un peu méfiant… N’étant pas grand fan de Pierre Wazem dont son Mars aller-retour m’avait finalement laissé de marbre, je peux enfin dire que mes craintes se sont très rapidement estompées au fur et à mesure d’un récit empruntant l’imagerie de Miyazaki (cette histoire de ramoneurs dans une cité industrialisée et ce colosse bleu aux bras démesurés rappellent un peu le Château dans le Ciel) et la thématique du film Dark City pour mieux s’en éloigner au fur et à mesure.

Premier essai de Peeters dans la couleur, ses dessins charbonneux se prêtent parfaitement à l’histoire de cette jolie petite demoiselle, Addidas, sujette à des absences inexplicables et répétées.
Sa petite taille est un atout de choix pour son père, ramoneur, dans une immense cité et inconsolable depuis la perte de son épouse dans un conduit sans fin.

Lorsqu’à son tour Addidas s’engouffre dans un boyau souterrain de la ville, son père n’aura de cesse pour la retrouver quitte à y perdre lui-même sa propre liberté…. Pendant ce temps Addidas va y faire une drôle de rencontre avec un colosse aux yeux jaunes devenu fugitif à son tour… Quels sont les secrets étranges cachées dans cette grande cité sans âme ?

Koma est un chef d’œuvre de plus à accorder au crédit de ces deux auteurs helvétiques talentueux. Cet incroyable mix d’aventures et de portraits d’écorchés vifs dans une société inhumaine part dans toutes les directions et probablement les plus improbables. Il est impossible de savoir comment va se conclure cette histoire qui fait la part belle aux personnages improbables, une bande de losers dans une société qui refuse toute liberté….

En dire plus serait pénaliser cette longue fresque. On peut juste y dire que le trait de Peeters est magnifique comme toujours.. De la petite fille aux grands yeux ronds et au sourire charmeur on peut également admirer les hachures du monstre bleu qui l’accompagne… Que l’on soit dans les couloirs d’un mystérieux hôtel ou dans les profondeurs du néant, Peeters nous transporte comme il saura également le faire dans Lupus (qu’il réalise également en même temps) ou dans le futur Âama…

Pierre Wazem quant à lui donne l’air de rien de ne pas contrôler l’issue de ces personnages tant ils paraissent vivants et réels et pourtant les différentes strates de son scénario semblent en tous points maîtrisés avec une part de rêve ou de cauchemar repoussant pas mal les limites de notre imaginaire…

Koma pourra peut-être décontenancer les lecteurs les plus logiques par un virage à 180 degrés inattendu dans sa dernière partie. Pour les autres amateurs de poésie et de mélancolie, ce jeu de miroirs et de situations improbables va alimenter vos rêves vers un voyage pas forcément prévisible mais en tous points satisfaisant jusqu’à sa fin symbolique rappelant au passage que l’on vient de lire un très grand classique de la bande dessinée.

Nom série  L'Arabe du futur  posté le 17/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
C’est très courageux de la part de Riad Sattouf que de livrer son autobiographie basée sur les souvenirs qu’il a conservé enfant sur un monde dont il percevait à peine les règles.
Fruit de l’amour d’une Bretonne et d’un étudiant Syrien exilé à Paris, le jeune Riad va rapidement retourner avec ses parents dans la Libye puis la Syrie des années 80...
Son père, convaincu de la place du peuple Arabe dans la société de l’avenir (cf. le titre), prend la place principale dans un récit pudique mais sans tabous et s’autorisant une grande part d’humilité.

En effet la grande force de ce récit est de n’être en aucun point moralisateur. Juste le constat d’une époque, de mœurs différentes et de coutumes inconnues en Occident dont le décalage peut prêter à sourire voire à rire car Sattouf maîtrise complètement le sens de son récit, entre souvenirs et anecdotes.

Le trait rond et la jolie bichromie (différente en fonction du pays visité) rendent l’ensemble ludique et agréable à lire d’autant plus que les ellipses sont rares et donnent une clarté toute simple et évidente à ce récit. Le personnage du père de Riad est un élément comique en soi. Athée convaincu mais tiraillé par la tradition et la fierté de ses origines, il devient un personnage tantôt burlesque tantôt décalé. Riad Sattouf préfère mettre en retrait le caractère docile mais essentiel de sa mère lors de leurs pérégrinations entre plusieurs pays… Traditions, enseignements, petits moments intimistes, rien ne manque lors de ce quotidien ni même quelques pages cruelles rompant avec la bonne humeur apparente du récit (mise à mort d’un chien errant et encore plus grave, d’une femme enceinte hors mariage).

A aucun moment Riad Sattouf ne porte de jugement. Chaque personnage est habilement construit entre réflexions, calembours et annotations. Le seul reproche fait lors de la lecture du second tome émanerait plutôt du caractère redondant du récit, les bonnes surprises du premier laissant place à une mécanique parfaitement huilée.

Riad Sattouf dépeint un entre monde qui est le sien : entre l’ennui de la Bretagne et les mœurs étranges des Syriens, l’écart constant de deux cultures ne manque pas d’amour ni d’humour. Pas étonnant dès lors que cette curieuse bd remporte l’adhésion à son passage et délivre à sa façon une révolution toutes en nuances… Mr. Sattouf est très très fort. Il est dit que cet ouvrage découle de l’échec de son second film « Jacky au Royaume des Filles », tentative couillue et sympathique d’inverser les rôles dans une dictature matriarcale. Le succès de « L’Arabe du Futur » en contrepartie démontre finalement que l’expérience du vécu ne sera jamais remplacée par la satire sociale et religieuse !

Bravo et vivement la suite !

Nom série  Morlac  posté le 17/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Recherché en silence depuis plusieurs années et notamment après avoir lu ces avis après une analyse du thème « Oubapo », j’ai enfin pu mettre la main sur cet ouvrage complètement dingue de cet auteur québécois complètement inconnu au bataillon pour ma part…

Morlac est un gros bouquin souple de 144 pages avec autant de cases en noir et blanc sans paroles mettant en scène un clone de John Steed perdu dans un labyrinthe clairement défini par l’auteur.

Le procédé, pas évident à expliquer en quelques lignes, apparait comme évident et génial une fois le livre en mains. Il s’agit d’une succession de petites cases dont on n’en lit qu’une par page mettant en scène un curieux personnage dans un curieux dédale sans queue ni tête et où les choix vont rarement s’avérer heureux pour notre héros (entendez par là que l’histoire se conclut bien souvent par sa mort).
Là où ça devient génial c’est qu’à l’instar d’une aventure muette « dont vous êtes le héros », on peut lire et relire plusieurs fois ce livre avec des histoires pas très complexes mais plutôt variées et utilisant le média BD de façon ludique et intelligente à l’instar de ces vieux classiques et bijoux d’animation que sont La Linea et Coconut. Il y a même un véritable tour de force lorsque Morlac « sort » de ses cases pour aller dans celle d’à côté et on se surprend même à se dire « Mais comment l’auteur a réussi pour faire cela ? ».

Véritable tour de force au trait minimaliste mais réussi, Morlac propose davantage une expérience ludique que narrative sans éluder le plaisir de la relecture rendant cet objet tout à fait indispensable pour qui aime s’aventurer quelque peu en dehors des statuts imposés du neuvième art. L’édition se faisant de plus en plus rare, si vous le voyez passer sous votre nez, ne le loupez pas !

Nom série  Aâma  posté le 03/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Lupus devait autant à Star Wars que David Guetta à Mozart dans un tout autre registre et après avoir grandement apprécié cette œuvre (celle de Peeters et pas du maître de la clé USB !), j’ai enchaîné directement mes lectures avec Aâma dont le début m’a déconcerté avec une couleur et des lignes de dialogue soutenus soit tout l’inverse de l’œuvre précédente.

A première vue, l’histoire aurait pu se passer dans le même univers que Lupus mais Peeters brouille rapidement les cartes par un premier tome d’exposition assez surprenant, voire même déstabilisant en usant de flashbacks et sans donner une ligne directrice bien définie. Pourtant à l’issue du quatrième tome et après avoir refermé la dernière page, je ne peux que m’incliner devant une telle narration qui aurait rendu en son temps Moebius fou de jalousie…

Verloc Nim est un loser, un marginal refusant toute forme de « progrès » technologique. Après avoir perdu son commerce (une librairie remplie de vieux livres désuets) et sa famille (la mère de son unique enfant s’est barrée pour un autre et l’interdit de voir sa fille), c’est par le plus grand des hasards que son frère et Churchill, singe robot fumant le cigare, vont l’entrainer pour le distraire sur la planète Ona(ji) pour une mission sans grande envergure.

La planète va se révéler inhospitalière et offrir des rebondissements plutôt inattendus pour Verloc qui n’en reviendra pas indemne.

Frederik Peeters est un magicien, si la science-fiction l’intéresse moins que les personnages haut en couleurs qu’il met en scène avec leurs états d’âme, il n’en oublie pas pour autant l’aventure et le rêve. Chaque tome est complètement différent du précédent et les dessins gagnent en détails, en mouvements jusqu’au feu d’artifice final renvoyant tout autant à 2001, l’Odyssée de l’Espace qu’à Akira dans une conclusion surprenante.
À la fois terriblement éloigné de Lupus comme finalement très proche, Aâma est unique en son genre. Il s’agit de la dernière preuve en date que Frederik Peeters est surement un des meilleurs auteurs de sa génération quelque soit le sujet abordé.

Tout simplement incontournable.

Nom série  Le Petit Livre Rock  posté le 21/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’aime bien Hervé Bourhis, je lui voue même un culte sans faille pour son indispensable et très sous-estimé et méconnu Comix Remix mais pas seulement…

Par contre ses petites séries thématiques me laissent un peu plus de marbre. Soyons franc : ce n’est pas de la bande dessinée mais de jolies illustrations à picorer ça et là sur le Rock au travers les années depuis quasiment sa création historique.

Comme toujours et comme le soulignent les autres chroniqueurs, ce livre part vraiment d’un point de vue personnel, il y aura donc forcément des oublis, des ajouts inutiles et également des illustrations qui vont laisser complètement le « lecteur » de marbre.

La réédition que j’ai lue le propose dans un joli format, le travail est plutôt chouette mais montre bien que ce livre ne sera jamais vraiment terminé car l’auteur peut le réalimenter au fur et à mesure que les années passent ; il est donc franchement difficile d’y trouver un matériel définitif. Certaines anecdotes sont joliment trouvées, d’autres seraient absentes bref le livre est à feuilleter/lire selon votre humeur et vos attentes et il est clairement difficile de noter un tel ouvrage que l’on retrouvera facilement dans des listes de bouquins à offrir (pour tout amateur de musique et pas forcément de bd).

Le sujet est de toute évidence bien trop vaste pour pouvoir couvrir votre propre vécu et à moins d’avoir eu exactement le même parcours musical qu’Hervé Bourhis (et donc d’être techniquement comme culturellement son clone absolu), il y aura forcément des déceptions avec des sujets plus développés que d’autres et vice-versa.

Reste un bel ouvrage comme déjà dit, pas assez représentatif du talent unique de l’auteur et que je n’achèterais pas (un ami me l’avait prêté) mais qui ne me déplairait pas dans ma bibliothèque si une bonne âme penserait à me l’offrir...

Disons simplement que j’aurais préféré qu’Hervé Bourhis se consacre à un artiste en particulier pour rendre le tout intéressant et que dans l’état des choses et malgré la qualité de ses illustrations, je ne retrouve pas tant que cela son trait de crayon pourtant unique dans ses autres œuvres.

Néanmoins le boulot et la qualité sont là donc il sera difficile de faire mieux dans cet immense catalogue qui sent bon les guitares...

Nom série  Lupus  posté le 20/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Sanaa demande à Lupus pourquoi il cherche à se droguer tout le temps.
Lupus lui répond qu’il n’a pas trouvé plus simple pour ne pas ressembler à tout le monde.

Voilà, avec ce court passage essentiel, tout est dit ou presque dans le chef d’œuvre de Frederik Peeters. Ce que vous ne trouverez pas dans cette odyssée intergalactique ce sont des courses poursuites dans l’espace, des termes technologiques incompréhensibles et des batailles de l’univers.

Non, par contre ce qu’on vous y garantit c’est un dépaysement total, un univers crédible et vivant, de jolies rencontres impromptues et pas mal de flottement, de questions pertinentes parfois sans réponse et de passer du rire aux larmes sans jamais s’y ennuyer.

Peeters soigne ses décors et rend le tout aussi crédible que poétique dans un noir et blanc charbonneux des plus inspirés et complètement réussi. Que Lupus et Tony aillent pécher des poissons monstrueux pour tuer l’ennui ou que Sanaa, la jeune fille qu’ils recueillent et dont Lupus tombe amoureux, soit aussi charmante que mystérieuse, ne cherchez pas un dénouement heureux, logique mais une belle ouverture et une odyssée digne des meilleurs road trips. Lupus est un chef d’œuvre parfaitement achevé qui donne envie, une fois la lecture achevée, de sourire tout en regardant vers le ciel quelque part entre les étoiles...

Nom série  Les Lumières de la France  posté le 07/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je ne sais pas ce qui se passe sincèrement dans l’esprit de Joann Sfar depuis quelques années et notamment depuis qu’il est passé à la réalisation du biopic sur Gainsbourg mais il y aura clairement eu un avant et un après.
Si le propos d’origine est tentant avec des clins d’œil appuyés à l’œuvre de Voltaire et notamment de son Candide sur la question grave de l’esclavage, j’ai vite décroché avec les pages suivantes et un mélange improbable cul-esclavage.. Oui oui vous avez bien lu !
La curiosité et les propos du récit sont donc alternés de façon complètement hétérogènes au point même de perdre complètement de vue l’histoire principale (d’ailleurs y en a-t-il une vraiment ?).
Je suis plutôt open sur pas mal de sujets et aurai souhaité y trouver un intérêt mais à priori cet album n’aura pas de suite, Sfar l’avait développé en vue de l’adapter pour le cinéma mais c’est tombé à l’eau… Il est donc clair et net que le monsieur ayant déjà du mal à boucler ses séries cohérentes, on peut légitimement garder moins d’espoirs pour celle-ci qui aurait pu bénéficier de deux étoiles sans cette affreuse couverture d’une rare laideur mais là ce n’est juste pas possible…

Une déception de plus pour l’enfant chéri des critiques branchés parisiens mais qui s’éloigne encore un peu plus d’auteurs français comme Blain, Larcenet et Trondheim qui produisent moins mais de bien meilleure qualité… À éviter ? Non mais à fuir surement !

Nom série  Tokyo  posté le 29/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
En voilà un drôle d’OVNI débarquant sur le monde de la bd franco-belge !
Dargaud a cru flairer le bon filon en laissant au tant décrié Joann Sfar carte blanche sur ce « diptyque » Tokyo avec encarts publicitaires, têtes de gondole en librairie et articles presse pro à la clé.

Tout cela est bien beau mais hormis une couverture réussie, il ne reste pas grand-chose d’une lecture fastidieuse que l’on poursuit sans grande motivation, les éléments de compréhension n’étant pas développées…
Tokyo n’est pas une ville, il s’agit d’une jeune fille aux longs cheveux roux vivant sur une ile irradiée, Sfar faisant référence aux tristes évènements liés au 11 mars 2011 au Japon…
Le souci c’est que Sfar part après complètement en vrille dans un truc brouillon mélangeant dessins paresseux (le bougre est capable de bien mieux mais on a de plus en plus la sensation que dessiner le fait royalement chier) et photos collage sans logique. Il y a aussi certaines photos mises ici et là et souhaitant reproduire un style qui m’échappe encore mais au moins on voit quelques jolies demoiselles…
Vaste catalogue de tout et de surtout n’importe quoi, fumer quelques trucs illicite peut aider à sa compréhension mais il est franchement difficile de succomber aux « charmes » d’une histoire sans queue ni tête.

Tout comme Sloane, c’est par la grâce d’un emprunt que j’ai pu passer une grosse demi-heure à lire une histoire dont je n’ai rien compris. Il y a beaucoup de choses indépendantes, biographiques et alternatives de qualité par d’autres auteurs, ou dans de petites maisons d’édition sans que le grand public ne soit confronté à une bd éditée à grand tirage et qui n’aura finalement réussi à séduire que le nombril de son auteur ou de ses fidèles disciples. Bref soit un second tome vient remettre de l’ordre dans tout ce foutras soit il faut décidément se dire que Sfar profite de son immense succès passé pour balancer tout ce qui lui passe par la tête même quand c’est aussi brouillon et confus que cet exercice…

À éviter car l’objet n’a véritablement rien de séduisant…

Je ne comprends décidément plus rien à cet auteur pour lequel je serais toujours reconnaissant pour être l'un des créateurs de la série culte "Donjon" mais dont presque tout le reste me laisse totalement indifférent et donc ce Tokyo constitue la rupture définitive...

Nom série  Extinction Parade  posté le 26/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Alan Moore et son Neonomicon, Warren Ellis et sa trilogie de super-héros (Black Summer, Supergod, No Hero) et Garth Ennis pour Crossed, c’est au tour du non moins célèbre Max Brooks de passer à la moulinette de la machine Avatar Press pour l’inédit Extinction Parade.

Inédit ? Oui et non, il s’agit d’une nouvelle de l’auteur sur une guerre entre humains, vampires et zombies. Avatar Press spécialisé dans le comics ULTRA violent et racoleur (vous en doutez ? Lisez un Crossed) saute donc sur l’occasion en lui attribuant un dessinateur maison fidèle, Raulo Caceres dans le style graphique typique de leurs publications.

Pourtant le projet ne manque pas d’envergure grâce à un pitch solide et plutôt malin : les vampires se fondent dans la vie des humains depuis des siècles en prenant bien soin de vivre oisivement dans la luxure et le sang. Aidés par de fidèles lieutenants humains chargés de maquiller leurs meurtres et de gérer toutes les démarches administratives, ils n’ont que peu à se soucier d’une nouvelle épidémie zombie, après tout ce n’est pas la première ni la dernière et ces derniers les considérant également comme morts, les cadavres sur pattes se contentent d’agresser uniquement les humains et de laisser une paix royale aux vampires qui les observent passivement.

Le souci c’est que cette fois, la pandémie est devenue si importante que les vampires vont devoir intervenir : la race humaine est sur le point d’être exterminée pour ne devenir que de la chair putréfiée et provoquer un risque de famine dans la race vampire qui ne se nourrit que d’humains. C’est donc dans un seul souci de chaine alimentaire que les vampires vont devoir réagir pour leur propre survie et enrayer l’épidémie zombie auprès d’êtres qu’ils jugent inoffensifs et inférieurs mais dont la multitude risque de contrecarrer leur quotidien oisif….

Max Brooks est surtout connu pour avoir relancer la littérature fantastique par son ouvrage World War Z bien supérieur à l’étron avec Brad Pitt ainsi qu’un guide de survie pince-sans-rire fortement recommandé. Mais il ne faut pas s’y tromper, Extinction Parade est surtout un récit de vampires dans un environnement de morts vivants par le point de vue d’une demoiselle de quelques siècles se voulant spectatrice de la fin du monde. La narration est plutôt fluide, les textes principalement en voix off et bien écrits. Raulo Caceres a un trait qui peut être perçu comme hideux ou original selon les humeurs mais il détaille chacune de ses planches par une multitude de détails pour croquer une invasion zombie où l’espoir n’est pas de mise…

Se déroulant exclusivement de nuit (logique pour une histoire de vampires), le récit se veut cynique et incroyablement pessimiste (on n’est guère trompé par le titre) mais également un peu vain car le lecteur se trouve aussi passif finalement que ces vampires se contentant davantage d’observer l’attaque des humains par les zombies comme s’ils étaient dans une arène de cirque.

La prise de conscience intervient bien tardivement en fin de ce premier ouvrage qui est à lire comme une longue et détaillée introduction. Avatar Press oblige, on n’évite pas les nombreux débordements gores et craspecs, ça gicle à tout va mais avec plus de retenue et de finesse que dans un Crossed par exemple, la violence se voulant plus ironique que provocatrice.

Ce premier tome d’Extinction Parade est une belle curiosité dont j’attends la suite avec impatience pour enfin voir un peu plus d’action, les bases étant solidement posées en espérant que l’ensemble ne va pas retomber comme un soufflé au fromage….

En l’état, il ne s’agit surement pas d’une lecture indispensable dans une actualité bd/comics surexploitée par les zombies mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un récit de vampires respectant bien tous les codes instaurés par Bram Stoker et à même d’en satisfaire les amateurs dont je fais également partie.

Nom série  Zombies Néchronologies  posté le 29/09/2014 (dernière MAJ le 25/06/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le sympathique tome 0 de la série Zombies d’origine intitulé « La mort et le mourant » a du donner quelques idées à Olivier Péru pour étayer son univers zombiesque.

En effet, à peine le premier cycle achevé avec Sophian Cholet qu’on ne retrouve plus ici qu’à la réalisation de la belle couverture sur fond de tour Eiffel, « Zombies Néchrologies » fait son apparition en proposant une histoire complète et indépendante se déroulant pendant l’apocalypse des infectés et à chaque fois dans un pays différent.

A tout « saigneur » tout honneur puisque ce sera notre pays qui aura les honneurs d’ouvrir cette série parallèle sous la plume de Nicolas Pétrimaux qui a réalisé un travail exemplaire même si assez éloigné du style de Sophian Cholet.

Scènes dynamiques, encrage assez lourd et décors écrasant de réalisme, tout sied à merveille pour restituer une ambiance putréfiée si chère au cadre. Néanmoins Olivier Péru y dresse cette fois ci un visage politique assez ironique et culotté de notre politique actuelle puisque Charles (en référence à de Gaulle probablement dont il emprunte certains traits), le héros de cet opus, incarne le garde du corps des présidents depuis Mitterand jusqu’à notre François Hollande actuel non sans écorcher au passage chacune de nos chères personnalités par un flashback à la construction remarquable et peut-être encore plus l’actuel hôte de l’Elysée de façon bien plus fun que les écrits de sa célèbre ex-compagne

Autant dire que les premières pages impriment un rythme haletant et tout à fait inédit de bon aloi.

Loin de vouloir se reposer sur ses lauriers, Péru entraine dès lors son garde du corps assorti d’un compagnon d’infortune plutôt pénible vers une fuite en direction de Genève où les remparts résistent face à l’invasion zombie vers une micro-société peut-être pas aussi bien intentionnée que souhaitée…

Péru aligne subtilement les leçons de sa série mère (parfois au rythme bien trop lent et trop gentil selon moi) pour imposer le sarcasme du fameux tome 0 (incontestablement à ce jour mon tome préféré) et ses scènes d’action.

La fin lorgne sur le film « 28 jours plus tard » avec le danger militaire mais le scénario réserve encore quelques bonnes surprises et une fin tout à fait à la hauteur aussi iconique que touchante.

Il n’y a rien de strictement original dans tout cela mais cela reste d’excellente facture et reste très divertissant. Olivier Péru excelle davantage dans des scénarios courts et brutaux comme pris sur le vif que sur des odyssées au long cours (quelque part la rupture de cycle sera sans doute bénéfique pour la série mère).

Sans être indispensable, ce tome mérite amplement d’être lu et pas seulement pour l’utilisation effrontée de Mr. Hollande !

Pas mal du tout et complètement indépendant de Zombies.


Tome 2 : Nouveau tome, nouvelle capitale (Stockholm), nouveau dessinateur (Arnaud Boudoiron) et toujours Olivier Péru aux commandes.

Malgré un début catastrophique avec ce préambule plutôt cliché de créateurs de jeux video voulant faire le titre de zombie ultime, on passe un moment plutôt tendu et sombre lorsque la véritable invasion zombie surgit et qu'il faut se serrer les coudes pour survivre...

On retrouve un peu le sentiment d'isolement et de survie propre au film Zombie de George A. Romero et on se doute que quelque chose ne tourne pas rond parmi les survivants....

Il s'agit probablement de l'opus le plus désespéré et cruel de tout l'univers de Péru/Cholet et peut-être aussi finalement de mon préféré. Boudoiron s'en sort admirablement en reprenant les codes visuels de Sophian Cholet mais en s'appropriant l'univers Zombies pour le meilleur et également surement pour le pire compte tenu des évenements dramatiques d'un épisode qui ne laissera personne indifférent....

Pour une fois les effets gore laissent un peu plus de place à une noirceur vraiment inédite. Chaudement recommandé.

Nom série  Romanji (3)  posté le 24/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Romanji/3 est une des toutes premières œuvres de Hugues Micol, un essai qui n’aurait surement jamais vu le jour sans l’engouement de l’éditeur Cornélius pour éditer des œuvres singulières et barrées.

Considérée en son temps comme une œuvre d’apprentissage du dessin comme a pu l’être en son temps les Carottes de Patagonie pour Trondheim, cette histoire entièrement muette se veut un hommage de plusieurs influences dont la première pourrait être Blade Runner version Ridley Scott avec cette longue course poursuite dans une mégalopole aux symboles asiatiques commençant par l’absorption d’un poisson par le traqué et s’achevant par un combat d’ordre divin !

Entièrement dessiné au stylo bille, le dessin a de quoi surprendre par son absence d’encrage ou par certaines perspectives maladroites. Pourtant le découpage est juste exemplaire et ne laisse aucun répit au spectateur pour peu qu’on soit réceptif à de longues scènes d’action et de corps en suspens façon John Woo et Geoff Darrow.

Découpé en 3 chapitres bien distincts, la narration éveille les sens jusqu’à faire abstraction de lignes parfois confuses mais on dénote une amélioration du trait, Micol construisant des décors de plus en plus vivants et structurés, la sensation de fun est bien réelle et éveille les sens…

On ne saura jamais en l’état les motivations de cette police un peu particulière et l’acharnement d’un policier prêt à tout coûte que coûte ainsi que les objectifs de cette société secrète qui se mue au gré de poissons avalés crus mais le spectacle est total.

La nouvelle édition ajoute une colorisation framboise et une couverture cartonnée mais pour peu que vous ayez un peu l’esprit ouvert, nulle déception à venir à la lecture de « 3 » ou de « Romanji »qui offre le même genre de sensations qu’un « Hard Boiled » de Darrow et Miller, la maîtrise graphique en moins mais la grâce des mouvements à pied d’égalité.

PS : notez bien que Romanji est le nouveau titre de 3 dans l'édition 2015 mais que les deux oeuvres sont la même !

Nom série  Le Jour le plus long du futur  posté le 15/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lucas Varela que je retrouve ici après avoir été charmé par son style cartoon ligne claire dans son Paolo Pinocchio revient ici avec un style graphique équivalent mais muet.
Exit le détournement du conte de Carlo Collodi pour une satire sociale muette dans un monde totalitariste futuriste où deux grosses société de fast food règlent leur concurrence par quelques moyens détournés et complètement amoraux.

Le défi de raconter juste par l’image une histoire à la fois simple et complexe, s’il est réussi d’un point de vue graphique, l’est un peu moins par une histoire décousue et où il va falloir suivre les codes et suivre une histoire décousue où chaque élément finira pas s’imbriquer.
Sans être totalement perdu, le début est franchement laborieux avec une histoire d’alien débarquant sur la grosse mégalopole, un sujet voulant se suicider et l’identité des deux communautés.
C’est assez plaisant même si on a du mal à cerner le sujet principal. Les autres chapitres vont étoffer l’histoire par les différentes manipulations et manigances pour réduire le président du fast food adverse hors d’état de nuire.

Mine de rien et même sans paroles, il y a un univers assez complexe qui ne sera malheureusement qu’effleuré, faute de narration ou de pages. C’est bien simple, on aurait aimé en savoir davantage tout du long de la centaine de pages alors que l’histoire reste finalement anecdotique.

Rappelant un peu les villes des films Brazil ou Dark City, j’ai également été déçu par la taille du bouquin qui réduit les planches magnifiques de Varela à des vignettes Panini….

L’achat reste néanmoins conseillé car j’ai une forte envie de relire le tout en sachant à quoi m’attendre et à ce que certains points noirs non éludés à la première lecture le soient pour la seconde !

Carton rouge pour Delcourt qui aurait pu présenter l’album dans un format un peu plus imposant néanmoins.

Nom série  Cowboys & Envahisseurs  posté le 10/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Mais qu’il est intéressant parfois de retomber bêtement dans le fil de l’actualité sur quelques titres pas encore avisés et pourtant et malheureusement lus comme c’est le cas avec ce fantastique comics au nom complètement inspiré et provocateur qu’est « Cowboys & Envahisseurs ».

Ca a au moins le mérite infini de ne guère tromper sur la marchandise : il y est bien question d’une invasion alien dans un far west de l’époque avec des rednecks complètement ahuris et démunis face à un tel évènement !

Le problème c’est qu’outre le fait qu’on ne s’attache à aucun personnage et que les dialogues sont soit très mal élaborés soit très mal traduits soit un peu des deux premières options, ben la sauce ne prend pas du tout…. Le pire étant les dessins complètement immondes de ce comics et sans aucun cachet… Décors quasi inexistants ou bâclés (un comble pour une bd fantastique certes mais western avant tout) et les visages sont complètement loupés….

Et je ne vous ai pas parlé de la colorisation informatique en mode rouleau compresseur sans aucune finesse….

On peut aussi applaudir des deux mains feu l’éditeur Emmanuel Proust qui ne devait guère y croire non plus en profitant de la sortie du film pour reproduire l’affiche en guise de couverture affublée d’un gros rond bleu cyan « La bd qui a inspiré le film » et qui n’est pas un sticker et qu’on ne peut donc pas retirer. C’est d’autant plus surprenant que les éditions E.P étaient réputés pour le soin de leurs couvertures… en voici donc le vilain petit canard.

Passez votre tour même à tout petit prix !

Nom série  Les Enigmes de Léa  posté le 09/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Merci à Gaston pour sa piqure de rappel que je n’aurais pas lue sans l’intérêt de ma fille pour cette série qui se l’est offerte après l’avoir lue dans Bamboo Mag, très bon magazine gratuit à trouver en librairie et que je vous recommande.

Après avoir réalisé « Les Enigmes de Léo » plutôt destiné à un lectorat masculin, Philippe Larbier a senti un peu le filon en exploitant ses strips d’une page et contenant une énigme mais à la mode « girly ».

Cela me rappelle grandement « Mickey Enigme » que je lisais gamin dans le journal de la souris Disney et où il faut élucider un mystère en cherchant un détail dans tout le fil de l’histoire.

C’est très ludique, forcément moins intéressant (les histoires de shopping ne sont guère ma tasse de thé) mais le dessin est chouette, simple et clair et après tout, cette bd est conseillée au public ciblé alors pourquoi pas d’autant plus que si on dispose d’une relecture limitée après avoir trouvé le « truc », ça reste très agréable à lire et les auteurs ne manquent pas d’imagination effectivement.

Plutôt sympa en conclusion.

Nom série  The Four Roses  posté le 09/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Baru/Jano, voici une association magique qui fait rêver les vieux briscards comme moi qui ont aimé lire les aventures de Gazoline dans l’Echo des Savanes pour l’un ou les chroniques adolescentes de La Piscine de Micheville pour l’autre.
En plus un joli album sur du rock façon Frank Margerin avec un joli vinyle inclus dans cette première édition, bref tous les éléments réunis sur le papier pour faire si ce n’est un objet exceptionnel au moins une jolie madeleine de Proust… Bref Je zieutais clairement la parution de cet ouvrage avec l’espoir d’y retrouver le même intérêt que dans mes lectures d’'ado…

Et boum patatras…
La déception est complète, totale et je n’irai pas par 4 chemins : il s’agit clairement de l’une de mes plus mauvaises lectures de ces deux dernières années au moins.
J’ai beau être familier et sous le charme du graphisme animalier de Jano, le format adopté n’est pas le bon avec une sensation que les cases ont été vulgairement agrandies, perdant le charme des détails et donnant un air particulièrement grossier aux dessins de Jano. Par chance il subsiste quelques jolis décors et double pages.

Secundo le scénario de Baru est inintéressant au possible. Pas la peine d’être aguerri à une quelconque culture musicale pour adhérer ou pas à ses propos, le récit est rapide, joue de trop d’ellipses (j’aurais aimé voir la ville d’Etain que je connais très bien mais qu’on évoque sans la dessiner) et on passe d’une situation incongrue à une autre.

Jouer sur le flashback d’un personnage fantasmé (la grand-mère Rose fan de rock et bohème, figure fuyante et fantomatique) est la meilleure idée de ce scénario qui tient sur un papier à cigarettes en envoyant deux frangins musiciens de la France vers la Louisiane. On y ajoute deux flics têtes à claque et hautains, une tata qui danse du popotin, un vol de Fender et un happy end convenu façon final de « Grease » et on pourrait s’en contenter trouvant l’opération louable et poétique mais ça m’a laissé complètement de marbre avec le sentiment « tout ça pour ça ? ».

Cela est d’autant plus détestable que c’est le livre que j’aurais aimé chérir et apprécier de toute mon âme mais elle doit être livrée au diable d’où cet avis aussi sévère que ma déception est grande.

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