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... a posté 512 avis et 83 séries (Note moyenne: 3.3)

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Nom série  Sept Nains  posté le 29/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellent, tout bonnement excellent !!!!

Envie de vous changer les idées ? De rigoler avec un récit léger mais pas futile et de passer un bon moment ?
Ce one-shot s'inscrivant dans la collection des Sept de David Chauvel devrait vous en procurer l'occasion.
L'occasion justement de détourner un conte arche-célèbre pour mieux en rire avec une Blanche-Neige bombasse mais hargneuse, une méchante Reine aux apparences trompeuses et une sacrée bande de bras cassés comme je les affectionne en guise de nains !!!

Il suffit de voir la tronche de Simplet qui pour le coup l'est plus que jamais et son "rôle actif" dans le célèbre passage de "Miroir, mon beau miroir".

Les autres ne sont pas en reste et même s'ils sont sommairement décrits (on perçoit surtout Prof et Grincheux), sont tous devenus des vieux pervers lubriques sous la plume avisée d'un Lupano en super forme.

Raconter le reste serait vous en retirer une bonne part de plaisir... Le chasseur et le prince charmant sont également de la partie et participent activement au charme tout nauséabond de cette grosse farce au final surprenant.

Roberto Ali possède un style qui sied bien à tout cet univers même s'il prend parfois quelques raccourcis (hormis Simplet, les expressions faciales des nains auraient mérité un peu plus d'attention) et la colorisation plutôt sombre est particulière.

En tous cas un excellent moment de lecture sans prétention et avec le vœu de lire d'autres détournements de Lupano du même acabit !

Nom série  The Grocery  posté le 12/01/2012 (dernière MAJ le 12/04/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Curieux des productions Ankama, The Grocery a fait dès sa sortie office d’OLMI, objet littéraire mal identifié.
Car si Singelin ne m’avait guère impressionné avec l’opus le plus faiblard des trois histoires de Doggybags, son cursus et son univers ne m’étaient pas pour autant étrangers.

Le fait de traiter un thème que j’affectionne par ailleurs sur d’autres médias comme le cinéma ou le petit écran par le biais d’une œuvre bigarrée avec des êtres tordus en guise de métaphore sur les guerres de quartiers populaires est suffisamment intriguant pour en faire l’impasse.

Comme rapporté par Spooky dans son excellent avis à lire ci-dessous, il ne faut pas se fier au style faussement naïf et enfantin des dessins qui portent le scénario de cette chronique prévue en 3 tomes sous un éclairage nouveau et inédit.

The Grocery du titre c’est la petite épicerie d’un quartier d’une cité américaine où se côtoient jeunes dealers et clodos spirituels. Un peu le centre d’un nulle part, dernier rempart social d’une communauté en sursis dont Elliott fera le trait d’union sans être non plus forcément le héros unique de cette chronique.

Elliott, c’est le fils de l’épicier justement. Son petit gabarit et sa récente arrivée dans le quartier ne l’empêcheront pas de se créer rapidement des amis grâce à sa gouaille et à sa bonne humeur ambiante, un peu le « boy next door » que tout le monde aimerait avoir comme voisin.

Il est cultivé et pourrait aussi très bien se contenter de ses bons résultats scolaires mais l’appel de la rue et de ses facilités ne le prive pas de quelques magouilles en bande avec Lefty, Sixteen et les autres copains du quartier.

Puis il y a aussi cet ex G.I. revenu de la guerre du Koweït pour y retrouver un monde qu’il ne reconnait pas et à qui les subprimes ont tout volé…

Tout cela pourrait en rester là si un psychopathe ne tenait pas à faire main basse sur le quartier de la façon la plus vile et la plus violente qu’il soit… Tout ce beau monde risque de « collapser » à un moment ou un autre…

The Grocery c’est cela et rien d’autre finalement mais comme toute chronique sociale la série entière est passionnante à lire et on ne lâche pas le bouquin jusqu’à sa conclusion. Les dessins ont leur style et il est intéressant que les auteurs aient choisi le parti pris de ne pas représenter les protagonistes par des animaux mais des formes humanoïdes inédites et parfaitement identifiables à la fois.

Les couleurs pastel sont superbes également et semblent faites à la main dans un style faussement amateur qui ravit les pupilles pour peu que l’on ne soit pas réticent à toute cette charte graphique.

Il y a quelques beaux moments où la violence s'arrête ou prend des formes plus subtiles comme dans l'indispensable tome 0 relatant des histoires se déroulant "avant" et également dans la trame principale. On ressent plusieurs amitiés indéfectibles palpable mais on attend vivement la bombe mécanique ou humaine qui fera éclater le tout dans une mise en scène propre et impeccable dès la page suivante.

Cette absence de manichéisme et ce panaché de scènes violentes face à quelques traits d’humour (les clodos et leurs réflexions m’ont rappelé le duo intello des tueurs de Sin City) fait la force d'un récit qui ose tout et beaucoup comme l’aménagement d'une "cloture" dès le troisième tome.

Il faut reconnaitre à Singelin un certain talent pour rendre ses personnages atypiques plus réels que des humains et à Ducoudray une grande maitrise du découpage à la "The Wire" pour mieux disperser et réunir ses personnages…

On sent une réelle empathie des auteurs pour TOUS leurs personnages, des principaux aux secondaires.

Enfin la fin qui reprend avec succès une conclusion très célèbre d'une autre série marquante des années 90, "Six Feet Under" pour ne pas la citer marque d'un trait indélébile le mot FIN et imprime nos rétines de tous ces personnages pas fréquentables mais ô combien mémorables.

Une grande oeuvre à lire et à relire. Merci à vous.

Nom série  Perry Bible Fellowship  posté le 12/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Encensé par ici, acclamé par là bas, ce très costaud recueil sobrement intitulé "Perry Bible Fellowship" compile la quasi intégralité (sauf inédits et strips à venir) du "ouebcomique" Nicholas Gurewitch.

Officiant sur son site http://pbfcomics.com/ depuis plus d'une quinzaine d'années et à raison d'un rythme régulier, le sieur est connu pour son trait minimaliste mais acerbe envers la religion, la guerre, l'écologie, la société et j'en passe et de meilleures.

Ce qui le rend intéressant c'est que c'est souvent morbide, trash, percutant et donc forcément inspiré.

Ses personnages souvent ronds ont un style bien mécanique qui peut plaire comme déplaire mais sont souvent facilement reconnaissables et assimilables.

Le problème comme souvent avec ce genre de compilation c'est qu'une lecture soutenue peut rendre l'ensemble indigeste. Il y a forcément des gags plus drôles que d'autres et je me suis bien à sourire plus d'une fois mais je ne comprends pas trop pourquoi l'édition française n'est pas publiée à l'italienne comme celle d'origine même si le travail de l'éditeur est conséquent.

Le style graphique étant quelconque pour moi (ce qui ne veut pas dire qu'il est laid mais très lisible), j'y perds beaucoup en intérêt par rapport à d'autres oeuvres du même style (au hasard le Death Club de Winshluss) ce qui la rend moins indispensable.

Mais dans l'idée, l'auteur reste plutôt régulier et risque de vous surprendre ou de vous laisser indifférent, tout dépend de l'humour qu'on vient y chercher.

Au final reste une saveur de douche écossaise qui n'a pas attendu mon avis pour avoir une influence et une reconnaissance plutôt conséquentes dans ce qu'on pourrait appeler le strip trash. A lire mais pas nécessairement à acquérir.

Nom série  Capitaine Mulet  posté le 12/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comparer Capitaine Mulet à Don Quichotte est d'une facilité dont je voudrais m'acquitter de suite.

Si les deux héros sont aussi niais, on doit la folie de Don Quichotte à sa solitude et la nostalgie de sa jeunesse alors que Célestin Mulet est simplement... Niais !

Accompagné d'un abruti lui servant de second guère plus rusé, le Capitaine Mulet a pour mission d'explorer le vaste monde alors qu'il ne s'agit que d'un prétexte du bon Roy de France pour l'éloigner de la Cour où ses vieux calembours n'ont pas eu le succès escompté !

S'ensuit une vaste aventure le menant à l'autre bout du monde en terre inconnue de Fonculotte (je ris de l'origine réelle de ce pays) mais la quète pour le respect et la spiritualité ne s'arrêteront pas là et je vous promets bien du plaisir dans les voyages de cette fine équipe.

Sophie Guerrive à la dérive ? Pas vraiment, cette jeune auteur a le sens aiguisé pour nous régaler la rétine par des dessins détaillés proche du style pictural moyenâgeux.

Les dialogues et joutes verbales ne sont pas en reste tout en contrastant avec le monde réel auquel nos deux compères ne sont guère aguerris. Ce mélange d'absurde et de poésie est absolument délicieux.

Ajoutez à cela une édition simplement parfaite et sublime et vous tenez entre vos mains une jolie pépite injustement méconnue. Ce Capitaine Mulet est là pour marquer et se faire remarquer.

Nom série  Kairos  posté le 12/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le récit commence comme le prologue d'Evil Dead 2, ce vieux classique où un couple part en week end dans une vieille cabane abandonnée dans les bois.

Mais l'issue sera quand même différente, Ulysse Malassagne instaure une ambiance champêtre qui rappelle plutôt le début de Mon Voisin Totoro.

Malgré les tensions présentes dans le couple Nills et Anaëlle avec un homme réservé fort amoureux et une demoiselle minée par les doutes de son couple, on aurait même aimé passer plus de temps dans la mystérieuse maison.

Mais Ulysse Malassagne issu du domaine de l'animation (et ça va vite se voir), bouleverse les codes dès la première nuit par l'intrusion de dragons issu d'un monde parallèle par le truchement de la cheminée pour enlever Anaelle.

N'écoutant que son sang froid, Nills profite de cette intrusion pour poursuivre les kidnappeurs et se retrouve lui-même dans un univers fantastique dont il ignore tout... y compris que Anaëlle est la future princesse Dragon de ce Royaume opprimé...

Catalogué à tort dans la section jeunesse, le jeune auteur nous propose une course poursuite s'étalant sur 3 tomes aussi dynamique que futile. Dynamique car l'action ne s'arrête pas une minute et que la mise en scène est tout simplement prodigieuse de mouvements et d'un découpage proche du travail de Hugues Micol sur Romanji (3) ou Darrow sur Hard Boiled.

Futile parce que tout cela a un prix, le sacrifice d'une histoire limpide qui sacrifie ses personnages sur l'autel de l'action et qu'on reprend la trame d'un jeu video et de son rythme.

Enfin futile est peut-être exagéré car on comprend en quelques codes très facilement l'univers et ses enjeux. Le graphisme époustouflant est un hommage évident au studio Ghibli mais également à celui de Trondheim/Sfar pour Donjon donc ce Kairos se voudrait une extension non officielle.

Son récit est bref mais violent et sans concessions. La fin en surprendra probablement plus d'un mais elle est parfaite même si j'aurais aimé quelques précisions supplémentaires sur certains personnages et leurs motivations.

D'abord déçu par la brièveté de mon récit et sa conclusion abrupte, il m'a fallu quelques temps pour la digérer et m'en souvenir comme d'un moment inédit que j'aurais surement grand plaisir à relire.

Disponible en 3 tomes ou en intégrale, il n'y a guère d'hésitation à avoir pour un moment de lecture intense et rythmé même si on ne réinvente pas l'heroic fantasy mais on la sublime comme un instant éphémère, cruel mais merveilleux. Ulysse Malassagne ira loin et ce Kairos au titre subtil en est l'éclatante carte de jeunesse.

Nom série  Zaï Zaï Zaï Zaï  posté le 29/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En reprenant le principe des bouquins de Fabien Vives inspiré de ses blogs avec des gags d'une page sur des dessins fixes et répétitifs dont seul le dialogue est modifié, Fabcaro s'exposait à un exercice plutôt casse-gueules.
Mais avec la perspective d'un Road Movie burlesque sur fond de traque suite à un imbroglio de carte de fidélité non présentée, Fabcaro dresse un portrait drôle et atypique de notre société de consommation dans tout ce qu'elle possède de plus absurde.

Néanmoins j'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans l'album et à en sourire. Peut-être refroidi par tous les éloges portés à ce petit album, il m'a fallu une bonne vingtaine de pages avant d'en rire et d'en sourire.

Et pourtant, tout est là dans ces situations absurdes sans queue ni tête de prime abord mais qui torpillent notre beau quotidien et remettent en cause la considération d'un auteur de bd dans notre société de façon remarquable.

L'origine du titre ne sera pas oubliée pour autant à la toute dernière case et le trait minimaliste est tout à fait adapté au grotesque de la situation.

Nom série  Une mystérieuse mélodie ou comment Mickey rencontra Minnie  posté le 06/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Second album du deal Glénat/Disney, Bernard Cosey propose une version toute personnelle et mélancolique des aventures de Mickey.

Aventures qui n'en sont pas vraiment, plutôt une tranche de vie avec un Mickey solitaire et auteur d'aventures de Pluto (qui ne porte pas encore son nom d'ailleurs).

L'action se passe en 1927, on sent légèrement la crise économique arriver, le passage du muet au parlant. Mickey est un poète qui a du mal à évoluer dans un monde qu'il ne comprend plus et accessoirement tomber amoureux d'une inconnue lors d'un voyage de nuit dans un train où certains précieux documents vont être subtilisés ou dérobés (?)

Réponse dans les dernières pages où toutes les interrogations trouveront leur réponse. L'intérêt de cet album n'est pas dans l'histoire somme toute anecdotique mais dans les sensations qu'elle laisse s'évaporer avec un Mickey dans le doute face à un Dingo insouciant.
Il y a quelques clins d'œil également avec des guests issus du monde Disney dont le fameux "Tchoutchou" qui apparaît lors d'une case ou deux ou Petit Tchou.

Je ne connais et n'ai rien lu de Cosey mais vois bien qu'il est aux antipodes de son style habituel. Malgré quelques attitudes mal placées (Dingo qui s'évanouit au téléphone est un "plan" raté par exemple), le résultat est admirable et délicieusement rétro également.

De ces rencontres ou apparitions (Donald est plus que secondaire et apparaît presque à deux reprises comme un gimmick imposé), on retient beaucoup de choses, des déceptions, des doutes, un personnage inadapté mais attachant avec Dingo et beaucoup de tendresse...

Moins marquant que le Mickey de Trondheim, celui de Cosey gagnera surement à être relu car il cache plusieurs strates sous une apparente simplicité. C'est un peu l'équivalent pacifique et disneyien des "Souris et des Hommes" de Steinbeck pour l'ambiance douce-amère qu'il impose. Respect donc à cette jolie oeuvre dont les petites facilités de scénario seront vite pardonnées lors d'une relecture.

Nom série  Mickey's Craziest Adventures  posté le 06/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Rapide flashback : même si j'en ai très peu parlé ici et là, j'ai lu beaucoup d'aventures des personnages de Mickey ou de Donald dans ma jeunesse.
Le journal de Mickey, Mickey Parade et compagnie font partie de mes classiques.
Malgré une nette préférence pour les aventures de Donald et de ses neveux ou du célébrissime Picsou, l'univers de Mickey, souvent moins drôle, n'avait aucun secret pour moi....

Puis paf on grandit, on oublie et, et, et.... Quelle ne fut pas ma surprise de voir Trondheim au scénario d'une commande et d'un partenariat de 4 albums Glénat sur la souris la plus célèbre de Disney !

Avec Keramidas aux commandes qui a fait ses armes dans un studio Disney section animation avant de voler de ses propres ailes, c'était déjà l'assurance d'un joli duo pour réanimer la souris au short rouge dans un univers déjanté... Pari tenu car ce joli album toilé est non seulement une madeleine de Proust incontestable mais une oeuvre culte de plus pour les papas de Lapinot et de l'excellente trilogie Alice au pays des Singes !!!

Jouant des contraintes imposées par Disney (pas d'alcool ou armes à feu entres autres), Trondheim a du se régaler en concoctant un scénario rythmé et complètement déjanté s'affranchissant même des transitions désuètes puisque son histoire est entrecoupée de pans béants dans sa narration.

Une histoire incomplète, comment cela ? Très simple, les auteurs ont fait mine de retrouver un récit incomplet et jamais publié en français qu'ils auraient traduit et réhabilité...

En fait chaque planche est numérotée et il en manque pas mal volontairement, libre au lecteur de se constituer lui même les transitions nécessaires.

Vous êtes perdu ? Pas du tout ! Il ne faut pas oublier que Trondheim est passé maitre dans le style Oubapo et que l'ensemble n'est que prétexte à une succession de gags de haute volée en une page et dont il est facile de relier les pages manquantes.

Sur base d'un traditionnel vol de Picsou par Pat Hibulaire et les Rapetou, Trondheim et Keramidas nous basculent en 44 pages dans l'univers complet, drôle et absurde de Mickeyville ! Ainsi Donald et Mickey forment un sacré duo, toujours en mouvement. Qu'ils soient rapetissés, explorent un temple inca ou aillent même sur la lune, leurs péripéties vont vous rappeler votre jeunesse et vous faire marrer car oui on rit des codes Disney détournés par les auteurs de façon non seulement respectueuse mais référentielle.

Pour ma part, Mickey n'aura jamais été aussi drôle sur papier que dans cette aventure où il sera affublé d'un Donald fidèle à lui-même.

Keramidas est un auteur complet dont le style dynamique et cartoon s'adapte parfaitement au style rétro et vintage de Mickey.

Il faut également souligner le travail exemplaire de Brigitte Findakly aux couleurs "restaurées" et aux nombreuses taches et effets vieillis de la bd (n'oubliez pas qu'il s'agit d'un trésor perdu puis retrouvé) lui donnant un effet "Grindhouse" des plus réussis.

Bref, la réussite est totale. On lit d'abord par curiosité forcément puis on tombe sous le charme en à peine 3 pages....

Merci Trondheim et Keramidas de nous offrir un tel bijou sur un univers aussi éculé et balisé que celui de Mickey et de Donald ! Ruez vous vite dessus, vous ne le regretterez pas d'autant plus que le prix de 15 euros est tout à fait inhabituel pour un album de cette qualité éditoriale.

Nom série  L'Intégrale du Meilleur du moins Pire  posté le 29/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Même constat !

Soyons francs : sans l'apport d'une rencontre, d'une conversation et d'une dédicace avec Fred Coconut, ce genre d'albums n'a guère d'intérêt. Et pourtant cela a beau s'être déroulé il y a plus de 20 ans pour l'album "Le Monde est Dingue", je me souviens avec plaisir du moment passé avec un personnage loufoque et éminemment sympathique.

Il s'agit d'une succession de gags plus ou moins bien réalisés (mais avec très peu de décors) sur des thèmes des plus variables. Le thème voire le titre même est sans importance car il s'agit d'une immense compilation.

L'apport d'une préface par Fred Metayer n'y changera rien, c'est typiquement le genre de livres qu'on peut lire dans une salle d'attentes, qui fera peut être sourire mais dont on ne se souviendra pas une heure plus tard. Pourtant Coconut a un véritable don pour la caricature (ses dédicaces sont effectivement superbes) mais il serait malhonnête de recommander un livre à strips vus et revus sans ce petit plus.

Nom série  Roger et ses humains  posté le 22/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On va tout de suite faire taire le sujet qui fâche à propos de cette oeuvre que j'ai vue maltraitée ici et là sur le net par des gens qui n'ont même pas pris la peine de la feuilleter voire mieux : de la lire.

Pourquoi un tel sujet de discorde ? L'auteur Cyprien Lov est connu et reconnu par toute une génération comme étant le "Youtubeur" à la mode pour nos têtes blondes.
Dupuis l'a bien compris en y ajoutant un gros sticker à l'effigie du jeune homme qui n'aurait jamais eu droit à sa "bd" sans le succès commercial qu'il peut inspirer ce qui lui a attiré les foudres des "bienpensants" de la bd franco-belge, vous savez tous ces gens qui ne jurent que par Spirou et Largo Winch et estiment, à tort, que personne d'autre n'a le droit de publier son oeuvre.

Légitime pourtant, "Roger et ses humains", l'est car Cyprien a du talent. Ce n'est certes pas du niveau des plus grands mais pour une première œuvre, ce Roger vaut bien d'autres ouvrages à strips bien moins inspirées.

Le petit couple qui se fâche sur la couverture reçoit un robot intelligent et "pisse-sans-rire" venu de nulle part. Incapable de mentir, ce dernier est en fait une arme massive planquée par le père du jeune branleur.
Justement Hugo est un geek chômeur qui passe son temps à glander sur les jeux vidéo. Sa copine travaille et doit supporter l'oisiveté de son compagnon.

Le robot baptisé Roger va donc bouleverser tout ce petit monde tel un chien dans un jeu de quilles ce qui donne quelques situations cocasses dont Hugo sera la tête de turc désignée en permanence.

Ces petits strips de 3 ou 4 cases formant un tout ne sont pas tous à proprement parler hilarants mais restent relativement divertissants en dépit de leur caractère répétitif et d'expressions parfois ouvertement vulgaires car calquées pour parler "djeuns".

Cyprien se prend un peu plus les pieds dans le paillasson lorsqu'il cherche à raconter une véritable histoire avec militaires, espions et complot mais ça reste malgré tout agréable. N'oublions pas qu'il s'agit d'une histoire à destination d'un public ado avant tout et que je n'aurais jamais ouvert ce livre s'il n'appartenait pas à ma propre fille de 15ans.

Là où le bas blesse c'est d'un point de vue graphique. Paka est issu aussi des blogs geek mais n'a pas les reins assez solides pour dépasser le stade de l'illustration. Son style manga-franco-belge est sans subtilité, les pupilles sont aussi vides que les décors réduits à leur plus simple expression.

Mais ça reste lisible et comme le dessin passe au second plan dans une oeuvre comique, on peut en faire rapidement abstraction.

Une suite est prévue mais je pense que le procédé ainsi que le pitch n'iront pas au delà d'un ou de deux tomes.

En attendant, bravo pour Cyprien et ce premier album pas aussi honteux qu'on voudrait bien le supposer et euh rien pour Paka car pas envie de tirer sur l'ambulance !

Un livre qui plaira à vos ados et que vous pourrez leur emprunter sans honte !

Nom série  The Golden Boy  posté le 16/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir rédigé pour Doggybags 2 le très perturbant ElWood & the 40 freak bitches, le duo Ozanam/Kieran revient développer cet univers barré avec le demi-frère du psychopathe à la pelle dans ce Golden Boy !

La particularité de Jake Wood ? Trader talentueux à New-York mais fortement dérangé et en proie à diverses hallucinations de son environnement dont je vous laisse la surprise pour une introduction qui dépote, cet employé modèle en apparence extérieure dresse un portrait cynique mais très drôle de la société actuelle par l'intermédiaire d'une voix off constante et inspirée,

Aidé en cela par le trait anguleux et dynamique de Kieran, Antoine Ozanam se plaît à raconter le quotidien d'un taré en puissance dont les effets secondaires ne vont pas tarder à se révéler avec l'arrivée inopinée du Papa, ange rédempteur déchu et allumé.

Que ce soit par les métaphores ou nombreux flashbacks, ce conte cruel et glauque demeure un régal d'écriture et de mise en scène. Les références sont nombreuses et il est impossible de ne pas penser à des œuvres comme Taxi Driver, Fight Club ou American Psycho.

Ozanam a eu l'intelligence de rendre son Golden Boy tout à fait indépendant de son récit d'origine avec le demi-frère Elwood et la copie serait proche de la perfection sans un dernier acte qui se veut « vengeur » volontairement perturbant mais que j'ai trouvé confus et vain.

Dommage mais il n'est pas exclus qu'une fausse suite arrive par après en « one shot » de cet univers dans lequel les auteurs semblent prendre beaucoup de plaisir ; ça tombe plutôt bien car nous aussi même si au final il ne s'y passe pas grand chose.

Nom série  L'Amour toujours !  posté le 15/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Effectivement, sans l'avis de Noirdésir sur cet album, je ne me serais jamais remémoré cet album de Fred Coconut dont je garde un plus beau souvenir de ma rencontre avec lui lors d'une séance dédicace qui doit bien remonter à plus de 20 ans !

C'est ce qui justifie la présence de cet ouvrage dans ma collection car honnêtement il est effectivement plus doué pour les caricatures !

L'artiste étant toujours d'actualité mais par diffusion confidentielle, je serais effectivement bien tenté de feuilleter sa progression par curiosité (L' Amour toujours ! étant l'une de ses premières oeuvres) mais pour cela j'attends de le revoir à nouveau en salon car le personnage est plus drôle que le contenu du présent ouvrage !

Nom série  Sept naufragés  posté le 12/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Aïe aïe aïe....

Allons droit au but : sans l'apport de ce tome dans la série des "Sept", je n'aurais jamais lorgné vers ce bouquin qui ne doit sa légitimité que dans cette collection et n'aurait surement jamais été publié tel quel en one shot indépendant.
Alors que je suis d'habitude très clément sur cette série, celui-ci est l'exemple parfait pour TOUS ce qu'il ne faut pas y reproduire au sein de la thématique comme en général par ailleurs...

Le thème est éculé et reprend exactement la trame d'une certaine série télévisée bien connue (avec une fin identique d'ailleurs) que je ne vais pas citer mais que vous pouvez trouver facilement en quelques secondes de réflexion de par les thèmes... D'ailleurs les indices sont tellement grossiers jusqu'au nom d'un personnage "clé" et certains flashbacks qu'il faut probablement avoir le niveau d'un enfant de 4 ans ou lire cette bd complètement bourré pour ne pas se douter de l'issue...

Il s'agit en fait d'une petite communauté vivant sur une île de façon particulièrement insouciante. 6 enfants sont rejoints par un 7ème venant de s'échouer et cherchant "la vérité" sur leurs conditions de cette île. En effet tous les enfants vivent avec des parents adoptifs sans se douter véritablement du pourquoi et comment ils sont arrivés aussi.

Seul le mystérieux phare placé de l'autre côté de l'ile et qu'il ne faut surtout pas éteindre leur fournira les réponses à leurs questions existentielles mais selon les habitants adultes de l'ile, il ne faut SURTOUT pas éteindre ce phare et la prophétie de malédiction s'abattant dès que 7 enfants sont réunis risque de s'abattre à nouveau sur leur village...

Voilà donc à l'exception d'une jolie ellipse temporelle complètement voulue, le reste n'est qu'une accumulation de clichés et de dialogues sans intérêt. Pire les 7 enfants ne sont absolument pas attachants ou charismatiques et leurs prénoms à coucher dehors n'aide pas à l'identification.

On retrouve hélas le même principe d'une "bonne" idée qui aurait pu se tenir sur une vingtaine de pages tout au plus mais est étalée vulgairement sur plus de 60 pages qu'il va falloir remplir de la façon la plus absurde et grotesque : par du remplissage insipide et des dialogues inintéressants.

Effectivement lorsque le seul but de poursuivre cette lecture laborieuse (lu en 4 ou 5 fois, c'est dire) est de vérifier si on avait vu juste et non seulement c'est le cas mais il n'a guère d'émotion ou de plaisir à en tirer...

Tony Semedo s'en sort mieux avec ses dessins au style très manga européen façon Winx ou Elfées calibré pour les gosses avec une colorisation rose bonbon pastel qui loupe le coche de l'ambiance anxiogène pourtant nécessaire pour créer un suspense ou une tension qui n'apparaitront réellement jamais.

Je n'aime pas son style mais ce serait être d'une mauvaise foi absolu que de prétendre qu'il ne sait pas dessiner bien au contraire.
C'est d'ailleurs lui qui sauve les meubles et auquel j'évite la note rédhibitoire minimale par son talent et certains décors fort jolis. Mais le design de ses personnages est trop lisse et je n'ai guère apprécié la mise en page des phylactères un rien frigide.

C'est donc un beau gachis et tout ce qu'il ne faut pas faire. Je ne connais pas Andoryss et commence à craindre pour sa trilogie du Cercle que je possède mais n'ai toujours pas lu avec le talentueux Nesskain aux dessins mais cet essai non transformé ne me rassure guère.

Un petit deux d'encouragement pour inciter David Chauvel à choisir de bien plus chouettes scénarios pour sa série concept que j'apprécie beaucoup et également pour Tony Semedo qui a surement beaucoup de talent à revendre et que j'espère revoir dans de bien meilleures dispositions que le présent album qui aurait du s'appeler "C'est un Naufrage".

Nom série  Santiago  posté le 11/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les Westerns pour de rire comme on dit par ici, je suis grand fan.

Le sujet n'est pas si étrange que cela car on en dénombre pas mal en franco-belge couramment comme le décevant Al Crane (à mes yeux) et le très chouette Z comme don Diego.

Ici c'était pourtant mal parti dès le départ. N'étant pas un grand fan du dessin de B-Gnet que je trouve parfois réussi comme brouillon, j'ai eu du mal à lire cette grande histoire à déguster par tranches de tortillas ou petites scénettes de 2 à 6 pages mais il y a une certaine consistance dans le déroulement certes classique de cette bande de desperados bien "cassos" et puis et puis....

C'est venu d'un coup comme ça et ça ne m'a plus lâché du reste de toute cette BD....

Quoi donc ? L'avais je oublié depuis les œuvres de Fabcaro et Fabrice Erre mais c'est le rire tout simplement !!!!

Parce qu'autant vous le dire tout de suite, Santiago ce n'est pas très intello mais c'est franchement tellement absurde que je me suis surpris de sourire et de rire des situations improbables et des bons jeux de mots.

Le talent de B-Gnet est d'avoir écrit un scénario simple et éculé avec une bande de desperados qui accumulent les gaffes sous la tutelle du terrrrrrrrible Santiago peu aidé par un sosie du sergent Garcia qui va vous exploser les côtes, le bien nommé Pablo.

Quelques références hilarantes sur la Petite Maison dans la Prairie, les codes des films de Sergio Leone un peu chamboulés et l'introduction de Chico euh pardon Jessica soit une demoiselle dans la bande achèveront ces 96 pages qui connaissent peu de baisses de régime vers un final anthologique en guise de miroir....

On ajoute au tout une jolie colorisation et on emballe le tout dans un chouette petit livre bien réalisé comme souvent chez cet éditeur et c'est parti pour 96 pages hilarantes dont vous vous féliciterez l'acquisition ! D'ors et déjà culte !

Il me fallait bien une œuvre d'exception pour mon 500ème avis sur le site marron ! <3

Nom série  L'Arabe du futur  posté le 17/08/2015 (dernière MAJ le 09/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est très courageux de la part de Riad Sattouf que de livrer son autobiographie basée sur les souvenirs qu’il a conservé enfant sur un monde dont il percevait à peine les règles.
Fruit de l’amour d’une Bretonne et d’un étudiant Syrien exilé à Paris, le jeune Riad va rapidement retourner avec ses parents dans la Libye puis la Syrie des années 80...
Son père, convaincu de la place du peuple Arabe dans la société de l’avenir (cf. le titre), prend la place principale dans un récit pudique mais sans tabous et s’autorisant une grande part d’humilité.

En effet la grande force de ce récit est de n’être en aucun point moralisateur. Juste le constat d’une époque, de mœurs différentes et de coutumes inconnues en Occident dont le décalage peut prêter à sourire voire à rire car Sattouf maîtrise complètement le sens de son récit, entre souvenirs et anecdotes.

Le trait rond et la jolie bichromie (différente en fonction du pays visité) rendent l’ensemble ludique et agréable à lire d’autant plus que les ellipses sont rares et donnent une clarté toute simple et évidente à ce récit. Le personnage du père de Riad est un élément comique en soi. Athée convaincu mais tiraillé par la tradition et la fierté de ses origines, il devient un personnage tantôt burlesque tantôt décalé. Riad Sattouf préfère mettre en retrait le caractère docile mais essentiel de sa mère lors de leurs pérégrinations entre plusieurs pays… Traditions, enseignements, petits moments intimistes, rien ne manque lors de ce quotidien ni même quelques pages cruelles rompant avec la bonne humeur apparente du récit (mise à mort d’un chien errant et encore plus grave, d’une femme enceinte hors mariage).

A aucun moment Riad Sattouf ne porte de jugement. Chaque personnage est habilement construit entre réflexions, calembours et annotations. Le seul reproche fait lors de la lecture du second tome émanerait plutôt du caractère redondant du récit, les bonnes surprises du premier laissant place à une mécanique parfaitement huilée.

Riad Sattouf dépeint un entre monde qui est le sien : entre l’ennui de la Bretagne et les mœurs étranges des Syriens, l’écart constant de deux cultures ne manque pas d’amour ni d’humour. Pas étonnant dès lors que cette curieuse bd remporte l’adhésion à son passage et délivre à sa façon une révolution toutes en nuances… Mr. Sattouf est très très fort. Il est dit que cet ouvrage découle de l’échec de son second film « Jacky au Royaume des Filles », tentative couillue et sympathique d’inverser les rôles dans une dictature matriarcale. Le succès de « L’Arabe du Futur » en contrepartie démontre finalement que l’expérience du vécu ne sera jamais remplacée par la satire sociale et religieuse !

Bravo et vivement la suite !

Avis sur le tome 2 : L'effet de surprise étant passé, j'ai trouvé ce second tome bien moins percutant et bien plus répétitif. Attention cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon mais le côté redondant de ce looooong récit n'apporte finalement pas beaucoup plus à la verve et la fraicheur du premier. Cela reste néanmoins très très bon en espérant que le 3ème tome retrouve un peu la spontanéité du début et qu'il me surprenne à nouveau ! Riad Sattouf a un tel niveau d'écriture que j'en deviens exigeant ! Ce qui n'est pas forcément négatif finalement.

Nom série  Sept frères  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cela faisait longtemps que je n'avais plus rien lu de Didier Convard dont l'attachement aux Francs-Maçons n'est plus à démontrer et dont j'attends encore et toujours la fin hypothétique de sa saga Neige. Mais bon passons.
"Sept" est une série concept qui aura fait couler pas mal d'encre, en bien comme en mal.
Jonchée de petits chefs d’œuvre comme "Sept Yakusas" et également d'autres bien moins inspirées comme Sept guerrières.

Néanmoins, impossible de s'y ennuyer tant le concept me parait intéressant avec ses qualités comme ses défauts.

Justement, à propos de défauts, Convard ne déroge pas à la règle en présentant ses sept personnages tour à tour dans deux époques distinctes.

Époques distinctes ? Tiens tiens.... En effet le sujet mérite un peu plus d'attention avant de poursuivre....

En effet sept anciens résistants impliqués dans la franc-maçonnerie et tous arrêtés en 1943 après avoir été balancés par l'un d'entre eux sont mystérieusement convoqués par un Corbeau à une nouvelle séance...
C'est le moment pour tous de se remémorer des souvenirs douloureux pour la plupart et de faire ressortir des plaies qui ne seront jamais cicatrisées...mais également de régler leur compte une fois pour toutes avec ce passé malmené.

Outre l'intrigue et les nombreux flashbacks entre 1943 et 1951, le récit est passionnant à lire, le portrait dressé de ces 7 fantômes et de la France sous occupation est magnifiée par le trait précis et inspiré du trop rare Hervé Boivin dont le style change radicalement de Pretty Little Nightmares.

Alors certes l'image "angélique" allouée à la Franc-Maçonnerie ne me plait guère n'étant pas du tout fan de ce genre de communautés et l'intrigue à la "Dix Petits Nègres" est d'autant plus palpitante que sa conclusion sera plutôt décevante par manque d'intérêt pour la résolution de l'énigme....

Mais revenir sans cesse en arrière pour "combler" les flashbacks, tenter d'y lire des indices et relever les "énormités" du traitre forcément menteur est sacrément ludique et prenant.

Le sombre visage de notre Histoire est également raconté de façon réaliste, touchant et pas forcément manichéen.

L'exercice peut paraître vain et l'avis de eric2vzoul tout à fait respectable mais voilà, j'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture avec l'envie probable de relire tout ceci...

Un très bon cru de la série Sept.

Nom série  Le Grand Méchant Renard  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Revisiter les contes de notre enfance pour mieux les détourner reste un exercice souvent périlleux et casse-gueule.
Casse-gueule parce que le résultat peut être catastrophique s'il en devient trop référentiel et parodique par contre Benjamin Renner s'en sort admirablement avec ce petit bijou d'humour et de tendresse en utilisant les codes classiques (les grands méchants loup et renard face aux gentils poussins) dans un rythme effréné digne des meilleurs cartoons de la Warner.

Par un dessin simple et affranchi de bordures, les couleurs pastel renvoient inconsciemment au procédé d'illustration. Elles apportent surtout un confort nécessaire pour une lecture rapide et survoltée sur les mésaventures d'un Renard qui se voudrait méchant en élevant des poussins volés dans le but de les dévorer avec son mentor le Loup. Mais rien ne va se passer comme prévu...

Riche en péripéties et en galeries de personnages tous aussi loufoques les uns que les autres avec une poule « stallonisée », un chien aussi actif qu'un préposé communal le vendredi à 15h ou un cochon et un lapin réduits au rôle de Laurel & Hardy, pas le temps de s'ennuyer dans ce récit génial que je recommande aussi bien aux petits qu'aux grands !

P.S : à noter que mon édition contient également un récit supplémentaire plus court sur Noël avec des animaux tout aussi loufoques, certes pas aussi drôle mais tout aussi agréable et fun à lire !

Nom série  Les Intrus  posté le 02/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour ma première incursion dans l'univers d'Adrian Tomine, je dois avouer que cet essai est en tous points réussi.

Proche des récits de Daniel Clowes et en particulier David Boring que j'affectionne particulièrement, Tomine utilise des techniques similaires pour dépeindre un quotidien morne et banal dans une Amérique d'aujourd'hui avec des dons de cartoonistes vraiment épatants, mélangeant gaufriers et couleurs, noir et blanc et découpage en strips selon l'humeur.

Ce recueil de 6 histoires n'est pas réellement pour tout le monde tant la mélancolie qui s'en détache devient rapidement perceptible et malgré de jolis dialogues ajoutant ici et là de l'humour ou du malaise. Bref la vie dans toute sa subtilité...

Les histoires qui forment ce recueil sont toutes à la fois différentes et épatantes. Que Tomine décrive la passion envahissante d'un jardinier pour un concept de sculptures végétales affreuses ou le quotidien pas évident d'une étudiante dont son sosie est une star du porno, ses récits font mouche.

Et lorsqu'il habille ses récits d'une touche d'émotion avec ce court monologue d'une mère à son fils justifiant son abandon ou d'une gamine bègue se découvrant une nouvelle passion pour les stands ups et au coeur d'une famille brisée par la maladie, c'est réellement le coeur serré que l'on peut comprendre la portée de ces relations humaines si simples et si touchantes à la fois.

L'histoire d'un vétéran militaire essayant en vain de renouer avec son passé perdu dans son ancien appartement ou la vie de couple d'une loser et d'un dealer quadra m'ont laissé un peu plus de marbre mais uniquement parce qu'elles sont légèrement en dessous du niveau de qualité des autres récits.

Finalement les intrus c'est vous, eux, moi... Tous ces gens qui passent et essayent un peu de vivre en harmonie avec leur quotidien... Ce livre n'est effectivement pas une ode à la joie de vivre mais peut aider à mieux digérer la pilule et se révèle finalement en tous points exemplaire.

Nom série  Roger Fringant (Les aventures de)  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Roger Fringant est une de ces séries pastiches dont je rafole, à savoir combiner des histoires hyper connues dans un décalage des plus salvateurs !

Pour cette histoire c'est Hergé et E-P Jacobs qui en font les frais avec des hommages plus qu'évidents aux albums cultes "On a marché sur la lune" pour le premier et "Le rayon diabolique" pour le second.

Mais attention, Jacques Lob ne se contente pas de moquer les univers suscités mais au contraire de leur rendre hommage par une science-fiction à la Papa plutôt bien documentée et riche en retournements. C'est un peu le Rayon U du toujours même E-P Jacobs revu et corrigé pour l'occasion par un sens du feuilleton (chaque "épisode" est constitué de deux pages avec bandeau et cliffhanger à la clé).

Roger Fringant va rendre visite à sa fiancée Marinette qui est également la fille d'un savant particulièrement inspiré puisqu'il invente coup sur coup une machine à voyager dans le futur puis une navette pour aller conquérir la lune rien que ça !

Roger est de la partie, voyage dans le futur, déjoue les pièges de l'ennemi jaune (et hop un coup de colonialisme à la Bob Morane) et part explorer une lune inhospitalière.

Bien sûr on se marre des anachronismes et des situations incongrues, des droïdes bien vintages et des espions bien louches, le tout dans une bonne humeur qui vous arrachera quelques rires et sourires.

L’œuvre de Jacques Lob qui officie également en tant que dessinateur est également la plus accomplie graphiquement. Son trait simple use et abuse de hachures du plus bel effet notamment sur la partie lunaire soit la majorité de ce récit.

La fin est facile mais franchement poilante et j'ai passé un agréable moment avec Roger Fringant que je recommande dans la chouette intégrale de Lob éditée par Cornélius qui comprend quelques autres pépites incontournables.

Nom série  Batmax  posté le 01/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
En tant que scénariste et dessinateur, le regretté Jacques Lob a publié certaines petites histoires caustiques dont la plus célèbre reste L'homme au landau.
Batmax est construit de la même manière par petits épisodes.
Surement amateur des séries radiophoniques ou télévisuelles, Lob s'amuse à déconstruire le mythe du super héros avec le jeune Maxime vivant seul avec sa mère, une créature plantureuse comme la malheureuse ouvrière Léa de l'homme au landau.

La jeune divorcée (ou veuve ce n'est pas précisé) s'attire la convoitise d'un essaim de mâles en rut ce qui n'est pas pour plaire au jeune Maxime soucieux de garder l'amour maternel et diverses attentions juste pour lui.
Il se confectionne un déguisement de Batman avec oreilles de Mickey et devient Batmax.
Batmax va donc regorger d'ingéniosité pour pourrir la vie sentimentale de sa mère en livrant bourres-pifs et mettre en fuite les amants éventuels de sa maman.

Le dessin reste délicieusement underground avec des traits en noir et blanc très simples mais parfaitement lisibles. On rit ou on pleure des déboires de cette famille décidément pas comme les autres puisqu'en partant d'une bonne intention : défendre sa mère, le jeune Maxime va devenir son pire cauchemar également !

L'histoire complète termine un cycle avec la révélation de la double identité de Batmax à la meilleure amie de la mère de Maxime qui compte bien profiter de la situation mais le tout restera sans suite. Dans un sens ce n'est pas plus mal car les évènements auraient pu tourner rapidement en rond par leur répétitivité.

Agréable à lire sans être transcendant, je vous recommande éventuellement l'achat de Batmax mais principalement dans l'intégrale de L'homme au landau où elle figure également avec d'autres histoires dont le chouette Roger Fringant.

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