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... a posté 414 avis et 47 séries (Note moyenne: 3.29)

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Nom série  The Cape 1969  posté le 21/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
1969 : une escouade de soldats US est faite prisonnier par un cruel officier vietnamien dans une jungle vietcong… Le capitaine Chase, pilote d’hélicoptère va y faire la plus surprenante des rencontres…

Difficile de croire par un tel pitch le rapport existant entre ce « The Cape 1969 » et le one shot au même nom de Joe Hill.

Et pourtant il ne faudra guère plus d’une case pour comprendre le rapport évident entre Eric Chase, héros malfaisant de l’œuvre d’origine et ce pilote qui n’est autre que son père…

Même si le tout peut se lire sans connaissance des méfaits de la fameuse cape, il subsiste quelques interconnections évidentes et un rythme tout à fait similaire.

Car The Cape 1969 se lit comme on regarde une bonne vieille série B un dimanche après-midi. Ça ne manque ni de rythme ni d’efficacité mais le postulat ne dépasse guère les ambitions d’origine.

Grosso modo et sans trop dévoiler d’une histoire bien trop mince à mon goût, les pouvoirs volants d’Eric vont trouver leurs origines mystiques dans la jungle vietnamienne. Si l’ensemble est bien trop succinct pour évoquer autre chose que la revanche de Chase sur son tortionnaire vietcong, il convient néanmoins de trouver ça foutrement efficace.

On va donc s’en prendre plein la gueule sur les 4 chapitres d’un récit évoquant le schéma classique des sévices subis puis du retournement de situation. Effectivement voler confère de nouvelles possibilités à Chase qui va s’en donner à cœur joie dans une seconde partie spectaculaire.

Joe Hill n’aurait pas participé à ce développement mais on ne sent aucune trahison dans l’écriture de cette histoire portée par un dessin toujours aussi dynamique et lisible. La boucle est bouclée pour ce récit aux allures de montagnes russes mais dont on ne gardera malheureusement pas un énorme souvenir par après.

Un bon gros divertissement aussi fun que dispensable pour les amateurs de bastons surréalistes (situer l’action au cœur d’une guerre comme celle du Vietnam est un pari inédit).

Nom série  Vacuum  posté le 21/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
L’adolescence est un vaste débat. Déjà parce qu’il s’agit d’une période particulière que tout le monde vit de façon très brutale ou effacée mais toujours très personnelle.

Après parce qu’on n’en sort jamais réellement de ce douloureux passage de l’enfance à l’age adulte (j’en suis un bel exemple ).

Enfin parce que toutes les œuvres consacrées à l’adolescence sont toujours passionnantes à mes yeux et riches d’instructions.

Après avoir refermé Vacuum du méconnu mais talentueux Lukas Jüliger, on se remémore forcément certaines images imprimées à vie sur nos rétines de Virgin Suicides, Donnie Darko (encore et toujours ce film) sans oublier Elephant de Gus Van Sant.

Malgré les nombreuses références évoquées (Vacuum pourrait être effectivement une adaptation littéraire de Donnie Darko et de son apocalypse en compte à rebours), le présent bouquin n’est pas un plagiat de plus mais possède sa propre identité s’affranchissant tour à tour de ses références par un univers qui lui est propre et distinct.

Aidé par un dessin tout en substances et en douceurs tirant vers le beige et le gris, on nous prend par la main sans brusquer les choses, aidé il est vrai par un rythme calme et précédant la tempête qu’on nous promet en fin d’ouvrage (il s’agit de relater la dernière semaine avant la fin du monde chapitrée par les jours). Quelques vignettes sont tout à fait sublimes et évoquent autant la contemplation que la mélancolie qui habite chaque page comme chaque cœur de nos jeunes protagonistes.

Car l’auteur n’a pas son pareil pour dépeindre une révolte passive mais bien présente. Les « héros » déjà n’ont pas de prénom afin de mieux s’en identifier à part Sho qui a trop abusé de drogues et s’invente un monde alternatif dont lui seul possède les clés d’entrée comme de sortie.

A côté de cela une histoire d’amour perturbée et complexe s’installe entre le narrateur et la « girl next door » qui lui ouvrira certaines voix de perception rajoutant un peu de fantastique et surtout de poésie par petites touches là où Charles Burns cherchait à installer un électrochoc « cronenbergien » avec les mutants isolés de Black Hole.

Ici les actes violents sont évoqués et effleurés là où le duo Mezzo/Pirus usait et abusait d’ironie et de provocation dans le Roi des Mouches.

On peut trouver l’histoire immobile mais son côté figé amène une véritable progression sur l’ensemble des personnages dont on pourra comprendre leur passé dans une narration complètement maîtrisée de l’auteur.

Les ellipses peuvent paraître brutales mais l’ensemble est d’une telle cohérence et évidence au final qu’il est difficile de ne pas y adhérer pour peu que l’on soit sensible au sujet.

Le choc ressenti à la fin de l’ouvrage découle même d’une logique implacable là où tout parait flotter et donne envie de s’y replonger plus tard, le cœur un peu plus vide des sensations évoquées.

Il s’agit surement d’un des plus beaux romans graphiques que Rackham nous fait l’honneur d’éditer dans un format approprié sur un papier de qualité. Difficile de résister à ces jolis dessins au contenu finalement pas si anodin.

Nom série  Petites cervelles  posté le 30/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ici l’enthousiasme des comics de zombies laisse place à une déception toute relative…
Après l’adolescence et les zombies titulaires d’un DEUG, voici les cours de récré envahies par des hordes de zombies ! Où allons-nous ?

De très bonnes critiques récoltées sur la toile ne résument pas tout, dans un esprit très MAD (le magazine anglais, pas Mad Movies), Bob Fingerman dresse un petit portrait de ces sales petits moutards qui cherchent rien que des emmerdes en se battant dans la cour d’école, se mettent les doigts dans le nez et matent des bouquins pornos. Un peu comme vous et moi il y a 30 ans (pour ma part) voire moins pour les plus jeunes d’entre nous.

La morale ne sera pas sauve puisqu’un charmant professeur aidé de deux têtes à claques intellos (vous savez, ces garçons boutonneux à lunettes qui font rien que d’étudier et qui ne vous intéressent pas et qu’on trouve dans tout récit se passant dans un collège US) fait quelques expériences à base d’une curieuse fumée mauve nauséabonde, prétexte à réanimer certaines cellules mortes sauf que là le résultat va être tout autre avec recrudescence de cadavres dans toute l’école !
Une petite chance subsiste : on ne devient zombie que si l’on est mordu ou trop jeune pour la puberté ! Une chance pour nos petits moutards décrits plus haut qui vont devoir s’armer de tout ce qui leur passe sous la main et découper du zomblard pour notre plus grand plaisir !

La couverture est plutôt prometteuse, de belles couleurs chatoyantes, des petits corps bien dessinés avec des grosses têtes et de la tripaille au bout de 30 pages sur les 100 que compte ce petit bouquin cartonné.

Et pourtant la mayonnaise ne prend pas pour un problème à la fois de culture et de souhait de faire de l’indépendant coute que coute j’imagine. C’est très bavard et ça se veut drôle sans l'être souvent.
Passe encore, c’est le gros avantage d’un comics par rapport à un roman. Mais le souci c’est que c’est BEAUCOUP trop bavard, les scènes sont plutôt mal découpées et le dessin si charmant du début commence sérieusement à gonfler au bout de quelques pages…

Le plus drôle c’est plutôt le contraste amené par ces charmants dessins avec les scènes gores car la fin du livre passe d’une scène de tripaille à une autre mais l’effet escompté n’est plus du tout le même. Nos petits mouflets survivants arrivent à sortir de leur école et … c’est la fin ! Une suite est-elle prévue ? même pas mais au vu des nombreuses critiques de ce Recess Pieces sur le net, a priori c’est un comics apprécié outre-Atlantique mais absolument pas de moi.

Un achat complètement superflu surfant sur le succès de Minimum Wage mais agaçant au possible. A fuir comme la peste, les curieux comme moi en seront pour leurs frais.

Nom série  Cowboy Henk  posté le 02/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Contrairement au ressenti de Spooky, je suis plutôt fan d’humour trash, celui qui tache et mixe des éléments tellement vulgaires et décalés qu’il serait parfois impossible de le décliner sous un autre format que notre média préféré sans provoquer dégout et rejet.

Cela fait longtemps que je connais ce personnage atypique de Cowboy Henk. Il faut dire que le bougre a toujours eu un succès d’estime par ses strips complètement à côté de la plaque et le contrepoint offert par une ligne claire habituellement réservée à des œuvres plus « fréquentables ».

Le décalage offert peut créer l’illusion mais à court terme car si l’ensemble des strips peut se lire sans déplaisir (le présent ouvrage fait œuvre de compilation), à aucun moment on ne peut dire que cela m’ait fait rire ou sourire.

La chute est souvent creuse et sans réel intérêt et c’est donc sans intérêt ni sans véritable grand déplaisir que l’on peut lire ces histoires qui vont vous faire douter de votre raison.

Après je reconnais une certaine audace voire même poésie dans certaines de ces situations mais c’est effectivement peut être peu pour un livre censé être drôle… à moins que cette sélection ne soit pas si pertinente…

Dans un registre similaire, je ne peux que vous recommander Mox Nox de l’Espagnol Joan Cornella qui est tout aussi spécial mais plus intriguant. Cette façon de montrer l’absurdité de notre monde est effectivement culottée à défaut d’être complètement réussie.

Très spécial mais pas forcément complètement loupé, ça se lit aussi trop vite malheureusement…

Nom série  Lucy Loyd's nigthmare  posté le 30/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Tout commence par un bouquin sorti de nulle part et posé avec hésitation par le libraire entre comics et bd franco-belge…
Tout commence par un livre scellé avec sur-couverture noire classe et mystérieuse où seule une main rouge semble appeler de l’aide et un 4ème de couverture représentant un dinosaure affublé d’une clope et de ray-bans.
Tout cela finit par m’intriguer et c’est avec davantage de curiosité que d’envie que je me suis lancé dans cette lecture tentaculaire qui au final ressemble à un gigantesque tour de grand huit dont on ressort le sourire aux lèvres.

Du tout bon et je vais m’en expliquer….
Reprenant le principe des histoires horrifiques propres des Tales of the Crypt et autres Creepshow, Lucy Loyd’s Nightmare relève non seulement le challenge d’en être une déclinaison contemporaine mais se paye de le luxe d’être de surcroit un fantastique livre-concept où toutes les histoires s’entrelacent intelligemment par un fil narratif et la récurrence de certains personnages.

Le livre lui-même est représenté comme un objet maudit écrit par une certaine Lucy Loyd, papesse de ce style de comics et annonce des éléments violents, gore et grand guignolesques aidés par un cadrage remarquable, des doubles pages superbes et un certain art de la mise en scène (ma recommandation serait de ne pas le feuilleter histoire d’en garder toute la saveur de la découverte).

Aidé de surcroit par un dessin superbe à l’américaine par un auteur inconnu, les histoires apportent des chutes bien cyniques qui m’ont fait hurler de rire (A good man et sa morale, bad habits et son shérif mégalo) entre quelques éclaboussures car oui on baigne dans le sanguinolent mais pas dans le glauque et rarement le vulgaire.

David Chauvel (Lucy Loyd ?) truffe son récit de références discrètes et nuancées en faisant directement référence à John Carpenter (On pense directement à L’antre de la folie et un personnage ressemble curieusement à Kurt Russel) et les diverses manipulations des différents récits donnent l’envie de relire de suite le bouquin histoire de repérer tout un tas de détails discrets et savoureux jusqu’au clin d’œil de page de garde final.

Un petit bijou qui devrait remporter l’adhésion et dont il ne vaut mieux pas trop en dire pour en laisser la surprise mais j’applaudis de vive voix le concept qui va encore plus loin que les pourtant très bons Doggybags dans un registre similaire mais différent.

Lucy Loyd’s Nightmare se doit de figurer en tant qu’objet précieux et dédicacé dans votre bibliothèque.

« Very clever » !

Nom série  Les Tourments de Double Face  posté le 27/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Parti sur une bonne impression générale avec la collection DC Nemesis qui propose un récit inédit mettant en avant l’une des bêtes de foire de l’asile d’Arkham et après avoir lu l’intéressant « La Revanche de Bane » ou l’intriguant « La Splendeur du Pingouin », j’étais donc confiant avec cette histoire hissant Double-Face, l’avocat Harvey Dent horriblement défiguré et à la trouble personnalité d’autant plus que les talents combinés d’un Sean Phillips (Criminal, Fatale avec Brubaker) et Jae Lee (La Tour sombre et autres marvelleries) auraient du produire des étincelles !

Las ! Je n’ai jamais été opposé à ce qu’une œuvre soit réalisée par différents dessinateurs (ce phénomène est même chose courante pour les comics) mais l’alchimie attendue ne marche ici pas du tout. Les styles de ces deux auteurs reconnus ne se marient effectivement pas et particulièrement sur le personnage de Double-Face qui de réaliste et macabre dans la version Jae Lee (pour la première moitié) devient grotesque et cartoonesque dans la seconde réalisée par un Sean Phillips en toute petite forme.

Mais passons, malgré une introduction des plus mystérieuses (des citoyens de Gotham sans histoire ni passé judiciaire commettent des meurtres atroces), on bascule très rapidement dans une histoire des plus simplistes qui soit et cumule une impression de déjà vu et de somnolence assez conséquente.

Grosso modo, Batman va interroger un Double-Face emprisonné (pas pour très longtemps) avant de réaliser que ce dernier souhaite empoisonner la ville entière et rendre la population aussi démente que lui. Certaines scènes de flash-back sur l’enfance de Harvey Dent sont intercalées sans grosse continuité pour révéler le « twist » final que l’on aurait pu deviner dès le second chapitre et Batman tombe dans des pièges grossiers et où l’occasion de l’anéantir à jamais et/ou de révéler son identité n’iront bien sur jamais à leur terme.

Et que dire d’un Bruce Wayne pleurnichard, d’un Jim Gordon déclarant le plus sérieusement du monde qu’une femme s’est décapitée elle-même avec une fourchette ( ????) ou d’une morale à deux balles sur le tabac comme produit aussi addictif que la drogue de Double-Face ?

On parsème l’ensemble de quelques fautes d’orthographe ou d’accords que le traducteur français n’a dû voir venir (la relecture de l’ensemble devait également lui être pénible) et d’une mise en scène peu folichonne pour se rendre compte du gâchis incroyable de talents dans un livre qu’il m’a fallu reprendre à plusieurs fois avant d’en voir la fin…

Une œuvre bien mineure dans un univers qui ne compte pas que des chefs d’œuvre visiblement et surement le récit le plus décevant lu sur le Chevalier Noir... A éviter de toute urgence.

Nom série  Les Miettes  posté le 26/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril !

Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet !

Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus !

Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités !

Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié.

Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous !

Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port !

Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire.

L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte.

Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !

Nom série  Silver Surfer - Parabole (Moebius)  posté le 22/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici une initiative sympathique par Panini Comics, un éditeur souvent décrié mais qui a eu cette fois la bonne idée de rééditer une œuvre maintes fois discutée et parue sous de nombreux formats épuisés actuellement, à savoir le Surfeur d’Argent par Moebius.

Pour la petite histoire, si Stan Lee a souvent été impressionné et inspiré par Moebius et son travail pour l’Incal et Blueberry, il n’a jamais eu l’occasion de le soumettre à une histoire typiquement Marvel à l’exception notable de superbes couvertures réalisées par le maître francophone.

Ce fut chose dorénavant faite avec cette unique collaboration pour un court one-shot du Silver Surfer face à son ennemi de toujours le dévoreur des planètes Galactus.

Ce qui est cette fois intéressant c’est qu’il n’y a pas besoin d’être un lecteur confirmé des nooooooOOOOOOOOOOOOmbreuses histoires de la Maison des Merveilles pour lire cette ultime tentative de sauvetage de la Terre et qu’on peut lire cette courte sans aucune connaissance au préalable.

Donc Galactus envahit la terre mais comme c’est un « dieu » d’honneur et qu’il avait fait la promesse à son ancien héraut le Surfer de ne pas attaquer notre galaxie, il s’arrange pour embrouiller les humains entre eux et s’autodétruire… Mais notre beau véliplanchiste argenté a beau être blazé, il ne compte pas laisser faire le colosse et va tenter d’être aussi malin et aiguisé que son ancien mentor…..

Je reste très partagé sur cette œuvre. D’abord je dois confesser que sans le nom de Jean Giraud sous son célèbre pseudonyme, cette histoire m’aurait laissé de marbre mais cette incursion surnaturelle de Moebius dans les histoires de Stan Lee a attisé ma curiosité.

Il ne s’agit pas des plus beaux dessins réalisés et on sent une certaine rapidité dans l’exécution de certains dessins mais Moebius reste fidèle à ce qu’il savait faire de mieux et l’œuvre ne trahit ni son esprit ni celui de Stan Lee.

En résulte une histoire faussement naïve mais pétrie de pas mal de lourdeurs la rendant plus ou moins indigeste selon votre humeur du moment. Il y a également peu de scènes d’action, le Surfer se contentant surtout de contenir Galactus et l’introduction de personnages humains déplaçant leurs motivations politiques, théologiques ou personnelles tels des pions sur un échiquier mais le rendu est si peu complexe pour une fois qu’il laisse davantage perplexe.

Les points de vue sont multipliés par les témoins de la bataille Galactus/Silver Surfer comme si l’on regardait un reportage ce qui n’est pas déplaisant en soi mais annihile toute implication du lecteur dans une histoire dont on devine l’issue dès les premières pages.

Seule la dernière pitchenette du Surfer d’Argent pour réconcilier les hommes est culottée et constitue un véritable pied de nez mais globalement et malgré l’apport évident de Moebius sur les dessins je me suis particulièrement ennuyé.

Plus intéressant sont les bonus rédigés par Moebius et Stan Lee que possède la présente édition et la rend à mes yeux passionnante et indispensable. Il s’agit de croquis et d’annotations purement sincères des deux auteurs qui ont voulu rendre un travail des plus authentiques.

Je perçois davantage ce récit comme une métaphore de la bêtise des hommes que comme une Parabole et je recommande vivement cette élégante réédition aussi sobre que richement illustrée et dans un format comics d’origine. Il s’agit effectivement d’une œuvre mineure dans l’excellente bibliothèque de Moebius mais il serait également difficile d’en faire l’impasse.

Ma note est donc purement subjective et n’a pas pour but d’attirer les réfractaires de ce duo d’auteurs mais je pense néanmoins la relire avec intérêt d’où la note très contrastée d’un avis pas évident non plus à rédiger.

Nom série  The Cape  posté le 19/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Forcément sans l’appel du pied « Joe Hill » écrit bien en gros sur la couverture de ce One Shot alors qu’il ne s’agit que de l’adaptation en comics d’une de ses nouvelles. Le phénomène « Locke and Key » m’ayant fait forte impression tout comme les dessins magnifiques de Zack Howard (un auteur méconnu qui ne devrait pas le rester très longtemps), c’est donc avec une connaissance du pitch proche du néant absolu que je repartis de ma librairie avec ce one shot dans mes cabas.

Bien que moins audacieux que Locke and Key, ce récit ne manque pas de qualités intrinsèques, il s’agit de l’histoire d’un loser américain au parcours des plus banals si ce n’est une mystérieuse chute d’un arbre enfant en jouant aux superhéros affublé d’une cape l’ayant maintenu en suspens quelques secondes avant un accident qui aurait pu être fatal.

Après quelques années et un parcours tant professionnel que sentimental plutôt désastreux, notre « héros » va remettre la main sur cette fameuse cape qu’il pensait perdue à jamais et, ô miracle, se rend compte qu’il peut voler avec tel Superman… Mais comment va-t-il l’utiliser et à quels desseins ? Lui qui a toujours été un peu en marge de la société malgré un entourage aimant ?

« Un grand pouvoir engendre de grandes responsabilités » adressait l’oncle Ben à Peter Parker avant de mourir et que son neveu ne devienne le célèbre tisseur masqué. Joe Hill va au contraire démontrer que l’on peut utiliser ce pouvoir pour ses propres intérêts personnels… et surtout la vengeance…

Impossible d’en raconter davantage sans trop en dévoiler et gâcher la surprise d’un scénario qui surprend dès la fin du premier chapitre par un acte complètement inconsidéré et qui va imposer le tempo à un récit agréable et rapide à lire.

Et c’est ce que je retiendrais le plus de cette nouvelle qui aurait gagné à être un peu plus claire sur les motivations du principal protagoniste et également à multiplier les intrigues puisque passé la fameuse surprise évoquée dans mon paragraphe précèdent, le reste devient étrangement banal et téléphoné.

Pour avoir revu récemment le film « Chronicle » narrant également la perception de nouveaux pouvoirs et leur utilisation, j’ai trouvé beaucoup de similitudes entre ces deux destinées mais le récit de Joe Hill manque un peu d’audace pour en faire un incontournable.

Ce qui est incontournable par contre, c’est le talent évident de Zack Howard dont le dessin comme le découpage sont d’une clarté et d’une beauté évidentes, quelques doubles pages attestent de la maitrise absolue (attaque d’un avion par un outil bien commun !!!) de cet auteur dont le travail sur les couleurs tout en pointillés et en nuances lui donnent un cachet unique !

« The Cape » est donc un bon petit récit indépendant à savourer sans restrictions et dont la promesse d’une préquelle bientôt publiée par Milady Graphics (« The Cape 1969 » en été 2014) laisse supposer que le meilleur est surement encore à venir avec la même équipe !

Nom série  La Splendeur du Pingouin  posté le 14/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Par sa collection DC Nemesis, Urban a offert une belle opportunité aux amateurs des DC Comics d’en savoir un peu plus sur les êtres malfaisants peuplant les villes de Metropolis et surtout de Gotham City.
Ce titre permet ainsi aux amateurs d’en savoir un peu plus sur l’un des méchants les plus populaires mais également un des plus méconnus.

Le récit ironiquement retitré en français sous le nom de « La splendeur du pingouin » s’inspire grandement de la représentation qu’en avait fait l’époque Tim Burton pour son magnifique Batman Returns mais pas uniquement.

On y retrouve les origines d’un être méprisé par les siens et les difficultés à se faire accepter comme tel enfant avec ses difformités par une société cruelle qui repousse et se moque des différences d’autrui.

Le Pingouin, né petit, obèse, laid et avec un nez rappelant l’animal qui lui sert de sobriquet, va donc devenir un personnage trouble bien plus craint par ses tiers que respecté en tant que tel.

Son rayon d’action passe par un réseau souterrain, de magouilles et de trafics en tous genres, d’influence, d’esclaves et de contrebande. Il est à la fois un personnage clé de la bourgeoisie de Gotham comme un de ses plus perfides dangers.

La démonstration de sa cruauté sans limites s’effectue par un petit jeu rodé inaliénable : convoquer le sujet qui aurait agacé Mr. Cobblepot dans son bureau et lui annoncer de façon continue et sur un ton monotone les évènements tragiques arrivés en temps réel (et commandités par Le Pingouin) à son entourage pour mieux le détruire psychologiquement.

Par ailleurs son obstination à combler ses proches par des bijoux dérobés lors d’assauts très violents achèvent de faire du Pingouin un personnage aussi dangereux voire davantage que son grand collègue le Joker dont on aperçoit deux apparitions furtives et muettes laissant supposer que ce dernier est également à la botte de l’homme-oiseau.

L’ambiance est donc glaçante et le lecteur se sent rapidement mal à l’aise, tantôt touché par les flashbacks de l’enfance d’Oswald et les soin qu’il prodigue à sa mère ou à sa compagne (nous y reviendrons) que par les excès de violence outranciers et indirects dictés par sa colère.

Le Pingouin cultive donc la peur paradoxalement à son allure désuète et inoffensive à l’exception notable d’un seul autre personnage emblématique de Gotham : le Batman ici peu présent (la véritable vedette ce n’est pas lui) mais indispensable à une enquête somme toute assez classique au final.

L’attachement du Pingouin à une jeune fille aveugle et sincèrement amoureuse de lui va-t-il l’emmener à sa propre perte ? Je n’en dirais pas plus mais ce récit malmené par l’ambiance volontairement glauque et très sombre de Kudransky s’accorde aussi bien que la splendide couverture sombre de ce recueil. Dommage que le découpage soit parfois si confus en espérant qu’une seconde lecture lèvera ces légers soucis de continuité.
Le duo d’auteurs est d’ailleurs spécialisé dans les comics à tendance « supervilain » pour avoir représenté d’autres personnages troubles chez le Punisher ou Spawn.

Puisqu’il s’agit de recueil on a également droit à une autre histoire bien plus courte d’une dizaine de pages sur la situation amoureuse complexe du Pingouin. Elle n’est absolument pas dénuée d’intérêt et ferme l’ouvrage de façon réellement satisfaisante pour peu que l’on s’intéresse à un personnage que l’on croit connaître sur le bout des doigts mais dont on ignore véritablement les griefs.

Le procédé n’est pas nouveau et ne le sera pas (l’ensemble m’a rappelé curieusement la genèse de Moloch dans Before Watchmen Compagnon) mais il peut apporter au novice comme à l’amateur confirmé de l’univers Batman un complément relativement pertinent sans être indispensable.

La splendeur du pingouin n’est donc pas un récit indispensable ni inoubliable mais il risque de hanter au moins votre prochaine nuit pour toute la noirceur et le pessimisme qu’il dégage.

Nom série  Gotham Central  posté le 12/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Batman ?
Brubaker ?

Hum suffisamment d’indices pour me mettre en appétit avec ce Gotham Central qui m’a longtemps fait de l’œil mais dont j’ai préféré attendre la belle réédition par Urban avant de me mettre à table devant ce copieux premier recueil (sur les 4 à paraître).
Quoi de plus malin et de plus ambitieux que de vouloir présenter un regard réaliste sur la ville du Chevalier Noir par les nantis et seconds couteaux dont on ne voit jamais les actes ô combien complémentaires dans le maintien de la justice.. A savoir les flics, inspecteurs et simples mortels de la police de la cité gothique.

C’est un peu le pari (largement réussi) qu’ont bien voulu nous proposer Ed Brubaker qu’on ne présente plus pour ses incursions dans le polar et Greg Rucka.

Soutenu par le trait gras et délicieusement rétro de Michael Lark qui signe tous les dessins de la série, ces histoires peuvent se lire indépendamment comme de simples enquêtes policières mais possèdent le même effet tentaculaire que Criminal : les personnages s’enrichissent au fur et à mesure des histoires, passant du premier au second rôle selon les besoins…

Le point de vue réaliste adopté contraste avec certaines mauvaises rencontres lorsqu’une bête filature ou introspection des lieux place nos inspecteurs nez à nez avec un Mister Freeze ou un Double Face. On constate dès lors l’impuissance de simples humains face à des supers criminels lourdement armés ou tellement pervers que l’aide d’un Batman est au choix indispensable ou vécu de l’intérieur comme un véritable fardeau. On appréciera également l’usage d’équipes de nuit et de jour au sein de la même brigade donnant une tonalité toute singulière. Il s’agit vraiment de chroniques affreusement banales où tout peut basculer d’une minute à l’autre.

Si du point de vue de Batman, tout est vécu comme une charge héroïque avec ses bons et ses mauvais côtés, ici les inspecteurs font ce qu’ils peuvent pour résoudre des histoires sordides de kidnapping, assumer leur vie privée (l’histoire de Renée Montoya et de son homosexualité étalée au grand jour est « LE » récit le plus émouvant et réaliste qui soit lu depuis longtemps) ou vivre le deuil d’un collègue tragiquement disparu.

Batman n’est jamais présent plus d’une ou deux cases par histoire et ses exploits sont manifestement racontés en « off » lui conférant le côté mystérieux que l’on peut lui insuffler.

Vivement la suite, ce Gotham Central peut être lu également par des débutants et je ne peux que le conseiller à un public bien plus large que les comics pour la pertinence de ses propos et l’incursion de surnaturel sans jamais en abuser lors des apparitions de super criminels rendus ici à l’échelle humaine par une équipe d’auteurs fortement inspirés et à l’impact intelligement nuancé.

Terriblement humain, cette collection est indispensable tout simplement.

Nom série  Luther Strode  posté le 14/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il avait l’air pourtant bien sympathique !

Je parle de ce petit ado myope illustrant le premier tome de Luther Strode dans son édition française.

Effectivement qui pourrait prétendre à un tel contenu gore et exhaustivement fun en le voyant réajuster sa paire de lunettes d’une main et tenir un curieux manuel simplement intitulé « Hercule » de l’autre.

Bien sur les quelques nuances de sang ornant la couverture ne peuvent laisser présager d’un récit à ne pas mettre entre toutes les mains….

Partant d’un postulat identique à une série aussi classique que Spider-Man ou cynique que Kick-Ass, Luther Strode va n’en retenir que les germes (un jeune maigrichon impopulaire souhaitant modifier son destin) pour mieux les remixer dans un opéra sanglant, violent mais diablement fun…

Le jeune homme, grande tige myope sans une once de muscles, est aux antipodes du standard californien américain sportif décérébré et coureur de jupons.
Afin de briser ce stéréotype, Luther, grand amateur de films d’horreur et de comics (dont on aperçoit un peu trop les références sur les murs ou les tshirts portés) va découper un bon dans son mensuel préféré afin de recevoir la méthode Hercule, un apprentissage radical pour lui faire pousser des biscoteaux.
Le seul hic est que cette méthode est un procédé maléfique utilisé à des fins plus radicales….

Ce qui ressemblerait à un récit de Stephen King ou à une relecture de Shazam va plutôt lorgner du côté de Ken le Survivant ou de Jason Voorhees…
Luther va devenir de plus en plus impressionnant physiquement tout en développant une vitesse et des réflexes accrus.
Difficile dès lors de pouvoir se maitriser lorsqu’on s’improvise Super Héros avec une carrure et un masque menaçants d’autant plus que les coups partent aussi vite que les problèmes vont arriver pour l’entourage de Luther…. Et qu’il ne semble pas être le seul à posséder ses pouvoirs car de mystérieuses créatures similaires sont à sa poursuite….

Avec un trait anguleux rappelant par certains côtés celui de Kevin O’Neill (qui a illustré entre autres la ligue chère à Alan Moore), c’est un autre Moore, Tradd de son prénom et illustre inconnu pour ma part, qui illustre le scénario dingue de Justin Jordan. Et j’avoue qu’à la vue du résultat final et des progrès amorcés entre les 2 premiers tomes, c’est un patronyme qu’on risque de revoir très prochainement.

Le mot d’ordre de ce petit comics indépendant est de donner du fun sans grosse prise de têtes. Le scénario va droit à l’essentiel et calque beaucoup la progression d’un jeu video sans pour autant que la comparaison soit péjorative, bien au contraire.

Du jeu vidéo, les auteurs en retiennent la progression par niveaux (on se croirait presque dans une arène de combat, avec décors explosés et les débordements gore qui ne seront pas du gout de tout le monde car on ne fait vraiment pas dans la finesse en explosant les corps et éparpillant les membres cassés ou arrachés dans tous les sens.

Le résultat est plutôt spectaculaire et les scènes de combat nombreuses sont admirablement découpées et lisibles…. Mais les limites du raisonnable sont simplement affranchies avec le tome 2 admirablement sous titrée « La légende de Luther Strode ».

La bonne idée a été d’établir une ellipse de 5 années entre les évenements du premier arc et du second. Luther est devenu un fugitif nébuleux et sanguinaire devenu à la fois une légende et surtout une menace pour toutes les mafias locales qui ne cessent de lui tendre des pièges…

Lorsque son ancienne petite amie entre en scène, les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu d’autant plus qu’un plan « B » avec un être génétiquement modifié comme lui et qui aurait pu être issu du bestiaire de la ligue des Gentlemen Extraordinaires fait également son entrée remarquée dans un récit fonçant à toutes berzingues dans les cordes !

C’est bien simple, j’ai même eu du mal à me souvenir d’avoir lu quelque chose d’aussi haletant alors qu’il ne s’agit que d’une succession de combats sanglants et pervers dont on exploite les décors, les protagonistes et même quelques malheureux innocents. Il faut dire que ce « Jack » a la classe.

N’allez pas pour autant croire qu’il n’y ait pas d’histoire ! Justin Jordan introduit quelques flashbacks et précisions sur l’origine de ces fameux pouvoirs par petites touches histoire d’entretenir une société secrête au passé terrifiant et trouble.

Sans grande originalité mais avec une efficacité redoutable, Luther Strode pose les bases d’une série parfaitement en phase avec ce que les amateurs de trash et de superhéros viennent chercher. On est loin des superslips de l’ère Marvel et tant mieux dans un sens mais on ne peut négliger sa propension à en offrir toujours plus sans pour autant se perdre dans des délires inutiles bien au contraire.

Le troisième (et dernier ?) tome risque d’enfoncer le clou sur cette petite série sur laquelle tout amateur de rouge vermillon se doit de poser le regard. Après le talent et la légende devrait venir la consécration mais je n’aurais pas attendu ce troisième tome pour recommander vivement Luther Strode !

Nom série  Blind Dog Rhapsody  posté le 07/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
2 pitchs, 2 accroches pour ce premier tome d’une trilogie annoncée : Hanna, le scénariste du délirant Bad Ass d’une part et secundo le récit classique d’un chambara tourné en dérision, vous savez ces histoires de vengeances sanglantes à l’ère du médiéval japonais entre samouraïs.

Premier constat et sévère celui-là : on ne retrouvera jamais la réussite complètement décalée des Bad Ass dont ce Blind Dog Rhapsody se veut le pendant asiatique. Secundo si le récit se veut référentiel en citant « Zatoichi » et autres « Sabreur Manchot » avec son héros aveugle, le récit est bien moins sanglant malgré une petite touche de gore dans le dernier acte.

Pour autant ce récit pop-corn à foison ne manque pas de qualités qui lui sont propres à savoir dessiner et définir un univers original à grosses lampées de grotesque (la voix off), grivoiserie (les gros seins de la belle serveuse) et de clarté (difficile d’être perdu dans le découpage clair et ordonné du prometteur Redec).

L’histoire parle d’une énième histoire de vengeance par un jeune disciple aveugle maitrisant un tas de combinaisons martiales aux noms complètements idiots. Chemin faisant il va croiser celui d’une jeune serveuse particulièrement bavarde mais possédant de sérieux arguments mammaires et capable de voir et d'entendre le fantôme d’un maître kung fu représenté sous forme de panda !

C’est complètement con ? Oui et encore vous allez être servis… Redec signe une première œuvre graphique joliment mise en scène et aux couleurs chatoyantes dans un style cartoonesque entre manga et école classique franco-belge. Si l’on peut déplorer l’absence de certains décors, nul doute est fait sur l’avenir prometteur de ce jeune dessinateur. Hanna se lâche à fond les rouleaux sur le thème de la gaudriole (les références sont discrètes et pas nécessairement stabylotées au jaune) mais n’évite pas certaines facilités malgré un rythme soutenu.

En résulte une lecture en accordéon alternant du fun et du moins fun car c’est parfois subtil comme lourdingue. Néanmoins il subsiste un véritable fil rouge scénaristique construit par flashbacks adroits et approfondissements de certains personnages croisés ici et là. Quelques touches de fantastique parsèment également l’univers et chaque chapitre est construit comme un jeu video avec ses protagonistes, monstres et combats.

Qu’il s’agisse de l’entrée en matière des 9 péchés capitaux, (l’équivalent des 7 samurais à la sauce Hanna), d’un monstre marin ou des états d’âme du grand méchant (mais petit par la taille), ce premier tome constitue un délire permanent, une succession de sketches mis bout à bout enveloppant une histoire dont on se demande bien à l’image de la dernière page où elle va nous amener !

Suffisamment en tous cas pour nous donner envie d’en lire davantage en espérant que les quelques erreurs de jeunesse seront rapidement corrigées mais au vu de l’énergie positive qui ressort de cette lecture, tout cela semble en bonne voie !

Nom série  Sin Titulo  posté le 20/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ouvrir Sin Titulo engage à oublier ses repères, à en perdre la notion et à l’appréhender comme une œuvre de Charles Burns.

On compare souvent cet élégant ouvrage à l’italienne aux œuvres de Lynch période Blue Velvet, Lost Highway ou Mulholland Drive mais c’est surtout à Donnie Darko dont la conclusion comme les voyages interdimensionnels me font écho, ça y est vous y êtes ?

Si vous continuez à lire mon humble point de vue, c’est que vous êtes réceptifs à ce style de récit, les autres peuvent facilement tourner la page ou cliquer ailleurs voir la Scarlett du jour.

Cameron Steward, second couteau talentueux, a eu l’idée de prépublier cette œuvre « sans titre » sous forme d’épisodes sur internet. Le lire dans sa continuité aujourd’hui permet de se rendre compte sur papier de la beauté de son trait limpide et clair dans un ton sépia bichromique de toute beauté.

Il a beau utiliser la méthode du gaufrier à 8 cases, la mise en scène inventive et l’incongruité des situations tient le lecteur en haleine du début à la fin sans connaître une baisse de rythme.
En effet le lecteur est placé dans la peau de cet Américain moyen qui va tout mettre en œuvre pour découvrir quelle est cette séduisante jeune femme blonde en photo à côté de son grand-père récemment décédé.

C’est le départ pour une histoire qui va mélanger rêves et réalité, personnages intrigants, violents et décalés et permettre un voyage en introspective au plus profond des souvenirs de Jake Mc Kay.

Ce dernier va perdre la raison, ses attaches, son métier et sa propre identité au fil d’une histoire en apparence sans queue ni tête mais qui ira jusqu’aux extrêmes limites de la curiosité de Jake ainsi que de celle du lecteur.

Il y a de l’étrange, de la violence mais également de la nostalgie et de la poésie tout au long d’une lecture limpide et réellement agréable. Qu’il est bon parfois de se laisser porter dans un monde sans repères mais pas sans intérêt.

La conclusion peut décevoir au premier abord car elle repose plus de questions qu’elle n’apporte de véritables réponses mais le tour de force c’est qu’elle donne envie de relire toute l’histoire en boucle, armé de nouvelles questions ou indices et que la déception laisse rapidement place à la satisfaction.

Le livre comme souvent chez Ankama (pour ne pas dire toujours) fait l’objet d’une très jolie réalisation éditoriale à ranger directement entre les livres Cornélius de Charles Burns. Je raffole aussi de ce genre de récits troublants qui donnent l’impression de malmener le lecteur pour mieux le séduire. Mission réussie !

Nom série  Scalped  posté le 18/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avoue pour cette fois avoir beaucoup de mal à parler d’une œuvre que j’ai déjà terminé depuis quelques semaines mais dont il m’est difficile d’exprimer un véritable coup de cœur comme je l’aurais souhaité initialement et vais tacher de m’en expliquer.

Scalped est une des dernières série Vertigo éditées, un label US que j’affectionne tout particulièrement car leur ligne éditoriale est toujours de grande qualité. Il ne s’agit ni plus ni moins d’une peinture sans concessions d’une civilisation laissée pour compte dans une Amérique contemporaine pourrissante : le peuple indien parqué dans un bled ironiquement nommée « Prairie Rose ».

Car il ne faudra guère plus d’un épisode sur les 60 constituants l’intégralité de ce polar pour comprendre que l’espoir n’est pas de mise et que le retour de Dash Bad Horse, agent du FBI infiltré dans la police tribale manipulée du parrain local Red Crow et accessoirement enfant du pays fâché avec ses origines, va entrainer un sacré chaos dans ce petit monde bien tranquille en apparence mais il ne faut pas se fier aux apparences…

Le début de l’histoire se veut assez laborieux en présentant de façon continue un nombre conséquent de personnages. Le trait gras du Serbe Guéra a beau servir les propos, l’encrage n’aide pas vraiment à la reconnaissance des lieux comme des protagonistes.

Le clou est véritablement enfoncé avec un second tome se permettant quelques arrêts sur images, allers et retours apportant autant de confusion que de détails sur la trame principale.
Le héros n’en est pas réellement un et ne possède pas le charisme nécessaire à l’identification en bien comme en mal…

Et pourtant, on se rend compte sur le long terme que Jason Aaron sait parfaitement où il veut en venir. Ce scénariste n’avait peut-être pas encore acquis la reconnaissance mondiale dans son domaine mais Scalped va surement l’aider en ce sens que toutes les pièces du puzzle s’enchevêtrent parfaitement et que ce qui paraissait si imbuvable en premier lieu devient un atout narratif pour les courageux lecteurs malmenés entre violence crue, immoralité ambiante, drogue et sexe scabreux.

Aaron se paye même le luxe de ralentir son histoire par un procédé que j’adore et déjà mis en place entre autres par Ennis sur le cultissime Preacher qui consiste à arrêter l’histoire pour plonger dans le passé d’un personnage secondaire, voire même de développer un arc à l’intérieur d’un autre ce qui enrichit considérablement les points de vue. J’ai ainsi véritablement adoré le traitement du personnage de Shunka, homme de main sans pitié de Red Crow qui cache une terrible souffrance personnelle. C’est simplement somptueux et de grands moments de lecture en perspective.

Le trait de Guéra que je ne plébiscite pas s’améliore également et s’accommode par celui d’autres dessinateurs de qualité qui prennent parfois la relève le temps d’un épisode. L’ensemble graphique reste homogène contrairement à l’horrible adaptation de Django Unchained.

Sans être un coup de cœur véritable ni surpasser tout le bien que je pense de séries « plus courtes » comme Sin City et Criminal, Scalped reste après cout une lecture que je ne peux que recommander et sur laquelle je reviendrais surement. Mon rêve absolu serait de la voir adaptée en série télévisée tant les propos se prêtent à une narration sur le long terme quelque part entre Breaking Bad et The Shield.

J’ai toujours aimé les histoires de mafia et de vengeance et celle-ci ne m’a pas déçu à défaut d’être exceptionnelle mais son ambiance reste envoutante pour peu qu’on se donne la peine d’aller au bout du cauchemar de Dash.

Nom série  Seuls  posté le 17/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Seuls est à elle toute seule une série qui réalise un véritable tour de force.

Lequel ? Celui de proposer à un public adolescent voire plus jeune un univers tout à fait original et s’étoffant d’album en album sans prendre ses lecteurs pour des crétins et tout en proposant une intrigue tentaculaire.

C’est ainsi que la série désormais culte du productif Fabien Vehlmann et de Bruno Gazzotti pourrait être présentée à toute bonne âme disposée à rentrer dans un univers ouvertement fantastique et anxyogène rappelant quelques classiques comme l’insurmontable roman de Matheson « Je suis une légende », et quelques autres références dignes de Twilight Zone.

Le pitch est très simple et parfaitement exposé : on voit évoluer de jeunes enfants dans leur quotidien le plus banal au sein d’une ville de province en une fin de journée. Ils ne se connaissent pas mais vont se réveiller le lendemain dans une ville parfaitement vide et dénuée d’activité. Au fil de leurs pérégrinations, 5 d’entre eux vont se retrouver et tâcher de survivre dans un monde dans lequel les adultes ont disparu ainsi que l’école et toute règle sociale.

Que s’est-il passé ? Pourquoi des animaux sauvages prennent possession des rues ? Quel sont ces symboles rouges et ce monolithe noir et de quoi sera fait le lendemain ?

Pas besoin de zombies (quoique…) ou de futur post-apocalyptique pour mettre en scène un univers original et passionnant. Seuls n’est pas seulement une lecture de qualité pour le jeune public qui va s’affranchir de la bande dessinée de Bamboo vers un récit facile à lire (Velhmann est suffisamment malin pour ne perdre personne en route et prendre son temps pour développer son pitch) et agréable à suivre (Gazotti possède un trait issu de la ligne claire oscillant entre Franquin et Janry et découpe admirablement ses séquences) pour en faire un objet hautement recommandable.

Chaque tome apporte sa pierre à l’édifice en résolvant quelques énigmes et en reposant d’autres. Vehlmann se paye même le luxe d’imposer en douceur une satire sociale digne de « Sa majesté des mouches » sans complications inutiles ou superflues (le monde de « Seuls » n’est représenté que d’enfants parlant comme des enfants en phase avec le lectorat d’origine ciblé) mais les confronte à des éléments de survie et quelques situations inédites ou inconnues (alcool, usage d’armes à feu et confrontation avec la mort et la peur du silence).

Je n’étais vraiment pas convaincu à la lecture en pensant avoir à faire à une énième série mièvre pour enfants mais me suis vite pris au jeu de tant de suspens et d’interrogations. Les scènes d’action ne manquent pas à l’appel et le cocktail est vraiment réussi d’autant plus qu’on n’est vraiment pas pris pour des imbéciles.

Chaque tome constitue une véritable intrigue et pierre supplémentaire à l’édifice et se termine par un cliffhanger suffisamment bien troussé pour qu’on en redemande et les personnages sont suffisamment différents sans être trop stéréotypés pour que l’on puisse s’attacher à eux d’autant plus que leur caractère évolue au fil des tomes. A ce jour et après avoir refermé le 8ème tome, je ne suis toujours pas lassé de la tournure des évènements ce qui est plutôt bon signe.

Une idée de cadeau idéale pour les gosses de votre entourage que vous aurez envie de leur emprunter, ça ne m’était pas arrivé depuis les romans de J.K Rowling sur son petit sorcier myope.

Nom série  Inoxydable  posté le 17/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Impressionné par la preview prépubliant les premières pages de cet Inoxydable sorti de nulle part, c’est donc avec un entrain non dissimulé que je me suis enfilé les 100 pages de cette escapade futuriste aux influences sous acides des aventures de Snake (le héros de John Carpenter du fameux Escape from New-York) furent

En effet, le renégat Harry Rockwell se voit contraint d’accepter une mission suicide au terme d’une évasion de prison musclée mais avortée pour gagner sa liberté.

Dans ce monde métallique et crade où se côtoient humanoïdes corrompus et surmédiatisation, le major Pulsor, grande figure de propagande héroïque et patriote exemplaire a disparu. Les autorités envoient donc cette tête brulée remuer les bas-fonds et l’affublent du docile robot Zip qu’il ne peut quitter à plus de quelques mètres sans mourir.

Il s’agit donc des déambulations de ce curieux duo contre nature que Sébastien Floc’h et Steve Baker nous font vivre sous un rythme soutenu multipliant les références sous un trait particulièrement agréable et aux couleurs éclatantes.

Action, ironie, baston et pétarades sont de mise mais la conclusion reste un peu trop convenue à mon goût avec quelques points en suspens et la sensation que tout est passé un peu trop vite. C’est effectivement un simple divertissement typique d’une bonne série B : on passe un moment vraiment agréable mais dont on ne se souviendra pas forcément d’ici quelques temps.

C’est un peu le reproche général que je peux adresser aux collections KSTR que je trouve souvent réussies mais anecdotiques. Inoxydable n’échappe pas à la règle et est à ranger avec Le Fléau Vert dans la même collection.

Reste une palette graphique vraiment originale qui aurait également méritée d’être éditée dans un format un peu plus grand histoire d’admirer les belles planches de Steve Baker. Un titre rafraichissant mais qui ne fera hélas pas forcément date. Je rejoins donc en tous points l'avis de Pol (à lire ci-dessus ).

Nom série  Burlesque Girrrl  posté le 12/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Burlesque Grrrl, première véritable bd complète de François Amoretti ne révolutionnera pas les standards de notre média préféré mais l’auteur a mis tellement d’amour dans le personnage physique comme moral de son héroïne Violette qu’il y a peu de chances pour en sortir indifférent.

Connu davantage pour illustrer de jolis livres chez Soleil dans un style proche des dessins de Tim Burton tout en gardant une patte définitivement personnelle, ce diptyque met en place de façon naïve mais convaincante quelques thèmes inédits dans le 9ème art.
Résumer Burlesque Grrrl par pin up, hot rod, rockabilly et tatouages serait donc réducteur mais c’est avec une immense tendresse que l’on suit les timides aventures d’une donzelle gironde charismatique, la jolie Violette qui essaye de monter tant bien que mal un groupe de rock indépendant entre petits boulots de mode et d’effeuillage.

Car ce qui saute immédiatement aux yeux ce n’est peut-être pas le talent musical mais bien les mensurations incroyables de son héroïne. Le moins que l’on puisse dire c’est que la demoiselle a des formes dantesques, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Le premier album met donc l’accent sur la présentation du groupe ainsi que de son personnage principal. L’auteur dépeint un quotidien anodin en mettant l’accent sur les activités de son héroïne. Pour peu on pourrait presque se projeter dans un monde à la Bisounours si un drame essentiel ne venait faire la césure à la conclusion de celui-ci.
C’est ce qui rend la lecture du tome 2 bien plus captivante avec une mise à l’épreuve on ne peut plus humaine et hélas classique.
Quelques doubles pages rendant hommage aux formes de l’héroïne nous rappellent le talent de son auteur pour l’illustration pure et dure. Le tout est appuyé par des couleurs délicieusement rétro qui lui donnent un cachet unique.

Burlesque Grrrl pourrait être ainsi presque parfait si les décors étaient un peu plus présents et les personnages secondaires plus travaillés. De surcroit l’immersion d’un mystérieux personnage agressant le groupe pour diverses raisons obscures aurait mérité d’être un peu plus explicite.

Les quelques maladresses de cette première œuvre n’entachent pas pour autant le personnage positif de Violette qui irradie tout l’album. François Amoretti possède une véritable sensibilité qui apporte un trait réaliste et sincère à un personnage de papier loin des fantasmes sans âme des pin ups dessinées par un Manara ou un Dany.

Comme à son habitude, Ankama a offert un écrin de qualité pour la réalisation éditoriale de ces deux tomes avec un papier de qualité et des pages de bonus non négligeables (interviews diverses sur les mondes du tatouage, du burlesque ou rockabilly entre autres).

Une œuvre plus que sympathique.

Nom série  La Terre des vampires  posté le 08/07/2013 (dernière MAJ le 12/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Depuis les quelques articles lus sur la toile ainsi que mon amour pour le roman de Matheson « Je suis une légende » et les récits de survie en milieu post apocalyptique, cela faisait presque un mois que je tournais autour de la table de mon libraire où était posé ce bouquin à la couverture simple mais efficace mais au pitch diablement envoutant : dans une terre où le soleil ne brille plus, les vampires ont repris leurs droits sur un monde dévasté où les humains ne constituent plus qu’une petite minorité et tentent de survivre tant bien que mal.

La perspective de voir une histoire complète rondement menée (3 tomes sont prévus) sur un thème certes maintes fois rabattu m’a finalement fait céder à l’achat compulsif. Il faut dire que les dessins emportés par des tons froids très monotones mais un superbe dessin de qualité entre comics et école franco-belge réaliste ont eu raison de ma curiosité.

Après avoir refermé la lecture de ce premier tome prometteur, deux choses me titillent néanmoins : ça se lit hélas bien trop vite et l’histoire reste encore à l’état d’un développement que l’on voit pointer à 3 kilomètres à la ronde.

Par contre il n’y a guère de temps morts et les scènes d’action sont plutôt efficaces. La synthèse sur un ordre caché de vampires bienveillants à la survie de l’espèce humaine comme garantie de l’espèce vampire est également une idée simple mais efficace.
Le récit se veut pessimiste et réaliste et est publiée en même temps que l’excellent jeu sur PS3 « The Last of Us » au scénario bien plus mélancolique. Les personnages sont sympathiques ici à défaut d’être attachants mais on passe un excellent moment même si les fameux vampires se font encore rares….

En conclusion « La terre des Vampires » est une bd soignée aux dessins séduisants sur un pitch classique mais correctement introduit mais il manque encore de la consistance qui je l’espère sera considérablement approfondie afin d’en faire un classique digne de ce nom.

Comme mes prédécesseurs je suis également curieux de lire la suite en espérant qu’elle ne tardera pas trop à venir, humano oblige. Ce bouquin confirme en tous cas la bonne santé d’une école de bd espagnole de plus en plus intéressante et vivifiante à l’égal de leur contribution récente au cinéma fantastique. Ça tombe bien, David Munoz s’est fait connaitre par le scénario de L’échine du diable de Guillermo del Toro et du Manoir des Murmures dont je vais rapidement me procurer un exemplaire de la série complète.

Un bel essai à confirmer par la suite.

EDIT après lecture du tome 2 :

Le bel essai vient de me convaincre pleinement de l’intérêt croissant éprouvé pour cette série. Si l’action n’évolue guère, les auteurs parviennent néanmoins à fixer l’attention du lecteur avec les origines du vampire « ami » Nile par moult flashbacks sur sa transformation et ses origines dans un style qui rappelle grandement la narration du best seller de Anne Rice « Entretien avec un Vampire ». Faire tenir une série sur aussi peu de tomes (un troisième et dernier est d’ors et déjà programmé) relève de la gageure tant la crainte était grandement fondée que le sujet ne soit qu’effleuré mais j’avoue que la voie empruntée me tient en haleine.

S’il ne s’agit pas d’un récit pouvant prétendre être incontournable, vous prendrez beaucoup de plaisir à lire cette histoire attachante particulièrement mis en scène par des couleurs froides tout à fait appropriées.
Le format franco-belge se révèle être contre toute attente un excellent choix. J’attends donc avec plus d’intérêt le prochain tome de conclusion et réhausse la note dotée d’un coup de cœur mérité

Nom série  Douce, tiède et parfumée  posté le 24/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Impossible de faire l’impasse devant cette trilogie mystérieuse avec ce titre ironique et cette couverture magnifique évoquant d’un coup d’œil les thèmes effleurés : du steampunk, une silhouette humanoïde menaçante et une jolie poupée effrayée.

Ignacio Noé fait très fort dès les premières pages qui correspondent en réalité au cauchemar de l’héroïne Ally, une jeune fille bien sous toutes les coutures comme le titre l’évoque et à l’avenir tout tracé dans une Angleterre victorienne.

Promise à un riche notable et bien éduquée pour devenir l’épouse docile parfaite dans les strates de la haute société, Ally va voir son destin tout tracé être complètement bouleversé par le meurtre de son père et la vérité sur ses propres origines.

En réalité, fruit d’une expérience digne de celles de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation, Ally est une enfant adoptée et s’en va répudier tous les mensonges pour mener sa propre enquête sur son passé. Pleine de bonne volonté mais désœuvrée face à ces évènements violents, sa rencontre avec Juan et l’annonce d’une sœur jumelle cachée et inconnue va lui redonner le souffle nécessaire pour reprendre sa revanche sur sa propre existence…

C’est un véritable festival de couleurs et de formes que Ignacio Noé nous offre là dans ce premier tome d’une trilogie qui s’avère en tous points rafraichissante et divertissante. En assénant une série d’uppercuts tel un challenger, l’auteur évite les temps morts et fonce à 100 km/h dans un récit adulte, sensuel et hautement jouissif.

Les dessins pastel sont de toute beauté et s’il est encore difficile de définir où le récit s’oriente, on ressort de cette lecture un peu désarçonné mais conquis. L’environnement Steampunk se retrouve surtout dans les rêves de la demoiselle, quelques scènes dénudées nous rappelle que Noé a fait ses armes dans la bd érotique voire porno mais ce qui ressort de tout cela sont ses dessins incroyablement jolis et détaillés dans un style rose et gris pastel toute en nuances.

Si l’histoire continue sur un tel rythme, on tient là une véritable petite pépite dans un univers graphique des plus chatoyants… Une excellente surprise qui se lit un peu trop vite à mon goût mais dont j’attends désormais la suite avec impatience et gourmandise.

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