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... a posté 254 avis et 37 séries (Note moyenne: 3.12)

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Nom série  L'Empereur-Océan  posté le 27/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une BD qui m'a très agréablement surpris !
Le graphisme à priori banal, voire me semblant au premier abord un peu gras, m'a finalement extrêmement plu.
Très expressif, le découpage, les cadrages sont excellents et rendent cette série très vivante.
Les couleurs classiques se font discrètes et œuvrent avec efficacité.
J'aime beaucoup l'expressivité des personnages et le trait spécial de Baranko n'y est pas pour rien ; J'apprécie vraiment son style.

Le scénario est lui aussi surprenant, mélange de politique de fantastique, de mystique et de religion, l'ensemble aurait pu avoir beaucoup de mal à prendre tant cela semble disparate !
Et pourtant, la lecture est fluide, prenante même. Chaque pièce est bien dosée, nous apportant suffisamment de réponses et de questions pour nous donner continuellement envie de poursuivre la lecture.
Au fil des albums, Baranko nous fait entrer dans une nouvelle dimension en ajoutant plus de fantastique.
Le mystère que Baranko réussit à faire planer au dessus de bon nombre de personnages est extrêmement motivant dans le lecture.

Il est difficile de réellement parler de cette série tant son histoire, son contexte, son genre mêlent et emmêlent différentes trames et possibilités.

Une chose est sûre, le mélange est maitrisé et original !

La fin imaginée par Baranko est loin d'être linéaire et j'avoue qu'à chaque fois que je tournais une page je me demandais quelle surprise scénaristique allait survenir.

Je ne suis vraiment pas déçu d'avoir fait l'acquisition de cette série. L'univers graphique de Baranko, réaliste mais personnel est très plaisant, très expressif, et une mise en page et une composition maitrisée, tellement naturelle que l'on finit par l'oublier.

Le scénario original aurait pu partir dans du n'importe quoi, mais finalement, Baranko savait très bien où il allait et sait très bien comment nous y amener.

L'empereur Océan est mort, vive l'empereur ! Mais dans quelle vie ?

Nom série  Asterios Polyp  posté le 09/07/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alors, non, ne vous trompez pas sur ma note.
En fait, cette BD est peut-être la première pour laquelle ma note ne reflète pas vraiment la passion ou l'intérêt que je porte réellement à cette œuvre.

J'ai attendu plus de deux mois avant de me décider à écrire cet avis en me demandant comment j'allais bien pouvoir m'en sortir entre mon avis objectif et mon avis subjectif.

Car, Astérios Polyp a été loin de créer en moi un élan de passion et d'intérêt qui m'aurait fait lire ce roman graphique sans possibilité de sortir ma tête de ses pages.
Si je me base sur le scénario, en fait, je me suis un peu ennuyé. L’histoire en elle même est à mon sens relativement banale. Une histoire d'amour qui tourne mal. Un homme égoïste, égocentriste, un peu trop sûr de toute sa théorie qu'il maitrise sur le bout des doigts. Un homme tellement inspiré par lui même qu'il a du mal à connaitre et reconnaître d'autres que lui. Comment dans tout cela, aurait-il pu trouver l'amour.
Alors forcément quand celui-ci frappe à sa porte, cet amour est son exact opposé. Son amie est instinctive, expérimentale, sentimentale, jouant de ses émotions et sentiments pour construire sa vie et son métier.
Jusqu'au jour où forcément cela ne colle plus et qu'Astérios se retrouve seul.

C'est à ce moment de sa vie que nous le retrouvons. Et c'est par flashback que nous apprendrons alors les détails de ce que je viens de raconter.

Bref, une histoire d'amour comme il y en a beaucoup.

En fait, Astérios Polyp, ce n'est pas l'histoire qui nous intéresse. C’est le sujet et c'est sa construction. Astérios Polyp, ce n'est pas une histoire, c'est une œuvre graphique à part entière, presque poussée dans certains de ces derniers retranchements.
Astérios Polyp, ce n'est pas le développement d'une histoire, c'est le développement d'un visuel et d’une réflexion. Rarement, une BD aura aussi bien porté la définition de roman GRAPHIQUE.

Je reviens donc sur le scénario qui par sa banalité première et quelque peu ennuyeuse, propose en revanche un découpage excellent. Le parallélisme de sa vie actuelle et passée est maitrisé de belle manière. A aucun moment je n'ai eu l'impression de manquer d'information et à aucun moment je n'ai eu l'impression d'avoir trop d'information ou d'information inutile. Le scénario, pour simpliste qu'il semble, est parfaitement maitrisé, pensé, conçu et rendu.

Mais le plus impressionnant encore est le dessin en lui-même et les inventions graphiques de David Mazzuchelli.
Le plus évident quand on feuillette ces pages est l’utilisation de la couleur minimaliste. Deux couleurs par page, me semble-t-il, je ne sais plus exactement (comme je l’ai dit j’ai lu cet album il y a plus de 2 mois). Des couleurs que l’on n’oserait pas toujours marier ensemble, jaune et bleu, rouge et bleu… les couleurs étant associées au temps de la narration et aux personnages. Cette couleur donne une âme à cette BD et des repères spatio-temporels inattendus mais terriblement efficaces.
Et puis, le trait de Mazzuchelli,, faussement naïf est d’une créativité déconcertante. En fonction des états d’âme de ces personnages, le trait utilisé variera, plus anguleux, plus doux, plus conceptuel comme le trait froid d’un architecte, plus rond comme l’inspiration rêveuse d’une artiste sculpteur. Ce n’est que vers la fin de l’album que je me suis aperçu que la forme même des phylactères variait en fonction des personnages : carré pour Astérios, rond pour Fleur sa femme et d’autres encore que je vous laisse découvrir.
Astérios est d’une imagination, d’une création et conception graphique hors norme.
Je suis sûr d’être passé à coté de nombreux détails.

Allez, et puis malgré tout, Astérios ce sont aussi des rencontres et des personnages atypiques aux caractères surprenants, des dialogues ciselés reflétant la recherche et la mentalité des locuteurs. Derrière Astérios se cache une approche philosophique et idéologique plutôt fine et jamais rébarbative.

Voilà, Astérios, c’est tout cela et plus encore.

Une œuvre déroutante par son apparente simplicité et la richesse qui la compose : richesse graphique, richesse philosophique, richesse scénaristique (ben oui quoi, ce n’est pas parce que je n’aime pas qu’il n’y a rien).

Astérios c’est aussi une fin surprenante, à l’opposé de l’approche trop logique et de la pensée froide de son héros.
Ce clin d’œil cynique et ironique nous montre bien finalement que quoi qu’on en pense, notre destin n’est jamais vraiment dans nos mains et que le bonheur n’est pas là où on le pense.

Sur ce, je vais continuer à chercher, moi…

Nom série  Le Manoir des Murmures  posté le 07/01/2008 (dernière MAJ le 19/06/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les trois tomes lus, je ne modifie pas ma note.
L'avis suivant ne porte cependant que sur le tome1. Mais peut s'appliquer au t2.
Le T3, beaucoup plus porté sur l'action, clot de belle manière cette série, toujours avec un dessin magnifique qui vaut à lui seul le coup d'oeil.

Pour la petite histoire, David Munoz, n'en est pas à son coup d'essai en bande dessinée et il a même travaillé avec Guillermo Del Toro sur le scénario du film "L'échine du diable".
Sa dernière création que je viens de lire comme toute BD a du bon et du moins bon.

Ce qui m'a plu immédiatement dans le graphisme de cette BD ce sont les ambiances teintées de doute et d'angoisse dignes d'un bon "Alone in the dark", avec la neige, la nuit et le brouillard qui va bien. Les couleurs rendent parfaitement et nous plongeons facilement dans ce milieu hostile et inconnu où se cachent les bêtes. Et ça me coute de le dire puisque les couleurs sont 100% informatisées et qu'en général j'ai plutôt tendance à être 100% négatif sur l'emploi de cette technique quand elle me saute aux yeux comme ce fut le cas ici… La mise en page, le découpage sentent le travail cinématographique apporté par Munoz. Ce travail parfaitement maitrisé marie avec bonheur les deux mondes du cinéma et de la BD.
En revanche, le trait en lui-même est moins convaincant. D'inspiration manga là aussi croisée entre le manga et la BD plus classique le travail applique avec réussite les effets de mouvement rendant le dessin très dynamique. Là où je trouve que le bât blesse c'est au niveau de la restitution des visages qui m'a rebuté maintes fois notamment dans les expressions souvent trop froides et figées renforcées par une mise en couleur à ce niveau moins réussie du fait des plaquages informatiques manquant de grains et de vivants.

Pour le scénario, rien de nouveau. Les auteurs utilisent de nombreux filons déjà utilisés en les revisitant pourtant avec intelligence. La transformation des humains en ''lycanthropes'' suite à une expérience des nazis a déjà été vu dans Mens Magna et le mythe des vampires a déjà été usé jusqu'à la corde par de nombreux auteurs. Réussir à reprendre et faire revivre le mythe n'est donc pas chose aisée, mais ce premier tome dynamique est construit intelligemment.
Et c'est là sans doute que l'expérience cinématographique et scénaristique de Munoz prend le relai et propose une histoire rondement ficelée.
La vitesse à laquelle les évènements se basculent et s'enchainent m'a même laissé par moment me poser la question si je n'avais pas un one-shot entre les mains… Enormément d'informations sont lâchées maintenant notre intérêt du début à la fin. Arrivé à la dernière page, je me suis alors rendu compte que malgré cette avalanche d'informations, bien des points restaient à éclaircir et que ma patience allait être mise à l'épreuve en attendant le second volet !

Un très bon premier album qui demande cependant à confirmer pour le pas tomber dans les facilités et classicismes du style et des éléments invoqués et évoqués.

Nom série  Hector Umbra  posté le 14/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Étrange ouvrage que cette bête là ! Un petit OVNI qui survole la planète BD.
Cet album, cette intégrale est composée de 3 volumes. Bizarrerie éditoriale, seul le premier tome a été édité en France. Pour découvrir les 2 derniers albums, il est obligatoire de passer par l’intégrale.
Ensuite, cet album est édité au format 18x25. Petit format compact donc, mais bien pratique à prendre en main.
De plus, ce petit format ne nuit nullement au dessin et à sa visibilité.
Le dessin déjà parlons-en. Personnel, les premières pages sont surprenantes, mais j’ai rapidement accroché à ce style. Les personnages sont typés, très bien identifiables, les décors sont corrects. Mais au-delà, du trait, ceux sont les couleurs qui font mouche. Avec des couleurs parfaitement choisies pour chaque environnement, des couleurs qui mettent parfaitement en relief les éléments importants.
Le passage dans l’entre monde en est caractéristique.
Visuellement, le trait de Uli Oesterle est donc trait agréable, dans sa tendance a tout légèrement déformer.

Mais, le scénario tient aussi parfaitement la route. Attention hein, ce n’est pas une route toute droite, encore moins une autoroute ! Il s’agit plutôt de route de montagne, avec de jolis lacets nous menant parfois à droite parfois à gauche et passant souvent au dessus de précipices, et de multiples chemins en sous bois qui s’y l’on n’y prête gare, risquent fort de nous perdre en route !
Le scénario est donc bien déjanté. Notre monde serait en proie à une invasion silencieuse et invisible. Une sorte d’Extra terrestre (mais je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même leur origines exactes) est en train de prendre le contrôle de nos esprits. L’effet visible est la folie.
Notre héros, un jour se met à voir ces envahisseurs. Il n’aura alors de cesse de les combattre et de faire stopper l’invasion. Bien sûr, il est difficile de combattre des êtres que nous sommes seuls à voir. Il est d’autant plus difficile de ne pas passer pour fou quand on essaie de faire accepter à son entourage une telle situation. Il est difficile aussi de ne pas sombrer soi même dans la folie réconfortante.

Le scénario est très bien construit. De multiples fenêtres sont ouvertes tout au long de l’album par lesquelles, certains évènements seront expliqués ou amenés logiquement par la suite à qui aura su regarder au bon endroit et comprendre les signes avec du recul.
Les différents personnages évoluant autour d’Hector Umbra ont tous leur importance malgré le fait que certains sont introduits de manière pratiquement anodine voire insignifiante.
L’introduction de cet album avec le passage dans le bar et le pote qui part en est un parfait exemple rapide à trouver dans la BD. Si je n’avais vraiment pas saisi la portée de ce passage à sa lecture, et que je m’étais même demander à quoi cela rimait, si ce n’était une introduction à la con vraiment ratée, ce n’est que de multiples pages plus loin que je faisais le lien avec le cours de l’histoire.
Le scénario va crescendo, augmentant progressivement l’implication du héros et l’énormité de l’apparente vérité ! En allant dans l’excès, l’auteur montre qu’il ne se prend vraiment pas au sérieux et l’explosion final est menée de fort belle manière.

Le scénario basé sur une analyse psychiatrique de notre cerveau (mais attention hein, rien de sérieux !!!) est au final pour moi un excellent moment de lecture qui demande au lecteur une bonne concentration et un certain effort pour rentrer dans le délire de l’auteur.
Du moment que j’ai franchi ce pas, j’ai eu beaucoup de mal à ne pas lire cette BD d’une traite. Ce n’est que mon bus arrivant à son terminal (heureusement pour moi !) qui me permettait de décrocher et de revenir à la réalité.

Nom série  DareDevil - Guerre et amour  posté le 07/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je découvre ou plutôt redécouvre Daredevil dans cet album qui m'a emmené loin des sentiers battus et de mes classiques en matière de comics.

La plus grosse connaissance que j'ai du casse-cou s'est faite par le biais du film sorti en 2003...C'est dire mon niveau !

autant le dire tout de suite, cet album n'a rien à voir avec ce que j'attendais. Ceci explique aussi surement en partie pourquoi j'ai autant aimé cet album. Etre pris au dépourvu et se faire emporter sans pouvoir lutter est une sensation agréable.

le scénario n'a rien de très dynamique ; pas de grande bataille, pas de conflit, pas de bagarre. L'opposition ici se fait à distance entre Daredevil et le caïd.
Très peu de dialogues, mais beaucoup de voix-off nous faisant rentrer dans les pensées intimes des personnages. Du coup, les plus sombres pensées peuvent nous être livrées, nous emmenant sur des sentiers glissants, surtout par l'entremise de l'homme de main du caïd, drogué à mort, avec une tête effrayante, son affection pour une femme tourne à l'obsession, et avec Daredevil, il y a de fortes chances que cela soit une obsession mortelle...
C'est donc un drame auquel nous avons à faire, un drame plus psychologique que physique. Toute la violence est psychologique, les rares moments "physiques", finalement, deviennent banals et seules les pensées qui nous sont livrées prennent de l'ampleur.
Un scénario livré de main de maitre.

Ce scénario noir est porté par le dessin et les couleurs magnifiques de Sienkiewicz. Là encore, rien à voir avec les comics des années 70-80 en ligne claire et aux couleurs criardes. ici, le dessin est encore plus sombre, plus torturé que la santé mentale des personnages. D'une parfaite lisibilité malgré le style assez brut, la maitrise de son art est un plaisir pour les yeux.

Les 2 auteurs se sont parfaitement trouvés et parfaitement compris. Le travail final, pour ma part aux antipodes de mes connaissances des comics, est une découverte que tout le monde devrait expérimenter.

Nom série  Apprenti, Mémoires d'avant-guerre  posté le 16/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'apprenti est une belle BD. Une BD hors du temps. Ne cherchez pas d'intrigue, ce n'est pas l'idée ni le sujet. Cet album, un peu comme une histoire à la Pagnol, vise uniquement à nous faire découvrir un moment de vie, un morceau d'histoire et surtout des personnages ordinaires.
Bien contée, l'histoire devient intéressante, prenante, surprenante. On se laisse embarquer dans ces moments personnels et intimes, dans ces petits riens qui font toute une vie.
Bruno Loth raconte l'histoire de son père, Jacques. L'histoire d'une vie banale qui a tellement à dire. Jacques aurait pu faire des études brillantes, mais il décida de tout abandonner afin de devenir apprenti et de passer son C.A.P. sur un chantier naval.

Nous suivons donc 2 années de ses 16 ans à sa majorité, 2 années au final desquelles il sera affecté à la construction de ''l'indochinois''. Sa mise à l'eau coïncidera avec la fin de son apprentissage et de cet album.

Nous découvrons l'histoire de vies. La vie à l'atelier, dure, surtout quand on est apprenti, injuste, mal payée. La vie avec les copains adolescents et les balades des Week-End. La vie politique avec sous-jacent, l'arrivée d'Hitler à la tête de L'Allemagne, la montée de la crise en Espagne, l'arrivée de Leon Blum au pouvoir en France. Une vie sociale avec la semaine des 40 heures, et 2 semaines de congés annuels. La vie d'un homme et la découverte de l'amour...
Des banalités dirait-on, mais Bruno Loth sait nous captiver par un récit continu, un flot tranquille d'informations qui nous rappelle le bon vieux temps.
Bruno Loth nous raconte cette histoire sans parti pris, d'un œil relativement neutre, subjectif.
Comme disait Raymond Devos, une fois rien, c'est rien, mais trois fois rien c'est déjà quelque chose. Alors imaginez une foule de riens mis bout à bout dans cet album !

Le dessin a aussi sa part dans l'aspect nostalgique de cet ouvrage. Tout d'abord des couleurs dans les tons dégradés du bleus, pour éviter le noir et blanc ? Mais qui du coup nous ramène dans ces années où la couleurs n'existaient pas. Parfois au milieu de ce bleu, une pointe de couleur fait ressortir un détail, une personne et donne du relief alors à point de cet belle histoire.
Le trait très personnel est clair, lisible, aéré. La mise en page très sage laisse la part belle à un découpage efficace.

Voilà un album atypique mais qui a su sans conteste me séduire.

Nom série  Les Mysteres du Meurtre  posté le 15/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'aime mes amis qui me prêtent des BDs
Je peux leur faire confiance pour découvrir des albums surprenants !

Celui là ne déroge pas à la règle et si mes sentiments sont mitigés, c'est plutôt pour des bonnes raisons.

Je commencerai par le dessin, qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais qui fait son office. Les personnages sont reconnaissables, même si les visages manquent de précision. Le trait est assez clair, manquant un peu de détails, mais l'essentiel y est et cela suffit à une bonne compréhension des lieux et des situations.
Seules les couleurs déçoivent réellement. Un peu ternes, ou au contraire trop flashy, il manque un juste milieu. J'ai trouvé que le graphisme s'approchait plus des comics des années 80 que du dynamisme et du style actuel. De plus, heureusement un moment que la voix off annonce qu'il fait nuit, parce que les couleurs n'avaient pas changé par rapport au jour et le ciel était encore bleu... Bref, un manque de précision et de cohérence, ma foi pas si gênant car là n'est pas le plus crucial de cet album.

Non, l'important est indéniablement le scénario qui nous plonge au milieu des arcanes supérieures et de la création de l'univers en particulier.
Si le scénario commence de manière classique presque trop classique, dès l'apparition de Raguel, l'ange vengeur de Dieu, le scénario décolle et prend une tournure beaucoup plus originale et il est alors difficile de lâcher la BD.
Nous nous plongeons au cœur de la création du monde avec une vision nouvelle de périodes où la terre et les hommes n'existaient même pas encore en pensée, où Dieu et ses anges travaillaient toujours sur les concepts et les sentiments...
Nous découvrons le premier crime de l'Histoire, celui de Carasel Ange créateur.
J'ai beaucoup aimé l'ambiance instaurée, la vision de l'auteur sur la création du monde. En plaçant son scénario avant la création de la Terre et même de l'Univers, il aborde une période qui n'est à ma connaissance pas développée dans les livres sacrés que sont la Torah, la Bible ou le Coran. Je sais que dedans on commence à partir du Big Bang, mais là, dans cette BD j'ai l'impression que l'on est même dans une période antérieure...
L'auteur même, réussit à respecter d'assez belle manière les concepts religieux en donnant une vision pourtant très personnelle et vraiment en marchant sur un fil pour ne pas donner dans le sacrilège. La fin de l'enquête céleste surprenante me conforte dans ma pensée et donne réellement la force à cette bande dessinée.
Le retour à la réalité donne un écho au début classique du scénario.
Le développement intermédiaire permet pourtant de rajouter une touche mystérieuse et légèrement mélancolique qui fait refermer cet album avec regret.

Grâce à son originalité, je décide sur le fil de mettre 4 étoiles.

Nom série  Ma vie posthume  posté le 25/04/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Passant dans une grande surface et ayant quelques temps à tuer, je m'approchais du rayon BD. Mon regard fut rapidement attiré par cette couverture et ses couleurs particulières, à cette ambiance Tim Burton qui émanait de ce miroir et de la composition générale.
Saisissant l'ouvrage, je l'ouvrais et le reposais pratiquement dans la foulée.
La mise en page est simplement rebutante.
Un découpage principal en 3 lignes 4 colonnes, sans grande recherche et des couleurs qui, si sur la couverture aguichent le passant qui passe, rendent la première impression finalement beaucoup trop terne.
Et puis, je me disais, qu'au moins, cet album dénote dans la production habituelle à la composition semblable au maquillage trop lourd cherchant à cacher un gros problème de fond.
Ici, ce n'est pas un foisonnement d'effets spéciaux qui font remonter le scénario. Donc, si les auteurs ont pris ce parti, c'est surement qu'ils étaient sûrs de ce qu'ils proposaient.
Je reprenais l'album en main et commençais la lecture.

Assez rapidement, je me suis laissé embarquer dans cette histoire bien étrange. Emma, une vieille dame veuve, vivant seule dans sa maison est assassinée. Seulement voilà, elle ne meurt pas vraiment et se réveille morte-vivante, une zombie...
Commence alors un long retour sur elle même sur son histoire personnelle. Nous découvrons alors sa vie, mais aussi la vie de sa ville, de son quartier et de ses habitants... A travers ces flashbacks, l'auteur nous donne en réalité toutes les clefs de l'enquête que le lecteur va devoir mener afin de comprendre qui est le Colonel Moutarde et quel est son mobile. Pourquoi cette vieille dame tranquille a-t-elle été abattue d'une balle en plein cœur ?
A coup de petites phrases pertinentes, parsemées d'un humour tirant sur l'humour so british, convenant parfaitement à cette personne âgée de bon aloi, d'un dessin laissant souvent libre cours à des cases sans dialogue mais se suffisant à elles-mêmes, l'histoire prend corps et nous embarque dans ce polar délirant.
Emma va devoir réussir à passer inaperçue, maintenant qu'elle ne dort plus, ne mange plus et que son teint a pris un méchant coup de vert morbide...
Les questions existentielles se succèdent aux questions plus terre à terre des raisons de sa mort.

Finalement, ma réticence de premier instant est bel et bien envolée. Le charisme sincère des personnages, la vie quelconque représentée de si belle manière grâce à ce graphisme si personnel ont su me charmer. Pour l’instant, je mets 4 petites étoiles en espérant sincèrement les voir confirmées dans le prochain tome.

Annoncée en 2 tomes, cette courte série mérite le coup d’œil avant qu'Emma ne perde un bras pour de bon !

Nom série  Noir Tango  posté le 05/04/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà une édition qui va surement susciter une scission au sein de la société.
Cet éditeur est quasi inconnu pour moi, mais je découvre coup sur coup, "Noir Tango", "Hector Humbra" et Whiteout et je suis impressionné par la qualité et l’originalité des œuvres !
Cet éditeur prend des risques apparemment et j’aimerais vraiment que cela paie pour lui. En tout cas, je vais suivre cela de plus près maintenant.

Cela dit, cet album comme je viens de le dire, sort des sentiers battus. Le scénariste nous livre un scénario rythmé aux pas du tango. Un album avec un fond axé sur la danse c’est rare. Prendre le tango, une danse pas si connue dans notre pays, c’est gonflé.
Le tango est une danse, physique et sensuelle, dans laquelle il faut serrer la partenaire sans la contraindre, la guider sans la brider. La partenaire alors en confiance peut se livrer et laisser exploser sa sensualité et sa grâce.
Cet aspect est très bien rendu tout au long des pages et pas seulement sur les pages purement Tango. Cette ambiance se reflète sur chaque page, chaque case. L’état d’esprit des personnages est baigné par cette danse et cela se voit dans leurs actes de tous les jours.
Miguel, l’antihéros, est un danseur merveilleux. Le meilleur en fait. C’est grâce à cela qu’il a su charmer la fille de Don Sendoval, le magnat local, tyrannique, omnipotent dans sa région.
Malheureusement pour Miguel, il vient des quartiers pauvres de la ville et sa relation avec sa belle famille est extrêmement tendue. D’ailleurs, lui, le bourlingueur, le voyageur, cela lui pèse de ne plus pouvoir partir, d’être retenu à terre auprès de son épouse qu’il délaisse pour tous les aspects qui ne sont pas liés au Tango.
Son épouse, elle, se languit de son mari qui n’apparait qu’à de trop rares occasions, lors des milonga, ces bals dédiés au Tango. Leur union parfaite est alors consommée sur les parquets et s’exprime au travers de la danse sous les yeux ébahis des spectateurs.

Cet album transmet cet amour de la danse, nous montre que la danse est universelle et touche toute les classes. Cet album nous montre aussi, que malheureusement, la lutte des classes et les oppositions sont aussi universelles.

Le scénario a été conçu au rythme du Tango, les mentalités des personnages sont calquées dessus. Surement caricatural, nous avons le danseur magnifique, mais macho.
Nous avons la belle magnifique, délaissée, mais soumise à son partenaire.
Le papa de la belle, fort, riche et franchement pas heureux de son gendre.
Le frère de la belle, hyper protecteur et franchement pas heureux de son beau-frère qui rend sa sœur triste.
Nous avons l’ensemble de la classe riche qui s’oppose à l’ensemble de la classe pauvre.

Il y a du Roméo et Juliette à dedans, il y a du Coppola là dedans, les codes de la tragédie amoureuse ne sont pas mon fort, mais quand je compare aux grands classiques, les ressemblances sont là.

Mais j’ai bien aimé cette opposition de style dans le fond et la forme, j’ai bien aimé ce macho rêveur qui aime aller au bord de la mère et rêver de partir vers d’autres horizons. Il y a de la poésie dans cet album, il y a de l’amour et il y a aussi de la haine.

Ce serait trop simple si l’histoire s’arrêtait là, nous avons donc comme dans toute bonne tragédie, de la tragédie. Avec des morts, des batailles rangées, des traitrises et des trahisons, de l’amour et de l’adultère.

On ne peut pas dire que le rythme soit haletant, mais le rythme est là, lancinant comme un air de Tango. J’ai aimé ce faux rythme qui nous emmène dans une belle histoire au contexte original.

Et j’en viens enfin à ce dessin lui aussi d’une originalité collant parfaitement à l’ambiance du scénario. En ouvrant l’album, j’ai failli le reposer cash. Le dessin est unique. Le trait sort des chemins battus et il m’a fallu un bon coup de volonté pour sauter le pas et rentrer dans cet album. Finalement, le mariage du dessin et du scénario est si bon que je me demande si autre chose pouvait être créer pour cette histoire.
Le trait est tout en rondeur, étiré, exagéré, déformé. Je suis nul en peinture, mais je suis sûr que l’auteur s’est inspiré de peintres célèbres. Ou en tout cas, son trait est tellement artistique que cela me semble évident. Je ne sais pas d’où sort Philibert, mais c’est un artiste, un vrai.
Les corps s’adaptent au message transmis, les corps se tordent au son du Tango, le mariage entre le dessin et la musique transpire de chaque case.
Personnellement, j’ai vraiment aimé, mais je comprendrai parfaitement que d’autres ne s’y fasse pas.
Je pourrais juste reprocher que malgré tout, les personnages ne sont parfois pas assez différenciés et que surtout sur la fin de l’album j’ai du revenir légèrement en arrière, comparer certaines cases afin de m’assurer des personnages en présence.

Enfin, la fin est elle aussi originale et belle. Un album qui se tient donc de bout en bout.

Noir tango c’est un album scénarisé, pensé, dessiné autour du tango. Son esprit, sa sensualité, son opposition hante chaque page de cet album. C’est un album au concept complètement personnel et qui s’assume.

Brillant.

Nom série  Aurore (Soleil)  posté le 04/04/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Petit aparté pour commencer concernant la qualité de l'ouvrage. La couverture est de toute beauté. Le cadre rouge que vous voyez est mat, alors, que la forêt centrale est brillante. A première vue, j'ai cru qu'il y avait vraiment du relief ! Cette couverture donne une vraie impression de profondeur et on a envie de plonger par cette porte ouverte sur un autre monde. L'intérieur est tout aussi agréable avec des pages au papier épais sentant bon la qualité et au grain agréable sous les doigts. En gros, ça n'a pas l'apparence de Soleil, ça n'a pas l'odeur de Soleil, ça n'a pas la qualité de Soleil et pourtant, c'est bien sorti de chez Soleil Productions.

Je l'ai lu 2 fois pour être sûr de ce que j'allais écrire car malgré ma note élevée, j'ai longtemps hésité car je n'étais pas sûr de ce que j'avais compris et du message qui voulait potentiellement être transmis.

Alors, la première fois que j'ai lu cet album, j'ai immédiatement été charmé, conquis par le dessin d'Enrique Fernandez. Son trait est magnifique, graphique, hyper personnel, enchanteur, que du bonheur. Sa créativité et son univers sont réellement merveilleux et collent parfaitement au conte que nous avons entre les mains, à cette ambiance magique, poétique, légèrement onirique, quelque peu mystique qui baigne chaque page.
Mais sûrement cela ne serait rien sans des couleurs fabuleuses, toutes en contraste, en luminosité, en nuance. Ces couleurs posent les ambiances de manière magnifique. Chaque lieu prend vie et possède sa propre aura. C'est simplement superbe.
L'ensemble joue pleinement aussi sur l'humeur, sur les sensations transmises. Le dessin a son rôle propre dans la compréhension de l'histoire. Vokko, notamment personnage intriguant, sorte de méchant loup d'apparence, est finalement plutôt sage dans son comportement et sert de tuteur à Aurore. Le dessin et la couleur sont généralement assez neutres pour le représenter. En revanche, lors de l'une de ses interventions contre l'homme oiseau, sa représentation est terrifiante et pourtant tellement simple ! Une maitrise et une utilisation parfaite de l'outil graphique.

Le scénario en revanche est la partie qui m'a laissé le plus dubitatif. Tout d'abord, cette péronnelle m'a paru assez agaçante avec ses airs de "je n'en ai rien à faire de ce qui m'arrive, de ce qui arrive aux autres et puis de toute façon je ne comprends rien, je ne sais rien et je ne sais rien faire".
De plus, arrivant à la dernière page, je me suis posé des questions et je n'arrivais pas à trouver de réponse appropriée. Posant quelques questions sur les forums, je me suis rendu compte que, de toute évidence, cela n'était pas si évident même aux autres lecteurs puisque les réponses restaient somme toute évasives.

Alors, j'ai pris mon temps, j'ai laissé un peu d'eau couler sous les ponts pour essayer de reprendre cette lecture avec une vision neuve et objective.

La deuxième fois que j'ai lu cet album, j'ai immédiatement été charmé, conquis par le dessin d'Enrique Fernandez. Son trait est magnifique, graphique, hyper personnel, enchanteur, que du bonheur...Je me répète ? Sûrement parce que j'ai eu strictement le même bonheur que lors de ma première lecture à redécouvrir visuellement cet album. Je me demande même si je ne l'aurais pas encore apprécié plus. Si c'est possible.

Et coté scénario, j'ai pris cet album de manière plus détachée, sachant que le contenu était avant tout très poétique. J'ai essayé de vivre cet album comme un rêve, découvrant ce monde entre les mondes comme Aurore le fait. C'est à dire, arrivant de nulle part, ayant oublié son passé, ayant oublié qui je suis et d'où je viens, ne sachant comme un nouveau-né rien des sentiments et des êtres qui m'entourent.
Partant de ce constat, il devient plus évident qu'Aurore agit assez logiquement. Contrainte à écrire une chanson pour des personnes qu'elle ne connait pas et pour qui elle n'éprouve rien, on se buterait pour moins.
Son initiation va donc lui permettre par un voyage rapide lui faire rencontrer les êtres fabuleux qui peuplent l'entre deux monde. Ces êtres que les humains devraient vénérer mais qu'ils ont oubliés voire pire, salis.
Alors, oui, c'est rapide, mais pas illogique et cela permet de donner du rythme à cette promenade forcée.
La découverte et la leçon de morale passent vraiment bien, d'autant plus qu'elles restent légère et réaliste. Une petite leçon d'écologie et de religion qui fait plutôt du bien par les temps qui courent. Sans croyance, sans racine, l'homme perd ses repères, n'a plus la notion de sacrifice, n'a plus la notion de courage et d'abnégation et mène son peuple à sa perte.

Mais surtout, la fin est superbe, grandiose, de toute beauté, surprenante.
Je ne sais comment décrire cette fin sans l'expliquer complètement. On y trouvera la morale, ou pas, que l'on veut, personnellement, j'ai complètement occulté cet aspect pour n'en garder que la magie du conte poétique qui nous est offert.
Splendide.

Le mieux sûrement est encore que vous la découvriez par vous même !

Nom série  Sept Dragons  posté le 30/03/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Premier album de la série 7 que j'ouvre. Alors première surprise, pour une série initialement prévue en 7 tomes comportant des albums avec chacun 7 personnages, on en est déjà au tome 12..(“7 récits, 7 missions à haut risque, 7 équipes de 7 hommes décidés à réussir !” 7 scénaristes et 7 dessinateurs ont relevé le défi lancé par David Chauvel.)
Jusqu'à présent j'avoue n'avoir jamais été vraiment attiré par le concept ni par les histoires. Allez savoir pourquoi...
Et puis, là, un truc sur des dragons et une couverture dominée par ces yeux malveillants ont finalement eu raison de ma résistance injustifiée.
Alors, moi j'aime bien les dragons. Petit, j'adorais regarder les albums d'illustration concernant ces mignonnes bêbêtes. Du coup, je suis plutôt difficile avec les histoires les mettant en scène.
Je vous l'avoue tout de go, et vous l'aurez vu dans ma note, j'ai vraiment aimé cette histoire et j'ai vraiment aimé les dessins et la mise à l'honneur qu'il est fait de ces animaux légendaires.

7 hommes aux talents aussi variés qu'extraordinaire s'unissent dans l'adversité afin de lutter contre les dragons. Contre 7 dragons pour rester dans le sujet de la série.

Dragons asiatique, dragon hydre, dragon des mers, dragon de pierre, dragon de feu...et Dragon père des dragons ; Et surement un autre, puisque cela ne fait que 6. Le dessinateur réussit à restituer chaque être légendaire avec sa personnalité et ses caractéristiques propres. Il réussit à leur donner vie et mouvement et le dessin les met agréablement en valeur, pour moi qui aime les regarder.
Mais si j'ai regardé les dragons, j'ai aussi jeté un oeil au reste et en fait, tout est du même acabit. Les personnages sont bien typés, bien dessinés, bien différenciés. Ils ont chacun une vraie histoire et une vraie utilité.
Les décors sont soignés, et nous voyageons pourtant dans de nombreuses contrées différentes. Que ce soit la terre, la glace ou encore la mer, chaque environnement est rendu avec élégance et pertinence.
le trait de Sylvain Guinebaud est élégant, précis et racé.
Et évidemment, le trait ne serait rien sans une mise en couleur ad hoc. Variées, nuancées, elles apportent une vraie contribution à la réussite de cet album.

L'histoire tourne principalement autour de 2 frères, héritier du trône. L'un est sage et roi, l'autre est fougueux et irréfléchi. Un peu caricatural, trouvez vous ? C'est là où l'histoire devient intelligente. Les relations humaines entre ces frères, avec leur père, sont d'une belle complexité. Plus nous progressons dans cette histoire et plus découvrons les dessous d'une histoire fort intéressante. Le développement de cette histoire se fait par le biais des personnages secondaires, des 5 autres compagnons, dont le passé et la raison d'être sont habilement distillés à chaque moment clef de l'histoire.
Et puis, nous arrivons à la fin de cette histoire et après un développement déjà extrêmement dense et bien mené, les auteurs nous livre leur plus belle surprise et une fin de fière allure.

Alors, certes, une fois encore, certains pourront prétendre que tout cela est du déjà vu, et que nous n'avons ici qu'une nouvelle version de toutes ces mythologies. Je ne suis pas d'accord, ou même si je l'étais, la qualité du scénario, de la psychologie des personnages, de la trame et de la conclusion, la qualité du dessin et de la couleur, justifient largement à mes yeux de se pencher sur ce nouvel opus de "Sept".

Nom série  Astéroïde hurlant  posté le 06/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un bel album pour qui aime la science fiction.
Jodorowski, que je ne présenterai plus, se livre ici comme il l’indique lui-même à un exercice de style qui est une grande première pour lui : fournir des mini récits, lui qui est habitué aux sagas se déroulant sur plusieurs tomes…
Ces histoires publiées indépendamment dans divers numéros de la revue "métal hurlant" lors de sa renaissance n’ont d’autre point commun qu’un astéroïde hurlant passant auprès d’une planète et influençant l’avenir d’un être. Le hurlement de cet astéroïde correspond aux ondes qu’il émet lors de son voyage intersidéral, lui seul vestige d’un être supérieur ayant un jour animé et dominé une planète aujourd’hui morte.
Nous avons donc droit à 11 essais de science fiction, avec 12 dessinateurs différents. Au-delà de la classique possibilité de comparer les styles de chaque auteur, j’ai été fortement surpris finalement, malgré une grande diversité de la cohésion de l’œuvre. Passer d’une histoire à l’autre est aisé, le changement de style entre chaque se fait naturellement tant chacune d’elle montre une grande qualité. Chacun des artistes a un vrai talent et je ne pourrais pas en choisir un plus qu’un autre. Les traits de crayons et les couleurs sont toutes intéressantes et collent parfaitement à l’univers de la nouvelle. Jodorowski d’ailleurs nous indique bien qu’il a essayé de créer des scénarios en se basant sur les forces et faiblesses de chaque dessinateur. Pari réussi de belle manière.

Ensuite, au-delà du dessin, il y a les histoires elles même. En à peine 10 pages pour chaque histoire, Jodorowski réussit pourtant à chaque fois à nous emmener dans ses univers. Sans fioriture, sans perte de temps dans des introductions à rallonge, son talent de conteur fait mouche et permet d’avoir des histoires rapides mais se suffisant parfaitement à elles mêmes.
Chaque histoire est bien distincte des autres, car le seul lien est l’apparition de l’astre errant dans le ciel de la planète incriminée. Après, les planètes, les personnages et les destins sont parfaitement variés et attachants.
Je note cependant 2 choses particulières :
* « les larmes d’or », se passant dans un univers très très proche du notre m’a le plus touché par son interprétation de la réalité exacerbée qui touche au cynisme le plus magistral.
* L’histoire dessinée par Ciruello, ne fait pas apparaitre l’astéroïde hurlant et de fait, le scénario ne met pas en avant un quelconque changement de destin, mais une destinée somme toute apparemment logique et déjà programmée. Petite erreur et exception donc au fil rouge de cet album.

Pour finir, chaque histoire possède une page d’introduction présentation le thème abordé par Jodorowski, ainsi qu’une courte bio du dessinateur. Sympathique car cela donne encore plus de liant à l’œuvre.

Un album indéniablement à découvrir pour qui en aura la chance.

Nom série  Willow place  posté le 02/01/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alors que je n’attendais pas grand-chose de cet album, j’avoue avoir été agréablement surpris par le résultat.
En feuilletant les pages, le dessin m’est initialement apparu comme agréable mais à tendance quelconque. Je le confirme après lecture .
Attention, je ne dis pas qu’il est mauvais, loin de là, mais le style n’est pas exceptionnel. Le trait est parfois un peu trop épais et l’ensemble manque parfois de précision mais le coup de crayon présente de jolies rondeurs et une belle souplesse qui laissent transparaitre le caractère féminin qui tenait le pinceau.
Le découpage classique est maitrisé et le storyboard est de bonne facture, offrant une compréhension aisée de l’action en cours.
Les couleurs en revanche sont franchement belles et agrémentent de belle manière le dessin. Elles posent les ambiances d’un Londres victorien de belle manière ;
Le résultat final du coup, sans être exceptionnel, tire allègrement son épingle du jeu et donne un style personnel à l’ouvrage extrêmement lisible.
Le trait et les couleurs m’ont rappelé le dessin de « Les Arcanes du Midi-Minuit ».

Le lettrage utilisé, qui a été réalisé à l’ordinateur est initialement surprenant. Il est parfois bien petit afin de faire rentrer les longs textes qui sont parfois utilisés afin de porter l’histoire. Si je n’ai pas été prendre de loupe, je ne gage pas néanmoins que certains lecteurs à la vue déclinante n'y soient pas contraints !
Heureusement que la police de caractères choisie, si elle représente bien le type d’écriture de l’époque reste claire et lisible.

Le scénario est celui qui m’a le plus surpris.
Ce OneShot propose une base assez classique de spiritisme, de possession et de parchemin mystérieux. Compromis entre Sherlock Holmes et Lovecraft, le mélange est bien fait.
L’avantage d’un OneShot, forcément, c’est que l’on ne perd pas de temps à rentrer dans l’action. Les personnages sont introduits de manière rapide et intelligente et le déroulement de l’action ne demande pas de temps mort. Cela donne un tome vif et entrainant qui se lit avec entrain. Alors, une fois de plus, l’originalité n’est pas la première clef de la qualité de cet album, mais le scénario tient la route, propose de belles parts de mystère, de l’action, des rebondissements…

Les dialogues sont eux aussi de bon aloi, présentant suffisamment de personnalité pour nous transporter à la fin du XIX siècle, sans alourdir la lecture.

La petite amie d’Arthur Conan Doyle amène la touche de grâce, de sensualité et de questionnement dans cet univers très masculin. C’est d’ailleurs elle que les auteurs ont décidé de mettre en couverture, preuve de la place qu’elle prend rapidement dans l’histoire.
La fin de cette histoire, si elle trouve un dénouement complet permettant à ce tome de se suffire à lui-même, me laisse ainsi légèrement frustré de ne pas pouvoir retrouver les héros dans un autre album.
Il y avait du potentiel à cette série, notamment le développement du personnage de Cate, dont de fait on ne connaitra jamais le fin mot de son histoire…
Cette frustration a du bon, marquant l’intérêt que provoquent ces personnages par leurs caractères et leur traitement réussis.

Je rejoins ainsi l’avis de Fonc001 qui regrettait que ceci ne soit finalement qu’un OneShot.

Nom série  Dômu - Rêves d'enfants  posté le 16/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Afin de ne pas être taxé de chauvin indécrottable je m'en vais critiquer une BD nippone pour une fois...
Et quelle BD, pardon, quel Manga !

Dans une cité dortoir, des suicidés mystérieux conduits par un instinct que personne ne prévoit, sauf le fantôme...et ses rêves d'enfants.
Ca fait mystérieux n'est-ce pas ? Moi, ça m'a englouti.

Je pourrais tout résumer en un seul mot : Fabuleux, mais j'ai peur que ça fasse somme toute un peu léger.

J'avais déjà lu Akira avant de m'attaquer à ce manga. Certes il y a des similitudes, mais baste !, le scénario nous happe sans prévenir et malgré les légères incohérences déjà mentionnées, l'arrivée progressive du fantastique finit par l'emporter et à presque tout expliquer.

Le graphisme est vraiment, vraiment impressionnant. Un sens du détail et surtout des angles de vues, des cadrages de folie. Le rendu du dessin est absolument renversant et je m'accorde avec moi même pour dire que l'ajout de couleur serait complètement superflu.

Ce one shot, mesdames messieurs est LA preuve de la qualité que peut atteindre le manga.
Les franchies et belgies n'ont qu'à bien s'accrocher.

Nom série  80 jours  posté le 02/11/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
En commençant la lecture et après avoir compris le synopsis général, je me suis immédiatement rappelé de l’excellent film de David Fincher « L'Etrange histoire de Benjamin Button ». Après une rapide vérification je me suis alors aperçu que "80 jours" était sorti 3 ans avant le film…Bref, difficile de parler de manque d’inspiration de la part de Nicolas Vadot et Olivier Guéret.
Les premières pages je dois l’avouer sont assez rebutantes. Un dessin gribouillé dans des tons verdâtres moches, sombres (selon mon jugement !) et un dessin somme toute assez peu lisible, mais je dois néanmoins avouer faisant preuve d’une certaine personnalité qui m’a poussé à continuer la lecture sans arrêter mon jugement à ces premières feuilles.
Grand bien m’en a pris car rapidement, le dessin change de manière assez surprenante. Les couleurs s’éclaircissent, le trait se précise, s’illumine. Bien que toujours dans un style assez brut, crayonné parfois de manière assez grossière, le dessin est original et personnel. Le trait est précis et le crayonné fini par disparaitre au profit de l’aspect général clair et accessible. Avec de bonnes compositions et des couleurs agréables, nous pouvons nous concentrer alors, sur l’histoire.

Etrange histoire en fait. Un homme venant de fêter ses 80 ans, ne pouvant plus se lever, voué à finir ses jours allongé sans reposer le pied à terre se met alors à rajeunir d’un an par jour écouler par la bonne grâce et la présence de son aide soignante à domicile.
Commence alors un terrible compte à rebours qui donne logiquement 80 jours de vie restant avant l’ultime destinée…
L’histoire commence alors avec une re-naissance celle d’un homme qui se redécouvre et redécouvre les plaisir de la vie. Se lever, marcher, oublier ses douleurs…Vivre.
Cette chance qui lui est donner de revivre une vie accélérée lui fera repenser, ressasser sa première vie, celle qui l’a vu vieillir, perdre sa femme…L’homme se mettra à apprécier chaque jour comme si c’était celui qu’il aurait dû vivre à cet âge.
Rapidement, certaines réflexions pertinentes viennent apporter un brin de philosophie et de poésie à cette œuvre.
A plusieurs reprises cela a fait mouche avec moi et a remué certaines émotions du père et du mari que je suis, approchant la quarantaine ; Cet âge que l’on dit prompt à une certaine crise d’identité ; A une remise en cause de son passé et une lourde réflexion et crainte de son futur.

Ses liens avec son infirmière au fur et à mesure qu’il se rapproche du même âge deviennent plus ambigus, jusqu’à rajeunir, et provoquer une crise d’adolescence…jusqu’au dénouement final que je n’attendais pas, surprenant, intriguant et déclenchant d’inévitables questions sur le message que veut faire passer les auteurs. Cette fin en laissera surement certains dans un flou artistique pouvant agacer, de même que certaines métaphores (celle de la voiture en flamme) m’a longtemps fait me poser des questions sur son explication.

Au final, « 80 jours », au-delà d’un titre et d’une couverture peu accrocheuse, mérite vraiment le détour des lecteurs. Le sujet est traité de manière sobre et assez délicate sans apitoiement ni larmoiement excessif.
Je m’étais lancé dans sa lecture assez tard avant de me coucher en me disant que j’arrêterai en cours de route pour dormir, je n’ai pas réussi à éteindre avant d’en avoir fini la lecture.

Nom série  Les Belles Histoires de l'Oncle Alix  posté le 14/10/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est quoi ce truc ? 68 Mo pour un torchon ? Comment je fais moi avec ma connexion à 512Ko pour le récupérer ???
Une nuit de téléchargement, pour m’apercevoir au petit matin que mon chat a joué avec la prise téléphone et que ma connexion s’est coupée…Pfuuuu fait chier, je recommencerai quand il fera froid. Avec l’année à la con qu’on a, je ne suis même pas sûr de l’avoir avant Noël.
Et mon patron, qui ne veut pas que le proxy me laisse aller sur le blog récupérer le fichier en moins de 30 secondes…On n’est vraiment pas aidé.
Bon, ce n’est pas encore complètement le cas par chez moi, mais les températures ont malgré tout baissé et toujours est-il que cette nuit, par miracle, j’ai réussi à récupérer enfin le précieux bout de papier numérique.
Alors si mon patron ne veut pas que je le télécharge, tiens, je profiterai néanmoins de ma pause de midi et du matériel mis à ma disposition pour le lire. Niark, je suis démoniaque. Et j’ose même prendre 5 minutes de mon temps rémunéré pour rédiger mon avis. Je suis un vrai rebelle.
Attends, je ne sais plus de quoi je voulais parler ?!
Ah oui. Le Truc.
Certes, je n’ai sûrement pas tout saisi, bien qu’étant l’un des plus anciens posteurs de ce site, je ne suis pas forcément l’un des plus actifs, ni même participatifs. Mais franchement, on ne peut que féliciter les équipes pour le travail accompli.
Critiquer le dessin, les couleurs, le découpage, la mise en page ou l’intérêt du scénario, je ne vois pas l’intérêt : cet album va bien au-delà de ces considérations terre à terre.
C’est plus le message qu’il transmet qu’il faut regarder. Un peu comme une œuvre d’art qui ne représente rien de concret mais qui réussit malgré tout à transmettre des émotions.
L’émotion d’une bande de membres qui aiment un site internet suffisamment pour le lui dire. Combien de webmasters peuvent se targuer d’avoir reçu un tel cadeau public ? Ou même seulement UN cadeau ?
Cette BD est le signe à toute nouvelle personne venant sur le site marron qu’il y a une âme derrière ces pixels.
Même si vous ne connaissez pas l’histoire de BDtheque, même si vous ne connaissez pas les membres, lisez cette œuvre, vous comprendrez.

Nom série  Un hiver de glace  posté le 28/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà une bande dessinée comme j’aimerais en croiser plus souvent.
Plusieurs points ont fait que j’ai aimé cette bande dessinée.
Premièrement, la couverture, dans ses tons sépia, cette mise en page avec ces silhouettes filiformes énigmatiques. Je trouve cette couverture magnifique.
Ensuite, en ouvrant les pages, j’ai retrouvé la même qualité dans le dessin, la même finesse, la même bichromie, et un découpage qui de toute évidence était recherché. On sentait un travail de storyboard et de mise en place important. On sentait une ambiance se dégager de ces pages.
Il y a aussi la qualité du livre en lui-même. Un petit format aux pages épaisses respirant la qualité. A force d’habitude de manipuler des BD ‘’classiques’’ il m'est arrivé à plusieurs reprises de penser avoir tourné 2 pages tellement la sensation d’épaisseur dans le papier était surprenante.
Enfin, les 104 pages de cet album ‘petit format’ (18.6x26.1x1.4 cm) ne font pas chiche.

Et puis finalement, j’ai découvert lors de la lecture, le scénario et l’adaptation de qualité réalisée par Romain Renard (American seasons, The End - Jim Morrison)

Adaptation car cette BD est effectivement la mise en image personnelle du roman Winter’s Bone écrit par Daniel Woodrell. D’ailleurs, une adaptation du film a eu lieu sensiblement au même moment. Pour autant, alors que Romain Renard travaillait déjà sur sa BD, le film n’était toujours pas sorti. Du coup, selon ce que j’ai pu lire, car je n’ai pas vu le film, Romain Renard n’a subi aucune influence préalable et potentiellement préjudiciable à la personnalisation de son travail.

Ce roman est un vrai roman noir ; où l’ambiance joue un rôle prédominant ; où la psychologie des personnages contribue largement au succès de l’œuvre ; où l’atmosphère plantée par le décor participe à poser une chape étouffante et dérangeante.

Commençons par ce dernier point. L’histoire se déroule dans les monts Ozarks, zone perdue de l’Arkansas. Afin de mieux rendre compte de cette région, l’auteur y a séjourné quelques temps afin de s’imprégner des paysages et des habitants. A en croire le récit, si l’ambiance de cette région est aussi tordue que celle qui transpire au fil des pages, il est certain que cela ne me donne pas envie d’aller m’y balader…
L’ambiance de l’album montre une région relativement rurale, certainement pas épargnée par la rigueur hivernale. La neige, la pluie, le froid transpercent chacune des pages et des cases de cet album. Les tons sépia, plutôt marron pour l’extérieur et verdâtre pour l’intérieur ne participent pas à renvoyer une image colorée et gaie de la région. Au contraire, tout cela contribue merveilleusement à plomber un peu plus l’atmosphère.
Le découpage, la mise en page, sobres mais efficaces ajoutent encore à cette ambiance, avec des cases souvent étirées qui rajoutent à cette impression de confinement et de malaise.
De plus, Romain Renard a su donner de vraies gueules à ses personnages. Des gueules patibulaires mais peu s’en faut. Des gueules me rappelant certains des meilleurs westerns de Sergio Leone. Ces méchants aux faciès burinés et au regard effrayant et déjanté.
Bref, vous l’aurez compris, le trait fin et précis de l’album contribue surement grandement à ma bonne notation.
D’ailleurs, ces surement dans cette mise en image que le travail d’adaptation de Romain Renard a été le plus important. Et franchement, c’est du tout bon.

Et le scénario alors ? Et bien, quoique assez classique, c’est son traitement et une fois encore l’ambiance instaurée d’entrée de jeu qui fait toute la qualité de l’œuvre.
Ree Dolly est une jeune fille de 17 ans qui s’occupe seule de ses 2 jeunes frères et de sa mère qui a perdu la tête. Son père a été arrêté il y a quelques temps pour trafic de cocaïne. Libéré sous caution, il doit se présenter au tribunal afin d’être jugé. Cette caution a pu été versée car Jessup, le père de Ree, a hypothéqué sans prévenir sa maison et les quelques hectares de forêt appartenant à la famille.
Malheureusement, il a disparu et s’il ne se présente pas au tribunal en temps et en heure, l’hypothèque tombera, la maison et les terres saisies et toute la famille sera expulsée.
Il ne reste plus alors qu’à la courageuse Ree de partir à la recherche de son père afin de sauver sa famille. Malheureusement pour elle, l’Arkansas est vaste, les habitants peu avenants, voire carrément hostiles. Tout ce petit monde vivant plus ou moins secrètement de la fabrication de cocaïne, la première loi prévalant est celle du silence.
Ree comprendra rapidement que son père doit être mort et enterré quelque part. Ce n’est pas plus mal pour elle car, toutes les charges à son encontre seraient alors abandonnées et l’hypothèque abandonnée.
Malheureusement, dans cet univers froid et hargneux, délier les langues tient du miracle. La course perdue de Ree pour retrouver le cadavre de son père et ainsi prouver sa mort devient interminable et impitoyable.

L’histoire est tout en faux rythme, sans jamais vraiment exploser ni accélérer, sans jamais vraiment hausser le ton, ni la voix. Ce calme et ce silence imposé par les habitants se retrouve jusqu’au style de la narration qui retranscrit plutôt bien cette difficulté à avancer.
Et puis, finalement, au moment où je me disais que cela devenait long je me suis aperçu que j’étais à la fin et que le dénouement était là sous mes yeux. Comme quoi, ce scénario est parfaitement jugé, parfaitement chronométré nous trainant sur la route avec Ree sans nous lasser.
Un scénario millimétré à couper au couteau dans une nuit noire, glacée et brumeuse…
Une sorte de roadmovie, de polar stressant qui mérite le détour.

Nom série  Allez raconte  posté le 30/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici une mini-série pour les enfants comme on regrette de ne pas en avoir plus souvent. Bourrée d’humour, décalée, légèrement irrévérencieuse, déjantée, acadabrantesque, pleine de rebondissement, des monstres, des princesses, des monstrueuses princesses, des princesses monstres, et la réciproque aussi.
Trondheim fait une fois encore preuve d’un grand humour et d’une imagination débridée et fertile.
Le premier album ne présente qu’une seule histoire, et c’est son principal voir unique défaut (corrigé dans le tome 2).
Une seule histoire aussi tordue et complexe en 30 pages a de quoi finir par décourager les jeunes enfants. Pas facile de toujours rattraper tous les wagons. Et puis à cet âge là, difficile de capter l’attention plus de 10 minutes…

Sur les 2 tomes, on a l’impression que Trondheim est parti de rien pour arriver à un monument Egyptien. En gros, on ne sait pas comment il réussit à monter des scénarios qui tiennent debout aussi longtemps en voyant comment il a procédé. Ses scénarios partent dans tous les sens, répondant à l’imagination d’un papa pris au piège de l’histoire pour s’endormir aux enfants et les enfants justement qui ne s’en laissent pas conter et ont des idées déjà sacrément tranchées sur le déroulement des évènements.

Je ne sais pas comment Trondheim reste sur ses pieds, comment les scénarios avec tous les éléments loufoques et délirants réussissent à garder une telle logique, atterrissant toujours debout fiers comme un bar tabac. En tout cas, c’est bravo.
C’est toujours un régal de lire cela à mes enfants, la modernité de ces histoires à la morale légère mais présente, met une claque aux traditionnels contes de Perrault, de Grimm ou encore d’Andersen et leur rigueur dramatique et leur morale rébarbative. Alors que ces trois derniers n’incluaient pas beaucoup d’humour, là, ça déborde par toutes les 35 cases de chacune des 30 pages.
Ici, une pointe de crotte, de prout, de boue et d’irrévérence permet aux jeunes lecteurs forcément d’adhérer à ces histoires qui utilisent des termes souvent proscrit de leur vocabulaire. En dédramatisant tout cela avec le papa (surement plus à même de se lâcher sur ce sujet que la maman ;-) ), vous êtes sur de passer quelques bons moments de complicité avec votre marmaille.

Ah oui, vous aviez bien lu : oui, 35 cases par page !
Ça a de quoi vous dynamiser ou vous tuer une BD.
Ici Vive le dynamisme, car avec un dessin épuré et minimaliste, chaque case est parfaitement lisible et hyper accessible aux enfants qui ne se retrouvent qu’avec l’important et l’essentiel à assimiler. Par de grands décors perturbateurs que seuls les puristes apprécieront.
Ici, le dessin est parfaitement adapté au très jeune lectorat avec des couleurs franches et un trait simplicime et ultra efficace. Parrondo réussit parfaitement à adpater son style au public ciblé.

Ah oui, ce n’est pas conventionnel ; Ah non, on ne respecte pas toujours la morale lisse et policée des manuels scolaires…

Mais n’est ce pas là le but d’une bande dessinée ? Nous sortir de notre quotidien et nous permettre de s’évader et de s’imaginer parfois défiant notre carcan ?
But allégrement atteint avec cette BD.

Petite alerte néanmoins. A vous adultes qui pourriez vouloir lire cette BD en cachette et sans la faire partager à vos marmots, vous risquez d’être déçu. La construction, le vocabulaire, le graphisme risque de vous décevoir.

Je pense sincèrement que cette BD ne vaut que si elle est partagée avec ses enfants et ainsi partager un bon moment en famille.

Nom série  Les Gardiens du Maser  posté le 14/02/2011 (dernière MAJ le 22/02/2011) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Trilogie 1 :Note: 3/5
Voilà, je viens de terminer la première trilogie.
J’ai lu pour la première fois les premiers albums de cette série il y a plus de 6 ans.
Les traces dans mes souvenirs faisaient état d’un graphisme de premier plan mettant en place une ambiance et un univers magnifique. En revanche, pour ce qui est du scénario, j’avoue qu’en dehors d’un vague contexte post-apocalyptique, mon cerveau ne se souvenait de rien.

Trouvant les premiers tomes à pas chers je me suis donc jeté dessus (merci les forums BDTheque !). Et j’ai compris rapidement à la nouvelle lecture que mon cerveau était normal.

Le graphisme est effectivement incroyable. Le trait de Frazzeto est éblouissant de maitrise ! La vie qu’il réussit à donner à ses personnes et à son univers et presque sans égal. Il y a un dynamise dans son trait dans sa mise en page dans son cadrage vraiment incroyable. Les expressions de ses personnages sont superbement maitrisées.
Ses personnages ont des visages parfaitement identifiables, variés, typés.
La galerie de personnage est magnifique avec des protagonistes tous bien distincts les uns des autres, avec des traits et des expressions frôlant parfois la caricature, mais sachant habilement rester dans les limites du réel et garder ainsi un univers crédible et enjôleur.
Le monde n’est pas mal lui aussi. Immense, inconnu. Pas forcément très varié, mais la restitution des ambiances et les décors qui nous sont proposés sont parfaitement maitrisés et nous plongent parfaitement dans cette aventure. Rien que pour cela, j’ai vraiment envie de continuer à explorer cette série.
L’univers vestimentaire et technologique est recherché et accrocheur.
Les couleurs légèrement pastel, mais sans trop, sont d’une belle finesse et magnifient le trait fin et précis, détaillé mais pas trop de l’auteur.
Son univers prend vie de manière quasi magique.
Le graphisme vaut son pesant de superlatifs.

Le scénario pour sa part est de prime abord décevant. En fait non. Ce n’est pas le scénario qui est décevant, mais bien son traitement. Car le scénario pris en tant que tel donne envie. On se pourlèche les babines en découvrant cet univers, son background.
Les personnages sont plein de vie, plein de caractère.
Mais j’ai eu l’impression que ce premier cycle n’était qu’une introduction.
Généralement, au bout de 44 pages, on sait où on va, qui est qui, qui fait quoi. On arrive à s’identifier à certains personnages par leur passé, leur envie, leurs émotions. Mais ici rien de cela. Nous ne découvrons le passé des personnages qu’à la fin du troisième tome.
Tout le reste n’est qu’aventure sans émotion, sans passion, pire, sans rythme.
Mais là encore c’est extrêmement contradictoire car tout dans ce cycle s’enchaine sans heurt. Il y a de l’action, des mystères, des découvertes. On est promené sur ce monde immense et inconnu. Problème, un peu à la manière de « vu du ciel » on ne fait que se promener pour dire ouah ! C’est beau ! Mais on se s’approche pas des habitants, on ne découvre pas vraiment leur mode de vie, il manque l’étincelle d’humanité qui donnerait envie d’aimer tous ces protagonistes qui se bousculent.
Pire que tout, certains personnages, notamment Fango l’humain et à la fin Zerit le nain ne sont là que pour jouer au clown et leur apport modeste aurait facilement pu être remplacé par des artifices mais consommateur de temps et donc donnant plus de rythme à l’histoire.

Point positif cependant, l’histoire et le rythme vont en s’améliorant au fil des pages. On a l’impression que progressivement Frezzato maitrise son sujet de mieux en mieux et décide enfin de se livrer et d’accélérer son processus.

J’attends donc de lire le cycle 2 avec impatience en espérant sincèrement qu’en plus d’une beauté incroyable cette série saura offrir un découpage digne de son image.

Une lecture plaisante malgré tous ses défauts. Dommage plus de nervosité dans le découpage de l’histoire et cette série aurait surement accroché le culte plus d’une fois.

Trilogie 2Note: 4/5

Bien voilà, fin de la 2ème trilogie. Fin d’une série qui devient pour moi incontournable. Je suis plus qu’heureux d’être l’heureux propriétaire de ces albums.
Correction, fin de l’histoire, mais pas fin de la série…Puisque la série continue avec les T7 et + qui à l’instar de Star Wars raconte la genèse de Kolonie et de la guerre qui a amener les 6 premiers albums (peut-être un jour les lirai-je ?..)

Après un premier cycle qui valait surtout par le potentiel qui se dégageait de l’univers dans lequel nous baignions et par la beauté à couper le souffle des dessins et des couleurs, enfin, nous rentrons dans le vif du sujet.

Le scénario prend maintenant tout son sens. Le scénario qui s’était un peu trainer dans les premiers tomes prend un sérieux coup d’accélérateur. J’ai nettement plus apprécié le scénario sur ces tomes que sur les trois précédents.
Beaucoup plus dynamique, le scénario notamment des 2 premiers tomes de cette trilogie font place à l’action et à l’utilisation, enfin !, de tous les éléments préalablement introduits. Après 3 tomes d’introduction dans le premier cycle, ces 2 albums nous permettent de commencer à comprendre tous les liens et l’importance de toutes les pièces de puzzle jusqu’à distillées par l’auteur. Alors que l’on ne faisait que sentir l’importance et la cohérence de l’œuvre de l’auteur, ici cela explose enfin au grand jour. Qu’il est vraiment dommage que Frezzato ait mis autant de temps pour parvenir jusque là ! Il aura surement lassé et laissé plusieurs lecteurs en cours de route…
L’action continue de plus belle. Frezzato nous offre quelques scènes d’anthologie avec un bestiaire sublime. Ces créatures sont toutes plus intelligentes graphiquement les unes que les autres.
Frezzato semble vraiment s’éclater graphiquement ! Du coup, le lecteur s’éclate lui aussi à chaque page et en prend plein les mirettes !

Le trait de Frezzato évolue légèrement au cours de ces 2 albums. Non pas le fond (le style globale reste strictement identique) mais dans la technique employée qui permet de donner encore plus de peps au dessin. Frezzato a su évoluer pour donner le meilleur de lui-même dans son trait, son dynamise, ses cadrages, sa mise en page sont toujours magistralement maitrisés.
Mais les couleurs ont bien changé…
Tout est vraiment sombre et cela en devient fatiguant parfois. Pourtant, je ne trouve aucun intérêt à ces couleurs. Certes, l’action se déroule souvent en intérieur, dans des couloirs mal éclairés, voir carrément dans des égouts, mais cela ne justifie pas de devoir nous éclater les yeux à percevoir les détails sur des pages entières.
Problème à l’impression ? Je ne sais pas, mais j’ose l’espérer car sinon, je ne vois pas de grand changement par rapport aux 3 premiers albums. Malheureusement, ce simple changement a un impact majeur sur le rendu et la qualité du graphisme.

Difficile de parler du T6 au même sens que les précédents tomes.
Ce dernier tome, est franchement étrange. Changement de ton et d’ambiance radicale ! La dernière page du tome précédent nous laissait sur notre faim avec un mini cataclysme.
Les premières pages du T6 nous laissent nous demander ce qui se passe exactement ? Est-ce un rêve, la réalité, sommes nous morts ? Avons-nous trop fumé la moquette des murs de la Tour ?
Pour le moins, je dois avouer que Frezzato a su aiguiser ma curiosité, voire a réussi à me frustrer au bon sens du terme en sachant habilement ménager la bête et prendre son temps pour nous apporter les derniers éléments de son scénario.
Je trouve personnellement que le nouveau ton de cet album entre rêve, lyrisme, poésie, après la fureur des combats de l’album précédent est très intelligent. Cela permet si besoin était de montrer que Frezzato est maitre dans l’art de placer des ambiances et de créer des mondes nouveaux.
De plus, si les révélations que l’on attendait tous sont assez linéaires, la forme, elle, est splendide.
Car oui, le dessin de Frezzato fait encore mouche et aide magnifiquement à nous transporter dans la bulle.
On ne peut pas dire que le trait de Frezzato est beaucoup changé depuis le début de la série. Seul la technique a évolué. Frezzato continue de se chercher.
Donc, après deux tomes précédents où les couleurs étaient trop sombres, nous retrouvons ici de belles couleurs lumineuses. Malheureusement, celles-ci perdent en grain avec des couleurs plus lisses surement dûes à l’arrivée de l’informatique comme outil de travail.
Du coup, le rendu visible général est moins bon.
Mais du coup, ce changement de couleur avec ce changement d’univers, plus coloré, plus sucré, plus acidulé un peu comme un paquet de bonbon dont la douceur nous permet d’oublier quelques instants la dureté du monde extérieur, ce changement donc est en parfaite harmonie avec le tout de l’album.

Ce dernier tome nous apportera toutes les réponses. Nous avons là une vraie conclusion à la série. Certes, les chemins utilisés ne sont pas classique, certes le scénario imaginé est parfois un peu tiré par les cheveux, mais moi j’aime cet esprit.
Du coup, j’aime cette bande dessinée !

Nom série  Le Bois des vierges  posté le 18/02/2008 (dernière MAJ le 14/02/2011) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attention, joyau en vue !!!
Ce premier tome plein d'inspiration a posé son empreinte sur ma personne et je ne peux m'arrêter de penser à lui !
Pour une grande part, toute la réussite de cet album vient du dessin magnifique, d'une finesse merveilleuse, d'un niveau de détails élevé et d'une classe et d'une élégance rare.
Béatrice Tillier a déjà œuvré sur Fée et tendres Automates, série sur laquelle elle avait déjà fait forte impression…
Bref, le dessin n'a rien à voir avec les productions grand public en recherche de vente facile et pas cher, qui tomberont dans l'oubli et/ou la désuétude en quelques années.
Regardez déjà la couverture… Une merveille qui donne le ton !

Quand au scénario, je dois avouer que je suis aussi tombé dedans comme Obélix dans une certaine marmite. Quand c'est bon, on n'arrive pas à s'arrêter !
Et comme Obélix, j'en redemande !
L'univers créé par Dufaux, est une fois encore bardé de réalité historique, mais cette fois, il nous emmène dans un univers parallèle fantastique. Un peu comme dans Chats de Didier Convard, nous retrouvons ici une lutte des genres entre les sans-poils humains et les races animalières bipèdes, (à la croisée de Blacksad et De Cape et de Crocs) que sont les grandes races du type Loups et Ours et les races ''inférieures'' que sont les goupils ou encore les pilleurs et renégats Lynx. Chaque race est parfaitement représentée avec des expressions faciales superbes et des postures parfaitement maîtrisées.
Le scénario assez complexe nous emmène dans les deux univers, nous faisant suivre d'un côté les humains et leur crainte des animaux et de l'autre les animaux et leur crainte des humains. Sans chercher à en sortir une quelconque morale montrant la stupidité de la guerre et l'incompréhension entre les peuples, le racisme et blablabla, le scénario surfe intelligemment sur tous ces concepts pour livrer une histoire qui coule de source et se lit avec une aisance agréable. Le parallèle des deux camps est assez symbolique.
La fusion entre le scénario et le dessin offre une belle ambiance et une atmosphère qui nous prend au corps. Je me suis retrouvé pris dans le feu de l'action coincé entre les deux camps, sans savoir pour qui prendre parti, le cœur angoissé du futur et de la tournure des évènements.

L'album, qui offre déjà bon nombre de surprises, finit sur une note ouvrant encore plus les perspectives de la fantaisie dans la série.
Vraiment, j'adhère et j'achète

rapide mise à jour après lecture du tome 2 :
- l'option prise par l'auteur concernant le chasseur de Loup, ne m'a guère surpris. Cette histoire d'amour train en longueur et j'avoue que si le premier tome avait été du même accabit surement je n'aurais jamais acheté le tome 2...
En revanche, le dessin est toujours aussi beau aussi fin.

j'attends beaucoup du tome 3 afin de relancer mon intérêt pour cette histoire !

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