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Nom série  Commando Culotte  posté le 10/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
D'entrée de jeu, il est fort probable que le graphisme de cet album va en rebuter plus d'un. Et j'avoue, ce n'est pas forcément ma tasse de thé. On peut le taxer de juvénile, de maladroit, de beaucoup de choses. Il y a aussi des petits soucis en termes de narration, la circulation de la lecture n'est pas forcément aisée. Mais attention, c'est un premier album.

Mais le point fort de celui-ci -adapté d'un blog du même nom- est ailleurs, dans son propos, à savoir la place du genre dans la culture populaire. A l'heure où le sexisme est combattu à tous les niveaux de la société, il est intéressant de se pencher sur ce qui la forge en partie, à savoir son imaginaire et son divertissement. Mirion Malle analyse une douzaine de films et de séries de ce point de vue, et décortique certains phénomènes typiques, comme le slut-shaming ou la friendzone. Le fond, même si l'auteure se laisse parfois emporter par son goût pour certains acteurs, le propos est plutôt intéressant, et permet de voir sous un autre angle certaines oeuvres très connues, comme Starship Troopers, A Game of Thrones, ou encore American Pie...

Vraiment intéressant, d'un point de vue sociologique.

Nom série  Kasane, La Voleuse de Visage  posté le 10/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le pitch de départ a de quoi allécher. A l'aide d'un rouge à lèvres légué par sa mère, une collégienne laide parvient à voler le visage de celle qu'elle envie. Je voyais déjà tout le potentiel malsain et torturé de l'histoire.

Mais au bout de la moitié du premier tome, le récit prend une autre voie, Kasane commence à douter des effets de cet étrange pouvoir, et elle vire un peu trop à la gentille à mon goût. Alors bien sûr, l'auteure a souhaité éviter le cliché fille moche=fille méchante, mais quand même, cela m'a déçu. Et puis dès ce premier tome, nous faisons un saut dans le temps, sans qu'apparemment Kasane ne se serve beaucoup du rouge à lèvres. Et en fin de tome, badaboum, le renversement est proche.

C'est cette surprise qui m'a plu dans l'histoire, cette incertitude quant à l'attitude adopter face à celle de cette jeune fille très perturbée.

Le trait de Daruma Matsura est fin, efficace sans être remarquable. Ça se lit sans problèmes. Je suis curieux de lire la suite.

Nom série  Dimension W  posté le 18/02/2014 (dernière MAJ le 08/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On est dans de l'anticipation relativement classique, avec ces bobines Tesla qui sont des conducteurs d'énergie presque universels, cette chasse aux androïdes illégaux que ne renierait pas Philip K. Dick et ce petit côté Arsène Lupin en fin de tome.

Un mélange des genres qui pour l'heure intrigue plus qu'il ne convainc, mais j'imagine que les choses vont se mettre en place par la suite. Dès le premier tome j'ai eu l'impression que ça partait dans tous les sens. Le deuxième tome confirme cette impression, l'intrigue partant dans une autre direction, ma foi inattendue avec l'histoire autour des enfants qui traînent autour de chez le ferrailleur... Et la fin est plus qu'intrigante...
Avec le tome 3 s'opère un virage dans la série, avec une histoire de meurtres qui rappelle un peu des Agatha Christie ou les Sherlock Holmes. Un virage qui permet à l'auteur d'explorer de nouvelles voies dans l'univers qu'il a créé. Intrigant.

Le tome 4 permet d'en savoir un peu plus sur la Dimension W, mais surtout de refermer le récit au sujet de Yasogami, une résolution ma foi assez bien vue, même si au début du tome j'étais un peu dans le brouillard.

Dans le tome 5 nous avons une période de transition, avec pas mal de nouveaux personnages, ainsi qu'une plongée dans le passé de Kyoma, permettant d'éclairer un peu plus son histoire et son comportement. C'est loin d'être inintéressant, même si un gros chapitre à la Battle Royale se profile... Ça reste surprenant.

Sauf que ça n'y ressemble pas dans le tome 6. Certes, les personnages sont nombreux, et même si le récit continue dans une certaine direction très différente des premiers tomes, je la trouve toujours assez surprenante et originale, suffisamment en tous les cas pour avoir envie de poursuivre. Le tome 7 est plutôt un segment de transition, où l'on plonge dans les souvenirs de Kyoma, mais aussi dans l'histoire du prince Salva. Les deux fils se croisent brièvement, avant de s'éloigner à nouveau. Il va falloir résoudre tout cela bientôt, sous peine de lasser le lecteur...

Lassitude qui arrive avec le tome 8. L'intrigue est à nouveau éclatée, et le temps trop important entre la parution de deux tomes a fini par avoirr aison de ma aptience. l'aventure s'arrête là pour moi.

L'auteur, qui nous a livré par le passé Le Roi des Ronces, prouve qu'il a une belle vitalité dans le trait, un grand sens de la mise en scène avec des cadrages variés (mais sans en faire trop), et un dosage de l'intrigue assez consommé. C'est vraiment très agréable. Les Editions Ki-oon sont au diapason, nous offrant quelques jolies pages colorisées et des couvertures au vernis sélectif phosphorescent (oui, ça brille dans le noir, j'ai testé).

A suivre donc.

Nom série  A Silent voice  posté le 22/01/2015 (dernière MAJ le 08/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un véritable OVNI, un manga qui va au fond des choses sur un sujet particulièrement délicat, celui de l'ijime au Japon, c'est à dire les brimades entre élèves. Un phénomène plutôt silencieux, mais bien réel. L'auteure a gagné un concours il y a quelques années avec une première version de cette histoire, et en a fait une version longue, visiblement de toute qualité.

Car ce qui frappe dans l'histoire à sa lecture, c'est l'absence de manichéisme. Shoya n'est pas fondamentalement un mauvais garçon, disons plutôt qu'il s'ennuie, et qu'il est un peu idiot. Et dans sa classe apparaît quelqu'un de différent, une fillette malentendante, qui l'intrigue d'abord, puis l'agace par son besoin d'aide. Les petites niches, au départ pas bien méchantes, vont suivre, et devenir de plus en plus osées, d'autant plus que ses camarades vont être derrière lui. Jusqu'au jour où...

Cette montée en puissance, si je puis l'exprimer ainsi, est diablement bien montrée, il se passe beaucoup de choses dès ce premier tome, et le personnage de Shoya, l'emmerdeur, est bien rendu ; il vaut mieux car le récit est à la première personne, comme si nous étions dans son esprit. Une idée de génie : rendre "anonymes" les personnes que Shoya n'apprécie pas, ou qui l'indiffèrent, en mettant des croix dessus... Original et tellement clair...

Dans le deuxième tome le récit temporise un peu. Et continue dans le véridique, car bien sûr, les deux adolescents ne peuvent pas devenir les meilleurs amis du monde, voire plus, du jour au lendemain. D'autant plus que les personnages secondaires prennent un peu d'ampleur, comme Yuzuru et Tomohiro, qui échappent à des stéréotypes et sont eux-mêmes assez intéressants, surtout Yuzuru. Je n'ai pas pu décoller de ma lecture tant que je ne l'ai pas terminée, tellement j'étais dedans. Dans le tome 3, alors que Shoya se rapproche encore un peu de Shoko, voit l'apparition d'une ancienne connaissance, qui va faire surgir des nouveaux questionnements. Le tome se termine sur une chouette scène, qui montre toute la difficulté de la relation entre les deux adolescents.

Le tome 4 constitue une étape importante dans l'histoire, puisqu'un évènement inattendu dans la famille de Shoko va mettre en lumière le personnage de Yuzuru, la petite soeur. On en apprend un peu plus, d'ailleurs, sur l'histoire de cette famille. J'avoue, j'ai été fortement ému à la fin de ce tome. Les choses évoluent dans le tome 5, ça explose un peu pour mettre les points sur les i entre les protagonistes. Mais rien n'est réglé, comme le montre la fin du tome, qui s'achève sur un vrai cliffhanger, au sens proche comme au sens figuré. Toujours aussi subtil et prenant.

Et ce tome 6 opère un véritable tournant dans le récit. L'un des principaux personnages se retrouve indisponible, peut-être durablement, et le récit passe de l'un à l'autre de ses compagnons. Le segment le plus fort est celui qui concerne Shoko, avec sa sensibilité exacerbée, et j'ai peur pour la suite et fin...

Le dessin de Yoshitoki Oima, sans être exceptionnel, est très expressif, sans verser dans la caricature non plus.

Du très, très beau boulot, mon manga préféré du moment depuis l'achèvement de certaines séries historiques chez Ki-oon.

Nom série  L'Equipe Z  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce manga à la sauce football a d'abord vu le jour dans l'esprit de Daniel Fernandes et Edmond Tourriol, deux fondus de football qui n'avaient pas trouvé d'éditeur pour leur projet, dessiné par l'Espagnol Albert Carreres (Zlatan Style). Ils sont donc passés par la case crowdfunding sur ulule pour financer le premier tome, une étape couronnée de succès, avant qu'un éditeur, Kotoji, s'y intéresse finalement pour le publier. L'Equipe Z avait déjà fait pas mal de bruit à l'époque, avec des spots, des actions particulières, des contreparties sur les différents niveaux de financement...

Le premier tome est donc finalement sorti, et j'étais curieux de voir le résultat. Et après la première lecture, je dois dire que je ne suis pas déçu. On sent que les deux co-scénaristes ont bien potassé leur Olive et Tom (Captain Tsubasa en VO), avec leurs personnages aux personnalités bien marquées, du football à tous les étages et une légère exagération des effets (plus légères que dans le manga susnommé, cependant) ; mais aussi une couche sociale loin d'être négligeable, avec des situations familiales à la fois actuelles et crédibles. A ce titre la fin du premier tome risque de laisser nombre de lecteurs dans l'expectative.

La trame du récit est celle d'une sélection regroupant les meilleurs des laissés-pour-compte du plus grand club de la région Aquitaine, basé à Bordeaux. La capitale régionale est présente au travers de différents monuments comme la place de la Bourse, l'hôpital Pellegrin, ou la place de la Victoire... Un ancrage géographique fort, donc.

Au dessin c'est donc Albert Carreres qui s'y colle, et son trait est vraiment plaisant, très fin, et étonnamment lisible. Une chouette petite série à suivre.

Nom série  Les Souliers rouges  posté le 08/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les Souliers rouges fait partie de cette rafale de "nouvelles" séries historiques que l'ont rouve chez grand Angle, lesquelles ont parfois un "truc" en plus qui leur donne un parfum particulier. C'est le cas pour ce diptyque, qui se base sur l'histoire du beau-père du scénariste, lequel a vécu quelques aventures surprenantes pendant l'Occupation. Bien sûr l'histoire va virer à l'aigre, mais le jeune homme d'alors gardera une trace indélébile de cette époque.

Le sujet de la série est d'abord une amitié forte entre un jeune homme de la terre et un russe blanc érudit et ouvert. Cette histoire est vraiment prenante, je n'ai pu la lâcher avant d'avoir lu les deux albums qui la racontent. Gérard Cousseau, plutôt connu pour ses albums d'humour sous le pseudo de Gégé, s'y révèle plutôt adroit. Il faut dire que c'est assez émouvant, et même un peu personnel. Le récit s'achève sur une belle séquence, qui ajoute une dimension fabulesque à cette histoire dans l'Histoire.

Côté dessin, je découvre le boulot de Damien Cuvillier, qui avait déjà travaillé avec Cousseau sur Les Sauveteurs en mer, et qui dans son style semi-réaliste, montre de très belles dispositions. J'ai véritablement été charmé par ses séquences se déroulant dans la nature bretonne, sans démériter sur les scènes d'intérieur.

Vraiment un très bon moment de lecture, que je recommande.

Nom série  Les 24h de la BD - Dinner - Breakfast - Lunch  posté le 07/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Réalisé à la Maison des Auteurs d'Angoulême en marge du festival du même nom en 2014, cet album reprend donc le résultat du challenge à contrainte proposé par Boulet pour les 24 heures de la BD.

Comme l'indique Noirdésir, Trondheim, figure de proue de l'Oubapo, est une sorte de méta-champion du récit à contrainte. Mais il l'indique lui-même, il commence à ne plus être jeune, et se demande en filigrane si cet exercice est digne d'intérêt ou rempli de vanité. On est loin effectivement des envolées d'Approximativement ou "Capharnaüm : récit inachevé", pour ne citer que deux de ses oeuvres.

Au niveau graphique, c'est un peu moins réussi que d'habitude, Trondheim devant faire avec le facteur temps. Il n'a d'ailleurs fini que 10 minutes avant le terme du challenge.

Un Trondheim largement mineur.

Nom série  Hindenburg  posté le 19/03/2014 (dernière MAJ le 06/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le tour pris par cette série m'a surpris.

Je m'attendais à un récit d'aventure ayant pour cadre les prémices de la seconde guerre mondiale, et au bout de deux tomes le récit brasse plus large, mêlant bien sûr cadre historique, avec cette guerre qui est imminente en Europe, saga familiale avec cette recherche de ces descendants sur les différents théâtres de tensions dans le Vieux Continent, et même ésotérisme avec ces 'Chevaliers' recrutés par les nazis, les "pouvoirs" des descendants en question, et cette créature mi-ours mi-loup, aux étonnantes facultés, qui accompagne Diane.

Mais curieusement tout cela se marie bien par les deux co-scénaristes, l'un historien et l'autre touche-à-tout chevronné, comme en témoignent leurs déjà nombreuses collaborations chez Bamboo. On ne s'ennuie pas, le récit reste relativement fluide malgré ces nombreux éléments à intégrer. Tout juste relèverai-je des scènes de nudité féminine qui ne se justifient pas vraiment, et quelques facilités scénaristiques qui permettent au récit d'aller dans la direction voulue pas les scénaristes. Et au final on arrive à l'évènement connu au sujet du Hindenburg. Un peu capillo-tracté, mais ça passe.

Le dessinateur, TieKo, commence à avoir des heures de vol après avoir travaillé pour Assor BD et pour le studio réalisant l'adaptation en BD de La Compagnie des Glaces. pourtant il y a encore quelques petits défauts dans son dessin ; comme de la raideur dans les attitudes ou des visages qui manquent de caractère et de déterminisme, comme dans ce tome 2 où j'ai eu du mal à différencier les compagnons de Diane, tous bruns et jeunes. Le tome 3 est meilleur, malgré encore quelques maladresses en termes de perspectives et de visages.

Pour le reste c'est une série vraiment plaisante, qui fait des allers-retours fréquents avec l'Histoire réelle, ce qui permet un ancrage plus fort dans la réalité.

Nom série  La Rafale  posté le 18/01/2012 (dernière MAJ le 06/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Elles ne sont pas très nombreuses, les BDs qui abordent la première Guerre d'Indochine. Pourtant la France y a laissé des plumes, et surtout au sein de la Légion étrangère, qui constituait le gros du contingent au début du conflit. Patrick Cothias et Patrice Ordas, désormais en tandem sur de nombreux projets (BD et romans), nous proposent donc de l'aborder en suivant la Rafale, ce train blindé destiné à ravitailler les fortins et à protéger les convois. Mais bien sûr d'autres histoires vont se développer en parallèle, une romance qui cache des relations troubles entre autres.

J'avoue, j'ai trouvé le découpage narratif un peu étrange, il m'a fallu revenir en arrière ou réfléchir un peu pour recoller certains morceaux. Cela ne m'a pas trop freiné dans mon appréciation de ce nouveau triptyque, cependant. En outre le background historique est intéressant, on apprend des choses sur la société indochinoise de l'époque, sur la vie au sein de la Légion... Cothias et ordas ont émaillé leur récit d'une romance,e t bientôt deux, entre les protagonistes de ce voyage sur les rails du Vietnam. Cela permet au récit d'éviter la sécheresse, bien que le positionnement idéologique de plusieurs personnages soit trouble.

Au dessin on trouve Winoc, auteur de Cliff & Co. Il a un trait un peu "jeune", pas encore arrivé à maturité à mon sens, ses personnages étant parfois un peu approximatifs. Mais pour le reste, c'est pas mal, il a une bonne mise en scène, et les décors sont réussis, grâce à l'aide aux couleurs de Nadine Voillat.

Un triptyque sympathique, qui permet d'en savoir plus sur les petites histoires de ce conflit un peu oublié.

Nom série  Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor  posté le 30/12/2010 (dernière MAJ le 06/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ah Kriss de Valnor... L'une des méchantes les plus marquantes de la BD franco-belge. A la fois cruelle et belle, fascinante autant qu'énigmatique.
Dans le sillage d'un Thorgal qui montre ses limites, Yves Sente donne donc un nouveau sursaut à la série en créant ce spin off centré sur les personnages secondaires de la trame principale. Kriss valait bien l'honneur d'ouvrir le bal. Et quel bal ! Nous allons enfin connaître la jeunesse de la belle guerrière... Ce diptyque est ma foi plutôt réussi. L'histoire me semble assez bien menée, et j'imaginais bien la fillette dans une position telle, subissant les brimades puis remontant la pente grâce à Sigwald... Et c'est toujours sympa de croiser Pied d'arbre, c'est l'un des personnages secondaires dont je regrette le plus la disparition... Mais je m'égare. Le récit est plutôt bien mené donc, même si j'ai eu l'impression que la seconde partie était un peu précipitée pour amener à la rencontre avec Thorgal, et proposer une fin... qui n'en est pas vraiment une, mais il fallait s'y attendre.

Yves Sente s'est adjoint les services graphiques de Giulio de Vita, dont j'avais admiré le joli boulot sur James Healer, et celui-ci s'avère d'emblée le dessinateur idéal. Il rend discrètement hommage au trait de Rosinski tout en gardant le caractère si fin de son trait, plus fin que celui de son collègue. Je ne sais pas si c'est lui qui réalise les couleurs sur cet album, mais je les trouve en accord total avec les Thorgal de la grande époque. Petit bémol sur la seconde partie, où certains portrait de Kriss sont moins réussis. On a l'impression qu'elle a 15 ans sur pas mal de cases. cette impression est renforcée par l'arrivée de roman Surzhenko au tome 6. Kriss n'a plus la quarantaine d'années qu'elle est censée avoir, mais bien moins. Mais curieusement c'est le seul personnage dans ce cas, les autres sont bien exécutés. Peut-être n'a-t-il pas eu le temps de se l'approprier ? Idem pour Jolan, qui n'apparaît que sur quelques cases.

Je ne sais pas si cette perte de qualité graphique est liée au débarquement d'Yves Sente, mais dans le tome 5 j'ai senti un fléchissement narratif assez net. De Vita semble avoir du mal à se défaire du bourbier des alliances que doit nouer Kriss, et du coup le récit me semble assez brouillon. Le tandem Dorison-mariolle reprend le récit au tome 6, dans un récit qui constitue une parenthèse sans conséquences, peut-être le temps pour les nouveaux scénaristes de s'installer. Ce tome 6 est peut-être le plus faible de la série, mais ne jugeons pas dessus.

Nom série  Le Postello  posté le 05/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Une curiosité dans le catalogue Bamboo.

Hervé Richez a en effet rencontré un jour un collectionneur d'art, qui lui a raconté une étrange histoire à propos d'un tableau d'Edgar Degas. Le scénariste s'en est emparé, pour en écrire un script qui est à présent devenu un album. J'ai un peu peur que celui-ci ne sorte pas de la niche à laquelle il appartient, à savoir le milieu des critiques, spéculateurs et collectionneurs d'art. un monde dans lequel il est plutôt difficile de rentrer...

L'histoire est traitée par moments comme un polar, et c'est plutôt une bonne idée, mais cela ne suffit pas, à mez yeux, à en faire une bonne histoire, car le fond est tout de même assez banal. le récit est centré sur cette obsession de Stéphane K. envers le tableau, pendant des années.

Au niveau graphique Winoc est un bon dessinateur, mais plus à l'aise, à mon avis, dans les récits d'aventure historique que dans les ambiances feutrées des salons et des galeries d'art.

Cependant le récit a le mérite d'être didactique, on en apprend un peu sur ce qu'est un "postello", sur les techniques pour déterminer l'âge d'une toile, etc.

A réserver aux amateurs.

Nom série  The Grocery  posté le 01/11/2011 (dernière MAJ le 05/02/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chez Ankama on prépare l'après-Mutafukaz, ou alors on essaie de trouver une seconde locomotive éditoriale (en-dehors de l'univers Dofus, bien sûr, qui est à part).

C'est ce qu'on pourrait dire en découvrant les visuels très branchés Do the right thing qui accompagnent la sortie du premier opus de cette nouvelle série. Surtout, surtout, ne vous fiez pas à l'aspect faussement enfantin des dessins, au côté kawaii que peuvent avoir des animaux (difficilement déterminables, d'ailleurs) humanisés. Si le style graphique fait un peu penser à celui de Phicil sur Georges Frog, la comparaison s'arrête là, même si le souci de l'aspect social est lui aussi présent.

Car "The Grocery" comporte vraiment une dimension sociale, mais dans ce qu'elle a de plus cru, de plus virulent, et la suite me donne raison, car on verse dans la prospective, l'anticipation dans le tome 3. Ainsi cet album comporte-t-il son content de gunfights, avec assaut d'un poste de police et ratiboisage en règle d'un video-club et de tout ce qui l'entoure. Ça charcle bien, le langage n'est pas en reste, visiblement Ducoudray s'est bien lâché, en essayant de respecter l'esprit des corner boys des centre-villes américains.

Le centre de cet univers est une bande de petits dealers, des gars pas forcément mauvais, un groupe dans lequel se greffe le fils d'un épicier, très cultivé et en manque d'amitié. Les relations entre les personnages me semblent sonner à peu près juste, même si je trouve que ça manque de personnages féminins (mis à part la philanthrope qui doit cacher quelque chose de pas catholique). Il ne faut pas oublier non plus cet ex-marine, qui comme tant d'anciens combattants, se retrouve sans le sou en rentrant d'Irak, qui n'a plus rien à attendre de sa hiérarchie mais serait probablement prêt à faire une grosse connerie pour celui ou celle qui l'aidera un peu.

Le second tome continue sur la même lancée, la violence est omniprésente, les personnages s'affirment ou se dévoilent, et je suis vraiment accroché. Par contre je n'ai pas trop compris l'histoire de Marnie Adams, j'ai l'impression d'avoir manqué un petit épisode... Le récit est complexe, on a plusieurs fils narratifs, à voir comment tout ça va se dénouer...

Dans le tome 3 la violence monte de plusieurs crans, et comme je l'écrivais précédemment Ducoudray va encore plus loin dans la prospective sociale, amenant Baltimore dans une situation très particulière, dont je ne dirai rien sauf qu'elle est plausible, hélas. Là encore il y a beaucoup de scènes choc, et même une, vers la fin, proche de l'insoutenable...

Dans le tome 4 nous arrivons au terme de la série. et Ducoudray ne nous épargne rien, ou presque, entre campagne politique putassière ou déchéance morale, on a droit encore à de sacrés moments. Le réalisme est présent, jusqu'au bout.

Aurélien Ducoudray offre à ses lecteurs un tome 0, intitulé Before the Grocery, mettant en scène certains personnages secondaires de la série et des aventures préliminaires de ceux qui la font vivre. J'ai particulièrement aimé celle sur Rosa Parks, vraiment bien écrite. A noter que ces récits courts sont dessinés par Run, Boris Mirroir, Mikkel Sommer, Valentin Seiche et toujours Singelin.

Rien n'est tout blanc ou tout noir, même l'espèce de monstre qui sort de la ligne verte avec une réputation d'immortel peut se montrer... disons poli.

Ma note reste à 3/5, avec un coup de coeur. Je ne mets pas un 4, malgré toutes ses qualités, car la série se perd un peu dans certains méandres parfois.

Nom série  La Fille maudite du capitaine pirate  posté le 05/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Quelle énergie mes amis, quelle énergie !

Jeremy Bastian est une incroyable découverte. Sa série propose une histoire échevelée, d'une inventivité à faire pâlir les plus grands fabulistes de l'Histoire, une histoire qui part un peu dans tous les sens, mais où justement la fille maudite du capitaine pirate ne perd pas son objectif de vue, à savoir retrouver son père. Bastian transfère le motif de la quête à l'ancienne dans le monde de la piraterie, et c'est tout bonnement très prenant.

Et pour illustrer cette histoire qui mêle bouffonnerie, exubérance et mascarade, il nous donne à admirer son trait éminemment élégant, mais aussi d'un pointillisme qui confine à la maniaquerie médicalement inquiétante. Les détails sont juste incroyables.

Une vraie bouffée d'air frais !

Nom série  Les Mutants (Les Arènes)  posté le 22/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Belle découverte, avec ce premeir album qui conjugue reportage sur une expérience d'atelier BD en hôpital psychiatrique pour adolescents et témoignage personnel.

En effet Pauline Aubry nous emmène à l'hôpital Sainte-Barbe, à Paris, auprès de ces enfants qui souffrent dans leurs corps, mais surtout dans leur tête. TOC, dépression, crises de panique, les pathologies sont nombreuses. Pour les aider à se (re)construire, un atelier BD est mis en place, animé par une jeune desinatrice qui a elle-même fait des séjours dans de tels établissements à leurs âges ou plus tard.

Son récit personnel s'enrichit d'ailleurs de celui de ces jeunes gens à la tête cabossée, dont les histoires sont toutes tristes. Mais comme elles, ils pourront peut-être s'en sortir, et se construire.

Le style graphique de Pauline Aubry est naïf, cela ressemble un peu à ce que fait Gilles Rochier par exemple, un style instinctif qui garde la force du premier jet, mais qui gagnerait sans doute en expressivité avec une plus grande maîtrise. Mais rappelons-le, c'est un premier album, très prometteur.

Le récit est découpé en chapitres, scandés par des sentences qu'elle a entendues étant jeune ou écrites par d'autres, lesquels chapitres reviennent sur des aspects de leur malaise. Sur 136 pages, malheureusement, Pauline Aubry ne peut trop s'appesantir, elle a même dû retrancher certaines anecdotes, mais l'essentiel est là, c'est un bel hommage au travail du personnel hospitalier, une réflexion intéressante sur la condition d'adolescent.

En quatrième de couverture se trouve une belle formule, réaliste et porteuse d'espoir :
"Mi-enfant, mi-adulte et complètement mutant. Sur ses sables mouvants, l'ado se construit en marchant."

Nom série  Anent - Nouvelles des Indiens jivaros  posté le 21/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je n'ai pas su comment aborder cet album. Mais sans a priori, c'est sûr.

c'est d'ailleurs l'idée qu'a eue Philippe Descola, ethnologue considéré comme le successeur de Lévi-Strauss, quand il est allé voir plusieurs groupes d'Indiens d'Amazonie à la fin des années 70. Lentement, il s'est intégré à leur mode de vie, a appris leur langage, leur façon de se comporter... Et en a tiré un livre-référence, Les Landces du crépuscule. C'est sur ses traces que s'est lancé Alessandro Pignocchi, lui-même ethnologue, mais aussi illustrateur de talent. Cet album est un mix de leurs deux témoignages, proposant un récit à deux voix, qui laisse une large part à l'écoute, au dialogue, à la contemplation. Et rectifie au passage quelques idées reçues sur les Indiens appartenant au groupe des Jivaros.

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre. D'abord à cause de ces sautes d'une époque à l'autre, même si les Indiens rencontrés par Pignocchi ont beaucoup changé par rapport à 35 ans plus tôt. Mais aussi parce que le graphisme me semblait hésitant.

Et puis au tiers du bouquin, Pignocchi a trouvé un rythme de croisière, les récits sont devenus plus fluides, mieux articulés, tandis que son dessin s'est stabilisé, démontrant une admiration sans bornes pour la nature amazonienne. Je suis resté scotché sur certaines pages, à la poésie et au anturalisme indéniables.

Une belle découverte, qui m'a donné envie de me procurer le bouquin de Descola.

Nom série  Super Bébé  posté le 21/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Attention, un nouveau super-héros !

Il est haut comme trois pômmes, il a mangé des bonbons contenant une substance étrange, et il peut tous nous casser la figure !

Clairement la série s'adresse à un public jeune, voire très jeune. Mais Piratesourcil met son humour légendaire et sa gouaille inimitable au service du récit, découpé en histoires d'une vingtaine de pages chacune. Un rythme inhabituel, mais qui laisse aux personnages le temps de s'installer, comme cette bande de petites frappes ou cet homme-pigeon, qui vont sans doute servir de personnages récurrents.

Au dessin Ztnarf (Frantz de son vrai prénom) propose du gros nez bien coloré qui ne dépareillerait pas dans la collection Tchô !, et se montre plutôt efficace.

Malgré ces atouts, je n'ai pas réussi à rentrer dans cette série, n'adhérant peut-être que moyennement à l'humour...

Nom série  Moi je  posté le 17/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est à l'occasion d'une réédition en intégrale des deux tomes de "moi je" que j'ai pu lire cette première oeuvre d'Aude Picault.

Le verdict est plutôt positif. Si l'on accepte le parti-pris artistique, c'est à dire des anecdotes sur le quotidien d'une jeune femme qui cherche un homme et parle de ses (autres) petits tracas, le tout fait sens et propose une sorte de portrait sans chichis d'une femme d'aujourd'hui.

Le format des saynètes est totalement libre, d'une simple case (parfois non détourée) au récit en plusieurs planches (lesquelles ne comportent parfois qu'une case virtuelle) sert la lisibilité et l'efficacité des situations. L'expression des personnages, nettement plus efficace dans la deuxième partie, permet aussi une meilleure appréhension des "gags.

bref, c'est sympathique, sans être révolutionnaire.

Nom série  Underwater - le village immergé  posté le 14/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après le remarqué Mushishi, qui n'a pas laissé indifférent ses lecteurs, Yuki Urushibara revient avec une histoire aux allures de conte, un récit que ne renierait pas Miyazaki, qui est d'ailleurs explicitement évoqué par l'éditeur. Il faut dire que certains éléments sont typiques : la campagne nipponne, l'arrivée de la modernité qui oblige les habitants d'un village paisible à partir, un personnage insaisissable qui se montre insouciant et intemporel, une créature mythique qui est aussi insaisissable...

L'autre influence manifeste est Quartier lointain, puisque Chinami voyage dans le temps et l'histoire de sa famille, étroitement liée à cet endroit au calme troublant... Et bien sûr un cadre rural enchanteur comme Taniguchi sait tellement bien les peindre.

On est dans une histoire troublante, pleine de faux-semblants, entre onirisme et naturalisme, et on se fait bercer, tout à fait comme ces gamins qui se laissent flotter dans la rivière après avoir sauté du vieux pont... le charme agit indéniablement, et on se surprend à regretter que ce manga ne soit pas en couleurs pour profiter pleinement des jolis paysages composés par l'auteure...

Je lirai la suite avec intérêt, ne serait-ce que pour l'atmosphère enchanteresse de ce village et ses environs.

Nom série  Anton l'éléphant peintre  posté le 01/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un nouveau conte, celui-ci inédit, dans la jolie collection Pouss' de Bamboo.

C'est donc l'histoire d'un éléphanteau un peu tête en l'air qui perd sa famille de vue et se fait récupérer par une hyène mécène grâce à ses talents de peintre. Mais bien sûr la célébrité et la richesse ne vont pas ramener sa famille à Anton, et il va être malheureux dans sa nouvelle vie.

Le récit étant muet, il peut très bien être suivi par les plus jeunes. Le déroulement est fluide, facile à comprendre, et le dessin de Domas, très clair, et rehaussé de belles couleurs de Christian Lerolle rend l'ensemble très agréable à l'oeil.

A noter que l'ensemble du conte est aussi écrit en fin de tome afin de pouvoir le raconter de vive voix le soir à l'enfant.

Sympathique.

Nom série  Le Corps humain en BD  posté le 01/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans la foulée de la série dont il est la vedette, Docteur Cymes, le plus télévisuel des membres du corps médical est à nouveau le moteur d'une série, à visée plus pédagogique.

Il nous propose donc de découvrir le corps humain et la plupart de ses fonctions, en compagnie de son assistante Birgitt, dont la blondeur n'égale que la candeur. Les différentes fonctions sont donc présentées au détour d'une gaffe de Birgitt, à laquelle Cymès explique le dessous des choses, avec plus ou moins de bonheur. Chaque explication se termine sur un gag qui, sans être hilarant, a le mérite de comporter un "bon mot".

Cela permet d'apprendre des petites choses utiles, tout en souriant.

C'est Duvigan, dessinateur de l'autre série, qui se charge de l'exécution graphique, et il a su allier à son style "gros nez" efficace, un côté didactique lorsqu'il doit faire des croquis de l'oeil ou du coeur.

Le résultat est donc tout autant sympathique qu'intéressant.

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