Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...  
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD... Actualité BD, manga, comics, dates de sortie, rumeurs... Les immanquables BD, manga et comics Les thèmes BD Les interviews BD, comics et manga Les forums BD, comics, manga, loisir hors BD...   Ajouter une série !
0 A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Cliquez pour rechercher une série
Recherche avancée
A propos du site :
Message de bienvenue
L'aide en ligne
Les stats du site
Le blog
Le groupe Facebook
 
A voir aussi :
Les liens BD
Le dictionnaire BD
BD-Theque de poche
La boutique en ligne
L'annuaire comics
Les trophées BD

... a posté 2405 avis et 120 séries (Note moyenne: 2.87)

Voir mes avis Voir mes avis
Voir graphs Voir mes graphs
Voir mes coups de coeur Voir mes coups de coeur
Comparez vos goûts! Comparez vos goûts !
Mes nouveautés Mes nouveautés
Mes trophées Mes trophées

Afficher ces séries dans la liste du menu Afficher ces séries dans la liste du menu
Tri : Afficher :

Nom série  Je, François Villon  posté le 18/06/2014 (dernière MAJ le 22/02/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A partir d'un roman truculent, rempli d'une poésie souvent morbide, Critone adopte un trait un peu moins soigné que dans Sept Missionnaires, use du lavis et de couleur directe selon l'ambiance qu'il veut donner à ce récit ; il réussit un brillant hommage au poète-brigand du XVème siècle qui savait mieux que personne manier l'art de la ballade, comme La Fontaine sera 2 siècles plus tard maître de la fable, personne ne l'égalera dans ce domaine.

Villon m'a fasciné très jeune alors que j'étais ado, et dernièrement, je lui ai consacré une conférence pour mon association. Poète au verbe brillant qui fréquentait les tavernes, les bordels, et s'acoquinait avec de sinistres assassins et détrousseurs dont certains finiront au gibet de Montfaucon, il a connu plusieurs fois le cachot où il composait ses poésies qui parlaient du peuple, des truands et des putains qu'il connaissait, et où planait son obsession de la mort et de la pourriture (la ballade des Pendus en témoigne). Il a heureusement échappé à chaque fois à l'issue fatale grâce à ses appuis dans le clergé et surtout des princes de sang royal (dont Charles d'Orléans) qu'on ne voit pas encore dans cet album. Sa vie fut donc étrangement partagée entre la rue et les fastes de la cour de Blois. J'ai visité le cul-de-basse-fosse du château de Meung-s/Loire, et je me suis toujours demandé comment un type comme Villon, de constitution chétive, avait pu survivre dans ce trou infect pendant 6 mois, avant d'être libéré sur les bonnes grâces de Louis XI qui venait à passer dans la ville, nouvellement couronné en 1461.

C'est après cette date qu'on perd la trace du poète, définitivement et mystérieusement, suite au bannissement définitif qui le chasse de Paris en raison d'un ultime larcin qui a mal tourné ; cette disparition , ce silence s'ajoute à la fascination que l'on éprouve pour Villon. Aussi, raconter cette vie de beaux vers noyés dans la débauche et le crime, était donc un challenge délicat pour Critone, d'autant plus qu'il n'est pas Français ; le sujet était en même temps difficile à cause des vers en vieux français qui peuvent rebuter plus d'un lecteur. Lorsqu'on lit une édition poche de ses vers, il faut qu'elle comporte un décryptage et une bonne traduction. L'ampleur du roman de Teulé était en elle-même difficile à retranscrire en bande dessinée ; le texte est respecté, mais la narration est celle de la BD, l'image remplace l'écrit quand elle lui est supérieure, aussi ceux qui ont lu le livre, ne seront pas gênés par cette adaptation. Critone communique au lecteur son plaisir évident qu'il a de décrire cette vie dissolue, fondée sur une bonne instruction au départ, grâce au bon chanoine qui lui sert de père, et où la beauté côtoie l'horreur. Et encore, ce tome 1 ne montre pas le pire ; pendaison, mutilation, prostitution, vol... tout y passe, mais sans exagération et sans voyeurisme, le dessinateur ayant édulcoré certains passages du livre plus crus.

Le tome 2 fut long à venir, car depuis 2011, je commençais à désespérer. Villon connait les périodes les plus sombres de sa vie mais aussi une agréable période consacrée à la poésie. ll rencontre Colin de Cayeux qui l'initie et le fait entrer dans la confrérie des Coquillards, résidus des mercenaires issus de la Guerre de Cent Ans et dont on n'a plus besoin ; c'était de sinistres assassins et détrousseurs dont beaucoup iront se balancer à Montfaucon. Après des peccadilles et les désordres carnavalesques d'étudiant au quartier Latin, le poète entre de plain pied dans le crime, le vrai. Il se passe plusieurs choses dans ce tome : d'abord cette intronisation, puis le meurtre du prêtre débauché Philippe Sermoise à propos d'une catin, le vol du Collège de Navarre, puis le départ pour Angers afin de se faire oublier, où il se rend à la cour du roi René. A partir de là, c'est sa période la plus faste, il fréquente les princes, puisqu'après, il se rend à Blois à la cour de Charles d'Orléans (père du futur Louis XII) qui lui impose comme thème poétique, le fameux vers "Je meurs de soif auprès de la fontaine" qu'il doit compléter. Ce poème est livré en entier ici, il est charmant.

Le récit s'arrête lorsqu'il quitte cette cour, et le tome 3 s'attache aux dernières années de Villon, entre 1457 et 1461, plus précisément l'année 1461 qui est la dernière sur ce qu'on sait du poète. Le récit s' enrichit et devient plus resserré, Villon est confronté à la torture d'abord dans le cul de basse fosse de Meung (d'où il est sauvé par Louis XI devenu le nouveau roi de France), puis au Châtelet où ses complices sont pendus, tandis que sa demande d'appel est entendue et sa condamnation est commuée en bannissement. Ces 2 épreuves l'ont rendu amer, il règle des comptes car il en profite pour écrire avant son départ le Testament qui sera son ultime oeuvre poétique en forme de repentance, qui s'exprime à travers le mot " merci " qui voulait dire "pitié" à cette époque.

Au niveau graphique, Critone a peaufiné son trait que j'ai trouvé plus doux et plus travaillé, il tranche avec celui du tome 1, ses pleines pages de Paris sont superbes à détailler, les monuments sont plus soignés et bien reproduits, notamment l'extérieur du Châtelet et le château de Meung. La fin qui voit Villon quitter Paris et se retrouver en pleine campagne, cheminant vers l'inconnu et un destin qu'on devine mélancolique ou chaotique, est très belle.
Ma note reste donc inchangée, c'est un triptyque un peu décalé, différent d'un biopic historique traditionnel, la part de réel et d'aventure mélangés aux textes du poète, donnent un récit étrange et en même temps prenant.

Nom série  Lieutenant Mac Fly  posté le 20/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je précise que je n'ai pu lire que les tomes 1 et 3, je les ai emprunté à ma médiathèque sans connaitre , juste en demandant à mon bibliothécaire si c'était bien , et il m'a répondu par une grimace en disant "tu verras bien"... je partais donc avec un doute, et effectivement, c'était fondé.

On ne peut pas dire honnêtement que cette Bd soit désagréable, surtout que le dessin me plait, j'y reviendrai à la fin ; mais la qualité des récits courts dans le tome 1 est passable, ces récits sont peu convaincants, l'humour marche une fois sur 2, il y a bien quelques bonnes idées, un gag acceptable par-ci par-là, mais j'ai l'impression que c'est mal exploité, mal foutu... déjà que j'aime pas les avions, je l'ai assez répété dans tous mes avis concernant des bandes sur ce sujet, mais comme là, c'était vu par le biais humoristique, je croyais que ça allait être rigolo. Hélas, ça ne marche pas vraiment, malgré de bonnes intentions, les chutes sont quelconques, à la rigueur, c'est plus drôle dans le déroulement d'une histoire, il y a quand même quelques références à des films, ou des clins d'oeil multiples.
Le tome 3 fonctionne comme un récit complet de 44 planches et développe un scénario plutôt compliqué, j'ai l'impression que Duval embrouille cette histoire pour mieux noyer le poisson en fait, pour masquer l'absence d'un scénario solide et captivant ; je n'ai pas compris grand chose et je n'avais pas envie de me forcer, je crois que ça multiplie l'action et les rebondissements sans conviction, il n'y a rien qui sort d'attrayant dans ce récit, surtout que la fin a l'air ouverte, et apparemment il n'y a pas de suite. Bref, je me suis un peu emmerdé.

Au niveau graphique par contre, c'est très sympa, le dessin attire l'oeil, c'est expressif et plein de vivacité, avec pas mal de petits détails amusants, ça lorgne très légèrement vers le dessin de Dany, même si Barbaud a son propre style ; je ne connaissais pas ce dessinateur, n'ayant pas lu Les Dézingueurs, même si je connais de nom. Ce qui m'a surpris, c'est sa façon de dessiner les avions qui ont une allure étrange parfois, mais on voit qu'il a eu une bonne documentation, et d'ailleurs il remercie ses sources dans chaque album.
Au final, une série humoristique qui aurait pu être nettement mieux, surtout avec un dessin vif d'un bon niveau et plaisant, mais ça reste assez plat, Duval ne s'étant pas foulé...

Nom série  Snark saga  posté le 18/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai encore farfouillé dans la bdthèque d'un de mes petits cousins car je suis toujours sûr d'y trouver de petites perles. C'est le cas ici, quoique attention, ce n'est pas de la grande BD non plus, il ne faut pas s'attendre à grimper aux rideaux ou à basculer dans une autre dimension, mais j'ai trouvé cette aventure assez palpitante pour le public ciblé auquel elle s'adresse, mais qu'un adulte peut lire sans déplaisir. La Bd est parue dans le magazine Okapi entre 1982 et 83.

Il est clair que c'est de la SF qui aujourd'hui sent le déjà vu et dont les éléments ont beaucoup servi, mais en 1982, à sa création, c'était pas encore si courant, il faut donc la replacer dans le contexte d'époque, ce que ne savent plus trop faire les lecteurs d'aujourd'hui en général peu indulgents pour ces Bd à l'ancienne (encore que je ne la trouve évidemment pas ancienne ; l'ancien pour moi, c'est les années 30, 40 et 50). On est dans un récit situé entre Jules Verne et Lewis Carroll, de la SF agrémentée d'une forte dose de mystère de fonds marins et de monstres aquatiques, c'était très attirant au début des années 80, et ça l'est toujours, il suffit de se rappeler d'une série moderne comme Carthago. Cothias reprend tous les clichés de ce type d'aventure sans trop de mal, même si on voit qu'il n'avait pas encore atteint une maîtrise scénaristique comme il aura chez Glénat plus tard, tandis que le dessin de Sternis se révèle agréable, clair et lisible, bien dans le ton de l'époque, avec des planches qui parfois imitent un peu les styles de Mézières, Brochard ou de Dufossé.

Au final, une Bd sympathique qu'il ne faut pas renier et qui a dû contenter des ados des 80's, et que je préfère parfois à certaines Bd modernes de SF un peu prétentieuses, pour me rappeler qu'avant, c'était pas si mal... J'ai mis l'achat mais c'est pas obligatoire.

Nom série  Les Cobayes  posté le 15/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Malgré une couverture que je trouve affreuse et qui ne m'incitait pas à emprunter cet album en bibli, j'ai sauté le pas et en fin de compte, ce fut une lecture édifiante sur l'industrie pharmaceutique et les laboratoires qui conçoivent des médicaments miracle censés nous aider dans nos vies modernes d'hommes et de femmes stressés. Certaines vérités sont proférées, et je suis assez convaincu avec le fait que beaucoup de médocs sont créés dans un but purement commercial, et ce que dit l'un des 3 cobayes à un moment, sur le fait que les labos "inventent des maladies pour vendre leurs pilules salvatrices", n'est pas entièrement faux. Je crois qu'on se fait tous une idée des labos un peu dans ce sens.

J'ai bien aimé ce ton caustique et accusateur, le sujet de cette Bd est très original et cerne bien l'univers de la pharmacologie, on se pose pas mal de questions, et d'ailleurs la fin semble un peu pessimiste, parce que si j'ai bien compris, les 3 cobayes vont avoir désormais besoin de leur gélule miracle pour améliorer leur vie, ils sont donc addicts, c'est une dépendance. Cette perspective est peu réjouissante, selon de quel point de vue on se place. Mais ce qui est intéressant aussi dans cette Bd, c'est le changement de personnalité des 3 personnages, l'évolution de leur "carrière" si on peut l'appeler ainsi, de même que les 3 toubibs qui s'occupent d'eux subissent eux aussi des retombées de ces tests.

Le dessin est très agréable, c'est une sorte de nouvelle Ligne Claire, pure et bien propre, le trait de Barral a bien évolué depuis Baker Street, je ne me rappelais même plus que j'avais déjà lu des Bd de cet auteur, notamment aussi Philip et Francis (Les aventures de).
Un récit intéressant, qui sort de l'ordinaire, sur un sujet qui peut inquiéter.

Nom série  Retrouvailles à Cliff Island  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Grosse déception encore avec cet album vu qu'il n'y a vraiment rien de solide dans tout ça et que je n'ai rien de bien intéressant à rajouter à ce qu'ont dit mes 2 camarades précédents.

J'ai vu en médiathèque la couv avec un dessin semi-caricatural qui avait l'air sympa, et je m'attendais à quelque chose de correct, eh bé non, ça déconne à plein tube dans ce récit, on a une trame de départ déjà vue , un peu dans le style du roman d'Agatha Christie "Dix petits nègres" où un groupe de personnes sont réunies sur une île par un inconnu, ici en l'occurrence ce sont des anciens étudiants, et ça aurait pu donner un scénario intéressant, mais le sujet est complètement galvaudé, avec des portraits vite brossés, des personnages pas vraiment définis, on ne sait pas ce qu'ils cherchent, ce qu'ils font, quel sont leurs motivations ou leur but, et comme dans d'autres Bd, je n'aime pas ces actions qui commencent et qui ne finissent pas, en passant d'une case à l'autre sans transition, sans parler des trucs inutiles ou pas expliqués, comme ce squelette d'enfant, cette secte de timbrés qui découpe des petits singes, ou les baisouillages de la garce d'Océane qui fout des mornifles à n'importe qui sans que ça bronche... si bien qu'on a l'impression d'un foutage de gueule pas possible.

Le final est également dans le ton, c'est à dire incompréhensible, dommage pour le dessin assez mignon, un peu dans le style de Di Sano, il y avait franchement moyen de faire un récit bien plus construit, et j'ai du mal à comprendre comment un éditeur (en plus pas un gros) peut mettre de l'argent dans une Bd aussi inepte... bref un album sans intérêt.

Nom série  Evaristo  posté le 10/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Trouvé ces 2 albums pour 5 euros chez un petit bouquiniste à Angoulême, je ne connaissais pas du tout, mais je connaissais l'auteur, Francisco Solano Lopez, l'un des meilleurs dessinateurs argentins de l'après-guerre, qui a dessiné L'Eternaute et Ernie Pike après ou avant Pratt, et des récits érotiques dans la magazine espagnol Kiss Comix, enfin bref, une pointure du crayon dans son pays, mais peu connu en Europe, la seule bande ayant vraiment été réalisée pour le marché européen étant justement ce "Evaristo" en 1983, repris par Dargaud en 1985 et 86.

Chaque album contient 4 récits courts de 8 à 15 planches, avec une ambiance de polar noir mais à la sauce sud-américaine imitant le ton US, c'est un mélange assez curieux et plaisant, mais la narration est complètement foutraque, décousue, incohérente... ça passe d'une action à l'autre sans transition, les cases sont comme une sorte de puzzle, on ne comprend vraiment pas grand chose dans ces histoires, je ne sais pas comment Sampayo qui a pourtant signé "Alak Sinner" avec Munoz, a pu pondre de tels scénarios, c'est quasiment incompréhensible, si bien que le plaisir potentiel que j'avais au départ s'est vite estompé, et je le regrette...

Je le regrette évidemment pour le dessin que j'aime beaucoup, j'adore ce trait épais en noir & blanc rehaussé de fines hachures et de pointillés qui donnent une atmosphère unique de polar hors-normes à cette Bd, avec des gueules de criminels incroyables, et ce personnage de commissaire Evaristo à la silhouette corpulente de boxeur qui a l'air redouté dans le milieu du crime argentin... même si sa psychologie n'est pas assez creusée. Un beau regret !

Nom série  Gibier de Potence  posté le 09/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai enfin réussi à trouver ces albums à Angoulême, je savais qu'un jour j'y arriverais, après avoir repéré cette série depuis longtemps sur BDT.
Le résultat n'est pas aussi enthousiasmant que j'aurais cru, mais je ne me suis pas ennuyé, c'est ce qui compte. En fait, le sujet n'est pas neuf, c'est surtout ça qui m'a un peu "freiné" on va dire, surtout que comme je crois l'avoir dit dans d'autres avis, la guerre de Sécession n'est pas la période que je préfère en western. Cette guerre a pas mal servi en western, il est difficile de faire du neuf avec, et ce genre d'histoire a déjà été abordé dans la saga Blueberry, surtout lors du cycle consacré au "Trésor Sudiste".

Là-dessus, les auteurs embrayent sur le Bon la Brute et le Truand, en reprenant de ci, de là, quelques détails vus dans ce film de Sergio Leone qui semble les inspirer aussi pour les scènes violentes. Mais le petit défaut, c'est que la série ressemble plus à une suite de rebondissements, de péripéties et de fusillades sanglantes, il n'y a pas de vrai scénario construit comme pouvait le faire Charlier dans Blueberry... désolé si j'en reviens toujours à cette Bd, mais elle est tellement incontournable, et sert tellement de référence, c'est pour ça qu'elle reste imbattable d'ailleurs.

Sinon, faut pas non plus faire le difficile et jouer le vieux blasé, il y a quand même de bons trucs dans tout ça, je reconnais que la série est sympa et très divertissante, les personnages sont intéressants, la frontière entre bons et méchants est faible, chacun a des défauts, et les auteurs n'hésitent pas à en tuer sans qu'on s'y attende. Sans compter le dessin qui m'a bien plu, j'aime ce trait épais aux contours pas toujours fignolés ou pas très précis, ça donne un certain style, j'aime aussi les ambiances données par les différents types de colorisations (ambiance de rochers, ambiance nocturne, ambiance du fort, ambiance de la mine etc...), en tout cas, c'est un dessin dynamique qui s'inscrit dans la ligne graphique des séries développées par Duval.

Au final, un western distrayant, pas un must, mais pas une daube non plus, loin de là...

Nom série  Kennedy  posté le 08/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En lisant ce genre de biographie, je m'aperçois que je connaissais plus mal les figures contemporaines que les figures historiques des siècles passés. Mais ce n'est pas trop grave parce que je considère le recul encore peu suffisant pour juger de l'action d'un politique contemporain (c'est à dire entre les années d'après-guerre et aujourd'hui) ou de toute autre personnalité, mais de toute façon, je suis un peu au courant comme tout le monde, par les journaux et certains docs télévisés.

C'est pourquoi apprendre par le biais de la bande dessinée m'est beaucoup moins rébarbatif sur ces sujets, bien que la figure de Kennedy soit quand même sacrément intéressante. On apprend plein de trucs grâce à cet album, des anecdotes méconnues aux grands événements politiques du mandat de JFK, les auteur dressant un bon portrait sans céder à l'adoration béate du mythe. Le plus original est la formule choisie pour raconter les grandes lignes de la vie politique et privée de JFK, puisque l'album est construit en flashbacks successifs, et c'est vu à travers une interview par un journaliste de son frère Robert Kennedy, alors ministre de la justice, peu de temps avant son propre assassinat en 1968.

C'est donc un étonnant résumé de toute la carrière de JFK et l'histoire de sa famille, qui semble ne rien oublier d'important. Parmi ces grandes lignes, on trouve le discours d'investiture (avec la fameuse phrase "Ne demandez pas ce que le pays peut pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays"), le combat pour les droits civiques, avec l'évocation du pasteur Martin Luther King ("Je fais un rêve..."), la crise de Cuba avec les fameuses rampes de missiles installées par Moscou, et la baie des cochons, la guerre froide et le rapprochement avec Khrouchtchev, l'assassinat à Dallas en 1963 etc... Tout ceci rafraîchit la mémoire sur des événements pourtant récents mais qui ne me passionnaient pas comme ceux du Moyen Age ou de la Renaissance, car moi ce qui m'intéresse, c'est de comprendre le présent par l'Histoire ancienne.

Le dessin est très aléatoire, il est tantôt très réussi dans les ressemblances sur les visages connus, tantôt pas du tout, mais je pense que l'exercice n'est pas si facile que ça, encore que je ne sais pas si Damour était le dessinateur adéquat pour ce genre de Bd ; mais bon, attention, ce n'est pas laid ou carrément raté non plus, c'est juste que ce dessin fait bizarre par endroits.
Un bon album d'histoire contemporaine qui permet de comprendre l'action d'un homme.

Nom série  Kia Ora  posté le 07/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai emprunté cette série à ma médiathèque sans savoir à quoi m'attendre ; en feuilletant le tome 1, j'ai trouvé le dessin sympa et ça m'a suffi, je me suis dit "on verra bien"...
A la lecture, j'ai ensuite découvert la culture maori que je connaissais un peu par des docs vus sur la Chaîne Histoire ou ailleurs, et puis j'avais vu le film coup de poing "L'Ame des guerriers" qui montrait le désespoir de ce peuple autochtone dans la vie moderne et les ravages qu'elle lui causait. Dans cette Bd, c'est moins violent, on suit un petit groupe d'hommes et de femmes (et la fillette Nyree) arrachés à leur terre de Nouvelle-Zélande pour aller en Europe faire connaître leur culture. Dans un premier temps, c'est intéressant d'approfondir un peu les connaissances sur les Maoris dans la société européenne des années 20 ou 30, et ce tome 1 est très prometteur.

C'est ensuite que l'idée de départ s'estompe et devient moins passionnante, même si par endroits, c'est touchant et qu'il y a de l'émotion, l'ensemble est attachant, mais on ressent un certain malaise en voyant ces gens exhibés comme des bêtes curieuses dans un parc d'attractions londonien puis dans le jardin d'acclimatation à Paris. Mais le pire reste à venir, avec le tome 3, on est carrément dans "Freaks", ce célèbre film de Tod Browning qui suivait une troupe de "monstres" de foire au sein d'un cirque. On peut voir cette partie comme un message de tolérance qui part d'un bon sentiment, mais je crois que le premier propos qui était de suivre cette troupe de Maoris répandant leur culture tribale était déjà suffisante, il ne fallait pas y mêler cet élément qui charge un peu trop le sujet et tire parfois vers le pathos.

Quoi qu'il en soit, la Bd reste intéressante à lire, mais je ne voudrais pas la posséder ; s'il n'y avait eu que le tome 1, j'aurais sans doute noté 4/5, mais les 2 autres albums me font changer d'avis. D'autant plus que le dessin qui est relativement joli et mignon dans le tome 1, a tendance à se relâcher ensuite, surtout dans le tome 3, c'est un trait limite caricatural, avec des visages pas terribles, un manque de détails, des décors simplifiés, des fonds de cases uniformes, bref c'est beaucoup moins soigné.

Au final, un récit humaniste qui n'est pas sans défauts, qui mérite d'être lu mais pas acheté.

Nom série  La Porte au Ciel  posté le 05/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette histoire en forme de faux thriller psychologique et intimiste nimbé de mystère, n'a rien de bien original et d'attirant au premier abord, les fugues de jeunes gens étant hélas assez banales à notre époque. En plus, je suis content de n'avoir pas eu à attendre 6 ans entre les 2 albums, c'eut été un peu long... Mais l'écriture de Makyo est remarquable, imprimant une atmosphère spéciale, avec un décor rural de toute beauté, même s'il est triste, mais ça accentue encore plus l'aspect mélancolique qui se détache de cette histoire.

C'est un récit sensible, captant des portraits très justes de 3 adolescentes ne connaissant pas le bonheur dans leur foyer, et à l'ensemble bien échafaudé, bien senti, avec des dialogues très actuels qui typent parfaitement le caractère de ces 3 filles, ainsi on n'a pas l'impression de lire quelque chose d'un peu artificiel qu'on rencontre parfois en BD lorsqu'il s'agit de jeunes gens de cet âge, c'est souvent difficile pour un scénariste adulte de faire parler des ados qui ont un langage bien à eux, surtout quand il s'agit de filles, et là je trouve que Makyo a réussi des portraits très crédibles. Le personnage du peintre est également attachant.

Si la Bd n'avait pas eu un dessin d'une telle beauté, je ne sais pas si je m'y serais intéressé, je connaissais le style de Sicomoro, il est ici très différent de celui de ses débuts sur Marc Jourdan qui à l'époque était déjà précis mais au trait fin ; j'avais aussi admiré sa maîtrise exceptionnelle du noir & blanc sur Rio Grande, et son dessin est également différent de celui vu sur Lumière froide qui visait un style hyperréaliste s'accordant au sujet de cette Bd. Ici, il est devenu carrément sublime, plus appuyé et toujours aussi précis, magnifiant les paysages hivernaux d'une belle nature géographiquement non précisée (peut-être en Bretagne puisqu'on parle de coutume celtique), avec de très belles images de sous-bois à l'aspect mélancolique. Je trouve cependant curieux qu'il s'obstine à dessiner des nez rouges, ces filles ne sont pas des saoûlines, c'est bizarre...

Quoi qu'il en soit, la Bd m'a sans aucun doute encore plus captivé grâce au dessin, je regrette seulement qu'à la fin le coupable ne soit pas puni, l'explication m'ayant peu convaincu, et j'avoue n'avoir pas trop compris la signification de la dernière page, 2 raisons qui m'empêchent de hausser ma note.

Nom série  Saint-Barthélémy  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Boisserie et Stalner se retrouvent après La Croix de Cazenac pour un sujet très fort, sur les guerres de Religion, mais au contraire de Les Chemins de Malefosse qui brassait une période plus étalée, ils centrent leur récit sur cette Saint-Barthélémy qui a ravagé les rues de Paris en aout 1572, pour l'un des plus effroyables massacres de cette période en France. La Bd aborde aussi le sujet de façon beaucoup plus construite que ce que j'ai pu lire dans la série Vécu de chez Glénat intitulée Le Chevalier, la Mort et le Diable qui bien qu'intéressante, n'était pas sans quelques défauts narratifs, mais elle vise surtout le grand début de ce massacre religieux entre papistes et huguenots, et aussi ce qui m'a intéressé, c'est que les auteurs évoquent les vrais débuts de ce conflit sanglant avec le massacre de Wassy par les Guise, ainsi que la bataille de Jarnac où Condé trouva la mort.

On sent toute la haine exacerbée par les 2 factions, et on comprend que la Saint-Barthélémy est le massacre emblématique de cette sombre période, avec une Catherine de Médicis plus dure et plus déterminée que dans d'autres Bd sur le sujet, on sent sa volonté à annihiler le parti huguenot.
Quelques épisodes célèbres sont montrés, comme l'attentat contre Coligny qui le blessa à l'épaule, puis sa mort atroce cette fameuse nuit de la Saint-Barthélémy, également les paroles choc du faible Charles IX entièrement sous le contrôle de sa mère, "Tuez-les tous pour qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher"... de même qu'on assiste à cette vague de violence frénétique, une véritable boucherie dans les rues de Paris comme au Louvre, à peu près semblable à ce que l'on voit dans le film "la Reine Margot" en 1993 ; je ne serais pas étonné d'apprendre que Stalner s'en est inspiré pour certaines scènes.

Pour éviter le côté trop didactique de ce sujet horrible mais passionnant pour l'amateur d'Histoire que je suis, les auteurs content ce récit à travers un jeune hobereau provincial, Elie de Sauveterre, qui recherche son jeune frère et sa soeur enlevés tous deux par les papistes ; son combat se mêle à celui de la Saint-Barthélémy, et je subodore que pour lui, la quête n'est pas finie, donc rendez-vous au tome 2 qui promet d'être captivant. Quand en plus, c'est dessiné par Stalner dont j'aime beaucoup le style graphique, ayant suivi toutes ses séries, je ne peux que me réjouir. Il se surpasse littéralement ici, où son dessin d'une finesse et d'une précision impeccables, magnifie aussi bien les décors, les édifices, les costumes, les petits détails que les visages des personnages, bref un vrai régal graphique et narratif.

Nom série  Thésée et le Minotaure  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La collection s'enrichit d'un autre volume consacré à l'un des plus grands héros grecs, à l'égal de Héraklès, de Jason, de Persée, d'Ulysse ou d'Achille... il a accompli plusieurs exploits en étant considéré comme une sorte de continuateur d'Héraklès, il participera même à l'expédition des Argonautes, comme on le voit dans Jason et la Toison d'or, le personnage apparait donc dans 2 récits de cette collection.

Clotilde Bruneau rempile après les précédents opus, et conte d'abord l'enfance et la jeunesse de Thésée, puis son périple entre Trézène et Athènes où il débarrasse la région de plusieurs monstres qui sont pour lui autant d'épreuves initiatiques, et dont l'épisode le plus connu est celui lié au brigand Procuste, dont le nom est passé dans la langue et connu sous l'expression "lit de Procuste" ; ce sinistre individu accueillait les voyageurs égarés ou fatigués dans sa demeure et les obligeait à s'allonger sur un lit, grand pour les petits dont il étirait les membres, petit pour les grands dont il coupait les pieds. Thésée le tua en lui faisant subir le même sort... cet épisode est bien montré.
Mais son exploit le plus célèbre et le plus valeureux reste celui attaché au Minotaure.

La narration est ici beaucoup plus condensée du fait qu'il n'y a qu'un album. La scénariste n'omet pas les éléments connus de la légende : l'arrivée en Crète, le coup de foudre d'Ariane pour Thésée, le fil d'Ariane, le labyrinthe et le combat avec le Minotaure, la fuite puis l'abandon d'Ariane dans l'île de Naxos, le retour à Athènes, la mort d'Egée, le mariage de Thésée avec Phèdre, sa relation avec son fils Hippolyte... tout ceci est assez rapidement traité, on a donc peu de temps pour s'attacher vraiment aux personnages. On peut le regretter, mais l'histoire même si on a l'impression que c'est expédié, reste captivante, embellie par le dessin.

En effet, le dessin de Mauro De Luca, qui s'est déjà distingué par sa Bd Carthage, est de toute beauté, il est en plus très proche de celui d'Alexandre Jubran sur Jason et la Toison d'or, car il faut dans cette collection que les héros soient identifiables lorsqu'ils sont appelés à reparaitre, de même que les Olympiens. Le dessin est soigné, détaillé, le personnage de Thésée magnifié, et la scène avec le Minotaure est grandiose. J'avais vu ce personnage dans d'autres Bd pas toujours bien représenté, mais là le rendu est conforme à ce que j'ai pu voir sur de vieilles gravures ou des tableaux pompiers du XIXème siècle.

Un album qui pêche un peu par sa narration trop rapide, mais qui séduit par sa partie graphique sur une légende fabuleuse, l'achat n'est quand même pas regretté.

Nom série  Jason et la Toison d'or  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
"Jason et la Toison d'or" est le 4ème volume de cette collection la Sagesse des Mythes, dirigée par l'ancien ministre de l'Education, Luc Ferry, et le premier d'un triptyque qui s'attaque à l'un des plus grands héros de la Mythologie grecque : Jason.
J'ai très tôt été fasciné par cette légende, surtout après avoir vu le fabuleux film britannique "Jason et les Argonautes" qui illustrait de façon féerique ces aventures merveilleuses, autant dire qu'en lisant cette Bd, je me régalais d'avance, et mon attente n'est pas déçue, je suis vraiment conquis rien que par ce premier tome.

Comme pour les autres albums de la collection, aucune liberté n'est prise avec la légende, les auteurs remontent loin dans l'histoire mythologique avec l'épisode d'Athamas et d'Ino, que j'avais complètement oublié et que j'ai révisé en lisant mon dictionnaire de la Mythologie, l'intrigue suit donc les récits connus, la narration est linéaire de façon à être bien comprise par les lecteurs peu connaisseurs de la Mythologie grecque. Cette histoire de Jason étant assez fournie de par les nombreux périls que les Argonautes rencontreront durant cette expédition, il était difficile de la condenser, aussi la scénariste Clotilde Bruneau va à l'essentiel tout en offrant un ensemble cohérent en 3 albums ; ce premier tome conte la genèse de Jason, son enfance, son éducation avec Chiron puis sa confrontation avec Pélias lorsqu'il revient à Iolcos avec une seule sandale (l'oracle avait averti Pélias qu'il devrait se méfier d'un étranger à sa cour avec une seule sandale). Puis c'est le rassemblement des grands héros grecs, les futurs Argonautes, et la construction du bateau l'Argo.

Comme la partie textuelle, la partie graphique ne verse pas dans l'intrigue fantaisiste, le dessin est vraiment superbe, j'aime ce genre de graphisme pour illustrer de tels sujets, les décors sont fidèlement reconstitués, les visages des héros grecs sont parfaitement typés de façon à ce que le lecteur puisse les identifier facilement. Est-ce que leur psychologie sera développée plus en détail dans les tomes suivants ? on verra, pour l'instant, c'est correct.

Je ne vais pas anticiper ces tomes, mais d'après ce que je sais, l'expédition des Argonautes comprend plusieurs listes de participants ayant répondu à l'appel de Jason, elles reflètent le désir des cités grecques de rehausser les mérites de leurs propres héros. On y trouve donc selon ces variantes, le musicien Orphée, Zélès et Calaïs (les fils ailés de Borée) qui poursuivront les Harpyes, Pélée le père d'Achille, Télamon, Méléagre, Atalante (la seule femme de l'expédition) célèbre pour ses dons de chasseresse et de guerrière, les jumeaux Castor et Pollux, Lyncée (qui avait une vue supranormale), Augias, Thésée et Héraklès... sans oublier Argos qui a construit le navire Argo.

Il faut savoir que le récit le plus complet de cette légende a été rapporté par Apollonius de Rhodes. Pour l'instant, au vu de sa partie narrative et de sa partie graphique, c'est un superbe début qui met bien l'eau à la bouche, et il sera dur d'attendre la suite.

Nom série  Akron le Guerrier  posté le 31/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu cet album à 5 euros à Angoulême, et heureusement parce que je me suis un peu ennuyé à cette lecture, n'ayant pas trouvé ce que j'attendais d'une telle Bd ; et arrivé sur BDT, j'apprend qu'elle est abandonnée après ce premier tome, c'est dommage car une suite aurait sans aucun doute renforcé l'argument de cette histoire et m'aurait peut-être incité à la juger moins sévèrement. Mais c'est du Soleil, donc ça ne m'étonne pas non plus, c'est incroyable le nombre de séries avortées qu'ils ont pu bousiller avec cette sale manie... Argument qui en vérité ne m'a pas convaincu. Pourquoi ? tout simplement parce que c'est nébuleux !

Certes les bases d'un royaume imaginaire, Adzen, sont posées correctement, le background encore insuffisant est tout de même intéressant d'après ce qu'on en voit, les codes de la fantasy sont visibles et bien en place, à part que 2 personnages importants (qui auraient pu grimper en puissance dans la suite) sont tués dès ce tome 1, c'est assez inhabituel, et que le destin d'Akron même s'il n'est pas compromis, ne sera jamais connu. D'autre part les personnages sont encore assez peu développés, donc on n'a pas le temps de s'attacher à l'un ou l'autre.

C'est nébuleux dans le sens où les auteurs ne sont pas clairs, c'est à dire qu'ils lancent des directions qui restent floues : le discours du roi, son recours à cette gamine sorcière, ses relations avec ces 3 mercenaires, le combat d'Akron avec cette espèce de démon-renard blanc... tout ceci est mal expliqué, tout comme cette bataille d'ailleurs, on ne sait pas bien pourquoi elle est déclenchée et pourquoi elle nécessite tous ces morts, sans compter qu'il y a des scènes dont je ne vois pas l'utilité, comme cette algarade avec ce poissonnier suivie d'une autre avec un marchand de bestioles, ça prend 2 pages et ça ne sert à rien ; 2 pages qui auraient pu servir à autre chose de plus construit. On ne sait donc pas très bien quelle est la direction à suivre pour cette Bd, alors qu'il y avait de bons éléments de départ, ce qui fait que au final, je ne regrette pas trop cette série arrêtée, même si je sens que ça aurait pu être pas mal, d'où ma note relativement généreuse.

Le regret peut-être, c'est aussi pour le dessin que j'aime particulièrement, chatoyant, fluide et très agréable à l'oeil ; j'avais bien aimé ce dessin sur la série Questor, et là dès le début d'album, il y a un soin dans les décors, et cette grande case montre une civilisation inspirée dirait-on de l'art byzantin, de même que la séquence de bataille est bien posée, et ne fait pas fouillis. Sans doute que le dessinateur s'est lancé dans Questor suite à l'arrêt de cette série qui aurait mérité de continuer.

Nom série  L'Homme qui croyait à la Californie  posté le 31/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu surpris de voir cet album contenant 4 récits courts plutôt qu'un long récit de 44 planches, mais passé ce bref étonnement, j'ai plutôt bien apprécié l'ensemble de ces histoires ; ces 4 récits sont centrés sur des Blancs, c'est assez inhabituel de la part de Derib, lui qui a une telle connaissance du monde indien, ce n'est pas l'environnement qu'il préfère, mais après tout il avait déjà dessiné Go West (avec Greg au scénario), mais surtout ici, c'est qu'il n'est pas son propre scénariste, Godard étant l'auteur de ces 4 récits qui furent diffusés dans le journal Tintin en 1981.

Mon préféré est "L'homme qui attendait" qui est pour moi le plus émouvant et qui témoigne d'un certain désenchantement dans l'Ouest d'une certaine époque, et ensuite "L'homme qui croyait à la Californie" qui donne son titre à l'album, un autre récit un peu désenchanté et triste, avec ce personnage de Jed Walker à la gueule de John Wayne, tout un symbole... les 2 autres récits m'ont moins séduit. Mais le ton de cet album est plus nostalgique, mélancolique, les auteurs n'exaltent pas les grandes étapes de l'Ouest, c'est un Ouest sur le déclin, on voit que Derib est peut-être moins à l'aise qu'avec le monde indien, mais ça donne en même temps une image plus positive des Blancs.

Graphiquement, c'est du Derib du plus haut niveau, avec un dessin épais et chargé, semblable à celui atteint dans Buddy Longway à partir du tome 10 "le Démon blanc", un dessin magnifique et réaliste, mais je reconnais que c'est un style qui peut ne pas plaire.
Au final, un album assez étrange, c'est du western qui s'inscrit dans la vague crépusculaire.

Nom série  Jeanne d'Arc  posté le 30/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette relecture de l'histoire de Jeanne d'Arc telle que nous la connaissons présente une certaine audace, car elle aborde sous un angle atypique le destin de la célèbre Pucelle d'Orléans par le biais de la sorcellerie. Valérie Mangin n'en est pas à ses débuts pour étonner le lecteur en détournant des sujets, comme elle l'a fait dans d'autres Bd, et cette idée pouvait être intéressante à développer, pourquoi pas ? On ne pourra sans doute jamais expliquer pourquoi Dieu a choisi une petite bergère lorraine pour sauver le royaume de France de l'Anglais plutôt qu'un vrai seigneur de guerre sachant se battre... mais ça remettrait en question bien des choses à propos du procès de Jeanne qui fut brûlée sur l'accusation de sorcière, et justement, Mangin joue sur cette idée qui peut évidemment paraître sacrilège et antinomique aux yeux de la chrétienté, mais intéressante à explorer.

Le récit s'imbrique bien dans la grande Histoire et les événements réels, on y voit notamment le Bal des Ardents (qui conforta la folie de Charles VI) et la réception de Jeanne à Chinon où elle révèle en secret au Dauphin ce que nul ne pouvait savoir à son sujet ; on a jamais su ce que Jeanne avait pu dire à Charles lors de cet entretien secret car personne n'en fut témoin, et ce qu'elle dit ici me convient, c'est plausible. Par contre le rendu autour des scènes de sorcellerie, le prétendu saphisme de Jeanne (qu'elle oublie lorsqu'elle voit Gilles de Rais), certaines scènes inutiles et certains autres détails ne m'ont pas tellement interpellé ni convaincu, j'ai trouvé cette sorte de deal avec le diable, à savoir connaître une année de gloire et en remerciement offrir sa vie sur un bûcher, assez moyen, j'aurais préféré un éclairage différent. C'est dommage parce que j'aime bien le dessin, il se prête parfaitement à cette époque traitée et reproduit bien les lieux connus, de même que les personnages sont réalistes. Un mythe revisité un peu gâché.

Nom série  Sex story - La Première Histoire de la Sexualité en BD  posté le 30/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce gros album de 200 pages traite du sexe au fil des âges, comment il était perçu à différentes époques, ou plutôt comment étaient perçues les pratiques et déviances liées au sexe, depuis la Préhistoire jusqu'à notre époque moderne. L'ouvrage a la double fonction d'être instructif et amusant, c'est de la vulgarisation historique et sociale sur l'histoire de la sexualité humaine à travers les siècles, un beau travail d'étude qui se lit assez longuement car parcourir tout ceci en totalité finit par être fastidieux et épuisant.

Le sexe est lié à l'amour, et les auteurs en parlent également en relatant ses différentes interprétations, notamment le mariage sans amour dans la société romaine, les femmes devant être avant tout des épouses et des reproductrices, pratique qui se retrouve aussi dans la société européenne au XVIIIème, d'où le libertinage chez les nobles, et la recrudescence des bordels et maisons de plaisirs. L'accent est mis aussi sur l'asservissement de la femme longtemps considérée comme inférieure, sur sa condition de soumission à l'homme dans la société, qui remonte très loin et qui n'a été enrayée que relativement récemment, à peu près après la Seconde guerre mondiale.

L'ouvrage n'a pas la prétention d'être juste à 100%, il oublie d'ailleurs quelques périodes de l'Histoire universelle, et je doute que tout y soit exact ; j'ai à ce sujet relevé 2 erreurs : Jules César n'était pas un empereur, et Rudolph Valentino n'a pas affolé les femmes des années 30, mais des années 20 (il est mort en 1926). Mais certaines dates, certains faits et certains personnages sont justes et réels, l'ensemble est fait avant tout pour distraire. Sa grande originalité est justement de présenter ce côté didactique par le biais de l'humour, sous une forme légère et dénuée de vulgarité, à travers de multiples saynètes et d'anecdotes amusantes. On apprend par exemple que Ramsès II se masturbait dans le Nil pour y apporter la fécondité, des précisions sur l'onanisme, la ceinture de chasteté inventée plutôt à la Renaissance et non au Moyen Age, que les couloirs de Versailles servaient d'infâmes pissotières, ou encore que la reine Victoria était une sacrée chaudasse (mais ça je le savais, je l'avais lu ailleurs)... bref des usages souvent fantaisistes ou étonnants à propos de l'amour et du sexe. De même que la perception de l'homosexualité sera très différente selon les âges et les civilisations (en Grèce antique, c'était plutôt de la pédérastie).

Tout ceci est illustré par un dessin simple et dépouillé, pas toujours joli, mais expressif qui vise à faire sourire par des situations ou des expressions anachroniques. Au final, un album intéressant, original et ludique.

Nom série  Les Bêtes de Black City  posté le 29/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon dommage, je me réjouissais de lire une Bd érotique situant son action dans un cadre western, mais c'est raté pour moi, et j'ai bien fait de ne pas l'acheter, j'ai pu la lire pratiquement sur le stand Tabou à Angoulême quand j'attendais Trif pour une dédicace (celui-ci étant parti se restaurer)... Qu'est-ce qui ne va pas ?

Ben tout simplement le dessin, je n'aime pas ce dessin et puis voila, je le trouve laid et informe, à plus forte raison pour une Bd érotique. Les couleurs sont ternes et mornes, bref j'ai pas accroché à ce graphisme. Sinon question histoire, ça réutilise un des plus vieux thèmes du western, la vengeance, et ça fonctionne bien puisque les 3 prostituées d'un bordel sordide d'une petite ville de l'Ouest, exercent une vengeance implacable et extrêmement violente sur leurs tourmenteurs, dont le chef est devenu un notable ; elles sont même bien plus féroces que leurs bourreaux, et le bain de sang n'est pas évité.

On voit donc un excellent scénario servir des scènes de cul dont certaines très hard, mais aussi des pulsions malsaines, le tout s'intègre bien ensemble, sexe et sang font bon ménage de façon plus appuyée que dans d'autres Bd, car du sexe en contexte western, ça n'est pas nouveau, il y en avait déjà dans Wanted (Rocca/Girod), et même dans un ancien pocket italien que je lisais dans mes jeunes années, du nom de " Saga " (en italien "Vartan") où on voyait souvent des Indiennes à poil se faire molester. Mais tout ceci n'avait rien de comparable à ce qu'on voit dans cet album. En plus, il y a une bonne approche d'un Far West sordide avec des personnages crades, pouilleux et rebuts de l'humanité... Donc voila, dommage que ce scénario habile soit illustré par un dessin aussi moche auquel je n'ai pas adhéré, du coup ,je n'ai pas lu la suite, et après Trif est enfin arrivé pour me faire un joli dessin de Blanche-Neige.

Nom série  Nagarya  posté le 28/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le nom de Riverstone (ou quelque soit l'un de ses nombreux pseudos) résonne aux oreilles de l'amateur de BD érotique, car on sait qu'avec lui, on aura un résultat graphique exceptionnel. C'est le cas dans cette Bd que j'ai réussi à trouver à Angoulême dans les bacs à 5 euros d'un des bouquinistes belges, eh oui, j'ai cru rêver , car trouver un album de ce calibre à cet endroit, c'est très rare.

Comme toujours, la partie graphique est absolument renversante, Riverstone excelle dans un dessin hyperréaliste peaufiné et soigné à la peinture à l'huile, transcendant un sujet inspiré d'un thème biblique où une nouvelle Eve évolue dans une jungle idéalisée auprès de 3 hommes et découvre une peuplade sauvage ; tout le monde y est nu bien sûr, c'est un retour à la nature primitive de l'homme, mais étrangement, ça copule beaucoup moins qu'on n'aurait cru, même les hommes ont des sexes à peu près normaux et pas ultra membrés comme c'est le cas dans les autres Bd de Riverstone comme Judith et Holopherne ou Thamara & Juda... Les femmes y sont toujours sculpturales, avec des poitrines fières et puissantes, contrastant avec des visages d'ingénues ou de jeunes vierges.

La dimension fantastique et le surréalisme se mêlent, mais ça ne donne qu'un résultat décevant au niveau du scénario, c'est le gros point faible de cette bande qui aurait pu être fabuleuse ; Riverstone ne sait pas construire une histoire linéaire, il se perd en dialogues inintelligibles, qui n'ont vraiment aucun sens, et totalement décalés par rapport aux images. De fait, l'histoire perd 60% de son potentiel, même l'épisode des sauvageonnes est mal exploité, et les 3 hommes accompagnant l'héroïne Anny Wellington, sont très en retrait, ressemblant à des crétins incolores et loin des mâles dominateurs vus dans les autres Bd de l'auteur. Bref, l'oeil se régale mais l'esprit n'est pas satisfait.

Nom série  Entre terre & mer  posté le 25/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore une série qui prend pour décor la Bretagne et qui décrit la rudesse de l'existence sur ces terres dans les années 20 ; c'est assez proche de la série Les Chasseurs d'écume, sauf que là, l'attention se porte surtout sur un personnage, Pierre qui loue ses bras à une ferme dirigée par une femme de marin dont l'homme est en mer à la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Ce qui est intéressant, c'est le portrait de ces femmes, les auteurs mettent l'accent sur leur exemplarité à gérer seules ferme, terre et tâches domestiques en l'absence de leurs hommes. C'est un univers dur, âpre, où la mort, le fardeau de la vie, la solitude et l'absence sont constamment présents dans un cadre de vie magnifique mais d'une grande rudesse.

Une romance s'installe peu à peu entre Pierre et une lavandière qui elle aussi attend son homme, on s'attend alors à un cliché éculé, mais cet écueil est bien évité, car les auteurs ont gratté l'intrigue pour en enlever le superflu et ne garder que l'essentiel, le récit s'en trouve renforcé en évitant des passages à l'eau de rose qui auraient pu être ennuyeux et très communs, d'où une certaine sécheresse, un côté carré et un peu austère dans cette relation. A l'image de la région (ici la Côte d'Emeraude aux alentours de Saint-Malo), c'est un récit épuré et grave, voire âpre, j'aime cette ambiance.

Au niveau du dessin, j'aime moins, l'ensemble est un peu cassant, sec et peu attrayant, avec des décors superbes et très Bretons, mais avec des visages assez peu réussis, voire laids surtout sur les hommes ; ça donne un style néanmoins à la bande qui accentue sa bretonnitude, et je finis par l'accepter plus ou moins. Au final, une belle épopée, mélancolique et pleine d'amertume, faut adhérer, c'est peut-être pas si facile...

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 121 Page Suivante Page suivante 

www.bdtheque.com - Contact - Ce site nécessite l'utilisation de cookies - Flux RSS
Lien destiné au référencement du site : Liste des séries BD de BD-Theque